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    Emmanuel Macron et la diplomatie : pourquoi il préfère Bayrou à Barnier ou Attal

    IntelliNewsBy IntelliNewsfévrier 20, 2025Aucun commentaire4 Mins Read
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    Emmanuel Macron a oublié les vacances. Alors que la situation en Ukraine et le rôle joué par Donald Trump lui donnent l’occasion d’être en première ligne, il voulait que le gouvernement fasse, dès la semaine prochaine, une déclaration donnant lieu à un débat, éventuellement suivi d’un vote, à l’Assemblée nationale sur la politique étrangère, selon l’article 50-1 de la Constitution. Il a dû refreiner ses ardeurs : il lui a été rappelé que les députés ne siégeaient pas pendant la dernière semaine de février. Le débat n’aura lieu qu’au début du mois de mars.

    Impatient, le président est aussi loquace. Lors du conseil des ministres ce mercredi 19 février, il est intervenu plus longuement qu’à l’accoutumée pour évoquer les Etats-Unis, ces « alliés imprévisibles », et la Russie, dont la montée en puissance peut inquiéter. « Le Poutine d’aujourd’hui n’est pas celui qui traitait avec Jacques Chirac », a-t-il remarqué. Jeudi 20 février, Emmanuel Macron évoque avec les chefs de partis l’actualité internationale, notamment la question de la sécurité en Europe, dans le format dit des rencontres de Saint-Denis. Il vient d’organiser deux mini-sommets avec des dirigeants internationaux et se sera ainsi entretenu avec l’ensemble des Vingt-Sept de l’Union européenne, précise-t-il dans une interview accordée à la presse quotidienne régionale. « Ne pensez pas que l’impensable ne peut pas arriver, y compris le pire », ajoute le chef de l’Etat à propos de la menace russe. Il sera à Washington au début de la semaine prochaine et rencontrera Donald Trump.

    Enfin seul. Seul à occuper le terrain diplomatique (avec son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot). Seul, sans avoir à gérer un Premier ministre encombrant, maintenant que la dissolution l’empêche de faire tout ce qui lui plaît. De ce point de vue, François Bayrou est parfait. Il a commencé fort, imposant quasiment sa nomination au président, mais il poursuit doux. Et notamment sur la politique étrangère. Il ne veut aucun conflit avec l’Elysée, aucune friture sur la ligne, la consigne a été rappelée aux directeurs de cabinet des ministres. Et « sur le domaine réservé, il est très respectueux », précise l’un de ses conseillers. Presque deux mois après sa nomination, il n’a effectué aucun déplacement hors de nos frontières, même sur le continent européen.

    Gabriel Attal et le déplacement en Ukraine

    François Bayrou n’est pas Michel Barnier. Quand il était à Matignon, l’ex-négociateur du Brexit ne voulut pas oublier son passé. Lors des journées parlementaires de LR à Annecy, en septembre 2024, le Savoyard cherche à rassurer députés et sénateurs de son parti sur sa marge de manœuvre et leur indique qu’il ne croit pas aux domaines réservés du chef de l’Etat, « mais à des domaines partagés » avec le Premier ministre. L’Elysée sursaute. Michel Barnier a pourtant raison, le domaine partagé n’existe pas dans la Constitution, comme le lui a rappelé en privé Edouard Balladur, Premier ministre de cohabitation avec François Mitterrand entre 1993 et 1995.

    Michel Barnier a pourtant tort, il n’est pas en situation de livrer un bras de fer avec Emmanuel Macron. « Il faut dire au président que ce n’était pas volontaire », glisse-t-il à un proche du président. Un ministre raconte l’incompréhension qui existe alors au sommet de l’Etat : « Michel Barnier a ainsi voulu prononcer un grand discours au Parlement européen avant même la formation de son gouvernement, il a fallu que le président lui suggère de commencer peut-être d’abord par se préoccuper de l’Assemblée nationale ! »

    Et que dire de son prédécesseur ? Peu de temps après sa nomination à Matignon, Gabriel Attal eut une idée, une envie : effectuer un déplacement officiel en Ukraine. Pas question, lui répondit Emmanuel Macron. Le président tient à sa chasse gardée comme à la prunelle de ses yeux. Du coup, le chef du gouvernement d’alors dut attendre de ne plus être à Matignon pour aller à Kiev – ce fut son premier voyage après avoir quitté la rue de Varenne, et il y retourne en cette fin de semaine. Pas à la demande du chef de l’Etat…



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-et-la-diplomatie-pourquoi-il-prefere-bayrou-a-barnier-ou-attal-VQEWRT4M2FCAPFEMAPS4A5ZCXA/

    Author : Eric Mandonnet

    Publish date : 2025-02-20 06:00:00

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