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  • L’Iran déclare qu’il est « impossible » de rouvrir le détroit d’Ormuz en raison des violations « flagrantes » du cessez-le-feu

    L’Iran déclare qu’il est « impossible » de rouvrir le détroit d’Ormuz en raison des violations « flagrantes » du cessez-le-feu


    La décision a été prise de façon unilatérale. Donald Trump a annoncé, mardi 21 avril, qu’il prolongeait le cessez-le-feu avec l’Iran jusqu’à nouvel ordre.

    Le président américain ajouté que les Etats-Unis allaient s’abstenir d’attaquer l’Iran jusqu’à ce qu’une proposition soit transmise par Téhéran et les discussions terminées, citant une demande du Pakistan, médiateur des négociations entre les deux camps. Donald Trump a précisé que le blocus maritime de l’Iran par l’armée américaine, vivement dénoncée par Téhéran, se poursuivrait.

    Les infos à retenir

    ⇒ Donald Trump annonce une prolongation du cessez-le-feu avec l’Iran

    ⇒ Emmanuel Macron annonce la mort d’un deuxième soldat français au Liban

    ⇒ J.D. Vance n’est pas parti pour le Pakistan

    21h00

    Fin de ce direct

    Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Nous reprendrons notre couverture de la guerre au Moyen-Orient dès demain matin avec les dernières informations.

    20h33

    Le Hezbollah vise un véhicule de l’armée israélienne au Liban

    Le Hezbollah dit avoir visé aujourd’hui un véhicule de l’armée israélienne à Qantara, dans le sud du Liban, en réponse aux « violations » de Tsahal du cessez-le-feu.

    19h55

    Le non-respect des engagements par les États-Unis, l’un des obstacles à de véritables négociations

    Le non-respect par les États-Unis de leurs engagements, le blocus des ports iraniens et les menaces constituent les principaux obstacles à de « véritables négociations », a déclaré mercredi le président iranien Massoud Pezeshkian.

    « Le monde voit votre rhétorique hypocrite sans fin et la contradiction entre vos déclarations et vos actions », a-t-il déclaré, un jour après la prolongation du cessez-le-feu par le président américain Donald Trump .

    19h00

    L’Iran déclare qu’il est « impossible » de rouvrir le détroit d’Ormuz en raison des violations « flagrantes » du cessez-le-feu

    Rouvrir le détroit d’Ormuz est impossible au vu de « la violation flagrante du cessez-le-feu » par les Etats-Unis, écrit sur X le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf.

    « Un cessez-le-feu complet n’a de sens que s’il n’est pas violé par le blocus maritime et la prise en otage de l’économie mondiale, et si la bellicisme des sionistes est arrêté sur tous les fronts », déclare Mohammad Baqer Qalibaf. « La réouverture du détroit d’Ormuz n’est pas possible avec une violation flagrante du cessez-le-feu. Ils n’ont pas atteint leurs objectifs par l’agression militaire, ils ne les atteindront pas non plus par l’intimidation. La seule voie est l’acceptation des droits de la nation iranienne », ajoute le président du Parlement iranien, qui mène par ailleurs la délégation iranienne dans le cadre des pourparlers avec Washington.

    آتش‌بس کامل وقتی معنا دارد که با محاصره دریایی و گروگان‌گیری اقتصاد دنیا نقض نشود و جنگ افروزی صهیونیست‌ها در همه جبهه‌ها متوقف باشد؛ بازگشایی تنگه هرمز با نقض فاحش آتش‌بس ممکن نیست.
    با تجاوز نظامی به اهداف خود نرسیدند،با قلدری هم نخواهند رسید. تنها راه، پذیرش حقوق ملت ایران است.

    — محمدباقر قالیباف | MB Ghalibaf (@mb_ghalibaf) April 22, 2026

    18h23

    Un drone israélien lance une grenade sur des secouristes au Liban

    Un cadre de l’armée libanaise déclare à Reuters qu’un drone israélien a lancé une grenade sur des secouristes qui tentaient d’extraire un journaliste blessé des décombres à Tayri, dans le sud du Liban.

    L’armée libanaise a demandé à l’armée israélienne l’autorisation de porter secours au journaliste à travers le mécanisme coordonné par les Etats-Unis, indique le responsable.

    17h00

    Pas de calendrier fixé pour la prolongation du cessez-le-feu

    Donald Trump n’a pas fixé de calendrier pour une prolongation du cessez-le-feu, indique une source ayant connaissance du dossier.

    16h37

    Scott Bessent prolonge la dérogation pour l’achat de pétrole russe et iranien bloqué en mer

    Le secrétaire d’Etat américain au Trésor Scott Bessent dit avoir prolongé la dérogation pour l’achat de pétrole russe et iranien bloqué en mer à la demande de pays touchés par les pénuries en hydrocarbures découlant du blocage du détroit d’Ormuz.

    Ces demandes ont été effectuées par près de 10 pays lors de réunions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale la semaine dernière, annonce-t-il devant un sous-comité du Sénat américain. Scott Bessent a démenti les informations selon lesquelles cette dérogation aurait rapporté 14 milliards de dollars à l’Iran.

    15h23

    Emmanuel Macron annonce la mort d’un deuxième soldat français au Liban

    Le caporal-chef Anicet Girardin du 132ème régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes est mort ce matin des suites de ses blessures, a annoncé Emmanuel Macron. Il avait été rapatrié lundi depuis le Liban après avoir été gravement blessé dans une embuscade perpétrée par des combattants du Hezbollah.

    « La Nation, qui rendra demain un hommage à l’adjudant Florian Montorio mortellement touché au cours de la même embuscade, salue avec émotion la mémoire du caporal-chef Anicet Girardin et son sacrifice. Elle adresse également ses pensées les plus sincères et sa profonde compassion à sa famille, à ses proches, ainsi qu’aux familles des autres blessés », a ajouté le chef de l’Etat sur X.

    Le caporal-chef Anicet Girardin du 132ème régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, est mort ce matin des suites de ses blessures.

    Il est mort pour la France.… pic.twitter.com/1eokASMl57

    — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 22, 2026

    13h30

    Le Liban espère une prolongation du cessez-le-feu

    Les émissaires libanais et israéliens se rencontreront pour la deuxième fois en deux semaines à Washington jeudi, s’appuyant sur les contacts naissants entre les deux États, le Liban espérant la prolongation d’un cessez-le-feu fragile entre le Hezbollah et Israël.

    Le cessez-le-feu de dix jours, négocié par les États-Unis, doit expirer dimanche. Signe de sa fragilité, le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a déclaré mardi avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en représailles à des violations israéliennes, tandis qu’Israël a également accusé le groupe de violations.

    Un responsable libanais a déclaré que la réunion de jeudi serait axée sur deux points à l’ordre du jour : la prolongation du cessez-le-feu et la recherche d’une date pour des négociations élargies au-delà du niveau des ambassadeurs, au cours desquelles le Liban ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et une délimitation de la frontière terrestre. La position du Liban est qu’une prolongation du cessez-le-feu est une condition préalable à la poursuite des négociations élargies, a déclaré le responsable.

    12h15

    Deux navires saisis par l’Iran dans le détroit d’Ormuz

    Les Gardiens de la révolution, cités par l’agence Tasnim, disent avoir saisi deux navires pour les convoyer dans les eaux territoriales iraniennes.

    Dans un communiqué, les Gardiens de la révolution déclarent que le MSC Francesca et l’Epaminodes ont été arraisonnés pour avoir navigué dans une zone sans l’autorisation requise.

    11h30

    La Commission européenne dévoile une série de mesures pour atténuer l’impact énergétique de la guerre

    La Commission européenne a proposé ce mercredi une série de mesures pour faire face à l’impact de la guerre en Iran sur les marchés énergétiques de la région.

    La Commission a indiqué que les mesures annoncées dans le cadre du programme « AccelerateEU » incluaient l’optimisation de la distribution du kérosène entre les pays de l’UE, afin d’éviter les pénuries. « Les choix que nous faisons aujourd’hui façonneront notre capacité à relever les défis actuels et à faire face aux crises de demain. Notre stratégie AccelerateEU ​​apportera des mesures de soutien immédiates et structurelles aux citoyens et aux entreprises européens », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

    10h40

    Le nouveau recul de Donald Trump

    Face au silence des Iraniens, le président américain n’a pas fixé de nouveau délai, assurant attendre une proposition « unifiée » du régime de Téhéran.

    >> Lire nos explications

    Le président américain Donald Trump prononce un discours devant les champions nationaux universitaires de la NCAA dans la salle à manger de la Maison-Blanche, à Washington, mardi 21 avril 2026.

    10h35

    Trois porte-conteneurs touchés par des tirs dans le détroit d’Ormuz

    Au moins trois porte-conteneurs ont été touchés par des tirs d’artillerie dans le détroit d’Ormuz ce mercredi, ont indiqué des sources de sécurité maritime et l’United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO). Un porte-conteneurs battant pavillon libérien a subi des dommages à sa passerelle après avoir été touché par des tirs d’armes à feu et des roquettes au nord-est d’Oman. Des sources de sécurité maritime ont indiqué que trois personnes se trouvaient à bord de ce navire.

    Le capitaine d’un porte-conteneurs exploité par une compagnie grecque a également indiqué qu’aucun contact radio n’avait été établi avant un incident identique et que le navire avait initialement été informé qu’il était autorisé à transiter par le détroit d’Ormuz.

    L’UKMTO a ensuite indiqué qu’un autre porte-conteneurs avait été la cible de tirs à environ huit milles nautiques à l’ouest de l’Iran. Le navire, battant pavillon panaméen, n’a pas été endommagé et son équipage est sain et sauf.

    09h05

    Les Gardiens de la révolution prêts à « infliger des coups cuisants aux intérêts ennemis »

    Cités par l’agence Mehr, les Gardiens de la révolution se disent prêts à affronter toute nouvelle agression, promettant d’ »infliger des coups cuisants aux intérêts ennemis » en cas de reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Ils appellent à la vigilance sur « le champ de bataille silencieux » et à la surveillance des actions ennemies pendant le « soi-disant cessez-le-feu ».

    08h05

    Un porte-conteneur a été visé par des tirs iraniens au large d’Oman

    Le United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) a signalé ce mercredi un incident maritime à 15 milles nautiques au nord-est d’Oman. Selon le capitaine d’un porte‑conteneurs, le navire a été approché sans avertissement radio par une vedette des Gardiens de la révolution, qui a ensuite ouvert le feu, causant d’importants dégâts sur la passerelle.

    Aucun blessé parmi l’équipage,ni impact environnemental n’ont été recensés.

    UKMTO WARNING 041-26

    Click here to view the full Warning⤵️https://t.co/oXDfRxeBwc#MaritimeSecurity #Marsec pic.twitter.com/tguqtbkWRf

    — UKMTO Operations Centre (@UK_MTO) April 22, 2026

    07h20

    Une personne tuée lors d’une frappe de drone israélienne dans la vallée de la Bekaa

    Une personne a été tuée et deux autres blessées lors d’une frappe de drone israélienne dans la nuit, à la périphérie d’al-Jbour, dans la vallée de la Bekaa, dans l’ouest du Liban, a annoncé ce mercredi l’agence de presse officielle libanaise.

    07h05

    L’Iran exécute un homme accusé d’espionnage au profit d’Israël

    L’Iran a exécuté un homme reconnu coupable d’espionnage au profit des services de renseignement israéliens et de transmission d’informations sensibles, a rapporté de mercredi Mizan, l’agence de presse du pouvoir judiciaire.

    Mizan a identifié l’homme comme étant Mehdi Farid, précisant qu’il occupait un poste dans une unité de protection civile au sein d’une organisation sensible et qu’il avait utilisé son accès pour recueillir et transmettre des informations au Mossad israélien. Sa condamnation à mort a été confirmée par la Cour suprême et exécutée une fois les procédures légales terminées, a déclaré Mizan.

    06h45

    Donald Trump envisage de prolonger la dérogation pour faciliter les livraisons de pétrole vers les Etats-Unis

    Donald Trump envisage de prolonger la levée des restrictions sur le trafic maritime visant à faciliter les livraisons de carburant et d’autres biens, rapporte Axios, citant un responsable américain.

    Le président américain avait autorisé la levée du Jones Act pour une durée de 60 jours à compter du 17 mars dans l’espoir que cela endigue la flambée des prix du carburant provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

    06h35

    J.D. Vance n’est pas parti pour le Pakistan

    Un représentant de la Maison-Blanche a déclaré à Reuters que le vice-président américain J.D. Vance ne se rendra pas pour l’instant au Pakistan.

    06h30

    L’annonce de Donald Trump, un « stratagème » pour gagner du temps, selon un conseiller du président du Parlement iranien

    L’annonce d’une prolongation du cessez-le-feu de Donald Trump ne « signifie rien », a écrit sur le réseau social X un conseiller de Mohammed Baqer Qalibaf, président du Parlement et négociateur en chef iranien.

    Il s’agit de la part des Etats-Unis d’un « stratagème » pour gagner du temps en vue de mener une nouvelle attaque, ajoute ce conseiller. Washington a lancé l’opération dite « Fureur Épique » contre l’Iran moins de deux jours après la tenue à Genève de pourparlers sur le nucléaire iranien qualifiés de « positifs » par le médiateur omanais. Le blocus prolongé des ports iraniens est similaire à un bombardement et « doit donner lieu à une réponse militaire », dit le conseiller de Mohammed Baqer Qalibaf. « Le camp des vaincus ne peut pas dicter les termes », poursuit-il.

    06h20

    Bienvenue dans ce direct

    Bonjour et bienvenue dans ce live. Nous continuons à suivre ce mercredi 22 avril la situation au Moyen-Orient, où le cessez-le-feu vient d’être prolongé de façon unilatérale par Donald Trump.





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    Publish date : 2026-04-22 18:02:00

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  • « La France est au bord du précipice mais nos politiques sont ignares » : la charge de Jean Peyrelevade

    « La France est au bord du précipice mais nos politiques sont ignares » : la charge de Jean Peyrelevade

    Il estime qu’il n’avait « pas cogné assez fort » dans son précédent livre, Réformer la France, qui étrillait pourtant Emmanuel Macron, Bruno Le Maire, le Conseil d’orientation des retraites (COR) ou l’anticapitalisme primaire de nombreux responsables à gauche. Directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy de 1981 à 1983, où il a œuvré au tournant de la rigueur, puis président de Suez, de la banque Stern ou du Crédit lyonnais, Jean Peyrelevade a l’âge (86 ans) et l’expérience qui vous donnent la liberté de ne plus mâcher vos mots. Son nouvel essai, La France du populisme au chaos (Odile Jacob), est une démonstration implacable sur l’état de notre pays, entre perte de compétitivité et dépenses sociales incontrôlables, tout comme sur « l’inculture économique » d’une large partie des responsables politiques, de tout bord.

    Pour L’Express, Jean Peyrelevade explique les raisons de grande inquiétude. Il étrille les propositions à gauche comme droite, qualifie la taxe de Gabriel Zucman sur les utra-riches de « mythe total », analyse le « péché origine » de la Sécurité sociale française, fustige la radicalisation des syndicats et critique le bilan de Lionel Jospin, disparu récemment. Pour lui, seule une réforme des retraites, ainsi qu’une augmentation de la CSG, de la TVA et de l’impôt sur le revenu des plus riches peut sortir le pays du marasme.

    L’Express : La grande thèse de votre livre, c’est que nous sommes au bord du gouffre. Mais la France, le peuple comme les dirigeants, serait atteinte d’un déni de la réalité…

    Jean Peyrelevade : Notre appareil productif est en déclin relatif par rapport à tous les pays occidentaux. Par habitant, nous sommes aujourd’hui le vingt-cinquième pays le plus riche du monde, alors que nous étions au treizième rang en 1980. En 2024, l’Allemagne a eu un PIB par habitant à 119% de celui de la France, contre 107% en 2000, les Pays-Bas à 138 contre 117, et nous sommes aujourd’hui légèrement en dessous de la moyenne européenne, alors que nous étions en 2000 à plus de 20% au-dessus. Donc en comparaison un point de PIB perdu par an ! Comme nous ne produisons plus suffisamment pour satisfaire les besoins de la population, nous empruntons. Le deuxième grand problème est donc la situation des finances publiques, devenue insupportable. La dette s’élève aujourd’hui à 118% du PIB, avec un déficit annuel supérieur à 5% du PIB.

    Vous soulignez à quel point les dépenses sociales occupent une part importante dans les déficits…

    Nos dépenses publiques s’élèvent à 57% du PIB, soit huit points de plus que la moyenne de l’Union européenne. Première remarque, qui en dit long sur l’état de notre République, c’est que du fait de la complexité de la situation, il est très difficile de reconstituer les vrais chiffres. Il y a un budget de l’Etat et un budget de la Sécurité sociale. Mais l’Etat alimente par ses dépenses une large partie du budget de la Sécu. Ainsi la quasi-totalité du déficit budgétaire est due aux dépenses sociales qui devraient être équilibrées puisqu’il s’agit en principe de solidarité citoyenne. Nous distribuons des richesses fictives. Le premier poste de dépenses, ce sont les retraites, qui pèsent à hauteur de 55 milliards d’euros par an sur le déficit de nos finances publiques, chiffre qui va augmenter si on ne fait pas une vraie réforme. Rien que celles de la fonction publique pèsent lourdement, environ 45 milliards.

    Ensuite, il y a les dépenses de santé, qui représentent 12% du PIB. En France, nous avons un reste à charge de l’ordre de 9%, ce qui est inférieur à la moyenne européenne de 5 ou 6 points. Anecdote, il y a trois mois j’ai fait une chute brutale. Je me suis retrouvé un dimanche soir aux urgences, avec une radio de la main et un scanner du cerveau. Quinze jours plus tard, j’ai reçu une note à payer de 19 euros, nullement représentative de la prestation fournie. A mon niveau de revenus, j’aurais trouvé parfaitement normal qu’on me demande 400 ou 500 euros.

    Enfin, il y a les dépenses de solidarité. A chaque fois que l’État pense qu’il doit faire quelque chose en faveur d’une catégorie sociale donnée, il donne et puis il emprunte, à l’image de la prime Macron, exonérée de cotisations sociales et d’impôts. Or si les salariés ne sont pas assez payés en France, c’est d’abord parce que notre appareil productif est trop fiscalisé. Les prélèvements fiscaux et sociaux sur nos entreprises (13% du PIB) sont supérieurs de 6 points à la moyenne européenne.

    Vous ne mâchez pas vos mots sur l’inculture économique du personnel politique. Marine Le Pen, Olivier Faure, Marine Tondelier ou Jean-Luc Mélenchon sont selon vous parfaitement « incompétents » sur le sujet…

    L’économie devrait être une préoccupation centrale pour toute démocratie. Mais notre élite se montre souvent ignare en matière économique. Beaucoup de chefs de parti n’ont jamais vécu en entreprise. Peu ont à la fois une bonne compréhension de l’état de nos finances publiques, et encore moins du problème fondamental, à savoir la situation de notre appareil productif. A droite, certains s’y intéressent, mais pour l’instant ne disent rien de leurs plans. A gauche, il y a éventuellement deux hommes politiques qui comprennent peut-être la gravité du sujet, mais qui évitent soigneusement de mettre le problème sur la table : François Hollande et Bernard Cazeneuve.

    Vous rendez hommage à François Bayrou pour avoir osé avancer publiquement l’ampleur du déficit du régime de retraites. Il l’a payé lourdement sur le plan politique…

    J’avais participé à sa campagne en 2007. François Bayrou est parfaitement lucide sur l’état des finances publiques. Aucun autre de nos dirigeants politiques n’a osé avancer publiquement un tel diagnostic sur les retraites, encourageant le pays à sortir d’un véritable déni de réalité. En revanche, Bayrou est moins conscient de l’état de notre appareil productif. J’ai pourtant essayé de le sensibiliser à cela.

    La seule source de Zucman ou de Thomas Piketty, c’est sans doute la publication annuelle de Challenges

    Le péché originel du système français remonte selon vous à 1945. Pourquoi ?

    Encore récemment, j’ai entendu Jean-Luc Mélenchon expliquer que le système de solidarité sociale français est magnifique et parfait, avec le principe du « chacun cotise selon ses moyens ». Mais, en est-il conscient ou pas, cela ne correspond en rien à la réalité. L’histoire remonte à la création de la Sécurité sociale à la fin de la guerre. A l’époque, le ministre du Travail, Ambroise Croizat, était membre du parti communiste, alors premier parti de France. La CGT comptait 5 millions d’adhérents. Ce nouveau régime a été construit selon le modèle bismarckien : l’Etat n’est pas impliqué dans le financement, et comme l’a dit publiquement Croizat, chacun « cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ». En théorie, c’est un système magnifique. Mais en fait, dès le début, c’est l’appareil productif qui finance, l’essentiel des cotisations prélevées étant sous forme de cotisations patronales. Déconsidéré du fait de sa collaboration pendant la guerre avec le pouvoir pétainiste, le patronat n’a osé rien dire. En 1950, les dépenses de protection sociale représentaient 15% du PIB et étaient financées à 80% par les cotisations sociales (employeurs et salariés). En 1990, elles s’étaient envolées jusqu’à 25% du PIB, et étaient financées à 90% par les cotisations.

    Les entreprises ont bien sûr fini par protester. Il n’y a eu que deux réponses politiques intelligentes, mais partielles : Michel Rocard, qui a inventé la CSG pour stopper l’augmentation des cotisations sociales, puis Édouard Balladur qui a reconnu la nécessité d’alléger le coût du travail. Mais les cotisations sociales s’élèvent encore aujourd’hui à 17% du PIB, et sont donc toujours supérieures au niveau initial de 1945. D’où la surtaxation de nos entreprises de 6 points de PIB par rapport à nos concurrents. Longtemps, nous avons pu bénéficier de l’extraordinaire expansion de l’économie française après la fin de la Seconde Guerre mondiale, à une époque où il fallait reconstruire et où l’on pouvait bénéficier d’un contexte mondial favorable. Il y a vingt ans, nous étions encore, on l’a vu, à un niveau similaire à celui de l’Allemagne en termes de PIB par habitant. Depuis, nous avons décroché.

    Pour redresser les finances publiques, la gauche propose essentiellement de taxer les ultrariches. Vous éreintez pourtant les chiffres avancés par Gabriel Zucman…

    Selon Gabriel Zucman, une taxe de 2% payée par les 1800 ultrariches possédant prétendument plus de 100 millions d’euros de patrimoine rapporterait 20 milliards d’euros. Or, il ne peut pas justifier ces chiffres, car aucune administration n’a une connaissance du patrimoine individuel des Français. La seule source de Zucman ou de Thomas Piketty, c’est sans doute la publication annuelle de Challenges non pas sur les grandes fortunes, mais sur les familles les plus riches. Ce magazine estime que 160 familles possèdent ou contrôlent une ou des entreprises dont la valeur est supérieure à 1 milliard. Mais chacune de ces familles comporte en moyenne plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de foyers fiscaux, comme chez les Mulliez !

    Par ailleurs, pour imposer les milliardaires sur leur patrimoine à un tel niveau, il faudrait changer la Constitution, en raison de l’égalité devant l’impôt et du plafonnement des prélèvements fiscaux à 70% du revenu disponible.

    On est ainsi face à un mythe total. D’autant plus que les entrepreneurs séparent, comme cela leur est imposé juridiquement, personne physique (eux) et personne morale (leur entreprise), et donc leur revenu personnel du capital investi dans les entreprises qu’ils ont créées. Mais Thomas Pikettty ou Gabriel Zucman refusent pour les ultrariches cette distinction entre revenu et patrimoine, les deux devant être imposés sans distinction. Ce qui est aberrant.

    Vous vous montrez aussi critique contre les solutions avancées à droite, entre le refus de tout nouvel impôt et la focalisation sur la réduction des dépenses de l’Etat. Pourquoi ?

    Il y a certes des choses à faire en matière de réduction des dépenses de l’État, mais ce n’est pas du tout à la hauteur des chiffres du déficit. Les dépenses de l’Etat régalien ne représentent que 15% du PIB, et celles des collectivités locales environ 11%. Les dépenses sociales s’élèvent, elles, à 32% du PIB. Les collectivités ne peuvent d’ailleurs pas être déficitaires en dépenses courantes. Pour l’Etat régalien aussi, les économies possibles seront limitées, loin des enjeux actuels. Il y a probablement trop d’administrations et pas assez de décentralisation. Mais nous sommes aussi en retard par rapport à d’autres pays en matière de recherche et d’éducation, et nous devons accroître fortement nos dépenses militaires. On peut ainsi faire des simplifications, ne serait-ce que pour donner aux fonctionnaires le sentiment qu’ils ne sont pas là uniquement pour le plaisir d’un ministre. Mais la première réforme incontournable, ce sont les retraites, qui représentent quand même plus de 400 milliards de dépenses par an. Or la gauche ne veut pas s’y attaquer, l’extrême droite non plus. La droite elle n’en parle pas beaucoup. Mais même si on mène une vraie réforme des retraites, cela permettrait seulement de réduire à terme les déficits à hauteur de 2% du PIB. Indispensable, mais encore insuffisant.

    Que faut-il faire d’autre alors ?

    J’ai participé au tournant de la rigueur de 1982-1983 qui a été un succès, mais dans une situation moins difficile qu’aujourd’hui. Si on veut sortir du marasme actuel, relancer notre croissance, améliorer le niveau de vie des Français, il faut rapidement rééquilibrer le budget, en ramenant le déficit à 2% du PIB. Pour cela, il sera nécessaire d’utiliser la CSG, qui a été créée pour ça, et augmenter un peu la TVA, tout comme l’impôt sur le revenu des plus riches. Mais Bruno Retailleau, candidat des Républicains pour 2027, refuse vigoureusement toute hausse d’impôts. Croit-il sérieusement qu’il pourra trouver sur les années qui viennent 150 milliards d’économies et alléger les charges des entreprises, ses objectifs affichés, sans demander le moindre effort contributif aux citoyens ?

    Lionel Jospin est mort récemment. Vous ne l’épargnez pas dans votre livre, notamment au sujet des 35 heures, une décision selon vous calamiteuse…

    D’abord, il ne faut pas oublier qu’en 1983, Pierre Mauroy a fait un discours extraordinaire sur la rigueur nécessaire, qui doit inspirer tout gouvernement. Mais Lionel Jospin, alors patron du parti socialiste, s’est empressé de faire savoir qu’il ne s’agissait que d’une parenthèse. C’était casser la plus forte tentative de sérieux économique de la gauche.

    Ensuite, quand Jospin est arrivé au pouvoir en 1997, il a bénéficié d’une conjoncture exceptionnelle au niveau mondial. Mais cette prise de décision sur les 35 heures a été typiquement française, c’est-à-dire effectuée de manière pyramidale. C’est le sommet de l’Etat qui a dit à des millions d’entreprises de toutes tailles qu’elles allaient, du jour au lendemain, passer de 39 à 35 heures, sans aucune réduction de salaire. C’est-à-dire que le coût horaire de la main-d’œuvre a augmenté brutalement de plus de 11%. Avec des patrons d’entreprises publiques, comme Louis Gallois, nous avions pourtant essayé d’avertir Jospin, lors d’un déjeuner chez lui, sur le besoin d’avoir des négociations. Qu’ont alors fait les entreprises ? Au lieu d’investir en France, elles ont investi à l’étranger. Comme par hasard, c’est à partir du début des années 2000, et après la création de l’euro empêchant les dévaluations, que la désindustrialisation de la France s’est fortement accélérée et que le solde de notre balance commerciale est devenu structurellement négatif. Pendant ce temps, les Allemands renforçaient la lutte contre le chômage avec la loi Hartz et facilitaient l’accès au travail.

    Pour compenser partiellement les pertes imposées aux entreprises de façon verticale, Lionel Jospin leur a accordé une diminution de leurs cotisations sociales. Bien entendu, la perte de recettes pour le système de protection sociale n’était pas compensée. Au nombre accru de défaillances d’entreprises s’est donc ajoutée une détérioration de fait des finances publiques.

    Ce n’est pas le RN qui va redresser le pays et rétablir les finances publiques.

    Que vous a inspiré le psychodrame sur l’extension du travail pour le 1er mai, alors qu’une majorité de Français y est favorable ?

    Maryse Léon de la CFDT a désormais le même discours que Sophie Binet de la CGT. Cela montre que le réformisme se porte mal en France. On parle de « démocratie sociale », mais deux cheffes apparatchiks de structures pyramidales ont un pouvoir totalement exorbitant, alors même que la France est le pays de l’OCDE qui a le taux de syndicalisation le plus faible avec les Etats-Unis. Les syndicats représentent 8% des salariés, et ce chiffre diminue fortement chez les salariés jeunes. Plus vous vous rapprochez des entreprises de taille modérée, moins il y a de syndiqués. Avant de prendre ces positions, les syndicats ont-ils consulté les salariés concernés ? Non. Et ils se présentent en défenseurs de la démocratie sociale !

    Nous avons dans les entreprises des représentants du personnel élus, mais les syndicats, de plus en plus réduits, continuent à bénéficier d’un privilège incompréhensible dans l’organisation, les négociations et l’accès aux comités sociaux et économiques. Pourquoi ne pas donner plus de pouvoir aux représentants élus ? Il faut mettre en œuvre en France le type de gouvernance d’entreprise qui existe dans toute l’Europe du Nord, et qui permet au système productif de ces pays d’être beaucoup plus efficace que le nôtre. Hélas, nous en sommes restés au conflit entre capital et travail qui remonte à Karl Marx. Alors que l’entreprise est un bien d’intérêt commun.

    Pourquoi êtes-vous à ce point pessimiste pour 2027 ?

    Le Rassemblement national a de grandes chances de remporter l’élection présidentielle. S’en suivront une destruction de l’Etat de droit, et le renforcement d’un pouvoir déjà extraordinairement verticalisé. Ça, c’est la catastrophe politique, immédiate. Sur le plan économique aussi, faire croire qu’on peut se passer des étrangers est purement démagogique, et ne rapportera jamais les sommes promises. Sur un temps un peu plus long, on n’échappera pas à une crise financière. Les Français ignorent souvent que la moitié de notre dette publique est détenue par des étrangers. Si ceux-ci perçoivent les risques qui pèsent sur la dette française, il y aura une hausse encore plus forte des taux d’intérêt. Actuellement, la hausse en cours signifie déjà 7 à 8 milliards d’euros supplémentaires par an de dépenses publiques. A l’extrême droite comme chez Jean-Luc Mélenchon, on nous assure que la banque centrale va nous prêter de l’argent à taux zéro, ce qui est une illusion.

    Les patrons ne sont pas trop conciliants au sujet du RN ?

    Ils sont en train de se laisser manipuler. C’est le fruit de l’habileté politique de Jordan Bardella, mais le programme du RN reste destructeur pour l’appareil productif : l’effondrement des finances publiques cassera notre économie. Bardella a notamment séduit les patrons de PME. A partir du moment où personne ne défend leurs intérêts, pourtant vitaux pour la France, il est difficile de pleinement leur en vouloir. Quand la gauche ne cesse de répéter qu’il faut taxer davantage les entreprises et réduire les aides, vous n’allez pas voter pour elle, qui ne cesse de vous cibler. Il faut pourtant oser dire qu’on va baisser les impôts sur les entreprises et les compenser par de la CSG, de la TVA ou l’impôt sur le revenu des plus riches. Il faut que les citoyens payent ce qu’ils doivent payer, de façon à réinstaller un vrai appareil productif.

    Dans tous les cas, ce n’est pas le RN qui va redresser le pays et rétablir les finances publiques. Le parti est officiellement toujours pour un retour à une retraite à 60 ans, tout comme LFI. Mais Bardella est plus habile que Mélenchon.

    La France du populisme au chaos, par Jean Peyrelevade. Odile Jacob, 238 p., 23,90 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/la-france-est-au-bord-du-precipice-mais-nos-politiques-sont-ignares-la-charge-de-jean-peyrelevade-WBHY6WQ33ZHUXMPNXMVC4XPOAU/

    Author : Thomas Mahler

    Publish date : 2026-04-22 17:30:00

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  • Ihor Fedirko, chef du Conseil ukrainien de l’industrie de défense : « De nouvelles armes apparaissent tous les trois mois »

    Quatre ans après le début de l’invasion sanglante lancée par Poutine, l’Ukraine est plus que jamais sur tous les fronts. En pleine guerre au Moyen-Orient, Volodymyr Zelensky envoyait le mois dernier plus de 200 experts ukrainiens pour aider les monarchies du Golfe à repousser les drones lancés par l’Iran. En parallèle, grâce aux capacités de frappes à longue portée développées par ses industriels de défense, Kiev faisait des ravages parmi les raffineries russes. L’objectif : empêcher Poutine de tirer profit de la flambée des cours, en pleine crise du carburant à l’échelle mondiale. Au cœur de tous ces événements, le rôle incontournable joué par les drones, dont le pays a acquis une expertise inédite. « Aujourd’hui, beaucoup d’Européens viennent vers nous afin de voir comment nous pouvons les aider », pointe Ihor Fedirko, le directeur général du Conseil ukrainien de l’industrie de défense, une association professionnelle qui fédère plus de 400 entreprises de la défense dans le pays.

    L’Express : L’Ukraine est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux dans l’utilisation des drones sur le champ de bataille. Les Européens ont-ils encore beaucoup à apprendre dans ce domaine ?

    Ihor Fedirko : Notre écosystème de drones est un atout unique. On ne trouve actuellement pas d’équivalent ailleurs dans le monde. Et c’est d’autant plus vrai si l’on prend en compte le rapport coût-efficacité de ces armes : nos solutions sont extrêmement rentables. Au fil des dernières années, nous avons également acquis une expérience inégalée en matière de défense aérienne. On a pu le constater récemment lorsque nos alliés ont demandé notre aide pour la défense de leurs espaces aériens dans le golfe Persique, afin de se protéger des frappes iraniennes.

    C’est une preuve de nos performances dans ce domaine. Cela vaut également pour l’utilisation de systèmes produits par nos alliés, comme les batteries antiaériennes franco-italiennes SAMP/T, allemandes IRIS-T, ou encore pour les systèmes américains Patriot. Compte tenu de tous ces éléments, nous avons la possibilité de former d’autres pays à leur utilisation dans le cadre d’une guerre moderne. Et de partager notre savoir-faire avec nos alliés.

    Les armées européennes sont-elles suffisamment préparées à la menace des drones ?

    Pas encore. Et c’est là un défi majeur. Vos forces s’appuient encore sur d’anciennes doctrines militaires qui ne les prennent pas suffisamment en compte. Et il vous est difficile d’intégrer nos technologies, parce que cela impliquerait des changements profonds de ces mêmes doctrines – ce qui prend beaucoup de temps. Il n’en demeure pas moins qu’il faut être capable de réagir très rapidement pour faire face aux menaces qui surgissent du front. De nouvelles armes apparaissent tous les trois mois, ce qui nécessite de pouvoir s’adapter rapidement, et d’être flexible. Nous n’avons cessé de le clamer au cours des quatre dernières années et il était parfois difficile de se faire entendre. Mais on voit que la situation est en train de changer. Aujourd’hui, beaucoup d’Européens viennent vers nous, notamment depuis le début de la guerre en Iran, afin de voir comment nous pouvons les aider à relever ces nouveaux défis.

    Le PDG du groupe de défense allemand Rheinmetall, Armin Papperger, a récemment comparé les drones ukrainiens à des « Lego » et leurs fabricants à des « ménagères ». Qu’avez-vous à lui répondre ?

    Pour l’instant, je préfère ne rien dire, car ils nous ont présenté leurs excuses et nous les avons acceptées. Notre relation avec Rheinmetall a toujours été compliquée et ces mots durs n’aident pas, mais je ne veux pas ouvrir la porte à plus de controverses. Rheinmetall est une très grande entreprise, avec un bon réseau et un poids important, mais elle reste lente et peu flexible. Or on voit actuellement que se développent autour de ce géant de nouvelles sociétés avec un état d’esprit très différent : des entreprises de drones comme Quantum Systems, Stark ou Helsing. Elles sont de taille plus réduite, mais aussi plus flexibles et plus rapides. Ces derniers mois, Quantum Systems a signé trois coentreprises avec des sociétés ukrainiennes, et je suis convaincu qu’elles seront couronnées de succès. C’est pourquoi nous préférons nous concentrer sur ces entreprises, plutôt que sur Rheinmetall.

    Combien de drones l’Ukraine prévoit-elle de produire en 2026 ?

    Nous avons la capacité industrielle d’en produire près de 12,5 millions par an, tous types de drones confondus : drones maritimes, robots terrestres, drones FPV… Toutefois, combien pourrons-nous réellement produire ? C’est compliqué à prédire, parce qu’il est très difficile de faire des prévisions en Ukraine. Les contrats de nos fabricants ne courent pas sur les prochaines années, mais sur les prochains mois. Il est dès lors difficile de planifier quoi que ce soit à long terme. De plus, notre gouvernement manque cruellement de capacités de financement. Donc nous ne produirons peut-être qu’à hauteur de 30 à 35 % de nos capacités réelles.

    En ce qui concerne plus spécifiquement les drones FPV, qui sont très utilisés sur la ligne de front, notre capacité de production est de 8 à 9 millions d’unités par an. Mais encore une fois, faute de financements suffisants, nous ne pourrons probablement en fabriquer que 4,5 millions. C’est pourquoi nos industriels ont besoin de contrats stables : le cas échéant, ils pourraient facilement doubler, voire tripler, leurs capacités de production.

    Les industriels européens sont-ils intéressés par des coentreprises avec l’Ukraine en matière de défense ?

    Oui, rien que ces deux derniers mois, nous avons signé cinq accords de coentreprise avec des sociétés espagnoles. Nous en signerons par ailleurs quatre autres avec l’Allemagne dans les mois à venir. Nous en avons également déjà une avec la Finlande, une avec la Lituanie, une avec le Danemark, et une autre avec la France : entre Thalès et Ukroboronprom. C’est important pour nous en tant qu’Ukrainiens puisqu’il s’agit d’une opportunité de participer à l’industrie de défense européenne. L’objectif est de parvenir à une coopération durable et pérenne, qui profite à tous.

    Au Moyen-Orient, les États-Unis et certaines monarchies du Golfe ont parfois utilisé des missiles Patriot pour détruire des drones Shahed iraniens. Quel regard portez-vous sur cette utilisation ?

    Il faut être l’homme le plus riche du monde pour lancer des missiles PAC-3 de système Patriot contre des drones Shahed. Le coût unitaire d’une munition de Patriot est de plusieurs millions de dollars. C’est incomparable avec le prix d’un Shahed, qui se situe entre 50 000 et 75 000 dollars. Et ce faisant, vos stocks vont rapidement se réduire, alors comment ferez-vous pour tenir dans la durée ? C’est une équation impossible à résoudre, même avec de l’argent.

    C’est précisément la raison pour laquelle plusieurs pays du Golfe nous ont demandé de l’aide. L’Ukraine est le seul pays au monde capable de déployer une solution complète et abordable pour lutter contre les Shahed. Il ne s’agit pas seulement de drones intercepteurs, qui constituent une solution économique pour les détruire, mais de tout un écosystème Cela comprend entre autres des radars, des systèmes de détection acoustiques, des technologies d’intelligence artificielle, ainsi que la nécessaire formation à l’utilisation de tous ces systèmes.

    L’Ukraine, qui utilise elle aussi des Patriot pour intercepter les missiles balistiques russes, craint-elle une pénurie de munitions sur le marché mondial ?

    En effet. Nos alliés nous ont d’ailleurs informés que, malheureusement, la plupart seront envoyées au Moyen-Orient. Nous serons donc probablement confrontés à ce problème dans les prochains mois. C’est pourquoi il est important pour nous de trouver au plus vite une solution au conflit qui se déroule en Iran.

    Volodymyr Zelensky a récemment signé des accords de partenariat avec plusieurs pays du Golfe comme l’Arabie saoudite, les Emirats ou le Qatar. Que prévoient-ils ?

    Il s’agit d’un cadre de négociations sur la sécurité et la défense. Ce cadre, défini au niveau intergouvernemental, doit dans un second temps permettre à nos industries de défense de collaborer et éventuellement créer des coentreprises, fabriquer des équipements en commun, ou encore exporter d’un pays à l’autre. J’espère que cela se concrétisera dans les prochaines semaines.

    Les États du Golfe envisagent-ils d’investir dans l’industrie de défense ukrainienne ?

    C’est difficile à dire à ce stade. Peut-être seront-ils davantage intéressés par une coproduction directement depuis le Moyen-Orient. Dans ce cas de figure, il s’agirait de produire sur place puis de partager les systèmes à parts égales entre nos pays. C’est une demande ferme de notre ministère de la Défense et je pense que c’est compréhensible. Quoi qu’il en soit, nous sommes prêts à avancer rapidement. En Allemagne, bâtir cette capacité de production n’a pris qu’un mois. Il est donc tout à fait possible d’aller vite.

    Ces dernières semaines, l’Ukraine a largement intensifié ses frappes contre les infrastructures pétrolières russes. Est-ce un tournant ?

    Absolument. Nos capacités de production en matière d’armes à longue portée avoisinent les 35 milliards de dollars par an, nous pouvons donc en produire beaucoup. Et avec plus de fonds, nous pourrions les développer davantage. Il est indéniable que cela nous donne plus de « cartes » en main. En parallèle, certaines entreprises ukrainiennes, comme Fire Point, ont commencé à tester des missiles balistiques.

    Nous n’en sommes qu’au début, mais notre production devrait rapidement augmenter. En combinant ces armes redoutables aux moyens de frappe dans la profondeur dont nous disposons déjà, nous pourrons encore améliorer l’efficacité de nos attaques. Il est grand temps de riposter aux frappes russes, que nous subissons depuis quatre ans. Ce sera en outre un bon moyen de vérifier si les systèmes antiaériens russes S-300 et S-400 sont réellement efficaces contre les missiles balistiques. Nous allons les mettre à l’épreuve, et on verra le résultat.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/ihor-fedirko-chef-du-conseil-ukrainien-de-lindustrie-de-defense-de-nouvelles-armes-apparaissent-tous-PSLD2DRTZFDSJKSHOQCPF3RV34/

    Author : Paul Véronique

    Publish date : 2026-04-13 03:45:00

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  • Oléoduc Adria : une solution pour sortir de la dépendance hongroise au pétrole russe… que Viktor Orban refuse

    La Croatie disposerait-elle de la solution capable de mettre fin, une bonne fois pour toutes, à la dépendance de la Hongrie au pétrole russe ? C’est en tout cas ce qu’elle affirme, comme le rapporte le média Politico. Selon Zagreb, un réseau d’oléoducs vieux de 35 ans, s’étendant sur 600 kilomètres à travers les Balkans jusqu’à l’Europe centrale, pourrait constituer une alternative fiable au brut russe pour la Hongrie et la Slovaquie, permettant de renforcer les efforts de l’Union européenne visant à éliminer les derniers liens énergétiques avec Moscou.

    Depuis l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie en 2022, la Hongrie et la Slovaquie continuent en effet de dépendre largement de son pétrole, Budapest étant passée de 61 % de ses importations en 2021 à 93 % en 2025, selon le centre de réflexion CSD basé à Sofia. Il faut dire que Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, a fait du pétrole russe bon marché un élément central de sa campagne, avec le soutien affiché des États-Unis. Dans ce contexte, il s’oppose fermement à cette alternative, même si, en pratique et de manière discrète, l’oléoduc croate alimente déjà le pays en quantités non négligeables de pétrole.

    Une dépendance accrue à la Russie

    Fin janvier, en raison d’une panne de l’oléoduc Druzhba qui transporte le pétrole russe, via l’Ukraine, vers la Hongrie et la Slovaquie, les flux ont quasiment été interrompus. Depuis février, Budapest accuse Kiev de ralentir volontairement les réparations et met en garde contre d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement si le transit ne reprend pas, d’autant plus que la guerre en Iran pourrait accentuer les tensions sur les marchés énergétiques.

    C’est là que l’oléoduc Adria entre en jeu. Construit en 1989 et exploité par la société croate Janaf, il transporte du pétrole brut depuis les ports de l’Adriatique vers les Balkans et l’Europe centrale. Pour Zagreb, cette infrastructure représente une solution concrète pour réduire la dépendance hongroise au pétrole russe, à mesure que les risques d’approvisionnement augmentent. La preuve ? Après une demande d’approvisionnement d’urgence formulée par la Hongrie en février, la Croatie a augmenté les volumes transitant par Adria. Entre le 26 février et le 25 mars, 800 000 tonnes ont ainsi été livrées au groupe pétrolier hongrois MOL, qui exploite des raffineries en Hongrie et en Slovaquie. Ces chiffres, évoqués par le ministre croate de l’Énergie lors d’une réunion à huis clos, laissent entendre que l’oléoduc pourrait couvrir jusqu’à deux tiers des 14 à 15 millions de tonnes traitées chaque année par MOL. Neuf cargaisons supplémentaires sont d’ailleurs attendues en avril et mai, sur un total de 17 depuis février, selon Janaf.

    Le veto de la Hongrie

    De leur côté, les autorités hongroises assurent qu’il n’y a pas de pénurie immédiate, mais soutiennent que le pétrole acheminé par Adria ne constitue pas une alternative équivalente au brut russe, qu’elles jugent à la fois moins cher et mieux adapté à leurs installations. Elles ont ainsi rejeté la proposition de Janaf d’augmenter durablement l’utilisation de l’oléoduc, estimant que les frais de transit sont trop élevés. Elles s’appuient également sur un test de capacité réalisé en septembre, qui, selon elles, démontrerait que l’infrastructure ne peut pas absorber les volumes nécessaires.

    La porte-parole de Janaf, Michaela Julijana Vranjes, soutient au contraire que les frais sont justifiés, l’oléoduc pouvant acheminer environ 280 000 barils par jour – soit davantage que Druzhba. Selon elle, le test de septembre aurait aussi été limité à la demande même de MOL. Il est « clair que les objections du groupe MOL ne concernent ni les prix ni la capacité, mais la volonté de maintenir aussi longtemps que possible l’exception permettant d’importer du pétrole russe sous sanctions », a-t-elle indiqué.

    Maintenir les liens avec la Russie

    Pour certains observateurs, la position de la Hongrie traduit aussi une volonté politique plus profonde de maintenir les liens avec la Russie. « La Hongrie dispose de suffisamment de capacité via l’oléoduc Adria pour couvrir 100 % de sa demande et fait face à des frais de transit inférieurs à ceux du pétrole russe, affirme Isaac Levi, chercheur au Center for Research on Energy and Clean Air. La réalité est que la dépendance aux combustibles fossiles russes ne relève pas de contraintes techniques, mais d’une question de volonté politique. »

    L’issue pourrait donc dépendre du résultat des élections législatives de ce dimanche en Hongrie. Le parti d’opposition Tisza, actuellement en tête face au Fidesz d’Orban, prévoit de mettre fin aux importations d’énergie russe d’ici à 2035. Le ministre croate de l’Économie, Ante Šušnjar, a également évoqué un engagement récent de la Hongrie à acheter du pétrole à l’administration Trump. Et selon lui, ce pétrole transiterait par… l’oléoduc Adria croate.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/oleoduc-adria-une-solution-pour-sortir-de-la-dependance-hongroise-au-petrole-russe-que-viktor-orban-BHM2ALDPIRHAZISKH2JEMPQ47A/

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    Publish date : 2026-04-12 14:12:00

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  • « Ignorer nos faiblesses, c’est faire le jeu de Moscou » : l’Ukraine vue par un ex-conseiller de Volodymyr Zelensky

    Pendant cinq ans, Alexander Rodnyansky a conseillé Volodymyr Zelensky sur les questions économiques. Aujourd’hui professeur à l’université de Cambridge, ce spécialiste n’en a cependant pas fini d’ausculter les menaces qui guettent l’Ukraine. Y compris les plus sous-estimées… A L’Express, il explique pourquoi le principal danger pour Kiev ne se situe plus seulement sur le champ de bataille, mais aussi sur les fronts politique et économique. Problèmes de gouvernance, tensions sur le contrat social, finances : notre interlocuteur radiographie les différentes faiblesses dont pâtit le pays, qui en font, selon lui, « l’un des outils les moins coûteux et les plus efficaces du Kremlin ». Au point de risquer de devenir un « fardeau stratégique chronique et une menace pour l’Europe ». Entretien.

    L’Express : Selon vous, le principal danger pour l’Ukraine ne réside plus uniquement sur le champ de bataille, mais aussi sur les fronts politique et économique. Pourquoi ?

    Alexander Rodnyansky : Les objectifs de la Russie vont au-delà d’un simple gain territorial. Vladimir Poutine cherche également à ce que l’Ukraine sorte de cette guerre trop affaiblie, divisée et dysfonctionnelle pour pouvoir fonctionner comme un Etat européen moderne. En d’autres termes, il souhaite un Etat que le Kremlin n’aurait pas de mal à absorber. Dans une guerre d’usure, la force de frappe n’est pas le seul facteur important. Les finances, la cohésion politique et la capacité de l’Etat sont tout aussi importantes. L’Ukraine fait encore preuve de résilience, mais elle subit une pression croissante sur tous ces fronts. Le véritable danger est que la faiblesse institutionnelle de Kiev amplifie la pression militaire qu’elle subit déjà.

    Concrètement, comment l’Ukraine s’en sort-elle aujourd’hui sur ces trois fronts ?

    Même si le pays tient bon, sa marge d’erreur est plus faible que ne le supposent de nombreux observateurs extérieurs. Sur le plan financier, d’abord, l’Ukraine survit, mais uniquement grâce à un soutien extérieur massif. Il est donc vital de renforcer sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds. Sur le plan politique, la cohésion sociale est toujours présente, mais les guerres de longue durée engendrent inévitablement de la lassitude, du ressentiment et des tensions sur le contrat social. Sur le plan institutionnel, l’Ukraine dispose d’atouts – une société civile solide, des organismes de lutte contre la corruption et un journalisme d’investigation -, mais la qualité de la gouvernance reste inégale et trop dépendante d’un petit groupe de décideurs.

    Si elle restait faible sur le plan institutionnel, l’Ukraine pourrait devenir un fardeau stratégique chronique et une menace pour l’Europe. Ce serait un grand pays armé, traumatisé et dépendant financièrement, situé à la frontière de l’Union européenne. Le véritable intérêt de l’Europe ne réside donc pas seulement dans la survie de l’Ukraine, mais dans sa stabilité, sa gouvernabilité et le développement de ses institutions.

    Chaque scandale de corruption, chaque cas d’impunité et chaque défaillance de la gouvernance alimentent le narratif russe selon lequel l’Ukraine ne serait pas digne du soutien occidental ni de l’intégration européenne

    Pour l’heure, l’Europe privilégie la poursuite du soutien militaire à la qualité de la gouvernance en Ukraine. S’agit-il d’une erreur stratégique ? Faudrait-il imposer des conditions plus strictes à l’aide militaire afin de faciliter les réformes institutionnelles nécessaires ?

    L’Europe a raison de donner la priorité au soutien militaire, car sans lui, tout le reste perd de son importance. Quant à l’aide militaire, la solution ne réside pas dans une conditionnalité punitive qui déstabiliserait le pays. Elle réside plutôt dans une conditionnalité intelligente axée sur les marchés publics, les nominations clés, la réforme judiciaire, les capacités de l’Etat et la compétence des dirigeants. Considérer l’aide militaire et la réforme de la gouvernance comme des objectifs opposés ou substituables me semble être une erreur. En réalité, ils se renforcent mutuellement. Une Ukraine mieux gouvernée serait un allié plus fort en temps de guerre. L’Europe ne doit pas confondre loyauté envers l’Ukraine et silence sur ses faiblesses.

    Comment l’Ukraine peut-elle renforcer ses institutions ?

    L’Ukraine doit considérer la capacité de l’Etat comme faisant partie intégrante de sa défense nationale. Cela nécessite de privilégier la compétence plutôt que la loyauté, d’assurer une plus grande transparence des marchés publics, d’améliorer la gestion économique et d’offrir une protection plus solide aux institutions de lutte contre la corruption et de contrôle. Il faut également valoriser davantage l’expertise parmi les postes stratégiques du pouvoir. La guerre n’est pas une excuse pour reporter la discipline institutionnelle : c’est justement en temps de guerre que la discipline est la plus importante. L’Ukraine doit apprendre à gouverner dans une optique de pérennité, et pas seulement de survie.

    Parfois critiqué pour une trop grande centralisation du pouvoir, Volodymyr Zelensky est-il en mesure de relever tous ces défis ?

    En février 2022, au moment de l’invasion russe, sa communication et sa clarté morale ont été essentielles pour obtenir le soutien international à un moment où le pays était en danger d’existence.

    Cependant, le leadership doit évoluer en fonction des circonstances. Au cours des dernières années, des occasions ont été manquées de renforcer les institutions au lieu de concentrer le pouvoir entre les mains de quelques-uns. Par exemple, les réformes et le renouvellement des principaux dirigeants des organismes économiques par des personnalités compétentes ont fait défaut, malgré des signaux d’alerte évidents. Deuxièmement, la centralisation excessive du pouvoir a ralenti la mise en œuvre des décisions et en a réduit la qualité ainsi que la responsabilité des décideurs. Troisièmement, les organismes de surveillance indépendants et le journalisme d’investigation n’ont pas été suffisamment protégés, alors même que leur travail renforce en fin de compte la crédibilité de l’Ukraine auprès de ses partenaires.

    Ces mauvaises décisions ont leur importance car le succès de l’Ukraine dépend désormais autant de la résilience institutionnelle que du courage sur le champ de bataille. La tragédie de la guerre est que la critique publique est souvent confondue avec de la déloyauté. Cependant, sans une critique constructive fondée sur la bonne foi, les erreurs persistent et affaiblissent davantage le pays.

    Si la guerre prend fin sans que Kiev n’engage les réformes nécessaires, à quoi pourrait concrètement ressembler une Ukraine affaiblie sur le plan institutionnel d’ici cinq à dix ans ?

    Ce serait probablement un Etat souverain, mais peu performant. On assisterait à une reconstruction lente, à des scandales de corruption récurrents, à une forte dépendance budgétaire, à des institutions civiles faibles et à une émigration continue des talents. Le pays pourrait rester militairement fort, mais politiquement frustré et économiquement fragile. Il ne s’agirait pas d’un effondrement dramatique, mais plutôt d’une longue période de stagnation. Pour l’Ukraine, après un sacrifice aussi immense, la stagnation elle-même serait une tragédie.

    Vous mettez en avant un risque de dérive démocratique. N’est-ce pas une conséquence inévitable de la guerre ?

    Une certaine compression démocratique est inévitable en temps de guerre. Les pouvoirs d’urgence, un contrôle plus strict et un pouvoir exécutif renforcé ne sont pas inhabituels face à une menace existentielle. Cependant, cela ne signifie pas que ce phénomène soit inoffensif ou illimité. Le danger survient lorsque la centralisation temporaire en temps de guerre devient une habitude de gouvernance durable. Une telle évolution pourrait compliquer le chemin de l’Ukraine vers l’UE, qui est avant tout un ordre juridique et institutionnel, et non un club géopolitique.

    Les faiblesses internes de l’Ukraine peuvent-elles être exploitées par le Kremlin ?

    Absolument. C’est l’un des leviers les moins coûteux et les plus efficaces du Kremlin. Chaque scandale de corruption, chaque cas d’impunité et chaque défaillance de la gouvernance alimentent le narratif russe selon lequel l’Ukraine ne serait pas digne du soutien occidental ni de l’intégration européenne. Par conséquent, comme je le disais, une critique formulée de bonne foi n’est pas un acte de déloyauté. En réalité, ignorer ces faiblesses fait le jeu de Moscou. La réponse la plus forte au Kremlin ne passe pas par le déni, mais par une Ukraine mieux gouvernée.

    La guerre en Iran aggrave-t-elle la situation que vous décrivez ?

    Elle rend tout plus difficile. Elle fait grimper les prix de l’énergie, accroît la volatilité et exerce une pression supplémentaire sur les budgets déjà mis à rude épreuve de l’Europe et de l’Ukraine. La hausse des prix du pétrole génère des recettes supplémentaires pour le budget de l’Etat russe, ce qui lui permet de poursuivre plus facilement ses efforts de guerre. Parallèlement, l’attention, les fonds, le soutien militaire – en particulier les missiles Patriot – et les capacités stratégiques de l’Occident sont dispersés. L’Ukraine est confrontée non seulement à l’intensification de l’agression russe, mais aussi à la réalité que ses alliés ont une attention et des ressources limitées. Plus généralement, tout nouveau conflit majeur aggrave encore la situation diplomatique et économique de l’Ukraine.

    Historiquement, certains Etats ont réussi à mener de longues guerres malgré des institutions imparfaites. Pourquoi l’Ukraine ferait-elle exception ?

    L’Ukraine n’est pas le seul pays à avoir des institutions imparfaites. Ce qui la distingue, c’est qu’elle mène une guerre moderne tout en dépendant fortement du financement étranger, des armes occidentales et du soutien international. Dans ce contexte, la qualité des institutions devient un enjeu majeur sur le plan stratégique. L’Ukraine se bat non seulement pour sa survie, mais aussi pour rejoindre l’espace politique et juridique européen. La solidité de son Etat a donc une importance qui dépasse le seul champ de bataille. L’héroïsme seul ne suffit pas à bâtir un Etat européen durable.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/ignorer-nos-faiblesses-cest-faire-le-jeu-de-moscou-lukraine-vue-par-un-ex-conseiller-de-volodymyr-5W32MPQ23RDARHTXJ7LNWZALKI/

    Author : Alix L’Hospital

    Publish date : 2026-04-12 15:00:00

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  • Législatives en Hongrie : Viktor Orban reconnaît sa défaite face à Peter Magyar

    Le Premier ministre hongrois sortant, Viktor Orban, a concédé sa défaite ce dimanche 12 avril aux élections législatives après une victoire écrasante du parti d’opposition Tisza. Les résultats montrent que le parti de centre-droit pro-européen de Peter Magyar remporterait 135 sièges – soit une majorité cruciale des deux tiers – au Parlement de 199 membres, devant le parti Fidesz d’Orban.

    « Les résultats des élections ne sont pas encore définitifs, mais la situation est compréhensible et claire », a déclaré Viktor Orban dans les locaux de campagne du Fidesz. « Le résultat des élections est douloureux pour nous, mais clair. » Les sondeurs prévoyaient une participation électorale record, et la télévision hongroise montrait de longues files d’attente devant certains bureaux de vote à Budapest. Les données recueillies à 17h30, une demi-heure avant la fermeture des bureaux de vote, indiquaient un taux de participation de 77,8 %, contre 67,8 % quatre ans auparavant.

    La fin du mandat de Viktor Orban après 16 ans au pouvoir aura des conséquences importantes non seulement pour la Hongrie, mais aussi pour l’Union européenne, l’Ukraine et au-delà. Cela signifierait probablement la fin du rôle conflictuel de la Hongrie au sein de l’UE, ouvrant peut-être la voie à un prêt de 90 milliards d’euros (105 milliards de dollars) à l’Ukraine ravagée par la guerre, bloqué par Orban. La défaite d’Orban pourrait également signifier le déblocage éventuel des fonds européens destinés à la Hongrie, que le bloc avait suspendu en raison de ce que Bruxelles considérait comme une érosion des normes démocratiques par Orban.

    Le départ d’Orban priverait également le président russe Vladimir Poutine de son principal allié au sein de l’UE et provoquerait une onde de choc dans les cercles de droite occidentaux, y compris à la Maison-Blanche. En Hongrie, la victoire de Tisza pourrait ouvrir la voie à des réformes qui, selon le parti, viseraient à lutter contre la corruption et à rétablir l’indépendance du pouvoir judiciaire et des autres institutions. Toutefois, l’ampleur de ces réformes dépendra de la capacité de Tisza à obtenir la majorité constitutionnelle des deux tiers nécessaire pour renverser une grande partie de l’héritage d’Orban.

    Stagnation économique

    Viktor Orban a élaboré un modèle de « démocratie illibérale » considéré comme un plan directeur par le mouvement Make America Great Again (Maga) de Donald Trump et ses admirateurs en Europe. Mais de nombreux Hongrois sont de plus en plus las d’Orban, 62 ans, après trois années de stagnation économique et de flambée du coût de la vie, ainsi que des informations selon lesquelles des oligarques proches du gouvernement amassent toujours plus de richesses. Le leader de Tisza, Peter Magyar, semble avoir su exploiter cette frustration.

    En votant pour Tisza dans la capitale hongroise, Mihaly Bacsi, 27 ans, a déclaré que le pays avait besoin de changement. « Nous avons besoin d’une amélioration de l’humeur du public ; il y a trop de tensions dans de nombreuses régions et le gouvernement actuel ne fait qu’attiser ces sentiments », a-t-il déclaré. Une autre électrice, qui a donné le nom de Zsuzsa, a déclaré qu’elle souhaitait de la continuité. « J’aimerais vraiment que tous les résultats obtenus ces dernières années soient maintenus – et j’ai terriblement peur de la guerre », a-t-elle déclaré, faisant référence au conflit qui fait rage en Ukraine, pays voisin de la Hongrie à l’est.

    Viktor Orban a présenté l’élection de dimanche comme un choix entre « la guerre et la paix ». Pendant la campagne, le gouvernement a placardé le pays d’affiches avertissant que la Hongrie entraînerait la Russie dans la guerre contre l’Ukraine, ce qu’il dément fermement.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/legislatives-en-hongrie-viktor-orban-reconnait-sa-defaite-face-a-peter-magyar-V63FHRUCQNHS3O5R4LWJALOOXA/

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    Publish date : 2026-04-12 20:16:00

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  • Sanctions contre Moscou : le Kirghizistan au cœur d’un système pro russe opaque

    Officiellement, la réforme répond à un besoin de « modernisation financière ». Officieusement, elle serait un outil destiné à mieux faire transiter un certain nombre de flux russes de plus en plus difficiles à acheminer par les circuits bancaires classiques, du fait des sanctions économiques contre Moscou. Jeudi 9 avril, le Parlement kirghiz a adopté une loi instaurant les « lettres de change électroniques », un instrument financier numérique jusque-là inexistant officiellement dans le pays. Selon le média local 24.kg, très influent et généralement aligné sur les positions officielles, cette réforme viserait à réduire les coûts, prévenir les pertes et les falsifications et simplifier les paiements transfrontaliers.

    Avant ce vote en urgence, seulement deux semaines après sa présentation et sans débat public, le ministère des Finances, cité par le média indépendant d’investigation kirghize Kloop Media, vantait aussi un outil destiné à la « modernisation de l’infrastructure financière » et une forme numérique censée garantir plus de « transparence ». Mais cette promesse serait illusoire, ces instruments servaient déjà bien avant la légalisation pour aider les acteurs russes à contourner les sanctions, rapporte le média.

    Une explosion des cryptomonnaies

    D’après des documents internes, plus de 21,2 milliards de dollars de ces titres avaient déjà été émis en juin dernier. Sur YouTube, l’un des dirigeants du réseau A7A5 de l’oligarque moldave pro russe en fuite, Ilan Shor, admet que ces instruments sont « recherchés […] dans le commerce extérieur » en raison des difficultés liées aux paiements, précisant que « le groupe opère sous une surveillance étroite, voire avec le « soutien » d’organes étatiques russes et kirghiz ». Un représentant d’A7A5 compare par ailleurs cet outil à « un chèque au porteur » : seuls son émission et son encaissement sont tracés, rendant très difficile le suivi des transactions intermédiaires. Kloop Media évoque également l’implication de plusieurs banques publiques kirghizes, dont Kapital Bank, Aiyl Bank et Eldik Bank.

    Dans ce contexte d’opacité, les ambitions numériques du pays d’Asie centrale prennent une autre dimension. En 2025, les transactions en cryptomonnaies traitées par des opérateurs agréés au Kirghizistan ont atteint entre 20,5 et 32 milliards de dollars — soit environ deux à trois fois le PIB total du pays, estimé à environ 14 milliards de dollars -, la plupart de ces opérations prenant la forme de simples échanges de devises. « Le principal moteur de cette croissance explosive est lié aux sanctions visant la Russie. Depuis 2022, les banques russes sont effectivement coupées des transferts internationaux », et les entreprises et commerçants russes se tournent vers la crypto « non pas par amour de la technologie, mais parce qu’il n’existe tout simplement pas d’alternative », explique Maksim Soldatov, expert financier et PDG de la société d’investissement Banca située au Kirghizistan, cité par The Diplomat.

    Une activité vulnérable

    « Aujourd’hui, les cryptomonnaies jouent le rôle de l’argent mieux que l’argent traditionnel. Plus le contexte géopolitique est mauvais, plus les transactions deviennent crypto », abonde Almaz Chabdanov, pionnier de la réglementation locale de la cryptomonnaie au Kirghizistan. Une salariée du secteur technologique, interrogée par le magazine, raconte que son entreprise reçoit désormais certains paiements d’Europe en USDT (une cryptomonnaie), faute de pouvoir passer par les banques correspondantes qui « ne peuvent pas traiter les transferts pouvant être liés à la Russie ».

    Officiellement, le Kirghizistan revendique pleinement son orientation vers les cryptomonnaies. En 2025, le président Sadyr Japarov s’est même associé au fondateur de la plateforme Binance pour lancer un stablecoin national, le KGST. Selon Chabdanov, le pays pourrait ainsi devenir « la Suisse des cryptomonnaies ». Mais cette activité demeure toutefois vulnérable. En août dernier, les États-Unis et le Royaume-Uni ont imposé des sanctions à plusieurs entités kirghizes, dont Kapital Bank, accusées d’avoir facilité le contournement des sanctions visant la Russie.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/asie/sanctions-contre-moscou-le-kirghizistan-au-coeur-dun-systeme-pro-russe-opaque-5VVFCHTJ3ZGJTFK6EQOJL342L4/

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    Publish date : 2026-04-12 15:22:00

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  • Le pape Léon XIV en Algérie : les dits et les non-dits d’une visite qui interroge

    Miraculeuse, inattendue et historique ; la visite du pape Léon XIV en Algérie, du 13 au 15 avril, suscite des superlatifs. Un an après son élection, ce déplacement dans un pays musulman est une première pour un souverain pontife. Forcément, le choix de l’Algérie interroge. Que vient faire Léon XIV dans un pays où l’Église catholique est petite ? La première réponse à cette interrogation est donnée par le souverain pontife lui-même. Dès son intronisation, il a rappelé sa filiation spirituelle avec Saint-Augustin d’Hippone. Le célèbre prêtre chrétien est en effet né à Taghast, actuelle Souk-Ahras, dans l’est de l’Algérie, en 354 de notre ère. C’est également dans la ville voisine d’Hippone, aujourd’hui Annaba, qu’il fut évêque de 396 jusqu’à sa mort en 430.

    Sur les traces de Saint Augustin

    Le pape part donc sur les traces de son maître religieux. « La figure de saint Augustin aide beaucoup pour établir un pont parce qu’il est très respecté en Algérie comme fils de la patrie », avait-il confié lors de son voyage à Beyrouth en décembre dernier.

    Les responsables de l’Église catholique d’Algérie, à commencer par son archevêque, le cardinal Jean-Paul Vesco, nuancent cette version. Ce dernier rappelle que le souverain pontife s’est déjà rendu en Algérie à deux reprises. Ce n’est donc pas « pour lui qu’il vient », insiste-t-il. En 2001, il avait participé à un colloque organisé par l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, sur la vie de Saint-Augustin. En 2013, il avait assisté à la réouverture de la Basilique d’Annaba, qui porte le nom de l’évêque d’Hippone, après une restauration financée en partie par l’Etat algérien.

    « Au-delà de sa personne, Sa Sainteté vient aussi pour le peuple algérien. Ce peuple, majoritairement musulman, est d’une hospitalité remarquable », ajoute Jean-Paul Vesco. « Nous sommes une petite église, mais nous vivons en bonne intelligence avec les musulmans. Le pape doit le constater par lui-même », renchérit de son côté Paul Desfarges, l’ancien archevêque d’Alger, annoncé dans la délégation qui accueillera Léon XIV à Annaba, lors de la deuxième et dernière étape de ce pèlerinage papal, après une escale à Alger.

    Le dialogue interreligieux au cœur du voyage

    En Algérie, le Pape souhaite également donner du sens à son appel pour le dialogue interreligieux. Il se rendra à la Basilique Notre-Dame-d’Afrique où, en plus de la messe qu’il célébrera avec des représentants de l’Église catholique, il prononcera un discours sur la paix et la communion entre toutes les religions.

    Pour concrétiser ce vœu, il se rendra lui-même à la Grande Mosquée d’Alger, un édifice monumental et moderne inauguré en 2021 dans la capitale algérienne. Le Pape y rencontrera le Recteur de cette institution religieuse musulmane, Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, un dignitaire algérien appartenant au soufisme, un courant modéré et tolérant.

    La communauté catholique en Algérie compte environ 40 000 adeptes, pour l’essentiel des expatriés (les chiffres sont difficiles à obtenir à cause de l’absence d’un recensement précis). Elle est plus ou moins tolérée en dépit de l’absence de nouvelles paroisses.

    Un climat religieux complexe et sous tension

    Les protestants évangéliques, majoritairement des Algériens convertis, éprouvent toutes les peines du monde pour pouvoir prier ou tout simplement exister. Sur les quarante-huit églises recensées dans le pays, dont une majorité en Kabylie, il ne reste que celle d’Alger, les autres étant fermées faute d’autorisation. Ce sésame que doit détenir toute association représentant un culte non-musulman dans un pays où l’article 2 de la Constitution dit clairement que « l’Islam est la religion de l’Etat » et où, pour devenir président de la République, il faut être impérativement musulman. Or, une loi votée en 2006 rend quasiment impossible l’obtention d’un tel document.

    Des évangélistes sont également confrontés aux poursuites judiciaires. Certains ont été condamnés pour « exercice illégal » d’une religion non islamique ou d’offense à la religion majoritaire dans le pays. C’est le cas de Slimane Bouhafs. Ce quinquagénaire originaire de Kabylie a été condamné à deux reprises à une peine de trois ans de prison chacune pour avoir, dans un premier temps, affiché publiquement – ce qu’il continue de faire d’ailleurs – son attachement au christianisme. Il a formulé ensuite des critiques contre le Culte de Mohamed, ayant assisté à des tueries au nom de l’Islam au cours de la décennie noire. Il est désormais libre, mais il a été empêché récemment de se rendre à l’étranger, sans aucune décision de justice.

    En plus de la bureaucratie, beaucoup de ces Algériens convertis au christianisme sont confrontés au rejet de la société et, plus douloureux encore, de leurs familles. La discrimination religieuse touche également d’autres groupes, à l’instar des Ahmadites qui croient à un Prophète peu connu né en Iran. Même les Musulmans chiites ne sont pas épargnés, puisque régulièrement, des fidèles de ce courant religieux sont présentés devant les tribunaux.

    Le discours officiel des autorités algériennes et des responsables de l’Eglise catholique d’Algérie à propos du voyage de Léon XIV vise à éviter toute dissonance dans ce domaine. Les sujets qui pourraient fâcher ne manquent pas. A commencer par le sort du journaliste français Christophe Gleizes. En décembre dernier, ce spécialiste du football africain a été condamné en appel à sept ans de prison ferme pour « apologie de terrorisme ». Son crime ? Il était en contact avec des dirigeants du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK, séparatiste, considéré par Alger comme un mouvement terroriste). Depuis, sa famille et des ONG de défense des Droits de l’Homme réclament sa libération. Son comité de soutien en France a même demandé au président Emmanuel Macron de plaider la cause du journaliste auprès du Pape lors de sa visite le 10 avril au Saint-Siège.

    Mais ces sujets ne sont visiblement pas à l’ordre du jour de la visite de Léon XIV à Alger où il sera reçu avec faste et à Annaba où la tonalité sera beaucoup plus spirituelle que politique. Une source de l’Eglise catholique d’Algérie indique que le souverain pontife ne vient pas « pour cliver ». Et ce malgré les interpellations des défenseurs des droits de l’Homme, ou de l’écrivain Kamel Daoud. Quitte à offrir aux autorités algériennes leur revanche sur ceux qui critiquent leur isolement diplomatique.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/le-pape-leon-xiv-en-algerie-les-dits-et-les-non-dits-dune-visite-qui-interroge-WHX3MLOIIRD2DPNQTZSSO5EJGE/

    Author : Akli Ouali

    Publish date : 2026-04-12 16:00:00

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  • Législatives en Hongrie : Viktor Orban en difficulté, l’élection la plus importante de l’année

    C’est une élection suivie de près à l’international. Ce dimanche 12 avril, la Hongrie va choisir ses nouveaux députés, et pourrait voir la fin du règne de Viktor Orban, le Premier ministre au pouvoir depuis 2010. La plupart des sondages indépendants le donnent en effet perdant derrière son principal concurrent, Péter Magyar, un haut fonctionnaire qui a centré sa campagne sur la nécessité d’ouvrir un nouveau chapitre dans un pays classé par Transparency International comme le plus corrompu de l’UE.

    Ancien allié de Viktor Orban, Péter Magyar a pris la tête du petit parti centriste de droite Tisza et l’a transformé en mouvement anti-corruption. Il a dénoncé ce qu’il appelle le « marécage politique » d’Orban et promis de construire « une Hongrie moderne et européenne ». Selon The Economist, Tisza est passé de 21 % dans les sondages en mai 2024 à une position proche de celle du parti Fidesz de l’actuel Premier ministre. Ce dernier est desservi par un bilan économique mauvais, avec une croissance faible, un chômage qui progresse et des prix en hausse de 50 % depuis 2020.

    Un système biaisé

    Pour autant, même si les sondages s’avéraient partiellement exacts, le parti au pouvoir pourrait tout de même conserver une majorité de sièges au Parlement, voire parvenir à gouverner en coalition avec de petites formations politiques. Depuis son retour au pouvoir en 2010, le parti Fidesz a progressivement remodelé le système électoral hongrois, dans le cadre d’une gouvernance qui s’étend désormais sur 16 années sans interruption. Le gouvernement a notamment réduit le nombre total de sièges parlementaires de 386 à 199, un changement majeur qui a nécessité une refonte complète des circonscriptions électorales, elles-mêmes encore ajustées en 2024.

    Selon les critiques du gouvernement, ces redécoupages successifs ont eu pour effet de concentrer les électeurs de l’opposition dans de grandes circonscriptions, tout en fragmentant les zones favorables au pouvoir en unités plus petites, augmentant ainsi le poids relatif des voix pro gouvernementales. En conséquence, il faut souvent moins de voix pour remporter un siège dans les zones rurales -bastions du Fidesz – que dans les circonscriptions urbaines, où l’opposition est plus forte. Lors des élections législatives de 2022, le Fidesz a ainsi dépassé certaines projections des sondages et, avec 37 % des voix au niveau national, a obtenu 68 % des sièges au Parlement.

    Des médias sous contrôle

    En outre, le paysage médiatique est largement dominé par la télévision et de nombreux médias contrôlés directement par le Fidesz, ou indirectement via des entrepreneurs proches du pouvoir, ce qui pourrait influencer le déroulement de l’élection. « Les médias publics ont été transformés en un outil de propagande au service du gouvernement et de son allié russe », a déclaré Reporters sans frontières, à l’issue d’une mission en Hongrie. L’organisation ajoute que « les médias indépendants du secteur privé ont été affaiblis, menacés et réduits au silence par une répartition biaisée des financements publicitaires de l’État, des suspensions arbitraires de licences de diffusion, une surveillance illégale, des campagnes de dénigrement et des prises de contrôle par des oligarques alliés au Fidesz ».

    Dans tous les cas, Orban espère que le fait de présenter son rival Péter Magyar comme une marionnette des élites libérales lui permettra de rester au pouvoir. A l’étranger, l’administration Trump, à l’inverse de l’Union européenne (UE), s’est largement investie dans la campagne en faveur du dirigeant d’extrême droite, vantant régulièrement ses mérites. « Je ne dirai pas aux Hongrois comment voter. J’encourage les bureaucrates de Bruxelles à faire exactement la même chose », a déclaré mardi, provocateur, le vice-président américain, J.D Vance, présent à un meeting à Budapest.

    Viktor Orban entretient également des liens étroits avec le président russe Vladimir Poutine, dont il s’est rapproché depuis le début de la guerre en Ukraine. Selon plusieurs observateurs, la Russie diffuserait notamment sur les réseaux sociaux des contenus élaborés à l’aide de l’intelligence artificielle, pour favoriser sa victoire. Plusieurs conversations téléphoniques entre le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjarto, et son homologue russe Sergueï Lavrov ont aussi été révélées ces dernières semaines par des médias d’investigation. On y entend le ministre hongrois informer son interlocuteur des décisions prises au sein du Conseil européen, mais aussi promettre de défendre les intérêts de Moscou au niveau européen ; des révélations qui ont suscité un scandale à Bruxelles. Durant la campagne, l’UE a été l’une des cibles favorites du leader nationaliste, accusée de vouloir détruire l’âme hongroise dont lui s’est érigé en défenseur.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/hongrie-viktor-orban-en-difficulte-lelection-qui-peut-tout-changer-Y3MXQVKBBJARBMOAVVKRNAMQ6U/

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    Publish date : 2026-04-12 10:41:00

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  • EN DIRECT. Etats-Unis – Iran : échec des négociations, le Pakistan exhorte Washington et Téhéran à respecter le cessez-le-feu


    Le vice-président américain J.D. Vance a annoncé dimanche que la délégation américaine quittait le Pakistan sans être parvenue à un accord avec l’Iran au terme de 21 heures de négociations, déclarant que l’Iran avait choisi de ne pas accepter les conditions américaines.

    Les discussions directes entre Téhéran et Washington étaient les premières de haut niveau depuis la révolution islamique à Téhéran en 1979 et les premiers pourparlers directs depuis 2015 et la conclusion d’un accord multilatéral sur le programme nucléaire iranien.

    La question du détroit d’Ormuz reste la pierre d’achoppement dans les négociations entre les deux parties, ont rapporté plusieurs sources.

    Pour parvenir à un accord, Téhéran exige des réparations de guerre ainsi que le contrôle du détroit d’Ormuz et l’instauration d’un droit de péage dans ce carrefour maritime par lequel transitent 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

    13h08

    Le pape Léon XIV exprime sa proximité avec le peuple libanais

    Le pape Léon XIV quitte les lieux après avoir présidé une veillée de prière et un rosaire pour la paix, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, le 11 avril 2026. REUTERS/Remo Casilli

    À l’issue de sa prière dominicale sur la place Saint-Pierre, pape Léon XIV s’est adressé à la foule en exprimant sa proximité avec le peuple libanais, qu’il a dit rejoindre « en ces jours de douleur, de peur et d’espérance indestructible en Dieu ».

    Il a insisté sur la nécessité morale de protéger les civils en temps de guerre, en rappelant « l’obligation morale de protéger la population civile des effets atroces de la guerre », et a exhorté l’ensemble des parties concernées à s’orienter vers une issue pacifique.

    12h00

    Comment les Etats-Unis (mais pas la France) ont perdu le monde arabe, par Amaney A. Jamal et Michael Robbins

    Le président américain Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s'entretiennent à la Maison-Blanche., le 18 novembre 2025.Le président américain Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’entretiennent à la Maison-Blanche., le 18 novembre 2025.

    Selon les fondateurs du Baromètre arabe, les populations au Moyen-Orient se sont retournées contre l’Amérique, alors que le grand rival chinois y est de plus en plus populaire.

    >>> En savoir plus

    11h05

    Le Pakistan exhorte les parties à respecter le cessez-le-feu

    Le vice-président américain JD Vance serre la main du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais Mohammad Ishaq Dar, alors qu'il s'apprête à monter à bord de l'Air Force Two, à l'issue des pourparlers de paix avec l'Iran à Islamabad, au Pakistan, le dimanche 12 avril 2026. Jacquelyn Martin/Pool via REUTERS     TPX IMAGES DU JOURLe vice-président américain JD Vance serre la main du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères pakistanais Mohammad Ishaq Dar, alors qu’il s’apprête à monter à bord de l’Air Force Two, à l’issue des pourparlers de paix avec l’Iran à Islamabad, au Pakistan, le dimanche 12 avril 2026. Jacquelyn Martin/Pool via REUTERS TPX IMAGES DU JOUR

    Ishaq Dar, ministre des Affaires étrangères du Pakistan, a affirmé dimanche matin à la télévision qu’il était « impératif » que les différentes parties honorent leur engagement en faveur d’un cessez-le-feu, à la suite de l’échec des négociations menées entre les deux camps pour tenter de mettre un terme au conflit au Moyen-Orient.

    10h54

    « Il semble que les Américains ne soient pas venus négocier », selon un analyste iranien

    Ali Gholhaki, analyste conservateur proche du pouvoir iranien, a affirmé sur les réseaux sociaux que les discussions avaient échoué. Selon lui, États-Unis posaient comme conditions l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium, l’évacuation d’environ 408 kilos d’uranium conservé sur le territoire de l’Iran, ainsi que la « gestion par les États-Unis de la sécurité du détroit d’Ormuz selon leurs propres conditions ».

    Il a également précisé que Washington n’avait pris aucun engagement concernant l’arrêt des frappes israéliennes au Liban. « Il semble que les Américains ne soient pas venus négocier ! », a-t-il affirmé.

    10h47

    Guerre en Iran : pourquoi les négociations avec les Etats-Unis ont échoué ?

    Le vice-président JD Vance s'exprime lors d'une conférence de presse après avoir rencontré des représentants du Pakistan et de l'Iran, le dimanche 12 avril 2026, à Islamabad, au Pakistan. Jacquelyn Martin/Pool via REUTERSLe vice-président JD Vance s’exprime lors d’une conférence de presse après avoir rencontré des représentants du Pakistan et de l’Iran, le dimanche 12 avril 2026, à Islamabad, au Pakistan. Jacquelyn Martin/Pool via REUTERS

    Les discussions tenues au Pakistan pour mettre fin au conflit n’ont pas abouti, laissant planer un doute quant à la poursuite des hostilités.

    >>> Pour approfondir

    09h40

    L’Iran veut commencer les travaux de réparations sur ses sites de raffinage et de distribution touchés par des frappes

    L’Iran espère réparer les dommages observés sur ses sites de raffinage et de distribution touchés par des frappes aériennes dans les deux prochains mois, fait savoir le vice-ministre du Pétrole, Mohammad Sadeq Azimifar, à Student News Network, un média iranien officiel.

    Les travaux de réparations ont débuté et le site de raffinerie de Lavan devrait reprendre ses activités dans les dix prochains jours, déclare-t-il, ajoutant viser un retour à 70-80 % des capacités opérationnelles de ses sites de raffinage et de distribution par rapport au début du conflit.

    08h30

    Hugo Micheron : « Avec l’IA, la force de frappe des Etats-Unis a été décuplée »

    Hugo MicheronHugo Micheron

    Que fait l’intelligence artificielle dans cette guerre, que l’homme ne faisait pas avant ? Hugo Micheron, spécialiste du Moyen-Orient et de l’IA est l’invité du podcast filmé de L’Express.

    >>> Découvrir notre entretien

    05h31

    Deux sujets de blocage, plusieurs points d’accord

    Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par les médias iraniens, indique que plusieurs points ont fait l’objet d’un accord mais que deux dossiers ont bloqué les négociations.

    Les échanges se sont déroulés dans une atmosphère de défiance, selon lui, ajoutant que les consultations entre les trois délégations continuaient d’être menées.

    03h55

    L’Iran dénonce des exigences « excessives » des Etats-Unis

    L’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim rapporte que les exigences « excessives » des Etats-Unis avaient entravé la mise en place d’un accord et que les négociations se sont terminées.

    Tant que les Etats-Unis n’acceptent pas un accord raisonnable, il n’y aura aucun changement dans le détroit d’Ormuz, rapporte l’agence de presse iranienne Tasnim, citant une source au fait des négociations.

    23h22

    L’Iran met en garde contre toute tentative de transit de navires militaires par Ormuz

    Les Gardiens de la révolution iranienne préviennent que toute tentative de transit de navires militaires dans le détroit d’Ormuz se heurtera à une « riposte musclée », précisant que seuls les navires non militaires seraient autorisés à passer, sous réserve de conditions spécifiques, rapportent les médias iraniens.

    Bienvenue dans ce direct

    Bonjour et bienvenue dans ce live. Nous continuons à suivre ce dimanche 12 avril la situation au Moyen-Orient, après l’échec des négociations au Pakistan entre l’Iran et les Etats-Unis.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-etats-unisiran-echec-des-negociations-au-pakistan-BRQJGF22NNCVPAWIDRWQMMO4OY/

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    Publish date : 2026-04-12 11:11:00

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  • Guerre en Iran : pourquoi les négociations avec les Etats-Unis ont échoué ?

    Les détails n’ont pas été communiqués. Mais la nouvelle est tombée brusquement. Ce dimanche 12 avril, seulement un jour après le début des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis à Islamabad, au Pakistan, ces dernières n’ont pas abouti, repoussant l’espoir de mettre fin au conflit. « Nous n’avons tout simplement pas réussi à parvenir à une situation où les Iraniens acceptaient nos conditions. Je pense que nous avons fait preuve d’une grande flexibilité », a déclaré J.D. Vance, le vice-président américain, alors que les échanges se sont prolongés jusque tard dans la nuit.

    « La réalité, c’est que nous avons besoin d’un engagement clair de leur part : ils ne doivent pas chercher à se doter de l’arme nucléaire ni à acquérir les moyens qui leur permettraient d’y parvenir rapidement », a-t-il expliqué, en référence au programme iranien d’enrichissement de l’uranium, susceptible d’avoir des usages civils mais aussi militaires. À l’issue d’une brève conférence de presse, Vance a quitté Islamabad, tout en laissant entendre que les États-Unis restaient disposés à conclure un accord basé sur leur dernière proposition : « Nous verrons si les Iraniens l’acceptent », a-t-il déclaré, sans expliciter.

    Le cas du détroit d’Ormuz

    Selon le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baqaei, « de nombreux messages et textes ont été échangés entre les deux parties ». Le diplomate a publié un long message sur X, dans lequel lui non plus ne précise pas les sujets de blocage. « Au cours des dernières vingt-quatre heures, des discussions ont porté sur diverses dimensions des sujets principaux de négociation, incluant le détroit d’Ormuz, la question nucléaire, les réparations de guerre, la levée des sanctions et la fin complète de la guerre contre l’Iran et dans la région, écrit-il. Le succès de ce processus diplomatique dépend de la détermination et de la bonne foi de la partie adverse, de l’abstention de toute exigence excessive et de demandes illégitimes, ainsi que de l’acceptation des droits légitimes et des intérêts justes de l’Iran. »

    En amont des négociations, l’Iran et les États-Unis s’étaient opposés sur plusieurs points clés du cessez-le-feu. L’Iran refuse notamment de céder le contrôle du détroit d’Ormuz depuis l’entrée en vigueur de la trêve, une voie maritime hautement stratégique. Depuis le début du conflit, les pétroliers doivent demander une autorisation de passage et payer des droits de transit, des actions qui ont fortement perturbé les marchés énergétiques mondiaux. Donald Trump a à plusieurs reprises critiqué Téhéran sur ce sujet, au point de rapidement intervenir. « Nous avons commencé à sécuriser le détroit d’Ormuz pour rendre service aux pays du monde entier », a-t-il écrit samedi sur X, autorisant en parallèle une opération de déminage de la zone.

    Des avoirs gelés

    La demande de l’Iran visant à débloquer plusieurs milliards de dollars d’avoirs gelés est apparue comme un autre point majeur de blocage, selon les responsables pakistanais. Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, y a fait référence dans un message publié vendredi sur X, indiquant qu’il s’agissait de l’une des deux mesures « mutuellement convenues » qui « n’ont pas encore été mises en œuvre » – l’autre concernait le cessez-le-feu au Liban.

    « Ces deux points doivent être réglés avant le début des négociations », avait-il affirmé. Les avoirs évoqués semblent correspondre à ceux que l’administration Biden s’était engagée à débloquer dans le cadre d’un accord sur la libération d’otages conclu en 2023. Pourtant, le processus était toujours en attente lorsque le Hamas a lancé son attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, après quoi l’accès de l’Iran à ces fonds a été bloqué à la suite d’informations faisant état de son implication. Depuis le début du conflit, l’Iran insiste donc sur la nécessité d’obtenir des compensations, et considère le paiement de réparations liées à la guerre comme une garantie contre de futures attaques américaines.

    Et maintenant ?

    Demeure une question : que vont faire désormais les Etats-Unis ? Cet échec place l’administration Trump devant un choix difficile : s’engager dans des discussions longues et complexes avec Téhéran sur l’avenir de son programme nucléaire, ou relancer une guerre qui a déjà provoqué la plus grave perturbation énergétique de l’ère moderne, avec en perspective un affrontement prolongé autour du contrôle du détroit d’Ormuz.

    Des responsables de la Maison-Blanche ont indiqué au New York Times que la décision reviendrait au président Donald Trump, actuellement en Floride pour assister à un combat de l’Ultimate Fighting Championship. Le pari du président américain – qu’il a réitéré à plusieurs reprises ces dernières semaines – était que l’Iran finirait par céder face à une démonstration massive de puissance militaire américaine, marquée par plus de 13 000 cibles frappées selon le Pentagone. Mais du côté iranien, la volonté était au contraire de démontrer qu’aucune pression militaire ne suffirait à les faire plier.

    « Les lourdes pertes subies par nos dirigeants, nos proches et nos concitoyens ont encore renforcé notre détermination à défendre les intérêts et les droits de la nation iranienne », a déclaré le ministère iranien des Affaires étrangères, au moment où J.D. Vance quittait les lieux sans résultat. La situation pourrait évoluer, mais la réticence de l’administration américaine à s’engager dans des négociations longues et complexes avec l’Iran est évidente. Donald Trump estime avoir remporté le conflit et, selon l’émissaire spécial Steve Witkoff, l’Iran devrait simplement « capituler ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-pourquoi-les-negociations-avec-les-etats-unis-ont-echoue-KICT6WRQPNHU7F7PGFNYQUKYWU/

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    Publish date : 2026-04-12 08:47:00

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  • Dr Patrick Lemoine : « D’un point de vue psychiatrique, la structure perverse de Donald Trump saute aux yeux »

    Soyons clairs : en l’absence du malade, impossible de poser réellement un diagnostic. Déterminer si un patient souffre d’un trouble psychiatrique ou neurologique demande un ou plusieurs entretiens en face-à-face, la description de ses symptômes par le patient, l’observation de signes apparents, et dans un certain nombre de cas des examens sanguins ou d’imagerie. Mais s’agissant de personnages publics, il reste néanmoins possible de poser des hypothèses. C’est en tout cas l’avis du psychiatre clinicien et docteur en neurosciences Patrick Lemoine, qui s’était essayé à l’exercice en publiant en 2019 La santé psychique de ceux qui ont fait le monde (Odile Jacob, 283 pages, 22,90 euros). En « décortiquant les biographies », en « dénichant les anecdotes » et en « traquant les bizarreries », il y expliquait pourquoi Winston Churchill était probablement bipolaire, Staline paranoïaque et le général de Gaulle… parfaitement sain d’esprit. Ce médecin a accepté de renouveler l’exercice pour le patient Trump, dont le comportement de plus en plus erratique ne cesse de déconcerter le monde. Entretien.

    L’Express : Beaucoup de vos collègues disent qu’un médecin ne devrait pas se permettre de poser de diagnostic, ni même d’émettre d’hypothèses, en l’absence d’examen clinique. Pourquoi estimez-vous, de votre côté, qu’il est possible de le faire pour des personnalités comme Donald Trump ?

    Patrick Lemoine : Pour ce qui concerne nos contemporains, nous ne manquons pas de documents : interviews, écrits, déclarations, posts sur les réseaux sociaux, vidéos… Tout ce matériel permet de se faire une opinion. C’est d’autant plus vrai pour Donald Trump qu’il n’a aucune inhibition. La notion d’intimité n’a pas vraiment de sens le concernant. Comme diraient les psychanalystes – ce que je ne suis pas – il « n’a pas de sphincter » : il ne retient rien, il dit absolument tout ce qui lui passe par la tête.

    Dans ce cas, quelles sont vos hypothèses ?

    D’un point de vue psychiatrique, la première chose qui saute aux yeux, c’est sa structure perverse. La perversion se définit comme la capacité de faire supporter par l’autre sa propre culpabilité. Ce n’est pas moi qui fais des bêtises, c’est toi. J’ai le droit de mentir parce que moi, je n’ai aucune culpabilité. Je parle sans vergogne. Dire « J’empoigne les femmes par leur chatte », c’est typique du comportement pervers, dans le sens où il ne montre aucun sentiment de culpabilité à s’exprimer de façon aussi déplacée.

    Cette structure perverse rentre dans le cadre plus général de ce que l’on appelle les états borderline, ou états limite en français. Ils sont également caractérisés par une forte impulsivité mais aussi par un abandonnisme, la crainte pathologique d’être abandonné. Je n’ai pas d’information spécifique sur ce deuxième point, mais l’impulsivité, elle, ne fait aucun doute… On peut donc parler d’état limite avec des aménagements pervers. Mais je pense qu’aujourd’hui ce tableau psychiatrique se double d’une pathologie neurologique.

    A quoi pensez-vous ?

    Il est évident que depuis sa première élection, et tout particulièrement depuis deux ou trois semaines, il a beaucoup évolué. Il n’a absolument plus aucune inhibition, il se montre ordurier, injurieux, il oublie tout sens de la diplomatie, que ce soit vis-à-vis de l’Iran ou d’Emmanuel Macron et de son épouse, quand il se moque publiquement de leurs relations.

    En neuropsychiatrie, c’est en principe le reflet d’une altération neurologique du lobe frontal. Autrement dit, une démence à prédominance frontale, autrefois appelée maladie de Pick. Le cortex frontal, c’est ce qui nous permet normalement de se comporter à peu près raisonnablement. Or, comme on l’a dit, on observe chez Trump une absence totale de censure, à laquelle s’ajoute une autre caractéristique de cette pathologie, un état d’euphorie béate et excessive appelé moria. Trump est toujours très content, très heureux, il se vante toujours de ses immenses victoires même quand il manque totalement ses objectifs… Mais bien sûr, il s’agit d’une hypothèse : pour la confirmer, il faudrait des examens d’imagerie.

    Cette maladie est-elle évolutive ?

    Bien sûr. Généralement elle entraîne le décès dans les cinq ans, et entre-temps le patient se montre toujours plus désinhibé, toujours plus incohérent. Il peut aussi devenir incontinent.

    Y a-t-il d’autres explications possibles ? Ses étonnants mouvements de jambe, maintes fois remarqués, sont-ils cohérents avec ce tableau ?

    Il pourrait s’agir simplement d’un comportement très impatient, en lien avec son incapacité de lire plus de dix lignes ou d’écouter une présentation de plus de dix minutes. Ou d’un syndrome des jambes sans repos, qui oblige à bouger tout le temps, et qui peut être lié à un dysfonctionnement de la production de dopamine dans le cerveau. Si c’est le cas, ce syndrome a pu être traité avec des molécules dopaminergiques, qui peuvent être hautement désinhibitrices. Avec ce type de traitement, des patients jusque-là parfaitement normaux et raisonnables deviennent des joueurs invétérés, insultent leur entourage, volent ou agressent sexuellement des femmes ou des enfants… S’il n’est pas lié à une atteinte frontale, le comportement de Trump pourrait s’expliquer par ce type d’effet iatrogène. Mais encore une fois, ce ne sont que des hypothèses.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/dr-patrick-lemoine-dun-point-de-vue-psychiatrique-la-structure-perverse-de-donald-trump-saute-aux-DT3B6PXKH5DONPVY35LSLOVZY4/

    Author : Stéphanie Benz

    Publish date : 2026-04-12 06:00:00

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  • Franchise : les secteurs qui marchent… et ceux qui sont en panne

    Les centres-villes ne déclinent pas ; ils se transforment. Dans un monde de plus en plus numérisé, ils retrouvent même de la valeur en s’affirmant comme des lieux de lien social, de plaisir et de loisirs. Dans ce contexte, les commerces ont un rôle majeur à jouer, à condition de savoir s’adapter.

    Longtemps soupçonnée de standardiser nos centres urbains, la franchise bénéficie aujourd’hui d’une bonne image auprès des élus. Face à la concurrence d’Internet et des « boîtes à chaussures » installées en périphérie, les rues commerçantes s’appuient de plus en plus sur les réseaux, qui leur apportent notoriété et visibilité. Ce sont surtout ces marques qui permettent d’attirer les jeunes générations ce qui, par ricochet, bénéficie aux magasins indépendants.

    Entre numérisation forcée et quête d’authenticité, le paysage de nos cœurs de ville subit une mutation radicale. Revue de détail.

    Les secteurs en forme

    Restauration

    Ce secteur est devenu le premier employeur du commerce en centre-ville avec la création de quelque 100 000 emplois entre 2019 et 2024, indique Vie Publique). En 2024, l’ensemble de la restauration représentait près de 15 % de l’offre commerciale de ce périmètre, selon Procos. Les concepts de restauration rapide, mais qualitative (poke bowls, coffee shops, street food gourmet), baptisés « fast good » ont le vent en poupe.

    Bien-être & santé

    Les commerces liés au fitness, à la relaxation (yoga), au soin ou à la nutrition personnalisée trouvent leur place en centre-ville grâce à leur ancrage de proximité (non délocalisable) et à leur dimension humaine. Les ongleries, instituts de beauté et barbiers se révèlent les plus dynamiques (+12 % de créations d’entreprises en 2025, selon l’Insee).

    Alimentation spécialisée et circuits courts

    Les consommateurs recherchent de plus en plus les produits du terroir, bio et de qualité. Ils plébiscitent les boucheries et poissonneries artisanales (viande locale, poisson frais), les fromageries et cavistes (produits AOP, vins naturels). Les cafés torréfacteurs et boulangeries « authentiques » résistent bien avec une hausse de fréquentation de 10 % en 2025, indique Procos.

    Commerce de niche et artisanat

    Les consommateurs privilégient l’authenticité et le savoir-faire local, surtout pour des achats « plaisir » ou cadeaux : artisans d’art (céramistes, bijoutiers, ébénistes), librairies indépendantes (avec espaces café, rencontres d’auteurs), boutiques de décoration et design (meubles upcyclés, objets uniques) ou encore fleuristes (ateliers de composition, abonnements).

    Les secteurs en panne

    Chaussures, vêtements

    Le déclin de ce segment a entraîné la perte d’environ 50 000 emplois en dix ans (source vie publique). En centre-ville, les défaillances se multiplient, notamment dans les commerces de milieu de gamme (Camaïeu, San Marina, Burton, etc.). La concurrence de l’ultra-fast-fashion (Shein) et de la seconde main numérique (Vinted) a brisé leur modèle.

    L’équipement de la maison

    Les magasins d’électroménager ou de meubles volumineux désertent les centres-villes au profit des zones périphériques, plus accessibles en voiture et aux loyers moins élevés (-15 % de points de vente depuis 2020, source : Xerfi). Le secteur souffre également de la concurrence des pure players en ligne.

    Les agences de services traditionnelles

    Les banques, compagnies d’assurances et agences de voyages renoncent progressivement à leurs vitrines physiques au profit de la numérisation. Entre 2010 et 2020, le secteur bancaire a fermé plus de 3 750 agences, soit une baisse d’environ 10 % du réseau, selon les sources sectorielles. Les boutiques de voyage qui proposent une offre et des services haut de gamme résistent davantage.

    Produits culturels

    Les disquaires et les vidéoclubs se raréfient, remplacés par le streaming. En raison de la baisse des ventes de journaux, les Maisons de la presse (-30 % de points de vente depuis 2010, selon le Syndicat de la Presse ferment les unes après les autres, sauf celles qui diversifient leur offre (café, produits locaux). Dans le secteur culturel, seules les librairies indépendantes tirent leur épingle du jeu.



    Source link : https://www.lexpress.fr/argent/bourse/franchise-les-secteurs-qui-marchent-et-ceux-qui-sont-en-panne-JQWI6KRNGNG7XC4JNA6SDARTI4/

    Author : Eric Delon

    Publish date : 2026-04-11 08:00:00

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  • Un week-end à Rome : Bernini sous l’aile des Barberini


    L’histoire racontée ici n’est pas seulement artistique : c’est un récit de pouvoir. Au XVIIᵉ siècle, la famille Barberini accède au sommet lorsque, en 1623, Maffeo Barberini devient pape sous le nom d’Urbain VIII. Son pontificat va alors voir Rome se muer en un gigantesque chantier. Architecture, sculpture, peinture : tout devient langage politique et spirituel. Et Gian Lorenzo Bernini (1598-1680), dit le Bernin, jeune prodige déjà remarqué, en devient le principal interprète. C’est l’objet de l’exposition d’ampleur déployée dans les galeries nationales d’art ancien du palais Barberini, à Rome, orchestrée par Andrea Bacchi et Maurizia Cicconi : montrer comment le sculpteur et la dynastie se sont mutuellement façonnés. Les Barberini offrent au jeune homme des commandes prestigieuses ; lui leur rend une image de grandeur et de splendeur qui restera à la postérité. Portraits, bustes, dessins préparatoires ou sculptures dessinent les étapes clé de cette alliance fertile et rappellent que ce mécénat hors du commun a fait office de tremplin pour un artiste aussi précoce que virtuose.

    Gian Lorenzo est âgé d’à peine 20 ans quand il sculpte Enée, Anchise et Ascagne. Déjà dramatique, la composition, qui voit le héros troyen fuir la ville en flammes en portant son père, annonce le style flamboyant qui fera la renommée du sculpteur. Deux ans plus tard, il poursuit dans la même veine avec Le rapt de Proserpine, où le marbre semble se transformer en chair sous les doigts de Pluton qui enlève la déesse. Mais c’est sous Urbain VIII que la carrière de Bernini prend une dimension monumentale, à travers les grands projets romains financés ou encouragés par les Barberini.

    La carrière de Bernini prend une dimension monumentale sous Urbain VIII. Ici, le buste du pontife (1640-1644).

    Au centre de cette constellation se trouve le gigantesque Baldacchino de Saint-Pierre, élevé sous la coupole de la Basilique. Ses colonnes torsadées de bronze, hautes de près de trente mètres, sont ornées d’abeilles – l’emblème héraldique de la lignée. Le Bernin est aussi un maître du portrait. Les bustes qu’il réalise pour les élites romaines deviennent de véritables scènes psychologiques. Celui qu’il façonne à l’effigie d’Urbain VIII en est un exemple frappant : le pontife semble prêt à parler, le regard animé, la bouche légèrement entrouverte. Une capacité à saisir l’instant que l’on retrouve dans sa représentation de Costanza Bonarelli : la jeune femme a les cheveux défaits, la chemise largement échancrée.

    On retrouve cette capacité à saisir l'instant dans la figure de Constance Bonarelli façonnée par le sculpteur vers 1637-1638.On retrouve cette capacité à saisir l’instant dans la figure de Constance Bonarelli façonnée par le sculpteur vers 1637-1638.

    L’ascension des Barberini, si magistralement servie par l’artiste, ne va pourtant pas sans polémiques, sa fortune et son influence suscitant les pamphlets. Ils sont notamment accusés d’avoir fondu des bronzes antiques à l’usage de leurs propres projets et à Rome, on ironise : « Quod non fecerunt barbari, fecerunt Barberini » – « Ce que les barbares n’ont pas fait, les Barberini l’ont fait ». Le règne de la famille s’est érigé en système : elle commande, paye, organise. Autour de Bernini gravitent peintres, architectes et décorateurs qui participent à la construction de l’image baroque d’une cité triomphante, théâtrale, profondément politique. Le palais lui-même en témoigne avec, au plafond, le spectaculaire Triomphe de la divine providence de Pietro da Cortona, qui célèbre la gloire familiale.

    Mais, au fil du parcours, une évidence s’impose : sans les Barberini, Bernini n’aurait peut-être pas eu les moyens de son ambition artistique. Et sans lui, l’aura de la dynastie n’aurait sans doute pas atteint une telle intensité.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/art/un-week-end-a-rome-bernini-sous-laile-des-barberini-KWQHIYASEBFOXHS5I7UHTXJW3U/

    Author : Letizia Dannery

    Publish date : 2026-04-11 08:30:00

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  • Iran-Russie : Volodymyr Zelensky accuse les Etats-Unis de naïveté face à une coopération militaire anti-occidentale

    C’est un élément de plus qui rappelle comment guerres en Iran et en Ukraine sont liées. Dans une interview pour le podcast The Rest Is Politics, Volodymyr Zelensky assure avoir interpellé la Maison-Blanche sur l’étroite collaboration entre Moscou et Téhéran. En vain, selon lui. A en croire le président ukrainien, les États-Unis n’ont pas tenu compte de certains signaux, qui prouvent pourtant que la Russie aide l’Iran à cibler des bases américaines au Moyen-Orient. « Je l’ai dit publiquement. Avons-nous entendu une réaction des États-Unis demandant à la Russie d’y mettre fin ? », s’est emporté Zelensky. Et d’ajouter: « Le problème, c’est qu’ils font confiance à Poutine. Et c’est bien dommage. »

    Accusations d’aide militaire russe à l’Iran

    Concrètement, des satellites militaires russes auraient photographié des infrastructures énergétiques critiques dans les pays du Golfe et en Israël, ainsi que l’emplacement de bases militaires américaines dans la région. Des informations que le Kremlin aurait ensuite transmises au régime iranien, pour faciliter ses attaques, assure le dirigeant ukrainien.

    Sans toutefois susciter de réaction américaine. L’équipe de Donald Trump n’aurait pas réussi à « vraiment comprendre les détails de ce que veut la Russie », toujours selon Volodymyr Zelensky, qui juge que les deux négociateurs de Donald Trump – Steve Witkoff et Jared Kushner – ont « passé trop de temps » avec Poutine et ses hauts responsables. Alors que le binôme s’est rendu à Moscou à cinq reprises, il n’a en revanche jamais mis les pieds à Kiev.

    « Les Américains sont persuadés de pouvoir faire confiance à Poutine », a déploré Volodymyr Zelensky, qui regrette les pressions de l’administration Trump concernant la cession du Donbass. « Nous devons reconnaître que certains Américains ont le sentiment que le Donbass ne représente rien pour nous », a-t-il déclaré. « Ils refusent d’admettre que Poutine leur mentira et qu’il pourra poursuivre l’occupation même après de telles mesures. »

    Zelensky fustige la naïveté de Washington avec Mosocu

    Et le tandem Trump-Witkoff-Kushner n’est pas le seul dans le viseur de Zelensky. Le président ukrainien a également fustigé la visite du vice-président américain J.D. Vance en Hongrie cette semaine, alors que celui-ci est venu soutenir le candidat conservateur Viktor Orban, proche de Vladimir Poutine, à la veille des élections législatives prévues ce dimanche. Une démarche « contre-productive » selon Volodymyr Zelensky, qui a insisté sur le fait que le scrutin était celui du peuple hongrois, point final.

    Devant les ambiguïtés de Washington vis-à-vis de Moscou, et ses menaces répétées de se retirer de l’Otan, le président ukrainien a également appelé l’UE à créer un bloc militaire englobant l’Ukraine, le Royaume-Uni, la Turquie, et la Norvège. « Sans l’Ukraine et la Turquie, l’Europe ne disposera pas d’une armée comparable à celle de la Russie. Avec l’Ukraine, la Turquie, la Norvège et le Royaume-Uni, vous assurerez la sécurité sur toutes les mers, et non sur une seule », a-t-il déclaré.

    Dans le même temps, plusieurs médias américains, dont CNN, ont révélé que Pékin prévoit de livrer des systèmes de défense aérienne à Téhéran « dans les prochaines semaines ». Des informations démenties par l’ambassade chinoise à Washington, mais qui, si elles venaient à se confirmer, marqueraient un nouveau tournant dans le conflit en cours.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/volodymyr-zelensky-accuse-les-etats-unis-dignorer-les-preuves-que-la-russie-aide-liran-G7NPX5LR7JEZTBAC7E3QY34VSM/

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    Publish date : 2026-04-11 10:19:00

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  • Faute du soutien de Donald Trump, le Royaume-Uni suspend son accord sur les îles Chagos

    Le gouvernement britannique a annoncé samedi avoir suspendu son accord visant à céder la souveraineté sur les îles Chagos – qui abritent la base aérienne américano-britannique de Diego Garcia –, accord qui a été critiqué par le président américain Donald Trump. Le journal The Times a indiqué que le projet de loi devant étayer l’accord de cession des îles à Maurice, qui nécessite le soutien de Washington, ne figurerait pas à l’ordre du jour de la prochaine session parlementaire du gouvernement.

    Le bureau du Premier ministre Keir Starmer a déclaré que Londres tenterait de persuader Washington de donner son accord officiel. Donald Trump avait déclaré en février que cet accord était une « grave erreur », alors qu’il avait auparavant affirmé que c’était le meilleur que Keir Starmer puisse obtenir.

    Diego Garcia, enjeu stratégique majeur

    En vertu de cet accord, le Royaume-Uni conserverait le contrôle de la base militaire stratégiquement importante de Diego Garcia dans le cadre d’un bail de 99 ans qui préserve les opérations américaines sur place.

    Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré que la garantie de la sécurité opérationnelle à long terme de Diego Garcia resterait une priorité. « Nous continuons de penser que cet accord est le meilleur moyen de protéger l’avenir à long terme de la base, mais nous avons toujours affirmé que nous ne donnerions suite à cet accord que s’il bénéficiait du soutien des États-Unis. Nous poursuivons nos discussions avec les États-Unis et Maurice », a déclaré le porte-parole.

    L’alliance entre Washington et Londres a été mise à rude épreuve ces dernières semaines en raison de la réticence de Keir Starmer à s’impliquer dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran et de son refus, au début du conflit, d’autoriser Donald Trump à utiliser les bases aériennes britanniques pour lancer des attaques. Les forces américaines ont depuis été autorisées à mener ce que le Premier ministre qualifie de frappes défensives.

    Donald Trump a également critiqué à plusieurs reprises le dirigeant britannique, affirmant qu’il n’était « pas Winston Churchill » et qu’il avait ruiné ce que l’on appelle souvent la « relation spéciale » entre la Grande-Bretagne et les États-Unis.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/faute-du-soutien-de-donald-trump-le-royaume-uni-suspend-son-accord-sur-les-iles-chagos-GFOIXOBQBBBDPGEQ3NXEUKD4LQ/

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    Publish date : 2026-04-11 10:29:00

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  • Guerre en Iran : les négociations à Islamabad peuvent-elles vraiment aboutir à un accord ?

    Alors que s’ouvrent ce samedi des négociations entre Iran et Etats-Unis au Pakistan, la question est sur toutes les lèvres : ces pourparlers peuvent-ils réellement aboutir à un compromis et permettre de pérenniser le cessez-le-feu ? A ce stade, rien n’est moins sûr, mais les spécialistes de la région pointent déjà plusieurs obstacles. A commencer par un désaccord sur les termes d’un cessez-le-feu.

    Les États-Unis exigent des concessions majeures de la part de l’Iran, notamment la remise de son uranium hautement enrichi et son engagement à ne pas se doter de l’arme nucléaire, ainsi que d’autres limitations sur ses capacités militaires. A cela vient s’ajouter le rétablissement du libre passage dans le détroit d’Ormuz et la fin du soutien apporté à ses alliés régionaux comme le Hezbollah.

    Désaccords majeurs sur les conditions

    De son côté, l’Iran veut obtenir des garanties qu’elle ne sera plus jamais attaquée, qui incluent entre autres le retrait des forces américaines de la région et la fin des attaques contre ses forces supplétives, en particulier la guerre d’Israël contre le Hezbollah au Liban. L’Iran entend en outre poursuivre son programme nucléaire et instaurer un péage pour les navires traversant le détroit d’Ormuz, point névralgique par lequel transite 20 % du pétrole.

    « Des demandes irréalistes », dignes d’un « canular », selon Donald Trump, qui prétend, comme la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, que Téhéran aurait consenti en privé à davantage de compromis. Comme le rappellent les experts, l’Iran pourrait en réalité être prêt à faire des concessions, compte tenu notamment du coût exorbitant de la guerre, qui pèse sur les finances du régime. Côté américain, l’approche des midterms et de la Coupe du monde de football aux Etats-Unis pourrait également pousser Donald Trump à conclure un accord en Iran.

    Simple retour au statu quo ?

    Reste que quoi qu’ils se disent en privé, les revendications publiques des États-Unis et de l’Iran « sont totalement déconnectées de la réalité », explique dans les colonnes du New York Times Karim Sadjadpour, spécialiste de l’Iran au Carnegie Endowment for International Peace. D’autant que le démantèlement massif du régime iranien, avec l’élimination de ses plus hauts dirigeants – dont ceux les plus à même de négocier avec Washington -, risque fort de compliquer des négociations déjà épineuses, de l’avis de plusieurs analystes.

    Et le retour au statu quo d’avant la guerre semble quasi impossible. L’Iran exige désormais que les navires notifient ses forces armées avant de traverser le détroit d’Ormuz, une condition qui paraît difficilement acceptable pour Washington. « C’est une mesure dont les Iraniens ne disposaient pas avant le début de la guerre », analyse Daniel Fried, chercheur à l’Atlantic Council et ancien ambassadeur des États-Unis dans le Time Magazine. « Nous partons donc déjà avec un handicap. C’est problématique. Si votre principal objectif vise ne serait-ce qu’à rétablir le statu quo, vous n’y parviendrez pas. »

    Quid de l’échelle régionale ?

    Une autre source d’incertitude réside dans la dimension régionale de cette guerre. Quand bien même l’Iran et les Etats-Unis parviendraient à s’entendre, rien ne laisse à penser qu’Israël stopperait ses frappes contre le Hezbollah au Liban, comme l’y oblige déjà pourtant, en théorie, le cessez-le-feu actuellement en vigueur. Les exigences américaines et israéliennes sont en réalité très éloignées.

    « Israël est un État à part entière. Il a ses propres intérêts. Le président Trump sera-t-il capable de contenir Israël au Liban ? Je pense que ce sera politiquement bien plus risqué que d’essayer de les contenir face à l’Iran », confie au Time Brandon Buck, expert en politique étrangère au think-tank américain Cato Institute. D’autant que la plupart des Israéliens – favorables à l’offensive contre l’Iran – sont aujourd’hui mécontents de l’issue de cette guerre, à en croire les derniers sondages.

    « Lorsque Trump et Netanyahou ont lancé la guerre, ils disaient qu’ils préparaient le terrain pour un changement de régime en Iran. Mais si le conflit s’achève sur le cessez-le-feu tel qu’il se présente, c’est un changement de régime en Israël qui se prépare », résume auprès du Financial Times Aviv Bushinsky, ancien porte-parole de Netanyahou et désormais commentateur politique.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-negociations-a-islamabad-peuvent-elles-vraiment-aboutir-a-un-accord-XTI247QQZJDTVDH57V3RRORJIQ/

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    Publish date : 2026-04-11 15:22:00

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  • Emma Carenini : « Emmanuel Macron a fait avec Vladimir Poutine ce que Cléopâtre faisait avec Marc-Antoine »

    Objet de débauche, paroxysme de l’extravagance, quintessence du « bling-bling », catalyseur des inégalités sociales… Depuis l’Antiquité, le luxe est caricaturé sans modération et souffre de clichés qui le circonscrivent aux paniers des futilités du monde. Mais pour Emma Carenini, bien plus qu’un adjuvant du futile ou qu’un indult de classe, il serait par-dessus tout un moteur de croissance, un instrument de puissance, et plus inattendu encore, une source de plaisir et de bonheur collectif. Dans son essai vivifiant, Une autre histoire du luxe, des thermes romains à LVMH (Passés composés), l’agrégée de philosophie et ancienne conseillère au cabinet du ministre de l’Education nationale, butine dans les fleurs de l’Histoire et montre combien le luxe a pendant longtemps été accessible à tous, au point de parler de « luxe public » ; une idée qui sonne aujourd’hui presque antinomique, reconnait-elle, tant « nos espaces publics se sont progressivement transformés en liminal space – couloirs sans texture, surfaces sans mémoire, lumière blanche uniforme ». Entretien

    L’Express : Quand on nous dit « luxe », on pense quasi instinctivement aux maisons de haute couture, aux palaces parisiens, aux yachts amarrés au port de Saint-Tropez. En lisant votre ouvrage néanmoins, on comprend qu’il s’agit d’une vision réductrice de ce concept finalement assez difficile à définir… Alors, qu’est-ce que le luxe exactement ? Et est-il indissociable du beau, du goût ?

    Emma Carenini : Lorsqu’on essaye de définir le luxe, on s’en remet en général à la sociologie. Il y a notamment un intellectuel qui a envahi toute la pensée sur le luxe : le sociologue américain Thorstein Veblen. Selon lui, le luxe est une « consommation ostentatoire » : on dépense non pour satisfaire un besoin, mais pour manifester publiquement sa richesse et son statut. Cette lecture a tout recouvert. Nous nous sommes ainsi rendus incapables de voir que le luxe relève de qualités intrinsèques aux objets qui ne relèvent pas d’un quelconque jeu social. Le fin gourmet aime ce qu’il mange ; il ne mange pas pour être vu en mangeant. Les passionnés de vieilles mécaniques débattent entre eux de qualités techniques – souvent sans posséder les machines dont ils parlent. Quand on goûte une huile d’olive travaillée, quand on touche un cuir façonné pendant des centaines d’heures, il se passe quelque chose qui ne se produit pas avec les autres objets standards, issus de la production industrielle.

    Les objets et les expériences de luxe relèvent d’une sensibilité particulière, d’un désir de perfection artisanale et technique, et ce désir ne dépend ni du portefeuille ni du statut, mais d’une certaine éducation du goût. Le plaisir qui en naît n’est pas hyperbolique. Il est complexe, ténu. Il suppose une cartographie des petites différences, une lecture de l’objet à plusieurs niveaux. Pour le définir, je procède d’abord par le négatif : le luxe n’est ni la cherté, ni l’abondance, ni l’ostentation. Je dégage ensuite quelques caractéristiques propres non exhaustives : l’artisanat guidé par l’obsession de la perfection, l’abolition de la friction matérielle et existentielle, la rupture avec le temps ordinaire. Dans cette définition, il n’y a ni prix, ni statut, ni exclusivité, rien que des qualités de l’objet. Cela signifie que le luxe peut être offert à tous, et qu’il l’a, d’ailleurs, souvent été.

    Le luxe a-t-il toujours été sujet aux caricatures ?

    L’histoire du luxe est indissociable de ses caricatures, lesquelles ne sont souvent que des figures de l’affect et non de la chose. Dans l’Antiquité, la caricature la plus connue est peut-être celle du personnage de Trimalcion dans le Satiricon de Pétrone, au Iᵉʳ siècle : c’est un ancien marchand devenu rentier qui se nettoie les dents avec un cure-dent en argent, joue aux dés de cristal et médite sur un squelette d’argent. On dénonce à travers lui un luxe ostentatoire, la quantité visible, le clinquant, bref, le mauvais goût (alors que Pétrone lui-même était qualifié d’arbitre des élégances).

    Quelques décennies plus tard, l’historien et archiviste Suétone dépeint le luxe comme une débauche, un excès blâmable. Vivre dans le luxe, c’est sortir des gonds de la nature. Ainsi Néron, qui organise des festins de midi à minuit, prend des bains de neige l’été, et vit sous des plafonds mécaniques d’ivoire qui répandent des parfums sur les convives. Le luxe est ici la marque d’une transgression des lois naturelles. Au XIXe siècle, lorsque Thorstein Veblen observe le Gilded Age américain, les nouveaux riches des chemins de fer et de l’industrie de la viande rivalisent d’extravagance : pianos plaqué or, grands magasins ouverts avec salon XVIIIᵉ et salons japonais.

    Le luxe n’est-il pas tout de même l’expression ultime des inégalités sociales ?

    Il existe bien sûr un luxe qui fait scandale ; un couple de multimillionnaires américains se faisant bâtir une réplique du château de Versailles en Floride, des fêtards qui boivent des bouteilles de champagne à 40 000 dollars dans des restaurants de SoHo… C’est le luxe sous son aspect babylonien. Il est contraire au bon sens et à l’intérêt public. Mais en faire le tout du luxe, c’est confondre une dérive avec une réalité historique bien plus large. Car le luxe le plus flamboyant, historiquement, n’a pas été privé, qu’on pense aux cathédrales, aux places italiennes de la Renaissance, aux jardins publics, aux grandes collections d’art, etc. Dans la Rome impériale, les thermes de Caracalla accueillent aussi bien le pauvre que le riche patricien ; on y trouve du marbre blanc, du porphyre, des mosaïques d’artistes renommés, une ingénierie de chauffage extraordinaire – et c’est la piscine municipale des gens de l’époque !

    Le luxe s’est progressivement déplacé du public vers le privé, la consommation individuelle et le marché économique. Dès lors, il ne peut plus apparaître, à nos yeux, que comme un marqueur d’inégalité. Pourtant, les penseurs du XVIIIᵉ siècle comme Hume, Montesquieu ou Melon, avaient exposé un contre-argument en leur temps : le luxe est aussi un facteur de progrès économique général. Il stimule le commerce, le progrès, et le désir de raffinement d’une société.

    Enfin, la critique du luxe comme inégalité repose souvent sur une confusion entre richesse et ostentation. Les photographies de groupes d’amis sur un yacht en train de boire du champagne au soleil ne figurent pas nécessairement ce qu’est le luxe. Le luxe authentique, celui qui parle à tout le monde, peut être discret, silencieux, paisible, et concerner des choses très simples de la vie – pourvu que les qualités qui lui sont propres soient réunies.

    Vous battez en brèche la futilité présumée du luxe, en assumant au contraire l’idée selon laquelle il revêt une utilité majeure en ce qu’il constitue un moteur de l’histoire humaine…

    En 1919, la célèbre romancière Agatha Christie et son mari vivent avec 700 livres par an, environ 43 000 euros actuels. Ce ne sont pas des nantis. Ils ont une bonne à demeure et une infirmière pour leur premier enfant. Cela leur paraît normal, indispensable même. En revanche, posséder une voiture serait pour elle une extravagance impensable : seuls les riches en ont. Un siècle plus tard, le rapport s’est exactement inversé. Une famille avec le même revenu pourrait s’offrir une ou deux voitures, mais certainement pas du personnel de maison. Le luxe a souvent marché sur sa propre tête. La voiture, le téléviseur, le réfrigérateur, la cuisinière électrique – chacun de ces objets a d’abord été un luxe réservé à quelques-uns. Puis la technique et la croissance les ont diffusés, jusqu’à en faire des nécessités. Ce qui était extravagance devient confort ; ce qui était confort devient besoin.

    Nous vivons aujourd’hui environnés du luxe des sociétés anciennes. Notre mode de vie repose sur du luxe congelé par le temps et la croissance. C’est pourquoi le luxe est indissociable du progrès matériel de l’humanité. Il coïncide avec l’innovation, il ouvre la porte à des améliorations du bien-être encore inaperçues et c’est lui qui, au fil des siècles, a permis à l’humanité de sortir de sa pauvreté historique. Cela concerne particulièrement les biens luxueux mais passagers, dont la rareté se dissout dans le progrès technique et dont la consommation s’élargit avec la croissance économique d’une société. Il existe cependant aussi un luxe plus intemporel : une robe de haute couture, un service de porcelaine, un repas gastronomique. Celui-là résiste à l’usure du temps parce qu’il ne répond pas à des besoins fonctionnels mais relève d’un désir de perfection et de finesse transhistorique.

    Vous dites très justement que le progrès matériel repose sur notre capacité à révéler des besoins encore insoupçonnés, dont on n’aurait pas conscience. Ces besoins sont-ils illimités ? Si tel était le cas, cela signifierait-il que le progrès atteindra un jour, un plafond ?

    Le luxe met en jeu le désir humain. Le désir est plastique, mobile, potentiellement infini. L’âme, disaient les Grecs, est sans cesse tentée par la satisfaction infinie de ses désirs. Elle est tentée par la démesure. On peut le déplorer, comme Caton. On peut aussi s’en réjouir, comme Voltaire, pour qui le superflu est « chose très nécessaire ». Après tout, le superflu est ce qui nous pousse à nous dépasser. Le nécessaire et le superflu sont deux champs mouvants : ce qui était luxe devient nécessité, et ce mouvement n’a aucune raison logique de s’arrêter, parce que le désir humain reconfigure sans cesse la frontière du désirable. La limite du progrès n’est pas dans l’épuisement des besoins ; elle est, s’il en existe une, dans notre capacité collective à transformer le désir en quelque chose qui élève et qui ne remet pas en question les conditions de notre existence humaine sur terre.

    Pour avoir reçu Vladimir Poutine à Versailles, symbole du faste français, Emmanuel a été sermonné à l’instar d’autres de ses prédécesseurs à qui l’on a reproché de dérouler le tapis rouge à des autocrates. Pourtant, quand on vous lit, on a le sentiment que vous leur donnez raison…

    On peut voir dans le geste diplomatique une vulgaire complaisance personnelle envers un autocrate. Mais dérouler le tapis rouge à une personnalité étrangère et l’accueillir à Versailles, c’est aussi évidemment faire un geste millénaire. Cléopâtre recevant Marc Antoine à Tarse sur un navire à poupe d’or et voiles de pourpre fait exactement la même chose.

    Dans mon livre, je montre comment les Etats ont utilisé le superflu et le raffinement pour asseoir leur légitimité et leur pouvoir. Le luxe est un levier central du « soft power ». Recevoir Poutine à Versailles, dans de la vaisselle française et autour d’une gastronomie française, c’est montrer un superflu qu’il ne possède pas et qu’il ne possèdera jamais ; un patrimoine, une profondeur historique, un savoir-faire, un art de vivre dont la France est dépositaire à jamais.

    La question de l’urbanisme est très présente dans votre ouvrage, notamment à travers la notion presque antinomique de « luxe pour tous » que l’on doit à George Sand. De quoi s’agit-il exactement ?

    Le concept nous paraît paradoxal, presque contradictoire, parce que nous avons pris l’habitude d’associer le luxe au domaine privé, à l’exclusion, au très petit nombre. Nous nous interdisons de penser qu’il puisse être commun. Or il existe une face négligée du luxe, qui transcende les intérêts particuliers et la logique marchande, qui ne consiste pas dans l’enrichissement des uns au détriment des autres, et qui se situe au-delà de l’opposition convenue entre luxe et bien commun.

    En Europe, on a continué de construire comme comme si la guerre n’était pas finie

    C’est à cette dimension que je me suis intéressée, en reprenant le mot de George Sand : « luxe pour tous ». Ce n’est pas un concept naïf qui viserait quelque communisme impossible des biens, mais une attention portée à la manière dont nous organisons nos espaces, dont nous distribuons la beauté et l’excellence. Ce que j’appelle « luxe public » ne s’affirme pas dans la jouissance privée ; il se déploie dans des espaces intermédiaires, publics ou semi-publics, où des choses et des services d’une qualité véritable sont mis à la disposition de tous, sans que cette ouverture entraîne le moindre sacrifice sur l’exigence.

    Néanmoins, dans un contexte de finances publiques sous tension, où l’État peine déjà à répondre aux crises, la France a-t-elle encore les moyens de prétendre au « luxe public » ?

    La question des moyens est un leurre. La vraie question n’est pas « a-t-on l’argent ? », mais « où choisit-on de le mettre ? ». Nous jouissons d’une prospérité bien supérieure à celle de 1900. Rien ne nous empêcherait techniquement de construire les mêmes édifices que ceux du Second Empire. Sur le plan artisanal, l’obstacle est aussi largement fictif. L’ornement n’a jamais été exclusivement manuel : depuis l’Antiquité, on savait reproduire en série à partir d’un modèle unique. Le palais de Westminster est couvert de dizaines de milliers de mètres carrés d’ornements conçus par un seul homme, Augustus Pugin, et exécutés mécaniquement. Par ailleurs, les nouvelles méthodes de production ont rendu de nombreux types d’ornements beaucoup moins chers qu’ils ne l’ont jamais été. Ce qui a disparu, ce n’est pas la capacité technique. C’est la volonté.

    À quoi ressemblerait dès lors la République du luxe à laquelle vous aspirez ?

    Le luxe public n’est pas nécessairement flamboyant et monumental ; il peut se loger dans des détails qui peuvent passer inaperçus mais dont l’absence serait remarquée. Dans le métro parisien, il existe encore ces cadres d’affiche ouvragés avec leurs faïences. Ce sont des objets posés dans un lieu de passage. Et pourtant quelqu’un, un jour, a décidé d’y mettre du temps, de l’attention, un savoir-faire artisanal, un matériau rare. Quand la RATP les remplace par des cadres en plastique, elle contribue à transformer un lieu de passage en ce qu’on appelle aujourd’hui un liminal space – ces espaces intermédiaires vidés de toute humanité, couloirs sans texture, surfaces sans mémoire, lumière blanche uniforme, qui prolifèrent dans nos villes de manière presque dystopique.

    Tout espace intermédiaire, gare, couloir, hall, parking, escalier, est aujourd’hui menacé de devenir un liminal space, précisément parce qu’on a cessé de croire que ces lieux méritaient de l’attention. On sous-estime le temps qu’on passe dans les lieux de passage ! Le surcoût du cadre ouvragé par rapport au cadre en plastique est dérisoire à l’échelle d’un budget de transport public. Il nous faut simplement retrouver l’exigence.

    Je pense aussi au banc Davioud – ce banc à double assise en fonte grise et chêne, avec les armes de Paris sur les supports latéraux : c’est un ouvrage d’art, dessiné pour durer, pensé dans ses proportions, ses matériaux, ses finitions. Le remplacer par des bancs en palettes de bois au nom d’une créativité bon marché, c’est traiter l’espace public comme un espace résiduel. Et l’argument financier s’effondre d’une autre manière encore : en coût complet, la beauté est souvent moins chère que la médiocrité. Un mobilier urbain en plastique s’use, se casse, se remplace, se jette. Un banc Davioud dure un siècle. La République du luxe n’exige pas une débauche de moyens mais un changement de focale.

    Sur le patrimoine architectural également, vous déplorez que l’on vive sur la rente de l’Histoire. Toutefois, ces dernières décennies, de nouvelles constructions sont venues décorer la capitale ; n’est-ce pas, dès lors, vos goûts qui vous poussent à considérer que le centre Pompidou ou les pyramides du Louvres ne peuvent pas prétendre au même statut que les Invalides ou le Pont Alexandre III ?

    Lors des JO de Paris, nous nous sommes beaucoup réjouis de l’admiration qu’avait suscitée la capitale dans le monde entier. Or, à cet égard, personne n’a parlé de la récente construction du village olympique. Ce qui a suscité l’admiration universelle, c’est le luxe public hérité des siècles passés : les perspectives haussmanniennes, les ponts de pierre, les façades ouvragées, les jardins à la française, le Pont Neuf, les Invalides, la verrière du Grand Palais. Nous étions fiers de montrer notre luxe public au monde. Cependant, nous en sommes les héritiers, pas les auteurs. C’est là le paradoxe : le luxe public ne nous est manifestement pas indifférent, mais nous avons cessé d’en faire un projet conscient. Nous jouissons du luxe public sans plus en produire massivement.

    Plus généralement, dès qu’on aborde des thèmes esthétiques, on rentre dans un terrain mouvant où la beauté et la laideur sont sujets à caution voire relégués dans la subjectivité pure : ce qui est beau pour moi n’est pas beau pour toi. Le problème du relativisme, c’est qu’il ferme toute discussion. Dans mon livre, j’ai essayé de montrer que, sans avoir une vision conservatrice, objective et une de la beauté, on peut légitimement affirmer qu’il y a des objets d’art qui sont susceptibles ou non d’augmenter et d’élargir notre expérience sensible et d’être des objets d’agrément pour tout le monde. C’est ce que j’ai voulu faire en exhumant le concept latin d’ « ornamentum » : une chose ne vient pas s’ajouter comme un supplément à quelque chose de plus essentiel ; un objet dont la beauté exhausse ce qu’il pare et lui confère une identité augmentée.

    Tout espace intermédiaire est aujourd’hui menacé de devenir un liminal space

    Je ne dis pas que la pyramide du Louvre n’en est pas, je formule une remarque plus générale : en tant que société, ces projets ne nous intéressent plus. Nous ne construisons plus massivement de luxe public. Nous avons aujourd’hui des architectes, des artisans, des créateurs d’une inventivité extraordinaire. La Philharmonie de Paris est un bâtiment remarquable. Le viaduc de Millau est un chef-d’œuvre d’ingénierie et de beauté. On pourrait en citer d’autres. Le talent n’a pas disparu, le savoir-faire non plus. On sait encore faire du beau ; on a simplement décidé, collectivement et presque inconsciemment, que le beau n’était pas pour tout le monde, pas pour partout, pas pour tous les jours. La disparition du luxe public est un appauvrissement de la grammaire de l’espace commun.

    La France ne semble pas être une exception sur le vieux continent. Comment expliquer que les Européens aient cessé d’ériger des constructions d’apparat comparables à ceux des siècles passés à l’instar du Palais royal de Madrid, du pont du Rialto, ou encore des jardins de Versailles ?

    Sur l’abandon de l’ornement, une des causes tient au tournant idéologique du début du XXe siècle. En 1908, l’architecte Adolf Loos publie Ornement et crime ; l’ornement y est présenté comme un signe de dégénérescence, un résidu de sensualité primitive incompatible avec la civilisation moderne. Pour Loos, un chapeau de luxe est un crime parce qu’il gâche du capital et du travail dans un objet éphémère. Le Corbusier prend le relais en 1920 et radicalise le propos : l’ornement est une faute morale, un assassinat architectural. Le Bauhaus systématise cette esthétique de la table rase. Ce mouvement a une cohérence intellectuelle réelle. Mais il a engendré un monde dans lequel plus rien ne distingue visuellement une bibliothèque d’un immeuble d’habitation, ni une école d’une halle commerciale.

    Certes, la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction imposaient de construire beaucoup, vite et à moindre coût. Le fonctionnalisme, qui était une avant-garde esthétique, devenait une solution économique. L’urgence était réelle, légitime, incontestable : il fallait loger des millions de personnes qui vivaient dans des conditions déplorables. Personne ne saurait le reprocher. Mais l’urgence passée, l’habitude est restée. On a continué de construire comme si la guerre n’était pas finie. Les grands projets modernistes ont été réalisés avec des matériaux médiocres qui se sont vite délités. Pourtant, le désir de perfection, d’ornementation, d’expérience sensible augmentée n’a pas disparu.

    Alors, où est-il aujourd’hui ?

    Il a probablement mué. Nous l’investissons aujourd’hui dans nos espaces numériques ; des applications magnifiquement conçues, des interfaces où chaque pixel est pensé, des environnements digitaux où le souci du détail, de la fluidité, du plaisir visuel atteint un degré de raffinement que beaucoup de nos espaces physiques ont perdu. Ce qui prouve, au passage, que ce n’est ni le talent ni les moyens qui manquent : c’est l’idée que l’espace public physique mérite la même attention.

    Une autre histoire du luxe, des thermes romains à LVMH par Emma Carenini. Passés composés. 250 p., 19 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/emma-carenini-emmanuel-macron-a-fait-avec-vladimir-poutine-ce-que-cleopatre-faisait-avec-marc-WSSN7TQ37RFUHAKYMDMH326IMY/

    Author : Ambre Xerri

    Publish date : 2026-04-11 14:00:00

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  • EN DIRECT. Guerre au Moyen-Orient : J.D. Vance rencontre le Premier ministre pakistanais


    Les Etats-Unis et l’Iran participent à des négociations samedi au Pakistan afin de mettre fin au conflit qui dure depuis six semaines. La délégation américaine, menée par le vice-président J.D. Vance et qui comprend notamment les émissaires du président Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, est arrivée à Islamabad, la capitale pakistanaise. La délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, est arrivée au Pakistan vendredi.

    Téhéran a posé deux conditions préalables à l’ouverture de pourparlers avec les Etats-Unis : un cessez-le-feu au Liban et le dégel des avoirs iraniens. Dans un message sur son réseau social, Donald Trump a estimé que « les Iraniens ne semblent pas se rendre compte qu’ils n’ont aucune carte en main, autre que celle d’un racket à court terme des eaux internationales ». « La seule raison pour laquelle ils sont encore vivants aujourd’hui, c’est pour négocier », a-t-il ajouté.

    12h00

    J.D. Vance rencontre le Premier ministre pakistanais

    Samedi, J. D. Vance a eu un entretien bilatéral avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, selon la Maison Blanche. La délégation américaine comprenait également Steve Witkoff et Jared Kushner. Côté pakistanais, participaient Mohsin Naqvi, ministre de l’Intérieur, et Ishaq Dar.

    11h56

    Un député du Hezbollah qualifie les négociations directes du Liban avec Israël de « violation flagrante » de la Constitution

    Un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a rappelé samedi l’opposition du mouvement libanais pro-iranien à toute négociation directe entre le Liban et Israël. Cette prise de position intervient au lendemain de l’annonce par la présidence libanaise d’une rencontre prévue la semaine suivante à Washington entre des représentants des deux pays.

    Selon le député, ces pourparlers constituent « une violation flagrante du pacte [national], de la Constitution et des lois libanaises » et « elles exacerbent les divisions internes à un moment où le Liban a plus que jamais besoin de solidarité et d’unité interne pour faire face à l’agression israélienne », a-t-il déclaré dans un communiqué.

    10h32

    Les tirs reprennent dans le sud du Liban

    Les médias d’État libanais ont fait état, samedi, d’une reprise des tirs ainsi que des opérations militaires israéliennes dans le sud du pays. L’Agence nationale d’information (ANI) a rapporté qu’un hélicoptère d’attaque israélien avait ouvert le feu en direction de la ville de Taybeh. La poursuite des frappes israéliennes visant le Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran, alimente les inquiétudes quant à la solidité du cessez-le-feu, alors que la communauté internationale multiplie les appels à un élargissement de la trêve au Liban.

    09h29

    Le nouveau guide iranien grièvement blessé et défiguré

    Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême iranien, est en convalescence après avoir été grièvement blessé et défiguré lors de la frappe du 28 février à Téhéran qui a tué son père et plusieurs proches. Âgé de 56 ans, il a conservé ses capacités cognitives et participe à distance aux décisions majeures, selon des sources proches, dont les affirmations n’ont pas été vérifiées par Reuters.

    Son état de santé et son lieu de résidence restent largement inconnus, aucune image ou apparition publique n’ayant eu lieu depuis sa nomination le 8 mars. Les autorités iraniennes n’ont pas communiqué officiellement sur ses blessures.

    Des responsables américains évoquent de graves séquelles, possiblement la perte d’une jambe. Une apparition publique pourrait avoir lieu dans les prochains mois si les conditions le permettent. Son absence alimente spéculations et théories en Iran, où circule notamment un mème demandant : « Où est Mojtaba ? »

    09h25

    Négociations avec l’Iran : J.D. Vance, l’homme clé d’un accord incertain

    U.S. Vice President J.D. Vance convenes the first meeting of U.S. President Donald Trump’s anti-fraud task force at the Eisenhower Executive Office Building on the White House campus in Washington, D.C., U.S., March 27, 2026. REUTERS/Jonathan Ernst

    À Islamabad, ce samedi, J.D. Vance mène des négociations inédites avec des responsables iraniens pour tenter de mettre fin à la guerre, sous pression politique et diplomatique.

    >>> En savoir plus

    08h52

    Le ministre pakistanais des Affaires étrangères espère que les États-Unis et l’Iran s’engageront de manière constructive dans les pourparlers de paix

    Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a déclaré samedi qu’il espérait que les États-Unis et l’Iran s’engageraient de manière constructive dans des pourparlers de paix, alors que la délégation américaine atterrissait dans la capitale pakistanaise.

    Dar a également réitéré la volonté d’Islamabad de continuer à faciliter les négociations entre les parties afin de parvenir à une « solution durable et pérenne au conflit », selon un communiqué du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

    07h59

    J.D. Vance est arrivé au Pakistan pour les négociations avec l’Iran

    Le vice-président américain J.D. Vance est arrivé au Pakistan pour les discussions avec l’Iran, apprend-on de source pakistanaise. Steve Witkoff et Jared Kushner ont également atterri sur une base aérienne près d’Islamabad.

    07h45

    « Si l’Iran ne restitue pas l’uranium, le cessez-le-feu sera très court » : l’avis de l’ambassadeur d’Israël en France

    Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France en décembre 2025.Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France en décembre 2025.

    Alors que Washington et Téhéran se retrouvent le 11 avril à la table des négociations, Joshua Zarka dresse le bilan de 40 jours de guerre. Le diplomate répond également au tollé suscité par les frappes meurtrières au Liban.

    >>> Pour approfondir

    06h11

    La Chine se préparerait à livrer de nouveaux systèmes de défense aérienne à l’Iran

    Les services de renseignement américains indiquent que la Chine se prépare à livrer de nouveaux systèmes de défense aérienne à l’Iran dans les prochaines semaines, a rapporté CNN vendredi soir, citant trois personnes au fait des récentes évaluations des services de renseignement. La chaîne a indiqué qu’il existe des indices laissant penser que Pékin s’efforce de faire transiter les cargaisons par des pays tiers afin de masquer leur origine.

    Ces affirmations ont toutefois été contestées par un porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington. Pékin « n’a jamais fourni d’armes à aucune des parties au conflit ; ces informations sont fausses », a-t-il déclaré à CNN, tout en appelant les États-Unis à « s’abstenir de formuler des allégations sans fondement, d’établir des liens de manière malveillante et de céder au sensationnalisme ».

    Le département d’État américain et la Maison-Blanche n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires de Reuters. Pékin s’apprête à transférer des systèmes de missiles antiaériens portatifs, connus sous le nom de MANPADS, a indiqué CNN, citant des sources qu’elle n’a pas nommées.

    04h27

    L’Iran ne fait « pas confiance » aux Etats-Unis

    Selon l’agence de presse semi-officielle iranienne Fars, Mohammad Bagher Ghalibaf, chef de la délégation iranienne aux négociations, a affirmé à l’aéroport d’Islamabad, avant les pourparlers prévus, que l’Iran ne faisait pas confiance aux États-Unis. « Nous avons de la bonne volonté, mais pas de confiance », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien. Il a précisé que son pays restait disposé à conclure un « véritable accord », tout en avertissant qu’il poursuivrait ses objectifs par d’autres moyens si les discussions s’apparentaient à une « mascarade ».

    Bienvenue dans ce direct

    Bonjour et bienvenue dans ce live. Nous continuons à suivre ce samedi 11 avril la situation au Moyen-Orient, où le cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l’Iran annoncé par Donald Trump est entré dans sa quatrième journée.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-guerre-au-moyen-orient-jd-vance-est-arrive-au-pakistan-pour-les-negociations-avec-liran-KSE5X6XCCRCTNPT2KPV4SXIXUA/

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    Publish date : 2026-04-11 10:36:00

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  • A Bruxelles, ce dialogue si difficile entre la Commission européenne et les patrons

    Ce lundi matin de mars, un véritable commando patronal monte à bord du Thalys Paris-Bruxelles. A sa tête, le président du Medef, Patrick Martin, accompagné des membres du conseil exécutif. Fabrice le Saché, le « Monsieur Europe » de l’organisation, est aussi de la partie. Le programme de la journée est dense : échange avec la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, intervention du vice-président de la Commission Stéphane Séjourné… Avec comme point d’orgue, une présentation d’Enrico Letta, auteur d’un rapport phare sur le marché intérieur de l’UE.

    Le tout se déroule à la Maison des entreprises de France, inaugurée il y a un an dans la capitale européenne. Son objectif ? Mieux faire entendre la voix du secteur privé tricolore dans la « bulle bruxelloise ». Pas question pour Patrick Martin de réitérer l’erreur de son prédécesseur, Geoffroy Roux de Bézieux, qui avait concédé que « [son] temps de cerveau n’a pas été assez consacré à Bruxelles ». Car derrière les photos officielles tout sourire, un malaise couve. Déjà fragilisées par la concurrence chinoise et la hausse des prix de l’énergie, de nombreuses industries plient sous le poids croissant des contraintes réglementaires. Ainsi, la complexité des directives sur la communication extra-financière (CSRD), les zigzags sur le règlement anti-déforestation (RDUE) ou encore le plus récent mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) alimentent la même frustration due au manque de pragmatisme du régulateur européen.

    Virage idéologique

    Pour Jean-Luc Demarty, directeur général au commerce extérieur à la Commission européenne entre 2011 et 2019, Bruxelles n’a pas toujours été sourde à ces doléances. « A mon époque, les institutions européennes cultivaient le dialogue avec tous les acteurs, qu’ils soient issus du monde économique ou associatif, se souvient-il. Mais cet équilibre a été rompu par la Commission von der Leyen 1. Non seulement sa présidente avait une expertise économique moindre que ses prédécesseurs, mais elle a privilégié une gouvernance très centralisée. Résultat : elle a fait primer la voix des ONG environnementales sur celle des patrons lors de l’élaboration du Pacte vert – une feuille de route dont les conséquences sur l’économie n’ont pas été chiffrées a priori ». Alexandre Saubot, président de France Industrie et patron de l’ETI familiale Haulotte, dresse le même constat : « Pendant des années, la Commission n’a pas voulu se rendre compte qu’un agenda totalement centré sur la décarbonation est un agenda de désindustrialisation et de perte de souveraineté ».

    Le rapport Draghi, dévoilé en septembre 2024, a toutefois provoqué un électrochoc. Le terme de « compétitivité » fait désormais partie intégrante du nouveau logiciel européen. Ursula von der Leyen a fait son mea-culpa sur la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique. Surtout, elle a fixé des objectifs de simplification, avec 25 % de charges administratives en moins d’ici la fin de son mandat. Autre nouveauté : les dialogues stratégiques, organisés deux fois par an par chaque commissaire. Alors, pour tenter de se faire entendre, chacun y va de sa méthode. Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) fait des allers-retours réguliers à Bruxelles, accompagné de dirigeants pour plaider auprès de la Commission – un exercice devenu plus fréquent depuis les débats enflammés sur la CSRD et la CSDDD (devoir de vigilance sur les chaînes d’approvisionnement), aux « effets dantesques » pour les ETI, explique-t-on à cette association. Certains privilégient les fédérations sectorielles comme porte-voix. A l’image de l’alliance The Value of Beauty, où L’Oréal a son rond de serviette, qui organisait mi-mars une rencontre dans la capitale européenne dédiée à la compétitivité de l’industrie cosmétique.

    Gouffre entre idées et mise en œuvre

    Ces efforts de Bruxelles arrivent-ils trop tard ? « C’est du service après-vente, tranche Patrick Martin lors de la conférence de presse à la Maison des entreprises. A ce jour, il s’agit pour l’essentiel de corriger des erreurs ou des excès de législation précédente. C’est bien, mais cela ne nous paraît pas être à la hauteur et au rythme des enjeux actuels ». D’autant qu’on peut très bien être reçu sans être entendu. « Lors du premier mandat de Mme von der Leyen, nous n’étions même pas dans la pièce lors des discussions préalables aux réglementations, déplore Alexandre Saubot. Aujourd’hui, nous y sommes, mais nous ne sommes pas pour autant écoutés. Il y a une inflexion incontestable dans le discours, mais les simplifications n’arrivent pas sur le terrain ». Délégué général de la fédération nationale du bois, Nicolas Douzain-Didier raconte avoir demandé plusieurs fois une rencontre à la Commission sur le règlement anti-déforestation. Il n’en a obtenu qu’une fois le texte passé. « Il y a un gouffre entre les idées qui motivent les normes et leur mise en œuvre, déplore-t-il. Faute de travail de terrain, les entreprises, en particulier les PME, ne sont pas consultées sur les enjeux d’application opérationnels ».

    Au cœur des critiques, le manque d’anticipation des effets économiques de ces normes. « Sur le dossier 2035 [NDLR : l’échéance de fin des véhicules thermiques], comme l’absence d’analyse d’impact était flagrante, personne n’a capté les risques géopolitiques qui allaient s’imposer à notre industrie », regrettait ainsi Jean-Dominique Senard, patron de Renault, lors d’une récente conférence organisée par Coface.

    Sur le papier, pourtant, la méthodologie semble solide. Des consultations publiques sont réalisées auprès des parties prenantes. Ces dernières années, des études d’impact ont accompagné 60 % des propositions soumises à la procédure ordinaire, relevait une récente note de l’Institut Bruegel. Seul bémol : « une étude d’impact va rarement contre la législation, affirme James Watson, directeur de l’association industrielle European metals. Dans le cas du MACF, par exemple, elle a bien été réalisée, et la Commission européenne s’appuiera sur celle-ci pour justifier cette mesure. Est-elle totalement objective ? Autant que peut l’être quoi que ce soit dans un contexte politique. Nous avions alerté la Commission sur des failles majeures de ce dispositif, notamment le manque de mécanisme coercitif efficace, mais rien n’a changé sur ce point ». La qualité de ces études d’impact est évaluée par le Comité d’examen de la réglementation, un organe indépendant. En 2022, celle accompagnant la directive CSDDD avait reçu deux avis négatifs de ce comité, pointant notamment une prise en compte insuffisante des différents points de vue et une description « vague » du problème.

    Plus importantes encore, les études dites « ex-post », sont censées constater à échéance régulière les conséquences réelles des normes. Or là aussi, le bât blesse. « Si leur introduction date de 2002, ces analyses ont été rarissimes, pointe Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC et spécialiste de la régulation européenne. Elles sont coûteuses et il n’y a pas forcément de volonté politique de long terme : la Commission est davantage incitée à faire passer de nouvelles mesures que de revenir en arrière pour réécrire d’anciennes réglementations ».

    Arcanes du lobbying

    Derrière ces dysfonctionnements, certains pointent un mal plus profond. « Au sein de la Commission européenne, on trouve encore beaucoup de gestionnaires de processus institutionnels et peu de leaders de transformation, déplore Stéphane Boujnah, président de la bourse Euronext. Cette bureaucratie est enclavée, elle fonctionne comme un monastère, déconnecté des enjeux actuels : les règles sur la concurrence, par exemple, ont été adoptées dans un monde qui n’existe plus, or elles demeurent inchangées ». Suffit-il pour autant de blâmer l’institution ? Le tableau est plus nuancé. « Un bon lobbyiste prend contact en amont avec la Commission, avant même que le texte ne soit en discussion, explique Jean Comte, auteur du livre Au cœur du lobbying européen. Il ne se contente pas de répondre à la consultation publique ou de se réveiller en fin du processus, lorsque l’orientation est déjà fixée ».

    Les patrons français sont-ils particulièrement concernés ? « La proximité entre Paris et Bruxelles a longtemps nourri l’idée qu’il était possible d’influencer l’Union européenne sans implantation locale structurée, détaille Stéphane Desselas, président du cabinet de conseil en influence Athenora. Or il ne suffit pas d’être présent sur place, encore faut-il en maîtriser les codes ». Si le Medef a attendu 2025 pour ouvrir son bureau bruxellois, son homologue italienne, la Cofindustria, ainsi que le groupement industriel allemand BDI y sont installés depuis 1958. « Ce n’est pas dans la conception française de la démocratie représentative, mais la Commission et le Parlement européen sont des lieux de lobbying, confiait à L’Express il y a quelques mois Frédéric Nouel, avocat au sein du cabinet Gide. Vous ne verrez jamais un dirigeant de la tech américaine faire le tour des plateaux télé pour dénoncer le RGPD. Il dira que c’est formidable… et confiera à ses avocats à Bruxelles le soin de limiter son application ».

    « Dans un système fondé sur les équilibres et les coalitions, la capacité à identifier rapidement des intérêts sectoriels convergents constitue un facteur clé d’influence, poursuit Stéphane Desselas. À cet égard, les acteurs français apparaissent souvent moins enclins que leurs homologues italiens ou allemands à structurer des dynamiques collectives efficaces ». Ces intérêts sont d’ailleurs loin de toujours converger, rendant la discussion d’autant plus délicate. En témoignent les atermoiements autour du règlement FiDA sur la transparence des données financières : tandis que les assureurs et grandes banques ont été réticentes à cette mesure, les fintechs y voyaient une étape clé pour le développement de l’Open Finance. Le directeur général de la Macif confiait il y a quelques mois à l’Express que la proposition à l’origine de la réglementation « n’avait fait l’objet d’aucun échange, d’aucune concertation particulière ».

    Aujourd’hui la Commission a-t-elle pris la mesure du défi ? En début d’année, elle a lancé une consultation pour recueillir des pistes d’amélioration de son processus législatif. L’organisation EuroCommerce, qui représente les intérêts des commerçants européens, a proposé de simuler le coût de la mise en conformité pour les entreprises, dont le temps et les outils nécessaires. Autre conseil : éviter les règles trop strictes et difficiles à mettre en œuvre et laisser un espace pour la flexibilité sur les moyens, sans être aussi prescriptif. En parallèle, des initiatives ad hoc se structurent. La troisième édition du sommet d’Anvers, lancée par le syndicat de la chimie Cefic, a porté quelques fruits : en février, ce grand raout a réuni plus de 500 acteurs européens, alertant sur l’état de santé de l’industrie du continent. Cette nouvelle forme de dialogue alimente un début d’optimisme chez certains. « Aujourd’hui, face à l’urgence de la compétitivité, le speed and scale que l’on demandait longtemps à la Commission est en train d’arriver, observe Stéphane Boujnah. L’Europe avance quand elle est face à une nécessité ». Parfois, à petits pas.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/a-bruxelles-ce-dialogue-si-difficile-entre-la-commission-europeenne-et-les-patrons-VKBTCJJUVJBGHM3PNEJR5VAI6M/

    Author : Tatiana Serova

    Publish date : 2026-04-11 10:00:00

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  • Louis-Ferdinand Céline et ses avocats : une défense à crédit

    Qu’en penserait Boualem Sansal ? En 1948, Louis-Ferdinand Céline émet cette hypothèse : « Nous qui sortons de prison, nous sommes plus près que les autres hommes de la vérité des choses et des événements. » On connaît le début de l’histoire : en juin 1944, Céline, sa femme Lucette et leur chien Bébert filent vers Baden-Baden, puis Berlin, et enfin Sigmaringen. Alors que leur appartement parisien a été pillé, leur fuite les mène jusqu’au Danemark où il y a, comme on le sait, quelque chose de pourri. En avril 1945, au titre de l’article 75 du Code pénal, un mandat d’arrêt est délivré en France contre le pamphlétaire shakespearien. En décembre de la même année, il est emprisonné à Copenhague – il passera un peu moins d’un an et demi en détention. Libéré, il s’installe à Klarskovgaard dans la propriété de son avocat danois Thorvald Mikkelsen (malgré la générosité constante de ce dernier, Céline le surnommera « Bobarsen » et lui reprochera sa « jeanfoutrerie » et son « hurluberluterie fainéante et prétentieuse »). A Klarskovgaard, l’humeur n’est pas à la bamboche : Céline boit de l’eau et se nourrit de nouilles, de porridge et d’anchois. Le climat rude et ce régime sec ne refroidissent pas sa fureur : il veut absolument être amnistié, et doit pour cela se trouver en France un as du barreau – c’est ici que commence ce captivant volume de correspondance où Céline, parfois lucide, est le plus souvent en roue libre.

    Ne voulant pas d’un « évasif merdeux comme Saudemont », l’écrivain maudit jette son dévolu sur Albert Naud. Le pauvre va en voir des vertes et des pas mûres : si Céline le flatte par devant, il le traitera par derrière de « guignol », de « rigolo de salons », ou encore de « brave mec mais cabotin comme tous ». Tel Nicolas Sarkozy dans Le Journal d’un prisonnier, Céline s’identifie au Christ et au capitaine Dreyfus. Plus original et plus chic : il s’imagine bien assassiné comme le duc d’Enghien (fusillé dans les fossés de Vincennes en 1804). N’ayant pas de suite dans les idées, il envisage de s’installer en Irlande ou aux Etats-Unis, puis à Bruxelles ou à Genève. Pourquoi pas en Argentine ? Son projet le plus loufoque : devenir gouverneur de Saint-Pierre-et-Miquelon ! Souffrant de plusieurs pathologies, l’écrivain-médecin explique sérieusement qu’il souffre d’une mystérieuse maladie qu’on n’avait plus vue au Danemark depuis deux siècles. Dans une langue enflammée, tantôt flamboyante tantôt bouffonne, il ne cesse de fustiger ce « procès en sorcellerie » qu’on lui inflige injustement, cette « chasse à courre » dont il est le gibier. Quand il ne charge pas l’ensemble des journalistes ou Guy de Girard de Charbonnières, ambassadeur de France au Danemark (un « fou », un « chien enragé »), il n’a pas de mots assez durs contre les Français en général et Jean-Paul Sartre plus précisément : « J’ai un certain nombre de fessées bien prêtes… Je vous assure que ce sera servi ! Et chaud ! Le petit Sartre en particulier retient mon attention… » Sartre est ensuite gratifié de divers noms d’oiseaux : « petit salopard », « petite saloperie », « enculé », etc. Ça ne vole pas toujours haut.

    L’auteur de Bagatelles pour un massacre se lance par moments dans des explications entortillées sur son antisémitisme passé. Il faut lire cette longue lettre logorrhéique datée du 18 juin 1947, où il semble d’abord faire amende honorable : « Or je me suis persuadé par l’expérience hélas que l’antisémitisme ne menait à rien et qu’au surplus il n’avait plus aucune raison d’être. » Il prétend s’être fait avoir par une « duperie » : « Malheur au sincère qui s’y mouille ! C’est une farce abjecte. Je ne pardonnerai jamais aux Allemands d’avoir dressé ce panneau électoral en parfaite connaissance de l’escroquerie qu’ils commettaient… » Si Céline renie en apparence son antisémitisme, c’est pour mieux prendre des accents racistes : « Le Juif lui-même est entièrement débordé, noyé par le Noir, le Jaune, le Métis (ou à la veille de l’être) et les frénésies matérialistes… » Il est moins confus quand il s’agit de régler ses comptes avec son éditeur, Denoël, avec lequel il aimerait résilier son contrat. Autre sujet sensible : les frais d’avocat. Le 15 décembre 1949, un Céline d’humeur clownesque écrit à Naud : « Oh pour les honoraires vous savez je vous donne volontiers tout ce que j’ai ! Je ne vous refuse rien ! Diantre ! C’est un testament à la Villon ! » Il n’en fera évidemment rien.

    Un an plus tôt, Céline a fait entrer dans la danse de sa défense un autre conseil : Jean-Louis Tixier-Vignancour. Naud se méfie de Tixier-Vignancour, un soi-disant « ami de longue date » dans lequel il voit quand même un « antisémite notoire » et un « énergumène ». A l’image de Marcel Proust jouant avec les nerfs de ses deux éditeurs (comme on le voit dans sa correspondance avec Bernard Grasset et Gaston Gallimard), Céline va s’amuser à monter ses deux avocats l’un contre l’autre, en les valorisant et les snobant à tour de rôle. Tixier-Vignancour le contrarie, puis il coupe les ponts avec Naud, qui a pourtant monté tout le dossier. A l’arrivée, si l’on en croit les lettres, c’est Tixier-Vignancour qui emporte le morceau : en avril 1951, Céline sort vainqueur de son procès. Cela provoque la consternation des communistes, qui l’ont calomnié autant qu’ils ont pu. L’Humanité titre : « Louis-Ferdinand Céline, agent de la Gestapo et glorificateur des chambres à gaz nazies, est amnistié. » Tout à sa joie, Céline a les yeux de Chimène pour Tixier-Vignancour, si l’on en croit cette déclaration débridée : « A la hâte, je vous réitère le témoignage de toute mon affectueuse gratitude – vous êtes un athlète du Droit – éblouissant – et un preux de Navarre – un fils d’Henri IV ! tout ! le cœur ! l’habileté ! la bravoure ! le panache ! la mansuétude ! Quelle merveilleuse rencontre de vous connaître ! Car enfin miracle il semble ! Et vous êtes l’astrologue, sorcier grigri ! »

    Tout le monde n’est pas sur le même nuage. Le 25 octobre 1951, Naud envoie à Céline une lettre très touchante où on le sent blessé : « Vous vous êtes conduit avec moi comme le plus égoïste et le plus ingrat des petits bourgeois qu’il m’arrive de défendre. Seul un petit bourgeois est capable d’exploiter à ce point un avocat. Je ne compte pas le temps que j’ai perdu pour vous, tout l’argent que j’ai dépensé en timbres-poste et en copies de pièces. Ce serait mesquin. Je n’espérais rien de vous, pas un centime, pas un cadeau. La joie de vous sauver me suffisait. » Il ajoute : « Dites-vous bien que votre sort s’est décidé devant la Cour de Justice, et pas ailleurs. Et là, j’étais seul, Tixier-Vignancour ne s’étant montré à mes côtés le jour de l’audience que pour les besoins de sa publicité. Amnistié, vous rentrez en France. Pas un mot de remerciement, bien entendu ; pas la moindre nouvelle. De tous côtés, on me demande : et alors Céline, vous l’avez vu ? où est-il ? J’ai l’air d’une andouille. » Naud ne sera jamais payé. Pas plus rémunéré, Tixier-Vignancour aura droit pour sa part à deux livres dédicacés (L’Ecole des cadavres et Féerie pour une autre fois) et à… un vieux napperon jadis brodé par la mère de l’écrivain. Céline avec ses avocats ? Un voyage au bout de l’arnaque.

    Lettres à ses avocats français 1947-1953 par Louis-Ferdinand Céline. Les Cahiers de la NRF/Gallimard, 322 p., 22 €.



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    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-04-11 07:30:00

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  • « Une vraie boîte noire » : Péter Magyar, l’inconnu hongrois qui porte tous les espoirs européens


    Pris au piège. Ce 9 octobre 2024, à Strasbourg, Viktor Orban se retrouve dans une position qu’il déteste et qu’il avait, jusque-là, toujours réussie à éviter : il doit serrer la main de son principal opposant hongrois, presque d’égal à égal. Dans l’hémicycle du Parlement européen, Péter Magyar a fière allure, avec son costume bleu cintré et ses airs de jeune premier. En lui tendant la main, le député européen regarde de haut Orban et sa mine déconfite, venu présenter les objectifs de sa présidence du Conseil de l’Union européenne. Quelques jours plus tôt, des sondages hongrois ont donné, pour la première fois depuis 18 ans, le parti de Viktor Orban distancé par Tisza, une formation politique montée de toutes pièces par Péter Magyar cette même année et qui a raflé près de 30 % des voix aux Européennes. Le message envoyé au continent ce jour-là est clair : un vent de changement s’apprête à souffler sur Budapest.

    Un an et demi plus tard, le souffle se renforce, sondage après sondage : à la veille des législatives du 12 avril, le parti de Péter Magyar est crédité d’une avance de dix à vingt points selon les instituts indépendants. L’avocat de formation, 45 ans, continue de toiser le Premier ministre sortant. « Ces élections sont un moment historique, assure Chloé Ridel, députée européenne socialiste et coprésidente de l’intergroupe de lutte contre la corruption. La victoire de Viktor Orban en 2010, qui a fait de la Hongrie la première démocratie illibérale, a signalé la vague réactionnaire qui allait suivre avec le Brexit, Donald Trump, etc. Orban, même s’il se trouve à la tête d’un pays qui a 2 % de la population européenne et 2 % de son PIB, a une importance politique mondiale ! »

    Un parti politique qui cultive le mystère

    Ce 12 avril, Washington, Moscou, Pékin et Bruxelles auront les yeux rivés sur Budapest. Les Etats-Unis de Donald Trump se sont particulièrement impliqués dans la campagne, soutenant Viktor Orban par des messages publics du président himself et par les visites remarquées du secrétaire d’Etat Marco Rubio et du vice-président J.D. Vance, à quelques jours du scrutin. Les Européens, eux, se font le plus discret possible, pour ne surtout fournir aucune munition au camp Orban. En coulisses, les capitales de l’UE n’en pensent pas moins. « Ces élections constituent un test majeur, à la fois pour la Hongrie et pour l’Europe, avance l’eurodéputé luxembourgeois Charles Goerens, du groupe Renew (centre). Tous les démocrates européens espèrent voir la Hongrie revenir au bercail et sortir de la démocrature qui s’y est installée progressivement depuis une quinzaine d’années. Il s’agit de rétablir un rapport de confiance. »

    Péter Magyar est-il pour autant ce héros pro-européen qui, par sa seule élection, rabibochera Bruxelles et Budapest ? Dans les faits, l’homme a tout de l’anti-héros. « C’est une vraie boîte noire », raconte une source européenne, qui souligne la difficulté à savoir ce que pensent vraiment le leader de l’opposition hongroise et ses proches. Tisza, son parti formé en mars 2024, nous a refusé tout contact avec des élus ou des membres de la campagne : « Aucune interview avant le vote. » Magyar cultive le mystère pour ne laisser aucun angle d’attaque à la machine Orban, quitte à laisser chacun fantasmer sur ses positions.

    A Budapest, les murs et les panneaux publicitaires dépeignent le candidat de l’opposition comme la marionnette de Volodymyr Zelensky et d’Ursula von der Leyen, prêt à plonger son pays dans une guerre sanglante contre la Russie. Aux côtés de Viktor Orban, le 7 avril, J.D. Vance a critiqué « les bureaucrates de Bruxelles » qui, contrairement à lui, tenteraient d’influencer le vote des Hongrois… Pourtant, Péter Magyar et son parti sont loin d’afficher une position eurobéate : au Parlement européen, tous les députés de Tisza (à l’exception de Magyar, absent) ont voté contre le prêt européen de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, obtenu grâce aux profits saisis sur les fonds russes gelés. Une exception, lourde de sens, au sein du PPE. Lors des votes concernant la Russie, le parti de Péter Magyar s’est abstenu ou était absent lors de 16 des 23 procédures à Strasbourg depuis l’été 2024. Même chose pour les sujets liés à l’État de droit ou aux libertés individuelles.

    Peter Magyar, président du parti d’opposition Tisza, s’adresse à ses partisans lors de la Marche nationale à Budapest, en Hongrie, le 15 mars 2026, à l’occasion de la fête nationale marquant le 178e anniversaire du déclenchement de la révolution de 1848 et de la guerre d’indépendance contre la domination des Habsbourg.

    Autre indicateur : lors de sa première conférence de presse comme député européen, en 2024, Péter Magyar avait martelé son opposition à l’envoi d’armes européennes à l’Ukraine et rejetait toute procédure accélérée pour que Kiev adhère à l’UE. On a connu marionnette plus docile… « Dans son programme, Péter Magyar défend une position européenne commune de soutien à l’Ukraine, explique pourtant Ilona Gizinska, spécialiste de la politique hongroise au OSW Center for Eastern Studies de Varsovie. Mais il a tout fait pour empêcher son parti de prendre position au Parlement européen : il s’agit sans doute d’une tactique préélectorale afin de ne pas être accusé par le Fidesz de plonger la Hongrie dans la guerre ukrainienne. En cas de victoire, Magyar n’aura pas le même rapport à l’Ukraine que Orban, notamment dans la communication et dans la fabrique de cette image d’un ennemi menaçant aux portes de la Hongrie. Il se montrera bien plus flexible avec Kiev. »

    Péter Magyar, le fantôme de Bruxelles

    Péter Magyar ne se cache pas seulement lors des votes. C’est simple : peu d’élus ou de hauts fonctionnaires peuvent nous parler de son action ou de ses idées, tant il bat des records d’absence au Parlement européen. « J’ai beaucoup d’estime pour le personnage, mais on ne le voit jamais, ni à Bruxelles ni à Strasbourg », témoigne Charles Goerens, qui ne se souvient pas avoir croisé l’eurodéputé hongrois à la commission des affaires constitutionnelles, dont ils sont tous les deux membres.

    Péter Magyar connaît pourtant Bruxelles par cœur, pour y avoir vécu de nombreuses années. Il a débarqué dans la capitale européenne en 2009 pour suivre sa compagne de l’époque, Judit Varga, conseillère de plusieurs parlementaires européens. A elle la politique, à lui la garde des enfants. Mais Magyar ne reste pas longtemps homme au foyer : ses réseaux et ses connaissances juridiques l’amènent à rejoindre la représentation de la Hongrie auprès des institutions européennes, ce qui lui fait jouer le rôle de porte-voix de Viktor Orban dans cette capitale que le Premier ministre déteste tant. « Il ne faut pas oublier le parcours de Magyar, qui interroge sur son degré réel de volonté de rupture avec le système Orban, souligne Lukas Macek, chef du Centre grande Europe à l’institut Jacques Delors. Son positionnement idéologique reste à relativiser, ce qui doit nous amener à être très prudents et très modestes dans les attentes vis-à-vis de son éventuelle victoire. »

    Après avoir gravi les échelons du Fidesz, Magyar s’en est éloigné à l’orée des années 2020. Son divorce avec Judit Varga, devenue entre-temps ministre de la Justice, est officialisé en 2023 et, l’année suivante, il utilise un scandale pédocriminel étouffé par le gouvernement hongrois pour prendre ses distances avec Orban. Son charisme et ses attaques frontales contre la corruption font le reste : il décolle dans les sondages et devient, de facto, le leader de l’opposition.

    Aujourd’hui, malgré son profil conservateur et nationaliste, Péter Magyar rassemble toute l’opposition derrière lui, y compris la gauche. La classe politique hongroise l’a identifié comme la seule chance d’alternance, parfois la mort dans l’âme. « Mes collègues hongrois au Parlement européen ne sont pas convaincus qu’il va totalement améliorer la situation et je ne me fais pas non plus d’illusions, admet l’eurodéputée socialiste Chloé Ridel. Mais il faut avoir un ordre de priorités, et la première d’entre elles consiste à chasser Orban du pouvoir. Par ailleurs, Magyar promet de ne plus bloquer la politique étrangère de l’Union européenne, il veut mettre fin à la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, doubler les énergies renouvelables en Hongrie d’ici à 2040, rétablir un minimum d’Etat de droit… Ce sera forcément bien mieux qu’Orban. »

    Une priorité : récupérer les milliards européens bloqués

    En cas de victoire, Péter Magyar n’aura de toute façon pas d’autre option que de cultiver sa fibre européenne. La plupart de ses promesses sociales reposent sur une trésorerie dont Budapest ne dispose pas : la vingtaine de milliards d’euros de fonds européens bloqués par Bruxelles depuis 2022 en raison des atteintes répétées de la Hongrie à l’Etat de droit. En campagne, le leader de l’opposition promet de rapidement faire libérer ces sommes, qui représentent 10 % du PIB hongrois.

    « Sa priorité devra être de rebâtir la confiance avec la Commission européenne et avec les Etats membres les plus importants, affirme Ilona Gizinska à Varsovie. Faire débloquer ces fonds européens nécessitera des avancées majeures de Budapest, notamment dans la lutte contre la corruption et le respect des normes démocratiques. Mais ce sera extrêmement difficile sans une majorité absolue des deux tiers au Parlement [NDLR : nécessaire pour faire évoluer la Constitution] et il est peu probable que Tisza réussisse à remplir toutes les demandes européennes… Après, il est possible que l’UE fasse un geste politique en débloquant ces fonds, mais des réformes profondes devront malgré tout être entamées en échange. »

    Sans compter le pouvoir de nuisance que garderait Viktor Orban en cas de défaite. Le dirigeant a installé ses proches à tous les étages du pouvoir, qui feront en sorte de saboter un éventuel mandat de Péter Magyar pour préparer le retour du dirigeant de 62 ans. Le président par exemple, Tamas Sulyok, soutenu par le Fidesz, a le pouvoir de retarder l’approbation des lois et ainsi ralentir les réformes demandées par les autorités européennes. « Il ne faut surtout pas croire que toutes les difficultés liées à la Hongrie et à sa place dans l’UE vont disparaître du jour au lendemain », prévient Lukas Macek. Une autre inconnue hongroise pour l’Europe.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/une-vraie-boite-noire-peter-magyar-linconnu-hongrois-qui-porte-tous-les-espoirs-europeens-CMBMCZXPXVFL3B5ASWGVFMKT5I/

    Author : Corentin Pennarguear

    Publish date : 2026-04-11 05:00:00

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  • Un péage dans le détroit d’Ormuz ? Les volte-face déroutantes de Donald Trump

    Habitué aux déclarations contradictoires de toutes sortes, Donald Trump se surpasse dans le conflit avec l’Iran, qui le voit changer son fusil d’épaule au gré des jours et de ses (nombreuses) prises de parole. L’exemple du détroit d’Ormuz et de sa sécurisation en est une nouvelle illustration. Au cœur du cessez-le-feu, la réouverture de ce point névralgique pourrait faire l’objet d’un péage voulu par l’Iran, qui le bloque depuis le début des hostilités. Deux millions de dollars seraient exigés par navire, payables en cryptomonnaies. Interrogé mercredi par ABC, le président a déclaré qu’il n’avait rien contre l’idée et y voyait même « une excellente chose » et « beaucoup d’argent à se faire ». Il a même été jusqu’à envisager la création d’une joint-venture entre les deux pays pour ce faire. Seulement, le versatile chef d’Etat américain a tenu des propos tout à fait opposés le lendemain sur son réseau social Truth Social : « Ils ont intérêt à ne pas le faire », a-t-il écrit en parlant des Iraniens, « et si c’est le cas, ils feraient mieux d’arrêter maintenant ! »

    Difficile de comprendre un tel changement de cap, mais la légalité d’un tel projet est de toute manière sujette à caution. Aux yeux de Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, il est « illégal » car « les eaux internationales sont libres à la circulation des navires », et « inacceptable ». L’Union européenne s’est également prononcée contre. « Le droit international consacre la liberté de navigation, ce qui veut dire ce que ça veut dire : aucun paiement, ni péage, quel qu’il soit », a déclaré Anouar El Anouni, son porte-parole pour les Affaires étrangères.

    L’Europe opposée au projet

    En théorie, la liberté de navigation est garantie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. Les navires ont le droit de traverser « sans entrave » des eaux internationales, et même les eaux territoriales, à condition de ne pas menacer la paix ni la sécurité de l’Etat côtier. Mais si l’Iran et les Etats-Unis ont signé cette convention, les deux pays ne l’ont pas ratifiée. Un recours juridique serait donc exclu. Cependant, « en droit international, on considère que si un Etat signale son intention d’être partie d’un traité [en le signant], il ne doit pas prendre des actions qui seraient contraires à sa raison d’être », relève auprès de Franceinfo Leslie-Anne Duvic-Paoli, maîtresse de conférences en droit au King’s College de Londres, experte du droit international et de la gouvernance océanique. Qui précise : « On considère généralement que la liberté de navigation dans les détroits internationaux est une norme de droit coutumier ». Des péages existent bien pour les canaux de Suez et de Panama, mais c’est parce qu’ils résultent de travaux et d’investissements, au contraire du détroit d’Ormuz. La société spécialisée Kpler estime que 426 tankers de pétrole, 34 transporteurs de gaz naturel liquéfié et 19 méthaniers sont en attente de passage dans le détroit.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/un-peage-dans-le-detroit-dormuz-les-volte-face-deroutantes-de-donald-trump-44CV3XGUZFFITLXKQDNRMYRHQA/

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    Publish date : 2026-04-10 13:22:00

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  • L’énigme Boris Vallaud, le face-à-face avec Olivier Faure : au PS, la guerre fait rage

    Courant 2023, deux socialistes se couchent tard, ils parlent d’avenir à la buvette de l’Assemblée. Philippe Brun, jeune député de l’Eure, cherche un espoir ; il croit voir la lumière. Boris Vallaud, son président de groupe, pourrait être « un nouveau Jospin ». « Il faut que tu te prépares pour 2027 », lui glisse-t-il. Trois ans plus tard, le chemin est sinueux mais le conseil a infusé. Le Landais publiera un livre sur la « démarchandisation », l’idée phare qu’il a théorisée. Une façon, confiait-il en petit comité, « d’être dans le débat » à l’approche de l’échéance suprême.

    Entre-temps, le sous-préfet, devenu patron de la minorité de blocage au parti, goûte à la vie d’apparatchik. Dans son désir assumé de torpiller la primaire unitaire, dans sa volonté inavouable d’ensevelir les songes présidentiels d’Olivier Faure, il est devenu un adversaire de son ancien allié. Et un acolyte très utile aux contempteurs historiques du premier secrétaire. « Sors de la tambouille, commence à parler aux Français, fais ton récit », lui a pourtant conseillé une députée qui l’a soutenue au dernier congrès.

    Mais au Parti socialiste, à force d’hésitations stratégiques, un congrès dure 100 ans. Les alliances entre insoumis et socialistes entre les deux tours des élections municipales ont ravivé un débat éternel. En dénonçant le « manque de clarté » de la direction du PS, en voulant substituer à la primaire une coalition de la gauche plurielle, Boris Vallaud est devenu tributaire d’intérêts convergents. « Il utilise les désirs des uns et des autres pour se mettre en situation », analyse Jean-Christophe Cambadélis. Tous, au sein des « anti-fauristes » plaident pour qu’un socialiste soit désigné en interne pour l’élection présidentielle, une requête de longue date du Landais. Les proches de « Boris » pensent à Vallaud. Mais, le temps de quelques bureaux nationaux, le président de groupe n’a pas fédéré un bouquet de roses ; plutôt un panier de crabes.

    Combien d’écuries présidentielles contiennent les troupes réunies autour de Nicolas Mayer-Rossignol, lors du dernier congrès ? Les amis d’Olivier Faure aiment accréditer la thèse selon laquelle Vallaud servirait, au mieux, à défricher le terrain pour les vraies étoiles de la galaxie sociale-démocrate. « Qui imagine une seule seconde Hollande ou Glucksmann laisser la voie libre à Boris ? », interroge faussement Luc Broussy. En temps de crise, la politique n’a pas toujours besoin d’être subtile.

    Boris Vallaud est un unitaire, pour qui l’aurait oublié. L’homme souhaite réunir, au gré d’un projet partagé et d’un pacte législatif, le même périmètre qu’Olivier Faure – de « Glucksmann à Ruffin » répètent ad nauseam ses amis. Une divergence non négligeable avec l’ancien essayiste et le dernier président socialiste : les deux n’ont aucune confiance en la direction écologiste, encore moins d’atomes crochus avec les anciens insoumis. Le Landais organise quelques rencontres depuis le mois de février, réunissant, en plus de la société civile, tout ce que les partis de gauche comptent d’opposants à leur direction. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, le sénateur écologiste Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann, entre autres, tentent d’organiser un chemin alternatif au « pacte Tondelier-Faure ». « On évite le sujet du candidat, car autour de la table, les gens n’ont pas les mêmes ambitions », sourit Emmanuel Maurel, présent aux agapes.

    Que veut Boris Vallaud, en son for intérieur ? Ses âmes damnées brouillent parfois le message du président de groupe. Souhaite-t-il être candidat socialiste à l’élection présidentielle ? Veut-il surtout déloger le patron du Parti socialiste de son trône de premier secrétaire ? Olivier Faure en est convaincu, l’intéressé « joue le parti » avant tout, poussé par celui que ses proches qualifient de « mauvais génie », le sénateur Alexandre Ouizille.

    Aux « Rencontres de la sociale-écologie », à Montreuil le 11 avril, Olivier Faure et Boris Vallaud auront l’occasion de montrer, à ciel ouvert, l’étendue de leurs désaccords stratégiques. La gauche se parlera à elle-même. Voilà quelques mois que Philippe Brun s’arrache les cheveux, fatigué de ces deux hommes dont il a été proche. Persuadé que « la gauche peut gagner », le trentenaire « en veut à cette génération de ne pas se préparer sérieusement ». Pendant ce temps, ce même samedi, François Hollande est l’invité d’honneur du Grand débat des Gracques, le think tank social-libéral. Le thème du colloque, centré autour de l’enjeu présidentiel, « Chronique d’une catastrophe annoncée ? », ne s’invente pas.



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    Author : Mattias Corrasco

    Publish date : 2026-04-10 15:32:00

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  • Ventes de livres : le Petit Prince, octogénaire toujours aussi vert


    Bien qu’il n’apparaisse pas dans notre palmarès hebdomadaire, le Petit Prince est le grand homme de la semaine. Le livre de Saint-Exupéry ayant été publié (posthume) le 6 avril 1946, son héros immortel a soufflé ses 80 bougies. Un anniversaire que la maison Gallimard a particulièrement soigné. Outre une édition spéciale en Folio, les inconditionnels de « Saint-Ex » peuvent acquérir deux livres de collection : un superbe fac-similé du manuscrit du Petit Prince, augmenté de pages retrouvées et présenté par Alban Cerisier ; une non moins belle version pop-up du conte illustrée par le duo MinaLima (Miraphora Mina et Eduardo Lima), notamment connu pour son travail sur Harry Potter. Le premier titre s’adresse aux bibliophiles et autres férus d’histoire littéraire, le second à leurs enfants et petits-enfants.

    Toutes versions confondues, Le Petit Prince s’est déjà vendu à 18 millions d’exemplaires en France depuis 1946. Plusieurs générations ont défilé, le personnage du Petit Prince demeure, et le pop-up inventif et ludique de MinaLima devrait lui permettre de toucher encore un nouveau public. Rappelons que Saint-Exupéry ne se réduit pas à ce seul livre. L’automne dernier, la réédition en grand format de Terre des hommes avec des dessins de Riad Sattouf a rencontré 100 000 lecteurs. N’en déplaise à ceux qui prennent de haut « Saint-Ex » et son œuvre, ils semblent encore loin d’être menacés par la ringardise et l’oubli.

    Qu’est-ce qui émerge de l’actualité éditoriale, outre ce jubilé ? Du côté des essais, Gisèle Pelicot est toujours en tête avec son témoignage-événement Et la joie de vivre (Flammarion), qui a dépassé les 160 000 exemplaires. Juste derrière elle, on trouve Leïla Slimani avec Assaut contre la frontière (Gallimard). Plus surprenant est le 4e : Karl Zéro avec Dans la peau d’Epstein (Télémaque). Qui peut avoir envie de se plonger là-dedans ?

    Du côté des romans, statuo quo également avec Guillaume Musso, qui passe la barre des 130 000 exemplaires grâce au Crime du paradis (Calmann-Lévy). Chez Hugo Publishing, La Révolte de la reine de Morgane Moncomble recule, mais Mariposa d’Azra Reed réussit un très bon lancement en se classant 2e.

    Autre sortie en fanfare, celle de Je suis drôle de David Foenkinos, paru chez Gallimard, déjà écoulé à 8 000 exemplaires en quelques jours. Nous reviendrons la semaine prochaine plus en détail sur la carrière de l’auteur des best-sellers La Délicatesse, Charlotte ou Vers la beauté.

    Notons aussi le bon démarrage de Jean-Christophe Rufin, 11e avec La Folie Sainte-Hélène (Calmann-Lévy), le nouveau tome de sa série Les Enigmes d’Aurel le consul. Notons enfin un démarrage prometteur. Aux portes de notre classement à la 21e place, Frédéric Beigbeder a vendu en moins d’une semaine 2 500 exemplaires de son recueil de nouvelles Ibiza a beaucoup changé (Albin Michel). L’auteur de 99 francs renouera-t-il avec le succès des Confessions d’un hétérosexuel légèrement dépassé ? Ce serait la preuve rassurante qu’une certaine idée de la légèreté n’a pas dit son dernier mot au pays de Sacha Guitry…



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/ventes-de-livres-le-petit-prince-octogenaire-toujours-aussi-vert-PHACLO5MW5G3REOFGVNBKMZUAY/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-04-10 15:44:00

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