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    Jean-Luc Mélenchon isolé ? Le pari risqué du Parti socialiste avant les municipales

    IntelliNewsBy IntelliNewsmars 5, 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    Les socialistes arrivent tard à tout, mais enfin, ils arrivent… Depuis que l’obsédante question insoumise s’est invitée au sein du Parti socialiste, les consensus sont suffisamment rares pour être soulignés. Les miracles peuvent ainsi tomber trois mois après Noël, ou neuf mois après que Jérôme Guedj a insulté Jean-Luc Mélenchon de « salopard antisémite » en plein congrès du PS. Quelques jours, surtout, après que le leader de LFI a ironisé sur la prononciation du nom du pédocriminel Jeffrey Epstein, et « déformé par erreur » jure-t-il – il est permis d’en douter – celui de Raphaël Glucksmann.

    Mardi 3 mars, le Bureau national du PS a dénoncé unanimement et « sans réserve » la multiplication « des caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon. Si la formulation « relents antisémites » a été évoquée lors de la réunion, c’est bien cette assertion qui a été adoptée collectivement. Pour la première fois, les instances dirigeantes roses l’écrivent noir sur blanc : le patriarche insoumis a versé dans l’antisémitisme. « Ce texte est le fruit d’un compromis et c’est un progrès », s’est réjoui François Kalfon, eurodéputé socialiste et opposant résolu à Olivier Faure.

    Les socialistes ciblent Mélenchon et sa direction

    Jean-Luc Mélenchon a beau dénoncer d' »intolérables accusations » et une « désolidarisation du combat antifasciste qui reprend les attaques de l’extrême droite », les socialistes ont lancé leur offensive, à une semaine du premier tour des élections municipales. « Je n’ai pas de leçon à recevoir d’un bourgeois sur son canapé qui fait de l’antisémitisme une expression commune dans beaucoup de ses discours », a répondu le socialiste Pierre Jouvet sur LCP. S’ils appellent les insoumis au désistement républicain dans les villes, comme Marseille, où le Rassemblement national est en embuscade, le manuel des fusions d’entre-deux tours entre listes roses et insoumises est édicté. « Nous appelons, localement, les militant-es insoumis-es à se désolidariser clairement et pleinement de ces propos », écrivent les cadres socialistes dans le communiqué. Mais les mots socialistes ont un sens, plus que jamais.

    Les feux, eux, sont concentrés sur un homme. Un seul. « Il y a une nécessité de condamner les propos et les attitudes de Mélenchon, et je dis bien Mélenchon », précise Luc Broussy, le président du conseil national, le « parlement » du PS. Car souvent, y compris dans l’opposition à Olivier Faure, une donnée soumettait les lieutenants socialistes au dilemme : « Le langage martial à l’égard de La France insoumise a des répercussions sur les candidats socialistes qui escomptent un report de voix insoumis, dit l’un d’eux. La difficulté, c’est faire comprendre que c’est la direction de LFI qui est visée et non les électeurs. » Le défi a parfois des allures de quadrature du cercle.

    Bataille de récit

    Les socialistes seraient-ils en train d’essayer de faire gagner en indépendance et détacher du leader les baronnies locales en devenir de LFI ? Celles que Jean-Luc Mélenchon a longtemps rechigné à faire émerger, car trop libres, trop intéressées, trop sensibles au « crétinisme municipal » ? « On pensait que ça marcherait pour les législatives : mais les insoumis ne se sont pas désolidarisés pour autant de Jean-Luc Mélenchon », souffle un socialiste. De la difficulté de croire en leur propre stratégie… Et déjà les insoumis répondent coup par coup. « Nous appelons les candidats et les militants du Parti socialiste à refuser cette dérive mortifère », a répondu le mouvement gazeux dans un communiqué publié le 4 mars. Les cadres de La France insoumise, dont le leader a récemment qualifié l’Ecologiste Marine Tondelier de « venimeuse » et les socialistes « d’invertébrés » (Le Nouvel Obs, 25 février 2026), fustigent les choix de la direction de la vieille maison, “qui, à quelques jours du premier tour des élections municipales, pose un acte de division sans précédent”. A gauche, derrière la bataille de leadership se joue surtout celle du récit. « Mélenchon ne peut pas faire perdre la gauche partout, sinon il sera vu comme celui qui affaiblit son camp. Donc il a besoin de faire gagner quelques villes, et de faire perdre quelques villes », analyse un colistier parisien d’Emmanuel Grégoire.

    Au Parti socialiste, il n’y a en réalité pas grand-chose de nouveau sous le soleil. Il n’y aura d’accord national ni au premier, ni au second tour de l’élection municipale, « compte tenu de la dérive de la direction de ce mouvement ». La phrase, écrite dans le communiqué, est répétée depuis des mois par Olivier Faure et ses lieutenants. « Chacun veut voir ce qu’il veut voir dans ce communiqué : il y aura évidemment des alliances locales et Faure ne les empêchera pas », assure un proche du premier secrétaire. Une ambiguïté consensuelle, que l’entièreté du parti entend, faute de prise dans certains territoires.

    « L’ambiguïté est liée à la réalité, une fois qu’on a dit ça, il faut que ça s’applique localement. Et il peut toujours y avoir des scories dans certaines villes », admet David Assouline, lieutenant de Nicolas Mayer-Rossignol, le finaliste malheureux du dernier congrès. La consigne concerne-t-elle les colistiers socialistes dont le candidat, écologiste ou communiste, fait alliance avec un insoumis ? “La question peut se poser. Si, comme à Lyon, les Verts font un accord avec LFI sans condamnation préalable des propos de Jean-Luc Mélenchon, nous ne sommes pas engagés à rester”, assure Assouline.

    Après la mort de Quentin Deranque, la direction du Parti socialiste laissait tout de même entendre de possibles fusions à Toulouse, à Avignon ou à Limoges, des villes que le PS cherche à conquérir ou à conserver – des alliances, à l’époque, conditionnées à la condamnation de la « violence politique ». A La Tribune Dimanche, l’inflexible patronne de la région Occitanie, Carole Delga, s’y opposait fermement : « Je n’accepterai pas que mon parti puisse s’unir avec LFI ». Au PS, l’entre-deux tours des élections municipales promet de belles prises de bec.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/lfi/jean-luc-melenchon-isole-le-pari-risque-du-parti-socialiste-avant-les-municipales-LN5SRAG7YZCZHKOCOKEXIFRYP4/

    Author : Mattias Corrasco

    Publish date : 2026-03-04 18:21:00

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