Pour la onzième année consécutive, les dépenses militaires mondiales sont en hausse. En 2025, elles ont culminé à 2 900 milliards de dollars (près de 2 500 milliards d’euros), selon un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), paru ce lundi 27 avril. Plus de la moitié de ces dépenses proviennent des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie. A eux trois, ces pays ont déboursé 1 480 milliards de dollars dans l’armement l’année dernière.
Au total, les dépenses militaires mondiales ont grimpé de 2,9 %, un chiffre qui s’explique notamment par des investissements records en Europe et en Asie. En 2025, les deux continents ont continué de faire face à des conflits et à des tensions diplomatiques. Entre autres, les pressions chinoises sur Taïwan, la guerre en Ukraine et l’hostilité grandissante du Kremlin.
L’Europe bat un record de 1953
Dans son ensemble, le Vieux Continent a augmenté de 14 % ses investissements militaires, pour un total de 864 milliards de dollars (738 milliards d’euros, environ). « En 2025, les dépenses militaires des pays européens membres de l’Otan ont augmenté plus rapidement qu’à aucun autre moment depuis 1953, ce qui reflète la volonté constante de l’Europe d’atteindre l’autonomie, parallèlement à la pression croissante exercée par les États-Unis pour renforcer le partage des charges au sein de l’alliance », analyse Jade Guiberteau Ricard, chercheuse au Sipri.
Parmi les plus dépensiers, l’Allemagne s’impose au quatrième rang mondial. En 2025, Berlin a augmenté ses investissements de 24 %, atteignant ainsi 114 milliards de dollars. L’Espagne a également fait une performance notable en augmentant ses dépenses de 50 %, pour culminer à 40,2 milliards de dollars. Pour la première fois depuis 1994, les dépenses militaires de ce mauvais élève ont dépassé les 2 % de son PIB, minimum requis par l’Otan. Au cours de la même période, les investissements militaires français ont pour leur part augmenté de 1,5 %, pour atteindre 68 milliards de dollars. En 2025, l’Hexagone a consacré 2,05 % de son PIB à ce domaine.
De son côté, l’Ukraine a accordé 40 % de son PIB au domaine martial, soit 80,1 milliards de dollars. Une augmentation de 20 % par rapport à 2024. Alors que la perspective d’une paix semble toujours lointaine dans cette guerre d’usure, Moscou a également continué d’injecter dans son arsenal en augmentant ses investissements de 5,9 % pour atteindre 190 milliards de dollars, soit 7,5 % du PIB. Cette année « la part des dépenses militaires dans les dépenses publiques a atteint son plus haut niveau jamais enregistré tant en Russie qu’en Ukraine », indique Lorenzo Scarazzato, chercheur de l’institut.
La Chine poursuit sa campagne de modernisation martiale
En Asie et en Océanie, les frais militaires ont augmenté de 8,1 % en 2025, pour s’élever à 681 milliards de dollars. Une hausse inédite depuis 2009. La Chine, deuxième pays le plus dépensier dans le domaine à échelle mondiale a accru ses investissements de 7,4 %, atteignant ainsi les 336 milliards de dollars. Loin d’être une surprise, alors que Pékin poursuit sa campagne de « modernisation » martiale et n’a jamais cessé de gonfler ses dépenses en 31 ans. Ces investissements interviennent également dans un contexte de tensions avec Taïwan, dont la Chine revendique la souveraineté. Dans ce cadre, Pékin qui ne cache pas sa volonté de « réunification » a intensifié ses exercices militaires autour de l’île.
Face à cette menace, Taipei a augmenté ses frais de 14 % pour culminer à 18,2 milliards de dollars (2,1 % du PIB), la plus importante hausse annuelle depuis 1988. D’autres pays de la zone, comme le Japon, l’Australie et les Philippines, ont également revu leurs dépenses à la hausse. « Non seulement en raison de tensions régionales de longue date, mais aussi en raison de l’incertitude croissante quant au soutien américain », détaille Diego Lopes da Silva, membre du Sipri.
Les dépenses américaines en baisse de 7,5 %
De l’autre côté du Pacifique, le recul du soutien américain justement se voit dans la réduction des dépenses : les experts du Sipri ont enregistré une baisse de 7,5 % des investissements militaires de Washington. Une diminution qui s’explique par le fait qu’aucune nouvelle aide financière militaire pour l’Ukraine n’a été approuvée par le congrès américain. Une première depuis 2022. Toutefois, avec 954 milliards de dollars en 2025, les Etats-Unis restent le pays qui injecte le plus de fonds dans son armée.
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De plus, les dépenses américaines n’ont pas reculé dans tous les secteurs. Au contraire, Washington a investi davantage dans ses capacités militaires nucléaires et conventionnelles. L’objectif : « Maintenir leur domination dans l’hémisphère occidental et de dissuader la Chine dans la région indo-pacifique, deux objectifs clés de la nouvelle stratégie de sécurité nationale », analyse le Sipri.
Aussi, la baisse des dépenses américaines devrait être « de courte durée », anticipe Nan Tian, directeur du programme « Dépenses militaires et production d’armes » du Sipri. De fait, le Congrès américain a récemment approuvé un budget militaire de quelque 1 000 milliards de dollars pour 2026. Somme que Donald Trump espère déjà doper de 500 milliards supplémentaires l’année suivante. « Tuer des méchants coûte de l’agent » a justifié son ministre de la Guerre devant les parlementaires.
Dans le reste du monde, les dépenses militaires ont été moins importantes. Malgré les nombreuses crises qui ébranlent le Moyen-Orient, les frais n’y ont que très peu augmenté : de 0,1 % seulement. Sur l’ensemble de la région, les dépenses se chiffrent à 218 milliards de dollars. Car si la plupart des pays de la zone ont en réalité augmenté leurs investissements militaires, Israël et l’Iran les ont réduites, de 4,9 % (48,3 milliards de dollars) et 5,6 % (7,4 milliards de dollars) respectivement. Du côté de Tel Aviv, cette chute s’explique par le cessez-le-feu avec le Hamas en janvier 2025, selon le Sipri. Les dépenses militaires de l’Etat hébreu restent tout de même supérieures de 97 % à celles de 2022. Quant à Téhéran, ses dirigeants ont dû composer avec une inflation forte de 42 % et des « difficultés économiques ».
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Author : Asia Dayan
Publish date : 2026-04-28 11:45:00
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