Sans parler d’amitié éternelle – le terme est réservé pour la relation sino-russe, le lien entre Donald Trump et Xi Jinping ne ressemble pas vraiment à de la franche détestation : entre les dirigeants des deux premières puissances mondiales, on a, à défaut de bien se comprendre, de vraies raisons de se parler. C’est précisément l’objet de la visite qu’effectue le Âprésident américain les 14 et 15 mai à Pékin. La première du locataire de la Maison-Blanche dans la capitale chinoise depuis 2017.
Les deux hommes s’étaient rencontrés en Corée du Sud en octobre dernier pour parler tarifs douaniers et terres rares : un tête-à -tête noté 12 sur 10 à l’époque par Donald Trump. A six mois des élections de mi-mandat, ce dernier espère revenir de Pékin avec une meilleure note, tant il compte sur cette visite pour redorer son image auprès de son électorat, échaudé par les conséquences de son aventurisme au Moyen-Orient sur leur pouvoir d’achat.
Comment faire oublier le prix du gallon d’essence à plus de 4 dollars, sinon en repartant les poches pleines de contrats commerciaux ? Message reçu du côté de la Chine, où on a parfaitement conscience de la mégalomanie de l’ancien promoteur new-yorkais, et auquel on réserve un accueil grandiose, promet un diplomate en poste à Pékin. Et surtout une flopée de contrats : Boeing, denrées agricoles américaines (soja…). De quoi faire passer la pilule d’un déficit commercial béant.
Mais ce n’est pas tout. Car, entre les Etats-Unis qui ont dominé le monde au XXe siècle et un empire du Milieu en passe de prendre le relais au XXIe siècle, les enjeux dépassent les affaires commerciales. Pour Pékin, le point de fixation concerne Taïwan : comment faire renoncer Trump à une vente record d’armes aux dirigeants de Taipei ? Face au caractère erratique de l’Américain, Xi aura beau jeu de mettre en avant le pôle de stabilité qu’entend incarner la Chine.
La Chine devient tendance
Une image qui s’installe petit à petit dans l’opinion mondiale, lassée par les incartades de l’Amérique de Donald Trump. Au point que la Chine devient même tendance. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, le phénomène « Chinamaxxing » vante l’art de vivre à la chinoise. Une opération de propagande jamais vue depuis les années Mao, sauf que cette fois-ci, elle émane directement des influenceurs occidentaux. Lesquels vantent les populaires peluches Labubu, l’art du tai-chi ou la dégustation d’eau chaude. Née aux Etats-Unis, cette mode se répand en Europe. « Les Européens devraient se rendre compte que ce n’est pas la Chine qui change mais la perception qu’ils en ont. Le Chinamaxxing pourrait bien ressembler à une nouvelle forme d’orientalisme », prévient la chercheuse Alicja Bachulska dans une note du think tank ECFR.
Ni crainte ni fascination : face à la Chine qui avance, l’Europe devrait faire sienne cette maxime de Confucius, opposée à la gestion Âtrumpienne du monde : « L’homme supérieur est lent dans son discours et sérieux dans sa conduite. »
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Author : Eric Chol
Publish date : 2026-05-12 05:00:00
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