Alors que les tensions entre la Chine et Taïwan restent vives, l’avenir du soutien militaire américain à l’île soulève de nouvelles incertitudes. Ce mardi 19 mai, le ministre taïwanais de la Défense, Wellington Koo, a déclaré être « prudemment optimiste » concernant les ventes d’armes des États-Unis, après que le président Donald Trump a déclaré qu’il examinait encore la possibilité de procéder à de nouvelles ventes à l’île revendiquée par la Chine. La rencontre de Trump avec le président chinois Xi Jinping la semaine dernière, au cours de laquelle la question de Taïwan a été évoquée, a suscité des inquiétudes à Taipei concernant l’engagement des Etats-Unis à aider l’île à se défendre, alors que la Chine intensifie ses activités militaires.
Dimanche déjà , dans une publication Facebook, le président taïwanais Lai Ching-te a exhorté l’administration Trump à poursuivre les ventes d’armes à l’île autonome afin de garantir la « paix et la sécurité régionales ». « La Chine n’a jamais abandonné son intention d’annexer Taïwan par la force et continue d’augmenter ses capacités militaires dans le but de modifier le statu quo régional entre les deux rives du détroit », a-t-il précisé. Si les États-Unis sont légalement tenus de fournir des armes à Taïwan, et qu’un paquet d’armements de 11 milliards de dollars avait déjà été validé par l’administration Trump, une deuxième enveloppe d’environ 14 milliards de dollars n’a pas encore été officiellement approuvée. « Nous allons voir ce qui se passe. Je pourrais le faire, ou pas », a en effet déclaré le dirigeant américain sur Fox News, vendredi.
Un « levier de négociation »
Donald Trump a affirmé avoir discuté des ventes d’armes américaines à Taïwan « en détail » avec Xi Jinping, et espère en effet s’en servir comme « levier de négociation ». Les États-Unis étaient venus au sommet en espérant convaincre la Chine d’en faire davantage pour pousser l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz. « Mais même si la Chine était prête à utiliser son influence sur Téhéran, elle ne voudrait pas que cela soit perçu comme une contrepartie explicite à des concessions américaines sur Taïwan », a déclaré, auprès du New York Times, Bao Chengke, chercheur à l’Association de recherche sur les relations entre les deux rives du détroit de Shanghai.
« Il a tendance à agir comme un homme d’affaires, en comprenant les questions sous l’angle de la négociation. Mais lier aussi étroitement ces deux sujets n’est vraiment pas faisable », poursuit l’expert. Dans tous les cas, le simple fait d’avoir échangé sur le sujet avec Xi Jinping est une violation apparente d’un engagement de 1982 pris par l’ancien président Ronald Reagan envers l’île, selon lequel les États-Unis ne consulteraient pas Pékin sur ces transactions. La suspension de ces ventes d’armes violerait également le Taïwan Relations Act de 1979, qui engage les États-Unis à fournir à Taïwan des armes de nature défensive afin de dissuader une éventuelle agression chinoise.
Des menaces chinoises
Afin de désamorcer les inquiétudes, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré que les propos de Trump ne signifiaient pas un recul de la politique américaine envers Taïwan, affirmant qu’il n’y aura « aucun changement ». Mais les médias chinois, eux, n’ont pas perdu de temps, utilisant les déclarations du président américain pour faire passer un message à l’intérieur du pays et à Taïwan : les États-Unis ne peuvent pas être considérés comme fiables pour défendre Taïwan. Le président taïwanais Lai Ching-te, souvent visé par les critiques virulentes de Pékin, et son Parti démocrate progressiste ne peuvent plus compter sur une « indulgence inconditionnelle » des États-Unis, a par exemple déclaré le Global Times, un journal chinois, citant un chercheur.
« La sécurité ne peut pas être achetée par des achats militaires ; si vous devenez un pion, vous serez simplement pressé jusqu’à être totalement exploité », a aussi affirmé le colonel Jiang Bin, porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale, lundi, en référence à Taïwan. De son côté, Lai Ching-te a réaffirmé que Taïwan est déjà « une nation souveraine, indépendante et démocratique », et que Pékin n’a aucune base juridique pour revendiquer l’île. Pas sûr cependant que cela suffise à calmer les velléités chinoises.
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Publish date : 2026-05-19 18:00:00
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