A l’approche des élections de mi-mandat, excédés par les éclats et les décisions politiques de Donald Trump, les sénateurs républicains craignent que les décisions politiques de leur président finissent par leur coûter leurs sièges. Et, ces derniers jours, ils sont de plus en plus nombreux à riposter. La méthode ? Dire non au milliardaire, du moins à ses projets de loi. Agacé de constater que ses troupes se font de moins en moins dociles, le président « rendrait la vie presque impossible » à ses élus, rapporte Politico.
Depuis plusieurs semaines, le chef d’Etat, confronté au manque de soutien de ses parlementaires, sue sang et eau pour faire adopter son SAVE America Act, une loi sur l’identification des électeurs qu’il juge cruciale pour la victoire des républicains aux midterms de novembre. Cette loi, qui vise à endiguer la fraude électorale selon Donald Trump, renforcerait notamment les contrôles d’identité pour s’inscrire sur les listes et limiterait largement le vote par correspondance. Un texte indispensable à la victoire aux élections de mi-mandat, à en croire le président. Les sénateurs républicains, quant à eux se montrent bien plus mitigés. Certains, craignant que ces nouvelles contraintes éloignent les électeurs des urnes, envisagent de ne pas voter la copie. Sauf que, dans un hémicycle où la majorité n’est que très relative – 53 sénateurs républicains pour 100 sièges – Donald Trump ne peut s’épargner aucune voix.
Donner du pouvoir aux « débilocrates d’extrême gauche »
Aussi, ce jeudi 25 juin, le président des Etats-Unis a laissé éclater sa colère au grand jour. « Les républicains de la Chambre des représentants devraient faire front commun et cesser de rejeter les règlements ou de menacer de le faire. Donner aux débilocrates (sic) d’extrême gauche de la Chambre le pouvoir de contrôler les sujets soumis au vote ne fera qu’aggraver notre situation, et non l’améliorer », a-t-il cinglé sur son réseau Truth social. Quelques jours plus tôt, il menaçait : « Pour ajouter un peu de suspense, mais [aussi] pour le bien de la nation et du peuple de notre pays, je n’approuverai pas la loi FISA – sur la surveillance des renseignements étrangers – sans que la loi Save America Act l’accompagne ».
Dans le viseur de Donald Trump : le président du groupe républicain au Sénat, John Thune, qu’il tient responsable de la soudaine indiscipline de vote. D’autant plus que, depuis quelques semaines, le sénateur en chef a dû annoncer une série de mauvaises nouvelles à Donald Trump. Première mutinerie : les républicains de la chambre haute ont rejeté le financement de la salle de bal que le milliardaire voulait faire construire dans la Maison-Blanche. Ensuite, ils ont contraint l’administration à abandonner son projet de créer un fonds d’1,8 milliard de dollars dit « anti-instrumentalisation » de la justice, qui aurait permis de rémunérer des alliés politiques du président. Les sénateurs républicains se sont également opposés à la nomination d’un proche de Donald Trump au poste de directeur du renseignement national.
« Détester Thune, ce serait comme détester les golden retrievers »
Aussi, Donald Trump s’agace de l' »attachement aux normes du Sénat » dont fait preuve John Thune. Une caractéristique qu’il appréhende comme symptomatique d’un « manque de fermeté nécessaire pour faire avancer les choses par la force politique brute », indique le Wall Street Journal. Dans les colonnes du titre américain, un proche du président a déclaré que ce dernier s’était irrité d’entendre Thune lui répondre à plusieurs reprises « non » au lieu de « non, mais laissez-moi essayer ». Rien de personnel, assurent des employés de la Maison-Blanche. Sur le plan strictement personnel, Donald Trump apprécie le parlementaire. Effectivement, malgré ses nombreuses colères au sujet du refus des sénateurs républicains d’adopter le SAVE America Act, le chef de l’Etat n’a jamais publiquement nommé ou blâmé le président de groupe.
Même son de cloche du côté du sénateur républicain John N. Kennedy. « Détester Thune, ce serait comme détester les Golden retrievers. On ne peut pas ne pas aimer Thune. Je ne pense pas que le président l’ait pris en grippe », a-t-il déclaré auprès de Politico. Et le parlementaire de Louisianne qui assure que Donald Trump est obsédé par le projet de loi SAVE America Act, d’ajouter : « Je pense simplement qu’il [Donald Trump] veut ce qu’il veut, et qu’il continue à faire pression. Je ne pense tout simplement pas que, dans ce cas précis, il ait de grandes chances d’obtenir gain de cause. »
De son côté, John Thune, joue le jeu de la diplomatie. Auprès de Politico, il a simplement déclaré. « Le président a ses propres idées, prend ses propres décisions, et nous aussi ». Auprès des journalistes du Wall Street journal, nombre de sénateurs ont pris la défense de leur chef de file, estimant que son seul tort avait été de dire la vérité au président sur la manière dont sont perçus ses projets de loi. Mais l’avis des sénateurs, le président semble y être étanche. Interrogé sur la prise en compte de l’avis des sénateurs par Donald Trump, John N. Kennedy a répondu : « Non, je ne le pense pas. Il veut ce qu’il veut et, tant qu’il ne l’obtient pas, il continue simplement à exercer des pressions. »
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Author : Asia Dayan
Publish date : 2026-06-26 16:05:00
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