A deux ans de la primaire républicaine de 2028, et alors que J.D. Vance demeure en tête des intentions de vote, le vice-président américain fait face à une campagne d’attaques particulièrement virulente venue de son propre camp. Sur les réseaux sociaux, ses opposants ont repris le slogan « Never Vance » (« Jamais Vance »), l’accusant notamment d’être « inapte » à exercer les fonctions de vice-président au motif qu’il a cherché à négocier un accord de paix avec l’Iran. D’autres affirment, sans apporter de preuves, qu’il prendrait des décisions contraires à la ligne de Donald Trump.
Des commentaires hostiles ont été publiés par des personnalités connues, comme le podcasteur conservateur Ben Shapiro ou le chroniqueur politique Marc Thiessen, mais aussi par des influenceurs de droite et des utilisateurs peu connus de X dont les messages anti-Vance sont rapidement devenus viraux. Selon le Washington Post, certains comptes promettant de soutenir le secrétaire d’Etat Marco Rubio contre J.D. Vance en 2028 semblaient, d’après leur profil, ne pas appartenir à des électeurs américains et être basés à l’étranger, alimentant les soupçons d’une opération d’influence évoquée par ses alliés.
Une fronde inhabituelle
Par son ampleur et sa précocité, cette fronde interne est en effet inhabituelle. Rares sont les vice-présidents américains à avoir fait face à une telle contestation de leur propre famille politique aussi longtemps avant une présidentielle, rapporte le journal américain. Les critiques avaient déjà culminé à l’automne, lorsque des néoconservateurs et des militants pro-israéliens avaient accusé J.D. Vance d’antisémitisme pour s’être montré compréhensif envers des personnalités critiques de la relation entre Washington et Israël.
Le 15 juillet, les attaques ont repris de plus belle après une interview de près de trois heures accordée au très populaire podcast de Joe Rogan, au cours de laquelle J.D. Vance s’est décrit comme un « modéré raisonnable » dans le débat sur les relations entre les États-Unis et Israël. Le vice-président a en outre évoqué une enquête du magazine Time faisant état d’une opération d’influence en ligne favorable à Israël, orchestrée par un ancien responsable de la campagne de Trump. Selon lui, cette campagne l’aurait visé par l’intermédiaire d’influenceurs rémunérés. « Ma réponse à cela, c’est : « Allez vous faire voir. » Je vais faire ce que je dois faire pour le peuple américain. Je représente d’abord les Américains, et c’est ainsi que j’ai essayé d’exercer cette fonction », a déclaré J.D. Vance face à Joe Rogan, des propos qui ont provoqué une vive réaction chez les conservateurs pro-israéliens.
Une popularité stable
Ses alliés, au contraire, ont fait bloc. « Les voix bruyantes de l’establishment de Washington forment une cacophonie sur Internet, mais elles ne représentent absolument pas l’opinion majoritaire des électeurs républicains », défend auprès du Washington Post Steve Cortes, commentateur conservateur favorable à J.D. Vance. D’après lui, cette hausse des critiques en ligne « ne s’est traduite par aucune évolution des données concernant l’image de J.D. Vance auprès des électeurs républicains, qui reste pratiquement identique à celle du président Trump ». « Si cette campagne avait été spontanée, authentique ou efficace, la cote de popularité de Vance auprès des républicains se serait effondrée depuis neuf mois, lorsque cette offensive avait atteint un premier pic », ajoute-t-il. « Or cela ne s’est tout simplement pas produit. »
Jon Schweppe, soutien de J.D. Vance et conseiller principal de l’American Principles Project, qui travaillait jusqu’au début de l’année à la Federal Trade Commission sous Donald Trump, a publié la semaine dernière sur X un graphique montrant que la popularité de Vance auprès des républicains était en effet restée stable, malgré ce qu’il qualifie d' »opération anti-Vance ».
The anti-Vance op isn’t working. pic.twitter.com/C4JCH0imbQ
— Jon Schweppe 🇺🇸 (@JonSchweppe) July 17, 2026
« On dirait que la saison des primaires commence avant même les élections de mi-mandat », a-t-il ironisé, ajoutant que les adversaires de J.D Vance « essaient de créer une rupture entre lui et le président ». Dans tous les cas, le vice-président américain serait uniquement concentré sur « la mise en œuvre du programme du président et l’obtention de résultats pour le peuple américain », et celui-ci ne se préoccuperait pas des réseaux sociaux, affirme un porte-parole du vice-président auprès du Washington Post. La campagne, elle, s’annonce mouvementée.
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Publish date : 2026-07-25 09:14:00
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