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    Ukraine : quand la guerre sert de terrain d’apprentissage aux cartels colombiens

    IntelliNewsBy IntelliNewsaoût 7, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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    Les cartels colombiens ont manifestement trouvé plus formateur qu’un manuel de drone : plusieurs mois sur le front ukrainien. Selon une enquête du Financial Times, des cartels et groupes armés colombiens cherchent depuis plus d’un an à envoyer des hommes pour se battre en Ukraine afin qu’ils y acquièrent une expérience avancée des drones de combat, avant de rentrer au pays avec ce savoir-faire. Taras Palianytsia, officier du centre de recrutement étranger du ministère ukrainien de la Défense, affirme au quotidien britannique que ces hommes ont été identifiés puis « renvoyés chez eux ». Kiev assure filtrer ces profils, mais les candidats reviennent.

    Parfois, le tri commence directement dans les rangs. Un volontaire colombien engagé aux côtés de Kiev s’est ainsi aperçu que certains de ses compatriotes venus combattre avaient des liens avec le crime organisé en Colombie. Depuis un an, plusieurs tentatives similaires auraient été détectées avec le même schéma : profiter du recrutement de volontaires étrangers pour faire entrer des hommes déjà aguerris, leur faire acquérir des compétences très spécifiques sur les drones, puis les récupérer une fois formés. Kiev, qui apprécie par ailleurs les combattants colombiens pour leur expérience militaire, doit donc distinguer les volontaires venus se battre de ceux venus surtout apprendre.

    Le front comme formation

    L’Ukraine n’a pas été choisie au hasard. En quatre ans de guerre à grande échelle, l’usage militaire des drones y a évolué à une vitesse rare. Les Colombiens présents sur le front peuvent notamment apprendre à piloter des drones FPV (First Person View), des appareils très maniables, mais aussi à protéger leurs communications du brouillage électronique. C’est précisément ce qui intéresse les groupes armés colombiens. Un travailleur humanitaire colombien interrogé en Ukraine par le Financial Times décrit d’anciens paramilitaires, guérilleros et militaires qui apprennent les mêmes techniques. Ce qui l’inquiète le plus, dit-il, reste « le niveau de spécialisation qu’ils acquièrent ».

    Un détail qui compte, puisque les drones sont déjà utilisés contre l’armée en Colombie. Le ministère de la Défense a recensé des centaines d’attaques depuis 2024, souvent menées avec des appareils grand public modifiés. Pendant des décennies, l’État colombien gardait un avantage majeur face aux guérillas et aux réseaux de narcotrafic : la supériorité aérienne. Cet avantage n’en est plus un : le ministre sortant de la Défense, Pedro Sanchez, résume au Financial Times que « l’industrie du drone a explosé » et que les groupes criminels se sont adaptés.

    Passer entre les mailles

    Selon le ministre, 96 % des attaques par drone ont été déjouées l’an dernier, notamment grâce au brouillage des fréquences ou à la destruction des appareils. D’où l’intérêt de l’expérience ukrainienne pour contourner ces défenses. Les recruteurs chercheraient notamment à maîtriser des communications plus difficiles à brouiller et des drones reliés par fibre optique, une technologie déjà utilisée en Ukraine. Pour Bogota, le problème n’est donc plus de découvrir les drones, mais de voir ses adversaires apprendre à mieux les employer.

    Cette filière ne part pas de zéro : les Colombiens combattent depuis longtemps loin de chez eux, du Yémen au Soudan du Sud, et l’Ukraine a attiré à son tour de nombreux anciens militaires, séduits notamment par des rémunérations bien supérieures à leurs pensions. Jusqu’à 500 auraient été tués depuis février 2022, selon les chiffres cités par le Financial Times. Le phénomène inquiète déjà Bogota : en octobre dernier, le président Gustavo Petro avait appelé ses compatriotes à rentrer et son gouvernement a augmenté les soldes militaires pour rendre les départs moins attractifs. Les groupes armés n’ont donc pas eu à inventer une route vers l’Ukraine, elle existait déjà. Ce qui change, c’est que le front peut désormais faire office d’école à ciel ouvert.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/ukraine-quand-la-guerre-sert-de-terrain-dapprentissage-aux-cartels-colombiens-DPOQ676TYNEJVCQXCUXCGDJG7U/

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    Publish date : 2026-08-07 10:52:00

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