Catégorie : L’Express

  • Gaza : le projet de Donald Trump provoque un tollé international

    Les projets de Donald Trump d’une prise de contrôle de Gaza par les Etats-Unis et du déplacement des Palestiniens qui y vivent relèvent pour l’heure d’un fantasme assez irréalisable, tant ils soulèvent une avalanche d’oppositions. Le président américain a fait cette annonce, mardi 4 février, après avoir reçu à la Maison-Blanche le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, selon qui cette proposition pourrait « changer l’Histoire ».

    Le Hamas a accusé Donald Trump de « jeter de l’huile sur le feu » et affirmé que ses déclarations ne « contribueront pas à la stabilité » du Moyen-Orient. Le président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas, ainsi que l’Egypte et plusieurs capitales occidentales ont dénoncé les déclarations américaines, « dangereuses pour la stabilité » et « le processus de paix » selon Paris. « En réponse aux appels américains au déplacement » des Palestiniens de Gaza, « nous ne permettrons pas que soient bafoués les droits de notre peuple », a affirmé Mahmoud Abbas, qui s’est rendu en Jordanie pour rencontrer le roi Abdallah II.

    Donald Trump a répété mardi que les habitants de Gaza, en ruines après 15 mois de guerre, pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l’opposition de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes. « Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza », a-t-il dit au côté de Benyamin Netanyahou, parlant du territoire palestinien comme d’un « chantier de démolition ». Le président américain a affirmé que les Etats-Unis allaient « aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits », afin de développer économiquement le territoire. Il a parlé d’un projet « à long terme » et dit avoir parlé à d’autres pays dans la région qui ont « adoré » l’idée, répétant son voeu de faire de Gaza la « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».

    « Un futur Etat palestinien »

    Donald Trump avait déjà suscité l’indignation internationale en proposant de faire « tout simplement le ménage » dans la bande de Gaza et de transférer ses habitants dans des lieux « plus sûrs » comme l’Egypte ou la Jordanie.

    Il doit recevoir dans la semaine le roi de Jordanie, qui rejette « toute tentative » de déplacement des Palestiniens, et s’est déjà entretenu au téléphone avec le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. L’Egypte, frontalière de Gaza, a appelé mercredi l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, à reprendre le contrôle du territoire, d’où elle avait été chassée en 2007 quand le Hamas y a pris le pouvoir. Le Caire a également plaidé pour une reconstruction rapide, « sans que les Palestiniens quittent la bande de Gaza ».

    La Turquie a elle aussi jugé « inacceptable » le projet de déplacer la population de Gaza. L’Arabie saoudite a affirmé qu’elle « poursuivra sans répit ses efforts pour un Etat palestinien » soulignant qu’elle « n’établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela ».

    Pour la France, l’avenir de Gaza passe par « un futur Etat palestinien » et non par le contrôle « d’un pays tiers ». Pour Londres, les Palestiniens doivent pouvoir « vivre et prospérer » à Gaza et en Cisjordanie. Gaza « appartient aux Palestiniens », a pour sa part répondu Berlin aux propos de Donald Trump, tandis que l’ONU rappelé que le droit international prohibe strictement tout transfert forcé ou expulsion de population d’un territoire occupé

    En Israël, le ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich a promis ce mercredi de tout faire pour « enterrer définitivement » l’idée d’un Etat palestinien.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-le-projet-de-donald-trump-provoque-un-tolle-international-BI4T6FPRJJFP7OZRB2OTKRY7AU/

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    Publish date : 2025-02-05 14:12:00

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  • Volodymyr Zelensky prêt à négocier avec Vladimir Poutine : la réponse du Kremlin

    Le Kremlin a jugé mercredi 5 février « vides de sens » les déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s’était dit prêt la veille à des négociations directes avec son homologue russe Vladimir Poutine et d’autres dirigeants pour mettre fin au conflit. « Le fait d’être prêt doit reposer sur quelque chose […] Jusqu’à présent, cela ne peut être perçu que comme des paroles vides de sens », a déclaré à des journalistes le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

    Il a une nouvelle fois souligné que Volodymyr Zelensky a interdit par décret en octobre 2022 toute négociation tant que Vladimir Poutine serait au pouvoir en Russie, une réplique à la décision du Kremlin de revendiquer l’annexion de quatre régions ukrainiennes. « Malgré tout, nous restons ouverts aux négociations », a poursuivi Dmitri Peskov, estimant que « la réalité sur le terrain » devrait convaincre Kiev de « faire preuve d’ouverture et d’intérêt pour de telles négociations ».

    Volodymyr Zelensky a longtemps été catégoriquement opposé à tout compromis avec la Russie, mais a revu certains points de sa position ces derniers mois face aux difficultés rencontrées par son armée sur le front et surtout depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui affirme vouloir mettre fin rapidement au conflit.

    « Un compromis pour l’Ukraine »

    Interrogé sur la possibilité de négocier avec Vladimir Poutine dans un entretien diffusé mardi, Volodymyr Zelensky a assuré qu’il le ferait « si c’est la seule configuration dans laquelle nous pouvons apporter la paix aux citoyens de l’Ukraine et ne plus perdre de gens ». Il a évoqué un format avec « quatre participants », qui serait a priori l’Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l’UE.

    Précisant ses propos dans un message mercredi, le président ukrainien a assuré que le fait d’être prêt à discuter avec Vladimir Poutine était en soi « un compromis » de la part de l’Ukraine. « Poutine est un assassin et un terroriste […] Parler à un meurtrier est un compromis pour l’Ukraine et l’ensemble du monde civilisé », a-t-il indiqué, tout en admettant que les alliés de Kiev « pensent que la diplomatie est la voie à suivre ».

    Lors de cet entretien diffusé mardi, Volodymyr Zelensky a également une nouvelle fois évoqué la possibilité que l’Ukraine obtienne des armes nucléaires si elle échouait à intégrer rapidement l’Otan. Dmitri Peskov a estimé mercredi que ces déclarations étaient « à la limite de la folie », appelant les alliés de Kiev à prendre conscience des « dangers potentiels de la discussion d’un tel sujet en Europe ».

    Le porte-parole du Kremlin a aussi confirmé que « des contacts » ont lieu entre les Etats-Unis et la Russie sur des sujets précis, et que ces contacts « se sont intensifiés récemment », sans préciser davantage.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/volodymyr-zelensky-pret-a-negocier-avec-vladimir-poutine-la-reponse-du-kremlin-3BFSQ2JG4BF4PEERNRWTEEKWXI/

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    Publish date : 2025-02-05 10:43:00

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  • Attaque à Örebro : au lendemain de la pire tuerie de son histoire, la Suède attend des réponses

    « Le cauchemar est devenu réalité », écrivait ce mercredi 5 février le quotidien Dagens Nyheter. La Suède est sous le choc. Au lendemain de la pire tuerie de l’histoire du pays nordique, qui a fait dix morts dans un centre d’enseignement pour adultes à Örebro (à 200 km à l’ouest de Stockholm), de nombreuses questions restent en suspens.

    Le drame s’est déroulé en milieu de journée dans ce centre de formation réservé aux adultes préparant l’équivalent du bac. « Je me tenais [en face du centre de formation] quand j’ai vu quelques corps allongés sur le sol. Je ne savais pas s’ils étaient morts ou blessés », a témoigné mardi soir auprès l’AFP Linn M., 16 ans, scolarisée dans une école à proximité du lieu de la tuerie. « Il y avait du sang partout, des gens paniquaient et pleuraient, des parents étaient inquiets […] c’était le chaos », a-t-elle raconté, la voix tremblante.

    Un homme de 35 ans au casier judiciaire vierge

    Le roi Carl XVI Gustav et son épouse Sylvia sont attendus sur place, tout comme le Premier ministre Ulf Kristersson. Mercredi matin, le dernier bilan communiqué par la police d’Örebro faisait état de onze morts, dont l’assaillant qui se serait « très probablement » suicidé. Six personnes, toutes adultes, ont également été prises en charge à l’hôpital pour des blessures par balles. Cinq d’entre elles, trois femmes et deux hommes, ont été opérées. « Leur état est sérieux mais stable », ont indiqué les services de santé de la région. La sixième victime est, quant à elle, légèrement blessée.

    Si l’état des blessés se précise ce mercredi, le profil et les motivations du tueur restent énigmatiques. « Le motif de la fusillade n’est pas encore connu, mais tout porte à croire que l’auteur a agi seul, sans motif idéologique », ont précisé les forces de l’ordre.

    D’après cette même source, le tueur n’est pas connu de la police et n’a aucun lien avec un gang. Une piste qui avait d’abord été privilégiée alors que la Suède est secouée depuis plusieurs années par les violences entre bandes criminelles pour le contrôle du trafic de drogue.

    Selon la chaîne de télévision TV4, le domicile de l’assaillant a été perquisitionné mardi en fin de journée : l’auteur était âgé de 35 ans et avait un permis de port d’arme, ainsi qu’un casier judiciaire vierge. Le tabloïd Aftonbladet affirme de son côté, en citant des proches, que l’homme vivait reclus, n’avait pas d’emploi et s’était éloigné de sa famille et de ses amis. Une enquête a été ouverte pour « tentative de meurtre, incendie criminel et infraction aggravée à la législation sur les armes ».

    La Suède déjà endeuillée par le passé

    Quelques incidents graves ont déjà eu lieu dans des écoles en Suède ces dernières années, bien que les établissements scolaires, dont les portes sont le plus souvent grandes ouvertes, aient été jusque-là relativement épargnés par la violence. En mars 2022, un élève de 18 ans a poignardé à mort deux enseignants dans un lycée de la ville de Malmö, dans le sud du pays. Deux mois plus tôt, un jeune de 16 ans a été arrêté après avoir blessé un autre élève et un enseignant avec un couteau dans une école de la petite ville voisine de Kristianstad.

    Il y a près de dix ans, en octobre 2015, trois personnes étaient tuées lors d’une attaque à caractère raciste dans une école de la ville de Trollhättan, dans l’ouest du pays, par un assaillant armé d’un sabre, qui avait ensuite été tué par la police.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaque-a-orebro-au-lendemain-de-la-pire-tuerie-de-son-histoire-la-suede-attend-des-reponses-5VD3LO274VEPTCL2EZN7OQSLFA/

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    Publish date : 2025-02-05 11:09:00

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  • Motions de censure : le PS assume une « divergence stratégique » avec LFI

    Deux jours après avoir eu recours à l’article 49.3 sur les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale, François Bayrou affronte ce mercredi 5 février deux motions de censure, déposées par La France insoumise. Sauf coup de théâtre, le gouvernement ne devrait pas être renversé aujourd’hui : le Rassemblement national s’est prononcé contre la censure et ses conséquences pour l’économie. Tout comme les socialistes, qui après de nombreuses hésitations ont choisi de « donner un budget à la France ». Le rejet des motions de censure vaudra de fait adoption de ce dernier par l’Assemblée : jamais le budget de la France n’aura été voté aussi tardivement sous la Ve République.

    Les infos à retenir

    ⇒ La première motion de censure sera examinée à partir de 15h30

    ⇒ Eric Coquerel appelle les députés socialistes à « rompre les rangs »

    ⇒ Le RN doit officiellement décider de censurer ou non lors d’une réunion de groupe

    10h40

    Le RN veut de la « stabilité » jusqu’à la prochaine « possibilité » de dissolution

    Le RN souhaite une « stabilité » gouvernementale jusqu’à une éventuelle dissolution de l’Assemblée à partir de l’été prochain, a indiqué mercredi son vice-président Sébastien Chenu, laissant entendre que son parti ne voterait pas la motion de censure socialiste dénonçant les propos de François Bayrou sur la « submersion » migratoire.

    « Il faut de la stabilité « jusqu’à ce qu’il y ait possibilité de déclencher de nouvelles élections », c’est-à-dire un an après la dissolution de juin 2024, a souligné l’élu du Nord sur BFMTV. « Dès qu’on peut retourner devant les électeurs, il faut retourner devant les électeurs », a-t-il martelé. Mardi, le président du RN Jordan Bardella n’avait pas exclu que le gouvernement puisse « tomber demain, après-demain, dans une semaine, sur un autre sujet » que le budget, sans faire de référence toutefois à la motion de censure que compte déposer le parti socialiste une fois la séquence budgétaire achevée.

    « On a besoin d’un budget (…) on a besoin de cette stabilité », a souligné Sébastien Chenu, même s’il considère que le texte « n’est pas à la hauteur ». « Tous les budgets du gouvernement Macron seront de mauvais budgets à nos yeux », a-t-il affirmé, regrettant l’impasse sur les « grandes priorités » du parti d’extrême droite dans le texte, notamment sur l’immigration et l’Union européenne. Pour lui, des élections législatives en juin garantiront l’obtention d’une « majorité claire » à l’Assemblée nationale pour le RN.

    10h20

    Le budget égalité femmes-hommes en hausse de 20% en 2025

    L’enveloppe consacrée à l’égalité entre les femmes et les hommes dans le projet de loi de finances (PLF) 2025 est en hausse de 20%, a indiqué ce matin la ministre chargée du sujet Aurore Bergé. « On a un budget qui est en augmentation d’un peu plus de 20% parce qu’on fait face malheureusement à des violences qui perdurent dans notre société », a-t-elle déclaré sur franceinfo.

    💬 « Le budget de mon ministère augmente de plus de 20%.

    C’est la démonstration de notre engagement clair dans la lutte contre les violences faites aux femmes, notre soutien déterminé aux acteurs de terrain.

    L’aide universelle d’urgence délivrée par les CAF et MSA a déjà aidé… pic.twitter.com/hku7TsgcWA

    — Aurore Bergé (@auroreberge) February 5, 2025

    Selon le projet de loi de finances 2025, issu d’un compromis entre députés et sénateurs obtenu lors d’une commission mixte paritaire (CMP), les crédits du programme « Egalité entre les femmes et les hommes » s’élèvent à 94 millions d’euros, contre 77 millions d’euros votés dans le PLF 2024.

    09h50

    Le PS assume une « divergence stratégique » avec LFI

    Le président du groupe socialiste à l’Assemblée Boris Vallaud a assumé ce mercredi matin « une divergence stratégique » avec LFI. « Pour eux, c’est tout ou rien. Et finalement, ils préfèrent que ce soit rien pour les Français », a-t-il argumenté sur franceinfo, mettant en avant les concessions obtenues sur la non-suppression des 4 000 postes dans l’Education nationale ou le milliard supplémentaire pour l’hôpital.

    09h30

    Pas le budget qu’on espérait », regrette le patron de la CPME

    Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) Amir Reza-Tofighi a regretté ce mercredi sur RMC un budget « imparfait » qui « met l’accent sur les hausses d’impôts, les hausses de taxes et pas sur la baisse de la dépense ».

    Le patron de l’entreprise de services à la personne Vitalliance a toutefois nuancé son propos, estimant qu’on « préfère un budget que pas de budget », et redoutant que l’absence d’une loi de finance « provoque une instabilité », voire une « incertitude économique et donc une crise économique ».

    Avec ce budget « on a beaucoup d’impôts supplémentaires sur les entreprises », et « très, très peu de réduction des dépenses publiques (…). C’est juste une augmentation moins importante de la dépense publique que prévu. Moi, j’appelle pas ça la réduction des dépenses », a-t-il estimé.

    08h40

    Peu de suspense sur le choix du RN

    Censure ou non ? Le Rassemblement national prendra officiellement sa décision ce mercredi. Mais Jordan Bardella, président du parti, s’est clairement exprimé hier contre une censure « aux conséquences plus lourdes pour l’économie » que celle de Michel Barnier.

    Même si le RN avait décidé de la voter, la motion insoumise n’a aucune chance d’être adoptée après le refus des socialistes de la soutenir. 289 suffrages sont nécessaires pour une adoption.

    08h35

    Combien de voix socialistes en faveur de la censure ?

    Si l’essentiel des écologistes et communistes devraient voter pour censurer le gouvernement, les socialistes ont choisi lundi de s’abstenir, au nom de « l’intérêt général du pays ». Quelques députés pourraient toutefois braver la consigne, anticipent des sources internes au groupe. Le 16 janvier dernier, huit députés du parti à la rose avaient ainsi soutenu la première motion de censure contre François Bayrou, sur 66 élus au Palais Bourbon.

    Sur CNews/Europe 1, le député LFI Eric Coquerel a d’ailleurs appelé ce mercredi matin les députés socialistes « à rompre les rangs ». « On a pris un engagement devant les électeurs. Là, nous allons permettre au macronisme de perpétuer [son action]. Ceux qui ne votent pas la censure rompent leurs engagements », a déclaré le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale.

    LFI/PS : « Ceux qui ne votent pas la censure trahissent leurs engagements » déclare @ericcoquerel #LaGrandeITW #Europe1 pic.twitter.com/xbtnUzVWfk

    — Europe 1 (@Europe1) February 5, 2025

    08h30

    Deux motions de censure et un nouveau 49.3 au menu du jour

    La première motion de censure déposée par La France insoumise, celle contre le 49.3 utilisé par François Bayrou pour faire adopter sans vote le projet de budget de l’État pour 2025, sera examinée à l’Assemblée nationale à partir de 15h30. En fin d’après-midi, les députés examineront une deuxième motion de censure, contre le 49.3 déclenché cette fois sur le budget de la Sécurité sociale.

    Dans cette journée chargée, François Bayrou devrait ensuite déclencher un autre 49.3, toujours sur le budget de la Sécurité sociale, qui avait coûté son poste à Michel Barnier. Un autre 49.3 est encore attendu, sur la troisième partie du texte, en fin de semaine ou en début de semaine prochaine.





    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/budget-2025-francois-bayrou-face-a-deux-motions-de-censure-vouees-a-lechec-SRJXZFREGVFGBPIUUBULFFICT4/

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    Publish date : 2025-02-05 09:49:00

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  • Automobile : la fusion Nissan-Honda ne devrait finalement pas avoir lieu

    Le constructeur automobile japonais en difficulté Nissan a décidé de mettre fin aux négociations sur un projet de fusion avec son compatriote plus robuste Honda, a affirmé ce mercredi 5 février le quotidien financier japonais Nikkei, des informations qui ont entraîné un effondrement du titre Nissan à la Bourse de Tokyo.

    Honda, géant japonais du secteur, et Nissan, son rival en sérieuses difficultés financières, avaient ouvert en décembre ces discussions en vue d’une fusion pouvant donner naissance en 2026 au troisième constructeur mondial. La perspective alors esquissée était de regrouper les deux groupes au sein d’une holding unique, avec une seule cotation en Bourse. Des détails étaient attendus courant février.

    Une filiale plutôt qu’une fusion ?

    Mais plusieurs médias japonais ont rapporté dès mardi que Honda envisageait finalement d’acquérir les actions de Nissan pour le transformer en simple filiale. Un scénario inacceptable pour Nissan, soucieux de préserver son autonomie et qui a préféré interrompre les discussions, a rapporté mercredi le quotidien financier Nikkei.

    « Les deux entreprises avaient discuté d’une structure de holding, mais n’ont pas pu se mettre d’accord sur des conditions telles que le ratio d’intégration », a indiqué le Nikkei. « Honda a (ensuite) approché Nissan avec une proposition visant à en faire une filiale : Nissan a décidé de mettre fin aux négociations, en raison d’une forte opposition au sein de l’entreprise », a-t-il ajouté.

    Nissan s’effondre en Bourse

    La publication de ces informations a ébranlé les marchés : en milieu d’après-midi, l’action Nissan chutait de 4,86 %, avant que l’opérateur boursier ne suspende les échanges sur le titre dans l’attente d’une « confirmation » des informations de presse. A l’inverse, vers 07h00 heure française, le titre Honda bondissait de 12 %, avant de terminer en hausse de 8,18 %.

    « Cet article n’est pas basé sur des informations fournies par Nissan. Nous projetons de finaliser (notre position) d’ici mi-février, nous ferons une annonce à ce moment-là », a commenté Nissan. Le groupe publiera ses résultats trimestriels le 13 février. Contacté plus tôt, Honda n’avait pas souhaité réagir.

    La proposition d’une transformation en filiale rend la fusion « presque impossible » car un tel scénario ne peut satisfaire les actionnaires d’aucune des deux parties, a confié au quotidien Yomiuri, sous couvert d’anonymat, un responsable de Nissan.

    Rapprochement providentiel

    L’objectif du projet était d’associer les forces de Honda et Nissan pour négocier le virage stratégique de l’électrique, un créneau dominé par l’américain Tesla et les constructeurs chinois, BYD en tête, et où les groupes nippons sont très en retard.

    Ce rapprochement était perçu comme providentiel pour Nissan : fortement endetté, il avait essuyé sur juillet-septembre une perte inattendue et sa marge opérationnelle avait quasiment fondu. Sur ses deux marchés-clés, ses ventes ont plongé : aux Etats-Unis, faute de commercialiser des hybrides rechargeables face à une forte demande, et en Chine, en raison de la domination des marques locales sur le tout-électrique. Sous pression, il a annoncé supprimer 9 000 postes dans ses effectifs mondiaux et tailler dans ses capacités.

    « Il ne s’agit pas de porter secours » à Nissan, avait cependant souligné devant la presse en décembre Toshihiro Mibe, patron de Honda, qui posait comme préalable la concrétisation par Nissan de son plan pour réduire ses coûts et relancer ses ventes. Signe de sa vulnérabilité : le géant taïwanais de l’assemblage électronique Foxconn (Hon Hai) l’avait approché à l’automne pour acquérir une participation majoritaire, selon la presse japonaise, ce qui avait précipité l’ouverture de négociations avec Honda.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/automobile-la-fusion-nissan-honda-ne-devrait-finalement-pas-avoir-lieu-6267B2YJ2JBJDGSADXFYMWBYLE/

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    Publish date : 2025-02-05 08:51:00

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  • Intelligence artificielle : Mistral, le dernier espoir de l’Europe face à OpenAI et DeepSeek

    Un vent frais a saisi les équipes de la start-up française Mistral, fin janvier. Ce n’était pas la météo. Un nouveau concurrent chinois jusqu’ici méconnu a mis en ligne des modèles de langage dont les performances égalent ceux du leader, l’américain OpenAI, le père de ChatGPT. DeepSeek, c’est son nom, a surtout accompli cette prouesse à un coût minime. La découverte a déclenché une petite tempête dans la tech américaine, qui a effacé environ 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière en une journée, le 27 janvier. Elle a aussi suscité l’interrogation autour de l’Europe et de son champion Mistral. Car ce « moment DeepSeek » aurait pu être le sien.

    Cette brise stimulante, la pépite française la connaît bien pour l’avoir soufflé lors de sa création, il y a dix-huit mois. Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix ont lancé Mistral AI avec l’objectif de concurrencer le leadership américain sur la taille et l’efficacité des modèles, la course à la performance pure étant plus risquée en raison d’un déficit de financement et d’accès aux meilleures puces IA. Un pari remarqué dans le monde entier. « L’avantage initial de Mistral est de combiner de solides performances dans un modèle plus petit, ce qui permet de le déployer pour de nombreux usages », explique Daniel Castro, vice-président de l’Itif, un groupe de réflexion basé aux Etats-Unis. Mais DeepSeek est allé un cran plus loin dans l’optimisation des coûts. Un tournant majeur pour le déploiement de l’IA.

    Mistral n’est plus le meilleur joueur non américain. « Bravo », a reconnu avec fair-play Arthur Mensch, sur X. Le « moment DeepSeek » n’est, du reste, pas qu’une pirouette technique. Il ridiculise le super projet américain Stargate sur l’IA, doté de 500 milliards de dollars. DeepSeek émerge enfin alors que la France et l’Europe tentent de se placer au centre du jeu en organisant un sommet international. A Paris, Mensch devait être l’une des stars avec Sam Altman, d’OpenAI. Un duo auquel il faut désormais ajouter l’ombre de Liang Wenfeng, l’homme du « moment ».

    « Commoditisation »

    En théorie, Mistral semble pris en étau entre ces deux personnalités incarnant pour l’une la révolte de l’ingénierie chinoise ralentie par les restrictions sur les puces, et pour l’autre le gigantisme américain. Mais DeepSeek a publié ses recettes en open source. Tout le monde peut les copier, dont Mistral, qui a aussi l’habitude du partage. « L’équilibre des forces est bouleversé, au profit d’acteurs alternatifs open source », assure à L’Express Audrey Herblin-Stoop, la porte-parole de la start-up tricolore. « Rien n’est joué », a martelé dans la même veine la ministre chargée du Numérique et de l’Intelligence artificielle, Clara Chappaz.

    L’Europe peut y voir un double avantage. La valeur des modèles diminue, puisqu’ils sont faciles à produire et de moins en moins cher à utiliser. Les analystes appellent cela la « commoditisation ». La prochaine bataille se mènera donc dans le conseil aux entreprises et la création de modèles spécifiques pour des cas d’usages précis dans l’industrie, la santé ou l’éducation. Un terrain que l’Europe maîtrise. Certains en viennent, dans ce contexte, à minimiser l’importance de Mistral. « Devons-nous vraiment continuer à en faire le centre de notre attention ? La course aux modèles grand public n’est pas la plus intéressante », observe Raphaël Pouyé, cofondateur de la société de conseil Plurall et enseignant à Sciences Po.

    « Cette commoditisation n’est pas pour tout de suite », tempère Adina Yakefu, chercheuse en IA et spécialiste de l’open source chinois chez Hugging Face. DeepSeek n’invalide pas les besoins en grands modèles de pointe. En vérité, il les « distille », afin d’améliorer les siens. Et l’innovation reste principalement américaine : OpenAI vient à nouveau de repousser les frontières, début février, avec un nouvel outil de « recherche approfondie » capable de trouver de manière indépendante une multitude d’informations et fournir un travail d’analyse. « Il faut donc toujours des chercheurs pour créer des grands modèles complexes », note un connaisseur des activités de Mistral.

    Garder un savoir-faire est essentiel. Le champion français le possède, ce qui est reconnu sur le Vieux Continent. Par les investisseurs, avec plus de 1 milliard d’euros levé. Par le pouvoir politique, en particulier Emmanuel Macron. Par l’écosystème tech français, Xavier Niel (Iliad) et Rodolphe Saadé (CMA CGM) en tête. Par les grandes puissances technologiques mondiales telles que Microsoft et Nvidia, partenaires de business. Et par le monde de l’IA : Mensch, Lample et Lacroix combinent excellence académique à la française et expérience. « Ils ont l’une des meilleures équipes au monde », souffle un analyste.

    Le Chat discret

    Un bien précieux pour l’UE. Pour sa souveraineté, sa sécurité. L’échange de données avec les Etats-Unis est de plus en plus contrôlé. DeepSeek est largement censuré par le Parti communiste chinois et pose également des questions de confidentialité. L’Europe, qui tente actuellement de se réveiller face à l’agressivité du duo Trump-Musk, compte plus que jamais sur son fleuron. Le récent partenariat de Mistral avec l’AFP, la plus grande agence de presse française – et parmi les plus importantes du monde –, est un signal positif sur son respect des valeurs et de l’éthique chère aux législateurs européens. La start-up, en retour, attend encore plus de simplification, notamment sur la régulation et la mise en œuvre de l’IA Act.

    Persiste, pour elle, le casse-tête du modèle économique. « Avant, la valeur dans l’IA était associée aux grands modèles. Maintenant, à des produits comme ChatGPT ou DeepSeek. Or, celui de Mistral n’est pas bien identifié », cingle Tariq Krim, créateur du club de réflexion Cybernetica. Son agent de conversation Le Chat tente de remédier à cette critique. Même si, contrairement à ses deux rivaux, il n’est pas disponible via une application mobile. Mistral insiste en parallèle sur ses forces, auprès des entreprises et des développeurs : « Le contrôle, la personnalisation et le multilinguisme », résume Audrey Herblin-Stoop. Ses revenus se monteraient à plusieurs dizaines de millions de dollars par an, grâce à quelques jolis contrats avec des firmes réputées comme IBM, Mars ou bien SAP, relate le Financial Times. Mais la start-up regarde avec envie les points de passage d’OpenAI, qui un an après la sortie de ChatGPT tutoyait déjà le milliard de dollars. Ce changement d’échelle lui serait bien utile. Les levées de fonds plafonnent vite en Europe. L’Allemand Aleph Alpha, qui a préféré abandonner la course aux grands modèles par manque de cash, peut en témoigner.

    L’entrée en Bourse est aussi, à terme, une possibilité. Mensch l’a évoqué sur Bloomberg TV. Pour couper court, surtout, aux rumeurs de vente qui entourent l’entreprise. Avant elle, d’autres pépites européennes ont été avalées par la Big Tech américaine, comme Inflection AI. Voilà le scénario redouté. Au moins autant que celui de devenir une « copie » tiède et moins performante de ce qui se passe outre-Atlantique. Un genre de Qwant, ce « Google européen » qui n’a jamais décollé. Mistral revendique des ambitions mondiales. Aux Etats-Unis, d’abord, où la start-up a ouvert un bureau dans la Silicon Valley : l’adoption de l’IA par les entreprises y est plus importante qu’en Europe. L’entreprise se déploie également en Asie, depuis Singapour. Le globe est vaste. Ne pas être américain ou chinois est un atout. « Dans le Golfe, des partenariats sont possibles avec des firmes et des gouvernements qui refusent la rivalité entre les deux superpuissances », pointe un proche de Mensch. De bonnes braises, sur lesquelles Mistral devra souffler.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/intelligence-artificielle-mistral-le-dernier-espoir-de-leurope-face-a-openai-et-deepseek-VLNTFL3EHJCR3DWZHUUIPV3PLQ/

    Author : Maxime Recoquillé

    Publish date : 2025-02-05 07:00:00

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  • « L’Attachement », « Le Mohican » : de l’importance des méchants au cinéma

    Dès les premières minutes de L’Attachement, c’est le drame. Alors que Sandra (Valeria Bruni Tedeschi) est chez elle, tranquille, les voisins sonnent à la porte, affolés : ils doivent aller à l’hôpital de toute urgence pour accoucher, et comme ils ne savent pas quoi faire de leur petit Elliot (César Botti) : « Tu avais dit que tu pouvais le garder… – J’ai dit ça, moi ? » Et voilà comment Sandra se retrouve avec un môme sur les bras, obligée de l’emmener au boulot (elle est libraire), car les parents ne sont toujours pas rentrés de l’hôpital. Et pour cause, elle est morte. Sans doute pris par l’émotion, je n’ai pas bien compris si c’était le bébé ou la maman qui était morte. Mais c’est peut-être la réalisatrice, Carine Tardieu, qui l’a fait exprès, pour le suspense. Quand on voit revenir Alex (Pio Marmaï) tenant le bébé dans ses bras, le doute n’est plus permis. Scènes déchirantes après scènes déchirantes, la vie reprend ses droits, une famille se reconstitue. L’orphelin s’est attaché à Sandra, c’est réciproque, et son père en pince aussi pour elle. Mais Sandra refuse de consoler le veuf dans ce qui ressemblerait par trop à une (in) version de La Fessée de Brassens… Il n’y aura donc pas de caresse au troisième coup. Dommage, on aurait vu enfin les fesses de Pio, alors que là, on le voit seulement faire l’excellent acteur qu’il est, crédible en larmes, et faire le poids en face de l’inégalable Valeria dans la chambre de qui personne n’est jamais entré.

    La surprise, le deus ex machina de ce mélo de bonne facture, c’est l’arrivée de David (Raphaël Quenard) le père biologique d’Elliot. Eh oui, Alex n’est pas plus le père d’Elliot que Sandra n’est sa mère de substitution. Cette place est revendiquée par la déesse ex machina, Emilia (Vimala Pons) vers laquelle Alex s’est tourné après s’être pris le râteau que l’on sait avec Sandra. On a cru un moment que David serait le méchant, Raphaël Quenard a la gueule de l’emploi, mais finalement, lui aussi c’est un type bien. C’est ce qui manque au film : un salaud, un vrai et jusqu’au bout. Ou une salope. Personne ne se décide à endosser le rôle dans cette famille intelligente. J’ai jamais vu ça.

    Paradoxes

    Avec Le Mohican, Frédéric Farrucci a fait un vrai western. Les bons d’un côté, les méchants de l’autre, et qui tirera bien tirera le dernier. J’adore ce film. Ça se passe en Corse. En prégénérique, les limites de la beauté de l’île sont fixées par le gros plan d’un vieux Corse qui raconte : « Ces terres-là, on les donnait aux filles, tellement ça ne valait rien. » Tout est dit. Le cinéma peut commencer, avec ses paradoxes : c’est aussi l’arriération culturelle qui aura préservé l’île du désastre monégasque, niçois, cannois, tropézien, sans oublier La Grande-Motte.

    Le subtil et costaud Alexis Manenti incarne le rôle de Joseph Cardelli, berger résistant à gentrification du littoral. Il est tellement splendide le paysage où il emmène ses chèvres qu’on rêve de son fromage. Et on renonce au fantasme hideux d’une maison avec piscine et vue sur la mer. La haine du béton reste abstraite tant qu’on ne montre pas ce qu’il gâche, détruit. A jamais.

    Le Mohican, c’est le nom de cette dernière parcelle de sauvagerie que Joseph Cardelli s’acharne à défendre. Parce que c’est sa vie. Et celle de Marc, le vétérinaire, interprété par Marc Memmi, vétérinaire dans la vraie vie, et corse, et excellent acteur dans son propre rôle : il va sauver la vie de notre héros en cavale, blessé par les brutes, les truands. Le bon, c’est le véto, celui qui s’est levé tôt, si je peux me permettre. Sept ans plus tôt, Farrucci a réalisé un documentaire sur Marc. On peut le regarder avec grand profit sur YouTube, il montre le travail de ce vétérinaire, berger à ses heures, sorte d’athlète amoché (il lui manque une oreille). C’est toujours édifiant de voir ce qui a servi à nourrir une fiction. En l’occurrence, ça explique pourquoi ce beau western tient debout.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/lattachement-le-mohican-de-limportance-des-mechants-au-cinema-CABPBUQGDVC23FV6HGHWREHANI/

    Author : Christophe Donner

    Publish date : 2025-02-05 05:50:00

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  • Algérie : économie, inégalités, répression… La fragile situation intérieure du pays

    Depuis plusieurs mois, les tensions entre la France et l’Algérie sont au plus haut. Une illustration de la crise globale que traverse Alger ces dernières années, entre affaiblissement sur la scène diplomatique, difficultés économiques et contestation du pouvoir en place.

    Les données sur l’économie algérienne peuvent surprendre. Le pays figure dans le top 3 des puissances économiques d’Afrique en 2024, quand on regarde le produit intérieur brut. En première position, il y a l’Afrique du Sud, suivie de l’Egypte. Et l’Algérie est sur la troisième marche.

    Elle est également un important producteur de pétrole, membre de l’Opep : c’est le 3e producteur en Afrique derrière le Nigeria et l’Angola, et le 11e exportateur à l’échelle mondiale On peut ajouter que l’Algérie est à la 4e place des économies les plus fortes des pays arabes en 2024, son PIB a connu une croissance de plus de 4 % en 2023, c’est aussi le premier producteur africain de gaz.

    Bref les chiffres sont alléchants… mais ils cachent une réalité économique plus complexe, et surtout dans un pays où la démocratie est très fragile…

    Pour aller plus loin

    Qui gouverne réellement en Algérie ? Entre le président Tebboune et l’armée, enquête sur une entente instable

    Pierre Vermeren : « Les services français redoutent que l’Algérie bascule dans le chaos »

    Affaire Boualem Sansal : la France dans l’impasse face aux « ultras » du régime algérien

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    Publish date : 2025-02-05 05:00:00

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  • Hal Brands : « La diplomatie de Donald Trump, c’est menacer de tirer sur l’otage… »

    En 1904, Halford Mackinder, fondateur de la géopolitique, annonçait une nouvelle ère succédant aux grandes conquêtes. Celle-ci serait selon lui marquée par la confrontation entre des puissances de la terre et de la mer pour le contrôle de l’Eurasie. Dans The Eurasian Century (W.W. Norton & Company), qui vient de paraître en anglais, Hal Brands met à jour cette théorie et montre comment la lutte pour la domination sur ce super-continent a marqué le XXe siècle, avec des chocs entre des puissances autoritaires expansionnistes, comme l’Allemagne, et une coalition de pays en partie démocratiques autour des Etats-Unis. « La lutte pour la masse continentale eurasienne et les mers qui l’entourent est le trait caractéristique des relations internationales dans l’ère moderne. C’est le creuset dans lequel s’est forgé le monde contemporain. Et cette lutte fait rage, une fois de plus, aujourd’hui », écrit-il. Pour le professeur à la Johns Hopkins School of advanced international studies et chercheur à l’American Enterprise Institute, les Etats-Unis et l’Europe peuvent aujourd’hui tirer de précieux enseignements du XXe siècle pour faire face à la « forteresse eurasienne » constituée par des régimes autoritaires comme la Chine, la Russie ou l’Iran.

    Dans un grand entretien accordé à L’Express, il explique pourquoi les démocraties doivent se préparer à une période de confrontations extrêmement « périlleuse » face aux ambitions de Xi Jinping et Vladimir Poutine. Il analyse aussi les premiers pas tonitruants de Donald Trump et les risques que fait peser le nouveau président des Etats-Unis sur le système d’alliances américain, pourtant indispensable face à la Chine et la Russie.

    L’Express : En quoi la lutte pour la suprématie sur le territoire eurasien constituerait-elle la clé des relations internationales au XXe siècle, mais aussi au XXIe siècle ?

    Hal Brands : J’ai commencé le livre après l’invasion de l’Ukraine et l’annonce par Xi Jinping et Vladimir Poutine de leur « amitié sans limites ». Ces dernières années, on a observé une compétition pour modifier l’équilibre du pouvoir dans des régions clés de l’Asie, de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient. Tout ça fait partie d’une compétition plus large entre des Etats qui se considèrent comme les défenseurs de l’ordre international et ceux qui veulent le réviser, le perturber ou le renverser. J’ai cherché à mettre cela perspective en regardant les conflits passés quand l’équilibre des pouvoirs en Eurasie avait été bousculé, et tenté d’en tirer des leçons pour aujourd’hui.

    Vous vous basez sur les écrits du géographe britannique Halford Mackinder (1861-1947), l’un des pères fondateurs de la géopolitique. En quoi, malgré des positions racistes, Mackinder a-t-il été selon vous visionnaire sur l’évolution des relations internationales ?

    Mackinder n’était pas ce qu’on appellerait de nos jours un progressiste. Il était un fervent impérialiste britannique, avec des positions rétrogrades sur le plan racial. C’était un homme de son temps de ce point de vue. En revanche, il a été en avance en voyant qu’au début du XXe siècle, on passait d’une période historique à une autre. L’ère précédente avait été marquée par l’expansion des puissances européennes. Les révolutions technologiques et les avancées en matière de vapeur ou de navigation avaient permis aux Européens de conquérir une grande partie du monde, Amérique, Afrique et Asie. Mais cette ère s’est achevée quand les Européens ont colonisé tout ce qu’ils pouvaient. De manière croissante, le système international allait donc, selon Mackinder, être marqué par des confrontations entre les grandes puissances, plutôt qu’entre ces grandes puissances et des sociétés moins développées.

    Mackinder a présenté sa célèbre conférence intitulée « Le pivot géographique de l’histoire » en 1904, au moment où la Russie achevait le Transsibérien. Il devenait alors plus facile de déplacer de larges armées à travers l’Eurasie, comme c’était le cas du temps de Gengis Khan et des invasions mongoles. La prédiction de Mackinder, c’est que cette nouvelle ère des relations internationales serait dominée par des chocs en Eurasie, et que des Etats agressifs tenteraient d’accéder à une hégémonie sur ce territoire, s’en servant pour une projection mondiale. Selon lui, ces Etats eurasiens se confronteraient à des puissances maritimes, et notamment le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Mackinder s’est trompé sur certaines choses. Il se focalisait sur la Russie, alors que durant la première partie du XXe siècle, les plus grands défis pour les démocraties ont été posés par l’Allemagne et le Japon. Mais il avait raison en estimant que ce siècle serait défini par des chocs titanesques pour prendre le contrôle de l’Eurasie.

    La Première Guerre mondiale est souvent considérée comme une guerre stupide entre nationalismes. Vous estimez au contraire que c’est la conséquence des volontés expansionnistes d’une Allemagne illibérale…

    Aux Etats-Unis s’est développée une école qui estime que la Première Guerre mondiale est presque un accident, et qu’elle a eu lieu sans bonnes raisons. Je pense que c’est faux. La question fondamentale de ce conflit était de savoir si l’Allemagne allait être capable d’établir un empire illibéral allant de la Manche jusqu’au Caucase. La coalition entre la France, le Royaume-Uni, la Russie puis les Etats-Unis a tenté d’empêcher cela. Nous oublions que l’Allemagne, en 1917 et au début 1918, avait rempli une grande partie de cet objectif. Français et Britanniques étaient alors sous pression et la Russie, après la Révolution russe, a signé un armistice. Ce n’est que quand les Etats-Unis sont effectivement entrés dans le conflit que les puissances occidentales ont réussi à inverser les conquêtes allemandes.

    Au XXe siècle, les démocraties ont toujours fini par l’emporter face à des puissances illibérales, comme l’Allemagne impériale, l’Allemagne nazie ou l’Union soviétique durant la guerre froide. N’est-ce pas bon signe quand on considère la situation actuelle ?

    Cela incite à l’optimisme, mais nous ne devrions pas considérer que tout finira par bien se passer. Durant le XXe siècle, avec les deux guerres mondiales puis la guerre froide, des coalitions menées par des démocraties libérales ont fini par l’emporter face à des puissances expansionnistes qui tentaient d’obtenir le contrôle sur l’Eurasie. Mais ces chocs ont causé de nombreux morts et catastrophes. Ensuite, ces victoires n’avaient rien d’inéluctables. Durant la Première Guerre mondiale, l’Allemagne avait une réelle possibilité de gagner. Durant la Seconde, jusqu’en 1942, les puissances de l’Axe étaient en position favorable. De même, il y a plusieurs moments, surtout au début, où la guerre froide a semblé basculer en faveur de l’Union soviétique. Il a fallu un effort considérable, mais aussi de la chance, pour que les démocraties l’emportent. Ne l’oublions surtout pas face aux défis actuels !

    L’alliance entre la Chine et la Russie ne durera pas éternellement

    Pourquoi nommez-vous « forteresse eurasienne » l’alliance actuelle entre la Russie de Vladimir Poutine, la Chine de Xi Jinping et l’Iran chiite ?

    Je l’ai appelée « forteresse eurasienne » pour rappeler que la géographie compte. Il est plus aisé pour des Etats de coopérer s’ils partagent des frontières communes, ou comme c’est le cas entre l’Iran et la Russie, s’ils sont liés par une mer intérieure, la Caspienne. C’est plus facile pour faire des échanges et contourner des sanctions internationales. Non seulement ces autocraties s’alignent car elles ont des objectifs communs pour remettre en cause l’ordre international, mais en plus la géographie les aide.

    Contrairement à la Chine, la Russie ne peut plus selon vous aspirer à une hégémonie globale, mais elle peut toujours faire beaucoup de dégâts…

    Nous avons vu les limites du pouvoir russe en Ukraine. Les Russes mènent cette guerre depuis trois ans et ont conquis environ 20 % du territoire ukrainien, mais pour cela, ils ont payé un prix énorme. C’est cependant une erreur de réduire la Russie à une simple puissance déclinante, ou même à un pouvoir régional. Elle est toujours capable de mener des guerres d’agression si choquantes qu’elles peuvent déstabiliser l’ordre international. Et Moscou peut encore semer le chaos dans d’autres régions du monde, comme en Afrique subsaharienne. La Russie est donc toujours une force disruptive, même si, contrairement à la Chine, elle n’a plus les moyens d’être le leader d’un ordre mondial alternatif.

    A quel point cette alliance entre la Russie et la Chine peut-elle durer ? En tant que pays voisin partageant une frontière de plus de 4 000 kilomètres, la Russie ne serait-elle pas la première victime d’une politique expansionniste chinoise ?

    Cette alliance ne durera pas éternellement, car si la Chine réussit à atteindre les ambitions de Xi Jinping, elle menacera sans doute encore plus la Russie que les Etats-Unis ou les pays occidentaux. Le problème, c’est que cela n’arrivera pas tout de suite. A court terme, la Chine et la Russie ont des intérêts communs forts. Toutes les deux veulent réviser le système international et voient les Etats-Unis et leurs alliances comme la première limite à leurs ambitions. Toutes les deux sont des régimes autocratiques qui ne se sentent pas à leur aise dans un monde mené par des pays démocratiques et leurs alliés. De surcroît, il y a une vraie relation personnelle entre Xi Jinping et Vladimir Poutine. Cela pourrait évoluer. Mais pour l’instant, nous devons partir du principe que cet alignement sino-russe sera un fait majeur des relations internationales dans les années à venir.

    On savait que les alliances ne comptaient guère pour Donald Trump. Mais pour son retour la Maison-Blanche, le président américain a franchi un pas supplémentaire en réclamant le Groenland au Danemark ou en ciblant le Canada et le Mexique à travers un chantage douanier. Est-ce la fin de l’alliance occidentale menée par les Etats-Unis ?

    C’est trop tôt pour le dire. Trump ne voit pas le monde comme étant divisé entre démocraties et autocraties. Il ne se considère pas comme le gardien d’un ordre international que les Etats-Unis et leurs alliés ont maintenu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il envisage le monde comme un jeu à somme nulle.

    Si Trump affaiblit l’alliance atlantique, nous serons dans une situation bien pire qu’avant.

    A partir de là, on peut envisager deux scénarios. Dans le premier, Trump mène des politiques disruptives qui, au final, peuvent quand même renforcer le système international dont il a hérité. S’il fait pression pour renégocier avec l’Otan de telle façon que les Etats européens dépensent plus pour leur défense, cela pourrait renforcer la communauté démocratique, même s’il y aura beaucoup de secousses en chemin. De la même façon, en ce qui concerne les positions de Trump sur le Groenland et Panama, on peut se dire que la sécurité de l’hémisphère occidental est menacée par les actions de puissances autocratiques, en particulier la Chine, et que les Etats-Unis ont des doutes sur la capacité du Danemark ou du Panama à lutter contre ces influences. On peut imaginer que si Trump fait des déclarations fracassantes, à la fin, il se satisfera d’un accord renforçant les intérêts stratégiques des Etats-Unis.

    En revanche, dans un scénario plus inquiétant, les Etats-Unis prennent des mesures coercitives contre des alliés pour renforcer leur position dans la sphère occidentale. Ce qui fait qu’il serait impossible pour les pays occidentaux de protester quand la Russie et la Chine mèneront des actions similaires dans leur propre sphère d’influence. Si Trump affaiblit l’Otan, nous serons dans une situation bien pire qu’avant. Mais nous n’en sommes qu’à deux semaines de sa nouvelle administration, et il est dur de prédire comment tout cela se finira. Une chose est certaine : les bouleversements possibles sont nettement plus importants qu’avec un autre président américain…

    A quel point les alliances entre Etats démocratiques, mais aussi avec d’autres pays plus autocratiques, ont-elles été la clé afin de contenir les puissances rivales qui visaient à une hégémonie ?

    Depuis la Première Guerre mondiale, et encore plus avec la Seconde Guerre mondiale, le cœur de ces alliances a toujours été constitué par des pays démocratiques. Mais des Etats non démocratiques ont aussi joué un rôle essentiel pour maintenir l’équilibre des pouvoirs en Eurasie. C’était évidemment le cas avec l’Union soviétique, qui a joué un rôle décisif durant la Seconde Guerre mondiale face à l’Allemagne nazie. Mais durant la guerre froide, les Etats-Unis ont aussi dû s’allier à des dictateurs. Aujourd’hui, c’est encore une fois inévitable. Il n’y a aucun équilibre possible au Moyen-Orient qui n’implique pas une collaboration avec les monarchies du Golfe. Il n’y a aucune façon de limiter la puissance de la Chine en Asie sans s’appuyer sur l’Inde, le Vietnam ou d’autres pays qui ne sont pas des démocraties libérales. Ces compromis stratégiques sont inévitables. Les Etats-Unis doivent ainsi tout faire pour maintenir un système international favorable aux valeurs démocratiques. Mais cela nécessitera forcément des alliances tactiques avec des régimes non démocratiques.

    Donald Trump pourrait-il réellement laisser l’Europe seule face à la Russie ?

    A mon avis, Trump ne quittera pas des alliances formelles comme l’Otan. Sa diplomatie consiste à menacer de tirer sur l’otage pour obtenir des concessions, sous la forme d’avantages commerciaux ou de hausse des dépenses militaires. S’il quitte réellement l’Otan, il perd tout levier sur les pays européens. Pour moi, un danger plus important est que Trump dévalorise cette alliance, en ne respectant par exemple par l’article 5 du traité de l’Otan qui stipule qu’une attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous.

    Quelle sera sa position par rapport à la Chine ?

    Trump veut obtenir un deal qui réinitialisera les relations économiques entre les Etats-Unis et la Chine. Pour cela, il va utiliser des moyens de pression comme la hausse des droits de douane. Parmi ses conseillers, il est entouré par des « faucons » qui considèrent la Chine comme la menace la plus sérieuse pour l’Amérique. D’un point de vue structurel, de nombreux facteurs géopolitiques et idéologiques poussent également à une plus grande confrontation entre les deux superpuissances. Mon pronostic est ainsi : Trump va tout faire pour arriver à une négociation favorable avec Xi Jinping, mais à la fin, la rivalité sino-américaine s’intensifiera durant les quatre prochaines années.

    Donald Trump a entretenu le doute sur sa défense de Taïwan face à une possible invasion chinoise. Xi Jinping pourrait-il profiter de son mandat pour lancer une attaque militaire ?

    Xi Jinping ne prendra ce risque que s’il est certain de réussir sur le plan militaire et qu’il a épuisé les autres options. Si Trump tente de trouver une forme de deal autour de Taïwan, il sera plus efficace pour la Chine d’adopter des séries de mesures incrémentielles, jusqu’à un embargo autour de l’île. Cela lui permettrait de démontrer aux Taïwanais que les Etats-Unis ne seront pas nécessairement derrière eux en cas de crise, ce qui affaiblirait la volonté de résistance de la population.

    Votre livre s’avère sombre quant à l’avenir. Un conflit global n’est selon vous plus à exclure…

    Nous nous dirigeons vers une période périlleuse, dans laquelle il y aura des tensions fortes et peut-être des conflits dans des régions clés. Une guerre a éclaté en Ukraine en 2022, une autre au Moyen-Orient en 2023. Il nous faut prendre conscience que cela risque de devenir la norme plutôt que l’exception. Cela ne signifie pas qu’une troisième guerre mondiale soit inévitable. Mais il nous faudra faire bien plus d’efforts pour préserver un système international qui a été bénéfique à tant de pays dans le monde depuis des décennies.

    La « forteresse eurasiatique » constituée par Chine, la Russie ou l’Iran n’est-elle pas plus faible qu’on ne le pense ? L’Iran a été nettement affaibli depuis le 7 Octobre, l’économie russe est en surchauffe, et même la Chine a fait preuve de faiblesses économiques inattendues depuis le Covid-19…

    Les régimes autocratiques sont souvent plus faibles qu’ils peuvent le laisser paraître. Ces derniers mois, il y a effectivement eu de bonnes nouvelles. L’ »axe de résistance » iranien a considérablement été affaibli au Moyen-Orient. Mais il y en a eu aussi de mauvaises. Le régime de Poutine a fait preuve de plus de résilience qu’on ne le pensait en 2022 et 2023. D’un point de vue occidental et ukrainien, la guerre a pris une mauvaise tournure depuis plus d’un an. Nous devons avoir confiance dans la force et la compétence des pays démocratiques. Mais nous ne devons pas être naïfs en pensant que tous nos ennemis vont s’effondrer par eux-mêmes.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/hal-brands-la-diplomatie-de-donald-trump-cest-menacer-de-tirer-sur-lotage-FBLHWN24X5ALTASVOETTNTFQOU/

    Author : Thomas Mahler

    Publish date : 2025-02-04 15:57:00

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  • En Allemagne, l’erreur historique du futur chancelier Friedrich Merz

    Mais quelle mouche a piqué Friedrich Merz ? Favori des prochaines élections législatives, le 23 février, le chef du parti conservateur (CDU) aurait pu se contenter de gérer sa confortable avance dans les sondages. Mais en faisant voter, le 29 janvier, une motion visant à limiter l’immigration, ce député de 69 ans a provoqué un séisme politique qui pourrait le fragiliser avant même son arrivée à la Chancellerie. Rejetées par ses adversaires politiques, ses propositions (contrôles permanents aux frontières, refoulement des demandeurs d’asile sans papier) n’ont été adoptées qu’avec les voix de l’AfD (Alternative für Deutschland). Un choc absolu. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un texte a été voté outre-Rhin grâce à l’extrême droite. Jusqu’à présent, aucun parti n’avait encore rompu le « cordon sanitaire ».

    Pourquoi prendre un tel risque, à trois semaines du scrutin ? « Merz voulait reprendre la main sur la campagne, notamment sur la question migratoire, juge Paul Maurice, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes. Le meurtre de deux Allemands par un Afghan, la semaine dernière, à Aschaffenbourg, en Bavière, a certainement joué un rôle déclencheur. » En outre, Merz connaît ses électeurs, 2 sur 3 estiment qu’il ne faut pas laisser l’AfD labourer seule le terrain migratoire. En même temps, il n’ignore pas que 72 % d’entre eux veulent conserver le cordon sanitaire. Il a donc – sciemment – joué avec le feu.

    Un précédent fâcheux

    Mais en voulant « gratter » des voix à l’extrême droite, Merz a surtout désorienté ses électeurs modérés – un comble pour un homme qui, à son arrivée à la tête de la CDU en 2022, voulait lui redonner une « boussole ». Lui en tiendront-ils rigueur ? Réponse dans deux semaines. Pour l’instant, le gagnant de ce « grand chaos » est l’AfD, qui a conforté sa deuxième position dans les sondages.

    Grâce à Merz, le parti d’extrême droite s’est un peu plus installé – et normalisé – dans le paysage politique. En cela, le leader conservateur a commis une erreur historique. Et se retrouve sous surveillance. Ses détracteurs ne manqueront d’ailleurs pas de rappeler qu’en juillet 2023, il avait suggéré « d’aller de l’avant » avec l’AfD, si celle-ci remportait une élection communale. Avant de se rétracter devant le tollé. A l’époque, la classe politique avait minimisé la portée de ses propos, car elle ne concernait que des élections locales. Ils prennent aujourd’hui une tout autre dimension.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-allemagne-lerreur-historique-du-futur-chancelier-friedrich-merz-MR4GVMYJYRBGFGWSJWQHUDXRQ4/

    Author : Charles Haquet

    Publish date : 2025-02-04 16:57:00

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  • Roger L. Martin, conseiller de grands PDG : « Les dirigeants control freak s’entourent de gens médiocres »

    Procter & Gamble, Lego, Ford, BHP et Verizon… Au cours des quarante dernières années, Roger Martin a conseillé quelque deux cents dirigeants de grandes entreprises internationales. Considéré comme le penseur en management le plus influent au niveau mondial par Thinkers50 en 2017, cet ancien doyen de la Rotman School of Management de Toronto, au Canada, est également l’auteur de nombreux ouvrages à succès dont Un nouveau système de pensée – Petites leçons de stratégie et management (Pearson, 2022), classé par le Financial Times parmi les ouvrages incontournables de sa catégorie. Dans sa dernière analyse publiée début 2025 dans la Harvard Business Review et co-écrite avec A.G. Lafley, ancien PDG de Procter & Gamble, Roger Martin explique comment les dirigeants sans cesse « sous l’eau » peuvent gérer leurs journées de manière plus efficace.

    Les deux experts s’appuient notamment sur la théorie de l’avantage comparatif élaborée il y a deux siècles par le Britannique David Ricardo, l’un des économistes libéraux les plus influents de son époque. Selon cette théorie fondatrice du commerce international, chaque pays peut participer au commerce international en se concentrant sur le secteur ou l’activité dans lequel il possède l’avantage concurrentiel le plus significatif par rapport à ses concurrents. Et en management ? « Les dirigeants ne doivent pas consacrer le peu de temps dont ils disposent à des activités simplement parce qu’elles sont très importantes. Ils ne doivent faire que les choses que personne d’autre dans l’organisation ne peut faire aussi bien, voire pas du tout », écrivent les deux auteurs de cet article intitulé : Les leaders ne devraient pas essayer de tout faire. Car pour Roger Martin et A.G. Lafley, il ne s’agit pas seulement de diriger mais de « diriger pour gagner ». Quel est le rôle d’un leader dans la stratégie de son entreprise ? Comment un PDG doit-il exercer son leadership ? Quelles tâches doit-il déléguer, et lesquelles doit-il impérativement conserver ? Pourquoi certains dirigeants sont-ils control freak ? Dans un entretien à L’Express, Roger Martin nous éclaire en s’appuyant sur sa propre expérience ainsi que sur celle des dirigeants qu’il a conseillés au cours de sa riche carrière. Si vous êtes un PDG ou un cadre débordé, ce qui suit vous permettra de vous poser les bonnes questions et d’amorcer le changement.

    L’Express : « Le plus souvent, les chefs d’entreprise répartissent leur temps en classant les tâches potentielles en fonction de leur importance absolue pour la stratégie de l’organisation et en s’occupant des plus cruciales jusqu’à ce qu’ils manquent de temps. Ils laissent alors le reste à leurs subordonnés ». Pourquoi agissent-ils ainsi selon vous ?

    Roger Martin : Si vous êtes chef d’entreprise et que vous lisez des ouvrages sur le sujet, ou que vous suivez une formation en école de commerce pour apprendre le leadership, on vous enseigne implicitement cette idée : vous êtes le patron, la personne la plus haut placée, la plus importante. Par conséquent, comme l’affirmait Harry Truman : « The buck stops with you », c’est-à-dire que la responsabilité finale vous incombe. Dès lors, la conclusion semble évidente : « je suppose que je dois prendre en charge toutes les tâches les plus difficiles ».

    Les dirigeants ont intérêt, affirmez-vous, à prendre en main uniquement les choses que personne d’autre dans l’organisation ne peut faire aussi bien, voire pas du tout. Vous prônez ainsi l’application au management de la théorie de l’avantage comparatif de Ricardo.

    En effet, je pense qu’un leader ne peut pas simplement arriver dans une situation et proclamer : « Je sais d’emblée ce qu’il faut faire. » Il est essentiel de commencer par élaborer une stratégie claire : quel est notre objectif, quelles sont les actions nécessaires pour l’atteindre ? Ce n’est qu’à partir de là que l’on peut se poser les bonnes questions.

    Lesquelles ?

    Il convient d’évaluer les compétences au sein de son organisation et de se demander par exemple : « Y a-t-il quelqu’un qui puisse effectuer cette tâche aussi bien que moi, voire mieux ? ». Il est donc fondamental de bien connaître son équipe, comprendre les enjeux stratégiques et prendre des décisions en conséquence.

    Vous avez conseillé de nombreux PDG. Avez-vous des exemples classiques de tâches pour lesquelles les dirigeants ont peu d’avantages comparatifs ?

    Pas vraiment, car chaque situation est différente et chaque stratégie a ses spécificités. Donc, comme je vous le disais, il est crucial de réfléchir à la fois à ce que la stratégie exige, ce dans quoi vous excellez, et identifier les forces et compétences de vos collaborateurs. Vous devez garder ces trois éléments à l’esprit pour commencer à choisir ce que vous faites et ce que vous ne faites pas.

    Avez-vous déjà rencontré des dirigeants qui n’avaient aucun avantage comparatif ?

    Je préfère ne pas citer de noms ici (Rires), mais j’ai vu cela se produire à de nombreuses reprises (Rires). En règle générale, ces personnes finissent par être écartées avec le temps. Il n’est pas rare de voir les membres du conseil d’administration poser la question suivante : « Si nous nous séparions de cette personne, qu’est-ce qui nous manquerait réellement ? ». Lorsque la réponse est difficile à formuler, il est souvent temps de se dire : « Très bien, passons à autre chose et essayons avec quelqu’un d’autre ».

    Dans l’article publié dans Harvard Business Review, vous évoquez justement votre expérience en la matière en tant que doyen de la Rotman School of Management de Toronto, notamment la manière dont vous avez progressivement confié un grand nombre de responsabilités à Mary-Ellen Yeomans et Peter Pauly, deux de vos collaborateurs…

    Oui, mais cela n’aurait jamais été possible dès le premier jour. Cela aurait été insensé. Avant de leur déléguer ces responsabilités, il m’a fallu prendre le temps d’apprendre à les connaître, observer leur travail, identifier leurs forces et leurs compétences spécifiques. Ce n’est qu’ensuite que j’ai pu me dire : « Cette tâche est essentielle, mais je ne suis pas meilleur qu’eux pour la mener à bien. » À l’inverse, en examinant d’autres missions essentielles à la mise en œuvre de la stratégie que j’avais élaborée, j’ai réalisé qu’il n’y avait tout simplement personne pour les prendre en charge. Non pas parce que les équipes en place étaient incompétentes, mais parce que ces missions ne correspondaient à aucun poste existant au sein de notre organisation. Nous n’avions jamais recruté pour ces besoins spécifiques. Deux options s’offraient alors à moi : les prendre en charge moi-même ou recruter en externe.

    Certains dirigeants control freak sur les bords ont du mal à déléguer… Pourquoi ?

    J’en ai rencontré, et oui, de manière générale, leur problème est qu’ils n’ont pas vraiment foi en l’humanité. Ils se disent : « À moins que je le fasse moi-même, ça ne sera pas bien fait ». Et dans une certaine mesure, leur raisonnement n’est pas toujours infondé. Chaque fois que je délègue une mission à un collaborateur, je me pose la question : Est-ce que je pourrais faire mieux moi-même ? Si la réponse est oui, est-ce vraiment mieux seulement un peu mieux ? Et surtout, est-ce que cela justifie d’y consacrer une part précieuse de mon temps ?

    Par exemple, je suis plutôt bon en gestion financière, planification, budgétisation, négociation avec d’autres sur ces sujets. J’ai probablement appris à faire cela à l’université et acquis de l’expérience au fil du temps. Mais si j’avais dû prendre directement en main toutes ces questions lorsque j’étais doyen, cela m’aurait pris au moins un cinquième de mon temps. Alors, je me suis dit : « Si j’avais ces 50 jours en plus, pourrais-je en faire un meilleur usage ? ». La réponse était oui. En parallèle, en étant un bon manager pour Mary Ellen Yeoman, j’ai pu lui transmettre certaines de mes compétences, celles qu’elle ne maîtrisait peut-être pas encore, afin qu’elle puisse gérer ces aspects presque aussi bien que moi — voire même mieux que ce que j’imaginais. Posez-vous donc comment utilisez-vous chaque jour de votre vie ? Êtes-vous certain d’en tirer le meilleur parti possible ?

    Appliquer vos préceptes implique non seulement d’exceller en management, mais aussi de savoir s’entourer des meilleures personnes…

    Oui, et ce qui est intéressant avec l’approche dont nous parlons, c’est que les meilleurs éléments recherchent justement ce type d’environnement pour évoluer. A l’inverse, les fameux dirigeants control freak ont du mal à attirer des personnes compétentes. Seules les personnes médiocres ou qui ne se soucient pas de voir leur jugement pris en compte sont enclines à collaborer avec eux. Donc, vous voyez, la bonne nouvelle, c’est que tout cela s’autorégule naturellement. En tant que doyen, j’ai pu accompagner les bonnes personnes déjà présentes au sein de l’organisation, les aider à progresser, à élargir leurs responsabilités. D’ailleurs, de nouvelles personnes ont souhaité rejoindre notre équipe, parce qu’elles avaient entendu parler de notre mode de fonctionnement.

    A côté des dirigeants qui ne délèguent rien, il y a ceux qui ne mettent jamais les mains dans le cambouis. Or, selon vous, être un dirigeant ne se résume pas à être un gestionnaire…

    Absolument. Je suis toujours étonné par c’est cette vision largement répandue du rôle de PDG, qui consiste à penser que tout le monde doit vous rendre des comptes et que votre mission principale se limite à distribuer des tâches, puis à en superviser l’exécution. J’en ai moi-même été témoin lorsque j’ai quitté mes fonctions de doyen de la Rotman School of Management en 2013. Mon successeur, ancien numéro deux de la Banque du Canada – l’équivalent de la Réserve fédérale aux États-Unis – a adopté exactement cette approche. Dès son arrivée, il a nommé quatre vice-doyens chargés de gérer l’ensemble du portefeuille et s’est contenté de superviser leur travail. Je me suis alors demandé : « Pourquoi diable agir ainsi ? ». La réponse est simple : c’est ainsi que les managers sont formés. On leur apprend à répartir les tâches et à s’assurer qu’elles sont correctement exécutées. Pourtant, tous les grands leaders que j’ai rencontrés – pas quelques-uns, pas la plupart, mais bien tous – prennent eux-mêmes en charge certaines tâches. Ils ne se contentent pas de dire : « Mon rôle, c’est d’être un gestionnaire. » Je suis convaincu qu’on ne peut pas être un bon leader si l’on délègue l’ensemble du travail.

    Justement. Parmi les grands dirigeants que vous avez conseillés au cours de votre carrière, vous citez l’exemple de Jørgen Vig Knudstorp, l’ancien PDG du groupe Lego qui a sauvé l’entreprise de la faillite…

    Oui, mais c’est quelqu’un d’incroyablement talentueux. Il aurait probablement réussi sans moi. Tout ce que j’espère, c’est d’avoir contribué, même modestement, à son succès. Cela dit, il avait tendance à être débordé. La chose la plus importante que j’ai faite avec lui a donc été de m’asseoir à ses côtés pour passer en revue son agenda, car les PDG ont des calendriers extrêmement chargés, avec parfois des rendez-vous planifiés un an ou plus à l’avance. Je lui ai donc dit : « Nous allons supprimer 24 jours de votre calendrier – deux douzaines, c’est un joli chiffre rond -, afin que vous puissiez faire des choses plus importantes que vous ne faites pas actuellement, car vous n’arrivez jamais à les caser dans votre emploi du temps, faute de créneaux disponibles dans votre agenda. Il s’agissait simplement de reconnaître une vérité essentielle : un dirigeant n’est pas une machine à capacité infinie. Lui aussi a ses propres limites. Il faut donc se poser la question : quelles sont les activités sur lesquelles je dois me concentrer et celles que je dois laisser de côté ?

    Bien sûr, déléguer certaines tâches peut parfois prendre du temps. Il est donc indispensable d’identifier les bonnes personnes à qui confier ces responsabilités et de déterminer comment les accompagner efficacement. C’est précisément ce travail que j’ai fait avec Jørgen Vig Knudstorp. Même si dans son cas, je dois reconnaître qu’il faisait déjà énormément de choses bien. Je n’avais pas besoin de lui dire d’arrêter de « gérer » pour commencer à « agir ». Il était déjà dans l’action. C’est à lui que Lego doit l’idée de développer des jeux de construction pour les filles. Il disait : « L’idée que les filles ne construisent pas, c’est absurde. Je n’ai juste pas encore trouvé comment faire. » Et cela n’aurait jamais pu voir le jour sans son implication directe dans la conception des recherches. Il revenait sans cesse dessus, convaincu que ce n’était pas parce que cela avait échoué par le passé que cela échouerait à nouveau. Il affirmait simplement : « Mes filles n’ont aucun problème avec la construction. » Il ne pouvait se résoudre à accepter cette vision fondamentalement sexiste. Il aurait très bien pu se contenter de se reposer sur un collaborateur pour dire : « Réglez le problème des filles. » Mais est-ce que ce projet aurait finalement abouti sans son implication active et personnelle ? Je ne le crois pas.

    Selon vous, cette approche nécessite un mélange d’arrogance et d’humilité…

    Tout à fait. La plupart des problématiques de management ne se résument pas en effet à tous ces discours creux sur le servant leadership du genre, « je suis juste là pour servir ». Il y a bien sûr une part d’arrogance dans le fait de penser que, simplement parce que personne, en quatre générations d’histoire de l’entreprise, n’a jamais réussi à vendre des jeux de construction aux filles, moi, je peux y parvenir. Mais cela s’accompagne aussi d’une dose d’humilité : il faut accepter l’idée que de ne pas détenir toutes les réponses et collaborer avec les autres, tout en sachant qu’il existe quelque part une solution qui fonctionne. Il y a donc à la fois beaucoup d’humilité et une certaine forme d’arrogance. Comme je l’ai écrit dans mon livre The Opposable Mind, la vraie question est de savoir comment concilier ces deux attitudes apparemment contradictoires. D’un côté, il faut faire preuve d’une grande humilité et reconnaître : « Nous n’avons jamais réussi à le faire. Nous avons échoué plusieurs fois. Et cela pourrait échouer à nouveau. » Et d’un autre côté, avoir la force et l’arrogance d’affirmer : « Non, non, c’est possible. » Il faut garder ces deux idées en tête, et c’est exactement ce que Jørgen Vig Knudstorp a su faire en l’espèce.

    « Les dirigeants n’auront jamais de temps libre. Tous les bons dirigeants seront toujours extrêmement occupés », selon vous. Est-ce vraiment une fatalité ?

    Oui et non. Le véritable temps libre n’existe pas vraiment pour un dirigeant car il y a toujours une manière d’utiliser ce temps de façon utile. Mais les très bons dirigeants que je connais ne sont pas frénétiquement occupés, à courir partout, en retard pour tout. Personnellement, je me méfie des PDG qui courent dans tous les sens, sans cesse débordés. Vous voyez le profil : celui qui a toujours une file d’attente devant son bureau, des réunions qui s’éternisent et des collaborateurs obligés de sagement patienter. Ce genre de dirigeant ne fait pas les choix stratégiques nécessaires pour utiliser son temps de manière optimale. D’ailleurs, ces personnes ont souvent tendance à se sentir mieux ou plus légitimes si tout le monde pense qu’elles sont incroyablement occupées.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/roger-l-martin-conseiller-de-grands-pdg-les-dirigeants-control-freak-sentourent-de-gens-mediocres-T5IZI22H65G7PPAOHFVF3KVNHQ/

    Author : Laurent Berbon

    Publish date : 2025-02-04 16:58:00

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  • Etats-Unis : l’Agence pour le développement international, dernière victime d’Elon Musk

    Soutenue par Joe Biden. Fermée par Donald Trump et Elon Musk. Ce lundi 3 février, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) a tiré sa révérence. Une fin imposée par le patron de Tesla et SpaceX ce week-end, après que ce dernier a ordonné aux fonctionnaires gérant les programmes d’aide de ne pas se rendre à leur bureau lundi. Le lendemain, le site Internet de l’agence ne répondait plus. Le quartier général était désert. La fermeture de l’entité indépendante était officiellement annoncée par Elon Musk. Une mesure jugée illégale par les démocrates et d’anciens membres de l’USAID, qui déclarent que le Congrès a créé l’agence en tant qu’organisme indépendant et qu’il continue de financer ses opérations.

    L’annonce était tout de même attendue. Ce dimanche, le directeur du département de l’Efficacité gouvernementale s’est montré virulent à de nombreuses reprises à l’égard de l’agence américaine sur son réseau social X. Après l’avoir qualifiée d’ »organisation criminelle », qui mène « les basses œuvres de la CIA » et se livre à de la « censure sur Internet », Elon Musk a affirmé sans preuve : « Saviez-vous qu’avec l’argent du contribuable, l’USAID a financé des recherches sur les armes biologiques, dont le Covid-19, qui a tué des millions de personnes ? » Des propos incisifs, soutenus par l’actuel président des Etats-Unis qui dénonçait dimanche une agence « dirigée par une bande de fous extrémistes ».

    Traquer les programmes favorisant la diversité ou l’avortement

    Crée en 1961, sous la présidence de John Fitzgerald Kennedy, par une loi du Congrès américain, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international était jusqu’à lundi dernier, le premier pourvoyeur d’aide au niveau mondial. Son champ d’action était vaste : grâce à ses partenariats avec les gouvernements étrangers, les Organisations non gouvernementales et les associations locales, son aide s’étendait du secours en Ukraine, à la consolidation de la paix en Somalie ou à la prévention du VIH en Ouganda, en passant par la surveillance des maladies au Cambodge. Ces dernières années, l’agence a d’ailleurs contribué à contenir d’importantes épidémies comme Ebola et d’autres fièvres hémorragiques.

    Bien que ces programmes représentent une aide considérable pour les pays bénéficiaires, leur coût ne représente qu’une infime partie du budget fédéral. D’après le New York Times, l’USAID dispose d’un budget d’environ 23 milliards de dollars, qui s’inscrit dans le cadre d’un budget d’aide fédéral annuel plus important approuvé par le Congrès. Au cours de l’année fiscale 2023, l’agence a dépensé environ 38,1 milliards de dollars, ce qui représente moins de 1 % du budget fédéral. Cela aurait ainsi dû en faire une cible relativement modeste pour l’équipe d’Elon Musk, chargée de sabrer dans les dépenses publiques.

    Si l’argument des dépenses excessives, invoqué par les républicains critiques, est peu convaincant, pourquoi l’USAID a-t-elle alors été ciblée par Donald Trump et Elon Musk ? En raison des causes qu’elle soutient. Dès le premier jour de son investiture, le président américain avait décidé de geler l’aide étrangère pour 90 jours, le temps d’un réexamen complet de celle-ci, afin de traquer les programmes favorisant la diversité ou l’avortement. « C’est une guerre contre le développement », ont déclaré lundi dans un communiqué l’Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexes (ILGA World) et la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF).

    1 200 décès maternels supplémentaires en Afghanistan d’ici 2028

    Cette fermeture ne sera pas sans conséquences. Certaines se font déjà sentir, semant la pagaille dans les milieux humanitaires. Selon Peter Waiswa, membre du réseau d’aide humanitaire Compassion Connectors en Ouganda, interrogé par l’AFP, certaines écoles financées par les Etats-Unis dans ce pays d’Afrique de l’Est ont déjà envoyé des messages demandant aux enfants d’arrêter de venir. Autre répercussion : au Cambodge, l’un des Etats les plus minés du monde, des opérations de déminage ont dû être suspendues la semaine dernière.

    Ce mardi, c’est l’Organisation des Nations unies (ONU) qui s’inquiétait de ces conséquences, et annonçait que l’arrêt de cette aide pourrait causer 1 200 décès maternels supplémentaires d’ici 2028 en Afghanistan. En réaction au gel de la « quasi-totalité des programmes américains d’aide à l’étranger », le Fonds de l’ONU pour la population « a suspendu les services financés par les aides américaines » alors qu’ils « constituent une bouée de sauvetage pour les femmes et les jeunes filles en situation de crise », a, quant à lui, regretté Pio Smith, directeur régional pour l’Asie et le Pacifique de l’UNFPA, lors d’un point presse à Genève. « Il est évident que nous sommes très préoccupés par cette perte substantielle de financement », s’est-il inquiété.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-lagence-pour-le-developpement-international-derniere-victime-delon-musk-ZLQPT4MQAJAPHBM7DSCAK55WQ4/

    Author : Aurore Maubian

    Publish date : 2025-02-04 17:27:00

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  • Guerre en Ukraine : Zelensky dit être prêt à des négociations directes avec Poutine

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré mardi 4 février être prêt à des négociations directes avec son homologue russe Vladimir Poutine et d’autres dirigeants pour mettre fin à la guerre lancée par le Kremlin il y a bientôt trois ans. Interrogé sur la possibilité de négocier avec Vladimir Poutine par le présentateur britannique Piers Morgan, Volodymyr Zelensky a répondu qu’il le ferait « si c’est la seule configuration dans laquelle nous pouvons apporter la paix aux citoyens de l’Ukraine et ne plus perdre de gens ».

    Dans ce cas, « nous accepterons cette configuration, cette réunion avec quatre participants », a-t-il dit dans cet entretien diffusé mardi sur la chaîne YouTube « Piers Morgan Uncensored ». Il n’a pas précisé qui seraient les autres participants mais, un peu plus tôt, Piers Morgan avait évoqué l’hypothèse de négociations entre l’Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l’Union européenne.

    Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier a relancé les conjectures autour de pourparlers de paix pour mettre fin à l’invasion russe débutée en février 2022. Volodymyr Zelensky a longtemps rejeté l’idée de négociations, affirmant vouloir battre la Russie sur le champ de bataille.

    Un décret, daté d’octobre 2022, avait même exclu toute négociation tant que Vladimir Poutine serait au pouvoir. Mais l’Ukraine est à la peine face à l’armée russe, qui avance dans l’est du pays. Et Kiev craint de voir tarir l’aide américaine, Donald Trump ayant critiqué ces dépenses durant sa campagne. Les pourparlers restent cependant hypothétiques, car aucun élément concret n’a été avancé et les positions de Moscou et Kiev restent très éloignées.

    Vladimir Poutine a déclaré fin janvier être ouvert à des négociations pour mettre fin au conflit en Ukraine, tout en rejetant des discussions directes avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky et en affirmant ne pas voir de « volonté » de Kiev. Si le président ukrainien « veut participer à des négociations, je choisirai des personnes qui mèneront ces négociations », avait-il dit, le jugeant « illégitime ».

    Volodymyr Zelensky affirme que tout potentiel accord de paix devrait contenir de solides garanties de sécurité pour son pays de la part des Occidentaux. Le Kremlin, lui, demande en substance la reddition de l’Ukraine, qu’elle renonce à rejoindre l’Otan et que la Russie garde les territoires ukrainiens dont elle a revendiqué l’annexion.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-zelensky-dit-etre-pret-a-des-negociations-directes-avec-poutine-2DOVMS5GFZEH5EHQJ4XZHNOAI4/

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    Publish date : 2025-02-04 21:44:00

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  • Donald Trump – Elon Musk : ces dossiers qui peuvent les mener au clash

    Une couleuvre de plus à avaler. Le 30 janvier, Elon Musk entend encore plastronner son ennemi juré. Sam Altman, le patron d’OpenAI, vient de toper avec les laboratoires nationaux des Etats-Unis pour faire avancer la recherche du pays, notamment dans le nucléaire. Un superbe cadeau et une vraie marque de confiance de Washington. Dans son message, le prodige de l’intelligence artificielle chante d’ailleurs les louanges du gouvernement.

    Mi-janvier déjà, Elon Musk écoutait, vert de rage, son cher ami Donald Trump faire l’article de Stargate, un colossal projet d’infrastructures IA auquel participent Oracle, SoftBank et OpenAI. « Ils n’ont pas l’argent », finit-il par lâcher sur X, au grand dam de la Maison-Blanche qui ne s’attendait pas à le voir débiner en public une des annonces phare de l’investiture.

    Elon Musk a Sam Altman dans le collimateur depuis longtemps. Silhouette de colosse, amateur de punchlines, le premier avance comme un éléphant charge. Yeux clairs, ton posé, le second est un fin tacticien. Quand le patron de Tesla et de SpaceX a tenté d’étendre son influence sur OpenAI, en 2018, il s’est cassé les dents. Voir son rival si bien traité par Donald Trump a de bonnes raisons de mettre Musk en colère. N’est-ce pas lui le premier à avoir soutenu le républicain quand toute la Silicon Valley se bouchait le nez ? Si, bien sûr. Il a trop bien réussi : les autres magnats de la tech lui disputent désormais l’attention du président.

    Jeff Bezos, longtemps en froid avec le résident de Mar-a-Lago (Trump le surnommait « Bozo ») avait préparé le terrain en demandant au Washington Post – qu’il possède – de ne pas soutenir de candidat pendant la campagne. Sa plateforme Amazon Prime Vidéo accueillera bientôt le documentaire de la First Lady.

    Mark Zuckerberg multiplie lui aussi les signes d’amitié. Début janvier, il a exaucé l’un des vœux les plus chers du camp Trump : démanteler les équipes de modération chargées de lutter contre la désinformation et les contenus haineux sur Facebook et Instagram. Le 29 janvier encore, Meta a accepté de payer 25 millions de dollars pour mettre un terme au procès l’opposant à Donald Trump, concernant la fermeture des comptes de ce dernier après l’attaque du Capitole. « Cela ressemble à une offre de paix. En tant que citoyen, Donald Trump avait des chances de gagner assez minces », pointe l’économiste Scott Marcus, chercheur associé au Centre for European Policy Studies (CEPS).

    Les dangereux rivaux d’Elon Musk

    Sous la houlette de Sundar Pichai, Google a signé, comme ses camarades Meta et Amazon, un généreux chèque d’un million de dollars pour la cérémonie d’investiture du président. « Il y a foule désormais aux pieds de Trump et le spectacle donné par la Big Tech n’a rien d’édifiant. Tout cela va créer des tensions », observe Mario Mariniello, spécialiste du secteur et chercheur au sein du think tank européen Bruegel.

    Autant de rivaux auquel Musk ne voue pas un amour immodéré : il a défié Zuckerberg à un combat de MMA, attaqué Microsoft en justice et longtemps critiqué Bezos qui le concurrence dans le spatial. Le voilà obligé de les tenir à l’œil. « Ces entrepreneurs savent très bien naviguer dans le monde politique, ils connaissent mieux que lui ses subtilités. Ils sont très bien conseillés, en particulier Pichai, Altman et Nadella [NDLR : le PDG de Microsoft]. A l’inverse, je ne suis pas certain qu’Elon Musk ait dans son entourage des personnes encouragées à pointer ses erreurs et à lui suggérer de meilleures approches. Comme Trump, il communique des décisions éclair par tweets, sans intermédiaire », analyse Olaf J. Groth, professeur à l’université de Berkeley, spécialiste de l’économie et des politiques numériques.

    Donald Trump a du reste grand besoin de ces nouveaux « amis ». De leurs clouds auxquels sont branchées les entreprises du monde entier. De leurs places de marché et leurs réseaux sociaux auxquels se connectent chaque jour des milliards d’internautes. Ils sont un argument massue lorsqu’il négocie avec d’autres pays. Et une arme de poids dans sa bataille avec la Chine.

    Bien sûr, le républicain et Elon Musk présentent beaucoup d’atomes crochus. Mais autant de dossiers peuvent les mener au clash. Le carburant de leur idylle ? On aurait tort de croire qu’il se limite à leur dédain pour les « wokes ». Leurs liens sont en réalité plus profonds. Le président a besoin de l’entrepreneur pour diverses raisons. D’abord, sa fortune. Donald Trump s’est composé une image d’homme richissime. Mais dans le club des grandes fortunes, il nage dans le petit bassin (6,7 milliards de dollars, selon les estimations de Forbes). Avec un magot de 421 milliards de dollars, Elon Musk peut soulever des montagnes pour le républicain, auquel il a déjà versé 120 millions lors de sa campagne. « Toutes les pressions que Trump agite – traîner des adversaires en justice, présenter des candidats aux primaires contre les républicains qui ne l’appuieraient pas –, c’est Musk qui va les financer, pas lui », prédit Timothy Snyder, l’historien star de Yale dans les colonnes du Guardian.

    Les supporters MAGA outrés

    Tout en insufflant de la modernité à un mouvement qui en manque cruellement, Elon Musk ne craint pas de déplaire. Au sein de son fameux Département de l’efficacité gouvernementale (Doge en anglais), « c’est lui qui endossera le costume du méchant flic à la place de Trump, en se chargeant des réductions d’effectifs et des coupes budgétaires », pronostique le spécialiste de l’économie et de la gouvernance du numérique Scott Marcus.

    Qu’en retire-t-il, lui qui est déjà l’homme le plus riche du monde ? « Elon Musk se dédie presque religieusement à l’exploration de l’espace lointain et à la révolution de l’IA, qu’il juge clés pour le futur de l’humanité. Il veut que l’intelligence artificielle serve cet objectif plus ambitieux, pas seulement quelques plateformes. Et il pense que l’administration Trump peut l’aider à concrétiser cette vision grandiose », analyse Olaf J. Groth.

    Plusieurs sujets pourraient néanmoins briser ce binôme influent. Certes, les coups de griffe de Musk contre les partis de gauche ravissent les supporters de Trump. Mais ils ont très mal digéré de le voir défendre bec et ongles le visa H-1B qui permet à toutes les entreprises de la Silicon Valley d’embaucher aisément des immigrés qualifiés. Il a d’ailleurs reçu quelques attaques virulentes de la « base Maga » (Make America Great Again). Ou encore de l’ancien conseiller du président, Steve Bannon, qui, dans le Corriere della Sera, décrit Elon Musk comme « un homme diabolique » qu’il est « déterminé à faire tomber ».

    Le gourou de la tech ne peut pas, du passé, faire table rase. Si les ingénieurs de la Silicon Valley – plus à gauche de l’échiquier – décident de bouder en masse ses sociétés au profit d’entreprises moins colorées politiquement, Musk risque d’avoir quelques problèmes. De même si les automobilistes démocrates renoncent à rouler en Tesla. Certains affichent déjà des stickers d’excuse : « J’ai acheté cette voiture AVANT qu’on ne sache qu’Elon Musk était dingue. » Pour la première fois en neuf ans, les ventes de Tesla ont légèrement baissé (-1,1 % en 2024).

    Ce n’est pas la décision de la Maison-Blanche de couper les aides à l’achat de voitures électriques qui va les stimuler. La politique climatique de Trump, ou plutôt son absence, est précisément ce qui avait fait fuir Musk en 2017. L’entrepreneur, qui faisait alors partie de deux cercles de patrons conseillant le président lors de son premier mandat, en avait claqué rageusement la porte lorsque ce dernier avait sorti les Etats-Unis de l’Accord de Paris.

    « Si je lui avais demandé de se mettre à genoux, il l’aurait fait »

    Les deux hommes se sont par la suite copieusement insultés sur les réseaux sociaux, Musk l’invitant moqueusement à raccrocher les crampons, Trump le traitant de « bonimenteur » qui ne « vaudrait rien » sans les subventions de l’Etat. « Si je lui avais demandé de se mettre à genoux, il l’aurait fait », se gaussait-il en 2022.

    Trois ans plus tard, Musk semble en avoir pris son parti. « Coupez les aides. Cela aidera Tesla en réalité », fanfaronne-t-il sur X, faisant le pari que ses concurrents directs, moins avancés, en souffriront davantage. Tesla a cependant besoin de développer son réseau de Superchargeur pour durer. Musk arrivera-t-il à convaincre Trump des bienfaits de l’électrification ? Rien n’est moins sûr.

    La politique internationale pourrait, elle aussi, jouer des tours à l’entrepreneur. Il est entré dans ce monde subtil comme un pitbull dans un jeu de quilles, faisant chaque semaine la leçon à un nouveau pays. Les Allemands l’ont vu avec stupeur dérouler le tapis rouge à l’AfD, un parti d’extrême droite hostile à l’UE et proche de la Russie. Le gouvernement britannique de Keir Starmer s’est également fait sermonner. « C’est comme si Elon Musk gérait un ministère des Affaires étrangères parallèle et cela peut avoir de graves conséquences. Les dirigeants étrangers vont légitimement se demander qui parle réellement au nom des Etats-Unis », pointe David Dayen, directeur exécutif de la revue de gauche The American Prospect.

    Un jeu dangereux. Certes, les Européens ont plus à perdre que les Etats-Unis. Mais ces derniers n’en sortiront pas non plus indemnes. « Une des plus grandes forces des Etats-Unis était son réseau d’alliances, plus vaste et plus solide que celui de n’importe quel autre pays dans le monde. Trump est en train de le détricoter. L’UE est un acteur majeur du commerce mondial. Pour gagner son bras de fer avec la Chine, Washington a besoin de son soutien », pointe Scott Marcus du CEPS.

    Mais c’est peut-être dans sa propre maison que le couple Musk-Trump sera le plus mis à l’épreuve. L’entrepreneur maîtrise les us et coutumes de la Silicon Valley ensoleillée. Il ne connaît rien des jeux de pouvoir de Washington, ses intrigues de palais, ses éminences grises. « Beaucoup de gens brillants ont rencontré l’échec à DC », glisse, moqueur, un fin connaisseur de cette sphère.

    A coté d’Elon Musk, Silvio Berlusconi était un amateur en matière de conflits d’intérêts

    Enrico Letta

    Pas question pour la cheffe de cabinet du président, Susie Wiles, de laisser Musk faire la pluie et le beau temps dans le bureau Ovale. Selon le Times, elle a déjà veillé à ce que le Doge ne soit pas situé dans le même bâtiment. Gageons aussi que beaucoup de républicains n’ont pas digéré de voir, en décembre, Musk et sa horde de followers traîner dans la boue l’accord bipartisan qu’ils avaient patiemment négocié avec les démocrates pour prolonger le budget de l’Etat. Le patron de Tesla entretient enfin de vieilles querelles avec la SEC, l’influent gendarme boursier américain.

    La liste de ses ennemis est longue. Et les angles d’attaque tout trouvés. Ses liens avec la Chine pour commencer. Le pays est le deuxième marché de Tesla et l’usine de Shanghai constitue son plus gros site de production. Ce qui rend Musk fort bien disposé à l’égard de Pékin, dont il soutient, par exemple, l’idée très contestée de faire de Taïwan une région administrative spéciale chinoise. « La Maison-Blanche doit examiner de près les risques qu’il pourrait faire peser sur la sécurité nationale du pays », mettait d’ailleurs en garde Russel Honoré, un ancien haut gradé, dans le New York Times.

    Plus généralement, la nouvelle casquette politique d’Elon Musk n’est guère compatible avec son Stetson d’entrepreneur. La santé de SpaceX dépend, en effet, largement de sa collaboration avec l’Etat. Neuralink, xAI et Tesla pourront grandement bénéficier de réglementations publiques plus laxistes. « Il est stupéfiant que les Etats-Unis tolèrent cela alors que le capitalisme américain s’est construit autour de l’antitrust et de l’identification des conflits d’intérêts. Sur ce deuxième point, Silvio Berlusconi fait figure d’amateur à côté d’Elon Musk ! » souligne Enrico Letta, ancien Premier ministre italien et voix écoutée à Bruxelles.

    Les amis milliardaires de Donald Trump

    La grogne monte cependant. Le Doge, auquel Trump a donné un pouvoir d’enquête considérable, fait déjà l’objet de plaintes. « Ce département opère comme un comité consultatif fédéral et devrait de ce fait respecter le Federal Advisory Committee Act – Faca – qui impose que la composition de ces groupes soit équilibrée, avec les points de vue de différentes parties concernées. Cela ne peut pas se limiter à un seul petit groupe de personnes favorisées », explique Jerald Lentini, avocat au National Security Counselors, à l’origine de l’une de ces poursuites.

    Membre de la commission financière du Sénat, le démocrate Ron Wyden s’est lui alarmé sur le réseau Bluesky du large accès du Doge aux systèmes du Trésor américain : « Des sources m’indiquent que le Doge a accès à tout […] y compris aux montants des paiements à des prestataires de l’Etat en concurrence directe avec les propres entreprises de Musk. »

    Plus grave encore aux yeux de Donald Trump, le vent de l’opinion tourne. Selon un sondage AP-Norc, seul un tiers des Américains ont une bonne image d’Elon Musk. Et 60 % d’entre eux désapprouvent le fait que le président s’appuie sur les conseils de milliardaires pour définir sa politique.

    Si l’aventure tourne court, il faudra s’attendre à tous les coups bas. Ni l’un ni l’autre ne se montre clément avec leurs anciens alliés. Musk conspue l’Etat californien qui l’a significativement aidé par le passé. Trump, lui, a privé son ancien secrétaire d’Etat Mike Pompeo de son service de sécurité, alors qu’il est la cible de menaces de morts crédibles. Le divorce à l’amiable n’est pas le genre de la maison.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/donald-trump-elon-musk-ces-dossiers-qui-peuvent-les-mener-au-clash-OELS6H7DUJGTHNKA4HHDE3NRRE/

    Author : Anne Cagan

    Publish date : 2025-02-04 18:30:00

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  • Impôt sur le revenu : qui sera concerné par le nouveau barème ?

    La France s’apprête à avoir un budget… et les contribuables à être enfin fixés sur leur sort pour cette année 2025. L’annonce de la non-censure du gouvernement de François Bayrou par les groupes du Parti socialiste, lundi 3 février, et du Rassemblement national, mardi, devrait ainsi confirmer l’adoption du projet de loi de finances 2025. La version probablement entérinée sera donc celle issue de la Commission mixte paritaire (CMP), qui a vu 7 députés et 7 sénateurs plancher sur un texte budgétaire fin janvier.

    Un budget remanié par rapport à la copie initiale du gouvernement, notamment au sujet de l’impôt sur le revenu. En effet, la CMP a abaissé à 1,8 % la revalorisation des tranches du barème de l’impôt sur le revenu pour l’année 2025. L’objectif ? Prendre compte de l’inflation, qui a progressé en moyenne à hauteur de cette valeur en 2024 – hors prix du tabac. Les différents seuils de l’impôt sur le revenu, qui permettent de déterminer dans quelle proportion imposer les différents foyers fiscaux, voient donc leurs montants augmenter pour la prochaine déclaration.

    Tant que le budget n’avait pas été adopté, cette indexation sur l’inflation n’était pas possible. La loi spéciale, votée en décembre pour assurer la continuité budgétaire de l’Etat et lui permettre de prélever des impôts, n’avait pas permis de modifier ce barème. À l’époque, une partie de la gauche réclamait de voir cette mesure figurer dans ce texte exceptionnel, mais le Conseil d’Etat avait tranché en faveur de la décision inverse.

    619 000 contribuables non imposables grâce à l’indexation

    Que va changer concrètement cette indexation ? À la faveur d’augmentations salariales, certains contribuables, qui se situaient dans la première tranche du barème non imposée, risquaient de basculer dans la seconde tranche, imposée à hauteur de 11 %. Ce ne sera donc finalement pas le cas, puisque la hausse des seuils au niveau de celui de l’inflation permet de couvrir les foyers qui ont connu une progression de leur rémunération inférieure ou égale à 1,8 % en 2024. Grâce à cette mesure, 619 000 contribuables ne seront pas imposables cette année, selon le ministère de l’Economie et des Finances.

    L’indexation sur l’inflation profite à toutes les tranches. Autrement dit, si votre salaire n’a pas augmenté au-delà d’1,8 % l’an dernier, vous ne paierez pas davantage d’impôts sur le revenu. En revanche, si votre salaire a augmenté au-delà du niveau de l’inflation l’année dernière, vous risquez dans ce cas de régler une facture plus importante. Dans le détail, pour une part fiscale, les nouvelles tranches sont donc déterminées comme ceci : pas d’imposition pour des revenus atteignant jusqu’à 11 492 euros annuels, un taux à 11 % entre 11 493 et 29.315 euros, un taux à 30 % entre 29 316 euros et 83 823 euros, un taux à 41 % entre 83 824 euros et 180 294 euros et un taux à 45 % au-delà de ce montant. La déclaration de vos revenus devrait pouvoir être effectuée comme chaque année à partir du printemps.

    Le budget initialement proposé par le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier, censuré début décembre, prévoyait une revalorisation des tranches du barème à 2 %. Une mesure censée « protéger le pouvoir d’achat des Français ». Finalement, l’indexation reste donc juste au niveau de l’inflation à 1,8 %. Le projet de loi finances 2025 renforce également l’imposition pour les fortes rémunérations, au-delà de 250 000 annuels pour une personne. Cette contribution exceptionnelle sera aussi demandée aux grandes entreprises.



    Source link : https://www.lexpress.fr/argent/fiscalite/impot-sur-le-revenu-qui-sera-concerne-par-le-nouveau-bareme-CMAK5TLTKZBX3IZP6LGXSWD35Y/

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    Publish date : 2025-02-04 18:34:00

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  • Cancer et obésité : comment la graisse en excès fait naître des tumeurs

    Pendant longtemps, la France s’est crue épargnée par l’épidémie d’obésité. Immunisée, grâce à sa gastronomie, ses repas à heure fixe, ou encore un certain goût pour la marche. C’est loin d’être le cas : entre 1990 et 2020, le nombre de personnes atteintes d’obésité a doublé, passant de 8,5 à 17 %, selon une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La France ne veut pas le voir, mais elle a, à n’en pas douter, un important problème de poids.

    De cette crise-là qui s’aggrave d’année en année, pourrait en découler une autre. A cause du surpoids, les cas de cancer risquent, eux aussi, de s’envoler. Car l’obésité est un important facteur de risque de tumeur : les personnes avec un fort excès pondéral développent en moyenne beaucoup plus souvent cette pathologie que le reste de la population. D’après le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC/OMS), 16 types de cancers différents sont plus particulièrement concernés (prostate, sein, pancréas…).

    Le sujet fait l’objet d’une attention de plus en plus vive de la part des scientifiques : avec environ une personne sur huit atteinte d’obésité dans le monde d’après l’OMS, le surpoids est désormais considéré comme la troisième cause de cancers dits « évitables », derrière l’alcool et le tabagisme. Environ 19 000 cancers dépistés chaque année sont liés à un excès de gras, selon l’Institut national du cancer.

    Pendant longtemps, des facteurs connexes ont été cités – les personnes en surpoids sont souvent plus sédentaires, plus enclines à boire et à fumer, par exemple. Mais depuis quelques années, le gras lui-même est aussi désigné : « De plus en plus d’études montrent son implication dans l’apparition et l’agressivité des tumeurs malignes. Le gras n’est pas qu’associé, il est un des coupables directs », résume Catherine Muller, directrice adjointe de l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale de l’Université de Toulouse, et auteur d’une revue de littérature publiée en 2020 dans la revue scientifique Trends in Cancer.

    La graisse nourrit les tumeurs

    Il y a une semaine, la Ligue contre le cancer a invité la chercheuse à présenter ses travaux, à l’occasion de son colloque annuel. Le choix de l’association, qui verse plus de 40 millions d’euros chaque année à la recherche, n’est pas étonnant : la scientifique fait partie des plus avancées sur le sujet. Avec son équipe, elle a mis en évidence plusieurs des mécanismes incriminés, et ce pour plusieurs cancers, dont ceux de la prostate, du sein, ou du cancer des os, au cours des vingt dernières années.

    Lorsqu’on consomme de la graisse, des cellules appelées « adipocytes » se chargent d’en stocker une partie. En cas d’activité physique importante ou de privation de nourriture, un « relargage » de gras, de « lipides », peut s’opérer, pour aider les autres cellules. Ce que montre Catherine Muller, c’est que les tumeurs sont capables de « mimer » ces situations, de pirater ce fonctionnement naturel. Elles peuvent ainsi « forcer » les adipocytes alentour à libérer des lipides et des acides gras, et s’en « nourrir » pour prospérer. Des résultats présentés initialement en 2011 dans la revue scientifique Cancer Research pour le cancer du sein, et répliqués, ensuite, avec de nombreuses autres localisations de la maladie.

    « Les cellules cancéreuses sont capables de produire elles-mêmes des lipides, mais elles peuvent aussi se servir dans les réserves de l’organisme. Ces mécanismes divergent selon la nature des lipides, le type de tumeur, son agressivité, sa capacité de migration, mais nous pensons qu’il y a là un mécanisme clef à comprendre chez les patients atteints d’obésité. Il nous faut désormais répertorier chaque type de gras, leur rôle dans chaque cancer, et évaluer l’importance de chacun de ces mécanismes », résume la chercheuse.

    En présence d’adipocytes, les tumeurs peuvent être plus agressives. Elles se développent plus rapidement, sont plus grosses, et font plus de métastases, ces grosseurs secondaires qui se développent ailleurs dans l’organisme. « A l’inverse, les adipocytes diminuent de taille et sécrètent plus de molécules pro-inflammatoires en présence de cellules cancéreuses », poursuit la chercheuse. En théorie, tout le monde pourrait être touché par le phénomène, mais les personnes atteintes d’obésité ont plus de risques de présenter des poches de gras à proximité de tumeurs.

    Molécules toxiques

    D’autres mécanismes interviennent : « Le tissu graisseux chez les personnes en situation d’obésité n’est pas seulement plus fréquent, il est aussi plus souvent dysfonctionnel, il va libérer plus souvent certaines molécules toxiques, ou du moins dont la présence est anormale », ajoute Catherine Muller. Un mécanisme que connaît bien Vinciane Rebours, coordinatrice du Centre national de référence des maladies rares du pancréas à l’hôpital Beaujon de Clichy. La spécialiste étudie de près le cancer du pancréas, un des plus associés au surpoids.

    La chercheuse a notamment mis en évidence la fréquence plus élevée de « lésions précancéreuses » en présence d’un excès de gras. Une étude publiée dès 2015 dans la revue Clinical Cancer Research. « Le gras en trop grande quantité peut s’accumuler et finir par infiltrer les cellules pancréatiques. C’est ce qu’on montre dans le cas du cancer du pancréas. Il peut aussi promouvoir, stimuler certaines voies d’activation, des réactions en chaîne qui vont provoquer un fonctionnement cellulaire anormal. La cellule va alors essayer de se réparer, mais ce faisant, elle va accumuler les anomalies dans son code génétique, jusqu’à devenir plus agressive et invasive », résume-t-elle.

    Ces mécanismes, également détaillés dans une étude publiée en mars 2024 dans la revue Scientific Reports, ne sont pas non plus propres à l’obésité. Mais ils sont accentués par la pathologie : « Il arrive aussi que des personnes présentent un fonctionnement anormal de leur organe, ce qui va générer de l’inflation et, in fine, favoriser l’apparition d’adipocytes toxiques. Dans le cas du pancréas par exemple, certaines anomalies génétiques créent de la pancréatite, qui fait que le pancréas devient trop gras », poursuit Vinciane Rebours. A terme, les scientifiques espèrent que ces travaux permettront de développer de nouveaux médicaments. C’est loin d’être le cas pour le moment.

    A mesure que ces recherches se popularisent, certains médecins peu consciencieux ont (déjà) évoqué l’idée de se priver de gras, pour ralentir la propagation des tumeurs. Une fausse bonne idée : « Il faudrait, pour être efficace, cibler le gras qui intervient dans les cellules cancéreuses. Si on se prive de gras, c’est tout l’organisme qu’on affaiblit, y compris le système immunitaire censé lutter contre les tumeurs. Les cellules cancéreuses pourraient même en profiter, car elles sont très adaptatives, elles profitent du fait qu’elles sont moins régulées qu’un tissu sain pour trouver de nombreuses sources d’énergie », résume Catherine Muller.

    A leur arrivée sur le marché, les médicaments antiobésité ont provoqué d’importants espoirs en la matière. Les personnes qui en bénéficient présentent souvent moins de cancers. Mais les scientifiques ne savent pas si ces effets sont provoqués par le médicament, la perte de poids, ou l’amélioration d’autres facteurs, comme le fait d’être en mesure de retrouver une activité physique normale. Des études cliniques doivent être lancées, pour espérer démontrer un effet. En attendant, Vinciane Rebours est sceptique : « Il va falloir démontrer que les mécanismes stimulés par ces médicaments n’entraînent pas de lésions précancéreuses dans les organes mobilisés », nuance la scientifique.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cancer-et-obesite-comment-la-graisse-en-exces-fait-naitre-des-tumeurs-K5I6H7PDQBANNITE7CJWZNS2XM/

    Author : Antoine Beau

    Publish date : 2025-02-04 18:01:00

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  • Fonds souverain de Donald Trump : ce que le président américain a en tête

    Une grande première aux Etats-Unis. Entre quelques saillies sur l’imposition de nouveaux tarifs douaniers à ses partenaires commerciaux, Donald Trump a trouvé le temps de faire une autre annonce choc. Lundi 3 février, le nouveau président américain a signé un décret permettant à Washington de lancer dans les prochains mois un fonds souverain. Ce dispositif, pour le moment surtout utilisé par des pays émergents ou dotés d’importantes ressources naturelles, pourrait participer au rachat de TikTok outre-Atlantique.

    L’idée n’est pas nouvelle : l’administration Biden réfléchissait d’ailleurs déjà à mettre en place un tel fonds souverain avant la victoire de Donald Trump lors de la dernière élection présidentielle. Mais cette fois, le milliardaire semble bel et bien décidé à concrétiser l’initiative, qui pourrait selon lui financer « de grands projets nationaux » dans le pays. Quels sont les enjeux d’une telle mesure ? Pourquoi une nation peut-elle avoir recours à un fonds souverain ? Décryptage.

    Qu’est-ce qu’un fonds souverain ?

    Ce type de système n’est pas forcément très connu en Europe. Pourtant, le fonctionnement d’un fonds souverain est assez simple. Il s’agit en fait d’un fonds d’investissement directement lié à un Etat. L’objectif ? Profiter des excédents de l’économie du pays pour placer cet argent dans divers intérêts – puis faire fructifier cet argent. Cela peut passer par des placements boursiers, des investissements dans des entreprises – y compris étrangères – ou encore via des achats intéressants dans l’immobilier.

    En dégageant des profits supplémentaires grâce à leurs placements, les Etats peuvent ensuite les utiliser pour financer toutes sortes de projets. Autre avantage : cet argent constitue une manne financière importante pour prémunir l’économie de son pays et ses citoyens en cas d’imprévu sur les marchés. Un rôle de stabilisation qui a déjà servi à fournir des ressources à certaines banques occidentales mal en point au début de la crise des subprimes, en 2008.

    Le financement d’un fonds lui-même diffère selon les pays. À l’instar du premier fonds souverain, créé en 1953 au Koweït, beaucoup de régimes du Golfe ont mis en place de tels dispositifs pour faire fructifier leurs rendements perçus grâce aux hydrocarbures, notamment le pétrole. Les excédents commerciaux représentent l’autre principale source d’alimentation des fonds souverains dans le monde, en particulier dans les pays asiatiques.

    Qu’a annoncé précisément Donald Trump ?

    La volonté de créer un fonds souverain aux Etats-Unis, longtemps réticents à ce type de système, dénote une nouvelle fois de la volonté de Donald Trump d’ »enrichir » les Américains, comme répété ces dernières semaines. Il a laissé entendre que l’imposition de nouveaux droits de douane pourrait participer à financer ce nouveau fonds souverain. Pour lui, cette caisse pourrait même servir à un éventuel achat de TikTok, contraint par les Etats-Unis de se séparer de sa maison-mère chinoise ByteDance. « Nous pourrions placer cet argent dans le fonds souverain, quel qu’il soit, ou si nous établissons un partenariat avec des personnes très fortunées », a assuré Donald Trump.

    Si la vision du président américain semble en la matière imprécise, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a donné quelques maigres informations sur les échéances à venir avant le lancement d’un tel fonds. « Nous allons mettre en place ce plan dans les 12 prochains mois », a-t-il promis, lors d’une conférence de presse. « Ce sera une combinaison d’actifs liquides, d’actifs que nous avons dans ce pays, au fur et à mesure que nous faisons en sorte de les mettre à la disposition du peuple américain. »

    En revanche, comme rapporté par CNBC, le décret exécutif permettant la création du fonds détaille davantage les objectifs de ce dernier. Ainsi, selon ce document, le fonds souverain américain aura pour ambition de « promouvoir la durabilité budgétaire, d’alléger le fardeau fiscal des familles et des petites entreprises américaines, d’établir la sécurité économique pour les générations futures et de promouvoir le leadership économique et stratégique des Etats-Unis à l’échelle internationale ».

    Reste que les contours de son système de financement, au moment où les Etats-Unis demeurent largement déficitaires, paraissent pour le moment bien flous. Plusieurs experts du Center for Global Development, un think tank basé à Washington et à Londres, ont estimé dans une synthèse publiée le 27 janvier dernier qu’une telle proposition s’avérait risquée. « Aucun flux de revenus au niveau fédéral ne pourrait être utilisé de manière réaliste pour capitaliser » ce type de fonds souverain aux Etats-Unis, estiment les trois chercheurs Clemence Landers, Erin Collinson et Justin Hurley. « Compte tenu du bilan des Etats-Unis, une proposition qui repose sur d’hypothétiques excédents budgétaires futurs est irréaliste. »

    Quels pays possèdent aujourd’hui un fonds souverain ?

    Plusieurs dizaines de pays possèdent un ou des fonds souverains. Le plus important au monde est celui de la Norvège, le Government Pension Fund-Global, dont les placements ont généré en 2024 des gains records. En effet, 214 milliards d’euros ont été gagnés à ce mécanisme, qui puise dans les revenus pétroliers du pays afin d’investir dans des capitaux. Cette année faste pour le fonds norvégien s’explique par la nature de ses placements. L’Etat scandinave détient ainsi des parts dans plusieurs géants de la tech, comme Apple, Microsoft, Amazon, Tesla ou Meta. Des entreprises à succès qui lui permettent d’acquérir un retour sur investissement avantageux.

    Au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite dispose également d’un richissime fonds souverain, là aussi alimenté grâce au commerce d’hydrocarbures. Cet outil, le Fonds d’investissement public (PIF), est un élément central de la stratégie de développement de la pétromonarchie. Le pays compte en effet depuis des années diversifier ses revenus au-delà de la rente pétrolière. Exemple parmi tant d’autres : ce fonds a permis le financement d’un championnat saoudien de football bien plus compétitif depuis quelques années, avec l’arrivée dans cette ligue de joueurs à la stature internationale, comme le quintuple Ballon d’or portugais Cristiano Ronaldo ou l’ex-star du PSG Neymar.

    Chine, Singapour, Nouvelle-Zélande, Emirats arabes unis, Qatar, Malaisie, Oman… De nombreux Etats disposent donc de fonds souverains. En 2023, l’ensemble de ces dispositifs avaient atteint un total de 13 000 milliards de dollars d’actifs dans le monde, soit un chiffre en hausse de 14 % par rapport à l’année précédente, selon un rapport de l’université IE de Ségovie (Espagne) réalisé en partenariat avec ICEX-Invest. D’après cette étude, les investissements de ces fonds souverains se dirigent de plus en plus vers des pays du Sud, notamment vers l’Inde.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/fonds-souverain-de-donald-trump-ce-que-le-president-americain-a-en-tete-IO7YVOB5WVAWNHPEHTPAATHLBU/

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    Publish date : 2025-02-04 16:24:00

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  • Pollution : les cours d’eau dans un état « critique » en Europe

    Lacs, rivières, fleuves, sources… Les eaux de surface en Europe sont dans un état sanitaire « critique », avertit ce mardi 4 février, un rapport de la Commission européenne. « Seulement 39,5 % des masses d’eau de surface de l’UE sont en bon état écologique et 26,8 % en bon état chimique » en 2021 contre 33,5 % en 2015. Une pollution « principalement due à une large contamination par le mercure et d’autres polluants toxiques », explique la Commission.

    Le rapport souligne également que les Etats membres ne parviendront pas à atteindre les objectifs européens sur la qualité de l’eau en 2027. La France figure parmi les mauvais élèves. Dans l’hexagone, « 31 % des masses d’eau souterraines sont polluées par des pesticides et des nitrates », indique le rapport.

    En juillet, la Commission européenne avait engagé une procédure contre la France devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect de la directive sur l’eau potable, en raison de concentrations trop élevées de nitrates.

    « Stratégie sur la résilience de l’eau »

    Chargée de l’environnement, la commissaire européenne Jessika Roswall doit dévoiler dans les mois qui viennent une « stratégie sur la résilience de l’eau ». Tout en appelant à être plus innovant pour l’environnement en matière de financement, la commissaire promet également, en fin d’année, une proposition pour réviser la loi qui encadre les substances chimiques en Europe (Reach) et mieux lutter contre les PFAS, ces « polluants éternels » synthétiques quasi indestructibles et qui contaminent les eaux.

    Parmi les mesures proposées, l’UE évoque la piste encore embryonnaire de « crédits nature », que pourraient obtenir et réinvestir des agriculteurs ou des propriétaires forestiers vertueux en matière écologique. La piste d’une interdiction des PFAS dans les produits de consommation courante « comme les boîtes à pizza ou les vêtements imperméables » est aussi envisagée, a expliqué la commissaire suédoise à quelques journalistes.



    Source link : https://www.lexpress.fr/environnement/pollution-les-cours-deau-dans-un-etat-critique-en-europe-QM5BQFDFLBGPNN5ULJ42EBFT4A/

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    Publish date : 2025-02-04 15:00:00

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  • Aide à l’Ukraine : que sont les terres rares, convoitées par Donald Trump ?

    Dysprosium, néodyme, cérium… Ces métaux seront-ils la prochaine monnaie d’échange pour Kiev, afin de s’assurer de l’aide militaire américaine face à Moscou ? Donald Trump a dit, lundi 3 février, vouloir négocier un « accord » avec l’Ukraine de manière à ce qu’elle offre aux États-Unis une « garantie » sur ses « terres rares ». Que sont ces métaux, désormais stratégiques pour le développement de plusieurs technologies, et en quoi ont-ils leur importance dans le conflit ukrainien ?

    Une demande mondiale en pleine croissance

    Les terres rares sont composées de 17 matières premières, découvertes à la fin du XVIIIe siècle en Suède, et possédant chacune des propriétés différentes. Ces éléments ont été regroupés sous une même appellation, car ils sont souvent présents dans les mêmes sols. Une fois le minerai récupéré dans la terre, il fait l’objet d’un traitement de « séparation » assez coûteux pour le séparer des autres éléments.

    Dites rares, ces terres sont en réalité plutôt abondantes sur la planète, leur découverte augmentant avec la demande. Dans un bilan de 2024, l’US Geological Survey évaluait à 110 millions de tonnes les réserves mondiales, dont plus du tiers, 44 millions de tonnes, situées en Chine, 22 millions au Vietnam, 21 millions au Brésil, 10 millions en Russie et 7 millions en Inde.

    « Plus la demande progresse pour ces matières premières, plus les gens en cherchent, et plus ils en trouvent. Le problème est davantage dans la relation entre le coût d’extraction et le prix de marché », analyse auprès de l’AFP John Seaman, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

    Or la demande devrait continuer à augmenter. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, l’Union européenne aura, par exemple, besoin à cette date de 26 fois plus de terres rares qu’aujourd’hui, selon les calculs de l’université KU Leuven pour Eurométaux, l’association européenne des producteurs de métaux.

    Indispensables à l’industrie

    Chacun de ces minéraux a son utilité pour l’industrie, entre l’europium utile aux écrans de télévision, le cérium destiné au polissage du verre ou le lanthane pour les catalyseurs dans les moteurs à essence. On peut en trouver aussi bien dans un drone, une éolienne, un disque dur, un moteur de voiture électrique, une lentille de télescope ou un avion de chasse. « Certains de ces éléments sont plus ou moins irremplaçables, ou alors à des coûts élevés », note John Seaman.

    Irremplaçables parce que leurs propriétés sont parfois uniques, ils sont par exemple privilégiés pour fabriquer les aimants permanents des éoliennes en mer, grâce aux qualités du néodyme et du dysprosium. Une fois installés, les aimants nécessitent peu d’entretien et affichent de fortes performances, facilitant le fonctionnement de ces équipements installés loin des côtes.

    Concurrence avec la Chine

    Dans la course aux minerais stratégiques, la Chine est en bonne position. D’une part, car elle en est richement dotée, mais aussi car elle bénéficie des « avantages tirés d’un retard dans la régulation des industries extractives », souligne Jane Nakano, chercheuse à Washington, au Centre international d’études stratégiques (CSIS).

    Pékin a en effet su, au fil des années et d’investissements publics massifs, maintenir un large réseau de raffinage des matériaux bruts, amenant aujourd’hui de nombreux producteurs sur la planète à y exporter leurs minerais. Pékin a par ailleurs déposé davantage de brevets dans les terres rares que l’ensemble du reste du monde réuni, signale Jane Nakano.

    Diversifier les approvisionnements

    Entre divergences commerciales et géopolitiques, les tensions entre la Chine et l’Occident sont nombreuses. Bruxelles et Washington sentent l’urgence à diversifier leurs approvisionnements sur ces matières premières essentielles. Les craintes de blocages reposent d’ailleurs aussi sur un douloureux précédent : Tokyo avait vu son robinet de terres rares coupé par la Chine en 2010 en raison d’un conflit territorial.

    Le Japon a depuis diversifié ses approvisionnements, en passant des accords avec l’entreprise australienne Lynas en Malaisie et en développant sa filière de recyclage. Aux États-Unis, une autre alerte s’est produite en mai 2019. En pleine guerre commerciale avec Washington, le président chinois Xi Jinping avait effectué une visite dans une usine de traitement de terres rares, laissant ainsi planer la menace d’un blocage par la Chine des exportations de terres rares raffinées.

    L’Ukraine, une solution pour les Occidentaux ?

    Face à ce problème, de nombreux regards se tournent vers l’Ukraine, où Volodymyr Zelensky n’exclut pas de mettre à profit les terres rares pour soutirer un soutien militaire. Dans un plan de paix dévoilé en octobre dernier, le président ukrainien avait, sans évoquer spécifiquement les terres rares, proposé un « accord spécial » avec les partenaires de son pays, permettant une « protection commune » et une « exploitation commune des ressources stratégiques » de son pays.

    Il avait donné pour exemples « l’uranium, le titane, le lithium, le graphite et d’autres ressources stratégiques de grande valeur ». Ces minerais feront probablement partie de « l’accord » mentionné en début de semaine par Donald Trump : « Nous cherchons à trouver un accord avec l’Ukraine selon lequel ils apporteraient en garantie leurs terres rares et d’autres choses en échange de ce que nous leur donnons », a indiqué le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/aide-a-lukraine-que-sont-les-terres-rares-convoitees-par-donald-trump-DIHZGFRMFZCHXBT5D2KNUR32WE/

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    Publish date : 2025-02-04 14:00:00

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  • L’échec, la clé du succès de la tech américaine : pourquoi l’Europe doit s’en inspirer, par Eric Chol

    En Europe, on sait bien faire de la science avec de l’argent, mais on ne sait pas bien faire de l’argent avec la science. Ce constat, formulé par l’un des meilleurs observateurs de l’Europe, explique bien le fossé qui ne cesse de se creuser entre les deux rives de l’Atlantique en matière d’innovation. L’iPhone, ChatGPT, WhatsApp portent le drapeau américain. Et pourtant, nous susurre-t-on, l’Europe s’y connaît en matière d’intelligence artificielle. Mais que fait-elle de son gisement de talents, sinon le laisser partir dans les grandes écuries de la Silicon Valley ? Faudrait-il les retenir ? Multiplier les soutiens publics aux start-up ? Accélérer les cursus de formation dans la tech ? Trouver des nouveaux milliards d’euros pour la recherche ? Sans doute, mais ces mesures ne résolvent pas le constat d’échec rappelé plus haut : en Europe, on ne sait pas bien faire de l’argent avec la science.

    Comment font donc les Etats-Unis ? Deux Français, l’entrepreneur Olivier Coste et l’économiste Yann Coatanlem, apportent une réponse, via leur étude publiée fin 2024 par l’université de Bocconi. « Aux Etats-Unis, souligne Olivier Coste (1), le taux d’échec des projets lancés dans les grandes boîtes de tech américaine approche les 80 %. Quatre projets sur cinq se plantent, mais de temps en temps, il y en a un profondément disruptif qui va rencontrer le succès tant sur le plan technologique que du côté des consommateurs. » L’échec, la clé du succès de la tech américaine ? Oui, à condition de se le permettre. « Quand vous faites cinq projets dont quatre échouent, vous gagnez de l’argent aux Etats-Unis. En Europe, vu les coûts de restructuration, vous êtes sûr de perdre de l’argent. »

    Elle le fait payer cher à ses entrepreneurs

    Bref, l’Europe, qui a dominé le monde pendant cinq siècles par son esprit d’innovation depuis l’invention de l’imprimerie en 1450, non seulement n’accepte plus l’échec mais le fait payer cher à ses entrepreneurs. « Aux Etats-Unis, une entreprise de la tech qui constate au bout de trois ans ou cinq ans que les résultats ne sont pas là, arrête son projet et licencie ses ingénieurs. En Europe, les restructurations requièrent des délais plus longs et coûtent plus cher. » Dix fois plus cher, calculent les deux auteurs. Une facture trop lourde, qui freine les initiatives. « Quand on comprend que ce retard européen est d’abord lié à un problème de rentabilité lié au coût de l’échec, alors la solution devient réalisable », assure Olivier Coste.

    La solution ? Assouplir les conditions de licenciement, en France, en Allemagne et dans la plupart des pays européens pour les ingénieurs de la tech, payés au-dessus de 50 000 euros par an. « Réformer le marché du travail au-dessus d’un certain seuil de salaire paraît politiquement faisable et économiquement très efficace « , estime l’entrepreneur, ravi que l’idée ait été reprise dans la boussole de la compétitivité d’Ursula von der Leyen. L’avantage de la mesure ? Elle est simple et ne coûte rien en argent public. Surtout, elle apporte un début de réponse au « grand défi ». Celui sur lequel alertait déjà Jean-Jacques Servan-Schreiber dans L’Express il y a soixante ans : « L’écart entre la surpuissance du continent nord-américain et le reste du monde industriel, au lieu de diminuer, grandit. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/lechec-la-cle-du-succes-de-la-tech-americaine-pourquoi-leurope-doit-sen-inspirer-par-eric-chol-EFGFQTC6GVAANC2JIPYHFHC6OE/

    Author : Eric Chol

    Publish date : 2025-02-04 12:00:00

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  • Alzheimer : comment les fraudes et la cupidité ont entravé la recherche

    Charles Piller est un homme pointilleux. Du genre à ne rien laisser passer. Donnez-lui rendez-vous, et vous verrez. Quatre petites minutes de retard, et il relance. Exactement ce que l’on attend du personnage. Ce journaliste américain, passionné par les « histoires complexes » – vraiment complexes – est une figure de l’investigation scientifique. Son credo : les aventures pharmaceutiques qui déraillent, celles où des millions de dollars et la vie des malades sont en jeu.

    L’enquêteur indépendant est à l’origine d’importantes révélations de fraudes dans la recherche contre la maladie d’Alzheimer. Les méconduites qu’il a mises au jour vont jusqu’à des résultats totalement inventés. Elles ont conduit à la chute de plusieurs pontes du domaine, et à la disparition d’entreprises à très forte valorisation. De quoi, dit-il, provoquer un important retard dans la lutte contre cette pathologie, qui touche chaque année plus de 50 millions de personnes dans le monde, et pour laquelle il n’existe aucun remède.

    Plongé dans ses enquêtes – publiées dans la prestigieuse revue scientifique Science – Charles Piller s’est forgé une conviction : la recherche sur Alzheimer est « minée par la fraude, la cupidité et l’arrogance ». Au point d’affaiblir la crédibilité de certaines certitudes scientifiques, et des priorités thérapeutiques qui en découlent. Une thèse qu’il défend dans son dernier livre Doctored. Fraud, Arrogance, and Tragedy in the Quest to Cure Alzheimer’s, paru le 4 février aux Etats-Unis*.

    Une étude « embellie »

    Son récit commence en 2021, par hasard. Débordés, ses confrères à Science lui transmettent un contact, un professeur de neurologie à l’université de Vanderbilt, aux Etats-Unis. Il jure que les fraudes dans la recherche sur Alzheimer sont légion, qu’il en a identifié des dizaines, et que les institutions font la sourde oreille. « Des informateurs aux infos invérifiables, il y en a tout le temps », se dit-il au départ. La source en question s’appelle Matthew Schrag. Charles Piller lui doit tout.

    Nombreux sont les lanceurs d’alertes à hurler dans le désert. Matthew Schrag n’est pas de ce genre. « Consciencieux, prudent, qui fait toujours passer les faits avant les interprétations », la source s’est avérée particulièrement convaincante. La carrière de ce brillant neuroscientifique se résume à examiner des images de tissus cérébraux, prises au microscope, par milliers. Il sait d’instinct reconnaître les protéines qui s’amassent dans le cerveau. Les vraies, comme les fausses.

    En plus de ses travaux scientifiques, Matthew Schrag travaille comme consultant pour de grandes entreprises sur des litiges. Une affaire le pousse à relire l’étude phare du domaine, celles des chercheurs Sylvain Lesné et Karen Ashe. Le duo, un Français et une Américaine de l’université du Minnesota, revendique la découverte de Aβ*56, une des protéines suspectée d’être à l’origine des pertes de mémoires causées par Alzheimer. Une avancée potentiellement majeure – mais qui s’avérera reposer sur une fraude.

    Matthew Schrag découvre que l’étude a été « embellie ». Certains clichés d’expériences ont été trafiqués. Il dit tout à Charles Piller, qui vérifie, confronte, enquête pendant des mois avant de publier. En juin 2024, l’article scientifique est rétracté. L’impact est immense. « De nombreux scientifiques ont tenté d’approfondir ou de refaire ces travaux. On parle de centaines de millions de dollars au minimum, qui ont été dépensés sur la base de cette étude », insiste Charles Piller.

    Des douzaines d’études manipulées

    Il est aujourd’hui admis qu’Alzheimer est causé par une accumulation anormale de protéines amyloïdes, qui forment des « plaques » autour des neurones. Ces agrégats permettent à des composants nocifs de se développer et de tuer les cellules nerveuses. L’étude de Lesné et Ashe allait plus loin, identifiant un mécanisme précis dans cette « cascade ». Ses résultats n’ont jamais été reproduits, malgré de nombreuses tentatives. « Il y a peut-être d’autres pistes qui auraient pu être explorées, et qui ne l’ont pas été, ou moins, à cause de cette étude », regrette Charles Piller.

    Le cas de Lesné et Ashe n’est que le premier d’une très longue série de tromperies. Dernier exemple en date, l’affaire Cassava Sciences, elle aussi repérée par Matthew Schrag. La start-up, un temps star de l’industrie, promettait le graal : restaurer les capacités cognitives des malades. De quoi pulvériser les médicaments anti-Alzheimer déjà sur le marché, dont les effets sont quasiment imperceptibles. L’entreprise a attiré des centaines de millions de dollars en présentant des résultats en laboratoire sans précédent. Des fraudes, là encore, révélées cette fois-ci à la fin de l’année 2024.

    Dans cette histoire, des douzaines d’études ont été manipulées. Les autorités ne s’en sont pas aperçues à temps, des essais cliniques de phase II ont été lancés, avant d’être interrompus. Des dizaines de malades ont reçu des pilules estampillées Cassava Sciences, pour rien, ou presque. En juin, l’un des chercheurs associé aux découvertes de Cassava, Yan Wang a été inculpé d’escroquerie par le ministère américain de la Justice. L’entreprise a dû verser 40 millions de dollars de dédommagement à l’Etat américain.

    « Ce que montrent ces histoires, c’est que le système scientifique et pharmaceutique dans son ensemble est très vulnérable aux méconduites. Ce ne sont pas des cas isolés, mais un véritable problème de santé publique. Il nous faut tous un degré de vigilance scientifique plus élevé. Plus de Matthew Schrag en somme », résume le journaliste.

    Une « mafia » de tricheurs

    La force de Doctored réside dans la richesse des cas présentés. Une demi-douzaine de chercheurs, parfois très haut placés au sein des institutions, y sont épinglés. La plus grosse prise de Charles Piller ? Eliezer Masliah, directeur de la division des neurosciences à l’Institut national sur le vieillissement. 2,6 milliards d’euros de budget. Le journaliste a découvert que 132 articles contenaient des images manipulées. L’institution s’est séparée du spécialiste. Elle reconnaît des « falsifications ».

    Pourquoi autant de manquements ? Charles Piller pointe l’ »empressement » du milieu. Les patients en souffrance sont nombreux, et les profits potentiellement gigantesques. L’histoire du premier médicament autorisé aux Etats-Unis en est un exemple frappant, selon lui. « Ce produit, appelé Aduhelm, n’aurait pas dû être approuvé par le régulateur, la Food and Drug Agency (FDA). Son bénéfice n’est pas perceptible, et il provoque des atteintes cérébrales. Le comité d’experts de la FDA a voté contre sa mise sur le marché, mais l’institution a quand même décidé d’autoriser la vente. Ce n’est pas normal », raconte Charles Piller.

    Le journaliste plaide pour plus de garde-fou : « Aux Etats-Unis, beaucoup d’experts des agences font du consulting pour l’industrie. Les entreprises payent l’évaluation de leur médicament. C’est une source de conflits d’intérêts ». Et de citer les SMS privés envoyés par le fabricant d’Aduhelm, le laboratoire Biogen, à la direction de la FDA. « On parle de l’évaluation d’une substance potentiellement toxique. Le secret de la procédure est primordial », complète-t-il.

    Une « mafia » de tricheurs, des industriels « avides » et des institutions en échec. Quasiment du Robert F. Kennedy dans le texte. Le rapprochement avec le ministre de la Santé de Donald Trump, complotiste et antivaccin, vexe le journaliste. « Je partage un regard critique mais la plupart de ses mesures seraient désastreuses. Il veut licencier tout le personnel des agences, ce qui ne résoudrait pas le problème. Reste que le sujet est important. Les institutions américaines peinent à identifier et gérer les méconduites. Trop souvent, la poussière est mise sous le tapis. »

    * Non traduit, éditions One Signal, 352 p.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/alzheimer-la-recherche-entravee-par-des-fraudes-les-incroyables-revelations-dun-enqueteur-QLKIC3ICONG5BJEFFTLSWKADJI/

    Author : Antoine Beau

    Publish date : 2025-02-04 11:23:00

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  • « A l’amour, à la mort » : une comédie romantique hispanisante pour la Saint-Valentin

    Décrire un scénario de comédie romantique ressemble souvent à la loterie d’un générateur automatique. Coup de foudre à Notting Hill ? L’histoire d’un libraire qui tombe amoureux d’une star de cinéma. Pretty Woman ? Celle d’un homme d’affaires qui tombe amoureux d’une prostituée. La Proposition ? Une éditrice se fiance avec son assistant pour ne pas être expulsée des Etats-Unis (Oui, elle en tombe amoureuse). A l’amour, à la mort, la nouvelle série espagnole d’Apple TV +, ne déroge pas à la règle. Cette fois, un jeune homme venant d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer du cœur rencontre sa dulcinée, enceinte, lors d’un enterrement. Déprimant ? Détrompez-vous : cette série espagnole est un bijou de drôlerie et de légèreté. L’objet ne révolutionne pas le genre, tant les ingrédients habituels d’une bonne « romcom » sont là. Un personnage principal prudent et mal dégrossi, sorte de Hugh Grant à la sauce espagnole ; sa partenaire de jeu, indomptable mais charmée malgré elle ; pour décor, la chaleur du soleil espagnol. Mais l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne, appuyée par de solides rôles secondaires et un humour décalé.

    Au cinéma, la comédie romantique a atteint son zénith au début des années 2000. Ce n’est pas une affirmation péremptoire, mais la réalité des chiffres. Mariage à la grecque, sorti en 2002, est le plus grand succès au box-office accompli par le genre (241 millions de dollars de recettes) suivi par Ce que veulent les femmes (183 millions de dollars), en 2000. Une seule comédie sortie après 2010, Crazy Rich Asians, figure dans ce top 10 (175 millions de dollars). « La comédie romantique est morte. Très bien. », se réjouissait le Washington Post en 2016. L’oraison funèbre a sans doute été prononcée trop tôt.

    Délaissé en salle, ce (pas toujours) subtil mélange d’humour et de romance n’en est pas moins affectionné par les plateformes. Les figures imposées de la comédie romantique ont trouvé refuge ces dernières années dans le feuilleton. Avec un succès plus franc, à en croire le nombre de projets lancés. Netflix les a multipliés (Heartstopper, Emily in Paris, La Chronique des Bridgerton), recueillant des accolades critiques pour sa dernière version du genre, Nobody Wants This. Le géant du streaming avait sorti l’artillerie lourde, avec des stars des séries des années 2000 (Adrian Brody, vu dans Newport Beach et Kristen Bell, dans Veronica Mars) et un scénario sonnant encore comme une punchline : une podcasteuse tombe amoureuse d’un rabbin.

    Amazon Prime a également tenté l’expérience avec l’adaptation d’un roman de Jenny Han, L’été où je suis devenue jolie. Ici aussi, l’intrigue tient sur un post-it (le cœur d’une adolescente balance entre deux frères), et la série vaut grâce au charme de ses interprètes. Sur Disney +, on retiendra Wedding Season (une variation sur le thème du thriller), et surtout la jubilatoire Rivals, adaptation d’une série de romans érotiques anglais des années 1980. En costume, version comédie d’espionnage ou classique « fuis-moi je-te-suis » : la romcom se décline sous tous les genres, sous toutes les époques et dans toutes les langues. Pour la prochaine Saint-Valentin, on vous conseille la version hispanisante.



    Source link : https://www.lexpress.fr/societe/a-lamour-a-la-mort-une-comedie-romantique-hispanisante-pour-la-saint-valentin-6LSFRQOVXVF5XO7NYKE47G4FEI/

    Author : Alexandra Saviana

    Publish date : 2025-02-04 10:00:00

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  • Droits de douane : la réalité des chiffres derrière les menaces de Donald Trump contre l’Europe

    Chacune de ses déclarations a de quoi inquiéter les Européens. Le président américain Donald Trump, lancé dans sa guerre commerciale après l’imposition de nouveaux droits de douane contre le Canada, le Mexique (finalement annoncés comme suspendus pour « un mois » par la Maison-Blanche ce lundi 3 février) et la Chine, ne compte pas épargner l’Union européenne. Fidèle à sa doctrine protectionniste et à son slogan de campagne – America first –, il compte enclencher dans les prochaines semaines une nouvelle offensive tarifaire dans les prochaines semaines contre les 27.

    Dimanche, en déplacement dans le Maryland, il a en tout cas répété cette volonté, qualifiant d’ »atrocité » la position de l’UE à l’égard de Washington. « Ils ne prennent pas nos voitures, ils ne prennent pas nos produits agroalimentaires, ils ne nous prennent presque rien, alors que nous prenons tout d’eux. Des millions de voitures, d’énormes quantités de nourriture et de produits alimentaires… » Le milliardaire dit « ne pas avoir » de calendrier quant à la mise en place de droits de douane envers l’UE, mais a assuré réservé des annonces sur le sujet pour « très bientôt ».

    Excédent commercial favorable à l’UE

    Concrètement, à quoi peut s’attendre l’Union européenne ? Difficile de le savoir, les mouvements de Donald Trump étant parfois imprévisibles. L’ampleur de l’augmentation de ces taxes sera aussi à surveiller pour se faire une idée plus précise de leurs conséquences sur l’économie européenne. Dans tous les cas, de telles mesures pourraient produire une nouvelle augmentation de l’inflation des deux côtés de l’Atlantique. L’Union européenne a promis, dimanche, de riposter « fermement » si le locataire de la Maison-Blanche venait à mettre à exécution ses menaces.

    Les 27 redoutent ces potentiels nouveaux droits de douane, tant leurs liens économiques avec Washington sont importants. Les Etats-Unis et l’Union européenne constituent chacun le principal partenaire économique de l’autre. La Commission européenne fournit des chiffres détaillés sur les échanges entre les deux puissances. En matière de commerce de biens, l’UE sort bel et bien gagnante de sa relation avec les Etats-Unis. Ainsi, en 2023, elle a exporté outre-Atlantique pour 504 milliards d’euros, contre 347 milliards d’euros de biens américains. Après cet exercice, l’Europe s’en est donc sortie avec un excédent de 187 milliards d’euros.

    Un chiffre qui ne prend toutefois pas en considération les échanges de services entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Sur cet aspect, la configuration est inversée : les Européens importent bien plus du marché américain (396,4 milliards d’euros en 2023) qu’ils n’exportent de l’autre côté de l’Atlantique (292,4 milliards d’euros). Au total, en incluant biens et services, les échanges commerciaux ont donc représenté la manne énorme de plus de 1540 milliards d’euros sur l’année 2023.

    L’Allemagne premier exportateur vers le marché américain

    L’Europe, qui consacre 16,7 % de ses exportations hors UE aux Etats-Unis, peut légitimement craindre une redéfinition de sa relation commerciale avec Washington. Mais les Américains, qui exportent 18,6 % de leurs produits vendus à l’étranger vers l’UE, ne sont pas non plus à l’abri des conséquences de mesures de rétorsion probablement décidées par l’UE si Donald Trump passait aux actes. Selon un rapport du cabinet de conseil Roland Berger, l’annonce de nouveaux droits de douane couplés aux taxes de riposte de l’UE – mais aussi de la Chine – pourrait coûter aux Etats-Unis 749 milliards de dollars d’ici à 2029, contre 533 milliards de dollars pour les Européens.

    Qu’importent les effets pervers d’une telle mesure sur le marché américain, les 27 membres de l’UE se soucient avant tout des répercussions sur leurs propres économies. Certains pays seraient bien plus touchés que d’autres, en raison de leurs connexions plus ou moins importantes avec les Etats-Unis. D’après les statistiques d’Eurostat, l’Allemagne, qui a exporté vers le pays plus de 157 milliards d’euros de biens en 2023, notamment dans le secteur automobile, a de quoi appréhender la « muraille douanière » voulue par Donald Trump. Suivent ensuite l’Italie (67 milliards d’euros de biens exportés vers les Etats-Unis), l’Irlande (51 milliards) et la France (43 milliards).

    Mais, en se penchant sur d’autres données, plus que la quantité de biens expédiés vers les consommateurs américains, leur part dans les échanges commerciaux de chaque pays doit aussi être prise en compte. Certaines nations européennes, de taille plus réduite, pourraient pâtir d’une trop grande dépendance aux Etats-Unis. Ainsi, près de la moitié (45,8 %) des exportations de l’Irlande hors Union européenne est à destination du marché américain. Pour la Finlande, second pays européen en la matière, c’est plus du quart (25,5 %).

    Face à la pression commerciale américaine, l’Union européenne pourrait être tentée d’entreprendre la mise en place d’attaches économiques plus fortes avec d’autres grandes puissances économiques. C’est en substance la volonté exprimée vis-à-vis de la Chine par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors du Forum économique de Davos (Suisse), le 21 janvier dernier. « Il est temps de rééquilibrer notre relation avec la Chine, dans un esprit d’équité et de réciprocité », avait alors appelé la dirigeante, au moment où Pékin s’est également fait infliger de nouveaux tarifs douaniers par Donald Trump.

    Automobile et pharmaceutique menacés

    Malgré tout, y a-t-il une part de vérité dans le discours de Donald Trump lorsqu’il vise plus spécifiquement les échanges européano-américains en matière d’automobile et d’agroalimentaire ? Concernant le premier domaine cité, l’UE exportait hors de ses frontières en 2022 23 % de ses voitures produites vers les Etats-Unis. Toujours selon Eurostat, elle importait dans le même temps vers l’Union 14 % d’automobiles américaines (hors UE). Pour les produits agroalimentaires, le constat est peu ou prou le même. Le marché américain constitue en effet le deuxième plus important pour les Européens, avec 27 milliards d’euros d’exportations en 2023, soit 12 % du total de celles-ci. En revanche, l’UE n’importe que 11,7 milliards d’euros d’aliments américains, ce qui en fait le 4ᵉ importateur sur le territoire après le Brésil, le Royaume-Uni et l’Ukraine.

    Enfin, certains secteurs pourraient s’attendre à être encore plus concernés par l’incidence de droits de douane américains plus importants. En plus des géants de l’automobile, l’industrie pharmaceutique européenne, importante exportatrice vers les Etats-Unis, pourrait s’attendre à des conséquences importantes sur son activité. Lors de son premier mandat, Donald Trump avait d’ailleurs fait part de sa volonté de réduire les liens sur ce domaine, notamment en matière de recherche médicale, afin de favoriser les patients américains, face aux patients européens.

    Les dirigeants européens, réunis ce lundi à Bruxelles en présence du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et du Premier ministre britannique Keir Starmer pour un sommet informel sur la défense européenne, se disent prêts à répliquer face aux menaces de Donald Trump. « Si nous étions attaqués sur les sujets commerciaux, l’Europe, comme une puissance qui se tient, devra se faire respecter et donc réagir », a ainsi exposé le président français Emmanuel Macron. Le chancelier allemand Olaf Scholz a pour sa part répété que ces nouveaux droits de douane seraient « mauvais pour les Etats-Unis, mauvais pour l’Europe ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/droits-de-douane-la-realite-des-chiffres-derriere-les-menaces-de-donald-trump-contre-leurope-2MUKM6TPJZC6RBA7AOCTP3LLIQ/

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    Publish date : 2025-02-04 06:45:00

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  • Bruno Bonnell : « L’Europe doit soutenir Mistral, ce n’est même pas un débat »

    Il répète à l’envi qu’il a un des meilleurs postes au sein de la République. Bruno Bonnell a la responsabilité d’un maxi-portefeuille de 54 milliards d’euros réservé à l’innovation. Le secrétaire général dédié à l’investissement en charge du plan « France 2030 » traverse également depuis janvier 2022 les législatures et les gouvernements sans trembler. Mais tout n’est pas si rose. Le déficit budgétaire l’oblige en ce moment à jouer les équilibristes dans ses comptes. Les critiques sont enfin nombreuses sur ses choix d’avenir : seront-ils efficaces ? Saupoudre-t-il trop l’argent à disposition ? Ses résultats à lui ne feront peut-être effet que dans plusieurs années. Et il faut sans cesse ajuster la mire. Dans l’intelligence artificielle, le « moment DeepSeek » – du nom de cette start-up chinoise qui bouleverse actuellement le marché – vient remettre en question la politique d’investissement. Bruno Bonnell doit donner le cap. Entretien.

    L’Express : Dans la course à l’intelligence artificielle, le cas de la start-up chinoise DeepSeek semble indiquer que l’argent est peut-être moins déterminant qu’on ne l’imaginait pour être compétitif. Quelles leçons en tirez-vous ?

    Bruno Bonnell : Un enseignement, c’est que la réponse stratégique pour la France et l’Europe est probablement d’accélérer sur l’open source. Ce socle ouvert est une bonne stratégie de réponse aux licences payantes américaines, afin de contrer leur domination. Le numérique moderne est d’ailleurs basé sur une multitude de logiciels open source, comme Linux. Il faut, à ce titre, que l’on soutienne Mistral, ce n’est même pas un débat. L’Etat, tous les capitaux privés, toutes les entreprises doivent être derrière. Economiquement, c’est viable. Car on peut ensuite construire beaucoup d’applications à partir de cette base. On peut ainsi essayer d’obtenir en Europe les meilleurs champions en IA médicales, culturelles… Pour cela, nous allons dans France 2030 doubler la mise dans l’IA, en passant de deux à quatre milliards d’investissements.

    Mais le vrai sujet n’est pas seulement économique, il est culturel : on ne peut pas perdre notre identité à travers des outils qui reflètent les valeurs et la culture chinoise ou américaine. L’open source peut apporter la transparence nécessaire à une IA éthique et de confiance. L’IA est un élément déterminant de la transformation des sociétés. On doit l’appuyer sur des valeurs humaines, pas seulement de la compétitivité. Notre stratégie doit le prendre en compte.

    Surtout à un moment où la pression exercée par les États-Unis sur l’Europe s’intensifie, avec le duo Trump-Musk…

    Il y a un choix à faire, soit accepter la situation et « profiter » d’une technologie totalement importée des Etats-Unis ou même de la Chine, des téléphones portables aux voitures autonomes. Etre « vassalisé », voire « techno-fascisé ». Ou prendre conscience que l’IA est un levier de transformation sociétale et définir notre propre stratégie en fonction de nos valeurs. Nous l’avons déjà fait dans plein d’autres domaines, par exemple les armes à feu.

    Il faut toutefois pouvoir compter sur des technologies fiables. Récemment, un chatbot français open source baptisé « Lucie » a beaucoup fait parler de lui pour ses nombreuses erreurs. Le projet, financé en partie par des fonds de France 2030, a été débranché en seulement trois jours. Regrettez-vous de l’avoir soutenu ?

    Non, je ne le regrette pas. France 2030 est fait pour tester et sélectionner les meilleures technologies. Lucie IA était un projet de modèle de langage open source. Il n’était pas encore mûr, mais ce n’est pas une raison pour abandonner. Les premiers essais d’Ariane ont aussi échoué… Et pourtant, la France est très performante dans l’aéronautique. L’échec fait partie du processus d’innovation. Et il faut le rappeler, dans France 2030, moins de 5 % des projets échouent. L’important est de ne pas les considérer comme des condamnations à mort, mais comme des opportunités d’apprentissage et d’amélioration.

    Le Sénat a récemment amputé 535 millions d’euros du budget de France 2030 pour l’année 2025. Craignez-vous, dans le climat budgétaire actuel, que le plan soit raboté ?

    D’abord, je tiens à le préciser d’emblée : cela n’impacte pas les 54 milliards d’euros du plan France 2030. Les 535 millions touchent des crédits de paiement, c’est-à-dire c’est les chèques que nous faisons dans l’année pour les projets soutenus. On parle donc bien d’un décalage et non pas d’un rabotage. L’investissement, jusqu’ici d’un total de 38 milliards d’euros, va juste être lissé. Cela décale les engagements futurs, avec des proportions raisonnables tout de même par rapport à l’enveloppe globale qui reste, environ 15 milliards d’euros.

    Le plan d’investissement France 2030 est à nouveau critiqué pour son saupoudrage dans un récent rapport de la Cour des comptes. Cela vous agace-t-il ?

    Oui, car cela ne reflète pas la réalité. France 2030 repose sur 10 objectifs clairs, décomposés en briques technologiques interdépendantes. Par exemple, construire un avion bas carbone d’ici 2030 nécessite des avancées en matériaux, carburants et motorisation. Nous travaillons sur toutes ces dimensions de manière coordonnée, et ce n’est pas du saupoudrage. L’État prend des risques en pariant sur l’innovation. Cela prendra du temps, mais c’est ainsi que l’on construit l’avenir. Sans des décisions audacieuses dans les années 70, nous n’aurions ni TGV ni programme nucléaire.

    Et il faut le rappeler, l’Etat se substitue d’une façon exceptionnelle en France au manquement du capital privé pour les innovations de rupture. Quand je lis que Donald Trump place 500 milliards de dollars dans l’IA, l’Etat américain ne met en réalité pas un centime. Ce sont des sociétés comme SoftBank ou Oracle qui décident de mettre collectivement 500 milliards. Nous n’avons pas le même terreau d’investissement privé en France ou même en Europe.

    Quel bilan dressez-vous de France 2030 à mi-parcours ?

    Pour l’heure, ce sont 80 000 emplois industriels créés depuis 2017. A 2030, les anticipations restent autour de 300 000. Concernant l’enveloppe, il reste donc environ 15 milliards à engager, sur lesquels il convient de s’interroger. Par rapport aux trajectoires que nous avons déjà sur les différents objectifs, est-ce qu’il faut ajouter du carburant quelque part ? Faut-il déplacer des moyens sur d’autres ? Ça, c’est la discussion que l’on a en continu. Mais il y a deux certitudes. D’une part, on ne doit pas baisser le niveau de soutien. Il faut notamment conserver la priorité de formation et de recherche. On a déjà ouvert 240 000 places de formation dans l’hydrogène, le nucléaire, la nouvelle agriculture, la santé. Et bien sûr, il faut mettre le paquet sur l’IA. Comme je l’ai dit, nous allons doubler les efforts. Ce n’est pas le rattrapage qui m’intéresse, mais la projection dans l’innovation de demain.



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    Author : Maxime Recoquillé

    Publish date : 2025-02-04 07:00:00

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  • Cancers : ces régions de France où le taux de dépistage est parmi les plus faibles

    Détecté à temps, un cancer du sein, du colon ou du col de l’utérus peut être traité avant qu’il ne s’aggrave et ne devienne mortel. Voilà le message qu’essaient de faire passer les institutions de santé en ce mardi 4 février, journée mondiale de lutte contre le cancer. A elles trois, ces maladies sont responsables d’environ 30 000 décès chaque année ; décès qui bien souvent auraient pu être évités s’ils avaient fait l’objet d’un dépistage et d’une prise en charge rapide.

    Plusieurs études tout juste diffusées par Santé publique France permettent de dresser un panorama du dépistage de ces trois cancers par région. Certaines inégalités sautent aux yeux immédiatement.

    Dans certaines régions comme les Hauts-de-France ou la Corse, le taux de couverture du dépistage de ces trois cancers est systématiquement inférieur à la moyenne nationale. « Les facteurs d’explication sont multiples et différents d’une maladie à l’autre, observe Stéphanie Barre-Pierrel, coordinatrice Evaluation des dépistages chez Santé publique France, parfois, elles sont dues à des inégalités territoriales dans l’offre de soins, d’autres fois, elles sont le fruit d’inégalités socio-économiques. » C’est notamment le cas du dépistage du cancer du col de l’utérus, une maladie « très marquée socialement » note la spécialiste, puisqu’elle touche essentiellement des femmes qui n’ont pas de suivi gynécologique régulier.

    L’Organisation mondiale de la santé a fixé un objectif de 70 % de femmes dépistées avant l’âge de 35 ans et de nouveau avant l’âge de 45 ans. Le taux de couverture est quasiment à 60 % aujourd’hui (un chiffre en augmentation d’un point par rapport à la période 2015-2017). Pour Stéphanie Barre-Pierrel, « c’est un cancer tout à fait évitable et éradicable, à condition de vacciner la population jeune et de suivre de près la population qui ne l’a pas. »

    Le dépistage du cancer du sein en baisse

    61 000 cas et 12 000 décès : voilà les chiffres de l’incidence du cancer du sein en France en 2023, ce qui en fait le cancer féminin le plus meurtrier aujourd’hui. Sur la période 2021-2022, le taux de couverture du dépistage est de 60 %, un chiffre en baisse de 2 points par rapport à la période 2016-2017. Ce taux de couverture reste néanmoins dans « la moyenne des pays européens » d’après Santé publique France. Là encore, l’agence rappelle l’importance de se faire dépister tous les deux ans à partir de 50 ans et de discuter du dépistage régulièrement avec son médecin traitant.

    Le scénario est un peu différent avec le cancer colorectal, qui représente aujourd’hui la deuxième cause de mortalité par cancer en France (derrière le cancer du poumon). Chaque année, on dénombre 47 000 nouveaux cas et 17 000 décès. « En France en 2022, près d’une personne éligible sur deux était couverte par une modalité de dépistage » de ce cancer, explique Santé publique France dans une étude, en pointant que « le taux de couverture en France est parmi les plus faibles des pays comparables et révèle d’importantes disparités géographiques. »

    A noter que les institutions européennes recommandent d’atteindre un taux de dépistage de 65 % pour ce cancer, soit environ 20 points de plus que le taux de couverture actuel (et jusqu’à trois fois plus que le taux de couverture en Guyane). A partir de 50 ans, « le dépistage c’est tous les deux ans, insiste Stéphanie Barre-Pierrel, et les kits sont disponibles en pharmacie, chez votre médecin traitant ou en commandant directement sur le site dédié. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cancers-ces-regions-de-france-ou-le-taux-de-depistage-est-parmi-les-plus-faibles-BB7S2TDT65EEPMN3WXF2A74ISI/

    Author : Mathias Penguilly

    Publish date : 2025-02-04 05:30:00

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