Catégorie : L’Express

  • Ukraine : pourquoi l’administration Trump pousse pour de nouvelles élections

    Un message clair envoyé par les Etats-Unis. L’envoyé spécial du président américain Donald Trump en Ukraine, Keith Kellogg, a indiqué souhaiter l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle et de législatives d’ici à la fin de l’année dans le pays, surtout si Kiev parvient à trouver un accord de trêve avec la Russie. Cette proposition, rapportée en exclusivité par l’agence Reuters samedi 1er février, pourrait même participer à trouver un accord de cessez-le-feu avec Moscou, estime Washington. « La plupart des pays démocratiques ont des élections en temps de guerre. Je pense que c’est important qu’elles aient lieu. Je pense que cela est bon pour la démocratie », a justifié Keith Kellogg dans ce même entretien.

    Pourquoi une telle annonce ? Le président américain Donald Trump, hyperactif sur le plan international depuis le début de son nouveau mandat, espère trouver une solution rapide au conflit ukrainien. Lors de sa campagne présidentielle, il avait maintes fois répété qu’il réglerait la guerre « en 24 heures » une fois au pouvoir, fort de sa « très bonne relation » avec le président russe, Vladimir Poutine.

    S’il n’est manifestement pas parvenu à mettre en œuvre cette promesse audacieuse, le milliardaire se dit préparé à faciliter vers des négociations de paix. « Je pense, d’après ce que j’entends, que Poutine veut me rencontrer, on se rencontrera dès que possible. Je le rencontrerai immédiatement », a ainsi lancé Donald Trump le 23 janvier dernier, face à des journalistes.

    Une condition pour faire accepter une trêve à Moscou ?

    Selon les informations de Reuters, qui cite trois sources proches du dossier, la garantie de l’organisation de nouvelles élections en Ukraine pourrait faire partie des gages à mettre en avant face à la Russie pour obtenir un accord de cessez-le-feu. L’agence de presse indique qu’un des scénarios imaginés par les diplomates américains consisterait en une trêve discutée en deux temps. Il s’agirait d’abord de négocier un simple cessez-le-feu sur le champ de bataille. Puis, dans un second temps, après une présidentielle et des législatives en Ukraine, de donner au vainqueur du scrutin la responsabilité de trouver un compromis de paix sur le long terme avec Moscou.

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait lui-même avancé que de nouvelles élections pourraient être mises en place durant l’année 2024, à condition d’un arrêt des combats et de l’obtention de nombreuses garanties de sécurité de la part de la Russie. Or le président russe ne semble pas prêt à discuter directement avec son homologue ukrainien. Vladimir Poutine considère Zelensky comme « illégitime » à cause du report des élections ukrainiennes ces dernières années sous le coup de la loi martiale, imposée depuis 2022. Le dirigeant russe a sous-entendu qu’il refuserait de participer lui-même à une rencontre avec le chef d’État ukrainien. Si ce dernier « veut participer à des négociations, je choisirai des personnes qui mèneront ces négociations », a-t-il ainsi souligné le 28 janvier dernier à la télévision d’État russe.

    Craintes d’une campagne sous influence russe

    Volodymyr Zelensky est loin d’être contesté par la population ukrainienne au sein de ses frontières. Mais la confiance en son action – et surtout en sa capacité à choisir la bonne stratégie pour mettre fin à la guerre – s’est érodée, comme le montrent différents sondages d’opinion ces derniers mois. En cas d’élection présidentielle, le dirigeant n’aurait aucune certitude d’être réélu. D’autant que certains prétendants au pouvoir ne cachent plus leurs ambitions. L’ex-président Petro Porochenko multiplie les déplacements sur le terrain, tout comme le maire de Kiev, l’ancien boxeur Vitali Klitschko.

    Surtout, même sans être candidat, l’ex-général et commandant des forces armées ukrainiennes Valeri Zaloujny fait office de favori dans les enquêtes d’opinion pour la présidence du pays. Cette figure de l’armée ukrainienne s’était fait remarquer l’hiver dernier pour ses critiques à l’égard de la stratégie militaire du pouvoir central, avant d’être remplacé en février 2024 par le général Syrsky. Il a depuis été nommé ambassadeur à Londres. En octobre dernier, il avait soutenu la présentation du « plan de victoire » présenté au Parlement ukrainien par Volodymyr Zelensky. Pour lui, il serait « difficile » pour l’Ukraine de sortir gagnante du conflit avec la Russie sans le soutien accru de ses partenaires internationaux.

    Reuters précise par ailleurs que l’accueil réservé en Ukraine de cette proposition américaine, soumise à Kiev ces derniers jours, n’est pas très clair. Le pouvoir ukrainien aurait opposé certaines réticences face à la volonté de Washington d’accélérer le processus électoral dans le pays. Ses craintes ? Une division des Ukrainiens durant la campagne et de possibles ingérences russes sur le scrutin, à l’instar de ce qu’il s’est produit en Moldavie, en Géorgie ou en Roumanie ces derniers mois.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-pourquoi-ladministration-trump-pousse-pour-de-nouvelles-elections-TE35MKZSNVF77IPYQWM2XO56CM/

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    Publish date : 2025-02-02 15:45:00

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  • « Sentiment de submersion » migratoire : François Bayrou persiste et signe

    François Bayrou maintient ses propos. Le Premier ministre a repris devant les députés, ce mardi 28 janvier, l’idée d’une « submersion » migratoire à Mayotte et dans plusieurs autres départements français, réfutant toute « connivence avec personne » en réponse au chef de file des députés PS Boris Vallaud qui l’accusait d’avoir « emprunté (ce vocabulaire) à l’extrême droite ».

    « Quiconque est confronté à la situation à Mayotte, et ce n’est pas le seul endroit de France, mesure que le mot de submersion est celui qui est le plus adapté. Parce que tout un pays, […] toute une communauté de départements français est confrontée à des vagues d’immigration illégale telles qu’elles atteignent 25 % de la population », a affirmé le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement. « Ce ne sont pas les mots qui sont choquants, c’est les réalités », a-t-il ajouté.

    « Submersion » migratoire : « Quiconque est allé à Mayotte (…) mesure que le mot de submersion est celui qui est le plus adapté (…) qui peut dire que ce n’est pas vrai ? Ce ne sont pas les mots qui sont choquants, ce sont les réalités », affirme François @Bayrou.#DirectAN #QAG pic.twitter.com/CB4f1vZtPR

    — LCP (@LCP) January 28, 2025

    « Les apports étrangers sont positifs pour un peuple, à condition qu’ils ne dépassent pas une proportion […] Dès l’instant que vous avez le sentiment d’une submersion, de ne plus reconnaître votre pays, les modes de vie ou la culture, vous avez rejet », a affirmé lundi soir sur LCI François Bayrou. Pour le chef du gouvernement, ce seuil n’est pas encore dépassé mais « on approche » et « en tout cas, c’est dans cette zone qu’on se trouve », sachant qu’un « certain nombre de villes ou de régions sont (déjà) dans ce sentiment-là ».

    En disant « que tout est une affaire de proportion », le Premier ministre « a justifié la politique que je souhaite mener », s’est réjoui mardi Bruno Retailleau (LR). « Qu’un homme centriste, modéré, équilibré, puisse dire, au bout d’un mois et demi à Matignon, qu’il y a une proportion d’étrangers qui ne doit pas être dépassée sur le sol national, c’est une avancée », a renchéri son homologue à la Justice, Gérald Darmanin (Renaissance).

    Côté RN, si le vice-président Sébastien Chenu s’est félicité d’avoir « gagné la bataille idéologique », Marine Le Pen attend de François Bayrou « des actes qui suivent les constats ». « Il faut que le Premier ministre soit conscient qu’il n’est ni psychiatre ni prêtre et que donc sa parole ne guérit pas », a lancé la cheffe des députés d’extrême droite.

    Yaël Braun-Pivet n’aurait « jamais tenu ces propos »

    Mais les déclarations du Premier ministre ont choqué l’aile gauche du camp présidentiel, en premier lieu la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. « Je n’aurais jamais tenu ces propos et ils me gênent. On parle d’hommes et de femmes, de notre pays, la France qui, par son Histoire, par sa géographie, par sa culture, a toujours accueilli et s’est construite avec cette tradition », a-t-elle réagi.

    Le tollé est général à gauche. « C’est honteux, ça m’a extrêmement choquée qu’un Premier ministre utilise le terme de ‘submersion’ migratoire et vienne accréditer cette fausse idée alimentée par l’extrême droite », a réagi la cheffe des députés écologistes Cyrielle Chatelain. « On n’emprunte ni les mots ni les fantasmes de l’extrême droite », a réagi le patron des députés socialistes Boris Vallaud, jugeant cela « indigne ».

    Selon l’Insee, en 2023, la population étrangère vivant en France s’élevait à 5,6 millions de personnes, soit 8,2 % de la population totale, contre 6,5 % en 1975, soit une « augmentation qui est faible ».

    Cela pourra-t-il influencer la décision du groupe socialiste de voter la censure du gouvernement sur le budget qui pourrait être soumis la semaine prochaine à l’Assemblée via l’article 49.3 de la Constitution ? Le PS, qui cherche des concessions de François Bayrou en échange d’une non-censure, a annoncé l’annulation d’une réunion prévue mardi avec le gouvernement. « Ce qui s’est passé cet après-midi ne va pas dans le sens d’un accord de non-censure », a estimé le député PS Laurent Baumel.





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    Publish date : 2025-01-28 18:25:00

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  • Dallas au Mont-Saint-Michel : gros sous et lutte de pouvoirs en Normandie


    Du Mont-Saint-Michel, les visiteurs ne retiennent que l’image, superbe, d’une abbaye dressée au sommet de son rocher et baignée par les flots. Aucun ne soupçonne que, sur ces quatre kilomètres carrés aux confins de la Bretagne et de la Normandie, se joue une sourde lutte de pouvoir et d’argent. Une bataille où l’on croise un conseiller de l’Elysée, des barons locaux et des hauts fonctionnaires. Mais aussi deux institutions rivales gérées par un même ministère, des commerçants installés depuis des décennies et peu désireux de changer leurs habitudes, des habitants, rares mais soucieux de se faire entendre. Le tout sous le regard de la Cour des comptes qui, comme l’avait dévoilé La Lettre, mène depuis plusieurs mois une mission sur place. Son prérapport finalisé au début du mois de février ne manquera pas de pointer les doublons et les absurdités qui président à la gestion du site touristique le plus visité de France hors de Paris. Ajoutant encore à la tension alors que d’importantes échéances se profilent.

    Pour prendre la mesure de l’imbroglio, il faut plonger dans l’histoire récente du Mont-Saint-Michel. Jusqu’en 2020, la répartition des rôles était relativement simple : le Centre des monuments nationaux (CMN), qui dépend du ministère de la Culture, gérait l’abbaye ; la commune s’occupait des rues, de l’église, du cimetière tandis qu’un syndicat mixte, imaginé par les collectivités locales, supervisait les transports et le barrage construit il y a quinze ans pour redonner au Mont son caractère maritime. Simple, mais source de rancœurs, le CMN récupérant l’essentiel des recettes générées par le Mont via la billetterie de l’abbaye sans contribuer aux infrastructures et à l’entretien du « rocher » hors de son périmètre. Simple, mais pas à la hauteur d’un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. Des visiteurs venus en basse saison se sont heurtés aux portes closes des restaurants. D’autres se sont perdus dans les méandres des informations parcellaires distillées sur les différents sites officiels. « Les touristes s’en fichent de savoir à qui appartient la Grande Rue, ils veulent voir quelque chose de joli et savoir s’ils peuvent venir avec leur chien dans la navette. Et ça… », résume Jacques Bono, le maire de la commune depuis 2020.

    A plusieurs reprises déjà, l’Etat s’est cassé les dents en tentant de simplifier la gouvernance. Au fil des années 2010, plusieurs missions de réflexion se succèdent. La première réunit la préfète de région Nicole Klein et Philippe Bélaval, alors président du CMN. La conclusion ? Que le CMN reprenne l’intégralité du site. Philippe Bélaval n’est pas emballé, les parkings, ce n’est pas son métier. Nouveau Premier ministre, Bernard Cazeneuve, nouvelle mission confiée à un haut fonctionnaire, Adolphe Colrat, qui se heurte lui aussi à la résistance passive du CMN. 2017, Emmanuel Macron est élu, le Normand Edouard Philippe – pour qui en doute : le Mont-Saint-Michel est bien en Normandie ! – devient Premier ministre. Cette fois, plus d’atermoiement, une structure unique va être créée. Christophe Beaux, conseiller à la Cour des comptes, est chargé d’en définir les contours. Le CMN fait la grimace mais Philippe Bélaval doit s’incliner. En apparence, au moins.

    Il incarne l’archétype du « Parisien »

    En 2020, « l’établissement public du Mont-Saint-Michel » voit le jour. Sa mission ? Gérer l’ensemble des sujets d’intérêts communs. Tous les acteurs – collectivités locales, représentants de l’Etat, CMN, commerçants et quelques autres – sont représentés au conseil d’administration. A la tête de l’Epic : Thomas Velter, un trentenaire qui a fait ses armes auprès de Franck Riester et au cabinet de Bruno Le Maire à Bercy. Il n’est pas haut fonctionnaire, mais en a l’allure. Lorsqu’il arrive sur le Mont, les « locaux » le regardent de haut, il incarne l’archétype du « Parisien » venu gérer un lieu qu’il connaît peu. Mais Thomas Velter profite de ces premiers mois, ceux du confinement, pour se familiariser avec les dossiers et avec les acteurs. Il met en avant ses attaches normandes et son amour du Mont.

    Sa mission est double : monter en gamme et devenir autonome financièrement. La délégation accordée à Transdev pour les navettes et les parkings, peu rémunératrice (80 000 euros) et peu satisfaisante, est rompue. Keolis prend sa place, toutes les recettes – soit 10 millions d’euros – reviennent désormais à l’Epic. Un logo est imaginé, du mécénat développé, une marque déposée, un Monopoly sortira en 2025. Les élus locaux applaudissent, pas fâchés de damer le pion au CMN, jugé distant, et à ses dirigeants ne voyant dans le Mont qu’une étape dans leur carrière. Hervé Morin, le président de la région Normandie, est l’un des plus enthousiastes. Voilà des années qu’il clame urbi et orbi que ce n’est pas au contribuable normand de payer la facture d’un site aussi rentable que le Mont-Saint-Michel, il ne peut que se féliciter de la création de l’Epic. C’est aussi pour lui un moyen de rappeler à un autre Normand aux grandes ambitions, le maire du Havre Edouard Philippe, qu’il faut compter avec lui.

    Avec la mairie, les relations se normalisent. Avec ses 30 administrés, ses faibles recettes et ses grosses dépenses, comme ces 10 policiers mobilisés l’été (« soit plus qu’à Marseille rapporté au nombre d’habitants », s’amuse Jacques Bono) ou ces deux tonnes de déchets à évacuer en pleine saison, elle peine à faire face. Le soutien de l’Epic est bienvenu. Avec les commerçants, l’évolution est plus lente. « Ils se prennent pour des génies du marketing parce qu’ils ont des marges considérables alors qu’ils ne sont que des héritiers. Ils se comportent comme des prédateurs économiques », juge sévèrement un acteur local. Les visiteurs venant spontanément, pourquoi les fidéliser ? Peu à peu, pourtant, avec le changement de génération, les pratiques évoluent. « Au moins, il se passe des choses, alors qu’avant il n’y avait rien », constate un acteur local.

    Les frictions les plus vives sont ailleurs. Dans les relations entre l’Epic du Mont-Saint-Michel et le CMN. Le premier a autorité sur tout… sauf sur l’abbaye, restée dans le giron du CMN. Peu importe que Thomas Velter soit à la fois directeur de l’Epic et administrateur de l’abbaye, que le CMN n’ait pas eu son mot à dire sur sa nomination, le pouvoir sur la principale attraction du Mont lui échappe. Déjà quelques lignes lourdes de sens, dans sa lettre de mission, l’annonçaient : « Vous vous appliquerez également à entretenir des relations fluides avec le CMN », « en liaison avec le CMN », « Toujours en lien avec le CMN… ». C’est un piège, le CMN n’aime guère partager le pouvoir. Tous ceux qui sont passés par le Mont racontent ces rendez-vous qu’on ne leur accorde pas faute d’autorisation reçue du siège à Paris pour leur répondre, ces déplacements que l’on complique en refusant le prêt d’une voiture, ces discrets messages passés pour rassurer les troupes sur le caractère indétrônable du CMN. Le fait que son ancien président, Philippe Bélaval, soit le conseiller culture d’Emmanuel Macron depuis 2023, accroît encore le pouvoir qu’on prête à l’institution.

    En 2019, le CMN n’est pas parvenu à empêcher la création de l’Epic, mais il a tout fait pour en limiter les moyens. Avant même que Christophe Beaux démarre sa mission de préfiguration de l’établissement public, il a la surprise de découvrir qu’un arbitrage a déjà été rendu par Matignon : l’abbaye et ses recettes devront rester dans le périmètre du CMN. Difficile, à l’époque, de mener la bataille contre cette décision : en avril 2019, Notre-Dame de Paris a brûlé, les esprits et les cabinets sont concentrés sur sa reconstruction, le Mont-Saint-Michel n’est plus considéré comme prioritaire. Dans son rapport de préfiguration, Christophe Beaux passe pourtant outre le « bleu », ce document qui rend compte de l’arbitrage ministériel, et propose de répartir les excédents entre l’Epic et le CMN à hauteur de 4 millions d’euros chacun. « On me dit non, c’est un million seulement. C’était insuffisant pour lancer le projet, notamment améliorer l’expérience des visiteurs. Je finalise le décret créant l’établissement et je m’en vais », se souvient-il.

    L'un des enjeux est de mieux étaler la fréquentation. (ici, la rue principale du Mont Saint-Michel en juillet 2023)L’un des enjeux est de mieux étaler la fréquentation. (ici, la rue principale du Mont Saint-Michel en juillet 2023)

    Au quotidien, les tiraillements entre les deux établissements, qui dépendent pourtant de la même tutelle, le ministère de la Culture, sont feutrés, mais bien réels. Les 60 salariés du CMN qui travaillent à l’abbaye rendent compte au siège de leur institution qui se trouve à Paris, bien plus qu’à Thomas Velter, même s’il est administrateur du lieu. Chaque décision est validée par les services centraux du CMN qu’il s’agisse de questions juridiques, culturelles ou de communication, parfois sans même en avertir les équipes de terrain. L’Epic, qui tente de mieux étaler la fréquentation du Mont-Saint-Michel en modulant les tarifs des parkings, n’a aucune prise sur les horaires d’ouverture de l’abbaye, la portée de ses décisions s’en trouve réduite. Lorsque en ce début d’année 2025, un restaurant haut de gamme ouvre ses portes sous la houlette de Jean Imbert dans le logis Sainte-Catherine, autrefois réservé aux pompiers, le CMN se félicite largement de cette initiative auprès des journalistes. Mais dans l’e-mail qui accompagne le communiqué, pas un mot de l’Epic qui a pourtant lancé le projet. Au CMN, à Paris, on se défend de toute prévention à l’égard de l’établissement public, on vante « le partage d’une vision globale » et « les missions clairement réparties ».

    15,5 millions de recettes en 2023 pour l’abbaye

    Derrière ces escarmouches, qui peuvent paraître puériles, se cache la véritable raison de l’attitude du CMN : le trésor de guerre que représente le Mont-Saint-Michel. Pour lui, le lieu est financièrement stratégique. Avec l’Arc de Triomphe, la Cité de Carcassonne, ou la Sainte-Chapelle, il fait partie de ces quelques monuments, parmi la grosse centaine que l’institution gère, à être rentables. Le bénéfice généré par l’abbaye chaque année permet d’entretenir et de maintenir ouverts d’autres sites, plus petits ou moins fréquentés, grâce à un subtil système de péréquation. Perdre le Mont-Saint-Michel signifierait, pour le CMN, renoncer à un surplus qu’il évalue à 600 000 euros après investissements sur un chiffre d’affaires de 15,5 millions en 2023 (mais que d’autres estiment bien supérieur). Impensable. Pas question de revivre un scénario identique à celui du château de Chambord devenu un Epic autonome en 2005 sans que le CMN ait son mot à dire. Vingt ans après, l’épisode est encore vécu par l’institution comme un traumatisme majeur.

    Aujourd’hui, l’essentiel des 16 millions d’euros de budget de l’Epic provient de ses ressources propres : près de 10,5 millions d’euros issus des parkings et des navettes. Il reçoit aussi des subventions des ministères de la Culture et de la Transition écologique (2,5 millions d’euros) et des collectivités territoriales (1,3 million d’euros). Le CMN, lui, ne verse que 675 000 euros. Pas suffisant. Pour donner un élan supplémentaire à son action, l’Epic a besoin de davantage. Avec sa trentaine de salariés, il peine à concrétiser tous ses projets. Et d’ici à 2030, il prévoit 30 millions d’euros d’investissement pour, par exemple, électrifier les navettes, améliorer l’éclairage du Mont ou réaménager son centre d’information touristique.

    Ce début de 2025 est à la fois le meilleur moment et le plus mauvais pour demander plus à l’Etat. Idéal parce que les conclusions du rapport de la Cour des comptes pourront justifier un rééquilibrage des contributions financières des différents acteurs. Idéal aussi parce que la convention qui lie l’Epic et le CMN se termine en fin d’année et doit être renégociée. Idéal, enfin, parce que plusieurs échéances obligent à repenser la gouvernance et le plan de financement de l’Epic. Ainsi, la région Bretagne qui, comme la Normandie, le soutient depuis ses débuts, a décidé de quitter le conseil d’administration. « Nous l’avions annoncé quand l’établissement a été créé : au bout de trois ans, nous sortirions. Nous sommes restés plus longtemps que prévu et au total, nous y avons consacré 18 millions d’euros, mais désormais nous nous retirons », insiste Anne Gallo-Kerleau, la vice-présidente chargée du tourisme.

    Mais d’autres éléments poussent au statu quo. D’abord, parce que l’ancien président du CMN, Philippe Bélaval, est conseiller culture à l’Elysée et qu’il a son mot à dire sur les nominations décidées par Emmanuel Macron. Or, le mandat de Thomas Velter arrive à son terme en mars. Demander à récupérer de l’argent du CMN n’est peut-être pas la meilleure manière d’obtenir un renouvellement pour trois ans. Ensuite, parce que Philippe Bélaval, qui fut aussi directeur du patrimoine au ministère de la Culture, garde une forte aura Rue de Valois. Il y a des relais : Gaëtan Bruel, le directeur de cabinet de Rachida Dati, et Delphine Christophe, son adjointe, ont tous les deux travaillé au CMN sous sa présidence. Enfin, retirer des ressources au CMN au profit de l’Epic du Mont-Saint-Michel obligerait le ministère de la Culture à compenser cette perte. Pas sûr que la Rue de Valois en ait très envie dans un contexte de budget plus que contraint. Le Louvre vient de faire (re) connaître ses très gros et urgents besoins. Le ministère de la Transition écologique, lui aussi contributeur de l’Epic, a déjà annoncé, lors des discussions budgétaires pour 2025, qu’il réduisait de moitié son financement, de 1,5 million à 750 000 euros. Reste à savoir ce que décidera Matignon. Le gouvernement, à la pérennité plus qu’incertaine, pourrait juger qu’il est urgent d’attendre. Après tout, la « Merveille », qui a fêté son millénaire en 2023, n’est pas à quelques mois près…



    Source link : https://www.lexpress.fr/societe/region/dallas-au-mont-saint-michel-gros-sous-et-lutte-de-pouvoirs-en-normandie-XO34VQB6T5EEZI32U3K7SLYCYQ/

    Author : Agnès Laurent

    Publish date : 2025-01-28 18:27:00

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  • Guerre en Ukraine : tensions, limogeage… Le ministère de la Défense sous tension

    Le 24 janvier, dans une publication sur Facebook, le ministre de la Défense de l’Ukraine, Roustem Oumerov, a fustigé « des résultats insatisfaisants » concernant les envois d’armements à l’armée, qui recule depuis des mois face aux forces russes plus nombreuses et mieux équipées. Le ministre a également critiqué vivement un organe gouvernemental, l’Agence des achats de défense (AOZ), créé en mai 2022 pour optimiser les dépenses militaires et limiter le nombre d’intermédiaires ainsi que les risques de détournements de fonds. La cheffe de l’Agence, Maryna Bazroukova, a de son côté rejeté les accusations et dénoncé la « pression » du ministère de la Défense. Plusieurs personnalités, dont des militants anti-corruption, l’ont soutenue.

    Des tensions « au pire moment possible »

    Conséquence de ce conflit, « le système d’achat d’armes est quasiment paralysé » et les alliés occidentaux dont le soutien militaire est crucial pour Kiev « sont hébétés », a affirmé l’influent site d’informations ukrainien Ukraïnska Pravda. Les tensions interviennent « au pire moment possible, en pleine saison de la conclusion de contrats d’armement » et ces « querelles risquent de laisser le pays sans défense », a encore relevé le média.

    Roustem Oumerov a même demandé le limogeage de l’un de ses adjoints, Dmytro Klimenkov, une démission validée par le gouvernement ukrainien, a annoncé mardi un porte-parole, Taras Melnytchouk. Il a aussi déclaré que la cheffe de l’Agence des achats de défense, Maryna Bazroukova, ne serait pas reconduite à son poste, et a annoncé son remplacement au risque, selon des médias et des militants, de créer un problème légal pour les achats d’armes.

    Des fuites de contrats et d’informations

    « Ces six derniers mois, au lieu de livraisons en temps voulu de munitions à notre armée, nous avons vu des jeux politiques, des fuites de contrats et des fuites d’informations (sur lesquelles les forces de l’ordre enquêteront en temps voulu) », a affirmé Roustem Oumerov, dénonçant aussi des problèmes de confidentialité. « Malgré l’ampleur médiatisée des achats, nos défenseurs sur le front n’ont pas ressenti d’impact tangible », a-t-il poursuivi.

    Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, plusieurs scandales de corruption ou liés à des manques d’efficacité ont éclaté en Ukraine, notamment au sein du ministère de la Défense et de l’armée, qui ont conduit aux limogeages et à des arrestations de hauts fonctionnaires. « Nous sommes en train de changer le système pour que les résultats soient obtenus sur le terrain, et pas seulement dans les médias », a ajouté le ministre.

    L’Ukraine demande régulièrement à ses alliés occidentaux de lui livrer et de l’aider à acheter plus d’armements, dont elle a besoin en grande quantité dans cette guerre très coûteuse en vies et en équipements. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le gouvernement ukrainien craint une réduction drastique de l’aide américaine, d’où une volonté d’optimiser au maximum les ressources disponibles.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-tensions-limogeage-le-ministere-de-la-defense-sous-tension-QCN56QMJ5RBNPLQUB4RXYHXZ2Q/

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    Publish date : 2025-01-28 18:44:00

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  • Au cœur de l’Ukraine occupée, la conquête russe se fait aussi dans les esprits

    Que se passe-t-il dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie depuis l’invasion de février 2022 ? Propagande, éducation, institutions, tortures… Accompagnée de l’analyse de la sociologue Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, Clara Marchand, correspondante de L’Express en Ukraine nous embarque dans ses reportages au cœur d’une Ukraine inquiète de possibles négociations.

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    L’équipe : Charlotte Baris (présentation et écriture) Jules Krot (montage et réalisation)

    Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent

    Logo : Benjamin Chazal – Getty images – FFeller (Sketchfab)

    Comment écouter un podcast ? Suivez le guide.

    Charlotte Baris : Depuis février 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, on parle régulièrement de ce qu’il se passe sur le front. Mais il est difficile de savoir ce que devient la population restée dans les régions annexées. Cette semaine, nous vous faisons donc entendre les voix de ces habitants dont la vie a basculé.

    Désormais, nous avons une vision plus précise de ce à quoi ressemble la vie dans les territoires ukrainiens annexés par la Russie. Mais vous allez l’entendre la conquête ne semble pas avoir de limites…

    Pour aller plus loin :

    Dmitry Glukhovsky : « Vladimir Poutine souffre du syndrome de l’imposteur »

    Pierre Bentata : « Emmanuel Todd fait passer sa haine des Etats-Unis comme un fait scientifique »

    Anne Applebaum : « S’il arrive quelque chose à Poutine demain… »



    Source link : https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/au-coeur-de-lukraine-occupee-la-conquete-russe-se-fait-aussi-dans-les-esprits-FEENFGH3TVHGXHHIIHBZHSD54A/

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    Publish date : 2025-01-29 05:00:00

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  • Bruno Retailleau : un ministre de l’Intérieur peut-il obtenir un bilan positif ?

    En un message, Bruno Retailleau résume sa délicate équation. Le 25 janvier, le ministre de l’Intérieur réagit sur X (ex-Twitter) au meurtre d’Elias, 14 ans, poignardé pour son portable à Paris. Il se dit « horrifié », adresse ses pensées à la famille de l’adolescent, puis émet un diagnostic. « Refaire de la France un pays où les parents n’ont plus à craindre de voir leur enfant assassiné pour rien sera un chemin long et difficile. » Le commentaire, face à l’émotion collective. Une promesse d’action dans la durée, face aux drames du quotidien. Le temps est ici à double tranchant. Le Vendéen travaille pour ses successeurs, comme dans sa lutte contre le narcotrafic. Mais à mesure qu’elles passent, les heures rendent le ministre comptable dans l’opinion de faits qu’il dénonce avec emphase. Et les sentences martiales sont condamnées à se retourner contre leur auteur.

    Bruno Retailleau est entré Place Beauvau pour obtenir des résultats. Un ministre de l’Intérieur peut-il en obtenir des positifs, tant son périmètre d’action est dévoré par les affects ? Il évoquait le jour de son entrée en fonction le rétablissement « de l’ordre dans la rue et aux frontières ». Quand cet objectif est-il atteint ? Les statistiques relatives aux chiffres de la délinquance ont valeur scientifique. Mais ne résistent pas à l’émotion collective générée par chaque fait divers auquel un ministre de l’Intérieur est tenu de réagir, sauf à subir un procès en insensibilité. « C’est un exercice très difficile entre une prise de parole qui doit être forte et des résultats qui ne pourront jamais être à la hauteur des paroles qui auront été prononcées. On est dans un cycle infernal », note un cadre Ensemble pour la République.

    La régulation de l’immigration, priorité du ministre, obéit à davantage de rationalité. Même si les faits divers mettant en cause des clandestins obstruent vite toute vue d’ensemble sur une politique migratoire. Le ministre ne manque ici pas de marges de manœuvre, via son pouvoir réglementaire. Tant mieux pour lui : il a dû renoncer à une grande loi immigration, après la censure de Michel Barnier. Sa réforme de l’Aide médicale d’Etat, totem de la droite, semble mal engagée. Bruno Retailleau n’a pas les coudées franches sous majorité relative. La coalition lui lie en partie les mains ? C’est peut-être sa chance. Le ministre peut se réfugier derrière ses contraintes pour excuser ses limites. Laisser à penser que son action au ministère est aussi une promesse d’action plus large, si la droite revenait un jour aux commandes. Un départ précipité, faute de marge de manœuvre, pourrait même être mis à son actif. « Les ruptures, ça n’est jamais complètement mauvais en politique », note un fidèle du ministre. Le bilan, un objet politique décidément large.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/bruno-retailleau-un-ministre-de-linterieur-peut-il-obtenir-un-bilan-positif-45R327TFKBCPFIWIYBFBVVTWFA/

    Author : Paul Chaulet

    Publish date : 2025-01-29 05:30:00

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  • Cisjordanie : Israël dit avoir tué « plusieurs terroristes » lors de raids aériens

    Israël mène d’importantes opérations militaires en Cisjordanie. L’État hébreu a confirmé avoir mené, samedi 1er février, plusieurs raids aériens sur la région palestinienne, tuant plusieurs « terroristes ». Ce dimanche, Tsahal a poursuivi son intervention et fait état d’une « opération antiterroriste » dans la zone. Selon les autorités palestiniennes, un homme a été tué par balles dans le camp de réfugiés de Jénine, dans une région considérée comme un des bastions de la lutte palestinienne et dans lequel des groupes armés sont présents.

    Cette nouvelle opération intervient en plein accord de trêve entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. 33 otages doivent être échangés durant cette première phase du cessez-le-feu, contre des centaines de détenus palestiniens. Pour le moment, dix Israéliens et cinq Thaïlandais ont été libérés par les mouvements islamistes du Hamas et du Djihad islamique. Le prochain échange pourrait avoir lieu samedi 8 février, selon des sources du Hamas citées par l’AFP. Ce dimanche, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se déplace par ailleurs à Washington pour rencontrer Donald Trump. Il sera le premier dirigeant étranger reçu à la Maison-Blanche depuis l’investiture du républicain.

    Les infos à retenir

    ⇒ Plusieurs morts dans des opérations militaires israéliennes en Cisjordanie ce week-end

    ⇒ Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou va rencontrer Donald Trump à Washington

    ⇒ Vers un nouvel échange entre otages et prisonniers le 8 février ?

    La Turquie prête à accueillir « certains » Palestiniens libérés par Israël

    La Turquie est prête à accueillir « certains » Palestiniens libérés par Israël dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, a affirmé ce dimanche le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan. « Notre président a déclaré que nous sommes prêts à accueillir certains des Palestiniens libérés avec d’autres pays afin de soutenir l’accord. La Turquie, avec d’autres pays, fera ce qui lui incombe à cet égard pour que l’accord de cessez-le-feu puisse rester en vigueur », a indiqué Hakan Fidan, lors d’une conférence de presse à Doha.

    Une opération militaire israélienne en cours en Cisjordanie

    L’armée israélienne mène ce dimanche 2 février une opération « antiterroriste » en Cisjordanie. Les soldats ont bloqué les entrées et sorties du camp de réfugiés de Faraa dans le gouvernorat de Tubas, près de Jénine, y effectuant des raids contre des maisons et en expulsant les habitants, a constaté un journaliste de l’AFP. Plusieurs drones étaient aussi visibles dans le ciel. Un homme de 73 ans a été tué par balles dans le camp de réfugiés de Jénine ce dimanche, selon les autorités palestiniennes, au nord-est de la ville de Tubas. Cette région est considérée comme un des bastions de la lutte palestinienne et plusieurs mouvements armés y entretiennent des relais.

    Cette opération suit plusieurs raids aériens menés samedi par l’armée israélienne en Cisjordanie. Tsahal a indiqué avoir tué plusieurs « terroristes ». Israël a ainsi confirmé ce dimanche qu’un « aéronef de l’armée de l’air avait frappé et éliminé la veille une cellule terroriste » à bord d’un véhicule, alors qu’elle s’apprêtait à commettre une attaque à Qabatiya. Deux autres frappes ont été menées sur des « cellules terroristes », a-t-il par ailleurs été précisé. Samedi, le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne avait annoncé la mort de cinq personnes au total, dont un adolescent, durant cette série de bombardements.

    Benyamin Netanyahou va rencontrer Donald Trump

    Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou effectue un déplacement à Washington (États-Unis) ce dimanche pour rencontrer le président américain Donald Trump. Il s’agit là de la première réception d’un dirigeant étranger à la Maison-Blanche depuis l’investiture du milliardaire le 20 janvier dernier. Avant de monter dans l’avion, le dirigeant israélien a donné quelques détails sur le programme des échanges prévus avec son soutien américain. Mardi 4 février, ils discuteront ainsi « de la victoire contre le Hamas, le retour de tous nos otages et la lutte contre l’axe iranien dans toutes ses dimensions ».

    Durant son premier mandat, Donald Trump avait affirmé qu’Israël n’avait « jamais eu un meilleur ami à la Maison-Blanche ». Juste après son entrée en fonction pour sa seconde présidence, le républicain a proposé de faire « tout simplement le ménage » à Gaza et de transférer les Palestiniens dans des lieux « plus sûrs » comme l’Égypte ou la Jordanie, suscitant une levée de boucliers internationale. Le dirigeant américain a débloqué la livraison à Israël de bombes que son prédécesseur Joe Biden avait suspendue et a annulé des sanctions financières contre des colons israéliens, accusés de violences contre des Palestiniens.

    Un nouvel échange d’otages et de prisonniers le 8 février ?

    Samedi, trois otages israéliens ont été libérés dans la bande de Gaza par le Hamas, dont le Franco-Israélien Ofer Kalderon. En contrepartie, Israël a relâché 182 Palestiniens et un Égyptien, selon le Club des prisonniers palestiniens : 150 ont été transférés à bord de bus dans la bande de Gaza, 25 en Cisjordanie occupée et huit, dont l’Égyptien, ont été expulsés en Égypte. Au total, quinze otages – dix Israéliens et cinq Thaïlandais – ont été libérés depuis le début de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas, le 19 janvier dernier.

    Selon des sources du mouvement islamiste et citées par l’AFP, un nouvel échange pourrait avoir lieu samedi 8 février. La première phase du cessez-le-feu doit permettre la libération de 33 otages israéliens. Israël a confirmé samedi soir que les négociations pour discuter des modalités de la deuxième phase de l’accord de trêve, qui vise à la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, reprendront lundi à Washington.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/cisjordanie-israel-dit-avoir-tue-plusieurs-terroristes-lors-de-raids-aeriens-NORVIQ5XAZEBJFVGYRZMD4LMYE/

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    Publish date : 2025-02-02 12:09:00

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  • « L’Internet des zombies » ? Une théorie du complot… pas si infondée que ça, par Gérald Bronner

    Ce 6 février s’ouvre à Paris, et durant une semaine, le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle qui a pour but de mettre cette innovation technologique au service de l’intérêt général. Ce domaine est présenté comme la matrice essentielle du développement présent et futur de nos sociétés. A ce titre, il donne lieu à toutes sortes de rêveries ou des cauchemars qui ne sont pas tous fondés. Ainsi, on redoute le moment de la « singularité » que l’Américain Vernor Vinge, un professeur d’informatique et auteur de science-fiction, caractérisait par l’apparition d’une intelligence supérieure qui dépassera l’humanité et lui échappera. Des films comme Matrix ou Terminator en sont des expressions populaires.

    Parmi ces fantasmes angoissés, l’un a été diffusé sous la forme d’une théorie du complot. Kaitlyn Tiffany, une journaliste de The Atlantic, s’y est intéressé et l’a repéré sous la plume d’un internaute, au pseudonyme assez révélateur : IlluminatiPirate. Pour lui, et sa communauté, passionnée par ailleurs par la magie, l’Internet serait mort en 2016 ! Il serait désormais un univers stérile proposant des contenus produits officiellement par des humains mais en réalité propagés par des IA et quelques influenceurs payés grassement pour tromper les citoyens par des entreprises malveillantes et le gouvernement. Comme souvent, avec les théories du complot, le but ultime serait de faire de nous des moutons et de contrôler nos pensées.

    Cette théorie est loufoque parce qu’elle imagine une intention unifiée et malveillante derrière la zombification d’Internet, mais elle n’est peut-être pas si factuellement infondée qu’on pourrait le croire. Il se trouve que la date donnée, 2016, n’est sans doute pas un hasard. Cette année-là, a paru un rapport de la société de sécurité Imperva qui s’intéresse à l’activité des robots en ligne. Or, celui-ci indiquait que la majorité des contenus sur Internet étaient désormais créés par des agents artificiels ! A cette date, les robots produisaient 52 % du trafic numérique. Cette étude peut être considérée comme robuste car elle reposait sur 17 milliards de visites de sites Web provenant de 100 000 domaines. Au reste, à cette époque déjà, les robots malveillants l’emportaient sur les bots d’assistance (56 % de la production artificielle).

    Quand les robots parlent aux robots

    Depuis, les choses sont devenues encore plus compliquées et préoccupantes. En effet, les intelligences artificielles génératives – que ce soit de textes, d’images ou de vidéos – sont de plus en plus entraînées sur des bases de données synthétiques… En d’autres termes, sur des objets qui ont été générés eux-mêmes par des IA. Et, comme le processus recommence sans cesse et que les productions artificielles envahissent peu à peu les mondes numériques, leur « poids » dans la matrice d’entraînement devient de plus en plus important. Certains chercheurs parlent de boucles autophages en soulignant qu’on ne comprend pas encore bien leurs propriétés.

    En observant ces boucles auto-alimentées, ils constatent, dans tous les scénarios, que les modèles génératifs sont condamnés à voir déchoir leur qualité et leur diversité. Les produits cognitifs qui vont en émerger seront efficaces mais appauvris et terriblement monotones. Cette situation, ils la nomment d’un jeu de mots dont le pessimisme n’échappera à personne : MAD (Model Autophagy Disorder). Etant donné la baisse vertigineuse de leur coût et la progression, non moins vertigineuse, de leur disponibilité, les outils de création artificiels envahissent le marché cognitif produisant des cimetières de monuments que certains visitent en croyant qu’ils ont été produits par des humains et sans remarquer qu’ils se ressemblent un peu tous.

    Cet état de fait ne s’adosse plus seulement à des bots ou des photos contrefaites mais aussi à des vidéos qui sont parfois vues des millions de fois et sont commentées… par des intelligences artificielles ! Les robots parlent aux robots, donc, et contribuent à produire une réalité alternative qui conduit vers une artificialisation des terres numériques. Les conspirationnistes, comme les astrologues aurait dit Voltaire, ne sauraient avoir le privilège de se tromper toujours.

    * Gérald Bronner est sociologue et professeur à La Sorbonne Université.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/linternet-des-zombies-une-theorie-du-complot-pas-si-infondee-que-ca-par-gerald-bronner-O5BR37DAXZGEZL4CWCXEEWLPWY/

    Author : Gérald Bronner

    Publish date : 2025-02-02 11:00:00

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  • Livres : avec « Alice au pays des idées », Roger-Pol Droit signe-t-il déjà l’un des succès de l’année ?

    Ce fut un des événements de la dernière Foire du livre de Francfort, au mois d’octobre : Albin Michel a cédé les droits d’Alice au pays des idées de Roger-Pol Droit dans une vingtaine de pays. Un an après Les Yeux de Mona de Thomas Schlesser, vendu à plus de 300 000 exemplaires, l’éditeur va-t-il connaître le même succès en remplaçant l’histoire de l’art par celle de la philo ? Déjà auteur de La Philosophie expliquée à ma fille et L’Ethique expliquée à tout le monde, ce pédagogue reconnu présente ainsi l’héroïne de son premier roman : « C’est une jeune fille d’aujourd’hui, anxieuse du sort de la planète, de la survie des espèces animales, des bruits de guerre. Elle se demande comment vivre dans ce monde, quoi faire de son existence. Elle cherche une phrase à se faire tatouer sur le bras, comme boussole de vie. » Et il précise ainsi son projet : « Depuis toujours, je suis convaincu que les questions les plus graves peuvent être abordées avec allégresse. S’ennuyer n’est pas nécessaire pour réfléchir. »

    Croisant Alice au pays des merveilles et Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder, Roger-Pol Droit confronte son Alice à quelques personnages facétieux (la Fée Objection, la Souris Sage, la Souris Folle et un drôle de kangourou) qui l’embarquent dans un monde parallèle nommé le Pays des Idées, où elle va interviewer tour à tour les plus grands philosophes de l’histoire mondiale – et c’est une des qualités du livre que de ne pas être bêtement européo-centré et de nous emmener aussi en Inde, en Chine et en Perse.

    Comme Les Yeux de Mona, Alice au pays des idées peut se lire de la première à la dernière page ou bien dans le désordre, en piochant au gré des 40 rencontres au sommet que fait Alice. Cette veinarde a le privilège de croiser Socrate puis d’être enfermée dans la caverne avec Platon, avant de discuter avec Confucius, Avicenne, Montaigne, Machiavel, Spinoza, Voltaire, Hegel… Dans des chapitres réussis, elle déjeune avec Kant à Königsberg en 1790, prend le thé avec Marx au British Museum en 1858, se promène avec Nietzsche à Sils-Maria en 1887, s’entretient avec Freud dans son cabinet viennois en 1910. Lequel d’entre eux parviendra-t-il à l’impressionner le plus ? L’auteur de cette phrase : « Nos âmes se sont corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés à la perfection. » On aura reconnu Rousseau, dans son Discours sur les sciences et les arts (1750). A Genève, Alice danse le menuet avec « Jean-Jacques ». L’auteur d’une Dissertation sur la musique moderne se met ensuite au clavecin, puis déroule sa pensée : « Les joues d’Alice sont en feu. Quel trouble, quelle émotion ! Ce Jean-Jacques n’est pas comme les autres philosophes. Elle sent en lui une fougue, un élan qui sonne différemment. » Elle « applaudit des deux mains » et « pose un baiser sur la bouche de Jean-Jacques ». Jusqu’à la fin de ses aventures, il demeurera son grand homme…

    « Sans amis, personne ne choisirait de vivre »

    C’est le jeu avec ce genre de livre : déplorer certaines absences. Si Roger-Pol Droit a eu le bon goût de faire figurer dans sa fable des penseurs aussi dissemblables que Diogène et Marc Aurèle, on peut s’étonner que des gens majeurs tels saint Augustin, Leibniz ou Kierkegaard n’existent pas dans son Pays des Idées. Pascal, qui reste l’un des plus grands génies de notre patrimoine littéraire tous genres confondus, est balayé page 89 à cause d’une citation : « Si tous les hommes savaient ce que disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde. » Alice trouve qu’il « exagère », préférant ce mot d’Aristote dans Ethique à Nicomaque : « Sans amis, personne ne choisirait de vivre. »

    Visiblement, la lucidité des moralistes du XVIIe siècle n’est pas soluble dans la littérature grand public du XXIe… Plus loin, Heidegger, « qui passe pour être un philosophe d’envergure » (c’est le moins qu’on puisse dire !), est sommairement exécuté à cause de l’antisémitisme de ses Cahiers noirs qui laisse Alice « consternée ». Certes, Heidegger traîne de lourdes casseroles, mais de là à blacklister Etre et Temps, Chemins qui ne mènent nulle part ou Acheminement vers la parole… Là encore, un certain angélisme atteint ses limites, d’autant que Rousseau lui-même, le plus insincère de nos autobiographes, n’était pas un petit saint. Ces réserves ne devraient pas venir à l’esprit du lectorat ciblé par le livre, et on est curieux de voir, dans les semaines à venir, quel chemin va emprunter Alice dans le classement des meilleures ventes. Le mènera-t-il jusqu’à la première place ?

    Alice au pays des idées. Par Roger-Pol Droit. Albin Michel, 431 p., 22,90 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/livres-avec-alice-au-pays-des-idees-roger-pol-droit-signe-t-il-deja-lun-des-succes-de-lannee-S5Y25UQ4RNEUVJF54RCZVFCSGY/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2025-02-02 11:30:00

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  • Droits de douane de Donald Trump : la riposte du Canada, les menaces de la Chine et du Mexique

    Donald Trump a tenu parole. Le président américain a signé, ce samedi 1er février, les décrets imposant de nouveaux droits de douane à plusieurs pays, en plus des taxes déjà existantes. Comme annoncé ces derniers jours, le Canada verra ses produits exportés vers les États-Unis taxés à hauteur de 25 % (sauf pour les hydrocarbures, avec un tarif limité à 10 %), tout comme ceux originaires du Mexique. Les importations chinoises seront soumises à 10 % de droits de douane supplémentaires.

    « TARIFFS ! », a épinglé Donald Trump sur son profil du réseau Truth Social, comme pour présager du succès de sa nouvelle politique commerciale agressive, y compris contre des nations historiquement partenaires économiques des États-Unis. « L’annonce des droits de douane ce jour est absolument nécessaire pour faire tenir à la Chine, au Mexique et au Canada leurs promesses d’arrêter le flot du poison des drogues aux États-Unis », a précisé la Maison-Blanche dans un communiqué.

    Depuis sa prise de mandat le 20 janvier dernier, Donald Trump pointe du doigt le rôle des trois États dans la crise des opioïdes qui frappe durement l’Amérique. Mexico est ainsi accusé d’avoir une « alliance » avec les cartels pour laisser circuler des stupéfiants de l’autre côté de la frontière. Des produits essentiellement fabriqués, toujours selon lui, grâce à des substances fournies directement… par la Chine. Ce récit est ainsi utilisé par le milliardaire pour justifier ses mesures douanières.

    La riposte douanière canadienne

    Le Canada et le Mexique ont tous deux indiqué qu’ils allaient entreprendre d’importantes mesures de rétorsion à l’encontre de leur voisin américain, tout en dénonçant la méthode adoptée par la Maison-Blanche pour imposer ces nouvelles règles. À Ottawa, le Premier ministre démissionnaire, Justin Trudeau, est apparu l’air grave lors d’une prise de parole pour détailler les représailles à venir. « Nous ne voulions pas être là, nous n’avons pas demandé ça », a-t-il résumé. Dès mardi, une partie des biens américains seront taxés à 25 % au Canada. La mesure concernera « un total de 155 milliards de dollars canadiens », soit un cinquième des importations américaines dans le pays.

    Fruits et légumes, électroménager, plastique, bois de construction, whisky… Les biens de consommation courante seront ciblés en priorité. Le Premier ministre canadien encourage ses concitoyens à favoriser l’achat dans les supermarchés de produits canadiens plutôt qu’américains. « Si le président Trump veut inaugurer un nouvel âge d’or pour les États-Unis, la meilleure voie est de s’associer avec le Canada, et non de nous punir », a lancé Justin Trudeau.

    Le dirigeant a accusé Donald Trump de « violer » l’ACEUM, l’accord de libre-échange signé en 2018 entre le Canada, les États-Unis et le Mexique et alors paraphé par le président américain lui-même. La situation « va augmenter les coûts pour vous, y compris ceux de la nourriture, de l’essence à la pompe… », a par ailleurs averti Justin Trudeau, s’adressant directement aux consommateurs de l’autre part de la frontière canadienne. Les mesures douanières imposées par Donald Trump pourraient provoquer de graves conséquences économiques au Canada, puisque trois quarts des exportations canadiennes sont à destination du marché américain.

    Des liens entre Mexico et les cartels ? Une « calomnie »

    Le Mexique s’inquiète aussi de la concrétisation de cette « muraille douanière ». Le pays, tout autant lié à l’économie américaine, mettra en place des mesures tarifaires et non tarifaires de rétorsion à l’encontre des États-Unis, a promis la présidente du pays, Claudia Sheinbaum. Aucun détail n’a pour le moment été précisé sur les modalités de ces représailles. « Les problèmes ne se résolvent pas en imposant des droits de douane, mais en échangeant », a fustigé la dirigeante, dans un long message publié sur le réseau social X. Claudia Sheinbaum, qui a par ailleurs téléphoné à Justin Trudeau sur le dossier douanier, a qualifié de « calomnie » les propos de Donald Trump au sujet de prétendus liens entre la présidence mexicaine et les trafiquants de drogue.

    Le ministre mexicain de l’Économie, Marcelo Ebrard, a exprimé tout son soutien à la présidente Sheinbaum, très populaire au Mexique. « Fier de sa tempérance et de sa fermeté, elle nous conduira vers un port sûr », a-t-il dit au sujet de la dirigeante sur X. « Plan B en cours. Serrons les rangs. Nous allons gagner !!! » Dans le pays, les propos du président américain sur le rôle de Mexico dans la crise du fentanyl ont été mal perçus. « Trump est coutumier de ce type de rhétorique pour mettre la pression, mais personne ne devrait agir à la légère de la sorte », a ainsi déploré l’ancien ambassadeur mexicain Agustin Gutierrez Canet, cité par l’AFP.

    La Chine, bien que touchée dans une moindre mesure par les nouveaux droits de douane américains, a pareillement contesté la politique tarifaire de Washington, s’y disant « fermement opposée ». En riposte, Pékin prévoit donc de prendre des décisions « pour la propre sécurité de ses propres droits et intérêts » commerciaux, a souligné le pouvoir chinois dans un communiqué. La Chine appelle les États-Unis à mettre en place un « dialogue franc et une coopération renforcée » plutôt qu’à « violer » les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à travers sa nouvelle doctrine douanière.

    La Chine a aussi dénié toute implication dans la propagation du fentanyl outre-Atlantique. « Le fentanyl est un problème américain. La Chine opère une coopération anti-narcotiques étendue avec les États-Unis et a obtenu de remarquables résultats », a estimé ce dimanche le ministère chinois des Affaires étrangères. Donald Trump pourrait-il aller plus loin en engageant une véritable guerre commerciale avec Xi Jinping ? « La Chine est agressive, mais il n’y a pas que la Chine. D’autres pays sont aussi de grands agresseurs », avait schématisé vendredi le milliardaire, laissant planer le risque de nouveaux droits de douane sur l’Union européenne.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droits-de-douane-de-donald-trump-la-riposte-du-canada-les-menaces-de-la-chine-et-du-mexique-C6HR5WHNIVDFRHWUBC6RTE7VHI/

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    Publish date : 2025-02-02 11:02:00

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  • « Un parfait inconnu » sur Bob Dylan : pourquoi les biopics ont-ils tant de succès ?

    New York, 1961. Bob Dylan est encore un parfait inconnu. James Mangold, le réalisateur du film du même nom – qui sort en salles ce mercredi 29 janvier – invite le spectateur à plonger dans les années où le personnage s’affirme en tant qu’artiste. Veste en cuir, lunette de soleil et tignasse en bataille, Bob Dylan, interprété par Timothée Chalamet, a l’aspect nonchalant et le regard tourmenté. On le suit dans ses relations avec les artistes de son temps Woody Guthrie, Pete Seeger, Joan Baez… et au fil des questions qui remuent l’Amérique des sixties. L’univers se développe au rythme des titres les plus connus de l’artiste. Au-delà de l’homme qui est mis en avant, c’est toute une époque qui est dépeinte. « Les gens aiment voir au cinéma des histoires qu’ils connaissent, explique Caroline San Martin, maîtresse de conférences en cinéma à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et co-directrice du département Analyse et cultures cinématographiques à la Fémis. Le biopic permet de redécouvrir la vie d’un personnage connu et d’en dévoiler des éléments de sa vie privée. »

    Un public au rendez-vous

    Si le genre n’est pas nouveau – le réalisateur français George Méliès diffuse dès 1899 un film biographique sur Cléopâtre, le genre connaît un tournant au début des années 2000 avec la sortie du film La Môme (2007) d’Olivier Dahan. Ce biopic sur la vie d’Edith Piaf, interprétée par Marion Cotillard, connait un succès tant en France, avec 5,3 millions d’entrées, qu’à l’étranger, avec 6,1 millions d’entrées. Côté recettes, le film engendre 32,9 millions d’euros dans le monde, d’après des chiffres Unifrance. En France, à partir de cette date, « la production de films biographiques devient régulière, et ce au rythme de 2 titres par an en moyenne », constate l’organisme chargé de suivre l’évolution des œuvres françaises à l’international.

    Plus récemment, Oppenheimer, de Christopher Nolan, et Napoléon, de Ridley Scott, ont cumulé respectivement 4,46 millions d’entrées et 1,60 millions d’entrées dans les salles françaises, d’après le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Le biopic sur le père de la bombe nucléaire a rapporté plus de 975 millions de dollars de recettes dans le monde, plus de 221 millions de dollars pour celui de l’empereur français, d’après Mojo, une plateforme permettant de comptabiliser le box-office des longs-métrages.

    L’abondance des films biographiques s’explique donc aussi par une logique économique. Réaliser des films demande de « faire des paris » et de « savoir ce qui va plaire aux spectateurs, rappelle Caroline San Martin. Ce qui est intéressant avec les biopics c’est que le pari est facilement rentabilisé. Quand le personnage dont on adapte la vie est populaire, on sait qu’un certain public est déjà intéressé pour voir le film. »

    Mais il n’existe pas de recettes miracles, et certains films biographiques ne rencontrent pas le succès attendu. En 2014, Olivier Dahan, le réalisateur de La Môme, propose au public un film sur Grace de Monaco. Malgré la figure populaire du personnage interprété par Nicole Kidman, le film réalise moins de 300 000 entrées dans l’Hexagone (Unifrance), contre 5,3 millions pour La Môme.

    Des questions éthiques

    Un des éléments communs à tous les biopics, c’est l’envie des spectateurs de découvrir, à travers ces films, les évènements privés d’un personnage public qui permettraient de mieux le comprendre. Mais « il y a une tendance dans le biopic à révéler des éléments qui n’ont pas besoin de l’être. Le genre a parfois un côté racoleur », regrette la chercheuse. Cette façon de raconter une histoire peut alimenter une seule facette d’un personnage, sans nuances. Caroline San Martin souligne une certaine difficulté éthique à la réalisation des biopics : « Le genre biographique peut apporter de la confusion, lorsqu’il y a une volonté de mélanger le réel et la fiction. »

    La chercheuse appelle à la mise en place de garde-fous et met en avant l’ingéniosité de certains films biographiques, comme celui de Todd Haynes sur Bob Dylan, I’m not there (2007), ou encore Séraphine (2008) de Martin Provost, qui questionnent l’œuvre des personnages plutôt que de mettre en avant « les histoires de coucheries » qui auraient permis aux artistes de créer. Dans Un parfait inconnu, James Mangold semble avoir trouvé le juste milieu.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/cinema/un-parfait-inconnu-pourquoi-les-biopics-ont-ils-tant-de-succes-7F2ICDGB75F2VP62GE7QGDSP7A/

    Author : Anne-Charlotte Phan

    Publish date : 2025-01-29 05:45:00

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  • Assurance-vie : les fonds en euros sont-ils toujours attrayants ?


    Alors que le taux du livret A a baissé à 2,4 % au 1er février, la rémunération 2024 des fonds en euros était attendue avec impatience. A ce stade, les assureurs sont au rendez-vous, avec des rémunérations stables. C’est Ampli Mutuelle qui a ouvert le bal avec un généreux 3,75 %. Mais la concurrence n’a pas tardé à se réveiller. Parmi les supports les plus rentables, on retrouve sans surprise celui de Garance, à 3,5 %, qui lui permet d’afficher une performance de 23,58 % sur sept ans.

    Mais l’acteur qui domine actuellement le classement, c’est sans conteste le nouveau venu sur le marché de l’assurance-vie, Corum L’Epargne. Connu pour ses fonds immobiliers et sa gestion obligataire, la société a lancé un contrat d’assurance-vie sans frais de gestion en 2020, et un fonds en euros en 2023. Celui-ci a rapporté 4,65 % à ses détenteurs. A la différence des deux mutuelles, il n’est toutefois accessible que pour 25 % des sommes investies dans le contrat. A noter également la bonne performance de La France mutualiste, qui sert 3,60 % à ses adhérents, ainsi que celles de la Carac et de la MIF, à 3,50 % et 3,35 % respectivement sur leurs contrats multisupports, ou encore de la MACSF, à 3,10 %.

    3840 Infog patrimoine

    Les réserves sollicitées

    Les bancassureurs ne sont pas en reste. Après une véritable remontada au cours des deux dernières années, leurs fonds en euros se maintiennent à des niveaux élevés. Société Générale Assurances et Crédit Agricole Assurances ont fait le choix de la stabilité avec des taux inchangés par rapport à l’an dernier. Par exemple, le contrat Séquoia rémunère entre 2,75 et 3,63 % selon la proportion d’unités de compte détenue. Predissime 9 affiche, lui, un taux compris entre 2,40 et 3,20 %. BNP Paribas Cardif est, en revanche, en léger recul avec un taux moyen de 2,90 %, toutes enveloppes confondues, l’essentiel de ses contrats offrant plus de 2,75 % hors bonus. Chez les assureurs traditionnels, Axa France affiche des taux stables par rapport à 2024, quand Allianz décroche de 0,5 point.

    Pour atteindre ces niveaux, les compagnies ont pu compter sur la bonne tenue des marchés et une forte collecte investie dans des obligations bien rémunérées. Certaines d’entre elles ont aussi eu recours à leurs réserves. « Ces dernières appartiennent aux assurés et nous permettent d’améliorer le taux du fonds en euros, qui est un paquebot, le temps que son rendement naturel retrouve le niveau du marché », explique Olivier Sentis, directeur général de la MIF. C’est désormais chose faite pour nombre de contrats.



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    Publish date : 2025-02-02 10:00:00

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  • Climat : ce scénario sous-estimé où une grande partie de l’Europe se refroidit

    Tandis que le sud de l’Europe ne connaît presque plus d’hivers en 2100, subissant de plein fouet les effets du changement climatique, imaginez Londres grelotter sous des températures dignes du Canada – ou des pays scandinaves, au choix. La Tamise gelée, les transports au ralenti, y compris le fameux Tube de la capitale. Les matchs de football de la sacro-sainte Premier League sont reportés en raison des conditions météo. Comme les premières rencontres du tournoi des VI nations de rugby. Les supporters sont assignés à domicile – même la bière se glace en extérieur.

    Délire des climatosceptiques anglais ? Scénario de science-fiction ? Pas pour Tim Lenton, directeur du Global Systems Institute de l’université d’Exeter, titulaire d’une chaire sur le changement climatique et la science du système terrestre. Le scientifique a participé à l’élaboration d’un rapport alarmant publié en octobre dernier outre-Manche. Les auteurs y critiquent « l’angle mort » des autorités concernant « les points de basculement climatiques », et en particulier celui de l’AMOC (acronyme anglais de « circulation méridienne de retournement de l’Atlantique »), un ensemble de courants océaniques qui contribue, entre autres, à maintenir un climat doux en Europe.

    Il suffirait que celui-ci se dérègle pour que tout le Royaume-Uni et l’Irlande soient fortement impactés. Et les conséquences ne se limiteraient pas à des désagréments aussi triviaux que le report des rencontres sportives. Le refroidissement produit par la modification des courants océaniques « éliminerait fondamentalement les cultures arables au Royaume-Uni, provoquerait une crise de l’eau dans le sud-est et nécessiterait des changements majeurs au niveau des infrastructures, notamment de transport », prévient Tim Lenton.

    Ce scénario n’en reste, pour le moment, qu’un parmi d’autres. Mais la menace grandit, préviennent plusieurs scientifiques, soucieux désormais d’alerter le grand public. « Le Royaume-Uni pourrait être encore moins bien préparé à faire face aux principales menaces liées à la sécurité climatique qu’il ne l’était à faire face à une pandémie. Le gouvernement n’évalue même pas ces risques de manière adéquate, et se prépare encore moins à faire face à leurs conséquences. Le manque d’imagination persiste », déplorent-ils.

    Roland Emmerich a, lui, utilisé toute la sienne. Le réalisateur germano-américain a fait des films catastrophes sa marque de fabrique : Independence Day, 2012, et bien sûr Le Jour d’Après, rediffusé sur le petit écran à intervalle régulier. Sorti en 2004, le film décrit le parcours d’un paléoclimatologue américain – pas vraiment le héros habituel des films à gros budget – incarné par Dennis Quaid, sur une planète renvoyée à l’ère glaciaire. Los Angeles y est dévastée par les tornades, Tokyo lacérée par des grêlons, New York noyée puis transformée en banquise. Hollywood oblige, le film privilégie le spectacle à la cohérence, temporelle et physique, n’hésitant pas à mettre en scène un œil de cyclone de plusieurs dizaines de kilomètres de large ou des personnes gelant instantanément dans les rues. Néanmoins, le blockbuster repose sur une hypothèse scientifique réelle : l’effondrement de l’AMOC.

    « Une double peine »

    Son influence sur le climat est bel et bien planétaire. Il s’agit, de façon simplifiée, d’un ensemble de courants et tourbillons marins qui transportent de la chaleur, de l’oxygène et du carbone à travers l’Atlantique. Le fameux Gulf Stream n’est qu’une composante de cette circulation complexe, souvent décrite comme un tapis roulant : les eaux chaudes et salées tropicales s’écoulent en surface vers le nord, puis se refroidissent au niveau du Groenland, où elles se densifient et plongent sur plusieurs milliers de mètres avant de repartir en profondeur vers le sud.

    Ces mouvements, qui charrient l’équivalent énergétique d’un million de centrales nucléaires, permettent à l’Europe occidentale de bénéficier d’un climat tempéré. Ils jouent aussi un rôle crucial dans la régulation des moussons ou pour le captage de CO2. Or le changement climatique viendrait percuter cette mécanique. Les eaux de surface, se réchauffant, deviendraient moins denses. La fonte des glaces au Groenland ainsi que davantage de précipitations augmenteraient la quantité d’eau douce, elle aussi moins dense, dans l’Atlantique nord. Ce qui ralentirait le tapis roulant… jusqu’à l’arrêter.

    « Si l’AMOC s’arrête, même si Elon Musk nous trouve une technique incroyable pour enlever tous les gaz à effet de serre de la planète, il y a de grandes chances pour cette circulation ne reparte pas. Et que nous n’ayons donc plus jamais le même climat. Ce serait un autre monde », résume Didier Swingedouw, chercheur CNRS au Laboratoire environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux à Bordeaux. En Europe du Nord et occidentale, France incluse, les températures pourraient sérieusement chuter. « Peut-être de huit à dix degrés en moyenne annuelle. Mais il faut prendre en compte le niveau de réchauffement climatique, qui pourrait atténuer ce refroidissement, et la vitesse d’effondrement de l’AMOC, que l’on ne connaît pas », précise Henk Dijkstra, professeur d’océanographie physique à l’Université d’Utrecht (Pays-Bas), et coauteur d’une récente étude sur le sujet.

    Puisque l’AMOC joue essentiellement sur l’hiver à nos latitudes, les différences saisonnières seraient amplifiées. « Une double peine », analyse Didier Swingedouw : des canicules massives d’un côté, des vagues de froid encore plus rigoureuses de l’autre. Un cocktail qui multiplierait les évènements climatiques extrêmes. Les répercussions sur l’agriculture ou la pêche seraient considérables, alors que l’élévation du niveau de la mer pourrait atteindre un mètre.

    Voilà pour l’Europe. Concernant le reste du monde, les effets seraient tout aussi ravageurs. « Le déplacement vers le sud des zones de précipitations tropicales entraînerait des conséquences majeures en termes de sécheresses et d’inondations selon les régions », ajoute le climatologue Stephan Rahmstorf, de l’Institut de Potsdam (Allemagne) pour la recherche sur l’impact du climat. L’Afrique de l’Ouest, surtout, « perdrait jusqu’à 30 % de précipitations, poursuit le chercheur français. Cela aurait un effet catastrophique sur les cultures vivrières, et plongerait des dizaines de millions de personnes en insécurité alimentaire. La pression migratoire serait alors absolument énorme. » La mousson asiatique, vitale pour des zones densément peuplées, connaîtrait aussi d’importantes perturbations.

    Les modèles et leurs biais

    Les scientifiques, conscients du sombre tableau, élèvent de plus en plus la voix pour mettre en garde contre un risque qu’ils considèrent largement sous-estimé. Fin octobre, 44 d’entre eux ont adressé une lettre ouverte aux dirigeants du Conseil nordique des ministres, prévenant qu’un « tel changement de la circulation océanique aurait des effets dévastateurs et irréversibles ». Celle-ci évoque la conclusion « peu rassurante » du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Dans leur dernier rapport, publié en 2021, les experts donnent « une confiance modérée » dans le fait qu’il n’y aura pas d’effondrement de l’AMOC d’ici 2100. Ce qui « laisse clairement ouverte la possibilité » qu’il arrive au cours de ce siècle.

    La position du Giec s’est pourtant légèrement infléchie sur la question ces dernières années. Elle excluait plus fermement ce scénario au cours des années 2000 et 2010. La faute, interprète Didier Swingedouw… au film Le Jour d’après. « Il a provoqué une gêne dans la communauté scientifique : on avait l’impression qu’on en parlait trop. Les rapports de l’époque, pas forcément écrits par des experts de l’AMOC d’ailleurs, ont alors fait des déclarations trop prudentes. Celui de 2021 est revenu dessus », détaille-t-il.

    Les climatologues naviguent dans le monde de l’incertain, surtout sur un sujet si complexe. Mais tous s’accordent sur un point : l’AMOC va ralentir. A quelle vitesse ? A partir de quand ? C’est l’objet de la controverse du moment, avec de nombreuses études qui se confirment ou s’infirment. La raison : des méthodologies qui divergent.

    Car les données sur ces courants marins sont encore trop récentes pour permettre de dégager une dynamique claire. « On ne dispose d’observations continues de l’AMOC que depuis 2004 grâce au déploiement de mouillages dédiés [NDLR : instruments mesurant les propriétés des courants], expose Damien Desbruyères, chercheur au laboratoire d’océanographie physique et spatiale à l’Ifremer. Avant, nos moyens étaient assez limités pour surveiller, décrire et expliquer sa variabilité ». Afin d’élargir l’échelle d’étude, les scientifiques s’en remettent donc à des « proxys », des indicateurs indirects, qu’ils intègrent à leurs modélisations climatiques. C’est le début des désaccords. « Même les modèles de pointe comportent toutes sortes de biais, admet Henk Dijkstra. Sont-ils robustes ? Sont-ils plausibles ? Connaissons-nous vraiment bien la physique sous-jacente ? »

    « Rien ne doit être négligé »

    En juillet 2023, une étude publiée dans Nature communications a fait beaucoup réagir. Deux Danois, Peter et Susanne Ditlevsen, un frère et une sœur, ont estimé que sans réduction drastique des gaz à effet de serre, l’AMOC pourrait s’effondrer entre 2025 et 2095, avec une estimation centrale de 2057. Étonnamment précis, et sans doute trop alarmiste, estiment de nombreux experts.

    Ce reproche est aussi régulièrement adressé à Stephan Rahmstorf. « Il est du devoir des scientifiques de mettre en garde contre les risques. C’est comme dire qu’un médecin est alarmiste parce qu’il prévient son patient que la cigarette peut provoquer un cancer du poumon », balaye le chercheur allemand. Selon lui, l’AMOC s’est déjà affaibli d’environ 15 % depuis les années 1950. La preuve ? « Le ‘cold blob’, une vaste zone située à l’ouest de la Grande-Bretagne et au sud de l’Islande et du Groenland, est la seule partie de la planète qui s’est refroidie depuis le XIXe siècle, alors que tout le reste s’est réchauffé ». Didier Swingedouw désapprouve vivement : « C’est controversé car indirect. La procédure habituelle de détection d’attribution n’a pas été appliquée. « En l’état des connaissances, et faute d’arguments solides, il explique ce « cold blob » par la variabilité naturelle du climat – ces fluctuations causées par des processus autres que l’influence humaine.

    Malgré leurs dissensions, les deux climatologues ont paraphé la lettre ouverte mettant en garde les gouvernements contre des changements drastiques qui pourraient désormais advenir dans le laps de temps d’une vie humaine. « Certains commencent à y prêter attention », apprécie Tim Lenton, un autre signataire. Essentiellement les premiers concernés par ce refroidissement. Le Royaume-Uni a par exemple lancé, en fin d’année dernière, un programme de 81 millions de livres afin de créer un système d’alerte précoce pour surveiller de près l’évolution d’une composante de l’AMOC qui l’inquiète particulièrement : le « gyre subpolaire ».

    Plusieurs mois auparavant, le sénateur irlandais Malcolm Byrne avait, devant le Parlement, interpellé ses collègues : « L’effondrement de l’AMOC, même s’il ne se produira peut-être pas de notre vivant, aurait de graves conséquences pour les générations irlandaises futures. Notre climat pourrait changer et devenir similaire à celui de l’Islande, ce qui aurait de profondes implications… En tant qu’Etat, rien ne doit être négligé en termes de préparation. »

    En France, l’hypothèse n’a pas encore infusé parmi la classe politique. « Le scénario d’un effondrement a pourtant été pris pour la première fois au sérieux par le ministère des Armées au début des années 2000 », rembobine Didier Swingedouw, qui a eu lui-même quelques échanges avec la Grande Muette sur le sujet. Mais il semble demeurer, depuis, circonscrit aux projections et anticipations militaires. Cet « angle mort », pour reprendre le titre du rapport britannique, interroge quant à la trajectoire d’adaptation du pays, forcément incomplète sans considérer cette possibilité. « C’est un pari qui est fait, poursuit le chercheur du CNRS. Mais quand on fait un pari, il vaut mieux miser sur plusieurs chevaux pour avoir plus de chance de gagner. »



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    Author : Baptiste Langlois

    Publish date : 2025-01-29 06:00:00

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  • Etats-Unis : comment l’annonce du gel des dépenses publiques a provoqué le chaos

    La mesure aurait pu bloquer des centaines, voire des milliers de milliards de dollars irriguant tout le pays. Lundi 26 janvier au soir, la Maison-Blanche de Donald Trump a demandé aux ministères et agences fédérales de geler une partie des dépenses « d’assistance » (des subventions et allocations principalement) pour en faire une revue, et s’assurer de leur conformité avec « les priorités présidentielles ». Qualifié mardi par la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, de « très responsable », ce gel des subventions fédérales a rapidement provoqué une bronca, et la confusion dans le pays.

    Durant quelques heures mardi, le portail d’accès à Medicaid, l’assurance santé pour les Américains les plus pauvres, était ainsi inaccessible dans plusieurs Etats américains, empêchant les hôpitaux et médecins d’obtenir le paiement des actes réalisés, selon plusieurs élus démocrates. La Maison-Blanche a plus tard assuré que l’accès allait être rétabli.

    Selon le mémo présidentiel, l’objectif du gel est « d’éliminer le poids financier de l’inflation sur les citoyens, mettre fin aux politiques « wokes » et d’instrumentalisation de l’Etat », alors que le candidat républicain avait promis de tailler dans les dépenses de l’État Fédéral. L’Etat fédéral a déboursé l’an dernier environ 3 000 milliards de dollars en matière d’ »assistance financière, ce qui inclut bourses, prêts, aides d’urgence en cas de catastrophe naturelle.

    « Un braquage »

    L’opposition démocrate est immédiatement montée au créneau, dénonçant, par la voix du responsable de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer, une « décision illégale, dangereuse, destructrice, cruelle ». « C’est un braquage, réalisé à l’échelle nationale », a-t-il aussi cinglé lors d’une conférence presse, dénonçant « un coup de poignard dans le coeur de la famille américaine moyenne ». « Les Américains devraient se demander si c’est « woke » de financer la recherche contre le cancer ou la reconstruction d’un pont délabré », a ajouté la sénatrice de l’Etat de Washington Patty Murray, pointant du doigt « les conséquences désastreuses pour les gens dans tout le pays » d’une telle mesure, et citant aussi les secteurs de la petite enfance, du logement ou encore du soutien en cas de catastrophe naturelle.

    Même des Républicains ont exprimé leur confusion : « Nous devons comprendre ce que signifie le mémo, et nous saurons alors s’il est trop large ou non, mais il semble que ce soit le cas », a ainsi déclaré le sénateur de l’Arkansas John Boozman à Politico.

    Plusieurs ONG et organisations représentant les petites entreprises ont rapidement déposé un recours auprès d’un tribunal fédéral de Washington, jugeant le mémo publié lundi soir « dénué de toute base juridique ou de la plus simple justification ». La juge saisie du dossier a ordonné sa suspension immédiate, et jusqu’à lundi prochain, le temps d’examiner le dossier, tandis que les procureurs généraux de 23 Etats ont contesté le texte. Selon la professeure de droit à l’Université Columbia Gillian Metzger, « le pouvoir exécutif a la possibilité de « reporter ou annuler des dépenses mais uniquement dans des cas particuliers et selon des procédures précises ».

    Les fonctionnaires encouragés à démissionner

    Les annonces fracassantes se sont poursuivies mardi soir, lorsque les fonctionnaires fédéraux américains ont reçu une lettre proposant à ceux qui le souhaitent de démissionner, en conservant leur salaire et avantages sociaux jusqu’à fin septembre. « On estime que 5 à 10 % des effectifs démissionneront, ce qui pourrait permettre de réaliser des économies de l’ordre de 100 milliards de dollars », a déclaré sur X Elon Musk, le dirigeant de Tesla, SpaceX et X, qui pilote une mission consultative au gouvernement pour faire des économies. Le bureau remercie ceux qui décideront de rester, tout en précisant ne pas pouvoir garantir la pérennité de leur poste.

    La semaine dernière déjà, le nouveau chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait annoncé dans une circulaire geler pour 90 jours les aides apportées à l’étranger, à l’exception de celle fournie à l’Egypte et Israël, le temps d’un réexamen complet de tous les programmes. Une annonce dont les conséquences n’ont pas tardé à se faire ressentir à travers le globe. En Ukraine notamment, nombre de projets d’assistance ont été suspendus subitement en pleine guerre avec la Russie : soutien aux vétérans, médias locaux, ou encore aide à la santé. « La plupart des projets ont reçu un ordre d’arrêt », a déclaré à l’AFP une source au sein du bureau ukrainien de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).



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    Publish date : 2025-01-29 06:43:00

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  • L’obésité est-elle une maladie ? Ce débat scientifique qui n’en finit pas

    Arnold Schwarzenegger et Teddy Riner ont un point commun inattendu : ils sont tous deux considérés comme obèses. A n’en pas douter, les 142 kilos du judoka français sont plutôt constitués de muscles que de graisse. Mais l’indice de masse corporelle (IMC), la référence mondiale depuis des décennies pour mesurer l’obésité, ne fait pas cette distinction. Une aberration que 58 experts internationaux proposent de corriger en donnant une nouvelle définition de l’obésité.

    Dans un rapport publié mi-janvier par la prestigieuse revue médicale The Lancet, ces scientifiques estiment que l’IMC est aujourd’hui un critère insuffisant. A la place, ils recommandent un diagnostic plus précis, tenant compte notamment du tour de taille et distinguant deux formes d’obésité, selon leurs effets sur la santé. D’un côté, l’obésité préclinique, qui n’altère pas encore la santé du patient et n’est pas considérée comme une maladie. De l’autre, l’obésité clinique, un « état de maladie qui résulte directement de l’effet de l’excès d’adiposité sur la fonction des organes et des tissus ».

    Si cette nouvelle classification était largement adoptée, les implications seraient massives. Sur le regard de la société, mais aussi des médecins sur l’excès de poids. Sur leur façon de décider quels patients doivent être traités. Et sur les industriels de la pharmacie qui commercialisent les médicaments antiobésité comme Wegovy ou Mounjaro. La distinction entre obésité clinique et préclinique permettrait d’adapter la réponse médicale à chaque patient : soins urgents quand l’excès de masse corporelle porte déjà atteinte à la santé, surveillance et prévention quand les organes fonctionnent encore normalement. Avant même sa publication, le rapport a été approuvé par 76 organisations de santé à travers le monde.

    Un retour en arrière ?

    En France, l’initiative est diversement perçue. « Un groupe de médecins qui travaille sur la stigmatisation de l’obésité a eu un accueil plutôt favorable », assure Martine Laville, professeure de nutrition au laboratoire Carmen de l’université Lyon I et coautrice du rapport. Son espoir : que ce rapport « aide à mieux reconnaître l’obésité clinique comme une maladie chronique, et donc à mieux rembourser les patients ». Mais parmi ces derniers, cet avis est loin de faire l’unanimité. Ainsi, Anne-Sophie Joly, présidente du Cnao (Collectif national des associations d’obèses), ne décolère pas. Elle qui se bat depuis des années pour faire reconnaître l’obésité comme une maladie estime que ce travail va dans le mauvais sens : « On revient à la case départ en termes de communication, cela me met hors de moi. En parlant d’obésité préclinique, on fait passer le message que, pour une partie des personnes concernées, il ne s’agit pas d’une pathologie. C’est la porte ouverte à un retour à la culpabilisation des individus concernés. »

    Actuellement, seul l’IMC permet de dire qui est obèse, et qui ne l’est pas. Il est obtenu en divisant le poids par la taille au carré. Un ratio inventé en 1832 par le statisticien belge Adolphe Quetelet, à la recherche des caractéristiques de l’homme moyen. Sa première application concrète date des années 1950, quand une compagnie d’assurance américaine s’en empara. En 1997, l’Organisation mondiale de la santé déclare l’obésité épidémie globale et définit alors un seuil, reposant sur l’IMC. Il est toujours en vigueur aujourd’hui : si votre IMC dépasse 30 kg/m², vous êtes obèse. Pour une personne mesurant 1,75 mètre, cela correspond à un poids de 92 kilos.

    Avec ce critère, environ 17 % des Français sont obèses. La réalité est plus complexe, puisque l’IMC ne fait pas la différence entre graisse et muscle. « Il s’agit d’un merveilleux outil de dépistage, mais d’un mauvais instrument de diagnostic individuel », rappelle le Dr Guillaume Pourcher, chirurgien de l’obésité à l’hôpital privé Geoffroy-Saint-Hilaire. De plus, cette mesure ne dit rien de la répartition des graisses, pourtant déterminante pour la santé. Or, c’est bien l’accumulation de gras au niveau abdominal qui est un facteur de risque important pour de nombreuses maladies.

    Les experts du Lancet ont mis deux ans pour aboutir à une autre approche de l’obésité. « Au départ, je me suis demandé si on avait vraiment besoin de se lancer dans une nouvelle définition. Je n’étais pas la seule, mais ces deux années de travail m’ont convaincue », confie Martine Laville. Au sein de la communauté des experts, les débats ont été vifs. « Sur la nécessité de dépasser l’IMC, le consensus a été facile à trouver », glisse Martine Laville. Les vrais défis étaient ailleurs. D’abord, s’accorder sur des critères à la fois précis et pratiques. « Comment met-on en évidence cet excès de masse grasse ? L’imagerie médicale serait l’outil parfait, mais nous avions besoin de mesures simples, accessibles partout dans le monde », rappelle la coautrice.

    Retentissement sur les organes

    La proposition du rapport reprend des mesures déjà pratiquées par de nombreux professionnels : un tour de taille supérieur à 102 centimètres pour les hommes et 88 centimètres pour les femmes, un ratio tour de taille-hanche supérieur à 0,9 pour les hommes et 0,85 pour les femmes, ainsi qu’un ratio tour de taille-hauteur supérieur à 0,5. La règle est ensuite simple. Si l’IMC est supérieur à 30 et que l’une ou deux de ces mesures sont dépassées, la personne est considérée comme obèse. De plus, « un IMC supérieur à 40 suffit à présumer le statut d’obésité », note le rapport.

    « Ensuite, il a été nécessaire de répondre à la question suivante : cet excès de masse grasse a-t-il un retentissement sur les organes ? » détaille Martine Laville. Autrement dit, l’obésité est-elle – ou non – une maladie ? Un sujet épineux, qui divise de longue date les experts. « Pour définir l’obésité comme une maladie, il fallait des arguments scientifiques pour considérer que cette atteinte était causée directement par l’excès de graisse », poursuit Martine Laville. Au lancement des travaux, les 58 experts ont dû répondre à un sondage : pour plus de la moitié d’entre eux, l’obésité ne relève pas toujours de la pathologie. « Ils soutenaient l’idée qu’elle est un facteur de risque d’autres maladies et, parfois, une maladie en soi », rappelle le rapport. Avec un argument principal : « Un nombre important de personnes avec une adiposité excessive ne présentent aucun signe évident de maladie en cours. »

    C’est pour se mettre d’accord que les auteurs ont fini par créer ces deux catégories, l’obésité préclinique et l’obésité clinique. Cette dernière indique que l’excès de masse grasse porte atteinte à la santé du patient. Pour l’identifier, les praticiens ont mis au point 18 critères de diagnostic. En résumé, il faut se demander si le surpoids provoque des difficultés concrètes en termes de santé (essoufflement important, douleurs articulaires, troubles du sommeil, problèmes cardiaques ou mauvaise gestion du sucre) ou dans la vie quotidienne (difficulté à se déplacer, se laver, s’habiller ou manger).

    Risque de confusion

    Ainsi, une femme dont l’IMC dépasse 30 et dont le tour de taille dépasse 88 centimètres mais n’a aucun de ces signes doit être considérée en état d’obésité préclinique. Sa santé n’est pas encore dégradée par sa surcharge pondérale. Ce qui ne veut surtout pas dire qu’elle ne doit pas être suivie par un professionnel. Une telle distinction permet toutefois de mieux flécher les parcours de soins et le suivi. D’un côté, l’obésité clinique exige un traitement immédiat pour freiner l’atteinte des organes. De l’autre, l’obésité préclinique appelle une surveillance et des conseils personnalisés. Mais cette nuance entre une obésité-maladie et une obésité sans altération de santé est controversée. Anne-Sophie Joly, présidente du Cnao et le docteur Guillaume Pourcher craignent par exemple que ce rapport crée de la confusion, tout particulièrement dans notre pays, où le statut de l’obésité reste flou.

    Le site du ministère de la Santé la qualifie de « maladie », mais ne lui accorde pas le statut officiel de pathologie chronique. Une reconnaissance pourtant recommandée par Martine Laville dans un rapport remis en avril 2023 au ministère de la Santé et qui devait servir de base de travail. La feuille de route promise pour améliorer la prise en charge des personnes concernées s’est depuis perdue dans les méandres de l’instabilité gouvernementale. Avec cette définition du Lancet, il y a un risque de casser cette dynamique, estime Anne-Sophie Joly : « En étant flou, on brouille le message de santé publique, on ne va pas améliorer la formation des praticiens et l’agroalimentaire entendra ce qu’elle a envie d’entendre. »

    En tant que chirurgien, le Dr Guillaume Pourcher craint « qu’on utilise ces outils de diagnostic plus fins pour limiter l’accès à des actes thérapeutiques ». Mais il y voit aussi une opportunité : « Cette approche pourrait nous aider à mieux comprendre et expliquer l’obésité, tant aux professionnels qu’au grand public. Aujourd’hui, on fait l’amalgame entre les causes et les facteurs aggravants et on dépiste mal. Ce qui est intéressant avec cette notion d’obésité préclinique, c’est que cela permettrait de dépister et suivre des patients plus tôt, qui n’auraient pas été détectés initialement. » C’est tout l’espoir des auteurs du Lancet. Reste à voir si, en France, cette logique finira par se traduire dans les faits.



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    Publish date : 2025-02-02 06:45:00

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  • Marietje Schaake : « Sous Donald Trump, il y aura des mélodrames dans la tech américaine »

    Donald Trump renomme le golfe du Mexique en golfe des Etats-Unis ? La nouvelle peut paraître loufoque. Mais un puissant acteur va, docilement, afficher cette modification sur sa carte consultée par des dizaines de millions d’internautes chaque jour pour se déplacer aux quatre coins du monde. Son nom : Google. C’est l’un des derniers effets en date du rapprochement entre la Big Tech américaine et Donald Trump. Il y en a plusieurs par semaine actuellement, depuis son élection en novembre dernier. Et des plus importants, encore.

    Du fact-checking abandonné par Meta sur ses réseaux sociaux pour être en phase avec le républicain, à l’annonce par la nouvelle administration du méga projet industriel Stargate sur l’IA, doté de plus de 500 milliards de dollars. Cette histoire d’amour avait commencé bien avant l’élection. Marietje Schaake l’avait vu venir. Dans son livre, The Tech Coup : How to Save Democracy from Silicon Valley, l’ex-députée européenne qui officie désormais au Cyber Policy Center de Stanford, a décrit comment les entreprises technologiques prenaient le pouvoir politique aux Etats-Unis. Ses inquiétudes, formulées à L’Express avant l’élection, se confirment aujourd’hui. Et elles ont des conséquences bien au-delà du pays de l’Oncle Sam. L’Europe est en première ligne. Entretien.

    L’Express : L’alliance de la tech américaine avec l’administration Trump est presque complète. Des personnalités que l’on imaginait plus discrètes dans leur soutien comme Mark Zuckerberg sont finalement très démonstratives dans leur soutien au républicain. Même Sam Altman, principal bénéficiaire de Stargate, adoube aujourd’hui le nouveau président. Vous l’aviez pronostiqué, dans votre ouvrage. Imaginiez-vous cependant que le phénomène allait être aussi rapide et massif ?

    Marietje Schaake : On ne peut jamais en être vraiment sûr. Mais cette association avec le pouvoir politique est bien la seconde phase du « coup » dont j’esquissais les contours dans mon livre. Et il est particulièrement visible, aujourd’hui. Cela confirme à mon sens le postulat initial : les magnats de la tech ont beaucoup de pouvoir. En raison des entreprises qu’ils dirigent, de leurs gigantesques capitalisations boursières, de leurs poids dans le développement d’infrastructures critiques comme les satellites, les centres de données, les centrales nucléaires, ainsi que dans les technologies transformant notre réalité telles que les IA génératives ou les systèmes de reconnaissance faciale, ils ont déjà, dans une certaine mesure, remplacé l’Etat. Le moment que l’on traverse est décisif, mais ce serait une erreur de le penser uniquement parce qu’Elon Musk et Donald Trump sont devenus des alliés.

    Confier une partie de leur avenir à quelqu’un d’aussi erratique est-il un risque pour la tech américaine ?

    Oui, on a vu ce tempérament à travers le cas TikTok. Une application capable aujourd’hui de dire « Merci, M. Trump », alors que ce dernier avait initialement décidé de la bannir… Pour les grandes entreprises, notamment technologiques, la tentation a toujours existé de se rapprocher de ceux qui sont au pouvoir. Question d’opportunisme. Cela fonctionne bien avec Trump. Mais cette relation entre la tech et le politique, aussi mutuellement bénéfique qu’elle peut paraître pour le moment, est à double tranchant. Toutes les entreprises n’auront pas accès à la Maison-Blanche, et celles qui seront écartées ne vont pas être en accord avec les décisions qui seront prises, ou ne se sentiront pas correctement représentées. Des tensions se sont déjà fait sentir entre Elon Musk et Sam Altman au sujet de l’IA, le premier ne figurant pas dans le projet Stargate. Il y a fort à parier qu’elles se diffuseront au-delà, dans toute la communauté « business », sur fond de jalousie. Une bataille de territoire pourrait opposer les entreprises tech conventionnelles à celles centrées sur l’IA. Je suis convaincue qu’il y aura beaucoup de mélodrames à l’avenir.

    Vous mentionnez, Elon Musk, celui-ci se distingue par des conflits d’intérêts majeurs…

    C’est un des gros problèmes. Elon Musk jouit par le biais de ses entreprises comme SpaceX d’un certain nombre de contrats gouvernementaux. En parallèle, des enquêtes fédérales ont été ouvertes contre ses sociétés [NDLR : SpaceX, mais également Tesla ou Twitter devenu X]. Mais, toujours dans le même temps, il conseille le président sur la politique internationale, le commerce, dirige le département de l’Efficacité gouvernementale, tout en poursuivant ses activités d’entrepreneur. Le gouvernement ne fournit plus les contre-pouvoirs utiles. Ce qui nous amène, sous ce double leadership, à un nouveau type de confrontation en tant qu’Européens avec les États-Unis.

    Pourquoi ?

    Car Musk soutient par ailleurs explicitement des forces anti-démocratiques, notamment en Allemagne. Il s’adonne à des « saluts nazis ». Il est également proche de Peter Thiel [NDLR : le CEO de Palantir Technologies et fondateur de PayPal], un homme de l’ombre, très puissant, qui défend de longue date une position très anti-étatique. Il faut enfin prendre en compte le soutien du secteur de la cryptographie au duo Musk-Trump. Une industrie particulièrement enthousiaste à l’idée de voir des juridictions alternatives, opposée aux États et au système financier tel que nous le connaissons. Il s’agit donc de batailles aux enjeux très élevés qui ne soutiennent en aucun cas un renforcement de l’État de droit. C’est une époque très sombre pour ceux d’entre nous qui se soucient de la démocratie, dont l’Europe.

    Qu’avons-nous collectivement raté pour en arriver à ce stade ?

    Nous avons sous-estimé le pouvoir démesuré des entreprises technologiques. Je pense que pendant longtemps, l’idée a prévalu qu’elles fortifiaient la démocratie. Elles ont été traitées avec beaucoup d’indifférence, ce qui leur a laissé une grande marge de manœuvre pour prendre leurs propres décisions. Aujourd’hui, nous constatons qu’elles ne sont pas intéressées par la défense des valeurs démocratiques. Seulement par leurs marchés et la maximisation de leur pouvoir. Nous allons assister à une confrontation plus directe avec les régimes démocratiques, ce qui est, bien sûr, très inquiétant en raison des vastes pouvoirs que les géants de la tech ont désormais entre leurs mains.

    « L’Europe a un problème de fragmentation »

    Les entreprises américaines ont récemment mis la pression sur l’Europe. Plus particulièrement les plateformes de réseaux sociaux, Meta et X, en guerre contre le DSA, le règlement sur les services numériques… Comment doit-elle réagir ?

    La Commission européenne devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour obliger ces entreprises à montrer ses algorithmes de recommandation, qui définissent quels contenus sont adressés à quels utilisateurs. Cela constitue un premier pas : après tout, que peuvent-elles bien cacher ? Toutefois, l’aspect modération ne suffira pas. Le plus important aujourd’hui pour l’UE est de doubler ses investissements dans les infrastructures, notamment numériques. Il existe enfin le levier des marchés publics, car les gouvernements sont souvent les principaux clients des entreprises technologiques. Les dirigeants européens disposent donc d’un pouvoir énorme, non seulement par le biais de la réglementation, mais aussi par leurs achats.

    Et je pense que cela, combiné aux investissements, facilitera l’application des lois existantes qui seront sans aucun doute soumises à des pressions. Nous avons vraiment besoin d’agir en mode « crise » afin de procéder à des ajustements sans précédent. Car si une guerre commerciale se dessine, l’Europe devra avoir une solide colonne vertébrale pour ne pas renoncer à appliquer ses législations. Pour l’heure, elle n’en a pas. D’un côté, il y a le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, un homme fermement convaincu que les entreprises technologiques représentent une menace pour nos démocraties. Et puis, de l’autre, une dirigeante comme l’Italienne Giorgia Meloni, en passe de conclure un accord avec Elon Musk. Ou bien un président français, Emmanuel Macron, qui remet en question certains volets de l’IA Act. Ce qui me semble contre-productif pour un « pro-européen » tel que lui.

    Le célèbre « Bruxelles effect », cette diffusion de la régulation européenne au-delà de ses frontières et particulièrement aux Etats-Unis, est-il mort ?

    C’est encore tôt pour le dire. Les législations européennes, sur le numérique, sont jeunes et n’ont pas encore prouvé toute leur valeur. Cela dépendra aussi de nouvelles alliances potentiellement conclues par l’Union européenne à l’échelle mondiale, avec des pays plus enclins à accepter ce type de règles, fondées sur des valeurs démocratiques. Mais il est évident que cet « effet bruxellois » dans la relation transatlantique que l’on entretient avec les Etats-Unis, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale, est mis à mal par cette collusion entre les entreprises technologiques et le pouvoir trumpiste.

    Est-ce que des comportements individuels peuvent avoir des effets ? En Europe, et notamment en France, un exode de X est en cours. Ce qui pourrait signifier à terme une perte d’influence de la plateforme, et de son dirigeant Elon Musk…

    Les choix individuels peuvent bien entendu avoir une influence. Si certains actionnaires de Tesla sont vraiment mécontents du « salut nazi » proférer par Musk, il peut y avoir des conséquences. Concernant X, les gens décident bien sûr d’eux-mêmes où ils veulent passer leur temps et dépenser leur argent. Mais au fond, je ne pense pas que les individus soient suffisamment responsabilisés, informés, et qu’ils puissent contrebalancer ce pouvoir démesuré. On connaît, par ailleurs, le puissant impact des effets de réseau sur les plateformes en ligne. C’est pour ça que je préconise plutôt d’autres contre-pouvoirs : la régulation, l’investissement et donc, de nouvelles alliances pour l’Europe.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/marietje-schaake-sous-donald-trump-il-y-aura-des-melodrames-dans-la-tech-americaine-4ZGW6LOB4NBNTESWQAVWBBM2GY/

    Author : Maxime Recoquillé

    Publish date : 2025-02-02 07:45:00

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  • Marco Rubio et Donald Trump : leur plan pour redessiner l’Amérique latine


    Ces deux-là n’ont pas toujours été amis. En 2016, lors du débat des primaires républicaines, le sénateur de Floride Marco Rubio et le businessman Donald Trump se balançaient des insultes à la figure en direct. A l’époque, le premier, très offensif, traite le second d’arnaqueur, critique ses faillites en série, l’accuse d’employer des travailleurs clandestins, moque ses fautes d’orthographe sur Twitter. Et affirme que, si « Donald n’était pas un héritier, il serait en train de vendre des montres à la sauvette dans les rues de Manhattan ». En tête dans les sondages, Trump contre-attaque : il diminue son adversaire en l’appelant « Little Marco », en le qualifiant de « poids plume », de « menteur invétéré » et en déclarant qu’il transpire. « Cela l’oblige, en coulisses, à se maquiller à la truelle, y compris pour cacher ses grandes oreilles », raille-t-il.

    A un autre moment, Rubio suggère que Donald Trump a… un petit pénis ! « Regarder la taille de ses mains, et vous savez ce qu’on dit sur les hommes qui ont des petites mains », se gausse-t-il. Trump, très premier degré, montre ses mains à la caméra : « Vous appelez ça des petites mains ? Je vous assure que je n’ai aucun problème de ce côté-là… »

    Les deux candidats du « Grand Old Party » lors d’un débat le 25 février 2016 à l’université à Houston, au Texas

    Et voici que, neuf ans plus tard, « Little Marco » est devenu le secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) de Trump. C’est lui que le président a chargé de conduire la politique étrangère, laquelle s’inspire de la doctrine Monroe (1823) et de l’impérialisme prôné par Theodore Roosevelt (1901-1909), adepte de la diplomatie du « Big Stick ». « Tenez un gros bâton et parlez doucement, et vous irez loin », disait « Teddy ». Pour Rubio, il s’agit de rasseoir l’autorité des Etats-Unis sur ce que les Américains appellent l’Hémisphère occidental (Western Hemisphere), c’est-à-dire les Amériques du Nord, du Sud et centrale ainsi que les pays insulaires des Caraïbes. C’est le retour de la politique des « sphères d’influence » où l’Oncle Sam doit régner en maître dans son « arrière-cour » latino-américaine. Donald Trump veut redessiner les rapports de force de l’Alaska (et du Groenland) à la Terre de Feu, faire du Canada le 51e Etat américain, récupérer le canal de Panama, stopper l’immigration à la frontière du Mexique, contrer les cartels de la drogue et, si possible, mettre fin aux régimes dictatoriaux de Cuba, du Venezuela, du Nicaragua.

    Premier Latino de l’histoire américaine nommé à « Foggy Bottom », le Quai d’Orsay américain, Rubio semble être l’homme de la situation. D’origine cubaine, hispanophone, il connaît parfaitement la région et, plus important encore, il en comprend la mentalité. Fils d’un serveur de restaurant et d’une femme de chambre d’hôtel arrivés en Floride en 1956, le petit Marco naît à Miami en 1971, étudie le droit dans la même ville, se marie à une pom-pom girl des Miami Dolphins (équipe de football américain), devient élu local puis sénateur de Floride au Congrès de Washington en 2011. Sous le premier mandat de Trump, ce Cubano-Américain fait partie de ceux qui conseillent le président en court-circuitant le Département d’Etat.

    Au Sénat, il a présidé la commission du Renseignement et ainsi accédé à quantité d’informations top secret. « Bien renseigné sur la marche du monde, ce n’est pas encore un poids lourd de la politique étrangère mais ce n’est déjà plus un poids plume », estime Jacob Heilbrunn qui dirige à Washington la revue de géopolitique The National Interest. Néoconservateur, anticommuniste et « faucon » anti-Pékin, c’est aussi un atlantiste : « L’année dernière, il fut l’architecte de la loi bipartisane conçue pour empêcher tout président américain de quitter unilatéralement l’Otan », rappelle l’analyste.

    Le « very bad deal » du canal de Panama

    Traditionnellement, le ministre des Affaires étrangères américain réserve son premier voyage officiel au Canada ou au Mexique, pays voisins. Mais, en ce début février, le nouveau chef de la diplomatie se déplace d’abord au Guatemala, au Salvador, au Costa Rica, en République dominicaine et au Panama. C’est peu dire que les relations entre ce pays tropical et Washington sont refroidies depuis le discours d’investiture de Donald Trump, lorsqu’il a évoqué l’idée de reprendre le contrôle du canal. Construit et contrôlé par les Américains jusqu’en 1999, il a été rétrocédé aux Panaméens cette année-là en vertu de l’accord Torrijos-Carter de 1977. « Un very bad deal et une honte », selon Trump. « Jimmy Carter leur a donné le canal pour un dollar et ils étaient censés nous traiter équitablement. Maintenant, c’est la Chine qui exploite le canal de Panama », exagère le 47e président américain. Comme le commandement militaire américain, il s’inquiète de la montée en puissance de Pékin qui contrôle de nombreux ports logistiques sur le continent, y compris aux deux entrées du canal.

    La fixation de Donald Trump sur la voie d’eau interocéanique remonte à 2003 lorsque le businessman s’est rendu pour la première fois à Panama City à l’occasion d’un concours Miss Univers dont il était l’organisateur. Aujourd’hui, les stratèges américains partagent sa volonté de « containement » vis-à-vis de l’empire du Milieu en Amérique latine. Dans le cadre de sa rivalité stratégique avec Pékin, Washington entend contrôler tous les flux maritimes de son environnement proche. D’où l’intérêt, aussi, pour le Groenland (territoire danois) et le passage du Nord-Ouest, route côtière qui s’ouvre le long du Canada à mesure que le réchauffement climatique provoque la fonte de glaces. « Je me demande toutefois par quel mécanisme juridique Trump entend revenir sur le traité de 1977 avec le Panama… », s’interroge, à Washington, l’expert Gaspard Estrada, de la London School of Economics.

    En Colombie, la marche arrière de Gustavo Petro

    Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) Luis Almagro a en effet rappelé que « la validité du traité Torrijos-Carter était incontestable ». Alors, une intervention militaire américaine serait-elle envisageable ? « Et pourquoi pas ? réplique du tac-au-tac Jacob Heilbrunn du National Interest. Qui nous garantit que Trump ne s’y aventurera pas ? Cela lui offrirait une victoire facile qui augmenterait sa popularité, un peu comme le débarquement américain sur l’île de la Grenade en 1983, tout bénéfice pour l’image du président Reagan à l’époque. »

    Plus urgente est cependant la question des migrants. En campagne électorale, Trump a promis de tarir le flux des illégaux en provenance du sud du Rio Grande [estimé de 7 à 11 millions de personnes sous le mandat de Joe Biden]. L’exemple de la Colombie donne une idée de la « méthode Trump ». Le 26 janvier, après que le chef de l’Etat Gustavo Petro (gauche) s’est opposé à l’atterrissage de deux avions militaires remplis de clandestins expulsés, Donald Trump a immédiatement menacé d’appliquer des droits de douane de 25 % sur les importations, ce qui aurait ravagé les filières café et fleurs coupées du pays andin. En l’espace de deux heures, l’ex-guérillero Petro était soudain moins combatif. Il a fait machine arrière.

    La même menace – 25 % de taxe sur les importations – plane sur le Mexique. Trump exige de la présidente Claudia Sheinbaum (gauche) qu’elle stoppe le flux de migrants sur son sol et empêche les narcotrafiquants d’exporter du Fentanyl vers l’Amérique. Puissant opioïde qui contient des ingrédients chinois, cet antidouleur cause la mort de plus de 70 000 Américains chaque année. Le président américain menace aussi d’envoyer des forces spéciales combattre les cartels chez eux. Une ingérence inacceptable pour les dirigeants mexicains. En coulisse, Erik Prince, proche de Trump et fondateur d’Academi, la plus importante société militaire privée au monde, piaffe d’impatience. Il rêve d’en découdre avec les narcos et avec le régime vénézuélien de Nicolas Maduro. « L’idée d’une intervention militaire relève toutefois de la simple rhétorique », temporise la politologue mexicaine Beata Wojna.

    Une guerre économique, en revanche, n’est pas à exclure, afin également de forcer la relocalisation de l’industrie aux Etats-Unis. Mais, puisque le Mexique est le premier partenaire commercial de l’Oncle Sam, attention à l’effet boomerang ! « Des droits de douane renchériraient d’au moins 3 000 dollars l’achat de voitures et de pick-up Ford et General Motors fabriqués au Mexique… », a opportunément prévenu la présidente Sheinbaum. Une telle guerre se traduirait en outre par une perte de PIB de 0,5 % aux Etats-Unis, selon plusieurs études. « Pour tenir sa promesse électorale – de lutte contre l’immigration -, Trump est prêt à payer ce prix », poursuit la politologue Beata Wojna, par ailleurs convaincue que Claudia Sheinbaum trouvera des terrains d’entente avec son voisin du nord.

    En matière de lutte contre le narcotrafic, la leader de gauche a d’ailleurs promu l’expérimenté Omar Garcia Harfuch, partisan de la mano dura et cible d’une tentative d’assassinat par les narcos il y a cinq ans. « Une chose est sûre, conclut le Franco-Mexicain Gaspard Estrada, les relations de Rubio avec elle seront meilleures qu’avec son prédécesseur Andres Manuel Lopez Obrador : le sénateur de Floride l’accusait d’être un « apologue de la tyrannie cubaine et de la narcodictature vénézuélienne ». Meilleures, mais pas forcément excellentes…

    Tout aussi incertain est l’avenir des relations avec le Brésilien Lula qui, voilà peu, soutenait ouvertement la candidature de Kamala Harris contre Donald Trump. A ce contentieux Lula-Trump s’ajoute le conflit ouvert entre Elon Musk et la Cour suprême du Brésil qui avait suspendu le réseau X jusqu’à ce que la plateforme accepte de supprimer des comptes d’extrême droite qui propageaient des fausses informations. Nul doute que le locataire de la Maison-Blanche préférerait voir le très droitier Jair Bolsonaro au pouvoir à Brasília, lui qui a une relation personnelle avec la famille Trump et qui a passé plusieurs mois « en exil » en Floride après la tentative de coup d’Etat de janvier 2023 par ses partisans lors du retour de Lula à la présidence.

    De la part de Marco Rubio, ce sont surtout La Havane, Caracas et Managua qui feront l’objet d’une attention particulière. « Avec un Cubain à la tête du Département d’Etat, il existe une opportunité unique de faire bouger les choses à Cuba, au Venezuela et au Nicaragua, trois pays dont les partenaires privilégiés sont la Chine, la Russie et l’Iran », estime, à Genève, l’analyste suisso-vénézuélienne Maria-Alejandra Aristeguieta. De fait, Trump et Rubio voudraient se racheter du ratage de 2019 lorsque Washington, l’Union européenne et des dizaines de pays ont reconnu l’opposant Juan Guaido comme seul président du Venezuela. L’affaire a fini en eau de boudin et, six ans plus tard, Nicolas Maduro est toujours en place à Caracas…

    Selon l’ancien ministre colombien Mauricio Vargas, fin connaisseur de la région, Rubio a cette fois un plan plus solide – et plus simple – pour faire tomber Maduro. « Il ne s’agit pas d’une opération militaire mais d’exercer une pression économique maximale, y compris en menaçant les pays qui commercent avec Caracas, explique-t-il à L’Express. Pour commencer, Donald Trump pourrait annuler la licence accordée par Joe Biden à Chevron qui permet à la compagnie américaine d’exploiter du pétrole au Venezuela ; cela priverait la narcodictature d’un précieux oxygène qui lui revient sous forme de 5,5 milliards de dollars par an. » Lors de sa récente audition devant le Sénat, Marco Rubio a expliqué que chaque programme financé et chaque politique appliquée par le Département d’Etat devraient rendre les Etats-Unis « plus sûrs, plus forts, plus prospères ». Or, selon lui, le chavisme menace la sécurité américaine à cause du narcotrafic ainsi que sa prospérité, en raison de l’envoi de centaines de milliers de migrants.

    Le président du Salvador, son épouse Gabriela Rodriguez et leurs filles Layla et Aminah lors de la cérémonie d'investiture, au palais national, à San Salvador, le 1er juin 2024 Le président du Salvador, son épouse Gabriela Rodriguez et leurs filles Layla et Aminah lors de la cérémonie d’investiture, au palais national, à San Salvador, le 1er juin 2024

    D’autres partagent cet avis. Lorsqu’il était député en 2021, l’actuel conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche Mike Waltz – également originaire de Floride – fut ainsi l’auteur de la loi Bolivar. Votée par la Chambre des représentants, elle vise à mettre fin aux contrats gouvernementaux signés avec toute entreprise qui fait aussi du business avec le gouvernement Maduro. Un troisième personnage complète l’équipe la plus anticommuniste et anticastristre depuis longtemps à la Maison-Blanche : Mauricio Claver-Carone. Cubano-Américain de Floride comme Rubio, il est le représentant personnel de Donald Trump pour l’Amérique latine. L’objectif de ce trio est simple : appliquer la tolérance zéro vis-à-vis de Maduro et l’obliger, peut-être, à rejoindre Bachar el-Assad en exil à Moscou.

    « Si le régime vénézuélien tombe, Cuba sera sans doute le suivant sur la liste », pronostique Maria-Alejandra Aristeguieta, qui prédit « d’importants mouvements de plaques tectoniques aux Amériques dans les quatre années à venir ». En fait, les changements sont déjà en cours. Aux Etats-Unis, l’ouragan Trump balaye tout sur son passage. Au sud, Javier Milei secoue l’Argentine avec sa révolution libertarienne. En Amérique centrale, le Salvadorien Nayib Bukele, un autre protégé du nouveau locataire de la Maison-Blanche, a terrassé les gangs de narcotrafiquants avec une répression de choc. Au Canada, enfin, le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre, archi favori dans les sondages, pourrait arriver au pouvoir en 2025 (la date exacte de ce scrutin anticipé n’est pas encore fixée) en remplacement de Justin Trudeau. Un réalignement idéologique à l’échelle continentale semble être en marche. A la tête des Affaires étrangères de Trump, l’anticommuniste Marco Rubio n’est pas mécontent.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/marco-rubio-et-donald-trump-leur-plan-pour-redessiner-lamerique-latine-MN4ZJYFIXFDGRELRF5L5YTWS6A/

    Author : Axel Gyldén

    Publish date : 2025-02-02 07:00:00

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  • Immigration : derrière le budget, l’autre menace qui pèse sur François Bayrou

    Le lundi 27 janvier, le ciel est encore dégagé. Rien ne semble faire obstacle à la conclusion d’un accord de non-censure entre le gouvernement et les socialistes autour du budget 2025. La paix armée est dans l’intérêt de tous. Attablé dans un café parisien, un cadre de l’ex-majorité présidentielle affiche un optimisme teinté de prudence. « Des éléments peuvent percuter la bienveillance qui semble se dessiner entre le PS et nous. Un Retailleau qui ferait trop de Retailleau par exemple… » Prophétique. Enfin, presque. Le ministre de l’Intérieur n’est pour rien dans la colère socialiste. En théorisant l’existence d’un « sentiment de submersion migratoire », François Bayrou a lui-même réveillé les envies de censure de la formation à la rose. Le budget est la première menace pesant sur l’exécutif : dans La Tribune Dimanche, le Premier ministre annonce qu’il recourra lundi au 49.3 et dit son « espoir » de voir le projet de loi de finances enfin adopté. Mais un train peut en cacher un autre.

    Le thème de l’immigration est à double tranchant dans cette Assemblée morcelée. L’interrogation est lancinante. Le gouvernement doit-il s’en emparer avec vigueur pour se prémunir du risque de censure ? Ou bien embrasser le sujet l’expose-t-il aux assauts simultanés de la gauche et du Rassemblement national ? L’interrogation souffre d’un biais idéologique évident.

    Sujet à double tranchant

    A son arrivée à Beauvau, Bruno Retailleau penche sans surprise pour la première option. Le Vendéen espère que son discours et ses projets législatifs auront pour effet d’anesthésier le Rassemblement national. « C’est une assurance vie face au RN, juge alors un proche. Aucun gouvernement ne survit s’il ne penche pas à droite. » La thèse ne manque pas d’arguments. D’après les enquêtes d’opinion, les Français sont avides de fermeté migratoire. Cette « majorité nationale » – que Bruno Retailleau érige en source de légitimité politique – verrait d’un mauvais œil la censure d’un exécutif vigoureux. L’analyse vole en éclats le 4 décembre. L’extrême droite baisse le pouce, joignant ses voix à celles de la gauche pour faire chuter le gouvernement Barnier. L’immigration a été éclipsée du discours frontiste, au profit d’alertes contre une hausse des impôts ou d’un tour de vis sur les retraites.

    Ce jour-là, François Hollande a censuré Michel Barnier. Au lendemain de la nomination de François Bayrou, l’ancien président de la République cartographie les menaces. « Si Bayrou, comme Barnier, cherche un accord avec le RN sur une loi immigration, il mettra les socialistes dans l’obligation de censurer tout en sachant que cette position ne ferait pas forcément tomber le gouvernement. » Immigration, terrain miné. La gauche se méfie de Bruno Retailleau, jugé complaisant avec les thèses du RN. La formation d’extrême droite le dépeint en « ministre de la parole », à l’efficacité douteuse. Dès septembre, Marine Le Pen érigeait en « ligne rouge » l’absence de « sursaut migratoire ». « Nous vous demandons […] de remettre à votre agenda, dès le premier trimestre de 2025, un projet de loi immigration restrictif, reprenant au minimum les dispositions censurées en janvier par le Conseil constitutionnel », lançait-elle à Michel Barnier après sa déclaration de politique générale (DPG).

    « Une grande loi est de nature à provoquer une censure »

    Ces mécontentements peuvent se coaguler contre l’exécutif. La preuve par l’Aide médicale d’Etat (AME). La baisse de 111 millions d’euros des crédits allouée au dispositif, approuvé ce vendredi par la Commission mixte paritaire (CMP), suscite des réactions contradictoires. « Humiliation totale des LR sur le budget et l’immigration », a réagi le député RN Jean-Philippe Tanguy sur X ». « La Macronie et les soutiens du gouvernement coupent dans l’AME ! C’est l’extrême droite qui gouverne ? La censure s’impose », a rétorqué l’élu LFI Aurélien Le Coq, membre de la CMP.

    Alors, l’exécutif fait assaut de prudence. Oubliée, la grande loi immigration initialement souhaitée par Bruno Retailleau. François Bayrou a évoqué de simples « initiatives parlementaires » lors de sa DPG. Le Premier ministre préfère des propositions de loi sur des objets identifiés. Moins risqué. « Avoir un grand texte est de nature à provoquer une censure, note une ministre. De plus petites lois sur des sujets particuliers peuvent être tout aussi efficaces et moins dangereuses ». Ainsi, Bruno Retailleau n’est pas pressé de transcrire dans notre droit le Pacte européen sur la migration et l’asile, une obligation d’ici juin 2026. Là encore, la tenaille guette. Les eurodéputés socialistes avaient voté contre ce texte, tout comme Jordan Bardella. A Beauvau, on philosophe : serait-ce la première fois que la France prend des libertés avec les règles européennes ? La survie vaut bien une petite indélicatesse.

    François Bayrou en prendra-t-il ombrage ? Le Premier ministre n’est pas réputé pour sa doctrine sur l’immigration. « Je ne saurais pas donner sa pensée précise sur le sujet », sourit un ministre. « C’est… François Bayrou », ajoute un autre, en allusion à son centrisme. Du genre à donner raison à ses ministres Bruno Retailleau et Eric Lombard, aux lignes pourtant divergentes. Avant sa DPG, le ministre de l’Intérieur glissait au chef de gouvernement : « J’attends que tu t’exprimes. Je ne peux pas me contenter de silences. » Le choix du niveau sonore requiert une grande subtilité.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/immigration-derriere-le-budget-lautre-menace-qui-pese-sur-francois-bayrou-ELDFJBNNOBAA7GHXTRQXUOEOAU/

    Author : Paul Chaulet

    Publish date : 2025-02-02 06:30:00

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  • Budget : François Bayrou annonce qu’il va recourir au 49.3

    Le 49.3 pour une « sortie de crise » : François Bayrou abrégera dès ce lundi 3 février les débats à l’Assemblée nationale pour « passer à l’adoption » du budget de l’Etat et, rapidement, de celui de la Sécurité sociale. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, le Premier ministre annonce qu’il fera usage de cette arme constitutionnelle, qui engage la responsabilité de son gouvernement, sur les conclusions de la Commission mixte paritaire sur le projet de budget de l’État pour 2025. Un texte toujours pas adopté au début du mois février, deux mois après la chute du gouvernement Barnier.

    Après ce compromis élaboré par la coalition gouvernementale, assorti de concessions au Parti socialiste dans le but d’éviter une censure, « il faut passer sans tarder à l’adoption. Un pays comme le nôtre ne peut rester sans budget », insiste François Bayrou. Le gouvernement devrait conserver « le texte issu de la CMP », selon Amélie de Montchalin, la ministre du Budget.

    L’utilisation du 49.3 – également annoncé rapidement pour le Budget de la Sécu, dont l’examen reprend aussi ce lundi au Palais Bourbon – devrait immanquablement déboucher sur une motion de censure, promise par La France insoumise et que devraient voter, sans doute mercredi, les communistes et les écologistes.

    Après avoir évité la chute de son gouvernement sur sa déclaration de politique générale, François Bayrou doit la déjouer sur ces textes budgétaires pour espérer durer à Matignon. Le RN et le PS n’ont pas encore fait connaître leurs intentions. Les regards sont particulièrement braqués sur les socialistes, avec qui le gouvernement négocie depuis plusieurs semaines. Une censure « serait rejetée avec colère par les Français ». « Ces deux partis [le RN et le PS, NDLR] le savent aussi bien que moi », met en garde le Premier ministre, pour qui les Français « ne veulent pas aller de destruction en destruction, vivre de censure en censure, de dissolution en dissolution ».

    François Bayrou a reçu l’appui en ce sens d’un prédécesseur socialiste, Lionel Jospin. « Voter la censure aujourd’hui, effectivement, ne serait pas responsable », a jugé ce dernier sur France 5, s’adressant au PS « et même à l’ensemble des forces de gauche ».

    Huit « sommets » de « l’Himalaya »

    Malgré les retouches à la copie initialement présentée par Michel Barnier, dont François Bayrou chiffre le coût « peut-être autour de 5 milliards », le budget 2025 permettra de maintenir le déficit au chiffre annoncé de 5,4 % du PIB, assure le Premier ministre. Le centriste a reçu un soutien sans enthousiaste de la droite, dûment représentée au gouvernement mais dont le soutien à l’Assemblée « se décide texte par texte », a insisté dans le JDD le patron des députés LR, Laurent Wauquiez. L’élu de Haute-Loire a rappelé être « fermement opposé à de nouvelles hausses d’impôts » et se dit impatient de voir l’exécutif « passer des paroles aux actes » en matière de sécurité et d’immigration.

    Déjà en campagne pour une nouvelle dissolution que le RN juge inéluctable, Jordan Bardella a de son côté poussé l’idée d’un référendum sur l’immigration. Prenant au bond, lors d’un meeting devant quelque 3 000 personnes à Montélimar (Drôme), l’expression de « submersion » migratoire employée cette semaine par le Premier ministre.

    Comment gouverner dans la durée sans majorité ? Après cette « entente » sur le budget, « rien ne pourrait justifier qu’on s’arrête là », plaide François Bayrou, qui énumère « huit sommets » de « l’Himalaya » à venir : « l’Éducation nationale, la sécurité et la justice, l’outre-mer, la production – qu’elle soit industrielle, agricole, culturelle -, le changement climatique, la santé, la question migratoire ». Sans oublier les retraites, objet d’un conclave entre partenaires sociaux.

    François Bayrou s’est par ailleurs justifié d’avoir voulu scinder en deux textes le projet de loi sur la fin de vie, « parce qu’il y a deux questions absolument distinctes ». « Pour la première, celle des soins palliatifs, je considère que notre société a un devoir imprescriptible ». Alors que la deuxième, « celle de l’assistance à mourir », « est une question de droit, qui peut engendrer des débats de conscience extrêmement lourds ». Mais « je n’ai aucune intention de reporter l’examen de ces deux textes » qui « seront examinés en même temps », a-t-il précisé.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/budget-francois-bayrou-annonce-quil-va-recourir-au-493-3PUUCF4NTZEDHNP3G6F2BBVQRE/

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    Publish date : 2025-02-02 06:00:00

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  • Hello Quitte X : Bluesky, grand gagnant de l’opération ?

    Comme de nombreux utilisateurs du réseau social X, vous vous êtes peut-être demandé si vous deviez quitter la plateforme depuis son rachat par Elon Musk. Pour certains, cette interrogation a émergé dès la vente de l’application au milliardaire ; pour d’autres, elle a pu apparaître plus tard, lorsqu’il a annoncé son ralliement à la campagne présidentielle de Donald Trump, par exemple. Peut-être avez-vous été dérangés par les changements d’algorithme… ou excédés par l’apparent salut nazi du fondateur de SpaceX, lors de l’investiture du nouveau président américain. Une chose est certaine, le réseau social a beaucoup changé ces dernières années et une question devient obsédante : faut-il abandonner l’ancien Twitter ?

    Certains ont déjà sauté le pas, à l’image de l’Institut Pasteur, qui a officialisé son départ le 16 janvier, ou encore du Guardian, le grand quotidien britannique qui a arrêté de poster dès le mois de novembre dernier. Du côté de la presse française, Le Monde a pris une décision similaire et de nombreux internautes pourraient bientôt leur emboiter le pas.

    Pour encourager le départ des utilisateurs du réseau vers d’autres plateformes jugées « plus vertueuses », une équipe menée par David Chavalarias, chercheur en mathématiques rattaché au CNRS, a ainsi créé la plateforme « HelloQuitteX ». Le principe : aider les internautes à archiver le contenu de leur compte X puis les accompagner en transférant leurs abonnés et leurs abonnements vers une autre plateforme comme Bluesky ou Mastodon. Dans un échange avec nos confrères de l’AFP, le spécialiste remarque que « beaucoup d’utilisateurs sont captifs de leur audience sur X. Certains n’arrivent pas à se décider à partir, de peur de perdre leurs sources ou leur public. » Son outil – qui aurait donc vocation à y remédier – a connu un large retentissement médiatique en quelques jours.

    « Le 20 janvier, jour de l’investiture de Donald Trump, quittons X », pouvait-on encore lire sur la page d’accueil du site à la mi-janvier. Pour ce faire, la plateforme propose une panoplie de solutions allant du « gel » d’un compte (qui n’est alors plus alimenté, à l’image du compte officiel du journal Le Monde) jusqu’à sa suppression pure et simple. « Il y a plein de manières de prendre ses distances avec X », note David Chavalarias qui se dit satisfait du nombre d’inscriptions sur le site du mouvement à la date prévue. Pour le mathématicien, « il est important d’avoir des identités numériques sur différentes plateformes » pour se libérer d’un réseau qu’il juge « objectivement dangereux. »

    Pas d’exode numérique massif

    Plusieurs jours après le retour du magnat new-yorkais à la Maison-Blanche, L’Express a donc choisi de faire un point sur le bilan de l’opération Hello Quitte X. Puisqu’il est difficile de connaître le nombre exact de comptes existants sur la plateforme d’Elon Musk, notre équipe a effectué des relevés du compteur d’abonnés de plusieurs médias français et anglo-saxons. Et les résultats nous ont interpellés : depuis le 15 janvier, aucun compte n’a perdu plus de 5 000 abonnés (soit une baisse inférieure à 0,2 % de leur compteur total) sur X. A l’inverse, des plateformes comme Bluesky ont clairement bénéficié du mouvement lancé par les développeurs d’Hello Quitte X.

    Si la croissance du nombre d’abonnés Bluesky des médias américains semble globalement constante, on observe une inflexion claire de la courbe d’augmentation de celui des médias français au moment de l’investiture de Donald Trump. A titre d’exemple, le compte officiel de notre magazine a gagné environ 750 abonnés supplémentaires en une semaine, soit une hausse de 16,38 %, tandis que notre compte X a perdu environ 2 000 abonnés. Impossible de savoir avec exactitude la proportion d’abonnés qui a migré d’une plateforme à l’autre, mais la dynamique observée interroge.

    Si on élargit la focale, on constate une tendance similaire. Des analystes de données américains ont décrypté l’activité des internautes sur Bluesky en s’appuyant sur le nombre d’utilisateurs uniques ayant liké un post ou publié sur la plateforme. Deux pics d’activité récents sont clairement observables : le premier à la mi-novembre, quelques jours après l’officialisation de l’entrée d’Elon Musk au gouvernement américain et le second au moment de l’investiture présidentielle. La plateforme au papillon semble ressortir gagnante de la séquence.

    « Ce qui compte, c’est moins le nombre de comptes que le nombre de connexions entre utilisateurs », souligne Jean Cattan, docteur en droit public et secrétaire général du Conseil national du numérique, un organe consultatif rattaché directement au ministère. Ce spécialiste des réseaux sociaux rappelle que quelques milliers de comptes supplémentaires sur une plateforme peuvent représenter des millions de connexions en plus et favoriser le développement de réseaux alternatifs à l’ancien Twitter. « Ce qui est fondamental dans ce mouvement, c’est la propagation en dehors de X », explique-t-il. En ce sens, l’opération Hello Quitte X semble plutôt réussie.

    Plateforme américaine, débats européens

    Le débat autour du mouvement initié par David Chavalarias pose une question bien plus importante : celle de la portabilité, à savoir la possibilité pour un utilisateur de réseau social de transférer ces données d’une plateforme à l’autre, comme on peut transférer son numéro de téléphone d’un opérateur à l’autre par exemple. Actuellement, la réglementation en vigueur (le DMA européen) encourage les acteurs économiques à faciliter cette portabilité, mais elle n’est pas contraignante. Pour Jean Cattan, Hello Quitte X « est un rappel à l’ordre pour les autorités, qui doivent agir pour imposer cette portabilité aux plateformes. »

    A l’heure actuelle, Elon Musk s’y refuse, espérant certainement préserver son réseau d’une fuite plus importante vers ses principaux concurrents. Dans un article publié ce samedi 25 janvier, le Wall Street Journal dévoile un mail que le milliardaire aurait envoyé aux employés de Twitter faisant état « d’une croissance d’utilisateurs stagnante » et de « recettes insignifiantes » de la société.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/hello-quitte-x-bluesky-grand-gagnant-de-loperation-LWACYOLFFRHTXDLISSSFMLNADQ/

    Author : Mathias Penguilly, Ide Parenty

    Publish date : 2025-01-29 07:00:00

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  • La douche froide » : quand Bernard Arnault s’agace de « la taxation du made in France

    Bernard Arnault, PDG du numéro un mondial du luxe LVMH, a dénoncé mardi 28 janvier l’augmentation prévue des impôts sur les entreprises françaises, estimant qu’il s’agit d’une « taxe sur le made in France » qui « pousse à la délocalisation ». « Je reviens des USA et j’ai pu voir le vent d’optimisme qui régnait dans ce pays. Et quand on revient en France, c’est un peu la douche froide », a déclaré celui qui a été aperçu avec ses enfants Delphine, PDG de Dior, et Alexandre, directeur général délégué de Moët-Hennessy, parmi les dizaines d’invités les plus proches de Donald Trump lors de la cérémonie d’investiture du président américain.

    « Aux USA, les impôts vont descendre à 15 %, les ateliers sont subventionnés dans une série d’Etats et le président (Trump) encourage ça », a salué le dirigeant du géant français du luxe lors de la présentation des résultats 2024 de LVMH. « Quand on revient en France et qu’on voit qu’on s’apprête à augmenter de 40 % les impôts des entreprises qui fabriquent en France, c’est incroyable. Pour pousser à la délocalisation, c’est idéal ! », a-t-il dénoncé. « C’est la taxation du made in France. »

    Bernard Arnault faisait allusion à la surtaxe d’impôt sur les sociétés, prévue, pour les plus grosses, dans le budget actuellement en préparation en France pour l’année 2025. Cette surtaxe devrait rapporter quelque 8 milliards d’euros à l’Etat cette année. Pour les entreprises réalisant plus de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires, comme c’est le cas de LVMH, cette surtaxe aboutirait à relever d’environ 40 % le taux de l’impôt sur les sociétés.

    « La bureaucratie… »

    Le gouvernement a cependant indiqué ne vouloir l’appliquer que pour un an. « Personne n’y croit, une fois qu’on a augmenté les impôts de 40 %, qui va les baisser de 40 % ? », a jugé Bernard Arnault en marge de la conférence de presse.

    « Nous sommes fortement sollicités par les autorités américaines à continuer nos implantations (d’ateliers) », a-t-il ajouté, et, « dans l’environnement actuel, c’est quelque chose qu’on regarde sérieusement ». « On a proposé d’autres solutions (que cette surtaxe, NDLR), mais évidemment la bureaucratie… », a-t-il glissé, sans détailler davantage.

    « Chacun doit prendre part aux efforts »

    Interrogé sur de possibles taxes douanières imposées par les Etats-Unis, il a répondu « préférer ne pas s’exprimer et essayer d’agir tranquillement ». Après une année dernière chahutée, LVMH a annoncé mardi une chute de 17 % de son bénéfice net annuel en 2024, à 12,55 milliards d’euros, et un recul de 2 % de son chiffre d’affaires annuel, à 84,7 milliards d’euros.

    La porte-parole du gouvernement a répondu mercredi à Bernard Arnault lors de son compte-rendu du Conseil des ministres. « Je comprends sa colère », a déclaré Sophie Primas, avant d’ajouter : « Je comprends que dans la condition budgétaire dans laquelle nous nous trouvons, chacun doit prendre part aux efforts ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/la-douche-froide-quand-bernard-arnault-sagace-de-la-taxation-du-made-in-france-YGFSRRDLBVAFRF3YBNMKWEOJAU/

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    Publish date : 2025-01-29 07:50:00

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  • Tensions avec l’Algérie : pourquoi Alger a convoqué l’ambassadeur français

    Des « traitements dégradants » subis par des passagers algériens à leur arrivée dans des aéroports parisiens provoquent le courroux de l’Algérie. Celle-ci a annoncé par communiqué avoir convoqué l’ambassadeur français à Alger, mardi 28 janvier. En crise diplomatique avec la France, l’Algérie a exprimé sa « profonde préoccupation face aux témoignages concordants d’un certain nombre de ressortissants algériens sur des traitements provocateurs, dégradants et discriminatoires auxquels ils sont soumis par la Police aux Frontières au niveau des aéroports de Roissy-Charles-De-Gaulle et d’Orly », selon le texte, sans plus de précisions.

    « Pratiques inacceptables »

    « Suite à la confirmation de la véracité de ces informations », le secrétaire d’Etat chargé de la communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, a convoqué l’ambassadeur français, Stéphane Romatet, « pour lui signifier la ferme protestation du gouvernement algérien face à de tels agissements totalement inadmissibles », ajoute le communiqué officiel.

    Le responsable algérien « a demandé à l’ambassadeur d’informer son gouvernement de la nécessité de prendre toutes les mesures indispensables, afin qu’il soit mis fin, sans délai, à ces agissements et pratiques inacceptables qui déshonorent le gouvernement français ». « Il a également affirmé le rejet catégorique de l’Algérie de toute atteinte, de quelque manière que ce soit, à la dignité de ses citoyens, ou de les instrumentaliser à des fins de pression, de provocation ou de tentative d’intimidation à l’encontre de leur pays », toujours selon le communiqué.

    Bruno Retailleau, « figure haineuse »

    Les rapports entre les deux pays se sont dégradés après l’annonce fin juillet par Paris d’un soutien au plan d’autonomie marocain au Sahara occidental, territoire au statut non défini à l’ONU et théâtre d’un conflit depuis un demi-siècle entre le Maroc et les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger. La brouille s’est amplifiée avec la détention en Algérie depuis la mi-novembre de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal puis l’arrestation en France en début d’année de plusieurs influenceurs algériens et franco-algériens pour apologie de la violence.

    « Lundi, des voyageurs algériens, munis de visas en règle, ont subi un calvaire à leur arrivée aux aéroports français, notamment à Paris. A l’origine de cette démarche punitive, se cache Bruno Retailleau », le ministre français de l’Intérieur, a affirmé mardi le quotidien gouvernemental El Moudjahid. « Figure haineuse », Bruno Retailleau « orchestre une politique d’humiliation visant directement les Algériens », poursuit le journal.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/afrique/tensions-avec-lalgerie-pourquoi-alger-a-convoque-lambassadeur-francais-XABNRUYNFNCVHBG2UXET7FVBPY/

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    Publish date : 2025-01-29 08:36:00

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  • « Julie se tait », un beau (et lent) long-métrage sur les abus dans le sport

    Le film de Leonardo Van Dijl s’intitule Julie se tait. Tout se passe dans un centre d’entraînement de jeunes sportifs, en Belgique. Il met en scène une jeune joueuse de tennis, Julie (Tessa Van den Broeck). Suffisamment douée pour ambitionner une carrière professionnelle, Julie est l’élève favorite de Jeremy, son coach, avec lequel, on le comprend vite, l’histoire n’est pas claire. Le trouble se précise quand la direction du club informe les élèves que Jeremy est suspendu après qu’une autre jeune joueuse du club, placée sous sa responsabilité, à la fois meilleure amie et concurrente de Julie, s’est suicidée.

    On ne sait pas ce qui est reproché au coach, mais on pense à des trucs. Sans indice, sans histoire ni témoignage, on est livré à la folle du logis, l’imagination, celle qui ne produit, comme on le sait, que des lieux communs. Ça doit être l’intention du metteur en scène, le sujet de son film n’étant pas de nous raconter ce qui s’est passé entre Julie et son coach, mais peut-être de respecter le silence de Julie, son refus obstiné ou son incapacité physique à raconter ce qui s’est passé (s’il s’est passé quelque chose) et sa résistance face à l’acharnement de son entourage qui veut à tout prix lui faire dire ce qu’elle n’a pas envie de dire. La direction du centre a besoin de sa parole pour étoffer l’enquête dont est l’objet le coach, et pour comprendre les éventuelles erreurs qui auraient pu être commises. Mais il s’agit aussi de « libérer Julie » qui, en effet, on le voit, n’a pas l’air d’aller bien du tout. « Ça va, Julie ? – Oui, ça va. – Tu sais, si tu veux parler, je suis là. » C’est gentil mais non, elle ne veut pas parler.

    Mon meilleur ami d’enfance était comme ça, taciturne. Violé par son beau-père, il ne m’a lâché le morceau que le jour de ses 50 ans. Allais-je devoir attendre que Julie ait 50 ans ?

    Le tic de la lenteur

    Plans fixes, esthétiques, longs, lumières contradictoires, cadrages recherchés, le choc des balles de tennis, sans le poids des mots de Julie qui tape et retape sur la balle, toujours de la même façon, sans qu’on puisse même déceler dans sa manière de frapper ces balles, la nature ni les variations de ses sentiments. Entre deux séries de services-volées, l’actrice n’ayant rien à faire d’autre que se taire, elle en fait trop, son inexpressivité vire au cabotinage.

    Heureusement, arrive la grande scène du film : Julie et son coach sont assis à une table de café, face-à-face. Lui aussi il veut la faire parler. Mais elle continue de se taire. Ne pouvant soutenir le malaise, il se lance : « Elle n’a pas supporté que tu sois meilleure qu’elle, c’est pour ça qu’elle s’est suicidée. » Maintenant c’est clair, le coach est un gros pervers. Après avoir rendu Julie responsable de ce qui s’est passé, il s’innocente : « Quand tu as parlé d’arrêter, j’ai arrêté… Hein, Julie !…. J’ai arrêté ? » Mais arrêté quoi ? Je vous ai dit que ça n’était pas le sujet du film !

    Julie retourne à l’entraînement, des balles, encore des balles, de la musculation. Son nouveau coach, croyant bien faire, lui demande alors de réaliser un « kick », je n’ai pas compris ce qu’était un kick, même en la voyant en faire une série. Ça non plus le cinéaste ne veut pas nous le dire. Serait-il gagné par le mutisme de son personnage ? Le nouveau coach veut que toute la classe regarde Julie faire un kick, pour prendre exemple sur elle. Julie n’aime pas ça, servir d’exemple. Et elle le dira au coach. Lequel semblera comprendre. Nous apprenons ainsi que Julie ne se laissera plus faire, désormais.

    Julie se tait est le premier long-métrage de Leonardo Van Dijl qui a réalisé trois courts-métrages avant, que je n’ai pas vus. Mais ce long-métrage a le défaut paradoxal, remarqué dans nombre de courts-métrages : la lenteur. Un tic qui rythme souvent la lourdeur des démonstrations. Démontrer qu’on a du talent, démontrer que l’amour est plus fort que tout. Que la guerre est une connerie. Et ici, que le viol des jeunes tenniswomen par leur coach est une abomination. En général.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/julie-se-tait-un-beau-et-lent-long-metrage-sur-les-abus-dans-le-sport-KLUV34HCEBBUJH5CK65RZT3EQU/

    Author : Christophe Donner

    Publish date : 2025-01-29 10:00:00

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  • La nouvelle méthode de Donald Trump ? S’attaquer à ses amis plutôt qu’à ses ennemis

    Pour son premier voyage officiel à l’étranger début février – au Panama, Guatemala, Salvador, Costa Rica et République dominicaine –, le ministre américain des Affaires étrangères Marco Rubio arrive dans une région bousculée par Donald Trump, son patron. En moins d’une semaine, le président ne s’est pas contenté de réclamer le retour du canal de Panama dans le giron américain. Il a aussi « clashé », et de manière spectaculaire, avec le président du pays voisin, la Colombie.

    Ancien guérillero du M-19, Gustavo Petro s’est opposé le 26 janvier à l’atterrissage à Bogota de deux avions militaires remplis de migrants, au motif que ceux-ci méritaient d’être « traités avec dignité » et, selon lui, de voyager à bord d’avions civils. Colère de Donald Trump : le président a immédiatement annoncé la mise en place de droits de douane de 25 % sur les importations colombiennes (ce qui aurait déstabilisé la filière café) et des restrictions sur les visas.

    En deux heures, l’ex-révolutionnaire a fait volte-face, cédé à la pression et annoncé l’envoi de deux avions de ligne pour récupérer « ses » migrants aux Etats-Unis… On voit ainsi se dessiner une nouvelle méthode Trump qui – c’est contre-intuitif – consiste à s’attaquer à ses amis plutôt qu’à ses ennemis. A l’instar du Danemark, fidèle allié de Washington malmené sur la question du Groenland, la Colombie est historiquement le principal partenaire militaire des Etats-Unis en Amérique du Sud. Tous les autres pays sont prévenus. Si Trump traite de la sorte ses meilleurs alliés, à quoi peuvent-ils eux-mêmes s’attendre ?



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/la-nouvelle-methode-de-donald-trump-sattaquer-a-ses-amis-plutot-qua-ses-ennemis-TQKNJZ5VGVDYNEOBWHEX7RMJE4/

    Author : Axel Gyldén

    Publish date : 2025-01-29 10:30:00

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  • Budget : les conditions des socialistes pour reprendre les négociations

    Les socialistes sont prêts à reprendre les négociations budgétaires, qui incluent notamment une hausse du Smic, si François Bayrou revient sur le terme « submersion » migratoire et s’engage à ne pas toucher à l’aide médicale d’Etat, ont indiqué des responsables socialistes ce mercredi 29 janvier.

    Le Premier ministre « a déraillé hier et nous l’appelons au sursaut », a déclaré sur Sud Radio le député Philippe Brun qui siège au sein de la commission mixte paritaire (CMP) entre députés et sénateurs chargée jeudi de trouver un compromis sur le budget. Le Parti socialiste a annulé une réunion mardi avec le gouvernement pour trouver un accord en vue de la CMP sur le budget après les propos de François Bayrou sur le « sentiment de submersion » migratoire qui serait répandu en France.

    « L’intérêt du pays, c’est que le Premier ministre retire ces mots qui blessent inutilement », a affirmé Philippe Brun car « notre responsabilité, c’est de se mettre autour de la table et de négocier un budget ».

    François Bayrou parle de « sentiment de submersion » migratoire : « Ce n’est pas du niveau du Premier ministre… « C’est du niveau de café du commerce ! La part des étrangers en France n’a augmenté que de 1,5 % depuis 40 ans ! » rappelle @p_brun (PS) pic.twitter.com/Gz5ZbMUlGI

    — Sud Radio (@SudRadio) January 29, 2025

    A cela, la maire de Nantes Johanna Rolland a ajouté une autre condition sur Public Sénat : que François Bayrou dise « qu’il ne va pas toucher à l’aide médicale d’Etat (AME) » pour les étrangers en situation irrégulière. Celle-ci permet aux immigrés sans titre de séjour régulier de se faire soigner et son budget a été diminué de 200 millions d’euros par le Sénat à majorité de droite.

    La menace de la censure

    En toile de fond de ces discussions, la possible censure du gouvernement par le PS en cas de recours au 49.3 sur le budget la semaine prochaine. Une option à laquelle Johanna Rolland a appelé les socialistes à « fermement réfléchir ». Mais l’AME pourrait être aussi un prétexte de censure côté RN. Le vice-président du RN Sébastien Chenu a ainsi appelé sur franceinfo François Bayrou à s’attaquer « au coût de l’immigration », en ciblant directement le coût du budget de l’Etat.

    Si le Premier ministre revient sur ces propos, Philippe Brun s’est dit favorable à la reprise de ces négociations car « on a besoin d’un budget pour la France » et ce serait « cataclysmique pour le pays » de ne pas en avoir. Parmi les revendications des socialistes négociées avec le gouvernement, il y a « une augmentation du Smic immédiate », a-t-il révélé. « On est encore en train de négocier des modalités, mais ça fait partie des choses que nous demandons », a-t-il dit.

    Une « prise d’otage » ?

    Autre sujet en discussion avec le gouvernement, une « hausse de la prime d’activité », qui est versée en complément des bas salaires. Les socialistes demandent aussi le « rétablissement des crédits du Fonds vert », qui finance notamment les collectivités locales pour la transition écologique. Côté recettes fiscales, Philippe Brun a laissé également entendre que le gouvernement pourrait accepter de surtaxer les profits des grands groupes pour deux ans au lieu d’un an. Une hausse plus importante que prévue de la taxe sur les transactions financières est aussi sur la table, a-t-il dit.

    En réponse à ces déclarations, le gouvernement a appelé les socialistes à ne pas prendre en « otage » les discussions en cours sur le budget. « Nous souhaitons qu’il n’y ait aucune prise d’otage de quelque nature que ce soit sur le budget », a déclaré la porte-parole du gouvernement Sophie Primas dans son compte-rendu du Conseil des ministres à la presse. « Les Français ne comprennent pas cette bataille de mots », a-t-elle ajouté.

    Un peu plus tôt, l’entourage de François Bayrou avait assuré à l’AFP « travailler » à ne pas perdre les socialistes dans la discussion, même si aucun nouveau rendez-vous n’est programmé. Dans l’expression polémique de « submersion » migratoire, il n’y a « nulle tactique pour plaire ou déplaire à qui que ce soit » pour échapper à la censure, s’est aussi défendu mercredi l’entourage du Premier ministre. C’est « simplement l’expression d’une réalité, ce sentiment éprouvé par certains de nos concitoyens ».





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    Publish date : 2025-01-29 11:23:00

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