Catégorie : L’Express

  • Face à Donald Trump, une Europe inquiète et tétanisée, par Marion Van Renterghem

    Ça y est, les Etats-Unis de Donald Trump nous ont quittés. « Nous », c’est l’Occident, dans sa définition politico-culturelle et non géographique : l’attachement à la démocratie libérale, à la primauté du droit sur la force et au multilatéralisme, cet ordre international créé en 1945 pour organiser les relations entre Etats selon des règles communes. Une partie de la planète se réjouit que les cartes de ce système d’après guerre soient rebattues. Vladimir Poutine et Xi Jinping, car le « nouvel ordre mondial » est l’objectif commun auquel ils travaillent depuis toujours.

    Une majorité de pays du « Sud global », car ils veulent en finir avec l’hégémonie des empires post­coloniaux. Les nationalistes d’ici et d’ailleurs, par proximité naturelle avec les chefs virils et carnivores qui usent de leurs gros muscles et de leurs mâchoires. Ce qui reste de l’Occident herbivore est inquiet et tétanisé. Nous, les alliés de l’Amérique, de ces Etats-Unis qui partageaient avec nous un même type de valeurs politiques, un même régime économique et assuraient notre sécurité au sein de l’Otan, avons le plus à perdre.

    Avec le Canada, le Japon, la Corée du Sud ou l’Australie et bien sûr le Royaume-Uni, qui se mord les doigts d’être reparti de son côté de la Manche, l’UE éprouve un désagréable sentiment de solitude à la tête d’un Occident rétréci. Elle se retrouve de fait la première puissance de l’Occident par sa démographie (450 millions d’habitants) et par son PIB (17 000 milliards d’euros, loin devant les 4,2 milliards de dollars du Japon et les 2,4 milliards de dollars du Canada) et par ses dépenses de défense (326 milliards d’euros en 2024). Son marché unique, qui est la plus grande zone de libre-échange du monde et le premier débouché com­mercial des Etats-Unis, est un levier de pouvoir inestimable. Reste à le reconnaître et à ­l’assumer, face à ces puissances hégémoniques et impérialistes qui sont désormais trois et non plus seulement deux : la Russie de Poutine, la Chine de Xi et l’Amérique de Trump. En serons-nous capables ?

    Apaiser l’ogre

    C’est mal parti. Ursula von der Leyen et Christine Lagarde, qui président respectivement la Commission et la Banque centrale européennes, ont fait des concessions à Trump avant même qu’il ne soit investi, dans l’espoir de le faire renoncer à la hausse drastique des droits de douane qu’il a dé­cidé d’imposer aux produits européens. Le 8 novembre, la première a indiqué lui avoir proposé que l’UE remplace ses achats de gaz russe par du gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Le 26 novembre 2024, la seconde suggérait au Financial Times que les Etats membres adoptent une « stratégie du carnet de chèques [et] achètent davantage de GNL aux Etats-Unis » ainsi que du matériel de défense. On sait ce que les ogres comme Trump et Poutine, qui ne comprennent que la force, font des faibles qui montrent patte douce. Au Forum économique mondial de Davos, Ursula von der Leyen a rappelé l’énormité des volumes d’échanges entre l’Europe et les Etats-Unis et prôné le pragmatisme, n’écartant pas une « collaboration étroite » avec le président américain face aux défis mondiaux.

    Le jour de sa prestation de serment, Trump a pourtant été clair : le mot « allié » est absent de son vocabulaire. Comme la Chine, l’Amérique n’a que des adversaires. Tout ce qui est à elle est à elle, tout ce qui ne l’est pas est négociable et à son service, tels les Canadiens ou les Européens du Groenland, qu’il entend avaler. A moins de prendre conscience de leur solitude et de la force commerciale dont ils disposent, investir massivement dans la défense et l’organiser ensemble, bref, se constituer en puissance politique, les Européens se vassaliseront.

    « Ne demandez pas ce que l’Amérique peut faire pour l’Europe et sa sécurité, demandez-vous plutôt ce que nous pouvons faire pour elle. L’Europe a été, est et sera toujours grande », a tweeté le Premier ministre polonais, Donald Tusk. Son volontarisme pèse d’autant plus qu’il assure la présidence tournante de l’UE et que la Pologne fait partie des pays européens les plus attachés à l’Alliance atlantique. En nouveau fer de lance de l’Occident et dernier garant de l’ordre mondial inventé par les Etats-Unis en 1945, n’est-il pas temps pour l’UE d’élargir son club, non seulement à l’est mais aussi à l’ouest, et de fonder un groupe capable de défendre les valeurs politiques, économiques et culturelles de l’Occident ?



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/face-a-donald-trump-une-europe-inquiete-et-tetanisee-par-marion-van-renterghem-CBFALDINUBDJFNP7X7JCJKSFGQ/

    Author : Marion Van Renterghem

    Publish date : 2025-01-29 11:30:00

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  • Yannick Jadot, candidat à la mairie de Paris : chronique d’une volée de bois vert

    « Cher.es ami.es. Je me permets de répondre à une interrogation très légitime sur le processus de désignation. » Yannick Jadot a pourtant horreur des tambouilles dont raffolent son parti et ses adhérents. Pour qu’il utilise les boucles internes aux écolos – leur incarnation paroxystique – concluons que l’heure est grave… Mardi 28 janvier, 15h13, dans un mail à destination des écolos franciliens consulté par L’Express, le frais candidat à la succession d’Anne Hidalgo à Paris se voit contraint d’expliquer les modalités de sa candidature. « Il ne s’agit aucunement de contourner le vote des militant.es, ni de changer le calendrier adopté le 17 décembre, ni de casser les règles comme je peux le lire ici ou là. A la fin, c’est bien les adhérent.es qui votent et qui décident ! », précise-t-il dans le courrier. Et d’ajouter : « Ce que je propose à notre réflexion et décision, au regard du contexte très particulier de cette élection municipale à Paris (fin de cycle Hidalgo, droite unie…), c’est de changer l’esprit de la désignation : une équipe plutôt qu’une compétition soumise au vote. On peut être d’accord – ou pas. Je ne vois pas matière à procès. »

    Une clarification bienvenue ? « Personne ne comprend… », souffle un camarade écolo, lui aussi en quête de lumières. L’entourage de Yannick Jadot tente de décrypter : « Il ne veut pas outrepasser la primaire ni le vote. Il souhaite que les adhérents se prononcent sur une candidature où les candidats initialement déclarés seraient ralliés à lui. » Une primaire à candidature unique : malin !

    « Jadot à Paris, ça serait une bonne option, non ? »

    La formule, certes alambiquée, a le mérite de lever quelques ambiguïtés. Car le sénateur écolo avait semé le trouble lors de sa déclaration de candidature, exprimant dans le même temps sa relation contrariée aux primaires internes – « parfois à couteaux tirés, pour ensuite faire campagne chacun dans son couloir » (disait-il récemment au Parisien) – et proposant un « autre chemin : le rassemblement des écologistes immédiatement », derrière lui évidemment. Problème : une primaire est pourtant fixée pour le mois de mars, avec date limite de dépôt de candidature prévue au 31 janvier, et déjà trois candidats (David Belliard, Fatoumata Koné et Anne-Claire Boux) comptent bien se présenter. Le candidat Jadot est certes le plus connu parmi ses pairs, mais dispose de faibles troupes à Paris. Enfin, l’ancien postulant à l’Élysée rumine encore la primaire de 2022, davantage traumatisante que victorieuse. « Je sors de la primaire, je suis à 7 % dans les sondages et ne remonte plus, alors qu’avant j’étais à 10 %, confiait-il encore en novembre 2024. Entre la radicalité de Sandrine Rousseau et la décroissance de Delphine Batho, nous nous sommes décrédibilisés. La primaire écolo ne m’a pas aidé pour la suite. » Déjà, il l’annonçait : « Les municipales parisiennes ne peuvent être réglées par une primaire. » Bougé (artificiel) ou refus d’obstacle, qu’importe ; rien ne change pour que tout change.

    Enfin… Ce même mardi 28 janvier, tout a changé chez les Verts de la capitale. Dans un courrier interne, la direction a appelé les militants parisiens à se rassembler derrière la candidature du sénateur pour briguer la mairie de Paris. « Nous nous retrouvons dans la perspective portée par Yannick Jadot d’un rassemblement dès maintenant des écologistes – qui sera évidemment soumis au vote des militant.es parisien.nes – pour porter un rassemblement des écologistes et de la gauche dès le premier tour », affirment les signataires, dont les deux présidents de groupes parlementaires Cyrielle Châtelain et Guillaume Gontard, l’ancien patron EELV David Cormand et… Marine Tondelier. Et la crème de la crème écolo d’ajouter : « Nous n’avons plus que quelques jours – d’ici le 31 janvier – pour changer de braquet. » Un secret de polichinelle ne l’est plus : la secrétaire nationale soutient officiellement l’ancien candidat à la présidentielle. L’année dernière, déjà, Marine Tondelier conversait avec une écolo parisienne : « Jadot à Paris, ça serait une bonne option, non ? »

    Certains pointent l’incohérence de la direction : Yannick Jadot prône l’union avec la majorité municipale sortante – à laquelle n’appartiennent pas les Insoumis – alors même que les Verts parisiens avaient voté pour un Nouveau Front populaire sauce parisienne dès le premier tour. « Tondelier défend l’union avec LFI autour de Lucie Castets et, dans le même temps, prend position pour Yannick et l’union sans LFI… Où est la logique ? », s’interroge un écolo anonyme. Alexis Braud, ancien conseiller politique de Jadot, le défend : « Depuis dix-huit mois, j’exprime le souhait d’une liste de premier tour de la majorité sortante parisienne, élargie à ceux qui le souhaitent, et considère qu’à l’évidence ce qui se passe à Paris comme dans les autres grandes villes de gauche concerne toute la France ensuite. »

    Inutile de préciser que l’initiative suscite une volée de bois vert chez les écolos, qui accusent la direction de s’asseoir sur le processus adopté par les militants parisiens. Dans un parti du règne de l’horizontalité, voilà Yannick Jadot et la direction EELV dépeints, d’un même coup de pinceau, en césaristes. « Yannick Jadot, comme à son habitude, aimerait bien enjamber tout scrutin interne dans la mesure où, selon lui, son nom et sa réputation le placeraient au-dessus de ces contraintes, pour lui, insupportables et indues », s’indigne une écolo francilienne. Et un autre de rétorquer : « Yannick Jadot propose de sortir les canots de sauvetage. Et qu’est-ce qu’on lui objecte ? ‘Désolés mais le protocole maritime numéro 652 bis dispose qu’on ne doit pas sortir les canots de cette manière !’ » L’intéressé est, par ses adversaires, parfois décrié en mâle blanc, prompt à demander à des femmes, parfois de couleur, de s’effacer derrière sa candidature.

    Bref, tout va pour le mieux au pays des Verts. David Belliard, Anne-Claire Boux et Fatoumata Koné, sollicités à de multiples reprises par Jadot, n’ont toujours pas bougé d’un iota. Il faut dire que même ses amis ont des doutes… « S’il avait au moins fait les choses bien… », souffle l’un de ses soutiens. Éphémère candidat à la primaire (moins de deux semaines) ou futur duelliste de Rachida Dati (à quelques étapes près) ? Attention au claquage.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/eelv/yannick-jadot-candidat-a-la-mairie-de-paris-chronique-dune-volee-de-bois-vert-3GBQLMYPXBHQ7OQKHGZ6QBYM2E/

    Author : Mattias Corrasco

    Publish date : 2025-01-29 12:16:00

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  • Après les « fakes injectors », enquête sur l’inquiétant essor des « faux chirurgiens esthétiques »

    A première vue, on dirait une simple opération de chirurgie esthétique, tout ce qu’il y a de plus banal. Une femme d’une vingtaine d’années est filmée de près, allongée sur une table d’opération. Un tube métallique d’une dizaine de centimètres sort de son cou. A chaque va-et-vient, elle ferme les yeux, mais ne dit rien. Un bavoir chirurgical est posé sur sa poitrine, en cas de saignements. Hors-champ, la praticienne demande : « La douleur tu m’as dit, c’est combien sur dix ? ».

    C’est à ces mots que l’on reconnaît l’imposture. A ces gants aussi, trop noirs, trop brillants. Et puis un vrai chirurgien n’utiliserait pas de spray de supermarché à base d’eau de javel pour désinfecter ses instruments. Il n’aurait pas gardé sa montre de fitness au poignet. Sur la table, la cliente incline la tête. Personne ne l’a démaquillée, elle a toujours ses bijoux malgré les risques d’infection. « Nan vraiment zéro, je ne ressens rien du tout », finit-elle par répondre. Sans une once d’inquiétude.

    La vidéo a été postée il y a deux mois, par le compte The_bigbeautyyy, sur la plateforme Instagram. La praticienne qui l’utilise pour faire sa promotion n’en est vraiment pas une : elle ouvre, insère, aspire le gras et le sang de ses « patients » sans aucun des diplômes nécessaires. Un cas loin d’être isolé : L’Express a identifié plusieurs profils sur les réseaux sociaux proposant, comme elle, des actes de chirurgie esthétique sauvage, pour quelques milliers d’euros.

    Des opérations en plein salon

    Ces « faux chirurgiens » reliés à aucune plaque ni cabinet officiel ont une audience non négligeable : plusieurs milliers de personnes les suivent. Ils sont récents – ouverts en 2024 – et anonymes. Les réservations se font uniquement via Instagram ou la messagerie Whatsapp. Un acompte est systématiquement demandé, avant chaque opération. Pour vérifier que les photos et vidéos postopératoires ne sont pas des faux, nous contactons l’un d’entre eux, « Muse Injection ». En quelques minutes, il confirme « prendre notre dossier ».

    La plupart du temps, une liposuccion est proposée. Sur les réseaux, l’acte, que seul chirurgien plasticien a le droit de réaliser, est appelé « Lifting coréen ». Un terme tendance, mais qui n’a aucune existence dans la nomenclature officielle, et qui renvoie aussi à d’autres pratiques. Notre interlocutrice traduit, sûr d’elle : « Tu viens avec un double menton et tu repars littéralement sans ». Elle n’a, en tout et pour tout, qu’un baccalauréat et un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) d’esthéticienne.

    Le discours de la jeune femme a tout d’une vraie : « Je vais faire trois points d’incisions, un sous chaque oreille, et un sous le menton. Je vais insérer la canule [NDLR : tige creuse] et aspirer tout le gras au niveau du menton, de la mâchoire, et du cou. Envoie-moi des photos, je te dise ce qu’il te faut ». Ses messages sont programmés pour s’effacer une fois reçus. Et son profil en ligne est réglé de telle sorte que les chirurgiens à des positions importantes ne peuvent pas voir son activité.

    L’alerte des chirurgiens

    Malgré ces précautions, la jeune femme s’est fait repérer. « Une patiente m’a téléphoné pour savoir si je faisais du Coréen, comme elle, alors je suis allé voir sur Internet d’où ça venait », indique Christophe Desouches, chirurgien esthétique opérant à Marseille. « J’ai averti Instagram, il y a eu des suppressions de compte, mais d’autres sont apparus. Des tournées sont organisées, à Nice, à Marseille, à Mulhouse, dans des hôtels ou des Airbnb près des gares, c’est dingue », témoigne le praticien, très remonté. Comme lui, plusieurs chirurgiens ont envoyé des signalements à leurs représentants.

    Face à autant d’éléments, le Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et esthétique (SNCPRE) a tenu à sonner l’alerte. La formation, principal représentant de la profession, annonce à L’Express qu’elle va déposer plainte. « Certains de nos chirurgiens adhérents ont dû intervenir sur des victimes. Des patients présentaient des inflammations et des infections. La peau avait formé des nodules, des sortes de boules douloureuses et inesthétiques », détaille Adel Louafi, son secrétaire général.

    L’inquiétude dépasse de loin le risque de ratés, de bosses ou de creux, ou l’absence de suivi : « Que de telles opérations clandestines, avec injection d’anesthésiants locaux obtenus sans autorisation, puissent se tenir au grand jour en France, qui plus est en région parisienne, c’est proprement incroyable. En 25 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça. Si on ne connaît pas l’anatomie, les risques sont immenses, le moindre geste non maîtrisé peut s’avérer fatal », énumère Adel Louafi.

    De très vives inquiétudes

    Les « Lifting coréen » ciblent la plupart du temps le cou, zone qui abrite la carotide et la jugulaire. « Si ces vaisseaux sanguins sont ouverts, le patient décédera en quelques minutes », poursuit le spécialiste. La moindre atteinte du nerf facial, non loin, pourrait également provoquer une paralysie de la lèvre inférieure. « Sans parler des bactéries, des champignons, du risque d’hépatites ou d’infection par le virus du Sida. On parle d’un salon, ou d’une cuisine, qui ne sont pas des salles stériles », s’inquiète le Dr Christophe Desouches, scandalisé.

    L’affaire est aussi arrivée aux oreilles d’Anne Souyris, sénatrice Europe Ecologie – Les Verts qui suit de près les questions sanitaires. « Ces comptes posent un grand problème de santé publique. J’ai saisi le procureur de la République, en ma qualité de sénatrice, pour exercice illégal de la médecine », annonce-t-elle à L’Express. Et de pointer les faiblesses de l’arsenal juridique actuel : « En 2023, nous avons adopté une loi qui punit la promotion de la chirurgie esthétique. Elle est censée empêcher la prolifération de ces actes de contrebande. Sauf que le texte ne cite que certains actes, et pas la liposuccion. Il va falloir y revenir », soupire la parlementaire.

    La législation dont parle Anne Souyris a été écrite pour lutter contre les « fake injectors », les « fausses injectrices », ces nombreuses filles qui se procuraient de l’acide hyaluronique pour gommer les rides, en dehors du cadre médical. Le produit n’est plus en vente libre. Les comptes qui proposent des liposuccions offrent un remplacement : des injections de « Lemon Bottle », un liquide verdâtre, censé contenir des vitamines capables de « dissoudre le gras », et soi-disant très apprécié en Corée.

    En mars 2024, le gendarme suisse du médicament Swissmedic a lancé une alerte sur la composition du Lemon Bottle, jugée très incertaine et inadaptée à l’injection. Contactée, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) indique que le produit ne dispose d’aucune autorisation de mise sur le marché. De fait, toute tentative de dissoudre du gras par injection est interdite en France, à cause de graves risques pour la santé. Et ce depuis 2011.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/apres-les-fakes-injectors-linquietant-essor-des-faux-chirurgiens-esthetiques-le-moindre-geste-peut-HCQ5GCZEQ5E6VOTGF2PBQ3RUDY/

    Author : Antoine Beau

    Publish date : 2025-01-29 12:21:00

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  • Face à la bureaucratie, l’Europe simplifie, par Eric Chol

    Ursula von der Leyen, acte 2. Nous aurait-on changé la présidente de la Commission européenne ? Celle que l’on dit enfermée dans sa bulle bruxelloise aurait-elle enfin trouvé le mode d’emploi d’une Europe moins déconnectée et plus à l’écoute de ses Etats et de ses entreprises ? Le 26 février, la dirigeante allemande s’apprête à présenter une législation – baptisée Omnibus – qui va défaire ce qu’elle avait patiemment construit pendant son premier mandat. A savoir, débarrasser une partie des textes environnementaux adoptés par le Parlement européen de leur lot d’absurdie et d’oripeaux bureaucratiques. Les écolos, qui n’ont toujours pas compris comment fonctionnent les entreprises, sont déjà en PLS. Et pourtant, cette nouvelle législation, réclamée à cor et à cri par tous les patronats européens, mais aussi par une majorité de gouvernements, est la bienvenue : il y avait urgence ! L’Europe meurt à petit feu étouffée par sa machine réglementaire, qui lui coûte, selon Mario Draghi, près de 10 % du potentiel de son PIB.

    Les CSRD (reporting extra-financier) ou la CS3D (devoir de vigilance des entreprises) vont être enfin purgés d’une partie de leurs contraintes. Le président d’un groupe industriel français expliquait récemment que celles-ci étaient si élevées qu’il avait fallu mobiliser une partie de l’équipe de recherche et développement pour fournir les 1 200 indicateurs requis dans le document. L’administrateur d’un autre fleuron tricolore raconte avoir dû réclamer une synthèse de dix pages du fameux rapport CSRD, tant celui-ci était épais et indigeste. Et pour ceux qui doutent de la bonne foi des chefs d’entreprise, il faut écouter l’audition récente de Florent Menegaux, le président de Michelin, devant les sénateurs : avec calme et méthode, l’industriel ne mâche pas ses mots pour décrire le « cauchemar administratif » de l’Europe.

    Directives moins urticantes

    A Paris, Bruxelles ou Berlin, le message est passé, et si Ursula von der Leyen 1 était la première à défendre le Pacte vert, Ursula von der Leyen 2 n’a plus désormais qu’un mot à la bouche : compétitivité. Même la boussole européenne est devenue celle de la compétitivité. Mais attention, pas question de déréguler (un terme que l’on réserve pour l’administration trumpienne) : il s’agit de simplifier.

    La France, sans doute pour faire oublier qu’elle a, elle aussi, beaucoup œuvré pour soutenir le Pacte vert et son artillerie administrative, est désormais la première à réclamer une « pause réglementaire massive ». Entre simplification et suspension, les directives vertes devraient paraître moins urticantes, même si, jurent les partisans de cette nouvelle politique, il n’est pas question de remettre en cause leurs objectifs. « Chaque révolution s’évapore en laissant seulement derrière elle le dépôt d’une nouvelle bureaucratie », écrivait Franz Kafka. L’Europe s’affaire désormais à nettoyer celle-ci.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/face-a-la-bureaucratie-leurope-simplifie-par-eric-chol-CUPJTSRXRZGXVP6JVZSSWJ26OI/

    Author : Eric Chol

    Publish date : 2025-01-29 12:23:00

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  • Face à la pression de Donald Trump, l’UE dévoile sa « boussole de compétitivité »

    Choc de simplification, baisse du coût de l’énergie… Bruxelles a dévoilé, ce mercredi 29 janvier sa feuille de route pour la compétitivité qui place les entreprises au coeur du « quinquennat » d’Ursula von der Leyen après l’accent mis ces dernières années sur l’environnement. La publication de cette « boussole de compétitivité » intervient sous la pression des annonces tonitruantes de Donald Trump en matière de protectionnisme ou d’investissements géants dans l’intelligence artificielle.

    « Il est temps de relancer le moteur de l’innovation » en Europe, a déclaré la présidente de la Commission européenne, en présentant son projet. Elle a cependant assuré qu’il n’était pas question de renoncer aux engagements environnementaux. « Je veux être très claire, l’Union européenne maintient le cap concernant les objectifs du Pacte Vert », a-t-elle martelé.

    Champions du numérique, les Etats-Unis mais aussi la Chine ont creusé un fossé béant avec une Europe enlisée dans la stagnation. L’UE entend revenir dans la course en appliquant les recommandations formulées l’an dernier par les anciens chefs de gouvernement italiens Enrico Letta et Mario Draghi dans deux rapports très médiatisés. De premières propositions concrètes sur l’allègement du fardeau administratif des entreprises et des aides à l’industrie propre sont attendues le 26 février.

    Choc de simplification

    Les nombreux textes environnementaux votés ces dernières années sont dans le viseur des entreprises qui multiplient les menaces de délocalisation, tandis que les écologistes craignent un détricotage des lois climatiques. Des dizaines de législations seront revues pour réduire la charge administrative, en particulier un texte emblématique sur le devoir de vigilance des entreprises envers leurs sous-traitants, un autre sur le reporting social et environnemental, ou encore le règlement Reach pour protéger la santé humaine contre les risques liés aux substances chimiques.

    Ursula von der Leyen « a embrassé les appels des lobbies, des néo-libéraux et de l’extrême droite » et « confirme son offensive massive contre les législations environnementales », a dénoncé l’eurodéputée verte Marie Toussaint.

    Une nouvelle catégorie de société de taille intermédiaire, entre PME et grand groupe, sera créée pour alléger le fardeau règlementaire de « milliers d’entreprises ».

    Un régime juridique européen spécifique, distinct des 27 juridictions nationales, serait créé pour permettre aux entreprises innovantes d’accéder à des « règles harmonisées » en matière de faillite, de loi du travail, de fiscalité.

    Energie moins chère

    Depuis la guerre en Ukraine, l’Europe a perdu son approvisionnement en gaz russe bon marché et subit un coût de l’énergie très supérieur à ses concurrents internationaux. Pour sauver son industrie, l’UE doit réduire sa dépendance aux énergies fossiles. « Nous devons développer davantage notre production d’énergie issue de sources renouvelables, et, dans certains pays, du nucléaire », a déclaré à Davos Ursula von der Leyen, reconnaissant le rôle de l’atome longtemps tabou à Bruxelles.

    La « boussole » de la Commission préconise aussi de « faciliter les contrats de long terme d’achat d’électricité » et d’accélérer l’investissement dans le réseau de transport et de stockage d’énergie.

    Aides à l’industrie

    Des aides publiques « ciblées et simplifiées » seront mises en place pour encourager la transition verte de l’industrie. Pour une efficacité maximale, le vice-président de la Commission Stéphane Séjourné voudrait viser prioritairement « les 100 premiers sites émetteurs de CO2 » qui représentent plus de la moitié des émissions industrielles en Europe.

    Des labels pour développer la demande en produits bas carbone seront créés. Bruxelles entend par exemple développer l’acier « vert » dont la demande est aujourd’hui quasiment nulle en raison de coûts prohibitifs. Pour les branches les plus en difficulté comme la chimie, la sidérurgie et l’automobile, des plans sectoriels spécifiques sont prévus dès cette année.

    Assouplir les règles de concurrence

    L’innovation dans le secteur technologique nécessite de très gros budgets que seules les plus grandes entreprises sont en mesure d’assumer. D’où des mariages géants au niveau international. Or, quand la Commission, gendarme de la concurrence dans l’UE, étudie une fusion, elle prend essentiellement en compte son impact sur les prix ce qui freine la création de champions européens.

    Mario Draghi a recommandé d’adapter la réglementation des concentrations pour tenir compte aussi des effets positifs sur l’innovation. Il a été entendu par la Commission qui annonce « une révision des lignes directrices pour évaluer les fusions ».

    Réduire les dépendances

    Stéphane Séjourné veut accélérer la réouverture de mines de métaux rares en Europe et a déjà reçu 170 projets d’exploitation ou de recherches minières, des projets souvent contestés localement pour leur impact environnemental. L’objectif est de réduire les dépendances européennes, notamment envers la Chine. « On va faciliter » l’attribution de permis, affirme le commissaire chargé de la stratégie industrielle.

    La « boussole » prévoit également la création d’une plateforme pour l’achat en commun de matières premières stratégiques. Elle insiste sur le développement de partenariats internationaux multiples pour rendre les approvisionnements résilients y compris dans les technologies vertes (solaire, éolien), numériques (puces) ou les ingrédients essentiels pour les médicaments. Dans un texte provisoire, la « boussole » évoquait l’introduction dès l’an prochain d’une « préférence européenne dans les marchés publics » pour certaines technologies critiques, une mesure poussée par la France afin de répliquer aux restrictions de la Chine.

    Construire l’union de l’épargne

    Le marché unique a plus de trente ans et il a aidé à faire naître des géants européens dans la chimie, l’aéronautique ou l’automobile. Mais il souffre d’angles morts : la finance, mais aussi les télécoms, l’énergie ou la défense restent morcelés par des réglementations nationales différentes. « Supprimer les barrières restantes et élargir le marché unique contribuera à la compétitivité dans toutes ses dimensions », souligne la Commission.

    Unifier les marchés de capitaux européens est une priorité, mais les intérêts nationaux divergents ont empêché tout progrès depuis dix ans. Résultat : l’Europe dispose d’une monnaie unique mais ses start-up restent incapables d’effectuer les levées de fonds géantes de leurs concurrentes aux Etats-Unis. Ursula von der Leyen a promis à Davos une première mesure concrète : la création de « nouveaux produits d’épargne et d’investissement européens ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/face-a-la-pression-de-donald-trump-lue-devoile-sa-boussole-de-competitivite-PZVNCO32NFA5ZKI7BYJ7Q5KJAA/

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    Publish date : 2025-01-29 13:41:00

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  • La pollution de l’air en France : ce double « fardeau » sanitaire et économique

    Cancer du poumon, asthme ou infarctus… L’exposition au long cours à la pollution atmosphérique entraîne un « fardeau considérable », sanitaire et économique, de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux cas de maladies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques chaque année dans l’Hexagone, conclut une étude publiée, ce mercredi 29 janvier, par Santé publique France. Pour la première fois, l’agence a évalué, sur la période 2016-2019, l’impact quantitatif de la pollution de l’air ambiant sur la survenue de huit maladies – que ce soit au niveau respiratoire, cardiovasculaire ou métabolitique – au lien avéré avec l’exposition aux particules fines et au dioxyde d’azote, les deux polluants de l’air les plus étudiés.

    Et les conclusions de l’étude sont sans appel : l’exposition à long terme à la pollution de l’air ambiant a un » impact conséquent » sur l’apparition de nouveaux cas. D’une maladie et d’un polluant à l’autre, « entre 12 et 20 % des nouveaux cas de maladies respiratoires chez l’enfant (soit entre 7 000 et presque 40 000 cas), et entre 7 et 13 % des nouveaux cas de maladies respiratoires, cardiovasculaires ou métaboliques chez l’adulte (entre 4 000 et presque 78 000 cas) » sont attribuables chaque année à cette pollution, résume Santé publique France.

    Pour l’accident cardiovasculaire (AVC) chez les 35 ans et plus, le poids total des particules fines (PM2,5) représente plus de 10 000 nouveaux cas (soit 10 %), et pour l’infarctus aigu du myocarde (IAM) chez les 30 ans et plus, les PM2,5 représentent plus de 8 100 nouveaux cas (soit 8,5 %). Enfin, l’exposition aux particules fines représente presque 7 % de tous les nouveaux cas de diabète de type 2 chez les 45 ans et plus, une année donnée, ce qui correspond à plus de 14 400 cas.

    Des « dizaines de milliers de cas de maladie évitable »

    Au total, il y aurait « plusieurs dizaines de milliers de cas de maladies évitables en réduisant les niveaux des particules fines et de dioxyde d’azote dans l’air ambiant », insiste l’agence sanitaire, qui a travaillé avec plusieurs partenaires (Ineris, ORS Île-de-France, Creai-ORS Occitanie, Citepa, un centre d’investigation Inserm/CHU de Bordeaux).

    Concrètement, réduire les concentrations aux niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) permettrait d’éviter 75 % des cas de maladies liées à l’exposition aux particules fines (PM2,5) et près de 50 % pour celles liées au dioxyde d’azote (NO2), avance l’étude. Ainsi, près de 30 000 nouveaux cas d’asthme chez les enfants de 0 à 17 ans pourraient ainsi être évités avec le respect du seuil de particules fines défini par l’OMS. De plus, l’étude suggère que les bénéfices attendus pour la santé seraient globalement plus importants dans « les zones plus défavorisées et urbanisées ».

    40 000 décès attribuables aux particules fines

    Par ailleurs, le « poids économique majeur » dans l’Hexagone de l’impact de la pollution de l’air sur les huit maladies a aussi été évalué, en partenariat avec Aix-Marseille School of Economics. Si les niveaux moyens de PM2,5 étaient réduits « jusqu’au seuil anthropique de 3 µg/m3″ en France hexagonale, les bénéfices annuels en termes de santé et de bien-être pour les maladies étudiées s’élèveraient à 12,9 milliards euros (dont 4,3 milliards pour l’asthme chez l’enfant), soit presque 200 euros par an et par habitant, et 3,8 milliards d’euros pour le NO2, soit 123 euros par an et par habitant ». Il y a quatre ans, Santé publique France avait estimé, dans une étude de référence, que 40 000 décès étaient attribuables chaque année aux particules fines en France métropolitaine.

    Dans le sillage de la récente adoption de la nouvelle directive européenne concernant la qualité de l’air ambiant et du programme « Un air pur pour l’Europe » – qui fixera des normes de l’UE en matière de qualité de l’air pour 2030 plus alignées sur celles de l’OMS – « ces nouvelles données réaffirment l’enjeu de santé publique autour de la pollution de l’air, et incitent à poursuivre durablement les efforts de réduction de la pollution sur toutes ses sources et sur l’ensemble du territoire », ajoute Santé publique France. Objectif : mieux vivre et plus longtemps.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/la-pollution-de-lair-en-france-ce-double-fardeau-sanitaire-et-economique-FF35JW7GZVBZ5MC5S5XTW6GJSY/

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    Publish date : 2025-01-29 13:56:00

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  • Etats-Unis : qui sont les migrants que Donald Trump veut renvoyer chez eux ?

    « En une semaine, le Mexique a reçu 4 094 migrants déportés des Etats-Unis, la grande majorité étant des Mexicains et des Mexicaines », a fait savoir ce lundi 27 janvier Claudia Sheinbaum, la présidente du pays. Il n’en fallait pas plus pour que le clan trumpiste se targue des bienfaits de l’arrivée au pouvoir de son héros. Et qu’importe si ces chiffres ne sont pas inhabituels : ils ne représentent pas une « augmentation exceptionnelle » du nombre de migrants expulsés, a en effet pointé la cheffe d’Etat mexicaine.

    Reste que depuis son investiture le 20 janvier dernier, le 47e président des Etats-Unis multiplie les sorties médiatiques sur la lutte qu’il mène contre l’immigration clandestine. Une partie de ses premiers décrets ont déjà permis de déclarer l’état d’urgence à la frontière sud du pays et de supprimer CBP One, l’application mobile servant à déposer une demande d’asile, développée sous le mandat de Joe Biden. Par ailleurs, Donald Trump communique régulièrement sur les avions de migrants en situations irrégulières renvoyés vers les pays d’Amérique du Sud, et qui sont déjà à l’origine d’incidents diplomatiques : ce dimanche, la Colombie, qui avait d’abord refusé d’accueillir des centaines de migrants déportés par les Etats-Unis, a dû faire marche arrière sous la menace de sanctions douanières prohibitives.

    3 à 4 % de la population américaine totale

    Le nombre d’immigrés clandestins dans un pays est – par nature – difficile à comptabiliser précisément. D’après les estimations réalisées par des ONG et des groupes de réflexion américains, il y aurait entre 11 et 14 millions d’immigrés clandestins aux Etats-Unis aujourd’hui, soit environ un quart du nombre de résidents américains nés à l’étranger et 3 à 4 % de la population américaine totale. Ce sont ces sans-papiers qui sont aujourd’hui directement visés par la rhétorique trumpiste.

    Là encore, difficile de connaître avec précision le pays d’origine de ces immigrés. D’après les chiffres officiels du gouvernement américain, plus de 40 % seraient des citoyens mexicains et plus de 65 % proviendraient d’un pays d’Amérique centrale.

    Différents statuts plus ou moins protecteurs

    Aux Etats-Unis, on dit des migrants illégaux qu’ils sont « sans document », mais la réalité est bien plus complexe. Aujourd’hui, de nombreux statuts plus ou moins protecteurs coexistent.

    Il y a d’abord ceux qui attendent l’examen de leur demande d’asile. Sous le mandat précédent, le gouvernement avait autorisé ces derniers à rester sur le territoire américain le temps que leur dossier soit étudié. Mais leur nombre a été multiplié par deux entre le mois de juin 2022 et la fin de l’année 2023. D’après le Pew Research Center, un prestigieux centre de recherche américain, 870 000 migrants supplémentaires se seraient ainsi retrouvés coincés dans les méandres de l’administration américaine.

    A ces migrants en attente, il faut ajouter plus d’un million de personnes bénéficiant d’un statut de « protection temporaire ». Ces immigrés peuvent vivre et travailler aux Etats-Unis parce que le gouvernement américain juge leur pays dangereux à cause de la guerre ou de désastres naturels. Des ressortissants de certains pays comme le Nicaragua, Myanmar ou la Syrie bénéficient d’un tel statut depuis des décennies, mais sous Joe Biden, l’administration a étendu le nombre de nationalités éligibles à ce statut intermédiaire. Des Ukrainiens, des Afghans, des Cubains, et des Haïtiens en bénéficient aujourd’hui. Le New York Times a rapporté ce mercredi que l’administration Trump avait annulé la prolongation du statut de protection temporaire dont bénéficient plus de 600 000 Vénézuéliens, et qui les protège d’une expulsion

    Enfin, plus de 500 000 personnes bénéficient toujours du statut « Daca » : ce sont les jeunes, amenés aux Etats-Unis par leurs parents avant l’âge de 16 ans, que la loi américaine autorise à rester sur le territoire, sans leur offrir un statut de résidents permanents. Donald Trump a déjà affirmé qu’il s’attaquerait à plusieurs de ces dispositifs, dénonçant le « laxisme » de l’administration précédente. De nombreux recours devant les tribunaux américains sont attendus.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-qui-sont-les-migrants-que-donald-trump-veut-renvoyer-chez-eux-WEH4Y5FQ3JDZPECLDRVDWRWPUI/

    Author : Mathias Penguilly

    Publish date : 2025-01-29 14:00:00

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  • François Bayrou à l’épreuve de la censure : les dilemmes du PS, la nouvelle ligne rouge du RN

    Les valeurs ou le budget ? Censurer ou ne pas censurer ? Ou bien suggérer une chose et finalement appliquer l’inverse ? En pleines négociations sur le budget avec François Bayrou, le Parti socialiste n’en a pas fini de faire monter les enchères à mesure que l’aile droite du gouvernement tire sur l’élastique. L’expression « submersion migratoire », lancée par François Bayrou, le maintien de l’interrogation autour de l’Aide Médicale d’Etat… Mais aussi la demande, par la députée EPR Maud Bregeon, de réintégration des articles sortis de la loi immigration par le Conseil constitutionnel ou l’interview offensive de Gérald Darmanin sur CNews. « Il ne faut pas être naïf, c’est une attaque coordonnée frappant les valeurs fondatrices du front républicain », s’indigne la socialiste Johanna Rolland. Cette dernière, si elle avait été députée, aurait opté pour la censure. De même que le numéro 3 du parti, Pierre Jouvet. Mais la première est maire de Nantes, et le second eurodéputé. Voilà tout le problème. Chacun parle de là où il est et les voix ne s’accordent pas. Car les députés PS, eux, ne sont pas aussi fermes. Ils sont même très indécis.

    « Aucun moyen de réconcilier la question de l’identité de gauche avec celle de la stabilité »

    Au PS, comme il y a deux semaines, l’une des urgences est de mettre en adéquation la position du groupe parlementaire avec celle du parti. La question de fond fait pourtant office de dilemme : « Dans ce cas de figure, il n’y a aucun moyen de réconcilier la question de l’identité de gauche avec celle de la stabilité. Mieux vaut un budget de droite ou pas de budget du tout ? », interroge dépité, le parlementaire Laurent Baumel.

    Pour l’instant, le PS a choisi de ne pas vraiment choisir. Au milieu du guet, ils laissent passer les balles des insoumis. Et ne veulent ni retourner dans leurs bras – ce temps-là est révolu, jurent-ils – ni se jeter dans ceux du gouvernement. L’équation est donc difficile pour Olivier Faure, le Premier secrétaire, et Boris Vallaud, le chef de file des députés socialistes. Comment censurer sans censurer ? Vous suivez ? « Avec l’accord de non-censure, on a démontré aux Français que nous voulions vraiment changer leur vie, agir, obtenir des petites victoires sociales, mais des victoires quand même. Ce que LFI ne voulait pas visiblement », décryptait un député PS il y a quelques semaines, au lendemain du discours de politique générale de François Bayrou. Le même, aujourd’hui : « Force est de constater que c’est le gouvernement qui nous empêche de changer la vie des gens. » Certains caciques des Roses appuient d’ores et déjà pour que le PS dépose sa propre motion de censure. Histoire de « s’affranchir des insoumis »…

    Avant même la polémique autour du « sentiment de submersion migratoire », les socialistes faisaient monter les enchères, réclamant (même le week-end dernier) de nouvelles dépenses en menaçant, sinon, de voter la censure. Certains socialistes plus responsables que d’autres s’en sont d’ailleurs émus. Mais François Bayrou et ses amis voudraient surtout faire comprendre une chose au PS : puisqu’ils sont dans l’opposition, il est normal qu’ils s’opposent. Qu’ils s’opposent aux différentes politiques menées par le gouvernement, soit. Mais il ne faut pas tout ramener au budget.

    Le Parlement est un lieu où l’on discute. Au-delà des postures, les ponts ne sont pas rompus entre Matignon et les socialistes. François Bayrou reste convaincu que le PS ne censurera pas le budget. Lui qui n’est pas entré sur le plateau de LCI avec l’intention de lâcher une bombe en employant le mot « submersion », ne veut pas se placer dans les mains du RN.

    Car depuis quelques heures, les lepénistes ont assisté à leur propre résurrection. Et cela bien malgré eux. Le RN, condamné depuis des semaines à regarder passer les trains, se retrouve soudainement propulsé au quasi-centre du jeu, et peut remercier Matignon et les socialistes. Le premier, pour avoir marché sur ses plates-bandes lexicales, les seconds, pour faire à nouveau de lui la force pivot qui permettrait, ou non, de faire tomber le gouvernement.

    Au RN, « il est hors de question que l’on donne un blanc-seing à un budget sans vision »

    Bien silencieux depuis des semaines, les frontistes se réveillent. Et commencent par jurer que jamais le gouvernement n’a manqué de les traiter. Y compris pendant la période de négociation intenses avec les socialistes. Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et émissaire désigné sur les questions économiques, a multiplié les rendez-vous avec les différents représentants du gouvernement, de Laurent Saint-Martin à Eric Lombard en passant par Catherine Vautrin, quand Marine Le Pen, elle, a rencontré Manuel Valls après son voyage à Mayotte.

    Courageux mais pas téméraire, François Bayrou a retenu les leçons de la censure du mois de décembre, et intégré qu’il devrait inclure Marine Le Pen et ses camarades dans les discussions. A tel point que certains ministres sont persuadés d’avoir trouvé l’astuce pour les neutraliser. « Le RN a été mis sur la touche, ils n’ont pas le chemin pour appuyer sur le bouton, assure un membre du gouvernement. Ils ont besoin de calmer le truc, et d’ailleurs je ne les entends plus beaucoup, ils n’ont pas de position forte. » François Bayrou, lui, n’est pas si catégorique. Il n’a pas oublié la loi immigration, ni la censure Barnier : ces gens-là peuvent changer à la dernière minute, ils peuvent vous faire tomber même si vous leur donnez tout…

    Il ne croit pas si bien dire. Voilà que le RN, qui assurait que sa position depuis décembre n’avait pas varié, se met à brandir de nouvelles « lignes rouges » qui pourraient le pousser à censurer le budget. Selon nos informations, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont indiqué lundi à Jean-Philippe Tanguy que le budget ne devra pas dépasser les 5 % de déficit (il est construit sur une hypothèse de 5,4 %). Une requête bien plus problématique que celle concernant la désindexation des retraites, ou le déremboursement de certains médicaments, et qui pourrait faire office de ligne rouge « valise » permettant au RN de faire monter les enchères. Façon déguisée, aussi, de s’ouvrir de nouvelles voies de justification d’une éventuelle censure.

    Un dernier argument vient de faire son apparition : l’absence de « vision » inhérente à ce budget. « Il est hors de question que l’on donne un blanc seing à un budget sans vision » justifie par avance une voix qui porte au sein du parti. Un changement de pied assumé à demi-mot par les frontistes. « Si nous reprenions mot pour mot les lignes rouges de décembre, nos négociations étaient finies et nous étions out, puisque la chute de Barnier a effacé la dernière ligne rouge à savoir l’indexation des retraites, il fallait que nous en ajoutions de nouvelles », concède un député. Censurer pour exister ? La réponse dépendra du résultat de la commission mixte paritaire, qui se tient ce jeudi. « Et, comme d’habitude, on prendra notre décision ce week-end », assure un proche de Marine Le Pen.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/francois-bayrou-a-lepreuve-de-la-censure-les-dilemmes-du-ps-la-nouvelle-ligne-rouge-du-rn-ZYXK7ZS2UFDKJNOBEP4ORZWQFI/

    Author : Marylou Magal, Olivier Pérou, Mattias Corrasco

    Publish date : 2025-01-30 04:45:00

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  • Vivre sous l’occupation : en Ukraine, les exactions russes au quotidien

    Propagande, éducation, institutions, tortures… Que se passe-t-il dans les régions ukrainiennes occupées par la Russie depuis l’invasion de février 2022 ? Accompagnée de l’analyse de la sociologue Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, Clara Marchaud, correspondante de L’Express, nous embarque dans ses reportages au cœur d’une Ukraine inquiète de possible négociations.

    Dans ce dernier épisode de la série, des sujets difficiles sont abordés : travail forcé, torture, viol… Ces témoignages peuvent être choquants mais sont nécessaires pour comprendre à quoi ressemble le quotidien des Ukrainiens sous occupation. Pour des raisons de sécurité, certaines voix et prénoms ont été changés.

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    Musique et habillage : Emmanuel Herschon/Studio Torrent

    Logo : Benjamin Chazal – Getty images – FFeller (Sketchfab)

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    Pour aller plus loin :

    Dmitry Glukhovsky : « Vladimir Poutine souffre du syndrome de l’imposteur »

    200 000 soldats européens en Ukraine ? Ce scénario vertigineux qui ressemble à un casse-tête

    Anne Applebaum : « S’il arrive quelque chose à Poutine demain… »



    Source link : https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/vivre-sous-loccupation-en-ukraine-les-exactions-russes-au-quotidien-LLNVHPZ7PNCBVJ7S2THMA7IDZE/

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    Publish date : 2025-01-30 05:00:00

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  • Les illusions persistantes de Lucie Castets : sa nouvelle vie, ses obstinations…

    Veille d’ouverture des Jeux olympiques. Autour d’Anne Hidalgo, tension incandescente et ultime réunion à laquelle participe Thomas Jolly, maître d’œuvre de la plus insolente et de la plus risquée cérémonie d’ouverture jamais conçue dans l’histoire de l’olympisme. Mâchoires serrées et mains crispées, le quintette vient d’apprendre l’arrivée de la pluie, les bulletins météo sont formels. A l’aune des ruissellements annoncés, la minuscule équipe passe en revue chaque scène, chaque tableau, décidant dans l’urgence lesquels déménager, supprimer. La cellule de crise planche depuis quelques minutes quand le téléphone d’un des participants, proche collaborateur d’Anne Hidalgo, affiche un appel de Lucie Castets, la directrice des finances de la Ville. Son interlocuteur lui textote ne pouvoir décrocher ; aurait-elle oublié combien l’heure est grave ? Y aurait-il une urgence extrême ? Oui, lui répond, par écrit et en substance, la maîtresse du budget parisien, oui il y a urgence. Il sort de la salle, l’appelle, pensant à un cataclysme financier, et l’écoute lui annoncer qu’elle est la candidate du NFP à Matignon, la potentielle Première ministre, l’information est sur le point de sortir, voilà, elle estime correct de le prévenir.

    Au bout de la ligne, l’interlocuteur, stupéfait, lui promet de la rappeler au plus vite. De retour dans la salle, aparté chuchoté avec la maire de Paris, puis les cinq poursuivent, concentrés, leurs réglages, chaque minute compte, dehors les nuages obscurcissent le ciel. C’est peu dire que le timing de Lucie Castets a éberlué le cabinet d’Anne Hidalgo, qui s’évertuera les jours suivants à convaincre la jeune énarque, appréciée pour son travail, qu’elle n’a aucune chance d’être nommée par Emmanuel Macron et qu’elle n’a, dans cette drolatique aventure, que des coups à prendre et beaucoup à perdre. Rien n’y fait, la jeune femme veut croire à ses chances. Les semaines suivantes, ces mêmes personnes lui glissent une mise en garde : surtout, si elle veut retrouver son poste à la fin de l’été, qu’elle n’aille pas aux universités d’été de LFI, la proximité affichée avec les troupes de Jean-Luc Mélenchon constituerait, pour Anne Hidalgo, une trahison irrécupérable. L’énarque passe outre, elle s’y rend et y prend publiquement la parole.

    Le 28 août, Lucie Castets est reçue par l’entourage d’Anne Hidalgo. Cette fois, alerte rouge, elle doit démissionner, au plus vite, faute de quoi elle sera écartée. La candidate du NFP renâcle, s’obstine, se butte, à croire décidément que les jeux politiques lui échappent. Contrainte, elle se fera finalement inviter le lendemain dans la matinale d’Apolline de Malherbe sur BFM et RMC et y annoncera quitter la mairie de Paris. Depuis, elles n’ont plus jamais échangé. Dans les couloirs de la mairie de Paris en revanche, on a eu, tout l’automne, des nouvelles de Lucie Castets sous la forme, récurrente, d’appels courroucés de patrons d’ONG – dont Cécile Duflot, à la tête d’Oxfam – s’agaçant que l’ex directrice financière brigue leur poste. Puis, l’agitation est retombée.

    Enfin presque, car décidément l’ex-candidate NFP à Matignon entretient une relation singulière avec la temporalité. Mercredi dernier, 29 janvier, à Pantin, voici qu’elle célèbre ses « Vœux de la victoire », raout auquel elle a convié toutes les composantes, fort fâchées entre elles, du NFP. La victoire quand tous s’écharpent et s’insultent autour de la discussion budgétaire ? A tour de rôle, dans une mise en scène confinant à la réalité virtuelle, un représentant de chaque parti prend la parole, dont François Ruffin, Clémentine Autain ou Manon Aubry. Quelques socialistes, aussi. Comme Johanna Rolland, la numéro 2 du PS, venue alors qu’elle redoutait d’être accueillie fraîchement, crainte justifiée et confirmée. Lucie Castets entretiendrait-elle une bulle cognitive, un espace-temps parallèle dans lequel ses amis lui feraient croire que l’union de la gauche est en marche ? Un remake de Good Bye Lenin version parisienne ?

    Certains indices le donnent à croire. Comme l’équipe de douze bénévoles qui, depuis août dernier, travaille pour elle, se rassemblant tous les lundis, échangeant des messages quotidiens et montant des visios à gogo. Alors même que les réunions du jeudi matin du NFP ont, elles, disparu depuis la mi-janvier. La remarque ne la fait pas flancher. « Ça fait six mois qu’on me dit que le NFP va crever demain, eh bien je raisonne à l’objectif et au résultat, les militants sont favorables à l’union, même au PS. »

    « Je ne suis pas accro à la politique »

    Elle ne flanche pas, bravache et confondante. « Je ne suis instrumentalisée par personne. Je suis protégée contre l’instrumentalisation car je n’appartiens à aucun camp. » Un jour, se souvient-elle, Olivier Faure lui a confié qu’elle était capable de faire avaler « beaucoup de trucs » à Jean-Luc Mélenchon, sans que cela ne lui soit reproché par le patriarche. Elle revient sur son hypothétique parachutage dans l’Isère, où in extremis elle refusa de briguer la députation. Et nie avoir pris un coup de pression des Insoumis.

    Vraiment ? Elle raconte son échange avec Manuel Bompard, elle lui faisant observer qu’elle peut candidater sans dire dans quel groupe, une fois élue, elle siégera. Et lui, lui répondant, glacial : « Si tu fais ça, cela ne sera pas bien pris, a minima on ne fait pas ta campagne, au pire on met quelqu’un contre toi. » Si ce n’est pas un coup de pression, cela y ressemble.

    Enceinte de quelques mois, elle travaille désormais à mi-temps comme consultante, ayant monté une société conseillant les ONG. « Je réponds à des offres d’organisations internationales, mon rythme est plus haché, mais ça me laisse du temps pour voir des gens, qui me nourrissent intellectuellement », confie-t-elle, souriante. Regrette-t-elle cet été fou, son ardeur naïve et ce positionnement obstiné, dans lequel elle, et elle seule, a tant perdu ? « Je ne regrette pas la manière dont on l’a fait, ce fut assez miraculeux que ça se passe aussi bien. »

    Aussi bien ? Décidément, la néophyte en politique se montre accrocheuse. Elle note ne plus être quotidiennement en contact avec des politiques, les dirigeants du NFP diffracté s’éloignent, « tout le monde a sa vie, en circonscription », dit-elle, gentiment. « J’ai une posture spécifique, je ne suis pas accro à la politique, si j’ai l’impression que ça ne débouche sur rien, je ferai autre chose. Après, je ne sais pas ce que ça me ferait de quitter tout ça, c’est passionnant d’avoir le sentiment de pouvoir contribuer à la vie politique de son pays. » Pas « accro », mais sacrément prise tout de même. Et si seule.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/les-illusions-persistantes-de-lucie-castets-sa-nouvelle-vie-ses-obstinations-GOIWFUSOAFGXVI5Z2FGKZXNIAY/

    Author : Emilie Lanez, Mattias Corrasco

    Publish date : 2025-02-01 06:45:00

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  • Des moteurs d’avion pour produire de l’électricité : la surprenante stratégie de la Belgique

    Cela ressemble à une blague. Et pourtant. Pour produire suffisamment d’électricité en période de forte tension sur son réseau, notre voisin belge compte parfois sur… de vieux moteurs d’avions Boeing fonctionnant au kérosène ! Selon la presse bruxelloise, le gestionnaire national Elia aurait déjà utilisé cette solution à plusieurs reprises depuis le début de l’année.

    Les défenseurs de l’environnement crient au scandale. Sauf qu’une précision s’impose. « Il s’agit d’un système utilisé en dernier recours. Lorsqu’Elia constate un écart trop important entre l’offre et la demande, les fameux turboréacteurs entrent en action. Concrètement, du gaz ou du kérosène modifié entraînent une turbine couplée à un générateur d’électricité. Ces installations ont la capacité de pouvoir monter rapidement en régime. Elles permettent donc de faire l’appoint en période critique », explique Damien Ernst, professeur à l’Université de Liège et Télécom Paris.

    Or, justement, le réseau belge a traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières semaines en raison de facteurs exceptionnels. A commencer par le « Dunkelflaute ». « Cette période prolongée sans vent et sans soleil dans plusieurs pays européens s’est traduite par une production d’énergies renouvelables nettement en dessous des moyennes attendues », observe Stéphane Bocqué, porte-parole de la Fédération belge des entreprises électriques et gazières (FEBEG). Elia a dû également faire face à un incident technique sur un réacteur de la centrale nucléaire Tihange 1. Celui-ci a entraîné une perte de puissance de 1000 megawatts du jour au lendemain. D’où l’appel aux turbines Boeing.

    « Personne n’est content d’utiliser ce système D »

    Bien sûr, ces moteurs d’avion génèrent des émissions de CO2 supplémentaires. Ils font beaucoup de bruit. Et comme il s’agit d’un dispositif de secours, essentiel pour le fonctionnement du réseau électrique, Bruxelles ferme les yeux sur leur impact environnemental. Mais là n’est pas l’essentiel. A l’échelle du pays, le surplus d’émissions est marginal. « Par ailleurs, il est vraisemblable qu’à terme, les parcs de batteries, en plein développement en Belgique et en Europe, répondront davantage à ce type de demande urgente », pointe Stéphane Bocqué.

    « En fait, personne n’est content d’utiliser ce système D, explique Damien Ernst. Cette actualité nous rappelle surtout que la Belgique, comme d’autres pays européens, fait face à plusieurs difficultés en matière d’énergie ». D’abord, en raison de la montée en puissance des renouvelables. La Belgique a beau avoir introduit un mécanisme dit de « rémunération de la capacité » basé sur des enchères censées garantir la sécurité de l’approvisionnement en électricité, de fortes divergences peuvent apparaître entre l’offre et la demande. Un phénomène lié à l’intermittence des énergies éolienne et solaire.

    On l’a vu récemment en Allemagne où les prix se sont envolés sur le marché de gros alors que le pays a connu pendant plusieurs jours une absence de vent et de soleil. Notre grand voisin a importé massivement de l’électricité, quitte à provoquer des tensions sur les prix dans les pays fournisseurs. « Plus les énergies renouvelables progressent, plus l’équilibre du réseau est compliqué à atteindre. On n’est jamais à l’abri d’une mauvaise prévision », relève Daniel Ernst.

    Ne pas suivre l’exemple de l’Allemagne

    La Belgique est confrontée à un autre écueil. Son réseau électrique manque de puissance du fait de l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires ces dernières années. « Nous avons déjà perdu deux gigawatts de puissance récemment avec la fermeture de Doel 3 et Tihange 2. Et d’ici à 2026, il est encore prévu d’en perdre autant », déplore l’économiste. Le résultat de cette politique ? La production nationale d’électricité est au plus bas depuis six ans. Deux centrales à gaz doivent venir épauler le réseau, mais le chantier prend du retard. Ces installations ne seront sans doute pas disponibles dès cette année comme prévu initialement.

    Au risque ultime d’un black-out ? C’est peu probable. Le pays a la possibilité d’opérer des coupures maîtrisées et momentanées du réseau électrique, à l’échelle locale. Autrement dit, du « délestage ». Ce dispositif permet d’éviter le pire : une panne d’électricité généralisée sur une partie importante du territoire. En revanche, les difficultés du réseau contribuent à maintenir des prix de l’électricité élevés. « Ils sont légèrement au-dessus de ceux de la France. Sans les tarifs régulés », note Damien Ernst. En d’autres termes, la population est moins protégée en cas d’emballement des prix.

    L’économiste espère que dans les négociations en cours pour former le futur gouvernement belge, un accord sur le nucléaire soit trouvé, permettant de « sauver » un réacteur. « La population a été un peu endormie par le mythe des énergies renouvelables. Et les Verts en sont largement responsables. Mais désormais, la Belgique est devenue pro nucléaire », assure-t-il. Elle n’a pas su préserver autant de capacités de production que la France, mais elle peut encore éviter le chemin pris par l’Allemagne, dont la sortie de l’atome continue de plomber l’économie.



    Source link : https://www.lexpress.fr/environnement/des-moteurs-davion-pour-produire-de-lelectricite-la-surprenante-strategie-de-la-belgique-36POTNUZRFHIPK5DEJDJ5AR2OE/

    Author : Sébastien Julian

    Publish date : 2025-02-01 07:15:00

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  • Le nucléaire, cette réussite française que l’Europe veut miner en 2025, par Arnaud Lacheret

    C’est un atout unique au monde, un savoir-faire industriel et scientifique exceptionnel, un avantage écologique et énergétique qui devrait être le socle d’une France attractive et prospère.

    Le nucléaire français est bien plus qu’une simple source d’énergie : il incarne une filière d’excellence, fruit de plusieurs décennies d’investissements et d’innovations. En 1945, le général de Gaulle charge deux éminents scientifiques, Raoul Dautry et Frédéric Joliot, de créer une organisation capable d’établir la prééminence française dans la science atomique. Ainsi naît, cette même année, le Commissariat à l’énergie atomique.

    Depuis cette date, la France a su développer un modèle unique. Un choix devenu incontournable avec la crise pétrolière de 1973, qui avait mis en lumière la vulnérabilité des économies occidentales face à leur dépendance aux énergies fossiles. Sous l’impulsion de politiques publiques ambitieuses, portées notamment par Valéry Giscard d’Estaing et son ministre de l’Industrie Pierre Fourcade, notre pays a construit en quelques décennies un parc nucléaire capable de répondre à la fois aux besoins énergétiques et aux exigences environnementales, de la France et même d’une partie du continent.

    Aujourd’hui, près de 70 % de notre électricité provient de cette énergie propre et fiable, plaçant la France en leader mondial, malgré les nombreuses tentatives de Bruxelles et de Berlin de saper cet atout stratégique, bien aidés par les abandons et les lâchetés de nos responsables politiques.

    Car l’Union européenne, influencée par des choix politiques et économiques contestables, a plusieurs fois favorisé les énergies renouvelables, malgré leurs intermittences et leurs coûts. Sous l’impulsion de l’Allemagne, qui a abandonné le nucléaire en 2011 après l’accident de Fukushima, le nucléaire français a subi des attaques répétées. Des pressions qui ont affaibli une industrie pourtant essentielle pour atteindre les objectifs climatiques de l’Europe.

    Géraldine Woessner et Ervan Seznec, dans leur récent livre Les Illusionnistes, ont d’ailleurs démontré que ces choix délétères au niveau européen étaient fortement influencés par les mouvements écologistes qui, se détournant de la science pour adopter une sorte de croyance quasi religieuse, sont littéralement obsédés par l’idée de priver la France de la source d’énergie émettant le moins de gaz à effet de serre.

    Une année décisive

    Les prochains mois seront cruciaux pour le nucléaire français. Bruxelles, travaillée depuis des décennies par un lobby antinucléaire qui agit tout simplement contre les intérêts de la planète, prépare plusieurs décisions qui pourraient gravement compromettre l’avenir de cette filière.

    Dès le 26 février, le commissaire à l’énergie Dan Jorgensen présentera le Pacte européen pour une industrie propre. Une feuille de route dont les objectifs chiffrés semblent déjà donner une place très importante aux énergies renouvelables, en particulier à l’éolien et au photovoltaïque, au détriment de l’énergie nucléaire. Une politique qui nous éloigne de l’indispensable « neutralité technologique » qui devrait pourtant guider les politiques climatiques bruxelloises : laisser les Etats membres atteindre leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sans leur imposer un type d’énergie ou une filière en particulier. Une approche pragmatique qui aurait le mérite de rendre au nucléaire sa place incontournable dans le mix énergétique européen.

    Le Pacte européen pour une industrie propre menace sérieusement la filière nucléaire, pourtant principal atout de la France et de l’Europe. Et le péril d’autant plus grand que les prochains trains de sanctions économiques prévus par l’UE contre la Russie après son agression de l’Ukraine pourrait aussi pénaliser, par ricochet, notre filière atomique : depuis plusieurs années, une partie des combustibles utilisés dans nos centrales sont de l’uranium de retraitement (URT). Une pratique d’économie circulaire, où nos déchets sont retraités à la Hague en Normandie, puis recyclés par Rosatom en Sibérie, avant d’être renvoyée par navires en France, pour donner une seconde vie au combustible. Jusqu’ici, la France avait défendu à Bruxelles le maintien de cette chaîne logistique impliquant navires et assureur spécialisés. Mais sous la pression des ONG antinucléaire, le prochain pack de sanctions européennes prévu en février pourrait bien aussi pénaliser ce circuit de l’URT. Autant de bâtons dans les roues d’un nucléaire français, déjà privé de financements européens sous la pression de Berlin.

    Il est à noter que ces mouvements écologistes ne prennent pas cette position contre la Russie, mais contre le nucléaire. lls ont en effet tout fait pour rendre l’Europe dépendante du gaz russe en présentant cette énergie fossile comme une énergie propre et naturelle alors que l’empreinte carbone du gaz dit naturel est particulièrement élevée. Les lobbys écologistes, bien aidés il est vrai par des institutions françaises et européennes particulièrement naïves, sont parvenus à jouer contre la planète et à rendre l’Europe dépendante énergétiquement.

    Souveraineté de l’Europe

    Pourquoi punir une énergie qui, depuis des décennies, offre un avantage industriel unique à la France ? Alors que les énergies renouvelables, bien que prometteuses, restent difficilement pilotables, le nucléaire est la seule énergie propre capable de répondre durablement à nos besoins. Depuis plusieurs mois, les Gafam eux-mêmes s’intéressent de près au nucléaire. Les géants des nouvelles technologies, conscients des besoins colossaux en énergie pour alimenter les intelligences artificielles, investissent massivement dans cette énergie pilotable et non carbonée. Cette réalité laisse un goût amer : la France aurait pu être cet eldorado énergétique capable d’attirer tous ces investissements stratégiques.

    Le nouveau gouvernement aura la dure tâche de défendre férocement le dernier pilier de la puissance industrielle, économique et énergétique française. Mais la crise politique que connaissent – aussi ! – nos voisins allemands est peut-être l’occasion pour Paris de reprendre la main sur ce dossier à Bruxelles, pour défendre nos intérêts et la souveraineté du continent.

    *Arnaud Lacheret est professeur à Skema Business School.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/le-nucleaire-cette-reussite-francaise-que-leurope-veut-miner-en-2025-par-arnaud-lacheret-56HZAT26OBGWNH7TD5KKC4CT5M/

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    Publish date : 2025-02-01 07:30:00

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  • « Le monde vu par la CIA en 2025 » : comment le service secret américain avait (presque) tout prédit

    Une pandémie mondiale. L’essor du terrorisme. La perte de vitesse de l’Europe, fragilisée par l’éloignement des Etats-Unis et la montée en puissance de la Chine. Ces constats géopolitiques ont été annoncés il y a bien longtemps. Tous au même endroit : dans les rapports publics rédigés par le renseignement américain. En se replongeant dans ces documents, L’Express a dénombré plusieurs scénarios qui ont bien fini par se réaliser. D’abord édités en France par les éditions Robert Laffont, commentés par le journaliste Alexandre Adler, les ouvrages « Le rapport de la CIA : comment le monde sera en 2020 » et « Le rapport de la CIA : comment le monde sera en 2025 », publiés en 2005 et 2009, livrent un exercice de « diagnostic prospectif » qui s’est souvent vérifié avec une efficacité surprenante.

    Le futur dépeint par le Conseil national du renseignement américain – une équipe rattachée à la Maison-Blanche, qui compte plusieurs cadres de la CIA – fait écho aux défis multiples que rencontrent les Etats-Unis et l’Europe aujourd’hui. Certaines, comme l’avènement d’un monde multipolaire, la fin de l’hégémonie occidentale ou encore le vieillissement de l’Europe, sont bâties sur des tendances de fond. Mais d’autres, beaucoup plus inattendues, illustrent le talent de prospective des experts mobilisés.

    La première d’entre elles, et la plus connue, a pris vie en 2020 : celle d’une pandémie causée par l’apparition « d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse » et « pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat », imagine la CIA dès 2009. L’agence d’espionnage met ainsi en garde contre des « souches hautement pathogènes de la grippe aviaire telles que le H5N1 », mais aussi « d’autres agents pathogènes, comme le coronavirus du SRAS ». Fortement inspirés par l’épidémie de SRAS qui s’était diffusée principalement dans les pays asiatiques et le Canada entre 2002 et 2004, les experts ont ainsi imaginé la propagation d’un virus similaire à celui du Covid-19 – onze ans avant son arrivée. Même son origine potentielle est juste : une « zone à forte densité de population », prévoyaient-ils, comme la « Chine et dans le Sud-Est asiatique » (le Covid-19 est né à Wuhan, en Chine centrale). Le scénario prédit est perspicace. « La maladie tarderait à être identifiée si le pays d’origine ne disposait pas des moyens adéquats pour la détecter », est-il écrit, les analystes soulignant qu’il « faudrait des semaines pour que les laboratoires fournissent des résultats définitifs confirmant l’existence d’une maladie risquant de muter en pandémie ». Carton plein.

    La fin de l’ordre international

    Mais bien au-delà de l’émergence du Covid-19, les analystes sont parvenus à distinguer des tendances géopolitiques plus profondes. En 2009, la CIA envisage seize ans plus tard la fin d’une « seule et unique » communauté internationale, « avec de nouveaux acteurs introduisant de nouvelles règles du jeu, et des risques accrus alors que les alliances occidentales traditionnelles perdront de leur force ». Dans son édition précédente, conçue en 2004, ses experts voient déjà poindre la paralysie des organisations internationales, « les Nations unies et les institutions financières internationales » courant le « risque de glisser dans l’obsolescence, à moins qu’elles ne prennent en considération le pouvoir croissant des puissances montantes ».

    Le transfert de richesse au bénéfice de la Chine et de l’Inde risque de « renforcer des Etats comme la Russie qui entendent remettre en cause l’ordre occidental ». « D’ici à 2025, le système international sera planétaire et multipolaire », note le rapport, qui enchaîne, semblant prédire l’émergence des géants de la tech : « la puissance relative de divers acteurs non-étatiques – qu’il s’agisse d’entreprises, de communautés ethniques, d’organisations religieuses, de réseaux criminels – ira croissante ». La menace de guerres avec des visées territoriales – comme celle menée par la Russie en Ukraine depuis février 2022 – est avancée. « Nous ne pouvons pas exclure un scénario de course aux armements, d’expansion territoriale et de rivalités militaires, similaire à celui du XIXème siècle », est-il écrit en 2009. Dans son édition précédente, les experts de la CIA mettaient aussi en scène des Américains dont la population est « fatiguée de jouer les gendarmes du monde ». Avec des mots faisant étrangement écho à la campagne de Donald Trump, le rédacteur de ce scénario – un haut fonctionnaire américain – s’y inquiète notamment de l’influence de « groupes défenseurs du principe de ‘l’Amérique d’abord’ ».

    Un terrorisme « décentralisé »

    Au-delà de ces grandes tendances, l’ouvrage se distingue par ses scénarios de pure fiction – qui parviennent, dans certains cas, à tomber juste. Dans le premier, la CIA imagine un monde « sans Occident », en réalité une nouvelle donne où l’Occident est moins influent. Un officiel russe d’une organisation imaginaire (le président de l’Organisation de coopération de Shanghai) écrit au secrétaire général de l’Otan. Il constate l’apparition aux Etats-Unis et en Europe de « mouvements protectionnistes conduits par une coalition de forces balayant l’éventail politique d’un extrême à l’autre » et la montée en puissance d’une hostilité envers la Chine. L’Occident, confronté à une récession qui s’éternise, cherche « un bouc émissaire ». « Ces événements ont été un véritable don du ciel parce qu’ils ont jeté Russes et Chinois dans les bras l’une de l’autre », écrit le responsable russe. Le rapport de 2009 consacre aussi un chapitre important au risque nucléaire, soulignant que de « nouveaux développements politico-militaires contribuent à éroder le tabou lié à cet armement ». Difficile, aujourd’hui, de ne pas penser au missile balistique Orechnik, lancé par la Russie en novembre 2024 contre une ville ukrainienne. Conçu pour transporter des têtes nucléaires – mais sans charge – l’envoi de cette arme a été perçu en Occident comme un signal stratégique.

    Publié huit ans après le 11 septembre 2001, le rapport de la CIA ausculte la montée d’un autre risque : celui de la propagation de l’islam radical, et particulièrement du salafisme, qui « risque de saper l’influence des alliés occidentaux dans le monde musulman, notamment au Moyen-Orient ». Dans son édition précédente – prévoyant en 2004 le monde de 2020 – le rapport donnait une plus large place encore aux évolutions présentées par le mouvement islamiste radical. En 2020, « Al-Qaïda aura été supplanté par des groupes extrémistes d’inspiration islamiste similaire », note-t-il, soulignant le « risque non-négligeable » de les voir « fusionner avec des mouvements séparatistes locaux ».

    Le terrorisme islamiste des années qui viennent sera « décentralisé », ont prévenu les experts, qui avaient perçu l’arrivée « d’une kyrielle de groupes éclectiques, de cellules et d’individus qui n’ont pas besoin de quartiers généraux fixes pour projeter et exécuter des opérations ». Dans un scénario prévoyant le monde de 2020, les experts de la CIA imaginent la proclamation d’un « nouveau califat » qui séduit, grâce à Internet, bien au-delà de ses frontières physiques. Dans son avant-propos, Alexandre Adler fait lui-même preuve d’une rare clairvoyance concernant la situation au Moyen-Orient, prévoyant qu’en 2020 « le Hezbollah remet en cause son accord avec le gouvernement d’union de Saad Hariri et reprend tout à la fois les actes de provocation face à Israël ». Le rapport imagine, avec quelques années d’avance, la chute de Bachar el-Assad, et l’arrivée au pouvoir à Damas, via une coalition, de Frères musulmans sunnites.

    Des erreurs de prospective

    La prospective n’est toutefois pas une science exacte. Dans leurs rapports, les experts de la CIA ont également imaginé des hypothèses qui n’ont que peu de chance de se réaliser, y compris dans un avenir proche. Elles sont marquées du sceau de l’époque où elles sont rédigées, revêtant les craintes et les espoirs de l’année en cours. Dans leur projection de 2025, les experts de 2009 imaginent par exemple la fin de la partition Corée du Nord/Corée du Sud – dont la frontière est un point de tension permanent. Une autre hypothèse met également en scène une scène internationale fortement dominée par les ONG : devant l’ampleur des catastrophes liées au réchauffement climatique, l’ONU aurait « réservé vingt sièges aux ONG qui se disputent chaque année le droit d’y prendre part pendant un an et de disposer d’un vote équivalent à celui des Etats nations ». En 2004, un an après que le terme a été popularisé par le gouvernement Bush lors de son invasion de l’Irak, les analystes tracent le scénario d’une population frappée par des attaques avec des armes de destruction massive.

    Les éditions suivantes du rapport de la CIA présentent les mêmes qualités – et les mêmes travers. Publiée en 2021 – en France aux éditions Equateurs documents -, sa dernière version imagine le monde en 2040, avec entre autres, un scénario où la pandémie de Covid-19 n’a jamais été jugulée. Cette dernière a eu des conséquences en série, ouvrant notamment la voie à une unification de la Chine et de Taïwan. Dans un autre, le monde est séparé en « silos », en blocs fragmentés opposés les uns aux autres. Les efforts pour faire face au changement climatique sont « sporadiques », voire inexistants. L’accès à un Internet ouvert est limité aux Etats-Unis et à quelques alliés. Un autre, enfin, se montre positif, et imagine une « coalition mondiale dirigée par l’Union européenne et la Chine » qui parviendrait à réduire les effets néfastes du changement climatique. Pour savoir si le troisième oeil de la CIA fonctionne encore, rendez-vous dans 15 ans.



    Source link : https://www.lexpress.fr/societe/le-monde-vu-par-la-cia-en-2025-comment-le-service-secret-americain-avait-presque-tout-predit-PBNTEKKSBBD6JOXMGDDVZFVGB4/

    Author : Alexandra Saviana

    Publish date : 2025-02-01 07:45:00

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  • Face à la Chine de Xi Jinping, l’Inde voit sa « sphère d’influence » lui échapper

    Les cartes du jeu géopolitique en Asie du Sud ont été rebattues. Et New Delhi, puissance régionale, doit désormais naviguer dans un environnement hostile. La spectaculaire et subite dégradation des relations entre l’Inde et le Bangladesh, jusque-là proches alliées, en est l’illustration la plus spectaculaire. La chute de la Première ministre Sheikh Hasina, chassée par un mouvement étudiant de masse le 5 août 2024, a changé la donne entre les deux voisins.

    Forcée de prendre la fuite, la « Dame de fer asiatique » a trouvé refuge à New Delhi, où elle séjourne confortablement dans les beaux quartiers de la capitale indienne. De quoi irriter le gouvernement intérimaire bangladais, dirigé par le prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus, qui réclame désormais son extradition. A 76 ans, l’ancienne dirigeante est poursuivie par un tribunal du Bangladesh pour crime contre l’humanité dans le cadre de l’enquête sur la sanglante répression des manifestations ayant précipité son départ. Elle est également accusée d’avoir joué un rôle dans la disparition de centaines de personnes au cours de ses 15 années à la tête du pays.

    « Extension du capitalisme de connivence »

    Mais le malaise entre Delhi et Dacca est plus profond. « Une grande partie des Bangladais semble estimer que la politique indienne depuis 2009 les a privés de leur droit de choisir librement leurs dirigeants et qu’une relation inégale a été forgée avec Hasina », écrit dans un post de blog, Ali Riaz, politologue. L’Inde a toujours porté un soutien sans faille au régime de Sheikh Hasina, devenu au fil des ans de plus en plus autoritaire. New Delhi, comme d’autres puissances occidentales, a fermé les yeux sur les multiples violations des droits de l’homme mais aussi sur la répression systématique de l’opposition et sur les accusations de fraudes électorales flagrantes, permettant à la cheffe du gouvernement de se maintenir au pouvoir. En échange, l’Inde a obtenu de nombreuses concessions de la part de cette dernière. Le magnat Gautam Adani, proche de Narendra Modi, a ainsi décroché un contrat pour fournir de l’électricité au pays pendant vingt-cinq ans à des prix supérieurs à ceux du marché.

    « Sous Modi, New Delhi a adopté cette approche avec la plupart de ses petits voisins, avec des conséquences parfois fâcheuses », juge Sushant Singh, maître de conférences à Yale, dans la revue Foreign Policy. « Le traitement préférentiel accordé par des gouvernements tels que celui de Hasina aux entreprises favorisées par Modi – une extension du capitalisme de connivence indien – a encore accru les soupçons quant aux intentions de New Delhi », poursuit cet expert. Le président sri-lankais de gauche, fraîchement élu au mois de septembre, a d’ailleurs promis que deux projets du groupe de Gautam Adani au Sri Lanka seraient examinés par le Parlement.

    L’Inde cumule depuis plusieurs mois les difficultés dans les pays traditionnellement considérés comme appartenant à sa « sphère d’influence ». En l’espace d’un peu plus d’un an, les Maldives puis le Népal ont vu l’avènement de dirigeants hostiles à New Delhi. Le nouveau Premier ministre népalais, arrivé au pouvoir au mois de juillet, se veut plus proche de la Chine. Aux Maldives, le président Mohamed Muizzu, a été élu en septembre 2023 au terme d’une campagne « India Out » (« L’Inde dehors »). Il a contraint New Delhi à rapatrier ses quelque 90 soldats présents dans l’archipel. Ces derniers ont été remplacés par du personnel civil. Au mois de mars, Malé a signé un accord « d’assistance militaire » avec Pékin et d’autres accords ont également été passés dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, des secteurs maritime et agricole.

    New Delhi craint un rapprochement de Dacca avec Pékin

    Ces développements actent-ils un échec de la politique « Neighborhood First » (le voisinage d’abord) voulue par le Premier ministre indien Narendra Modi ? Pour l’ex-diplomate Sushant Singh, cette approche a « échoué » en raison de « différends frontaliers et de désaccords bilatéraux, de l’exécution tardive des projets de développement par l’Inde et de l’influence croissante de la Chine dans la région ». D’autres soulignent que les voisins de l’Inde, y compris le Bangladesh, n’ont pas d’autre choix que d’établir des relations économiques avec elle.

    Pour preuve, les Maldives ont signé, au mois d’octobre, un important accord d’échange de devises avec l’Inde pour un montant de 750 millions de dollars afin de surmonter la pénurie de devises étrangères de l’île. Depuis son élection, Mohamed Muizu, le président jugé pro-Pékin, a adouci sa rhétorique anti-indienne, affirmant notamment qu’il ne bouleverserait pas l’équilibre régional en remplaçant les militaires indiens par des soldats chinois. « A long terme, ce que tout le monde souhaite, ce sont des relations équitables et justes. L’Inde est leur plus grand voisin et celui qu’ils connaissent le mieux, s’ils jouent le jeu, ils pourront en tirer profit », estime pour sa part Manjeev Puri Singh, ancien diplomate indien, qui fut notamment en poste à Katmandou.

    Le gouvernement intérimaire au Bangladesh n’a cessé de répéter qu’il souhaitait maintenir de bonnes relations avec l’Inde, tout en misant sur d’autres partenariats. « En plus de se tourner vers l’Union européenne et les États-Unis, Dacca cultivera également des relations dans sa propre région. Les partenaires de développement qui dépensent beaucoup, comme la Chine et le Japon, pourraient en bénéficier », prédit Thomas Kean de Crisis Group. New Delhi craint justement que le gouvernement intérimaire se montre plus favorable à la Chine, alors que les deux géants asiatiques se livrent une guerre d’influence géopolitique et commerciale dans plusieurs pays de la région. Par ailleurs, Dacca a amorcé un rapprochement avec le Pakistan, ennemi juré de l’Inde.

    L’Inde tente donc de naviguer dans les eaux géopolitiques tumultueuses de sa région avec pour principale préoccupation l’influence grandissante de la Chine. Le géant sud asiatique devra également composer avec la nouvelle administration Trump, qui, si elle semble partager ses préoccupations dans l’Indo-pacifique liées aux actions de Pékin, pourrait mettre New Delhi sous tension en matière d’immigration illégale ou sur le plan commercial. Le jour même de son investiture, le 20 janvier, Donald Trump a prévenu que si les pays des Brics (dont l’Inde fait partie) envisageaient de réduire l’utilisation du dollar dans les échanges internationaux, alors il leur imposerait des droits de douane d’au moins 100 %. L’Inde, qui est devenue le troisième pays pourvoyeur de migrants illégaux aux Etats-Unis – on estime qu’ils seraient quelque 725 000 sur le sol américain – a assuré qu’elle faciliterait le retour des migrants illégaux. Quelque 18 000 Indiens seraient menacés d’expulsion.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/asie/face-a-la-chine-de-xi-jinping-linde-voit-sa-sphere-dinfluence-lui-echapper-OXECCMD35FARDOXHX6M65A3WL4/

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    Publish date : 2025-02-01 08:00:00

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  • Au coeur de l’Ukraine occupée : notre série de podcasts événement avec notre correspondante

    Propagande, éducation, institutions, torture… Que se passe-t-il vraiment dans les régions ukrainiennes occupées par les russes ? La réponse avec notre correspondante Clara Marchaud et la spécialiste des sociétés post-soviétiques Anna Colin Lebedev.

    Episode 1 : Histoire d’un effacement

    Dans les territoires ukrainiens occupés depuis février 2022, la Russie tente d’implanter de nouveaux modes de vie jusqu’à gommer toute trace du passé. Mais comment s’y prend-t-elle ?

    Episode 2 : L’indispensable passeport russe

    Pour s’imposer dans les territoires conquis, Moscou met en place de nouvelles règles. Le passeport russe par exemple, constitue un nouveau pré-requis pour se déplacer, mais pas uniquement…

    Episode 3 : Conquérir les esprits

    Contrôle des programmes scolaires, langue russe imposée, médias censurés : la propagande du Kremlin s’infiltre dans chaque pan de la société. Zoom sur la stratégie russe de conquête des esprits.

    Episode 4 : Les exactions au quotidien

    Tortures, viols, travaux forcés… Pour garder le contrôle sur les territoires conquis, l’occupant russe a recours à la terreur. Des Ukrainiens qui ont fui ces régions racontent.

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    Publish date : 2025-02-01 08:30:00

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  • Voyagez dans l’atelier de Guido Reni au musée des Beaux-Arts d’Orléans


    Guido Reni (1575-1642), c’est d’abord un personnage haut en couleur : fort en gueule, colérique, impulsif et… accro aux jeux d’argent – une addiction qui lui vaut, selon son ami et premier biographe Carlo Malvasia, de compenser ses pertes financières par la production effrénée de copies de ses œuvres, dont la qualité varie selon qu’elles furent exécutées par le maître ou par l’un de ses innombrables élèves. Pas facile de s’y retrouver, encore aujourd’hui, car, dans la Bologne du XVIIe siècle, la bottega de Reni est une véritable ruche où grouillent en permanence des dizaines d’étudiants, venues de toute l’Europe, parfois jusqu’à 200 personnes en même temps. C’est que le peintre de Bologne, formé dans l’académie des frères Carracci, avant que son incroyable dextérité ne soit reconnue à Rome, est alors adulé dans la Botte et au sein des cours européennes qui se disputent ses faveurs. Pour répondre à la demande, il devient notamment un forcené des ritocchi, pratique consistant à retoucher une œuvre préalablement produite par un collaborateur.

    Dans une exposition flamboyante, à l’image de son sujet, visible jusqu’au 30 mars, le musée des Beaux-Arts d’Orléans décrypte le fonctionnement de l’atelier de cet acteur phare du marché de l’art naissant en Italie. Guido Reni a beau être l’un des artistes les mieux rémunérés de son temps, il est souvent à court. Ainsi fait-il de son antre bolonaise une entreprise qui tourne à plein régime jour et nuit. Projets d’exception travaillés par lui-même, créations sur mesure exécutées parfois en collaboration avec d’autres peintres, pièces rééditées par des assistants chevronnés ou séries de « prêt-à-accrocher » concoctées par des petites mains, l’artiste-entrepreneur ne perd jamais de vue l’enjeu commercial de sa production.

    Quand, par exemple, il livre sa commande, un Saint Michel, à l’ordre des Capucins de Rome, le génie du produit dérivé avant l’heure a déjà anticipé des reproductions et des déclinaisons du tableau qui partiront comme des petits pains. Reni reste aussi, à travers les siècles, un pourvoyeur de l’imagerie religieuse. La technique du patron est simple : d’une composition achevée il extrait une figure qu’il reproduit avec son atelier puis la diffuse à grande échelle, à l’instar du Saint Diego Alcala ou du Christ des Capucins (issu de la Crucifixion), jusqu’à la muer en icône au sein du monde catholique. Certaines de ces représentations y circulent de nos jours, sans être, la plupart du temps, rattachées à leur créateur initial.

    Guido Reni, « Saint Diego Alcala ».

    A Orléans, le David contemplant la tête de Goliath de Guido Reni, conservé par le musée et montré en fin de parcours, est la star de la réunion. Longtemps considéré comme une copie, parmi les multiples qui ont circulé, il a été, après sa récente restauration, dûment attribué au maître. Inspiré de la statuaire de Michel-Ange et du clair-obscur de Caravage, dont la découverte constitua un choc artistique pour le cador du Seicento, le tableau original est désormais une pièce maîtresse de son corpus. Avec cette œuvre majeure, il a renouvelé l’iconographie du combat biblique entre le jeune berger et le géant en lui ôtant toute dimension narrative. Sans surprise, le pionnier du merchandising en a proposé des variations différentes, produites en plusieurs exemplaires par lui et son atelier, elles-mêmes copiées pendant plus de deux siècles, ce qui, rappelle le commissaire Corentin Dury, fait des David un « modèle incontournable de la marque Reni ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/art/voyagez-dans-latelier-de-guido-reni-au-musee-des-beaux-arts-dorleans-IRMOUB2TY5DGVEHOP5BWZO5TZ4/

    Author : Letizia Dannery

    Publish date : 2025-02-01 09:00:00

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  • « Il y a un lien entre l’écriture et la voyance » : David Foenkinos s’attaque aux forces de l’esprit

    Automne 2007. David Foenkinos vient de publier son sixième roman, l’excellent Qui se souvient de David Foenkinos ?, où il s’amuse à mettre en scène le passage à vide auquel il est alors confronté. A cette occasion, il est invité à parler de son livre à la Fnac de la place d’Italie, à Paris. La foule ne se presse pas : une seule personne assiste à cette rencontre littéraire. Renseignements pris, cette femme ne sait même pas qui est l’écrivain – elle a oublié les clés de chez elle et traîne dans cette Fnac en attendant que son mari rentre… Un an après cette amusante déconvenue, Foenkinos sort Nos séparations, qui n’atteint pas les 3 000 exemplaires. L’échec est-il son avenir ? Miracle : douze mois passent encore, Foenkinos insiste et revient en août 2009 avec La Délicatesse. Cette fois, c’est la gloire – le roman en est aujourd’hui à 1,5 million d’exemplaires. Depuis cet énorme tube, tout a souri à l’auteur de Charlotte (prix Renaudot 2014). En alternant drames (Deux sœurs) et comédies (La Famille Martin), et en réussissant à rajeunir son lectorat (grâce à Vers la beauté), il a vendu en tout 4 millions de livres. Ce qui n’allait pas de soi pour cet enfant d’une tour HLM de Villejuif.

    Dans son appartement parisien, à la décoration plutôt dépouillée, où Foenkinos nous reçoit pour discuter de son nouveau roman, Tout le monde aime Clara, un détail nous frappe. Un portrait officiel de 1981 de François Mitterrand domine la salle à manger. Explication du maître de maison : « Au-delà du kitsch, je crois beaucoup aux forces de l’esprit. J’avais été marqué par les derniers vœux de Mitterrand en tant que président, en 1994. J’ai un côté cartésien mais je prends très au sérieux l’astrologie et la numérologie – j’adore ça. Je ne voulais pas aborder ce thème jusque-là, de peur que ça ne soit pas bien reçu. J’ai enquêté, j’ai interrogé des voyants, et mon livre est nourri de ces rencontres avec ces gens étonnants qui ne vont pas vous donner les chiffres du Loto mais ont des intuitions sur les autres. »

    Entremêlant les vies de plusieurs personnages, Tout le monde aime Clara raconte notamment l’accident dont est victime une adolescente de 16 ans, ladite Clara. Après huit mois de coma, elle se réveille avec un don de voyance. Ceux qui connaissent bien l’histoire de Foenkinos feront le lien avec son propre passé. En janvier 1991, lui aussi âgé de 16 ans, il avait atterri aux urgences du Kremlin-Bicêtre dans un état grave. Une infection de la plèvre, réservée d’ordinaire aux personnes âgées, lui avait fait frôler la mort. Il avait passé plusieurs semaines en soins intensifs. De cette longue hospitalisation date sa passion pour les livres et sa vocation d’écrivain : « Tout le monde aime Clara est une autobiographie déguisée : je suis un faux écrivain de fiction ! Sans mon opération du cœur, je serais peut-être devenu dentiste, mais jamais écrivain – je n’avais aucune sensibilité artistique. Cela a déverrouillé mon imagination. Il y a un lien entre l’écriture et la voyance. Je suis très mystique à ma manière, plongé en permanence dans la lecture des signes de la vie. Un seul exemple : je me suis installé ici un peu au hasard, et je suis en face de l’école de cuisine Drouant – comme le restaurant où est remis le prix Goncourt ! Même si je ne fais plus de rentrées littéraires, je trouve ça drôle… »

    « Je suis dans une boulimie totale »

    Allongé sur son lit d’hôpital durant le second septennat du sphinx Mitterrand, le jeune Foenkinos a repris pied en dévorant Henry Miller, Nabokov, Kundera, Kafka, Camus, Dostoïevski ou Albert Cohen, puis le trop méconnu Bernard Frank, qui demeure l’un de ses maîtres : « Lui aussi est un rescapé. J’aime sa légèreté, son esprit et son érudition. La Panoplie littéraire, c’est phénoménal ! Et il y a ce passage très amusant quelque part où il dit qu’il doit faire attention car, s’il continue ainsi, il va finir par devenir un auteur Gallimard… » Dans les livres de Foenkinos, on trouve régulièrement une réflexion sur la littérature. Outre l’héroïne-voyante, l’autre personnage central de Tout le monde aime Clara est un homme malheureux et mystérieux nommé Eric Ruprez, qui a sorti un premier roman en 1982 aux éditions de Minuit et n’a plus rien publié depuis. Faut-il y voir une version alternative de Foenkinos ?

    « C’est une figure centrale du livre, en effet : un écrivain qui n’écrit plus. Je n’ai jamais autant écrit de ma vie, je publie un livre par an, je suis déjà en train d’écrire le prochain, je suis dans une boulimie totale et je mets dans mon roman un écrivain dont l’inspiration s’est totalement asséchée… J’aimais l’idée qu’il puisse ne pas écrire pendant quarante ans et qu’un jour il appelle son éditeur comme si de rien n’était en disant que c’est bon, il a fini le deuxième ! Un écrivain qui n’écrit pas suscite parfois plus d’intérêt qu’un écrivain qui écrit – il y a cette aura un peu mythique, avec en plus les éditions de Minuit… Quand Eric rencontre Clara, quelque chose jaillit en lui. Mes romans parlent souvent de renaissance, de seconde chance, de retour à la vie. C’est un thème que j’aime beaucoup et que je n’avais pas encore abordé sous l’angle de l’écriture. Ça me bouleverse l’idée de quelqu’un qui est bloqué renoue avec le roman grâce à des circonstances romanesques. Pour moi aussi, ça aurait pu ne pas marcher. D’ailleurs, je n’ai jamais considéré comme une possibilité de vendre des livres. Pendant près de dix ans j’ai été assez confidentiel, sans amertume – il me semblait que c’était le destin des écrivains. Je vivais avec peu d’argent, j’ai traîné une quantité innombrable de projets de films qui ne se sont pas faits. J’ai été surpris par le succès de La Délicatesse, qui a changé ma vie… »

    « Le succès est souvent pondéré par des épreuves terribles… »

    Derrière sa fantaisie de façade, Foenkinos cache un homme plus anxieux qu’on ne l’imagine : « Quand j’ai fini Charlotte [NDLR : son livre sur l’artiste Charlotte Salomon], je me suis dit que c’était le livre de ma vie, que je n’en ferais pas d’autres après. C’est la seule fois où j’ai fait une pause pendant un an. J’ai alors relu un roman d’Enrique Vila-Matas, Bartleby et compagnie – une sorte de compilation d’écrivains qui ont arrêté d’écrire. Ça m’avait inspiré Le Mystère Henri Pick. L’incapacité de créer est un thème qui revient de temps en temps chez moi. Le livre qui m’a le plus passionné ces deux dernières années est la biographie de Philip Roth, signée Blake Bailey. On voit Roth comme le sommet qu’il est mais en vérité, pendant une trentaine d’années, de Portnoy et son complexe à La Tache, il vendait de moins en moins de livres. J’imaginais Roth comme une sorte de jouisseur un peu pervers alors que sa vie fut une suite de difficultés et de souffrances, avec un mariage tragique, beaucoup de problèmes de santé, un enfer. Le succès est souvent pondéré par des épreuves terribles… »

    David Foenkinos ressemble à son meilleur ami, Florian Zeller. Par politesse ou art de la prudence au sens où l’entendait Baltasar Gracian, ils ne se livrent pas totalement quand ils passent à la radio et à la télévision. Certains, souvent aigris, leur reprochent une image jugée lisse. Ceux qui les fréquentent en privé connaissent leur humour piquant et leur grande intelligence. Pour la première fois depuis leurs débuts simultanés en 2002 (Neiges artificielles pour Zeller, Inversion de l’idiotie pour Foenkinos), les deux camarades vont travailler ensemble : ils sont en train d’écrire une série à quatre mains. Bien que n’étant muni d’aucun don de voyance, on peut prédire que la réussite sera au rendez-vous.

    Tout le monde aime Clara. Par David Foenkinos. Gallimard, 193 p., 20 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/il-y-a-un-lien-entre-lecriture-et-la-voyance-david-foenkinos-sattaque-aux-forces-de-lesprit-SP7DN2CI4VED5C5W4WVEG644NU/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2025-02-01 10:30:00

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  • Belgique : un accord de gouvernement enfin trouvé après sept mois de négociations

    Un marathon de sept mois et demi. Alors que les élections législatives ont eu lieu en juin 2024 en Belgique, un accord de gouvernement a enfin été conclu, ce vendredi 31 janvier, autour du chef des conservateurs flamands, Bart De Wever, à qui devrait rapidement revenir le poste de Premier ministre. Il a été acté après une longue séance de discussions – près de soixante heures – quasi ininterrompues entre cinq présidents de parti, à l’Ecole royale militaire à Bruxelles.

    Bart De Wever, pilote de cette négociation ardue depuis l’été dernier, avait lui-même fixé l’échéance du 31 janvier pour aboutir à un accord, prévenant qu’il risquait de renoncer définitivement à sa mission en cas d’échec. In extremis, il a été reçu peu après 22 heures par le roi Philippe, à qui il a fait part de l’accord intervenu entre les cinq partenaires, selon le Palais royal.

    Celui qui est maire d’Anvers depuis 2013 pourrait prêter serment comme Premier ministre devant le souverain dès lundi, selon les médias belges, devenant le premier indépendantiste flamand à diriger un gouvernement en Belgique. Son parti, l’Alliance néoflamande (N-VA), a été une seule fois associé au gouvernement, entre 2014 et 2018. Cette fois, la N-VA va partager le pouvoir avec les partis francophones MR et Engagés (libéral et centriste), ainsi qu’avec les chrétiens-démocrates flamands (CD & V) et les socialistes flamands de Vooruit, seul partenaire de gauche. Ensemble, ces cinq formations représentent 81 des 150 députés de la Chambre élue en juin dernier.

    C’est « le jour de vérité », titrait vendredi le quotidien francophone Le Soir, tandis que De Standaard, côté flamand, relevait en Une que le président de Vooruit, Conner Rousseau, était confronté à un moment critique et aux « décisions les plus difficiles » de sa carrière. Les socialistes flamands occupaient la position la plus inconfortable dans cette négociation, confrontés à un programme de réformes socio-économiques très critiquées par les syndicats et la gauche francophone rejetée dans l’opposition.

    Le syndicat chrétien ACV-CSC a comparé les réformes envisagées par Bart De Wever et ses partenaires de centre droit à un « catalogue des horreurs », contenant, entre autres, « durcissement de l’accès à la pension, de la politique migratoire, dégradation des conditions de travail ».

    « Récompenser le travail »

    Dès l’annonce de l’accord de coalition, les écologistes ont dénoncé « un gouvernement Titanic ignorant les enjeux climatiques ». « Les négociateurs ont-ils écouté les changements de cap exigés massivement par les citoyens ces derniers jours ? », a réagi de son côté sur X le président du PS (francophone), Paul Magnette. Une référence à la forte mobilisation des syndicats, dans la rue depuis la mi-janvier, notamment contre la réforme envisagée des régimes spéciaux de retraite.

    Une des réformes phares de la future coalition sera la limitation à deux ans des allocations chômage. La N-VA et son principal partenaire francophone, le Mouvement réformateur (MR, libéral), n’ont cessé de répéter vouloir « récompenser le travail » pour financer l’économie. En revanche, Bart De Wever a réussi à amadouer les socialistes flamands en renonçant à réformer le système d’indexation des salaires sur l’inflation, selon les éléments de l’accord ayant fuité vendredi soir.

    De son côté le président du MR Georges-Louis Bouchez, qui s’était dit fermement opposé à toute augmentation de la pression fiscale, a dû lâcher du lest en acceptant l’instauration d’une taxe de 10 % sur les plus-values boursières.

    L’accord de gouvernement doit encore être validé par les cinq partis, qui réuniront leurs états-majors ce week-end. Comme Premier ministre, Bart De Wever, 54 ans, va remplacer Alexander De Croo arrivé à ce poste en octobre 2020. Ce libéral flamand, dont le parti a été l’un des perdants des élections de juin, est depuis près de huit mois à la tête d’un gouvernement démissionnaire. Une période dite d’ »affaires courantes » qui n’a pas atteint le record de 2010-2011, quand la Belgique avait vécu 541 jours dans cette situation.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/belgique-un-accord-de-gouvernement-enfin-trouve-apres-sept-mois-de-negociations-AHZDRXPR5BAOJAPEEHO2EEQWFE/

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    Publish date : 2025-02-01 10:34:00

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  • Au FBI, la purge de Donald Trump contre les agents ayant enquêté sur lui

    Donald Trump est-il en train de mettre ses menaces à exécution ? Durant la campagne présidentielle américaine, le milliardaire n’a cessé de se positionner en victime d’un complot face aux multiples affaires judiciaires dont il fait et a fait l’objet. En septembre dernier, il avait ainsi promis de poursuivre devant les tribunaux les fonctionnaires qui avaient investigué sur sa responsabilité dans les différents dossiers le concernant, notamment au sujet de son rôle dans l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021. « Ces gens qui ont triché seront poursuivis avec toute la rigueur de la justice, ce qui inclura de longues peines de prison », avait-il asséné à propos des enquêteurs, tout en dénonçant une prétendue « militarisation du gouvernement fédéral ».

    Fidèle à son propre récit, Donald Trump a donc gracié, dès son premier jour de mandat, plus de 1 500 émeutiers qui avaient participé à cet assaut historique. Près de deux semaines après son intronisation, le voilà désormais prêt à nettoyer de fond en comble le FBI, la police fédérale américaine, pour se débarrasser des agents qui ont enquêté sur lui. Plusieurs dizaines de hauts responsables de l’agence ont appris ces derniers jours qu’ils allaient faire l’objet d’une évaluation préalable à un potentiel licenciement. D’après les informations de CNN, six d’entre eux ont été sommés de « prendre leur retraite, de démissionner ou d’être virés d’ici au lundi 3 février ».

    Une douzaine de procureurs renvoyés

    Les médias américains citent différents ordres de grandeur quant à l’ampleur de cette purge. Selon NBC News, 20 chefs de bureau de l’agence, y compris ceux de Miami et de Washington, pourraient être remerciés après cette série d’entretiens. La raison ? Avoir contribué, de près ou de loin, aux enquêtes sur les accusations pesant sur Donald Trump avant son élection. Le directeur par intérim du FBI, Brian Driscoll, a par ailleurs été missionné par le ministère de la Justice pour établir une « liste » des personnes ayant « à tout moment » participé à ces investigations. Un inventaire qui comprendra Brian Driscoll lui-même, ainsi que son adjoint, et qui pourrait concerner « potentiellement des centaines » d’agents, souligne le Washington Post.

    Une douzaine de procureurs, qui ont instruit ou travaillé sur l’assaut du 6 janvier 2021, ont déjà été limogés pour les mêmes raisons. « Étant donné votre rôle important dans les poursuites contre le président, je ne crois pas que les dirigeants du département puissent vous faire confiance pour aider à mettre en œuvre fidèlement le programme du président », a justifié, dans un courriel adressé aux indésirables, le procureur général par intérim, James McHenry, nommé par Donald Trump. Le procureur spécial Jack Smith, qui avait instruit deux procédures contre le républicain pour ses tentatives illégales d’inverser les résultats de l’élection de 2020 et au sujet de la rétention de documents classifiés après avoir quitté le pouvoir, a pour sa part démissionné en janvier.

    L’initiative du ministère de la Justice inquiète les fonctionnaires du FBI, qui s’en sont plaints dans un communiqué. « Le licenciement de centaines d’agents affaiblirait gravement la capacité du Bureau à protéger le pays contre les menaces criminelles et de sécurité nationale, et risquerait en fin de compte d’entraîner le Bureau et sa nouvelle direction dans l’échec », a ainsi déploré l’Association des agents du FBI. Cette annonce intervient au moment où un nouveau directeur va prendre place à la tête de la police fédérale, Kash Patel. Ce proche de Donald Trump, aux propos parfois complotistes, avait été chef de cabinet du Pentagone durant le premier mandat de l’homme d’affaires.

    Les démocrates s’indignent

    La perspective d’une purge au sein du FBI et de la justice a provoqué l’ire de nombreux responsables démocrates. « En s’efforçant de licencier des centaines d’agents des forces de l’ordre dévoués et en sapant les fonctionnaires patriotes et respectueux des principes du FBI, les extrémistes d’extrême droite prouvent une fois de plus qu’ils sont le parti de l’anarchie et du désordre », a taclé dans un communiqué l’élu de New York et chef de file démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.

    Le sénateur démocrate de Californie, Adam Schiff, a lui aussi déploré la situation. « Le président élimine ceux qui sont fidèles à la Constitution et installe ceux qui lui sont fidèles », a-t-il résumé sur le réseau social X.

    Le prédécesseur de Donald Trump à la Maison-Blanche, Joe Biden, avait dès décembre décidé d’accorder des grâces préventives à plusieurs personnalités cibles du président républicain (Dr. Anthony Fauci, Liz Cheney…), mais aussi aux personnes ayant investigué sur le 6 janvier 2021. L’ensemble des participants à la commission d’enquête sur cette affaire, tout comme les policiers venus y témoigner, ont ainsi obtenu cette protection dans les derniers jours de la présidence démocrate, juste avant l’investiture du milliardaire.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-fbi-la-purge-de-donald-trump-contre-les-agents-ayant-enquete-sur-lui-SS4ASPEXNFGW3OGDYLSEBBRMXQ/

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    Publish date : 2025-02-01 16:24:00

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  • Droits de douane imposés par Donald Trump : ces secteurs qui risquent de perdre gros

    Cette fois, les intentions de Donald Trump sont bien claires. Comme répété à longueur de prises de parole ces derniers mois, le président des Etats-Unis veut entrer dans un véritable bras de fer commercial avec plusieurs de ses partenaires économiques, à commencer par ses voisins mexicain et canadien. Il doit signer, ce samedi 1er février, un décret imposant des droits de douane à 25 % sur les produits exportés dans son pays par Ottawa et Mexico, en plus des taxes déjà existantes. La mesure pourrait s’appliquer dès le 18 février et chambouler l’équilibre économique du continent américain.

    Vendredi, Donald Trump s’est montré sûr de lui : « rien » n’empêchera la mise en application de ces nouveaux tarifs douaniers. « Nous avons un déficit important [avec le Canada, le Mexique et la Chine], et ils envoient une quantité massive de fentanyl [de notre côté de la frontière] », a-t-il justifié, en référence au présumé rôle des trois pays dans la crise des opioïdes aux États-Unis. Les modalités de ces taxations inédites restent toutefois à préciser. L’ensemble des produits des deux pays visés seront-ils concernés ? Le président américain a par exemple laissé entendre qu’il allait « sans doute » limiter à 10 % les droits de douane sur le pétrole canadien. La raison ? Cette ressource est largement importée par le secteur industriel américain.

    Ce cas est emblématique de la subtilité des conséquences de la politique commerciale voulue par Donald Trump, qui aura des effets sur la totalité des économies des trois pays nord-américains. Certes, le rapport de force économique est à l’avantage de Washington. En 2022, le Canada exportait près des trois quarts de ses produits vers les États-Unis, selon l’Observatoire de la complexité économique (OEC). Des chiffres proches de ceux du Mexique, qui exportait sur le même exercice plus de 76 % de ses produits vers son voisin américain. Les répercussions de droits de douane accrus risquent de créer des difficultés dans de nombreux secteurs dans ces deux pays.

    Perte de croissance et emplois menacés

    Au Canada, les exportations liées aux domaines de l’énergie et aux ressources naturelles seront particulièrement touchées. Uranium, pétrole, plastique, acier, aluminium… Beaucoup de matières, parfois essentielles à l’activité des entreprises américaines elles-mêmes, pourraient être concernées par ces nouveaux droits de douane. L’industrie automobile, dont la chaîne d’assemblage est souvent partagée entre des sites aux États-Unis et au Canada, pourrait également connaître une crise spectaculaire. 500 000 emplois dans cette branche seraient mis en danger, selon les chiffres de la province canadienne de l’Ontario. Le nombre de travailleurs menacés de perdre leur poste dans le pays serait deux fois plus élevé.

    Le Premier ministre canadien démissionnaire, Justin Trudeau, avait bien tenté de trouver un compromis avec Donald Trump avant sa prise de fonction à la Maison-Blanche. Il s’était d’ailleurs rendu en personne début décembre dans la résidence personnelle du milliardaire à Mar-a-Lago, en Floride, pour négocier un « deal » avec ce dernier. Quelques heures après cette rencontre, qualifiée de « bonne conversation » par le dirigeant canadien, Donald Trump confirmait l’intransigeance de sa position sur les droits de douane. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il qualifiait même Justin Trudeau de « gouverneur de l’État du Canada », en référence à son désir de voir le pays devenir américain.

    Depuis, le chef du gouvernement canadien s’est dit « prêt à une réponse immédiate » en cas d’adoption de ces nouveaux droits de douane, sans dévoiler pour autant la stratégie de rétorsion envisagée. Ottawa serait tenté de frapper fort, tant cette guerre commerciale pourrait être dévastatrice pour sa croissance. Selon la Chambre de commerce du Canada, le produit intérieur brut du pays pourrait reculer de 2,6 % avec l’application de ces tarifs douaniers XXL. D’après Radio-Canada, Justin Trudeau envisagerait même, en dernier recours, d’imposer un embargo sur le pétrole et le gaz naturel américains.

    Vers une « désindustrialisation » au Mexique ?

    Côté mexicain, la présidente Claudia Sheinbaum veut elle aussi croire encore possible de parvenir à obtenir des concessions américaines. « Des accords sont trouvés tous les jours », assure la dirigeante, tout en rappelant que son équipe a prévu « un plan A, un plan B et un plan C » en fonction de l’application effective des droits de douane. Le Mexique, territoire crucial dans la chaîne d’approvisionnement de nombreuses entreprises américaines, pourrait connaître « un processus de désindustrialisation » avec ces nouvelles barrières tarifaires, estime l’économiste Marcus Norland, interrogé par le New York Times.

    Beaucoup d’usines mexicaines travaillent directement avec des clients américains, notamment pour la confection de produits manufacturés. Les secteurs de l’automobile, de l’énergie ou des nouvelles technologies seraient parmi les plus touchés par ces mesures. Selon une analyse de Standard & Poor’s, la perte de production des entreprises liées à la fabrication d’équipements électriques est estimée entre 9 et 15 %. Les impacts sur la pêche et sur l’agriculture seraient également difficiles à encaisser pour Mexico.

    La dépendance vis-à-vis des exportations du pays aux États-Unis dans ce dernier domaine expose en effet les producteurs mexicains à de lourdes pertes. Aujourd’hui, 63 % des importations de légumes présentes dans les rayons des supermarchés américains proviennent du Mexique, contre 47 % des fruits et des noix. Un seul secteur pourrait bénéficier de tels droits de douane au Mexique : celui du tourisme. Comme le rappelle le New York Times, la baisse de la valeur du peso inhérente à la nouvelle politique tarifaire américaine et à ses effets pourrait renforcer l’attractivité d’un séjour à bas prix sur le littoral mexicain.

    Inflation pour les consommateurs américains

    La bombe douanière de Donald Trump pourrait aussi créer d’autres effets négatifs… sur sa propre économie. Dans sa volonté globale de faire passer « l’Amérique en premier », le président américain entend promouvoir les produits « made in America » en les protégeant d’une concurrence bon marché venue de ses voisins, ou de puissances rivales – il compte aussi imposer ce samedi de nouvelles taxes douanières à hauteur de 10 % pour les produits chinois. À la clef, selon lui ? La création de milliers d’emplois aux États-Unis et un « enrichissement » des Américains, délestés d’une partie des impôts grâce à ces nouvelles recettes fiscales.

    Mais dans le même temps, dans un pays où la vie est déjà chère, l’inflation pourrait augmenter sous l’effet des barrières douanières. Selon les estimations du chef économiste du cabinet EY Gregory Daco, cité par l’AFP, une hausse de 0,7 point de pourcentage de l’inflation devrait avoir lieu sur le premier trimestre de l’année 2025. Le PIB américain pourrait aussi reculer d’1,5 % sur l’ensemble de l’année, puis de 2,1 % en 2026, « du fait d’un ralentissement de la consommation et des investissements ». Sans compter l’accroissement des prix de l’énergie pour un certain nombre de foyers américains. Pour les habitants recevant de l’électricité produite au Canada, la facture pourrait grimper de 25 %.

    Peu importe pour Donald Trump : fidèle à sa doctrine protectionniste, le républicain ne compte pas s’arrêter là. Non seulement il envisage d’ »augmenter substantiellement » les tarifs douaniers contre le Canada, le Mexique ou la Chine – « Ou pas. On verra bien », a-t-il dit vendredi – mais il menace aussi d’imposer de nouvelles taxes vis-à-vis de l’Union européenne. « L’UE nous a traités de si terrible manière », a-t-il lancé, se disant « absolument » prêt à lui imposer de nouveaux tarifs douaniers.

    Face aux journalistes, Donald Trump a plus spécifiquement décrié le coût de la TVA lors de l’exportation de produits américains en Europe. Cela « nous coûte une absolue fortune », a pointé du doigt l’homme d’affaires. « Nous avons un déficit commercial avec l’UE de 350 milliards de dollars. La Chine est agressive, mais il n’y a pas que la Chine. D’autres pays sont aussi de grands agresseurs. » Là encore, aucun détail n’a été précisé sur les conditions de la mise en place de ce pan de la « muraille douanière » espérée de ses vœux. Les propos fracassants du chef d’État américain ont en tout cas inquiété les marchés. Vendredi, malgré un bon début de journée, le Dow Jones, le S & P et le Nasdaq ont tous trois terminé dans le rouge à New York après les déclarations de la Maison-Blanche.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droits-de-douane-imposes-par-donald-trump-ces-secteurs-qui-risquent-de-perdre-gros-EFICWWAGNNDKZDRNJNDEAOZMOY/

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    Publish date : 2025-02-01 15:00:00

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  • Latin, gascon, verlan… « Paris a été tout au long de son histoire la capitale du multilinguisme »

    C’est une question à laquelle il paraît très simple de répondre. Quelle langue parle-t-on à Paris ? Eh bien, le français, pardi ! Or, cette affirmation est, si ce n’est fausse, pour le moins incomplète car, dans la capitale, on emploie chaque jour plus d’une centaine de langues.

    Si le phénomène atteint aujourd’hui des sommets, il n’a rien de nouveau. Paris est une ville multilingue au moins depuis l’arrivée des Romains, voilà deux mille ans. Latin, picard, normand, champenois, gascon, franco-provençal, breton, italien, espagnol, anglais, wolof, bambara, mandarin, arabe, turc, mais aussi argot, verlan et wesh-wesh : c’est l’incroyable histoire de cette « Paris-Babel » que retrace avec une érudition réjouissante le dernier ouvrage (Paris-Babel, histoire linguistique d’une ville-monde, Actes Sud) du linguiste Gilles Siouffi, professeur à la Sorbonne.

    L’Express : Combien de langues parle-t-on à Paris aujourd’hui ?

    Gilles Siouffi : Il est impossible de donner un chiffre précis car nous ne disposons pas d’enquête sur ce sujet. Mais, sur la foi d’études similaires menées à New York, on peut raisonnablement avancer qu’il se situe dans une fourchette comprise entre 100 et 150 langues.

    Quelles sont les langues les plus pratiquées en dehors du français ?

    L’arabe, le berbère et le mandarin y sont très présents. En revanche, l’italien, l’espagnol et le portugais, très pratiqués dans la première moitié du XXe siècle, sont aujourd’hui moins entendus, comme le sont l’ensemble des langues européennes, à l’exception évidemment de l’anglais, qu’emploient aussi bien les touristes que le monde de l’économie.

    Depuis quand entend-on des langues étrangères à Paris ?

    Depuis toujours ! Ou, en tout cas, depuis la conquête par les Romains de cette ville qui parlait gaulois. Plus tard, les Francs sont arrivés et y ont apporté une langue germanique, le francique. Ils n’étaient pas assez nombreux pour le substituer au latin tardif qui était alors pratiqué à Lutèce, mais suffisamment pour le modifier profondément. Ce sont eux, par exemple, qui ont apporté des titres comme « baron » ou « sénéchal » ; des noms d’arbres comme « saule » ou « hêtre » ; des noms d’animaux comme « mésange » ou « héron ». Ils ont aussi introduit des mots commençant par g (« guerre », « garder », « guérir »…) ou par h (« housse », « halle », « hache »). Ils nous ont enfin offert de nombreux prénoms se terminant par -ard (« fort ») comme Bernard, Richard ou Gérard… C’est pourquoi le français est considéré comme la plus germanique des langues latines.

    Au Moyen Age, on jugeait inutile d’enseigner le français, considéré comme un dialecte non codifié

    A partir du Moyen Age, d’autres langues étrangères vont se faire entendre à Paris en raison notamment de la venue massive de jeunes Européens venus étudier dans cette ville qui abritait l’une des plus importantes universités du continent. Par la suite, le XVIe et le XVIIe siècles seront marqués par l’arrivée de l’italien et du gascon. Le mouvement prendra toutefois une ampleur plus considérable encore à partir du XIXe siècle, lorsque la France s’ouvrira à une immigration plus significative.

    A vous lire, on constate que le latin, langue prétendument morte, a longtemps fait de la résistance…

    Le latin est en effet longtemps resté la seule langue jugée « noble », non seulement dans l’Eglise, mais aussi dans l’enseignement. Or, 10 000 étudiants environ vivaient à Paris au Moyen Age, ce qui est énorme pour une ville composée à cette époque de quelque 100 000 habitants ! On jugeait alors inutile d’enseigner le français, considéré comme un dialecte non codifié. Ces étudiants parlaient donc couramment le latin ou, plus exactement, deux latins : le latin scolastique de l’université et un autre, plus oral, plus bricolé.

    Paris est donc une ville profondément multilingue ?

    Incontestablement. Depuis la fin du XVIIIe, le pourcentage de personnes étrangères y est supérieur à celui que l’on trouve à Londres, à Berlin, à Vienne, à Saint-Pétersbourg et dans les autres capitales européennes, et cette caractéristique se vérifiera jusqu’au XXe siècle. Cela tient à sa taille, à sa centralité, à son caractère universitaire et, évidemment, à l’afflux d’immigrés qui sont venus y vivre, même s’il faut sur ce plan distinguer deux périodes. Dans les deux premiers tiers du XIXe siècle, il s’est agi pour l’essentiel d’une immigration culturelle, notamment d’artistes adoptant rapidement le français.

    A partir de la fin du XIXe siècle, l’immigration a touché d’autres populations, Paris attirant de nombreux ouvriers dans ses usines qui, à l’époque, se situaient intra-muros. Eux sont demeurés plus longtemps fidèles à leurs langues d’origine. Il reste que Paris, du gaulois de l’Antiquité au bambara ou aux langues d’Asie d’aujourd’hui, a été tout au long de son histoire la capitale du multilinguisme.

    Parmi les langues étrangères, vous avez fait allusion tout à l’heure au gascon. Le gascon n’est-il pas une langue de France ?

    La présence du gascon a été marquante au tournant du XVIe et du XVIIe siècle. Cela s’explique évidemment par l’accession d’Henri IV au trône de France et à l’arrivée concomitante de nombreux gentilshommes béarnais (souvenez-vous des Trois Mousquetaires). Or, à cette époque, le gascon n’est pas considéré comme un parler régional de France, mais comme une langue étrangère, au sens d’une langue vraiment autre. Et comme, de manière naturelle, les gentilshommes gascons ont transposé en français des tournures de leur langue maternelle, ils ont fini par influencer le français de Paris. Cela n’a pas plu à tout le monde. Le poète Malherbe se fixera même comme objectif de « dégasconner la Cour » et, plus tard, des grammairiens publieront des manuels de « gasconismes corrigés ».

    Bien d’autres langues régionales ont été parlées à Paris…

    Bien sûr. Dans un premier temps, il s’est surtout agi des langues d’oïl pratiquées dans des régions voisines comme la Champagne ou la Picardie. Plus tard, avec l’invention du chemin de fer, les Provinciaux viendront de plus en plus loin.

    Les langues pratiquées par ces « immigrés de l’intérieur » ont-elles influencé l’image que l’on avait d’eux ?

    Tout à fait, au point qu’une forme de hiérarchisation a été établie. Les Savoyards étaient perçus comme une sorte d’aristocratie de l’immigration. Peut-être parce qu’ils parlaient francoprovençal, et que cette langue est relativement proche du français.

    A l’autre extrémité, les Bretons ont été très mal vus, peut-être parce que leur langue celtique était profondément différente. Les hommes ont été accusés d’être des voleurs, les femmes, des prostituées, ce qui a eu en retour un effet sur la représentation de leur langue, jugée négativement. Pensez au célèbre personnage de Bécassine, à qui l’on prêtait un français volontairement fautif : « J’ons du travail à faire ». Il en est allé de même avec Mlle Victoire, une bonne alsacienne qui apparaît dans les aventures du sapeur Camember. C’est tout le paradoxe : Paris est une ville profondément multilingue et, en même temps, la ville où a été élaborée la norme du « bon français ».

    Comment ce « bon français » a-t-il fini par s’imposer face à toutes les langues avec lesquelles il a été en concurrence ?

    Longtemps, le mot « français » est resté ambigu. Il désignait soit le parler de Paris, soit la langue du roi, soit l’ensemble des parlers de la langue d’oïl, avec ses différentes variétés (picard, normand, champenois, etc), un peu à l’image du grec ancien, qui était composé lui-même de quatre grands dialectes. Au Moyen Age, aucun de ces dialectes ne faisait l’objet d’un quelconque mépris. Bien au contraire : le picard, en particulier, a gardé longtemps un grand prestige en tant que langue littéraire et langue administrative. C’est bien plus tard que le regard sur les « patois » changera.

    On ne parlait pas le même français à Paris, à Saint-Ouen ou à Sarcelles !

    Le français a eu d’autant plus de mal à s’imposer qu’au XIIIe siècle, Paris était en retard par rapport à la Picardie, la Champagne ou la Normandie. Et cela pour au moins deux raisons. D’une part, l’activité littéraire était très riche dans ces dernières régions alors qu’elle était quasiment inexistante à Paris. Comme son nom l’indique, Chrétien de Troyes, l’auteur de romans arthuriens comme Lancelot ou Perceval, vivait à la Cour de Champagne et écrivait donc avec les traits dialectaux de cette région. D’autre part, la chancellerie, c’est-à-dire l’administration du roi, est longtemps restée attachée au latin, la seule langue qu’elle jugeait digne de servir la monarchie. A ses yeux, le français n’était qu’un parler « vulgaire ». C’est pourquoi la toute première charte en notre possession – c’est-à-dire un texte destiné à consigner des droits – écrite en « français » l’a été en picard, en 1194. Elle est connue sous le nom de loi de Chièvres.

    Dès lors que Paris était en retard, pourquoi le picard n’a-t-il pas été choisi comme norme pour le « bon français » ?

    En raison de la présence à Paris de grandes institutions, comme la chancellerie – qui va finir par passer au français – mais aussi le Parlement et bien sûr la Cour du roi.

    Vous soulignez aussi que le français de Paris n’a rien de « pur »…

    Aucunement. Comme je l’ai dit, Paris, par sa taille et sa fonction, est très vite devenue une ville d’immigration, attirant des personnes venues des régions alentour, avec leurs particularismes langagiers. Ce brassage y a donné naissance à une langue mixte, mêlant des traits de différents dialectes de la langue d’oïl. C’est ainsi que le français pratiqué dans Paris intra-muros s’est peu à peu différencié du français parlé dans le reste de l’Ile-de-France. On ne parlait pas le même français à Paris, à Saint-Ouen ou à Sarcelles !

    Le français de Paris variait-il aussi selon les classes sociales ?

    Bien sûr. Au XVIIe siècle, les paysans de Chaillot ne parlaient pas comme les artisans du faubourg Saint-Antoine ni comme les nobles du Marais. On distinguait même au moins trois parlers au sein de la haute société : celui de la Cour, celui du Palais (les hautes institutions judiciaires) et celui de la Ville, c’est-à-dire la noblesse et la haute bourgeoisie. Tous, d’ailleurs, ont espéré être choisis comme norme du « bon français »

    Lequel l’a emporté ?

    Au XVIIe siècle, la Cour, qui exerçait une grande influence, a ridiculisé les usages du Palais. Mais, à partir de son installation à Versailles, en 1682, elle s’est trouvée peu à peu marginalisée. Aussi, la Ville en a-t-elle profité pour s’autonomiser et imposer ses usages, notamment grâce à la multiplication des salons. C’est cette dernière qui, au XVIIIe siècle, a fini par gagner la partie.

    Avant que la bourgeoisie n’impose sa propre norme après la Révolution…

    C’est toujours la classe sociale au pouvoir qui présente sa manière de parler comme étant la seule « légitime », mais il faut du temps pour cela. Or, si la bourgeoisie s’impose après 1789, la Révolution a très vite cédé la place à l’Empire et à la Restauration. La noblesse d’Empire était socialement assez hétérogène, et n’était pas un modèle de « bon français ». Napoléon lui-même parlait avec un fort accent corse. Si bien que les normes de prononciation de la bourgeoisie parisienne ne s’imposeront vraiment que dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

    S’il existait plusieurs français dans la haute société, peut-on dire qu’il a existé un seul parisien populaire ?

    Non plus. En fait, le parler populaire de Paris a longtemps fait l’objet d’une reconstruction et d’une idéalisation par le filtre des romans, des pièces de théâtre ou des chansons.

    La réalité est bien différente, comme on a pu s’en rendre compte à partir du moment où l’on a su capter les voix, comme l’a fait le linguiste Ferdinand Brunot avant la Première Guerre mondiale. Il a pu constater que l’on ne parlait pas de la même manière à Montparnasse et à Montmartre, ce dont les Parisiens de l’époque avaient d’ailleurs conscience.

    Quel que soit leur nombre, ces parlers populaires semblent aujourd’hui en voie de disparition dans la capitale…

    Vous avez raison. Depuis plusieurs décennies, le français des Parisiens qui vivent intra-muros tend à se rapprocher du français standard. Il y a à cela plusieurs raisons, en particulier la disparition de la classe ouvrière, chassée de la commune par la disparition des usines, puis par la montée des prix de l’immobilier. Cet embourgeoisement conduit à une homogénéisation du français parlé à Paris.

    Est-ce aussi le cas de la banlieue parisienne ?

    Non. C’est plutôt en banlieue que l’on observe aujourd’hui les plus grandes dynamiques langagières. Depuis plusieurs décennies, la banlieue s’est séparée de Paris, aussi bien économiquement que culturellement. Et ses habitants, qui éprouvent souvent un sentiment de relégation, voire de stigmatisation, utilisent la langue pour s’affirmer. On observe un grand mélange, avec des mots empruntés à l’arabe maghrébin et au berbère (wesh, inch’allah, seum), à l’anglais (street, fight), au romani (natchave pour « partir »), et à beaucoup d’autres langues…. Ce qui est frappant, c’est que ces mots ne sont pas réservés à une communauté, mais à la disposition de tous ceux qui le souhaitent, y compris des jeunes d’origine serbe, par exemple. Il se crée ainsi un « parler banlieue », valorisé comme une marque de distinction et une manière d’afficher son identité.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/latin-gascon-verlan-paris-a-ete-tout-au-long-de-son-histoire-la-capitale-du-multilinguisme-EZ44WHTPDVCWFGA2RWTAAJO5VY/

    Author : Michel Feltin-Palas

    Publish date : 2025-02-01 14:00:00

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  • L’ancien président allemand Horst Koehler est mort à l’âge de 81 ans

    L’ancien président de l’Allemagne et ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Horst Koehler, est mort ce samedi 1er février à l’âge de 81 ans, ont annoncé les autorités. Horst Koehler « est décédé tôt ce matin à Berlin », « après une courte et grave maladie », « entouré de sa famille », a indiqué la présidence allemande.

    Ce chrétien-démocrate a été président de l’Allemagne de 2004 à 2010, une fonction essentiellement honorifique dans ce pays, après avoir été directeur général du FMI de 2000 à 2004 et président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) de 1998 à 2000. L’ONU avait annoncé en 2019 sa démission « pour raison de santé » de ses fonctions d’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, qu’il occupait depuis 2017.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/lancien-president-allemand-horst-koehler-est-mort-a-lage-de-81-ans-YT535BJV3ZBDND2IUIO24636SU/

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    Publish date : 2025-02-01 10:44:00

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  • Remarques déplacées, vision managériale… Le bilan contrasté des « préfets Macron »

    Est-ce une erreur de casting ou un problème de recrutement plus large ? Nommée préfète déléguée à l’égalité des chances à la préfecture de Gironde il y a un peu plus d’un an, Lydia Guirous, ancienne porte-parole du parti Les Républicains, est l’objet de six signalements pour risques psychosociaux. Le compte rendu du rapport d’un médecin du travail livre un bilan signalant un « management toxique » et un « risque suicidaire avéré » parmi des agents, a appris l’AFP le 25 janvier, confirmant une information de Sud Ouest. L’éventuelle remise en cause de son statut de préfète sera soumise à une décision en conseil des ministres qui devrait intervenir « vers la mi-février », explique-t-on à Beauvau, alors qu’une procédure en vue de son licenciement a été engagée par le ministère de l’Intérieur.

    Des extraits des procès-verbaux du comité social d’administration (CSA) de la préfecture de Gironde, que L’Express a pu consulter, reflètent l’arrivée compliquée de la nouvelle préfète. La question des « moyens » (recrutement d’un chef de cabinet, d’une secrétaire, d’un personnel de résidence et d’un chauffeur) dévolus à cette fonction – dont l’installation est vue comme une surprise par les personnels – est posée. Dès le mois de novembre 2023, Laurent Castagna, délégué Force Ouvrière, met en garde la préfète déléguée « qui arrive dans une maison, un monde qu’elle ne connaît pas ». Selon le syndicaliste, il remonte depuis son arrivée « des comportements que nous n’avions plus eu l’habitude de connaître au sein des préfectures, depuis l’Ancien régime ».

    La collaboration entre Lydia Guirous et ses agents ne s’améliorera pas. Un peu plus d’un an plus tard, dans un CSA du 9 janvier 2025, le médecin du travail « fait état d’un véritable harcèlement et de management toxique de la cheffe de service ». L’intéressée conteste ce diagnostic : dans un communiqué, Lydia Guirous assure avoir « toujours porté la plus grande attention à (ses) équipes » et réclame une « procédure contradictoire » pour « rétablir la vérité ». Une procédure de médiation avec le ministère est en cours, selon ses avocats. « Dès son arrivée, elle s’est plaint qu’elle n’avait pas les moyens nécessaires, que son bureau n’était pas bon, que la température de la pièce était trop haute… », raconte un député de la région, qui enchaîne : « J’étais embarrassé, une préfète ne devrait pas dire ça à un élu, c’est déplacé ».

    Multiplicité de profils

    Peu après son arrivée à la préfecture, en 2023, Le Canard Enchaîné avait révélé qu’elle avait « mobilisé » le rectorat de Bordeaux afin d’inscrire ses enfants dans des écoles en Gironde, et pour leur trouver des activités extra-scolaires. Lydia Guirous, qui n’avait jamais exercé de fonction dans l’administration préfectorale, a bénéficié d’une réforme de la haute fonction publique visant à diversifier les profils. Plusieurs autres personnalités avaient ainsi fait leur entrée en préfecture, l’entrepreneur Thibault Lanxade, nommé préfet de l’Indre, ou une ancienne dirigeante de la CGT, Marilyne Poulain, nommée préfète déléguée à l’égalité des chances dans le Bas-Rhin.

    Ces préfets ont hérité de leur fonction à l’occasion d’un big bang : un mouvement d’une « ampleur inédite », pour reprendre les mots du ministère de l’Intérieur de l’époque. Annoncé le 14 juillet, le cru 2023 a entraîné 36 changements de postes. Parmi ces derniers, 15 préfets ont été nommés pour la première fois. Depuis 2021, les longs parcours requérant de gravir les échelons avant d’enfin devenir préfet n’existent plus. La plupart des hauts fonctionnaires sont réunis dans un seul corps, celui des « administrateurs d’Etats », et peuvent passer d’une fonction à l’autre. En théorie, un inspecteur des finances peut devenir préfet, puis directeur d’administration centrale, puis ambassadeur – et vice-versa. Le ministère de l’Intérieur a fait entrer dans la « préfectorale » une ancienne ambassadrice à Bruxelles, Claire Raulin, devenue préfète du Lot en 2023. L’ancien directeur du centre hospitalier régional universitaire de Strasbourg, Michaël Galy, a été nommé préfet de la Nièvre.

    Vision managériale

    A ces nouveaux préfets issus de l’administration s’ajoutent des profils jusqu’ici étrangers aux hauts fonctionnaires. Des nouveaux venus parfois « mal accueillis » car « pas bien perçus par des hauts fonctionnaires accrochés à leur casquette », selon l’entourage de Lydia Guirous, qui voit dans les signalements déposés une volonté de se débarrasser de l’ancienne éditorialiste de CNews. « Il est vrai que les deux premiers mois n’ont pas été simples. On nous attendait au tournant, convient Marilyne Poulain. Quand on arrive dans la préfectorale avec un type de parcours très différent, il y a des préjugés. Il faut un temps pour s’apprivoiser et maintenant, ça va mieux ».

    L’arrivée de ces transfuges du privé ne s’est ainsi pas toujours mal passée – bien qu’elle ait été parfois accompagnée d’un choc des cultures. « Il a fallu un petit temps d’adaptation, convient Marc Fleuret, président du conseil départemental de l’Indre. Mais le préfet Lanxade apporte un regard différent, de celui de l’administration ». Dans l’Indre, Lanxade a ainsi surpris en imposant dès son arrivée le globbish du monde de l’entreprise et les codes de ses 25 ans dans le privé. « Il a réduit considérablement le temps de réunion, salue Gil Avérous, maire de Châteauroux. Des discussions qui prenaient une heure trente sont désormais limitées à quarante minutes ». Adepte d’une « vision très managériale » de son administration, il partage un trait commun à beaucoup des nouveaux venus : celui de mettre un accent particulier à l’écoute du terrain, de ses acteurs et de ses élus.

    Profils politiques

    Dans le Bas-Rhin, Benjamin Soulet, adjoint à la maire de Strasbourg, loue également l’approche « de terrain » de Maryline Poulain, préfète déléguée « aux rapports moins marqués par la hiérarchie, plus horizontale ». « J’avais côtoyé des préfets dans le cadre de mes fonctions syndicales, reprend Marilyne Poulain, qui cite ses « mentors » dans le métier, dont Louis-Xavier Thirode, directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Intérieur, ou encore Patrice Faure, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. On est face à des codes, des acronymes, des dispositifs administratifs. Il y a toute une complexité à ingérer et à comprendre, qu’il faut aussi rendre lisibles pour le citoyen ».

    « Les préfets non-venus de la préfectorale ont peut-être une approche différente, liée à leur parcours et leur formation. En général, un préfet aborde les différentes situations locales avec un regard très juridique et administratif. Salima Saa, par exemple, avait une approche plus politique, qui tendait davantage à se mettre à l’écoute des remontées du terrain », explique Bernard Combes, maire (PS) de Tulles, en Corrèze. Venue du monde de l’entreprise, Salima Saa avait, comme Lydia Guirous, milité à l’UMP. Nommée avant la réforme de la haute fonction publique, en 2020, elle avait été l’une des premières « préfètes Macron » pendant deux ans en Corrèze, avant de devenir brièvement deux ans plus tard Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes du gouvernement Barnier.

    Jean-Marie Girier, collaborateur de longue date du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, puis directeur de campagne d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2017, est également devenu préfet du Territoire de Belfort cette année-là. Il a enchaîné les préfectures, passant de Belfort à la Vienne, puis, désormais, aux Pyrénées-Atlantiques. « Il a pu arriver que de nouveaux entrants dans le corps préfectoral en ressortent au bout de deux ou trois ans – la durée habituelle d’une fonction préfectorale. Généralement, cela signifie qu’ils ne sont pas satisfaits de ce qu’ils ont trouvé dans le public, remarque Gildas Tanguy, maître de conférences en science politique à l’IEP de Toulouse. A partir du moment où les préfets ont une autre affectation et commencent à entrer dans le circuit de nomination, cela montre qu’ils se sont engagés dans la logique de corps ». Après Lydia Guirous sur le départ, combien de « préfets Macron » connaîtront une nouvelle affectation l’année prochaine ?



    Source link : https://www.lexpress.fr/societe/remarques-deplacees-vision-manageriale-le-bilan-contraste-des-prefets-macron-PHCOYFJ3CVEY7KK6U5AUWSHBAI/

    Author : Alexandra Saviana

    Publish date : 2025-02-01 11:00:00

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  • Tech, marchés obligataires… Nos conseils pour placer votre argent en 2025

    A condition d’avoir un portefeuille diversifié à l’international, les investisseurs en actions ont enregistré deux années de performances robustes. Quels marchés offriront un relais de croissance dans les mois à venir ? En 2024, les titres américains ont tiré les Bourses vers le haut, mais cette progression a été accaparée par une poignée de valeurs technologiques, surnommées « les 7 Magnifiques » (Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla). Ces dernières ont tellement progressé qu’elles pèsent désormais pour plus du tiers du S & P 500, l’indice pourtant composé des 500 plus grandes capitalisations américaines.

    « Actuellement, l’enjeu consiste à trouver l’équilibre entre les forces en présence et les facteurs défavorables, analyse Olivier Dubs, gérant sénior chez JPMorgan Banque Privée. D’un côté, nous avons une croissance mondiale solide, notamment aux Etats-Unis, l’enclenchement d’un cycle de baisse des taux d’intérêt, et des entreprises globalement en bonne santé. En face, il faut composer avec des valorisations des marchés actions élevées aux Etats-Unis, des primes de risque très basses dans l’univers obligataire et des incertitudes géopolitiques. »

    Un rattrapage des secteurs hors tech

    De nombreux gérants attaquent l’année dans la continuité de la fin 2024, en favorisant les actions américaines. Elles bénéficient d’un environnement économique porteur : une politique de Donald Trump « pro-business », une consommation des ménages dynamique et des marges élevées. De plus, l’essor de l’intelligence artificielle s’inscrit dans une tendance de long terme porteuse, qui devrait monter en puissance dans de nombreuses industries et bénéficie essentiellement pour le moment aux acteurs américains.

    « Nous pensons qu’il va y avoir un rattrapage des autres secteurs par rapport à celui de la technologie en matière de croissance des bénéfices par actions, ce qui invite à une meilleure diversification sectorielle des portefeuilles, indique Olivier Dubs. Il faut s’assurer d’une bonne répartition entre secteurs cycliques et défensifs, et ne pas négliger le rendement, via des actifs réels et des obligations, afin de construire un portefeuille résilient. »

    Le retour en grâce de l’Europe

    Malgré les nombreux atouts du marché américain, des incertitudes demeurent, car la politique du nouveau président pourrait aussi avoir des effets négatifs à moyen terme, avec un rebond de l’inflation et une envolée des taux d’intérêt de long terme. De ce point de vue, les actions européennes offrent une alternative bienvenue. Elles présentent un atout de taille : une décote de l’ordre de 25 % par rapport à leurs homologues situées outre-Atlantique, alors même que les entreprises du Vieux Continent réalisent une grande partie de leur activité à l’international.

    « Cette décote est à un niveau historique et tous les secteurs sont concernés, constate Caroline Gauthier, coresponsable des actions chez Edmond de Rothschild Asset Management. Nous pensons que le point bas a été atteint ou qu’il est sur le point de l’être. La moindre surprise pourrait apporter une lueur d’espoir sur les marchés. » Une politique monétaire plus accommodante qu’anticipée, la fin du conflit en Ukraine ou la mise en place d’un plan de relance ambitieux en Allemagne sont susceptibles d’amener les investisseurs à de meilleurs sentiments sur la zone euro et d’entraîner un rebond des cours.

    Les obligations toujours dans la course

    Les marchés obligataires offrent eux aussi de bonnes perspectives, en particulier du côté de la dette émise par les entreprises. En euro, cette catégorie de placement a rapporté entre 4,7 % et 14,4 % l’an dernier, selon la qualité de l’émetteur et de l’instrument de dette. Les obligations, cotées, procurent une rémunération régulière – le portage – et leur valeur peut s’apprécier. Ce phénomène se produit lorsque les taux d’intérêt baissent ou que la prime de risque offerte par les entreprises, c’est-à-dire le supplément de rémunération par rapport au taux souverain, se réduit.

    « Vu le niveau actuel des primes de risque, le potentiel de baisse supplémentaire est limité, mais le portage reste attractif », estiment les équipes de Lazard Frères Gestion. Actuellement, les obligations de bonne qualité rapportent autour de 3,3 % et celles des entreprises high yield – de moindre qualité car plus endettées – s’approchent des 6 %.



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    Publish date : 2025-02-01 10:00:00

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  • Trêve à Gaza : trois otages libérés par le Hamas, dont le Franco-israélien Ofer Kalderon

    Trois otages, le Franco-Israélien Ofer Kalderon, l’Israélien Yarden Bibas et l’Israélo-Américain Keith Siegel, ont été libérés par le Hamas ce samedi 1er février, dans le cadre du quatrième échange depuis le début de la trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien. En contrepartie, Israël va libérer 183 détenus palestiniens.

    Quinze otages – dix Israéliens et cinq Thaïlandais – et 400 prisonniers palestiniens ont déjà retrouvé la liberté depuis l’entrée en vigueur, le 19 janvier, de cette trêve après plus de 15 mois d’une guerre dans la bande de Gaza.

    Les infos à retenir

    ⇒ Les otages Ofer Kalderon, Yarden Bibas et Keith Siegel ont été libérés par le Hamas

    ⇒ Libération du Franco-israélien Ofer Kalderon : Emmanuel Macron partage la « joie » de ses proches

    ⇒ Réouverture prochaine du point de passage entre Gaza et l’Egypte

    L’otage israélo-américain Keith Siegel a été remis au CICR

    L’Israélo-Américain Keith Siegel a été remis ce samedi matin à la Croix-Rouge à Gaza, lors de la troisième et dernière libération d’otages de la journée organisée par le Hamas dans le cadre de la trêve avec Israël, ont constaté des journalistes de l’AFP. Keith Siegel a été libéré au port de Gaza-ville, dans le nord de la bande de Gaza. Une heure avant, Yarden Bibas, dont l’épouse et les deux enfants ne sont pas revenus de Gaza, et le Franco-israélien Ofer Kalderon avaient été eux aussi libérés à Khan Younès, dans le sud du territoire.

    Libération d’Ofer Kalderon : Emmanuel Macron partage la « joie » de ses proches

    Le président de la République, Emmanuel Macron, a dit partager ce samedi sur X « le soulagement et la joie immenses » des proches du Franco-Israélien Ofer Kalderon, libéré « après 483 jours d’un enfer inimaginable » aux mains du Hamas palestinien. Il a fait part de ses pensées pour le dernier otage franco-israélien encore aux mains du mouvement islamiste, Ohad Yahalomi, et assuré que la France mettait « tout en œuvre pour parvenir à sa libération sans délai ». Ofer Kalderon a été libéré ce samedi par le Hamas et remis par le CICR à l’armée israélienne. Il faisait partie, comme Ohad Yahalomi, de la liste des 33 premiers otages libérables par le Hamas.

    Les otages Ofer Kalderon et Yarden Bibas libérés et en Israël

    Le Franco-Israélien Ofer Kalderon et l’Israélien Yarden Bibas, libérés ces amedi matin par le Hamas après 484 jours de captivité, ont été remis par le CICR à l’armée israélienne et sont rentrés en Israël, selon un communiqué militaire. Les deux hommes, qui étaient retenus dans la bande de Gaza, ont été « escortés par (des membres des forces spéciales) vers le territoire israélien », a précisé l’armée. Un troisième otage doit être libéré dans les prochaines heures.

    Un détenu palestinien libéré plaide pour la libération « urgente » de tous les prisonniers

    Zakaria al-Zoubeidi, figure de la lutte armée palestinienne, a déclaré à l’AFP au lendemain de sa sortie de prison espérer que son peuple soit « libéré de la Bastille israélienne », en référence à la célèbre prison parisienne prise par les révolutionnaires de 1789. « La situation des prisonniers est très difficile et nous espérons leur libération urgente », a-t-il déclaré en marge d’une réception près de Ramallah, en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

    Accueilli jeudi soir en héros à Ramallah, Zakaria al-Zoubeidi fait partie d’un groupe de 110 détenus palestiniens libérés jeudi par Israël, en échange de la libération de trois otages israéliens détenus à Gaza depuis le 7 octobre 2023, dans le cadre de la trêve entre Israël et le Hamas entrée en vigueur le 19 janvier. Cinq otages thaïlandais retenus à Gaza ont aussi été libérés jeudi.

    Réouverture prochaine du point de passage entre Gaza et l’Egypte

    Le point de passage entre Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, et l’Egypte doit ouvrir ce samedi après l’échange d’otages et de prisonniers entre Israël et le Hamas, ont indiqué vendredi à l’AFP une source du Hamas et une autre proche des négociations.

    Le terminal de Rafah était essentiel pour l’entrée de l’aide humanitaire sur le territoire palestinien, avant que l’armée israélienne n’en prenne le contrôle côté palestinien, en mai 2024, en pleine guerre à Gaza. Il est depuis fermé, ce qui a valu à Israël de vives condamnations de la communauté internationale et des organisations humanitaires.

    « Les médiateurs ont informé le Hamas de la décision d’Israël d’ouvrir le point de passage de Rafah » samedi, a indiqué le responsable du Hamas. La seconde source, proche des discussions, a précisé que cette décision permettrait l’évacuation des blessés, « en vertu de l’accord de cessez-le-feu » entré en vigueur le 19 janvier à Gaza. Aucune source contactée par l’AFP, ni les autorités israéliennes, n’ont évoqué la question du passage de l’aide humanitaire par ce terminal.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/treve-a-gaza-deux-otages-liberes-par-le-hamas-dont-le-franco-israelien-ofer-kalderon-XZVQTHX4RZH6PMFVJCIF7B4QNI/

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    Publish date : 2025-02-01 08:38:00

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