Les autorités n’espèrent plus trouver de survivants parmi les 64 passagers de l’avion de ligne et les 3 militaires de l’hélicoptère qui sont entrés en collision mercredi soir au-dessus de Washington, la pire catastrophe aérienne aux Etats-Unis depuis plus d’une décennie. »A ce stade nous ne pensons pas qu’il y ait de survivants », a dit le chef des pompiers de la ville de Washington, en annonçant que 28 corps avaient été récupérés. « Vingt-sept corps de passagers de l’avion et un corps d’une personne se trouvant à bord de l’hélicoptère ont été retrouvés », a déclaré John Donnelly jeudi lors d’une conférence de presse. « Nous en sommes maintenant au stade où nous passons d’une opération de sauvetage à une opération de récupération » des corps, a-t-il ajouté.Avec ce bilan potentiel de 67 morts, il s’agit de la pire catastrophe aérienne aux Etats-Unis depuis qu’un avion de la compagnie Colgan Air s’était écrasé en 2009 dans l’Etat de New York (nord-est), faisant 49 victimes. Le régulateur américain de l’aviation (FAA) a expliqué qu’un avion du constructeur Bombardier exploité par PSA, appartenant à American Airlines, était « entré en collision à altitude moyenne » avec un hélicoptère Sikorsky H-60 au moment de l’approche de l’aéroport Ronald-Reagan de la capitale américaine, mercredi soir. »Absolument » évitableDans un message sur sa plateforme Truth Social, le président américain, Donald Trump, a jugé que l’accident « aurait dû être évité », si l’hélicoptère avait manœuvré, sous la direction des contrôleurs aériens, pour ne pas se trouver dans la « trajectoire d’approche parfaite » de l’avion, qui arrivait du Kansas. La collision aurait « absolument » pu être évitée, a également estimé jeudi Sean Duffy, le secrétaire aux Transports.L’avion transportait 60 passagers et quatre membres d’équipage. Un responsable du Pentagone a précisé que trois militaires étaient à bord de l’hélicoptère. Il effectuait « un vol d’entraînement », selon un message relayé sur les réseaux sociaux par le nouveau ministre de la Défense Pete Hegseth. Une bande sonore des échanges dans la tour de contrôle permet d’entendre les contrôleurs demander plusieurs fois à l’hélicoptère s’il avait vu sur l’avion, puis lui ordonner de « passer derrière » ce dernier. « J’ai juste vu une boule de feu et puis il a disparu », s’exclame ensuite un contrôleur, après que la communication avec l’hélicoptère eut été coupée.Video appears to show Two Aircraft, a Helicopter and Commercial Airliner, colliding earlier at Ronald Reagan Washington National Airport near D.C pic.twitter.com/ZJo0wyGbpp— OSINTdefender (@sentdefender) January 30, 2025Plusieurs membres de la communauté américaine de patinage artistique se trouvaient à bord de l’avion de ligne, ont rapporté jeudi les médias américains, tandis que Moscou confirmait la présence à bord de deux ex-patineurs russes et d’autres ressortissants russes. Les agences d’Etat Ria Novosti et Tass avaient auparavant annoncé que le couple de patineurs artistiques Evgenia Chichkova et Vadim Naumov, champions du monde 1994 devenus entraîneurs, se trouvait à bord. « D’autres de nos concitoyens s’y trouvaient aussi », a précisé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, exprimant les condoléances de la Russie. Inna Volyanskaya, ancienne patineuse soviétique devenue entraîneuse aux Etats-Unis, était également parmi les passagers, selon TASS et Ria Novosti. « Nous sommes effondrés après cette tragédie indicible et nous gardons les familles des victimes tout près de nos cœurs », a déclaré pour sa part l’instance dirigeante du patinage artistique américain, dans un communiqué cité par le Washington Post.Vaste opération de rechercheLa capitale fédérale est sans cesse survolée par des avions et hélicoptères à très basse altitude, avec son aéroport Ronald-Reagan au bord du Potomac, fleuve qui sépare la ville de l’Etat de Virginie. Le patron d’American Airlines, Robert Isom, a exprimé dans une vidéo son « profond chagrin ».Une très vaste opération impliquant policiers, pompiers, et gardes-côtes a été lancée dans la nuit noire dans les eaux glaciales et boueuses du Potomac. Des hélicoptères ont survolé le fleuve, balayant les eaux avec des faisceaux lumineux. Les gyrophares de dizaines de véhicules de secours ont clignoté toute la nuit, selon des journalistes de l’AFP. Des dizaines de camions de pompiers dont certains avec des remorques tirant des canots pneumatiques ont été mobilisés.Un témoin cité par CNN, Ari Schulman, a déclaré qu’il « pens (ait) avoir vu la collision », avec une « lumière jaune très brillante » – ressemblant au flash d’une explosion – lorsqu’il roulait en voiture sur une voie rapide qui sillonne le long du Potomac, entre Washington et la Virginie. L’avion venait de Wichita, au Kansas, et devait atterrir à Washington à 21 heures mercredi. Une compétition de patinage artistique s’était tenue à Wichita jusqu’au 26 janvier, selon le site de la fédération américaine de ce sportTout près de la zone de l’accident, un Boeing 737-222 d’Air Florida avait percuté un pont enjambant le Potomac pendant une tempête de neige et s’y était abîmé, le 13 janvier 1982. L’accident avait fait 78 morts, dont quatre automobilistes qui se trouvaient sur le pont.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/crash-a-washington-un-avion-de-ligne-secrase-apres-une-collision-avec-un-helicoptere-militaire-D2M4XGCRORFEDAXFRZPGMGI6HQ/
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Publish date : 2025-01-30 14:09:00
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Catégorie : L’Express
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Crash à Washington : la pire catastrophe aérienne aux Etats-Unis depuis plus d’une décennie
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Conflit en RDC : les combattants du M23 préparent une « marche de libération jusqu’à Kinshasa »
Le groupe armé antigouvernemental M23 a annoncé, ce jeudi 30 janvier, vouloir « rester » à Goma, la grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) qu’il a conquise ces derniers jours avec les forces rwandaises, et « continuer la marche de libération » jusqu’à la capitale Kinshasa.La veille, le président congolais Félix Tshisekedi a refusé de s’avouer vaincu alors que le M23 et ses alliés ne cessent de prendre du terrain à son armée dans l’est, assurant qu’une « riposte vigoureuse » est en cours et mettant en garde contre le risque d’une escalade régionale incontrôlée. Coincée entre le lac Kivu et la frontière rwandaise, Goma, principale ville de l’est de la RDC, est tombée ces derniers jours aux mains du M23 et des forces rwandaises, qui contrôlaient déjà de larges pans de la province du Nord-Kivu, après une offensive de plusieurs semaines. »Nous sommes à Goma pour y rester », a déclaré jeudi Corneille Nangaa, chef de la plateforme politico-militaire dont fait partie le M23, lors d’une conférence de presse dans la capitale du Nord-Kivu. Et « nous allons continuer la marche de libération jusqu’à Kinshasa », capitale de la RDC, a-t-il ajouté.Alors que les combats ont quasiment complètement cessé, la ville pansait ses plaies, entre chaussées crevées par des impacts de mortiers et vitrines défoncées par les pillages, ont constaté des journalistes de l’AFP. Si les combats ont peu détruit de bâtiments, la situation humanitaire reste critique et internet, l’eau courante et l’électricité sont toujours coupés. « Il n’y a plus rien à manger, tout a été pillé », s’inquiète Bosco, un habitant qui refuse de donner son nom. « Nous avons besoin d’assistance urgemment ». »Tout a été pillé »Les affrontements ont fait plus de 100 morts et près d’un millier de blessés, avaient indiqué mardi des hôpitaux de la ville. Les violences ont aggravé une crise humanitaire chronique dans la région où, selon l’ONU, plus de 500 000 personnes ont été déplacées depuis début janvier. L’offensive éclair sur cette cité de plus d’un million d’habitants et presque autant de déplacés a suscité de nombreux appels à la fin des combats et au retrait des troupes rwandaises, de l’ONU aux Etats-Unis, de la Chine à l’Union européenne, de l’Angola à la France.Peu avant minuit mercredi, le président congolais Félix Tshisekedi, resté silencieux depuis le début de l’offensive sur Goma, s’est adressé à la nation dans une allocution retransmise à la télévision nationale. Reconnaissant une « aggravation sans précédent de la situation sécuritaire » dans l’est, il a assuré qu’ »une riposte vigoureuse et coordonnée contre ces terroristes et leurs parrains est en cours », en louant les forces armées congolaises en dépit de leurs revers en série. Condamnant « le silence » et « l’inaction » de la communauté internationale face à « la barbarie du régime de Kigali », il a mis en garde contre le risque d’ »une escalade aux conséquences imprévisibles » dans la région des Grands Lacs.Mercredi, le M23 a ouvert un nouveau front vers le sud en s’emparant, selon des sources locales, de deux villages de la province du Sud-Kivu, voisine de celle du Nord-Kivu.Force de paix en sursis ?Jusqu’à présent, les initiatives diplomatiques lancées pour tenter de régler le conflit qui dure depuis plus de trois ans n’ont rien donné. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui a des soldats déployés dans la région, a annoncé la tenue d’un sommet extraordinaire vendredi à Harare, au Zimbabwe. Selon le média sud-africain Daily Maverick, elle pourrait y annoncer un retrait de la SAMIRDC, sa force déployée depuis fin 2023. La SAMIDRC comprend notamment 2 900 soldats sud-africains, ainsi que des militaires malawites et tanzaniens. L’Afrique du Sud fournit également des soldats à l’autre force de maintien de la paix déployée en appui à Kinshasa, celle de l’ONU (Monusco). Les deux forces ont payé un lourd tribut aux affrontements de cette dernière semaine : 17 de leurs soldats, dont 13 Sud-Africains, y ont été tués.Paul Kagame a mis la pression jeudi sur la SAMIDRC en estimant qu’elle n’est « pas une force de maintien de la paix » et n’a « pas sa place dans cette situation ». Il a également prévenu l’Afrique du Sud qu’il n’avait pas peur d’une « confrontation » avec elle à ce sujet. L’est de la RDC est déchiré depuis des décennies par les violences de multiples groupes armés, exacerbées après le génocide de 1994 au Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de vouloir y piller les nombreuses richesses naturelles, dont le tantale et l’étain utilisés dans les batteries et les équipements électroniques, ou l’or. Le Rwanda dément, et dit vouloir y éradiquer certains groupes armés qui menacent selon lui sa sécurité en permanence, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), créé par d’anciens responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/afrique/conflit-en-rdc-les-combattants-du-m23-preparent-une-marche-de-liberation-jusqua-kinshasa-FMHAWC6HGJFTBFZQN4R5FLH6FQ/
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Publish date : 2025-01-30 16:05:00
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Donald Trump : sa stratégie de saturation médiatique qui laisse les démocrates sans voix
Être là partout, tout le temps, sur tous les sujets. Depuis son investiture le 20 janvier dernier, Donald Trump ne cesse d’annoncer des mesures plus radicales les unes que les autres, dans une volonté de bouleverser la politique mise en place par son prédécesseur, Joe Biden. Une logique défendue dès le premier jour de son mandat, avec un discours d’investiture très offensif. Le républicain s’est bien éloigné des codes d’ordinaire policés de la tradition américaine lors de cette prise de parole, prédisant notamment « un nouvel âge d’or de la grandeur américaine » sous sa présidence.Les heures qui ont suivi l’intronisation du président américain ont donné le ton. Une succession d’annonces a d’emblée été communiquées par les proches du clan Trump. Sortie de l’accord de Paris sur le climat et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), grâce accordée aux 1600 émeutiers du Capitole le 6 janvier 2021, reconnaissance officielle de seulement deux sexes, expulsions massives de migrants vers le Guatemala ou le Brésil… Tant de mesures controversées présentées en grande pompe par le président américain, sans laisser de place au débat sur ces sujets.Un schéma qui se répèteDepuis dix jours, le même schéma se répète. L’opposition démocrate, toujours sonnée par la défaite de Kamala Harris, n’a pas le temps de s’organiser pour réagir à une décision de Donald Trump que déjà, un autre plan est annoncé. Les médias américains, eux, tournent en continu sur les nouveaux choix du milliardaire de retour au pouvoir – chaque initiative présidentielle en chassant vite une autre. Cette saturation du débat public est, selon plusieurs spécialistes, exactement ce que cherche le locataire de la Maison-Blanche : il s’agit pour lui d’ »inonder la zone » d’informations concernant son action.Cette stratégie – du nom américain « flood-the-zone » – a été théorisée par l’ex-proche de Donald Trump, Steve Bannon, figure de proue des sphères d’extrême droite. Lorsqu’il avait encore les faveurs du président lors de son premier mandat, ce dernier l’avait déjà incité à multiplier les déclarations aux médias. Dans ce modèle, Steve Bannon avait érigé les journalistes comme les véritables ennemis du parti républicain, bien plus que les démocrates. « La manière de s’occuper d’eux, c’est d’inonder l’espace [médiatique] avec de la merde », avait-il préconisé à l’époque.Une tactique qui semble de nouveau être celle choisie par l’administration Trump pour ce second mandat. Après son élection début novembre, la découverte au jour le jour des différents noms de sa future équipe gouvernementale, aux profils parfois abracadabrantesques, a déjà fait la une de l’actualité. La montée en puissance de son soutien à Elon Musk en politique, les rencontres successives organisées avec plusieurs dirigeants dans sa résidence personnelle de Mar-a-Lago, ses déclarations provocatrices et belliqueuses à l’encontre du Canada, du Panama ou du Groenland… Pendant les derniers mois sous gouvernance démocrate, Donald Trump a bel et bien attiré l’attention sur lui.Un des fidèles du président américain, le chef adjoint de son cabinet Stephen Miller, aurait lui-même favorisé la méthode « flood-the-zone » pour son second mandat. « C’est une stratégie classique en relations publiques : submerger, distraire et contrôler le récit médiatique avant que d’autres ne puissent le faire », décrypte Evan Nieman, fondateur et directeur général de l’agence spécialisée dans la communication de crise Red Banyan, cité par l’AFP. « C’est sa manière de faire en sorte qu’aucune controverse ne dure longtemps parce qu’il y en aura toujours une autre pour la remplacer. »Des démocrates déboussolésUne façon, aussi, de saborder tout contre-argumentaire du côté démocrate. L’opposition apparaît d’ailleurs comme tout à fait déboussolée par la surprésence médiatique de Donald Trump et de ses relais. Les élus du parti tentent de trouver la bonne formule pour réussir à exister face à cette logique. « Je crois que nous devons choisir nos combats », exhorte le sénateur de Californie Adam Schiff, selon des propos rapportés par NBC News. « Le changement de nom du golfe du Mexique et les autres absurdités de ce genre, on doit juste les laisser de côté. »Le responsable appelle ses pairs démocrates à « se concentrer » pour lutter sur « les choses qui comptent vraiment », comme « les guerres commerciales » ou « les réductions d’impôts pour les gens très riches qui n’apporteront rien aux travailleurs » voulues par Donald Trump. Est-ce la bonne solution pour les démocrates ? Choisir les dossiers à défendre pour réoxygéner le débat politique américain avec des idées divergentes de celles de Donald Trump semble en tout cas nécessaire avant toute reconstruction du parti.Mais pour l’instant, les démocrates sont acculés par les propositions répétées de la Maison-Blanche. « À un moment donné, je suis au téléphone avec une personne qui effectue des essais cliniques de médicaments anticancéreux pour le gouvernement et qui a été renvoyée parce qu’une petite partie de son travail consiste à sensibiliser les minorités. L’instant d’après, je parle à des avocats du ministère de la Justice et je leur annonce qu’ils vont être réaffectés contre leur gré. Cela ne s’arrête jamais », raconte ainsi dans le New York Times James Raskin, élu démocrate du Maryland à la Chambre des représentants.D’autres appellent à ne pas se précipiter pour lancer la « contre-offensive » face au républicain, pariant sur l’essoufflement prochain de son administration. « Ils vont bientôt trébucher », prédit le représentant démocrate de Virginie Gerry Connolly, toujours dans le quotidien new-yorkais. « Dans leur hâte de remodeler le gouvernement fédéral, ils vont commettre de grosses, grosses erreurs. » La confusion autour du projet de gel de milliards de dollars de dépenses fédérales souhaité par Donald Trump, puis annoncé comme annulé, avant d’être nouveau qualifié d’actualité par la Maison-Blanche, apparaît comme un premier couac.La « flood-the-zone tactic » peut-elle perdurer tout au long des quatre prochaines années ? « Même ses partisans les plus fidèles peuvent se lasser de cette agitation constante », juge Evan Nieman dans son interview accordée à l’AFP. Et plutôt que de nouvelles décisions sans cesse mises en avant, « les électeurs indécis pourraient finir par préférer la stabilité au spectacle ».
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-sa-strategie-de-saturation-mediatique-qui-laisse-les-democrates-sans-voix-UCKWCHX55NGKHB5L6QYUVNX3SU/
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Publish date : 2025-01-30 18:41:00
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Budget 2025 : Aide médicale d’Etat, taxe sur les billets d’avion… Un compromis sur le point d’aboutir
Les travaux parlementaires sur le budget se poursuivent. Les sept députés et les sept sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP) ce jeudi 30 janvier ont tenté de trouver des compromis sur le projet de loi de finances 2025. Sans surprise, la CMP a adopté en début de soirée la partie « recettes » du PLF. Les parlementaires poursuivront vendredi leurs échanges sur le volet « dépenses ».Sur la première partie du PLF, texte qui avait été rejeté dans sa globalité à l’automne par l’Assemblée nationale, la CMP a confirmé en grande partie la copie adoptée le 23 janvier au Sénat. Cette version est globalement assez fidèle aux propositions initiales faites par l’ancien Premier ministre Michel Barnier, reprises par François Bayrou.Malus renforcé sur l’achat de voitures thermiquesDes mesures annoncées à l’automne, comme l’effort temporaire sur l’impôt sur le revenu des ménages les plus aisés (2 milliards d’euros espérés) et la « contribution exceptionnelle » sur les bénéfices des grandes entreprises (8 milliards), figurent donc bel et bien dans cette nouvelle version. Le nouveau gouvernement entend néanmoins limiter cet effort à la seule année 2025, contre 2026 dans la « mouture Barnier ». La CMP a acté cet ajustement, selon des sources parlementaires.Autres propositions inscrites dans le texte : un malus renforcé sur l’achat de voitures thermiques, une fiscalité augmentée sur les rachats d’action et les chaudières à gaz, une taxe exceptionnelle sur l’armateur CMA-CGM. Cette dernière a également été limitée par la CMP à la seule année 2025, contre deux ans dans la copie du Sénat. Le relèvement à 0,4 % de la taxe sur les transactions financières, jugé insuffisant par le Parti socialiste ces derniers jours, a lui aussi été confirmé dans l’ébauche de compromis.Les parlementaires ont par ailleurs trouvé un compromis sur la hausse de la taxe sur les billets d’avion, qui passerait de 2,63 euros à 7,30 euros pour un billet en classe économique vers la France ou l’Europe, alors que le gouvernement visait 9,50 euros initialement. Au global, le dispositif rapporterait environ 800 à 850 millions d’euros à l’État, calcule un parlementaire.Coups de rabot dans les budgetsLe gouvernement Bayrou, qui vise 32 milliards d’économies sur le volet dédié aux dépenses pour ramener le déficit à 5,4 % du PIB en 2025, a déjà fait inscrire de nombreux coups de rabot dans le budget de plusieurs ministères. Aide publique au développement, écologie, culture, recherche et enseignement supérieur… Les coupes se chiffrent à plusieurs centaines de millions d’euros à chaque fois, malgré quelques gestes sur la prévention des catastrophes naturelles, le plan vélo ou le budget des Outre-mer, revalorisé pour répondre notamment à la reconstruction de Mayotte.À ce sujet, la diminution des dépenses liées à la transition écologique ulcèrent la gauche, qui espère encore des concessions sur ce point. L’effort financier demandé aux collectivités locales, lui, a été stabilisé depuis plusieurs semaines sur la version du Sénat, soit environ 2,2 milliards d’euros demandés aux territoires. Avec, pour les départements, la possibilité de relever le plafond des frais de notaires (DMTO) de 0,5 %, sauf pour les primo-accédants.Des points de friction encore à venirPlusieurs points sensibles doivent encore être arbitrés par la CMP pour aboutir à une copie finale susceptible de résister à la censure. La suppression par le Sénat des crédits de l’Agence bio, sur laquelle le gouvernement a promis de revenir, en est une. Même chose sur le service national universel (SNU), proposition phare de la macronie quasiment supprimée par le Sénat. Selon un négociateur de la CMP, les crédits de ce programme devraient toutefois être partiellement rétablis, une concession faite par la droite aux macronistes en échange d’un « soutien très sensible au budget du Sport », dont la réduction passe mal.Plus inflammable encore dans le contexte actuel, la réduction du budget de l’Aide médicale d’Etat (AME) pour les soins urgents des sans-papiers. La droite propose une baisse de 200 millions d’euros en prévision d’une réforme plus globale du « panier de soins » concernés par l’AME. Une « ligne rouge absolue » pour la gauche. Mais la CMP pourrait finalement aboutir à cette diminution, avec le soutien du RN à LR. En revanche, les parlementaires s’apprêtent à inscrire dans le marbre du budget la promesse de François Bayrou sur l’Education nationale en rétablissant les 4 000 postes d’enseignants que Michel Barnier voulait supprimer.
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/budget-2025-aide-medicale-detat-taxe-sur-les-billets-davion-un-compromis-sur-le-point-daboutir-6ZDW6GQUHBGBVHXKZFVJBSG47A/
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Publish date : 2025-01-30 19:12:00
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Crash aérien à Washington : Donald Trump charge Joe Biden et Barack Obama
Le président américain, Donald Trump, a mis en cause, ce jeudi 30 janvier, ses prédécesseurs démocrates et les programmes faisant la promotion de la diversité dans la catastrophe aérienne au-dessus de Washington, qui a fait 67 morts. »Malheureusement, il n’y a pas de survivant », a-t-il déclaré lors d’un point presse, après avoir observé une minute de silence pour les victimes. Soixante-quatre personnes étaient dans l’avion civil entré en collision avec un hélicoptère de l’armée, avec trois militaires à bord, mercredi soir au-dessus du fleuve Potomac. »Ce fut une nuit sombre et atroce dans la capitale et dans l’histoire de notre pays », a d’abord remarqué Donald Trump, promettant une enquête approfondie pour établir les causes de l’accident. Mais il s’en est très vite pris aux anciens présidents Joe Biden et Barack Obama qui ont, selon lui, affaibli les exigences en matière de sécurité aérienne. »J’ai donné la priorité à la sécurité. Obama et Biden et les démocrates ont mis la politique en premier », a-t-il dit, s’en prenant aux programmes faisant la promotion de la diversité au sein du gouvernement américain et l’agence fédérale de l’aviation américaine (FAA) plus spécifiquement. « Ils ont même donné une directive : ‘Trop blanc’. Or, nous voulons des gens compétents », a-t-il lancé. »Donald Trump devrait diriger, et non mentir »Pressé de questions pour savoir s’il mettait directement en cause les contrôleurs aériens et les programmes de diversité pour expliquer la catastrophe, il a reconnu « ne pas savoir » encore mais ajouté que « cela a pu être » le cas. »C’est abject. Alors que les familles sont en deuil, Donald Trump devrait diriger, et non mentir », a réagi l’ancien ministre des Transports, Pete Buttigieg. « Nous avons donné la priorité à la sécurité, réduit le nombre d’accidents, développé le contrôle du trafic aérien et n’avons enregistré aucun décès dû à un accident d’avion commercial sur les millions de vols effectués sous notre mandat », a-t-il ajouté. Ministre des Transports sous Joe Biden, Pete Buttigieg a également critiqué la décision de Donald Trump de licencier les fonctionnaires chargés de promouvoir la diversité, des « membres du personnel clé qui ont contribué à la sécurité de notre ciel », avant d’appeler le nouveau président américain à « faire preuve de vrai leadership ».Avec un bilan de 67 morts, il s’agit de la pire catastrophe aérienne aux Etats-Unis depuis qu’un avion de ligne de la compagnie American Airlines s’était écrasé peu après son décollage de l’aéroport John F. Kennedy à New York en novembre 2001. Des plongeurs ont retiré jeudi des corps des eaux glacées du fleuve Potomac, à Washington. Des débris des deux appareils émergent de l’eau et des navires de secours ainsi que des équipes de plongeurs explorent la zone. Plus tôt jeudi, le chef des pompiers de la ville de Washington, John Donnelly, avait annoncé que 28 corps avaient été récupérés. « Nous en sommes maintenant au stade où nous passons d’une opération de sauvetage à une opération de récupération » des corps, avait-il ajouté.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/crash-aerien-a-washington-donald-trump-charge-joe-biden-et-barack-obama-QD5IW27WBFHLHJTFG3CFHLNJ24/
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Publish date : 2025-01-30 18:01:00
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EXCLUSIF. Eric Lombard, secrets et confidences : ses discussions sur Matignon, sa fortune familiale…
Calme, Eric Lombard est calme. « Je ne suis pas submergé, je prends les choses dans l’ordre », dit-il, voix égale, torse immobile et téléphone anesthésié. En arrivant ici, au sixième étage de la tour de contrôle, cernée par les flammes budgétaires de nos finances publiques, le nouveau maître de Bercy estime n’avoir « pas eu de surprises ». « Comme je comprends un peu la finance » – sourire furtif derrière les cercles d’acier entourant ses yeux -, « je ne suis pas inquiet, mais il faut s’en occuper ». Si La Bruyère revenait écrire ses Caractères, on se permettrait de lui suggérer de décrire le sexagénaire en écharpe marine pour personnifier l’art de la litote.Le pince-sans-rire confesse n’avoir eu « vraiment peur » dans sa vie qu’une seule fois, en mars 2009, quand « l’économie mondiale a frôlé le collapse ». A ce propos, il regrette qu’on ne rende pas assez hommage à l’action de Nicolas Sarkozy qui alors « prit le leadership européen ». Oser saluer de nos jours le travail de l’ancien président de la République, comparaissant dans l’affaire de soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, ne manque pas de fraîcheur.En route pour Matignon ?Sur le même ton, équanime, il poursuit par le récit de cette drôle d’après-midi d’août dernier. Navigation en compagnie de sa femme Françoise à bord de leur – « petit » – voilier au large des côtes bretonnes, soudain sur son portable le numéro d’Emmanuel Macron. Il prie son épouse de prendre la barre, elle fronce les sourcils, il lui montre l’écran, elle s’exécute. La scène est mimée. Suit « une discussion politique », comme il la qualifie, soit une conversation l’évaluant pour Matignon sans lui parler de Matignon. Le directeur général de la Caisse des dépôts comprend ce qu’il faut comprendre. S’y préparer sans y croire, y croire un peu sans s’y préparer trop. »J’espérais qu’on ne me le propose pas, mais quand on me propose un truc difficile, j’ai tendance à y aller. » Premier tour de piste en famille, car « Matignon, ça se discute en famille », soit avec sa femme, (plasticienne après une carrière chez Cacharel, Petit Bateau puis un master de psychologie psychanalytique), et leurs trois enfants, (dont Pierre, directeur adjoint du cabinet d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, engagé auprès de Raphaël Glucksmann et songeant à la députation). On comprend que le clan approuva la possible possibilité impossible. Ceci acquis, « je me suis rapproché du PS et du PC pour savoir s’ils accepteraient de participer au gouvernement ».Ensuite, voilier rangé, retour à Paris et conversations avec le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler. Puis ce fut Michel Barnier à Matignon, soulagement – il note à ce propos, et non sans malice, « avoir été très bien traité, on m’a prévenu avant de le nommer ». Tout le monde n’a pas eu droit aux mêmes égards. On lui propose Bercy, il décline, « pas sa ligne politique ». Il est vrai que Barnier se tient assez loin de la deuxième gauche. Les événements s’enchaînent selon une suite logique, l’ouverture à droite, le chantage du RN, la censure, et en décembre 2024, un dimanche, alors qu’il doit accompagner ses neveux à la gare, un appel du Premier ministre qui, désormais, s’appelle François Bayrou :– « Vous pouvez passer ?– Oui, mais j’entre par quelle porte ? »Ce sera la grande, celle de la rue de Varennes, et dans la cour de Matignon, ce dilemme : attacher ou ne pas attacher son vélo ? Un gendarme vole à son secours : « Si vous vous le faites voler ici, je perds mon job. »Avec Bayrou, conversation longue et limpide, un mot sur Michel Rocard, un autre sur Jacques Delors, échange sur la démocratie chrétienne et la social-démocratie (« pas bien éloignées », conviendront-ils), accord sur l’ouverture vers la gauche raisonnable. « J’intègre les rapports de force à ce que je fais, je n’ai pas été nommé ici parce que je suis un techno », insiste Eric Lombard, soucieux qu’on lui reconnaisse des galons politiques.Alors, ce 15 décembre devant François Bayrou, il ne racontera pas la leçon que lui a administrée Rachida Dati quelques années plus tôt. La maire du VIIe arrondissement veut obtenir de la Caisse des dépôts le financement d’un dispositif « Les chemins de l’excellence » à l’Institut catholique de Paris. Elle appelle la secrétaire de Lombard, réclame son numéro. Refus. Fureur, encore un homme bien-né qui croit pouvoir mépriser celle qui, seule, a forgé son destin. Lombard a les oreilles qui sifflent. Il la reçoit, l’écoute – « panique », aux dires de Dati – et s’incline. Les élèves méritants de banlieue auront leurs cours top niveau à la Catho grâce à la Caisse. Dati fait de la politique. Lombard a encore beaucoup à apprendre.Michel Rocard, pistes noires et beau lingeFin des années 1970, le petit-fils de l’industriel Pierre Lévy, très grande fortune et créateur du groupe textile Devanlay, étudie en classe préparatoire à Janson de Sailly, où il se lie avec Bernard Spitz, (futur patron de la Fédération française de l’assurance), rêvant sous leurs cheveux longs d’extraire la gauche des griffes communistes. Campus d’HEC, l’escogriffe rugbyman de 1,91 mètre fait ses gammes. Contre les deux syndicats d’étudiants installés, il en crée un troisième, de gauche libérale – pas un succès.HEC dans la poche, il entre à la banque Paribas. Et retrouve son copain Spitz dans l’écurie turbinant pour la campagne présidentielle de Rocard de 1988, vissé tous les soirs au phalanstère du 266, boulevard Saint-Germain. « Impressionnant par sa taille et son silence », aux dires d’un participant, il planche sur le compte de formation individuelle, la CSG, le RMI, (ancêtre du RSA), participera même au congrès de Rennes de 1990 comme membre du comité des résolutions. Chez Paribas, on s’amuse d’avoir recruté un banquier de gauche. La candidature de leur champion Rocard tient quinze jours, celui-ci se retirant dès que François Mitterrand se lance. Partie remise veut croire le trentenaire.1988, Rocard Premier ministre de Mitterrand. Ni une, ni deux, le banquier divise son salaire par deux, rejoignant le porte-parolat du gouvernement comme conseiller technique, puis le cabinet de Michel Sapin à la Justice et à l’Economie. « Il faisait tout ce qui était compliqué », se souvient l’ancien ministre. Quatre années de gouvernement qui s’achèvent en 1993, et Paribas le reprend. Le quart de siècle suivant, il ne quittera plus la banque privée et les assurances. « Il gère la ressource financière de manière assez frappante, il est en altitude sur la gestion des grands flux financiers », retient Marie-Louise Antoni, son amie depuis Generali. Pour autant, le maestro des bilans comptables n’oublie pas la politique, d’autant que Michel Rocard entretient sa jeune troupe. Week-ends de ski aux Arcs, ambiance camp scout de luxe, vins chauds et séances de phosphore, « on était tous en désaccord avec la gauche française qui ne faisait pas sa mue », résume Spitz. Sur les pistes noires, du beau linge, très masculin, dont Dominique Strauss-Kahn (futur ministre et patron du FMI), Daniel Cohen (économiste), Christian Blanc (préfet et futur PDG d’Air France), Gilles de Margerie (actuel commissaire de France Stratégie) ou le charismatique Nicolas Théry (ancien président du Crédit mutuel), qui décèle en Lombard « un interlocuteur fiable, toujours ouvert au dialogue et pas du tout autoritariste », louant aussi « son heureux caractère ».Entre remonte-pente et exposé sur la décentralisation, Eric Lombard y fait la connaissance de son meilleur ami, son « frère », Eric Albert, psychiatre et fils de l’économiste Michel Albert. Depuis lors, trente années de jogging, foulées matinales suivies d’un café dans la maison parisienne du ministre, vacances communes en Bretagne, où Lombard, pull troué, voiture cabossée, possède une maison. Le jour du bateau, le soir des gammes – il transporte partout son clavier de piano. Eric Albert, dont le cabinet de conseil accompagne des dirigeants d’entreprise, parle de son copain ministre avec parcimonie, tout juste glisse-t-il que celui-ci « connaît ses limites », qu’il se retrouve « confronté à une violence qu’il n’a pas connue en entreprise », l’estimant « préparé, ce n’est pas tombé par hasard ». Tant s’en faut.En campagneDevenu directeur général de l’assureur italien Generali France, il redresse la boîte en trois ans, gardant un orteil sur le terrain sous la forme d’un mandat de conseiller municipal (PS) à Fontenay-sous-Bois, mairie communiste, à laquelle il force le bras sur les marchés publics – mettre de l’ordre dans les comptes, son mantra. 2006, primaire du PS. DSK, leur champion, perd face à Ségolène Royal. 2007, concert de Polnareff à Paris, Bernard Spitz danse sur On ira tous au paradis aux côtés de Jean-Pierre Jouyet, bientôt président de l’Autorité des marchés financiers. En sortant, autour d’un verre, l’idée fuse : et si, pour faire barrage à Sarkozy, on forçait Bayrou et Royal à s’entendre sur un programme de réformes ? Eric Lombard est de l’aventure, trésorier du cénacle « Les Gracques », cercle coruscant qui « veut forcer la gauche à rompre avec son surmoi gauchiste », dixit Denis Olivennes. Bayrou les reçoit, ne dit ni oui ni non, Royal tempête, et Sarkozy se fait élire. Les Gracques échafaudent la suite, Lombard fourbissant le programme, soit la baisse des dépenses publiques, la fin des 35 heures ou l’allégement de la fiscalité des entreprises. Lors des universités d’été de 2008, les Gracques embauchent un inspecteur des finances, Emmanuel Macron, prié de faire le compte rendu d’un colloque avec les think-tanks européens dans une salle éloignée de l’amphithéâtre principal. Lombard l’assureur et Macron le débutant banquier d’affaires ne tissent pas de lien, mais le programme des Gracques préfigure celui avec lequel le futur président sera élu moins de dix ans plus tard.2017, Macron élu, chamboule-tout chez Generali. Un nouveau patron et Lombard doit céder son siège. Manœuvre brutale, mais le petit-fils d’Alsacien n’en montre rien. C’est qu’il a une idée dont il s’ouvre à son amie Marie-Louise Antoni. S’il postulait à la tête de la Caisse des dépôts, organe central de la mise en œuvre de la politique économique française avec ses 1 300 milliards d’investissements ? Drôle d’idée en effet, Emmanuel Macron dit partout qu’il veut une femme, et le poste, depuis deux siècles, n’échoit qu’à des hauts fonctionnaires. Lombard coche toutes les cases contraires et ne peut même pas compter sur ses relations avec le « double » du président : il ne connaît pas Alexis Kohler. Marie-Louise Antoni, dont le mari Philippe Lagayette dirigea la Caisse, le prend au mot. Va pour une campagne. Méthodique, il sautille du bureau de Bruno Le Maire à Bercy à celui d’Edouard Philippe à Matignon pour présenter son projet et ses intentions. Contre lui, des profils solides – Véronique Bédague, ancienne directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon qui préférera rejoindre Nexity dont elle est à présent PDG, Marguerite Bérard, BNP, ou Agnès Pannier-Runacher, alors directrice adjointe de la Caisse. Et devant lui, peu de temps – Generali lui a proposé un autre poste tandis que la Banque postale lui fait de l’œil. Eric Lombard sait que la Caisse règle les fins de mois du budget de l’Etat, il sait aussi qu’il faut présenter au président de la République tout juste élu sur une promesse de big bang, un programme qui secoue.Novembre 2017, le voici nommé, premier directeur général non issu de la fonction publique ; au passage, salaire divisé par cinq. Il vire deux directeurs, du jamais-vu dans l’institution. Cinq ans plus tard, il sera le premier directeur général à être reconduit. « Il a très bien réorganisé la Caisse et l’a emmenée avec talent vers les secteurs sociaux », salue Jean-Pierre Jouyet, son prédécesseur de 2012 à 2014.Rendez-vous élyséensDepuis ce royaume d’altitude, poste au prestige séculaire, l’austère blagueur rayonne à l’Elysée et brille dans Paris. Rendez-vous toutes les six semaines avec Alexis Kohler, déjeuners mensuels à la Caisse avec Philippe Grangeon – un temps conseiller spécial du chef de l’Etat -, envoi de messages sur Telegram à Emmanuel Macron pour partager ses impressions sur le pays… Il est aussi convié à des réunions officielles et à quelques déplacements présidentiels. Petit à petit, au gré des remaniements, son nom émerge dans le « microcosme ». On l’imagine à plusieurs reprises atterrir à Bercy. « Le président l’apprécie, il fait partie de ceux dont l’avis compte », appuie-t-on à l’Elysée.Dans le même temps, membre assidu du conseil d’administration du Louvre et du musée d’Orsay, petit-fils du grand collectionneur de peintures Pierre Lévy, il apprécie de converser avec les conservateurs, les mécènes, qui tous se pâment devant le banquier érudit, capable de pleurer en écoutant les 32 sonates de Beethoven. Au risque d’en faire beaucoup, il prend d’ailleurs la présidence non exécutive du théâtre des Champs-Elysées, dont la Caisse est le premier actionnaire, réglant de sa poche la moitié de son budget. « Quel est le conflit entre une entité propriétaire et une filiale ? Aucun, je ne regrette pas de l’avoir fait », explique-t-il, serein. A cette même époque, Marie-Louise Antoni le présente à son amie et voisine, l’éditrice Muriel Beyer, et de réunions en déjeuners de travail, toujours à l’eau plate, naît son unique livre Au cœur de la finance utile, ouvrage testimonial et programmatique. Car voilà, le sexagénaire sait qu’il n’y aura pas de troisième mandat.De quoi peut rêver celui dont Alexis Kohler a appris à admirer la technicité et l’habileté, saluant la création de la Banque des territoires et le sauvetage d’Orpea ? « Il n’a jamais été de la bande Macron, mais n’avoir pas haussé le ton ces derniers temps l’a rendu bankable, confie un connaisseur. Ce silence, imposé par son mandat, lui a beaucoup servi quand l’Elysée a cherché un profil non orthodoxe. « Non orthodoxe et comblé d’éloges chez les derniers spadassins de la gauche réformiste : « Loyal, fiable, sachant créer de la confiance » (Bernard Spitz), « un marin, donc un homme d’équipage, il n’est pas atteint du trouble général de l’audition des puissants », (Erik Orsenna, écrivain), « le dernier représentant vivant du meilleur de la IIIe République radicale-socialiste » (Denis Olivennes).Grandi dans les rangs de la gauche libérale, le ministre chargé de redresser les finances publiques en freinant la folle cavalcade de la dette, s’apprête à affronter bientôt la publication par la HATVP de son patrimoine, étape qui apprendra aux Français que leur ministre des Finances est riche. Péché mortel ? Posément, il raconte l’histoire de son grand-père, caché pendant l’Occupation, transformant le modeste atelier de tissage en champion de l’industrie textile des années 1960, inventant le concept du prêt-à-porter. Puis, le patriarche confiant l’empire à son gendre, Léon Clingman, et organisant en 1976 la donation au musée de Troyes de 2 000 œuvres de sa collection (Derain, Courbet, Degas, de Staël, Buffet) et Clingman refusant de partager le pouvoir avec les enfants de Pierre Lévy. Éric Lombard a 12 ans quand sa mère divorce, appartement loué à Paris, la nécessité de faire attention à tout, et la certitude de ne pas être né dans l’argent. Quand il atteint la majorité, sa mère le prie d’affronter devant les tribunaux l’oncle Léon, dix ans de procès sanglant, puis la vente de l’entreprise en 1998. En 2000, Lombard, son frère et leurs cousins héritent. « Je n’ai pas le goût de l’argent, j’en ai reçu, j’en ai gagné, mais pour moi l’argent c’est comme le sang pour un chirurgien : une donnée de mon métier. » Il dit se répéter la phrase de son aïeul : « On arrive sur terre les mains vides, on repart les mains vides. »Entre les deux, l’élève de Michel Rocard s’applique « à être dans le sérieux ». Naïf ? Lors de sa remise de la Légion d’honneur en 2014, celui qui est alors big boss de Generali France surprend ses 400 invités conviés au pavillon Gabriel. « Saint-Exupéry fait dire au Petit Prince qu’on ne voit bien qu’avec le cœur, et je crois en effet que ce que j’ai pu réaliser n’a été rendu possible que par une histoire de cœur et une histoire de confiance autant donnée que reçue. » Voyons si les parlementaires de gauche accepteront de croire avec lui que, derrière les épines, la rose survit.
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/exclusif-eric-lombard-secrets-et-confidences-ses-discussions-sur-matignon-sa-fortune-familiale-CUJ4I3IHA5GC3MLJJF5G7ABZWU/
Author : Laureline Dupont, Emilie Lanez
Publish date : 2025-01-30 17:12:00
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Le bras d’honneur à Macron, la concurrence à la sauce Mélenchon, le déjeuner de Darmanin
C’est fou comme la dissolution a vraiment tout clarifié ! Ce second quinquennat est décidément à nul autre pareil. Le gouvernement Attal n’avait déjà pas duré longtemps, et voilà que Michel Barnier est renversé par une motion de censure trois mois après sa nomination. François Bayrou se retrouve à Matignon, mais la crise n’en finit plus, la vie politique entre dans l’inédit.Peur sur le budget 2026Le gouvernement a bon espoir de parvenir à un accord de non-censure avec les socialistes pour faire adopter son budget pour l’année 2025. Mais tous les regards se portent déjà sur le suivant. François Hollande jugeait en décembre qu’il serait un « moment clé » pour l’avenir de François Bayrou, dans un contexte économique morose. Un ministre va plus loin : « Si on passe ce budget 2025, on passe l’été. Le nouveau juge de paix sera le budget 2026. Et cette étape sera celle qui permettra de finir le quinquennat ou pas. » La France entrera alors dans une longue séquence électorale, allant des municipales à la préparation de la prochaine présidentielle.Le bras d’honneur à MacronDepuis que le président de la République en personne a répondu à un influenceur se plaignant dans une vidéo d’avoir été verbalisé pour l’utilisation de son téléphone pour payer un péage, un malaise saisit la gendarmerie. Après avoir tenté tant bien que mal de contacter l’automobiliste via les réseaux sociaux – où il est très actif – afin de lui proposer de contester sa contravention, les gendarmes n’ont pu ni trouver sa véritable identité ni mettre la main sur la fameuse amende puisque leurs messages sont restés sans réponse. Grâce aux éléments qu’ils avaient recueillis, ils ont néanmoins réussi à localiser la soi-disant infraction. Or, surprise, aucune contravention pour utilisation du téléphone au volant n’a été émise dans cette zone géographique et dans cette période. « Tout porte à croire que cette contravention n’a jamais existé », explicite une source dans la gendarmerie qui met en garde : « Les gendarmes prendraient assez mal qu’une circulaire leur demandant de faire attention à quelque chose qu’ils ne font pas voie le jour. » Emmanuel Macron qui se voulait « pompidolien », selon les mots d’un conseiller élysée (« Arrêtez d’emmerder les Français »), risque d’emmerder surtout les gendarmes.Darmanin et Dupond-Moretti se mettent à tableLe nouveau ministre de la Justice Gérald Darmanin invite vendredi 31 janvier à déjeuner Eric Dupond-Moretti, qu’il ne manque jamais de citer pour rendre hommage à son action et ira le voir au théâtre pour son one man show, « J’ai dit oui ». Mais obtenir des crédits n’a pas suffi à son prédécesseur pour conquérir tous les coeurs, et cela n’a pas échappé à son successeur. Marqué par ce que lui a glissé un directeur d’administration : « On lui demandait de l’attention, il nous donnait de l’argent. »Mélenchon en piste pour 2027Secret de polichinelle, Jean-Luc Mélenchon avance ses pions pour une candidature à la prochaine présidentielle. Personne ne fut surpris ainsi de le voir, micro en main, introduire le programme actualisé de « L’avenir en commun », sa plateforme de candidat, le 28 janvier. Ses « Insoumis » ont entamé la quête des 500 parrainages et le processus de désignation est tout trouvé : les 20 membres de la coordination (NDLR : la direction) de LFI va proposer un nom au groupe parlementaire. Inutile de préciser que les mêmes personnalités figurent dans les deux organes. La proposition sera ensuite soumise à validation des sympathisants insoumis, mais attention : il n’y aura qu’un nom, pas deux.Municipales : à Marseille, panier de crabes à gaucheQui se souvient encore que le printemps marseillais fut l’une des premières unions de la gauche ces dernières années, bien avant la Nupes, bien avant le NFP ? Du passé ! Car pour les prochaines municipales, les partis de la gauche hier rassemblés ne veulent plus vraiment l’être. LFI déborde d’envie de chiper le trône à l’actuel maire socialiste Benoît Payan, pourtant conforté par les sondages de popularité dans la cité phocéenne. Les écologistes eux aussi veulent avoir leur mot à dire, sinon plus. Ils rappellent que Payan n’a pas été élu sur son nom en 2020. La liste d’union était alors portée par Michèle Rubirola et son étiquette EELV. « Le peuple marseillais n’a jamais voté pour Benoît Payan, permettez-nous de réfléchir à ce que l’on souhaite faire », rappelle ainsi l’eurodéputé David Cormand, cadre écolo et proche de Marine Tondelier. Tout en temporisant : « À un an de la présidentielle, il y aura une injonction unitaire très forte. C’est aux maires sortants socialistes de donner envie de venir avec eux. Ce n’est pas un dû. »Belliard vs Jadot : ça joue chez les écolosAlors que plusieurs candidats écolos ont d’ores et déjà fait part de leurs ambitions, le sénateur Yannick Jadot est accusé de vouloir contourner, avec l’appui de la direction écolo, la primaire interne dédiée à la désignation du chef de file de la maison verte aux municipales, organisée en mars. L’intéressé continue de préciser sa pensée ce jeudi soir, lors d’une visio-conférence. David Belliard, prétendant à l’Hôtel de Ville pour les écolos, a maintenu sa candidature eu égard aux injonctions de la chefferie du parti. Et à tenu à s’en expliquer auprès de son concurrent Yannick Jadot, dans un long mail que L’Express a pu consulter, exprimant ses divergences, « au moins sur trois points ». Le premier : « Tu considères que l’élection parisienne est une élection nationale. Et que donc ton parcours politique comme ta notoriété nationale seraient suffisants pour emporter les votes de nos concitoyennes et concitoyens de gauche et nous mettre très vite devant le Parti socialiste. (…) L’histoire politique récente de Paris a montré que celles et ceux qui ne pouvaient suffisamment se prévaloir de cette légitimité locale s’y sont cassé.e.s les dents. » Le deuxième : « Tu as toujours manifesté une volonté de marquer une frontière avec une partie de la gauche, privilégiant un positionnement de centre-gauche. (…) J’ai la conviction que notre travail pour les prochains mois doit être de trouver une alliance large à gauche et pas de cliver à priori avec les camarades de LFI et de l’Après, autour de Danielle Simonnet. » Et le dernier : « La seule façon de nous départager, c’est de demander l’avis à celles et ceux qui font notre collectif politique. » Bref, la « candidature de rassemblement » de Yannick Jadot à la mairie de Paris continue de semer la zizanie chez les écolos de la capitale.
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/le-bras-dhonneur-a-macron-la-concurrence-a-la-sauce-melenchon-le-dejeuner-de-darmanin-DQCCV7324ZCJZO3ADT3ACH2LVY/
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Publish date : 2025-01-30 16:05:00
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Aliments ultra-transformés et maladies chroniques : l’Anses incite à mener des recherches plus détaillées
De nombreuses pathologies en rapport avec leur ingestion. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alerte une nouvelle fois sur les risques liés à la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT). L’instance, qui n’en est pas à son premier signalement sur le sujet, s’est cette fois appuyée sur la classification Nova, établie par des chercheurs brésiliens.Comme l’explique l’Anses dans une synthèse de recherche publiée sur son site internet ce jeudi 30 janvier, ce cadre caractérise les aliments ultra-transformés par plusieurs propriétés. Les « procédés de transformation et l’ajout d’additifs dits cosmétiques » (conservateurs, colorants…) ou de « substances rarement utilisées lors de la préparation des repas à domicile » sont les critères qui permettent de qualifier le degré de transformation d’un produit sur cette échelle de classification.Obésité, diabète, cancer du sein, maladies cardiovasculaires…L’agence française explique avoir choisi d’utiliser le cadre de la classification Nova par manque d’une « définition consensuelle » du concept d’aliment ultra-transformé au sein de la communauté scientifique. Pour mener une analyse la plus complète possible, elle a donc décidé de mener « une revue systématique des études scientifiques publiées sur ce sujet ». Ainsi, au terme de ses recherches, l’Anses a pu établir quelques conclusions, « avec un poids des preuves » qui demeure toutefois « faible ».La consommation d’aliments ultra-transformés est donc « associée à un risque plus élevé de mortalité et de maladies chroniques comme le diabète de type 2, le surpoids, l’obésité, les maladies cardioneurovasculaires, le cancer du sein et le cancer colorectal ». Cela fait plusieurs années que les chercheurs alertent sur les conséquences néfastes des propriétés des produits de cette catégorie. Céréales pour le petit-déjeuner, plats préparés, brioches industrielles… La problématique concerne une palette très large de denrées alimentaires. L’Express avait d’ailleurs consacré tout un dossier à cet enjeu sanitaire il y a plus d’un an, à retrouver juste ici.Avec cette nouvelle analyse, l’Anses formule aussi deux nouvelles hypothèses pour « expliquer le potentiel lien entre la consommation d’aliments dits ultra-transformés et la santé ». D’une part, elle suggère que les « circonstances de la consommation » de ces produits, souvent ingurgités de manière rapide, dans les transports ou devant un écran, peuvent jouer un rôle dans la « prise alimentaire excessive » par certains habitués de ce type de nourriture. « L’ajout d’additifs » dans ces aliments, visant à les rendre « pratiques et appétissants », pourrait aussi favoriser une surconsommation de produits déjà défavorables à la santé.Autre thèse mise en avant par cette étude : la création de nouvelles substances, qualifiées de « néoformées », lors des processus de transformation de ces produits. « Or certaines sont potentiellement nocives et peuvent être à l’origine d’interactions », pointe l’Anses. L’agence incite à mener des recherches plus détaillées sur la question des aliments ultra-transformés et ses deux hypothèses pour « mieux caractériser le lien entre procédés de transformation et effets sanitaires, et d’orienter les politiques publiques en matière d’alimentation et de nutrition ».Plusieurs précédentes alertesCertains rapports ont déjà été conduits sur des aspects plus précis des risques liés à l’ajout d’additifs dans les aliments vendus en supermarché. Plusieurs centres de recherche français, dont l’Inserm et l’Inrae, ont ainsi communiqué ces dernières années des résultats inquiétants au sujet des dangers inhérents à la présence d’émulsifiants dans des sauces, des biscuits ou autres matières grasses industrielles.Dès 2023, en se basant sur les données transmises par plus de 90 000 personnes, les chercheurs avaient souligné un rapport entre une importante consommation de produits contenant ce genre de substance et une plus forte probabilité de contracter une maladie cardiovasculaire ou coronarienne. Quelques mois plus tard, le rôle des émulsifiants dans la facilitation du développement de cancers avait également été pointé du doigt. Des conclusions qui restent toutefois toujours à étayer à travers d’autres futures études « épidémiologiques et expérimentales », avaient-ils précisé.
Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/aliments-ultra-transformes-et-maladies-chroniques-lanses-incite-a-mener-des-recherches-plus-XEC2DQLQJ5FIRDW42PAXSMRCMU/
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Publish date : 2025-01-30 14:56:00
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Surtaxe des entreprises : la grogne des grands patrons français
Bernard Arnault (LVMH), Guillaume Faury (Airbus), Florent Menegaux (Michelin)… Plusieurs grands patrons français se sont exprimés dans les médias et au Sénat ces dernières semaines pour se plaindre de la hausse temporaire des taxes sur les grandes entreprises prévue dans le budget en préparation en France pour l’année 2025, tout en affirmant qu’il ne fallait pas s’étonner si les industries décidaient de délocaliser. Ce jeudi 30 janvier, c’était au tour du président du Medef de fustiger sur RTL le système de taxation français, et de considérer que Bernard Arnault avait « raison » de menacer de partir pour les Etats-Unis : « Il a évidemment raison, comme d’autres grands chefs d’entreprise qui se sont exprimés dans le même sens sur la fiscalité », a estimé Patrick Martin. Selon lui, « la colère monte » parmi les adhérents du Medef, face aux choix économiques du gouvernement.Menaces de délocalisation »Aux USA, les impôts vont descendre à 15 %, les ateliers sont subventionnés dans une série d’Etats et le président (Trump) encourage ça », a salué mardi Bernard Arnault lors de la présentation des résultats 2024 de LVMH. « Quand on revient en France et qu’on voit qu’on s’apprête à augmenter de 40 % les impôts des entreprises qui fabriquent en France, c’est incroyable. Pour pousser à la délocalisation, c’est idéal ! », a dénoncé le milliardaire, fustigeant « la taxation du made in France ».Le dirigeant du géant français du luxe faisait référence à la surtaxe d’impôt temporaire sur les sociétés prévue dans le projet de loi de finances pour 2025, pour les entreprises qui réalisent plus de 3 milliards de chiffre d’affaires uniquement, qui devrait rapporter 8 milliards d’euros cette année. »L’incompréhension tourne à la colère » parmi les adhérents du Medef, abonde Philippe Martin, et « les conséquences, c’est que ceux qui peuvent partir partent. Et ils ont raison ». « Quand vous avez un pays qui a de la croissance, des conditions attractives en termes de prix de l’énergie, de fiscalité, vous y allez, c’est normal », a jugé le président du Medef.Des menaces de délocalisation qui rejoignent les déclarations de Guillaume Faury, directeur général d’Airbus. Pointant du doigt « trop de charges, trop de règlements, trop de contraintes, trop de taxes », celui-ci avait souligné début janvier qu’il était « extrêmement difficile de résister à l’attractivité américaine », « quand on voit la non-attractivité européenne et l’incertitude ». Florent Ménégaux, directeur de Michelin, avait également tenu des propos similaires lors de son audition devant le Sénat, mercredi 22 janvier, tout comme Patrick Pouyanné, dirigeant de TotalEnergies, lors d’un colloque organisé en décembre par l’Union française de l’électricité (UFE). »Indécents »Ces critiques ont du mal à passer à gauche et au sein du gouvernement. « Je comprends sa colère. Je comprends que dans la condition budgétaire dans laquelle nous nous trouvons, chacun doit prendre part aux efforts », a réagi Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement, mercredi lors du compte-rendu du Conseil des ministres, tout en rappelant que la surtaxe envisagée devait être temporaire. Le sénateur PCF de Paris, Ian Brossat, a lui estimé que les propos de Bernard Arnault étaient « indécents », rappelant qu’aux Etats-Unis, les entreprises paient moins cher puisqu’ »il n’y a même pas de sécurité sociale. »Selon le sénateur écologiste Guillaume Gontard, interrogé par Public Sénat, la surtaxe envisagée par le gouvernement « est peut-être le seul élément, justement, qui remet un tout petit peu de justice fiscale » : « Je rappelle que LVMH, c’est 17 milliards de bénéfices cette année. Je rappelle que les entreprises du CAC40 ont reversé 100 milliards de dividendes », a-t-il ajouté. Le groupe LVMH a atteint 12,55 milliards d’euros de bénéfice net annuel, bien qu’en baisse de 17 %. « On voit qu’il y a des entreprises qui se portent bien, qui font des bénéfices et qui licencient. Michelin, par exemple. Donc oui, on a besoin de mettre de la conditionnalité dans les aides d’Etat et de faire participer tout le monde à l’effort national », a encore estimé Guillaume Gontard.
Source link : https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/surtaxe-des-entreprises-la-grogne-des-grands-patrons-francais-LLUYQKD2WBCGLJNDNEIXZP7IYM/
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Publish date : 2025-01-30 11:57:00
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Gaza : huit otages libérés au total ce jeudi, Benyamin Nétanyahou dénonce des « scènes choquantes »
Nouvelle salve de libérations d’otages retenus dans la bande de Gaza. Trois Israéliens et cinq Thaïlandais, capturés par le Hamas et le Jihad islamique lors de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, ont été délivrés ce jeudi 30 janvier. La soldate Agam Berger, 20 ans, a été la première à être libérée dans la mâtinée dans le nord de la bande de Gaza. Quelques heures plus tard, deux autres otages israéliens, Gadi Moses, 80 ans, et Arbel Yehud, 29 ans, ont à leur tour été libérés à Khan Younès. Tout comme cinq ressortissants thaïlandais, eux aussi retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023.À Khan Younès, des scènes de chaos ont accompagné la libération des otages. « Je vois avec effroi les scènes choquantes de la libération de nos otages. C’est une preuve supplémentaire de la cruauté inimaginable de l’organisation terroriste Hamas », a réagi Benyamin Nétanyahou face à ces événements. 110 prisonniers palestiniens, dont 32 condamnés à perpétuité, doivent également être libérés par Israël dans le cadre de cet échange. Avant cet échange, sept Israéliennes avaient déjà été libérées, contre 290 Palestiniens, le 19 janvier, au premier jour de la trêve, puis le 25 janvier. L’accord de cessez-le-feu prévoit, durant une première phase de six semaines, la libération de 33 otages en échange d’environ 1900 Palestiniens, mais les autorités israéliennes ont prévenu que ce premier groupe comprenait huit otages morts.Les infos à retenir⇒ Huit otages, trois Israéliens et cinq Thaïlandais, ont été libérés ce jeudi par le Hamas et le Jihad islamique⇒ Benyamin Nétanyahou a dénoncé « des scènes choquantes » entourant la libération de ces otages⇒ Israël doit relâcher 110 prisonniers palestiniensDes « scènes choquantes » dénoncées par Benyamin NétanyahouLes cérémonies organisées par le Hamas et le Jihad islamique autour de la libération d’otages ce jeudi, à l’instar de celle déjà réalisée samedi 25 janvier pour quatre précédentes otages israéliennes, ont suscité la colère du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. « Je vois avec effroi les scènes choquantes de la libération de nos otages. C’est une preuve supplémentaire de la cruauté inimaginable de l’organisation terroriste Hamas », a-t-il ainsi déclaré dans un communiqué. »J’exige que les médiateurs fassent en sorte que de telles scènes d’horreur ne se renouvellent pas et qu’ils garantissent la sécurité de nos otages », a poursuivi le dirigeant israélien, en référence au Qatar et à l’Égypte, les médiateurs pour l’application de l’accord de trêve. « Quiconque osera faire du mal à nos otages en paiera le prix. » Sept nouveaux otages libérés dans la bande de GazaEn plus de la soldate Agam Berger, libérée par le Hamas un peu plus tôt dans la mâtinée, sept autres otages retenus dans la bande de Gaza ont été remis à la Croix-Rouge ce jeudi. Deux Israéliens, Gadi Moses, 80 ans, et Arbel Yehud, 29 ans, ont été libérés à Khan Younès par le Jihad islamique, un groupe allié au Hamas. La jeune femme avait été capturée au sein du kibboutz Nir Oz avec son fiancé, lors de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. La libération de ces deux otages s’est produite dans le chaos. Des images ont notamment montré Arbel Yehud escortée pendant de longues minutes par une escouade de combattants masqués du Jihad islamique et du Hamas, au milieu d’une foule bruyante et survoltée.Dans le même temps, cinq ressortissants thaïlandais, également retenus en otage depuis le 7 octobre 2023, ont aussi été libérés, a confirmé le pouvoir israélien. Il s’agit de Watchara Sriaoun, Pongsak Tanna, Sathian Suwannakham, Surasak Lamnau et Bannawat Saethao, qui travaillaient tous comme ouvriers dans des kibboutz proches de la bande de Gaza au moment de leur enlèvement. Les huit otages aujourd’hui libérés sont bien arrivés sur le territoire israélien.La soldate israélienne Agam Berger libérée par le HamasLa soldate israélienne Agam Berger, retenue en otage dans la bande de Gaza, a été remise ce jeudi matin par le Hamas à la Croix-Rouge à Jabalia, dans le nord du petit territoire palestinien. L’armée israélienne a confirmé peu après dans un communiqué qu’elle était bien arrivée en Israël. Âgée de 20 ans, Agam Berger avait été capturée le 7 octobre 2023 alors qu’elle faisait son service militaire près de la bande de Gaza. Elle a passé quasiment 16 mois de captivité à Gaza.Dans les ruines du camp de réfugiés de Jabalia, Agam Berger a été remise à la Croix-Rouge par des hommes du Hamas en uniforme noir, après avoir été exhibée sur un podium arborant des slogans tels que « Jabalia, cimetière de Givati », en référence à une brigade de l’armée israélienne. Le visage fermé, la jeune femme a été contrainte de saluer la foule. Un drapeau palestinien long de plusieurs mètres était déroulé sur le squelette d’un immeuble de cinq étages dont il ne reste rien de la façade. Les voitures blanches ont ensuite quitté les lieux, entourées d’une foule de civils, selon des images tournées par l’AFP.Cinq Thaïlandais, dont les noms n’ont pas été communiqués, doivent également être remis en liberté dans la journée, en dehors du cadre de l’accord de trêve. Une trentaine de Thaïlandais ont été enlevés par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre, et 23 ont été libérés avant la fin de l’année 2023. La Thaïlande comptait quelque 30 000 citoyens en Israël au moment du raid, la majorité d’entre eux étant des travailleurs migrants dans l’agriculture, originaires des provinces pauvres du nord-est.La libération de 110 Palestiniens attendueEn échange de la libération des trois otages israéliens ce jeudi, Israël doit libérer ce même jour 110 Palestiniens, dont 32 condamnés à perpétuité, selon une ONG palestinienne. Les prisonniers libérés, dont 20 seront exilés, doivent arriver à Ramallah, en Cisjordanie occupée, vers midi (11h00 heure française).Un quatrième échange est prévu samedi, avec la libération de trois hommes, tous en vie, selon le calendrier annoncé mercredi par Israël.L’armée israélienne annonce avoir « intercepté » un drone du HezbollahL’armée israélienne a annoncé jeudi avoir « intercepté » un drone du Hezbollah, lancé selon elle en direction du territoire israélien, sans préciser si l’aéronef avait été intercepté au Liban ou après avoir franchi la frontière. »Un drone de surveillance du Hezbollah qui avait été lancé en direction du territoire israélien a été intercepté par » l’armée de l’Air sans que les sirènes d’alerte ne soient déclenchées dans le nord d’Israël, indique un bref communiqué militaire. Un cessez-le-feu fragile entre le mouvement islamiste libanais et Israël tient depuis le 27 novembre.L’agence de l’ONU dédiée aux Palestiniens interdite de travailler par IsraëlL’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) doit cesser de travailler « sur le territoire israélien » jeudi, un an après l’explosion d’une polémique sur le rôle de certains de ses employés lors de l’attaque du 7 octobre.Après plus de 75 ans d’existence, et malgré les réserves d’une partie de la communauté internationale, l’UNRWA doit disparaître du paysage israélien, un casse-tête à mettre en œuvre. Dernier clou dans le cercueil de l’UNRWA, la Cour suprême israélienne a rejeté mercredi la demande de suspension de l’application des lois israéliennes, votées fin octobre, visant à mettre fin aux activités de l’agence.Pour les dirigeants israéliens, ces lois sont une victoire politique. Selon eux, l’UNRWA a joué un rôle dans l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. »L’UNRWA regorge de membres du Hamas, pas seulement les 19 sur lesquels l’UNRWA enquête […] mais aussi des centaines d’employés », a déclaré mercredi David Mencer, un porte-parole du gouvernement. Fin janvier 2024, les autorités israéliennes avaient accusé 12 employés de l’UNRWA d’implication dans l’attaque du 7 octobre, déclenchant une tempête contre l’agence. Sept autres noms avaient ensuite été ajoutés. Ces accusations avaient poussé d’importants donateurs à suspendre leur financement de l’agence. Une enquête onusienne avait établi en août que seuls neuf membres de son personnel « pourraient avoir été impliqués ».
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-une-nouvelle-otage-du-hamas-relachee-dautres-liberations-attendues-NB637KJ6T5FZXN2CJOLE6WP5R4/
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Publish date : 2025-01-30 12:44:00
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Une rencontre Donald Trump – Vladimir Poutine sur l’Ukraine ? Le spectre d’un nouveau Yalta
A ce stade, rien n’indique qu’ils vont parvenir à s’entendre. Fidèle à sa stratégie de « pression maximale », Donald Trump a tancé Vladimir Poutine : s’il n’y a pas « rapidement » d’accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine, il imposera à Moscou « des taxes, droits de douane et sanctions » très élevés, a-t-il martelé sur Truth Social. Il n’a pas échappé au président américain que l’économie russe présente des signes alarmants de surchauffe : 9 % d’inflation officielle (mais des hausses de prix plus proches des 15 % dans les supermarchés), un rouble en chute libre… Dans ce contexte dégradé, s’attaquer aux ventes de gaz et de pétrole russes – qui représente plus de la moitié des recettes d’exportation, selon les dernières données disponibles – porterait un coup sévère à la guerre de Poutine.Pas sûr, toutefois, que cette menace suffise à le faire plier. Bien que « préoccupé » par la situation économique, le chef du Kremlin n’est pas (encore) à court de ressources. A l’initiative sur le champ de bataille, il pourrait opposer une fin de non-recevoir à Washington. En fin connaisseur de la psyché trumpienne, il pourrait aussi prendre le président américain à contre-pied. Déjà, il a commencé à le flatter en le qualifiant d’ »intelligent » et de « pragmatique ». Il pourrait maintenant l’inciter à traiter directement avec lui du sort de l’Ukraine. Sans Volodymyr Zelensky. Et sans les Européens.Nouveau YaltaEn septembre dernier, Poutine s’était dit prêt à négocier une paix sur la base de la « formule d’Istanbul », des pourparlers entre Kiev et Moscou qui s’étaient tenus au printemps 2022. L’Ukraine acceptait de devenir neutre, mais pouvait adhérer à l’Union européenne. L’affaire avait capoté, Kiev n’ayant pas obtenu de garanties suffisantes de sécurité.Mais Poutine veut aller plus loin. « Il est préférable que nous […] discutions calmement de tous les domaines qui intéressent à la fois les Etats-Unis et la Russie », a-t-il déclaré la semaine dernière, en évoquant une possible rencontre avec le nouveau président américain. Les négociations sur la fin du conflit en Ukraine pourraient ainsi s’intégrer dans un format plus large, visant à définir une nouvelle architecture de sécurité européenne. Un nouveau Yalta.Mettre fin à la guerre – seul – et redessiner un nouvel ordre pour l’Occident ? Ce serait tentant pour un Donald Trump, qui rêve du prix Nobel de la paix. A Kiev, on voit le danger : Poutine veut « négocier le sort de l’Europe sans l’Europe », a alerté Andriï Iermak, chef de cabinet du président Zelensky, le 24 janvier. Méfiance, en effet. Entre un Trump égotique et un Poutine manipulateur, le risque existe que les Européens soient tenus à l’écart de « grandes manœuvres diplomatiques » et qu’il se fassent balayer de leur propre histoire. Ou, pour le dire autrement, qu’ils ne soient pas à la table des négociations, mais qu’ils en soient le menu.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/une-rencontre-donald-trump-vladimir-poutine-sur-lukraine-le-spectre-dun-nouveau-yalta-CX2SREMAKZB65LUS32MNTGAZO4/
Author : Charles Haquet
Publish date : 2025-01-30 11:00:00
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« Je ne suis pas anti-vaccin » : Robert F. Kennedy Jr. en difficulté face au Sénat
Désigné par Donald Trump pour diriger le ministère de la Santé, Robert F. Kennedy Jr. était entendu mercredi 29 janvier au Sénat lors d’une audition préalable à un vote sur sa nomination. Les élus démocrates l’ont mis en difficulté en l’interrogeant sur ses propos vaccinosceptiques et ses positions contradictoires sur l’avortement, alors qu’il s’est emmêlé à plusieurs reprises les pinceaux au sujet des grands programmes publics de santé. »Aujourd’hui vous niez sous serment être contre les vaccins, mais lors d’une interview à un podcast en juillet 2023, vous avez dit, je cite : ‘Aucun vaccin n’est sûr et efficace’ », a notamment tonné le sénateur Ron Wyden. Quelques minutes auparavant, RFK Jr. avait assuré aux membres de la commission des finances du Sénat ne pas être « antivaccin » mais « pour la sécurité », suscitant la protestation d’une femme dans l’audience, rapidement exfiltrée.Robert F. Kennedy Jr., President Donald Trump’s pick to lead the top US health agency, came under attack at a Senate confirmation hearing, with Democratic lawmakers accusing him of covering up his anti-vaccine views and embracing conspiracy theories https://t.co/16fn4YLsXB pic.twitter.com/uCCavFsTb1— Reuters (@Reuters) January 30, 2025Héritier de la dynastie Kennedy, l’ancien démocrate rallié depuis peu à Donald Trump a promis qu’il se rangerait derrière l’avis du républicain en matière de droits reproductifs et réévaluerait « la sûreté » d’une pilule utilisée dans la majorité des avortements aux Etats-Unis. « Je suis d’accord avec le président Trump pour dire que chaque avortement est une tragédie », a soutenu cet avocat en droit de l’environnement âgé de 71 ans, qui défendait il y a encore peu l’idée que les femmes puissent avorter tout au long de leur grossesse. Une « volte-face » fustigée par les démocrates, qui l’ont accusé d’avoir « bradé ses valeurs » pour s’assurer le soutien des républicains. »Des salades »Au cours d’une audition de plus de trois heures, les sénateurs l’ont questionné avec insistance sur ses positions ainsi que sur les politiques qu’il compte mener, alors que de nombreux scientifiques et professionnels de la santé ont fait part de vives inquiétudes à son sujet. Ces dernières années, Robert F. Kennedy Jr. a suggéré que le sida pourrait être causé par autre chose que le virus du VIH et vanté les bénéfices du lait non pasteurisé redouté par les agences sanitaires, notamment depuis que de nombreux bovins ont été contaminés par la grippe aviaire aux États-Unis. Il s’est fait aussi le relais de nombreuses théories du complot sur les vaccins contre le Covid-19 comme sur de prétendus liens entre vaccination et autisme, notamment par le biais de l’organisation Children’s Health Defense qu’il a cofondée.Des positions qu’il a fortement minimisées devant les sénateurs, suscitant l’ire de plusieurs élus. « Il nous a raconté des salades », a ainsi pesté le démocrate Sheldon Whitehouse.Tout en se défendant, notamment au sujet de ses revenus tirés de poursuites légales contre des sociétés pharmaceutiques, RFK Jr. s’est efforcé de faire la promotion de son programme. « Les Américains sont les gens les plus malades sur Terre », a-t-il lancé, s’engageant à lutter contre la malbouffe, « principale responsable » selon lui des maladies chroniques. Tâchant de convaincre les républicains sceptiques, RFK Jr. a toutefois assuré que tout changement se ferait en coordination avec les agriculteurs.La date du vote pour sa nomination encore inconnueLe septuagénaire, qui fut un temps candidat indépendant à la dernière présidentielle avant de former une alliance improbable avec Donald Trump, a aussi prôné « une transparence radicale » des autorités sanitaires, qu’il a par le passé accusées de corruption. « Je m’engage à ne licencier aucun de ceux qui font du bon travail », a-t-il répondu à des sénateurs inquiets, tout en s’emmêlant à plusieurs reprises les pinceaux au sujet des grands programmes publics de santé.Si sa nomination était votée par le Sénat, il prendrait la tête d’une agence fédérale employant plus de 80 000 personnes. La date de ce vote n’a pas été annoncée.En dehors de ses positions, c’est aussi la personnalité du neveu du président assassiné JFK qui fait débat. A la veille de son audition, sa cousine Caroline Kennedy a enjoint les sénateurs à rejeter la nomination de celui qu’elle qualifie de « prédateur », et qui fut accro à l’héroïne dans sa jeunesse. « Il aimait montrer comment il mettait les bébés poulets et les souris dans un robot mixeur pour nourrir ses faucons », a-t-elle écrit dans une lettre.Le Sénat a jusqu’ici validé chacune des nominations de Donald Trump, malgré les critiques visant certaines d’entre eux, comme Pete Hegseth, devenu ministre de la Défense et visé par des accusations d’agression sexuelle et de consommation excessive d’alcool.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/je-ne-suis-pas-anti-vaccin-robert-f-kennedy-jr-en-difficulte-face-au-senat-MAP62PWPD5EG5OWAEDBQ4JMZDM/
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Publish date : 2025-01-30 08:39:00
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200 000 soldats européens en Ukraine ? Ce scénario vertigineux qui ressemble à un casse-tête
En février 2024, lorsque Emmanuel Macron avait évoqué la possibilité d’envoyer des troupes au sol en Ukraine, nombre de ses homologues européens s’étaient insurgés contre l’aventurisme du dirigeant français. Près d’un an plus tard, ce scénario n’a plus rien d’incongru. Il se trouve au cœur des discussions entre Européens sur le rôle qu’ils auront à jouer en Ukraine à l’avenir.Un nouveau pavé dans la mare a été lancé le 21 janvier par Volodymyr Zelensky, lorsqu’il a évoqué pour la première fois le nombre de soldats européens nécessaires, selon lui, pour garantir la sécurité de son pays en cas de trêve avec la Russie. « 200 000, c’est un minimum. Sinon, ce n’est rien », a estimé le président ukrainien, en marge du forum de Davos.Cette sortie ne doit rien au hasard. Le calendrier s’est brusquement accéléré avec la prise de pouvoir de Donald Trump, qui, pendant sa campagne, s’était targué de pouvoir mettre fin au conflit en 24 heures. Depuis, les spéculations vont bon train sur le plan que proposera le nouveau locataire de la Maison-Blanche, désireux de rencontrer Vladimir Poutine « dès que possible » pour négocier l’arrêt des combats. En toile de fond : la question de savoir si, comme l’avaient suggéré ses équipes de campagne, il envisage la mise en place d’une « zone démilitarisée » dans le pays, dont la surveillance serait confiée aux Européens.Ressources humaines limitéesCe scénario vertigineux est désormais étudié en urgence par les chancelleries du Vieux Continent. En ont-elles seulement les moyens ? « Sur le papier, le chiffre de 200 000 soldats ne semble pas insensé si l’on veut pouvoir sécuriser un front de 1 200 kilomètres, jauge le général Nicolas Richoux, ancien commandant de la 7e brigade blindée. Mais c’est absolument impossible à trouver. Aucune armée européenne n’est taillée pour mobiliser autant de soldats dans la durée. » A ce jour, les armées françaises comptent un peu plus de 200 000 hommes, en rassemblant l’ensemble des forces terrestres, marines et aériennes.Leur capacité de projection en opération est toutefois bien inférieure. Au Sahel, les troupes françaises impliquées dans l’opération Barkhane avaient ainsi atteint, au maximum, 5 000 hommes. « Lorsque vous avez 5 000 soldats en opération, il y en a en parallèle 5 000 qui se préparent à partir et 5 000 qui reviennent de mission. Donc vous mobilisez en réalité 15 000 hommes, reprend le général Richoux. A cela s’ajoutent les nombreux engagements de nos armées : dans les forces de souveraineté [chargées de protéger le territoire national, NDLR], les bases à l’étranger comme Abou Dhabi ou Djibouti, la Finul, ou encore l’opération Sentinelle, qui requièrent des milliers d’hommes par an. »Difficile, dès lors, de puiser massivement dans des effectifs déjà largement mobilisés sur d’autres théâtres. « A l’heure actuelle, on voit mal comment la France pourrait déployer plus de 10 000 hommes, tout en continuant ses autres engagements ailleurs », confirme Yohann Michel, chargé d’études à l’Institut d’études de stratégie et défense (IESD) de Lyon-3. Soit une petite fraction des forces mobilisées par Moscou et Kiev. Mi-janvier, Volodymyr Zelensky a indiqué que son armée comptait aujourd’hui environ 880 000 hommes répartis sur l’ensemble du territoire, contre 600 000 Russes regroupés dans des zones spécifiques. « Les troupes russes sont concentrées dans plusieurs régions, donc dans certaines, elles ont un avantage quantitatif », a souligné le président ukrainien.50 000 hommes, un objectif atteignableL’enjeu d’un appui des Européens via l’envoi de soldats n’en demeure pas moins crucial pour Kiev. Si la présidence ukrainienne exclut pour le moment toute réduction du format de son armée – largement composée d’hommes ayant été mobilisés au sein de la population -, un tel scénario pourrait finir par s’imposer en cas de trêve de longue durée. « Si tant est qu’il puisse y avoir une paix, l’une des problématiques pour l’Ukraine sera d’y survivre, note Yohann Michel. Cela implique à terme une forme de démobilisation pour pouvoir reprendre une vie économique normale. »Kiev ne baissera toutefois pas la garde sans garanties de sécurité solides fournies par ses alliés contre toute nouvelle invasion russe. Et pour cause : en Ukraine, tous se souviennent encore du mémorandum de Budapest, signé il y a à peine 30 ans, par lequel la Russie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni devaient garantir l’intégrité de ses frontières, en échange du retrait de ses armes nucléaires datant de l’ère soviétique. Avec, depuis, le sentiment insistant qu’elles auraient dissuadé Vladimir Poutine d’attaquer, si le pays en avait encore été doté.Mais sans soutien américain – catégoriquement rejeté par l’administration Trump – combien de soldats les Européens seraient-ils en mesure d’aligner sur place ? « Un objectif de 50 000 hommes serait ambitieux mais réalisable », estime Yohann Michel. « Cela permettrait d’avoir des réalisations ponctuelles avec des task forces capables de se projeter sur le terrain en cas de difficulté, complète le général Richoux. En dessous de ce volume, les effets resteraient limités. » Quid d’une participation des Européens à la défense du ciel avec leurs avions de combat ? « Une division avec des moyens aériens, c’est proche de ce qui est nécessaire pour avoir une force de réaction face à ce que la Russie pourrait produire », glisse une source militaire.Risque de réaction russePlusieurs pays ont d’ores et déjà ouvert la porte à un tel déploiement. Au-delà de l’Hexagone, le Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué mi-janvier lors d’une visite à Kiev que son pays jouerait un « rôle à part entière » dans toute force potentielle de maintien de la paix. Deux jours plus tôt, le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kęstutis Budrys, avait, lui aussi, esquissé un feu vert. « Je vois mal cette opération se mener sans un alignement du triangle Weimar [France, Allemagne et Pologne, NDLR], pointe Yohann Michel. Il faudrait également pouvoir compter sur l’Italie qui constitue une grande force européenne. »Le périmètre d’une telle mission n’en demeurerait pas moins complexe. Une opération de maintien de la paix réalisée dans le cadre d’un mandat des Nations Unies – à l’image de l’intervention occidentale au Kosovo après le cessez-le-feu de 1999 – serait soumise à l’accord plus qu’incertain d’une Russie membre permanent du Conseil de sécurité. « Une telle mission aurait de facto toutes les chances d’être confiée à une force multinationale n’incluant pas les Européens en raison du droit de veto russe, souligne Marie Dumoulin, ancienne diplomate et directrice du programme Europe élargie à l’European Council for Foreign Relations (ECFR). L’Ukraine est toutefois un Etat souverain qui a le droit d’inviter des partenaires à déployer des troupes sur son territoire en dehors du cadre onusien. »Les alliés de Kiev oseront-ils s’y résoudre ? A défaut d’accord avec Moscou, le risque serait pour les forces dépêchées sur place de se retrouver, elles aussi, prises pour cible. « Même en cas de cessez-le-feu, il y a une probabilité non nulle que la Russie cherche à tester la détermination des pays impliqués dans une opération en Ukraine, confirme l’ancienne diplomate. Ce qui fera la crédibilité de cette force, c’est sa capacité à être prête à réagir en cas d’attaque. » Une décision potentiellement lourde de sens pour les Européens.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/200-000-soldats-europeens-en-ukraine-ce-scenario-vertigineux-qui-ressemble-a-un-casse-tete-GXKPZHBZDJAUPAEJCC4GU2WOZU/
Author : Paul Véronique
Publish date : 2025-01-30 07:00:00
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Budget 2025 : qui sont les 14 membres de la commission mixte paritaire ?
Comme un air de déjà-vu. Ce jeudi 30 janvier, sept députés et sept sénateurs se réuniront en commission mixte paritaire (CMP) pour essayer de faire émerger un compromis sur le budget 2025. Cette initiative régit par l’article 45 de la Constitution se déroulera à l’Assemblée nationale et devra être composée de huit parlementaires issus du « socle commun » réunissant la droite et les macronistes, et de six parlementaires des oppositions. À noter que les sièges sont attribués en proportion de l’importance des groupes de chaque assemblée.Pour rappel, la CMP peut être « réunie à l’initiative du Premier ministre, ou depuis 2008 à celle des présidents des deux assemblées conjointement pour les propositions de lois, en cas de désaccord persistant entre les assemblées sur un projet ou une proposition de loi », définit le site officiel du Sénat. La mission de la CMP est donc de s’enfermer dans une pièce sur une période indéfinie et de faire naître une ultime mouture de la loi qui pourrait mettre tout le monde d’accord au Parlement. « La discussion se déroule article par article, en principe dans leur ordre numérique. Mais cet ordre est modifié sans formalité particulière s’il apparaît que cette modification est de nature à faciliter un accord » », précise le site officiel.Dans cette commission mixte paritaire, on retrouve quatre représentants de la droite. Philippe Juvin (LR), député des Hauts-de-Seine, ainsi que trois sénateurs : Jean-François Husson (LR), pour la Meurthe-et-Moselle, Christine Lavarde (LR), élue des Hauts-de-Seine et Stéphane Sautarel (LR), pour le Cantal. Même nombre d’émissaires pour le bloc rose du Nouveau Front populaire : seul représentant de la France Insoumise, Eric Coquerel qui est le président de la commission des Finances à l’Assemblée. À ses côtés, trois membres du Parti socialiste : Philippe Brun, député de l’Eure, accompagné des sénateurs de la Haute-Garonne et de la Sarthe, respectivement Claude Raynal et Thierry Cozic. »Le socle commun » majoritaireLe camp macroniste envoie David Amiel (EPR), député de Paris considéré à l’aile gauche de Renaissance, Jean-Paul Mattei (MoDem), député des Pyrénées-Atlantiques et les sénateurs Vincent Capo-Canellas pour l’Union centriste, et Didier Rambaud chez Renaissance. Le Rassemblement national, lui, pourra compter sur deux députés : Jean-Philippe Tanguy et Matthias Renault.Par ailleurs, les conclusions éventuelles de la commission mixte paritaire sur le budget de l’Etat seront examinées lundi 3 février, à l’Assemblée nationale, selon une source parlementaire, avec sans doute à la clé l’utilisation pour la première fois par François Bayrou de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, en misant sur le fait que le RN ou les socialistes ne le censurent pas. Le Sénat pourrait lui se prononcer définitivement sur le budget de l’Etat le 7 février. Ses conclusions devront ensuite être adoptées par les deux chambres. Pour rappel, l’Assemblée nationale a toujours le dernier mot en cas de divergence avec le Sénat.Alors que la coalition gouvernementale est en position de force pour trouver un compromis qui lui convient en CMP, ce n’est pas parce qu’il y a un consensus que le texte sera validé par les députés ou qu’une motion de censure ne sera pas adoptée. « Depuis 1959, malgré les alternances politiques, deux commissions mixtes paritaires sur trois ont abouti à un accord », assure le site du Sénat. Et il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des exemples d’échec. En décembre 2024, un accord avait été pondu par les quatorze représentants sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) présenté par le gouvernement Barnier. On connaît la suite.
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/budget-2025-qui-sont-les-14-membres-de-la-commission-mixte-paritaire-WOD654YQONAC7CQGQH66OXDVLM/
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Publish date : 2025-01-30 05:15:00
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Conflit en RDC : « Les civils sont coincés entre le marteau et l’enclume »
Les tirs se sont enfin calmés, ce mercredi 29 janvier au matin, dans la cité de Goma à l’extrême est de la République démocratique du Congo (RDC). Son sort est désormais scellé : les rebelles du M23 (« Mouvement du 23 mars ») et leurs alliés rwandais contrôlent les points clefs de la ville. L’aéroport est tombé, le siège du gouvernement provincial a été pris, et nombre de soldats congolais ont fui après seulement deux jours de siège de la cité, coincée entre le lac Kivu et la frontière du Rwanda. Avec la prise violente de Goma, la communauté internationale ouvre les yeux sur un conflit qui gangrène la région du Kivu depuis des années, et plonge les populations locales dans une crise humanitaire d’une ampleur catastrophique. Alors qu’en sortant de leurs logements barricadés, les habitants découvrent des cadavres par centaines dans leurs rues ce mercredi matin, et que des centaines de milliers de personnes fuient dans la panique la ville et ses alentours, l’ONU s’est de nouveau réunie en urgence. La RDC, elle, réclame des sanctions contre le Rwanda.Les hauts responsables du M23 ont prévenu qu’ils « continueront » d’avancer au-delà de Goma, selon un haut diplomate rwandais. À l’image de la médiation avortée mi-décembre par l’Angola, visant à établir un cessez-le-feu dans la région, la réunion convoquée ce mercredi par le Kenya entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame n’aura pas lieu. L’avenir du Kivu et de sa population, coincée entre le marteau et l’enclume, est incertain. Clémentine de Montjoye, chercheuse senior à Human Rights Watch, spécialiste de la région des Grands Lacs, détaille les dynamiques du conflit et ses conséquences concrètes sur les populations locales.L’Express : Que vivent les Congolais actuellement, à Goma et dans ses alentours ?Clémentine de Montjoye : Depuis lundi 27 janvier, les forces du M23 ont pris progressivement le contrôle de Goma et de son aéroport. Il y a eu de violents combats à l’intérieur même de la ville, avec des échanges de tirs, d’artillerie lourde, des pillages, les habitants vivent globalement dans une grande insécurité. Aujourd’hui, les forces du M23 continuent d’affluer par l’axe ouest et achèvent de prendre contrôle de la ville. L’électricité est coupée depuis plusieurs jours, il y a des pénuries d’eau. En réalité, l’arrivée du conflit au cœur de Goma aggrave une situation humanitaire qui était déjà très mauvaise dans et autour de cette cité.Cette crise vient s’ajouter à une année de pression extrême sur les populations locales. Il y a un an, le M23 avait déjà encerclé la ville de Saké, à 20 kilomètres à l’ouest de Goma, et gagné un terrain considérable dans le Nord-Kivu. Beaucoup de Congolais se sont réfugiés dans les neuf camps qui entourent la ville, et qui sont ouvertement exposés au conflit. Dans ces camps, les réfugiés sont victimes d’exactions de la part des groupes armés du conflit : des exécutions, des viols, parfois collectifs. Ce sont les pires conditions que j’ai vues dans des camps.Lorsque le M23 a encerclé Saké il y a un an, Médecins Sans Frontières répertoriait 1 500 cas de viols par mois, sur seulement trois des camps de réfugiés. Cette nouvelle offensive du M23 a fait se déplacer plus de 400 000 personnes depuis le début du mois de janvier, selon le chiffre le plus récent de l’ONU. Les camps sont désormais coupés d’assistance humanitaire. En dehors des alentours de Goma, on parle de 4 millions de déplacés dans l’est du Congo.Quels sont les acteurs de ce conflit ?D’un côté se trouve le M23, un groupe armé créé à partir d’une mutinerie au sein de l’armée congolaise. Il est composé principalement de Tutsis, et revendique de protéger les populations Tutsis locales. Eux sont soutenus par le Rwanda et renforcées par les forces armées rwandaises, au nombre de 3 000 ou 4 000 selon l’ONU. Ils étaient déjà soutenus par le Rwanda lors de la première prise de Goma, il y a douze ans. Désormais, ils bénéficient parfois aussi du soutien des forces ougandaises.De l’autre côté, on a les forces armées congolaises, les FARDC. Pour défendre le territoire congolais, elles se sont alliées avec un groupe armé, les Wazalendo, « les patriotes » en swahili. Eux aussi ont aussi un lourd passif de violation des droits humains et d’abus sur les populations qu’ils croisent. À l’origine, on retrouvait aussi au sein de cette coalition les « FDLR », un groupe armé de Rwandais réfugié au Congo, et géré par des responsables génocidaires en fuite, après le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda. Aujourd’hui, l’armée congolaise s’en est éloignée. Cette coalition a aussi été soutenue au fil du temps par différentes armées régionales, venues d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe, pour se battre contre le M23.À tout cela s’ajoute la Monusco, la mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo. Elle a pris part aux combats pour défendre les civils, et pour défendre la ville de Goma du M23. Plusieurs soldats uruguayens et sud-africains de la Monusco ont été tués dans ces combats.Quel est le but de ces groupes armés qui s’affrontent ?Après avoir conquis une grande partie des territoires du Nord-Kivu, le M23 entre désormais dans la province du Sud-Kivu. Selon nos signalements, ils mettent en place des pratiques de travail et de recrutement forcées dans les zones conquises. On a aussi documenté grâce à nos sources de nombreuses exactions de leur part sur les populations locales congolaises : des exécutions, des viols. Le procédé consiste la plupart du temps à accuser les hommes du village d’être dans le camp de l’armée congolaise, avant de les exécuter ou de violer leurs femmes.Tout cela traduit un combat pour le contrôle du territoire. Le M23 a un passif de démantèlement des camps de déplacés, une fois un territoire complètement contrôlé – ils demandent aux populations locales de retourner chez elles, pour stabiliser la zone. S’ils ne l’ont pas encore fait pour la zone de Goma, on sait qu’ils ont déjà lancé les démantèlements dans la zone de Masisi, dans le Nord-Kivu. Le dernier rapport de l’ONU détaille d’ailleurs très bien les ambitions expansionnistes du M23 soutenu par le Rwanda. L’argument principal avancé par le M23 est la protection des populations Tutsis congolaises [persécutées au Rwanda pendant le génocide de 1994, NDLR]. Le paradoxe, c’est que nous documentons une persécution plus importante des populations Tutsis depuis la résurgence du M23 dans la région fin 2021. Parce que ces populations sont accusées d’être partisanes du M23, et donc violentées par les FARDC.En attendant, la population civile souffre du fait des deux camps : le M23, et la coalition FARDC-Wazalendo. Chacun promet de protéger les populations. La réalité, c’est que de l’artillerie lourde et des armes explosives sont utilisées dans le conflit – par les FARDC-Wazalendo et par le M23 et l’armée rwandaise – sans discernement des civils, dans des zones urbaines ou densément peuplées. Les civils sont coincés entre le marteau et l’enclume.La communauté internationale fait appel à la médiation menée par l’Angola, qui a déjà échoué une fois, pour qu’elle reprenne, et essaie de faire en sorte que le cessez-le-feu établi par Luanda soit respecté. À Human Rights Watch, ce que nous demandons surtout, c’est que les populations civiles soient protégées, de même que les infrastructures médicales et essentielles, et que l’accès à l’aide humanitaire soit rétabli. Mais aussi que la réparation des crimes perpétrés contre les populations locales soit intégrée au processus de paix, et que les responsables militaires, rwandais comme congolais, soient jugés pour leurs crimes commis dans la région ces trois dernières décennies.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/afrique/guerre-rdc-rwanda-la-population-civile-souffre-aux-mains-des-deux-camps-TFBNN6O2DNGBRJEFQAMQE6AIYU/
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Publish date : 2025-01-29 14:21:00
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MBS, les rêves fous du prince saoudien : leader du Moyen-Orient, relation avec Donald Trump, le péril islamiste
A l’aube de son règne, en 2017, le prince héritier saoudien a fait une promesse folle, ne provoquant qu’un haussement d’épaules amusé dans les chancelleries : « Le Moyen-Orient sera l’Europe du XXIe siècle. » Aujourd’hui, ses ambitions ne font plus rire personne. La perspective d’une période de paix inédite qui s’ouvre dans la région, après les cessez-le-feu au Liban, à Gaza et la chute de Bachar el-Assad, offre une opportunité en or à MBS de mettre sa promesse à exécution. Normalisation des relations avec Israël, création d’un Etat palestinien, encadrement de l’Iran, reconstruction des pays dévastés… Le chantier s’annonce immense, mais le jeune prince peut à présent compter sur le retour d’un autre ancien paria, Donald Trump.EPISODE 1 – MBS, l’ambitieux prince saoudien : enquête sur l’homme qui peut changer le Moyen-OrientChapitre III – Trump, une relation en or (et en dollars)Dans sa traversée du désert, MBS doit sa survie à un homme : Donald Trump. Rien de grandiloquent, mais une absence de condamnation qui valait soutien tacite. « En tant que président des Etats-Unis, Trump avait accordé un certain niveau de protection à MBS en coulisses pendant l’affaire Khashoggi, rappelle Christopher Davidson, spécialiste du Golfe à la Durham University au Royaume-Uni. Ce simple geste avait permis au prince héritier de ne pas être évincé du pouvoir malgré son isolement et des contestations de plus en plus fortes en interne. » Le Saoudien ne l’a pas oublié.Lui non plus n’a pas lâché le milliardaire républicain après sa perte de la Maison-Blanche en 2020, notamment par l’intermédiaire de Yasir Al-Rumayyan. Son visage reste inconnu du grand public, pourtant ce Saoudien de 55 ans gère une fortune supérieure à celles d’Elon Musk, Bill Gates et Bernard Arnault réunies. Cet homme d’affaires couve les 1 000 milliards de dollars du Fonds souverain saoudien, l’une des plus importantes plateformes de financement au monde.NEW3839_COVER-OUV-MBS-CARTE-INVESTISSEMENTS.jpgLe week-end suivant la réélection du magnat new-yorkais, Al-Rumayyan se trouvait à ses côtés, avec Elon Musk, au premier rang d’un combat de catch au Madison Square Garden. « Il allait régulièrement jouer au golf club de Trump à Bedminster, dans le New Jersey, ce qui montre que MBS n’a jamais considéré le président américain comme fini et qu’ils ont maintenu une grande complicité », raconte un homme d’affaires français familier des coulisses du royaume.Photographié avec une casquette « Make America Great Again » à l’été 2022, Al-Rumayyan symbolise le pari réussi de MBS avec Trump. Dès la fin de son mandat, l’Arabie saoudite investit 2 milliards de dollars dans le fonds créé par le gendre de l’ancien président, Jared Kushner. « Les deux dirigeants s’apprécient, mais ils ne se font pas confiance, tempère Christopher Davidson. L’absence de Jared Kushner lors de ce second mandat aura aussi son importance, puisqu’il était le principal intermédiaire entre Trump et MBS. »Après l’investiture américaine, le prince saoudien est le premier dirigeant mondial à recevoir un appel de la Maison-Blanche. Dans la foulée, Trump est interrogé par un journaliste sur une éventuelle visite en Arabie saoudite. « La première fois, [les Saoudiens] avaient promis 450 milliards de dollars d’investissements aux Etats-Unis. S’ils promettent autant ou un peu plus, compte tenu de l’inflation, j’y retourne ! » Le lendemain, MBS annonce son intention d’investir 600 milliards de dollars sur le territoire américain. Réponse de Trump : « Il pourrait arrondir à 1 000 milliards. »Un étrange jeu d’enchères dont le New-Yorkais raffole, mais qui a le don d’agacer les Saoudiens. En 2018, pendant une visite à Washington, MBS avait été reçu dans le bureau Ovale avec une carte des Etats-Unis mettant en évidence les régions bénéficiant des 12 milliards de ventes d’armes à l’Arabie saoudite. « C’est une bagatelle pour vous », avait rigolé Trump, provoquant une colère sourde du prince saoudien selon son entourage, humilié d’être pris pour une vache à lait par le président américain. Leur relation pourrait toutefois changer la face du monde.Donald Trump brandit un tableau avec les ventes d’armes à l’Arabie saoudite lors de sa rencontre avec le prince héritier saoudien Mohammed ben SalmaneChapitre IV – Un continent à conquérirC’est l’un des chapitres les plus rocambolesques de la jeune carrière de MBS. En novembre 2017, il convoque à Riyad le Premier ministre libanais, Saad Hariri, qu’il accuse d’être trop proche de l’Iran. Rien d’inhabituel jusque-là, sauf que le Libanais se retrouve arrêté, malmené et menacé par des hommes de main du prince saoudien. Contraint à la démission, Hariri se retrouve otage plusieurs jours. C’est finalement Emmanuel Macron qui débloquera la situation en invitant officiellement Hariri à se rendre à Paris.Sept ans plus tard, le Liban semble avoir oublié ce kidnapping. Le visage de MBS recouvre des buildings entiers, sur des affiches aux côtés du nouveau président Joseph Aoun. L’Arabie saoudite a fait son grand retour à Beyrouth et, d’après l’Elysée, Riyad prévoit de financer et d’accompagner le renouveau de l’armée libanaise. Depuis 2021, le président français tente personnellement de convaincre MBS de l’intérêt de s’impliquer au pays du Cèdre, enfin débarrassé de la tutelle écrasante du Hezbollah pro-Iran. « Emmanuel Macron se rend compte que l’Arabie saoudite de MBS est incontournable, résume Bertrand Besancenot, ancien ambassadeur de France à Riyad. Le prince héritier a bien l’intention de faire en sorte que, dans ce monde multipolaire qui émerge, l’Arabie saoudite, seul pays arabe du G20, soit un acteur important, autonome et qui défend ses intérêts propres. MBS n’a pas l’attachement sentimental qu’ont son père ou ses aînés pour le Liban. En revanche il sait que Beyrouth constitue un élément d’un arrangement régional. »La déroute de « l’axe iranien » en 2024, avec les revers subis par le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza et la dynastie Assad en Syrie, offre une opportunité historique à MBS de forger sa place de leader régional. Les nouveaux maîtres de Damas se sont d’ailleurs précipités à Riyad début janvier, et non chez leurs alliés turcs, signe du retour en force des Saoudiens dans la région.3838 geopolitique carte iranImpliquée au Liban, en Syrie et dans les pourparlers à Gaza, l’Arabie saoudite tente aussi d’apaiser les tensions entre Washington et Téhéran, plaidant pour un nouvel accord international sur le nucléaire iranien plutôt que des frappes sur les installations existantes. « Le seul objectif qui importe à MBS aujourd’hui est la réussite de sa Vision 2030, soutient François-Aïssa Touazi. Il est focalisé sur ces dossiers et a compris qu’il était indispensable de stabiliser la région pour attirer des investissements étrangers. »L’admirateur d’Alexandre le Grand ne compte pas s’arrêter là. En tant que leader régional, il vise le graal du monde arabe : la création d’un Etat palestinien. L’unique moyen d’y parvenir sera un accord de paix entre Israël et l’Arabie saoudite, pays protecteur des lieux saints musulmans. En échange, les Saoudiens demandent des garanties de sécurité aux Etats-Unis proches de celles du niveau de l’Otan, mais aussi « un chemin irréversible vers un Etat palestinien ».Une formule suffisamment vague pour aboutir à un accord ? « Si MBS pense que c’est possible, alors il va tenter d’entrer dans les livres d’histoire grâce à la question palestinienne, juge Kristian Coates Ulrichsen. Donald Trump aussi peut penser que cet accord lui ouvrirait la voie vers le prix Nobel de la paix et tout faire pour que le deal aboutisse. La question sera de savoir si, à eux deux, ils peuvent obliger les dirigeants israéliens à faire des concessions indispensables aux Palestiniens. Avec le gouvernement israélien actuel, ce sera difficile. » Un diplomate de la région, fin connaisseur des coulisses de Washington, se montre optimiste. « Trump voudra que ce traité de paix Israël-Arabie saoudite soit perçu comme son seul accomplissement personnel, et non comme le résultat d’un travail entamé par l’administration Biden. Il va prendre plusieurs mois pour le faire aboutir mais nous aurons un accord avant la fin de l’année. »Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le 16 octobre 2024 à BruxellesChapitre V – Les périls d’un princeDe dîners en réceptions, c’est une anecdote que les dirigeants saoudiens aiment partager. A la fin des années 1960, le chah d’Iran, Reza Pahlavi, avait écrit au roi Fayçal d’Arabie saoudite pour le mettre en garde : il devait suivre son exemple et d’urgence libéraliser son royaume, sous peine d’être renversé par son peuple mécontent. Le roi Fayçal répondit : « Dois-je vous rappeler que vous n’êtes pas le chah de France ? Votre population est musulmane à 90 %, ne l’oubliez pas. » Dix ans plus tard, la révolution faisait tomber Pahlavi pour installer une République islamique. L’Arabie saoudite, elle, aura mis des dizaines d’années à se libéraliser, mais rattrape son retard en un temps record. MBS va-t-il trop vite et trop loin ? Il est le premier à craindre un destin similaire à celui du chah d’Iran.Le prince héritier a fait part de ses peurs à plusieurs membres du Congrès américain : en cas de normalisation avec Israël, il deviendrait la cible n° 1 des islamistes. Dans ces conversations, MBS mentionne Anouar el-Sadate, le président égyptien qui a signé la paix avec l’Etat hébreu en 1979, assassiné au Caire deux ans plus tard. Malgré sa toute-puissance, Ben Salmane ne peut ignorer ses 37 millions de citoyens : dans un sondage effectué en novembre et décembre 2023, dans la foulée du 7 octobre, 95 % des Saoudiens affirmaient que le Hamas n’avait tué aucun civil israélien lors de ces attaques terroristes.Longtemps, le royaume est resté discret sur la guerre à Gaza, préférant la diplomatie en coulisses aux attaques publiques contre Israël. Des militants propalestiniens trop virulents sur les réseaux sociaux ou portant simplement un keffieh dans la rue sont même arrêtés. « En Arabie saoudite, le régime perçoit comme une menace toute forme d’activisme politique et c’est le cas aujourd’hui pour les pro-Palestiniens », pointe Christopher Davidson. Lors d’une conférence à la Chatham House de Londres, en septembre dernier, le prince Turki Al-Faisal, influent au sein de la famille royale saoudienne, était pris à partie par des membres du public. « Comment ne pas vous étouffer avec votre honte de voir nos frères se faire massacrer sans rien faire ? » s’indignait ainsi un chercheur koweïtien, accusant le gouvernement saoudien de « faire porter le déshonneur à l’ensemble du monde arabe » en restant passif face à Israël.Le 11 novembre, MBS finit par lâcher : devant la Ligue arabe, à Riyad, il dénonce le « génocide » en cours dans la bande de Gaza. « La dernière chose que veut MBS, c’est condamner et critiquer Israël, assure Christopher Davidson. Mais pour des raisons politiques, il n’a pas eu d’autre choix que de faire ces déclarations. C’est ce que souhaitait et attendait tout son peuple. »Mohammed ben Salmane a métamorphosé son royaume en une dizaine d’années mais sa société reste, en majorité, très conservatrice et ancrée dans l’islam wahhabite. Si le prince héritier a fait reculer les prédicateurs religieux les plus extrêmes, il n’a pas pour autant éradiqué le salafisme, une doctrine radicale sur laquelle le royaume s’est fondé pendant des décennies. « MBS a seulement mis les salafistes dans une cage », estime l’auteur saoudien Ali Shihabi. Un jour, Nicolas Machiavel a écrit : « Il n’y a rien de si difficile ni de si dangereux que d’entreprendre de changer l’ordre des choses. » Nul doute que le prince saoudien, son lecteur, le sait mieux que personne.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mbs-les-reves-fous-du-prince-saoudien-leader-du-moyen-orient-relation-avec-donald-trump-le-peril-T2KBZHAWTJC5VLH6YBDGRCWDTI/
Author : Corentin Pennarguear
Publish date : 2025-01-29 16:00:00
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« Ces affirmations sont exagérées… » : pourquoi Elon Musk n’a pas fait gagner Donald Trump
La désinformation inquiète. Dans un sondage réalisé par Ipsos et l’Unesco en septembre 2023 dans 16 pays, 85% des répondants se déclaraient « concernés » par l’impact de la désinformation et des « fake news » sur leurs concitoyens. Rien d’étonnant à cela, puisque depuis 2016, année marquée par l’arrivée au pouvoir de Trump et la victoire du Brexit, la désinformation est devenue un sujet de premier plan dans le débat public.On ne compte plus les Unes alarmistes, comme celle publiée par le magazine américain Wired, en novembre 2016, qui titrait avec emphase « vos bulles de filtres détruisent la démocratie ». Cette affirmation est même devenue un poncif du discours politico-médiatique. Journalistes, intellectuels, politiques et citoyens reprennent en cœur le même refrain : la désinformation et les algorithmes des plateformes de réseaux sociaux joueraient un rôle déterminant dans la montée des populismes et les victoires culturelles des idées d’extrême droite.Par sa simplicité et son apparente logique, cette thèse s’est imposée dans le débat public comme une évidence que personne ne prend le temps de vérifier. Ainsi, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen déclarait, à l’occasion de son discours devant le Forum économique mondial en janvier 2024, que « la désinformation et la mésinformation » sont « la principale préoccupation », devant les conflits et les enjeux climatiques.Elon Musk, caricature parfaitePlus récemment, dans le sillage de l’élection présidentielle américaine, Elon Musk, propriétaire de X, est devenu l’incarnation de l’influence des réseaux sociaux et de la désinformation sur la vie démocratique. Pour beaucoup, le milliardaire et soutien de Donald Trump aurait joué un rôle déterminant dans l’accession du candidat républicain à la Maison-Blanche. Par ses provocations, ses propos outranciers et son attitude parfois caricaturale, Musk offre à ses contradicteurs l’occasion parfaite d’en faire le symbole de l’alliance entre les géants de la tech et les forces politiques réactionnaires. La décision de Mark Zuckerberg, patron de Méta, de se débarrasser des « fact-checkers », consacre un peu plus ce récit. Dans un édito pour Le Monde, Stéphane Lauer se résignait ainsi à voir que « Zuckerberg ouvre un boulevard à la post-vérité au pire moment, celui de l’arrivée au pouvoir d’un homme qui en a fait sa marque de fabrique ».Pour cet éditorialiste, comme pour l’ancienne députée européenne du parti social-démocrate libéral néerlandais, Marietje Schaake, qui dénonce le « pouvoir démesuré et dénué de responsabilité des entreprises de technologie, qui érode la démocratie », la messe est dite. Le nouvel environnement informationnel, dominé par les réseaux sociaux et ses codes, serait le marchepied des conservateurs et réactionnaires du monde entier, et ferait peser sur la démocratie un risque considérable.Traitement médiatiquement simplisteIl est pourtant ironique de constater que le sujet de la désinformation est lui-même victime… de désinformation. Des chercheurs, spécialistes du domaine, constatent avec regret que cette thématique fait l’objet d’un traitement médiatique contestable, souvent simpliste et alarmiste, à base de statistiques sensationnalistes. »Après 2016, que ce soit au sujet du Brexit ou de l’élection de Trump, on a commencé à lire et entendre un peu partout que c’était à cause de la désinformation, sauf qu’à l’époque, nous n’avions pas de preuves qui pouvaient permettre d’affirmer un lien entre les progrès de l’extrême droite populiste et conservatrice et la désinformation », explique Laurence Vardaxoglou, auteur d’une thèse sur les effets de la désinformation sur l’opinion et les comportements politiques.Dans une revue de littérature sur la désinformation en ligne, le politologue américain Brendan Nyhan et ses co-auteurs dénoncent également l’amplification médiatique dont elle fait l’objet, et constatent que « les commentateurs publics supposent ou affirment régulièrement des niveaux élevés d’exposition à des contenus potentiellement dangereux sur les médias sociaux ». Dans une étude de 2020, des chercheurs écrivent que « de nombreuses affirmations concernant les effets de l’exposition aux fausses nouvelles peuvent être exagérées ou, à tout le moins, mal comprises ».De nombreux travaux académiques montrent ainsi que l’on surestime très largement l’influence des contenus de désinformation sur l’évolution de nos croyances et nos pratiques politiques. « Quand j’ai commencé ma thèse, nous confie Laurence Vardaxoglou, j’étais convaincu par le fait que la désinformation jouait un rôle déterminant dans la montée des populismes. Aujourd’hui, je dis clairement que ces affirmations sont exagérées. Dans les études faites aux États-Unis, il est montré qu’on ne voit pas d’effets de la désinformation sur le choix de vote. »Résultats contre-intuitifsA la suite de l’élection présidentielle américaine de 2016, de nombreux chercheurs ont essayé de déterminer s’il existait un lien entre le vote populiste, qui avait mené Trump au pouvoir, et l’exposition aux fausses informations. Les résultats de ces études sont contre-intuitifs : la consommation de contenus non fiables n’influence que très marginalement le choix du vote. C’est par exemple ce que montrent Andrew Guess, Brendan Nyhan et Jason Reifler, dans une étude publiée en 2020 dans la revue Nature Human Behaviour.Une autre idée largement répandue dans le débat public concerne les effets des algorithmes sur les opinions et comportements politiques. Là encore, les études menées sur le sujet infirment cette affirmation. Dans un article publié en 2024 dans la très reconnue revue Science, des chercheurs ont observé l’effet des algorithmes de classement des fils d’actualités de Facebook et Instagram sur les attitudes et comportements politiques lors de la campagne présidentielle américaine de 2020. Pour ce faire, ils ont confronté certains utilisateurs à un flux algorithmique (qui sélectionne les contenus à afficher en fonction des préférences de chaque utilisateur), et d’autres à un flux chronologique. Contrairement à ce que l’on pourrait intuitivement penser, les résultats montrent qu’il n’y a pas de différence significative trouvée entre les deux flux sur la polarisation politique, la connaissance politique et l’activité politique hors ligne.Dans la même veine, l’affirmation selon laquelle les algorithmes piégeraient les internautes dans des « chambres d’échos » et des « bulles filtrantes », qui alimenteraient la polarisation politique en ne montrant aux utilisateurs que des contenus avec lesquels ils sont déjà d’accord, est contredite par de nombreuses études. Dans une revue de littérature publiée par le Reuters Institute for the Study of Journalism, un centre de recherche de l’Université d’Oxford, quatre chercheurs montrent que les chambres d’écho politiques sont beaucoup moins répandues que ce qu’on le pense. En réalité, au Royaume-Uni, seuls 2% des électeurs travaillistes et 4% des électeurs conservateurs se trouveraient dans des chambres d’écho partisanes. L’article explique même que « les formes de sélection algorithmique offertes par les moteurs de recherche, les médias sociaux et d’autres plateformes numériques conduisent généralement à une utilisation légèrement plus diversifiée de l’information, à l’opposé de ce que suppose l’hypothèse de la ‘bulle filtrante’ ».Comment expliquer tous ces résultats pour le moins contre-intuitifs ? D’abord, parce que les contenus de désinformations auxquels nous sommes confrontés sur internet sont minoritaires dans nos « feeds ». Certains articles peuvent parfois, à coup de chiffres sensationnalistes, donner l’impression que la désinformation est partout et touche tous les citoyens. C’est par exemple le cas d’un papier du New York Times, paru en 2020, qui mentionne qu’une vidéo tronquée de Joe Biden avait été visionnée plus de 17 millions de fois. Pour les auteurs du papier Misunderstanding the harms of online misinformation, « le fait de citer ces chiffres absolus peut contribuer à des malentendus sur la proportion du contenu des médias sociaux qui est de la désinformation. Ainsi, les citoyens américains estiment que 65% des informations qu’ils voient sur les médias sociaux sont des informations erronées ».Profils déjà fortement idéologisésEn réalité, les chiffres sur la désinformation sont moins alarmants. Selon Laurence Vardaxoglou, « des études montrent que les Français passent moins de 1% de leur temps en ligne exposé à des informations non fiables ». À l’occasion de l’élection présidentielle américaine de 2016, les sites présentant de la désinformation représentaient seulement 5,9 % des articles lus sur des sujets d’actualité politique. Une autre étude montre qu’en 2017, parmi 59 sites français et italiens identifiés comme diffusant de fausses nouvelles, la plupart touchent seulement 1% de la population, les plus visités atteignant difficilement la barre des 3,5%, contre 22% pour Le Figaro, et 50% pour La Repubblica.Surtout, la désinformation n’a pas l’influence qu’on lui attribue parce que ces contenus touchent principalement des profils déjà fortement idéologisés et convaincus. « Il y a des sous-groupes de populations plus susceptibles de voir et de consommer de la désinformation, comme les personnes âgées, les gens les plus à droite, ceux qui ont un haut niveau d’intérêt pour la politique », précise Laurence Vardaxoglou. C’est effectivement ce que confirment de nombreux travaux. Publiée en 2021 dans le Journal of Experimental Political Science, une étude a examiné l’impact des allégations infondées de fraude sur les élections de mi-mandat de 2018 aux États-Unis. Alors que l’exposition à ces fausses informations a pour conséquence, chez les électeurs républicains, de réduire significativement la confiance dans les élections, cet effet n’est pas observé chez les électeurs démocrates et indépendants.En réalité, ce qui compte vraiment, ce n’est pas le type de contenu auquel nous sommes confrontés sur internet, mais nos croyances de départs. C’est pour cette raison que la littérature académique existante sur le sujet montre que l’exposition à des opinions contraires peut avoir pour effet de renforcer les croyances initiales et donc, de contribuer à la polarisation politique.Le phénomène de formation des croyances et des comportements politiques est complexe. Il s’explique par un enchevêtrement de facteurs parfois difficiles à discerner les uns des autres. L’effet qu’un « post » politique sur internet peut avoir sur un internaute ne dépend pas seulement de son contenu, mais surtout du receveur et d’un certain nombre de ses caractéristiques sociales, comme son âge, ses convictions politiques, son niveau d’éducation, son environnement familial, etc. Ainsi, les utilisateurs des plateformes ne sont pas des pages blanches perméables à toutes les idées qu’ils rencontrent en ligne, et l’impact de ces contenus sur eux est difficilement prédictible.Manque de confiance dans les institutionsCeux qui expliquent la montée des populismes et des idées réactionnaires par la seule désinformation et polarisation en ligne font fausse route. « C’est plutôt le manque de confiance dans les institutions et les gouvernements qui crée une demande de récits alternatifs », insiste Laurence Vardaxoglou. Loin d’être des causes, la viralité de certaines théories conspirationnistes et fausses informations sont davantage des symptômes des évolutions politiques, sociales et culturelles auxquelles nous assistons depuis une dizaine d’années.L’obsession médiatique dont a été l’objet Elon Musk est à l’image des explications paresseuses du phénomène populiste, et traduit en réalité notre impuissance à le contenir. En lui attribuant un rôle qu’il n’a probablement pas eu dans l’élection de Trump en novembre, on substitue à une analyse plus nuancée et complexe une interprétation simpliste de la victoire du candidat républicain. »C’est une histoire machiavélienne que celle d’un Musk proche de Trump qui manipulerait l’opinion publique, conclut Laurence Vardaxoglou. Je comprends que ça puisse séduire la presse, car nous permet d’accéder à une explication facile du phénomène populiste, en disant que les gens qui votent pour ce genre de candidats se trompent forcément, puisqu’on leur aurait menti. C’est une façon de ne pas affronter un réel désagréable, qui est qu’un certain nombre de citoyens très conscients de ce pour quoi ils votaient, voulaient vraiment la victoire de Trump et du Brexit ».
Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/ces-affirmations-sont-exagerees-pourquoi-elon-musk-na-pas-fait-gagner-donald-trump-LBJ6XEECZJH5NOHMEEEWWBQNEA/
Author : Baptiste Gauthey
Publish date : 2025-01-29 16:58:00
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Grippe : l’intensification préoccupante de l’épidémie chez les enfants
L’épidémie de grippe, déjà très marquée depuis plusieurs semaines, s’est encore accélérée ces derniers jours en France, a signalé ce mercredi 29 janvier l’agence de santé publique, soulignant que les enfants sont exceptionnellement touchés.La semaine achevée le 26 janvier a été marquée par une « forte intensification de l’épidémie dans l’Hexagone », a résumé Santé publique France dans un bilan hebdomadaire, notant que la mortalité restait élevée chez les adultes.La grippe circule cet hiver à un niveau sans précédent depuis plusieurs années, profitant en particulier de la circulation conjointe de plusieurs souches du virus. De nombreux hôpitaux ont déclenché des plans blancs pour mieux réagir à l’afflux de patients, et les autorités sanitaires ont prolongé la campagne de vaccination antigrippale, jugeant insuffisante la couverture vaccinale.Des hospitalisations fréquentes chez les plus petitsC’est dans ce contexte déjà lourd que l’agence de santé publique a annoncé mercredi que la situation s’aggravait encore et se montrait désormais préoccupante chez les enfants, une tranche d’âge qui risque normalement moins de complications que les plus âgés. Les derniers jours ont été marqués par une « activité exceptionnellement élevée chez les enfants », souligne Santé publique France. Chez les plus petits, surtout, les hospitalisations sont particulièrement fréquentes. Pour les plus de quatre ans, environ un dixième d’entre elles sont liées à la grippe, une proportion jamais vue ces dernières années.Reste que l’épidémie s’accélère dans toutes les tranches d’âge et que ce sont bien les adultes qui enregistrent toujours une mortalité particulièrement élevée. « La part des décès avec une mention de grippe parmi les décès certifiés électroniquement (reste) très élevée par rapport aux épidémies précédentes », avec environ 7 % des morts associées à la grippe, selon l’agence de santé publique. Ces décès touchent très majoritairement les plus de 65 ans. Or, élément préoccupant, le vaccin anti-grippe semble cette année peu efficace dans cette tranche d’âge.Selon des données préliminaires, le vaccin n’est efficace qu’à 35 % chez les plus de 65 ans, alors même que les autorités sanitaires essaient d’inciter le plus de personnes concernées à se faire vacciner. « Compte tenu de la faible efficacité du vaccin contre la grippe chez les 65 ans et plus […] l’adoption systématique des gestes barrières au sein de la population générale reste primordiale pour contribuer à limiter la circulation des virus respiratoires », conclut Santé publique France, évoquant le lavage des mains et l’aération systématique des lieux confinés.
Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/grippe-lepidemie-sintensifie-chez-les-enfants-QXM4HZFSNBCEBDVFVFBJSNBZE4/
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Publish date : 2025-01-29 17:49:00
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Giorgia Meloni et la Libye : l’affaire qui embarrasse la Première ministre italienne
La cheffe du gouvernement italien se retrouve de nouveau dans l’œil du cyclone. Giorgia Meloni a annoncé, mardi 28 janvier, dans une vidéo sur Facebook qu’elle et deux de ses ministres étaient visés par une enquête pour détournement de fonds et complicité, après l’expulsion d’un responsable libyen. Osama Almasri Najim, chef de la police judiciaire libyenne, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis depuis le 15 février 2015.Arrêté il y a dix jours dans un hôtel de Turin en vertu de ce mandat, il a été libéré sur ordre de la Cour d’appel de Rome il y a une semaine pour vice de procédure, et expulsé vers Tripoli à bord d’un avion affrété par l’Etat italien. Alors que Georgia Meloni avait déjà suscité la polémique en signant un contrat de cybersécurité à plus d’un milliard d’euros avec SpaceX, la leader d’extrême droite est désormais soupçonnée avec ses ministres de la Justice Carlo Nordio et de l’Intérieur Matteo Piantedosi d’avoir facilité la libération du Libyen ainsi que son renvoi à Tripoli. »Il est presque certain que le dossier ouvert par le parquet de Rome ne débouchera sur aucun procès, étant donné que tout procès devrait être autorisé par le Parlement où le gouvernement dispose d’une solide majorité », assure cependant le quotidien italien Corriere della Sera. De son côté, le camp de l’opposition a lu les lettres de quatre victimes d’Osama Almasri Najim à la chambre des députés, fustigeant les actions supposées de Georgia Meloni. »En avant pour la défense de l’Italie »Et, pour se défendre, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que Georgia Meloni mette directement en cause des magistrats auxquels elle reproche d’être politisés. Elle s’en est prise au procureur de Rome, Francesco Lo Voi, qui lui a notifié l’ouverture d’une enquête sur l’expulsion du Libyen. Au cas où la population italienne aurait perdu la mémoire, la quadragénaire a rappelé que Francesco Lo Voi était le procureur à Palerme en charge de l’accusation dans le procès de son vice-chef du gouvernement, le dirigeant anti-immigration Matteo Salvini, jugé pour avoir bloqué des migrants en mer alors qu’il était ministre de l’Intérieur en 2019, et relaxé. « En avant pour la défense de l’Italie. Lorsque la sécurité est en jeu, il n’y a pas de place pour le retour en arrière », a déclaré Georgia Meloni.Dans le quotidien La Reppublica, on lit que l’ex-Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a vivement réagi : « Meloni gémit et reporte la faute sur la justice, moi, je n’ai jamais fait ça ! » D’ailleurs, la principale intéressée a souligné que la plainte avait été déposée par l’avocat Luigi Li Gotti, lequel a défendu de nombreux mafieux repentis, mais surtout a été sous-secrétaire à la Justice dans un gouvernement de centre-gauche, dirigé par Romani Prodi. À noter que l’ouverture d’une enquête est un acte obligatoire à la suite du dépôt d’une plainte et permet aux personnes visées par l’enquête de désigner un avocat. Osama Almasri Najim est accusé par la CPI d’avoir commis en Libye des crimes contre des détenus en raison de leur religion, ou alors qu’ils étaient soupçonnés d’un « comportement immoral » ou de soutenir ou être affiliés à des groupes armés.Georgia Meloni avait défendu déjà samedi l’expulsion du Libyen, demandant à la CPI de « clarifier pourquoi elle a mis des mois à lancer ce mandat d’arrêt alors qu’Almastri avait déjà traversé trois pays européens ». Elle a repris cette argumentation mardi dans sa vidéo. La CPI « après des mois de réflexion émet un mandat d’arrêt contre le chef de la police judiciaire libyenne, mais curieusement la Cour le fait précisément au moment où cette personne était sur le point d’entrer sur le territoire national après avoir séjourné de manière sereine pendant une douzaine de jours dans trois autres Etats européens », a-t-elle ironisé. Une chose est sûre : cette affaire pourrait contribuer à attiser les tensions entre le bureau dirigé par le procureur Francesco Lo Voi et le Palais Chigi.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/giorgia-meloni-et-la-libye-laffaire-qui-embarrasse-la-premiere-ministre-italienne-YUCKYBNPJVCVDKG3AJK5X4ECGU/
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Publish date : 2025-01-29 18:12:00
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Gel des dépenses publiques aux Etats-Unis : le rétropédalage de Donald Trump
Premier recul pour Donald Trump. Le bureau du budget de la Maison-Blanche a annulé, mercredi 29 janvier, un décret gelant les subventions fédérales, selon une copie d’une nouvelle note obtenue par le Washington Post, après que la décision de l’administration d’arrêter les dépenses plus tôt cette semaine a provoqué une réaction violente. L’Office du budget rattaché à l’exécutif américain a envoyé à tous les ministères et à toutes les agences fédérales un message indiquant que cette mesure était abandonnée, reproduite entre autres par CNN et le Washington Post.Le point de départ est un mémo publié tard lundi soir par la Maison-Blanche, demandant aux ministères et agences fédérales de geler une partie des dépenses « d’assistance » – subventions et allocations notamment – et d’en faire une revue d’ensemble afin de s’assurer de leur conformité avec « les priorités présidentielles ». Cela concernait potentiellement des centaines, voire des milliers de milliards de dollars irriguant tout le pays. La porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a elle assuré que le projet initial du président, à savoir interrompre les financements qui ne répondent pas à ses priorités, restait « totalement en vigueur ». Elle a indiqué que la marche arrière sur les instructions données lundi par l’Office du budget visait à « mettre fin à toute confusion » née d’une décision prise mardi par un juge fédéral.L’opposition démocrate s’est immédiatement saisie de ces multiples rebondissements. « L’incompétence en pleine lumière », a dénoncé l’élue démocrate Jasmine Crockett sur X, ajoutant : « Cela fait seulement neuf jours au pouvoir pour cet idiot qui a déjà occupé le poste pendant quatre ans et qui n’a toujours aucune idée de la manière dont le gouvernement, la loi ou la Constitution fonctionnent. »Une levée de boucliersLa mesure sur les aides publiques avait ainsi été suspendue dès mardi par une juge fédérale. Les puissants Etats démocrates de New York et de Californie avaient également lancé mardi une fronde judiciaire contre le gel des aides publiques, rejoignant ainsi plusieurs ONG et groupes de petites entreprises qui ont elles aussi déposé un recours.Né à New York, le 47e président des Etats-Unis entretient des relations difficiles avec les autorités locales de cet Etat comme celles de Californie, de riches et puissants bastions démocrates honnis par le camp républicain du président. Le milliardaire de 78 ans a promis de tailler dans les dépenses, et a demandé à Elon Musk, homme le plus riche du monde, de lui faire des recommandations en ce sens.L’ex-magnat de l’immobilier voulait s’attaquer aux dépenses liées aux programmes d’assistance et aux activités de soutien, pour lesquelles chaque agence doit réaliser « une analyse complète afin d’identifier les projets, programmes et activités qui seraient en contradiction avec les décrets présidentiels » publiés depuis l’entrée en fonction de Donald Trump le 20 janvier. Cela ne concerne en revanche pas les fonds versés aux Américains via le système de retraite ou Medicare, une assurance santé réservée aux seniors.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/gel-des-depenses-publiques-aux-etats-unis-le-retropedalage-de-donald-trump-AHBNALGTKBBHBGK4JPXJGGBA4E/
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Publish date : 2025-01-29 19:55:00
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EN DIRECT. Le couple Biden accueille Donald et Melania Trump à la Maison-Blanche

C’est le grand jour pour Donald Trump. Un peu plus de deux mois après avoir réussi son pari fou en remportant l’élection présidentielle face à Kamala Harris, le milliardaire sera officiellement investi président des Etats-Unis, pour la seconde fois, ce lundi 20 janvier à Washington. A midi, heure locale (18h00 en France), le 47e président de la première puissance mondiale débutera son second mandat, succédant au démocrate Joe Biden. »Demain à midi, le rideau tombera sur quatre longues années de déclin américain », a-t-il assuré dimanche à ses partisans, réunis pour un ultime meeting dans la capitale. Au cours de celui-ci, le républicain de 78 ans a promis d’agir « à une vitesse et avec une force sans précédent » une fois de retour au pouvoir. De nombreux décrets sont ainsi attendus dès ce lundi, qui donneront le ton de sa présidence.Les infos à retenir⇒ La cérémonie d’investiture de Donald Trump a lieu ce lundi à Washington⇒ Le couple Biden accueille Donald et Melania Trump à la Maison-Blanche⇒ Joe Biden accorde des grâces préventives aux cibles de Trump16h00Le couple Biden accueille Donald et Melania Trump à la Maison-Blanche pour une visite de courtoisieLe président américain sortant Joe Biden a accueilli ce lundi à la Maison Blanche Donald Trump et son épouse Melania pour un entretien de courtoisie avant la cérémonie d’investiture. « Bienvenue à la maison », a lancé Joe Biden à l’arrivée de son successeur dans le froid mordant de Washington.Le vice-président élu J.D. Vance et son épouse ont été reçus peu avant par Kamala Harri et son époux Doug Emhoff. « C’est la démocratie en action », a lancé la candidate malheureuse du parti démocrate aux journalistes qui lui demandaient comment elle se sentait.15h20Poutine se dit « ouvert au dialogue » avec Trump pour obtenir une « paix durable » en UkraineLe président russe Vladimir Poutine a félicité le président élu américain Donald Trump à quelques heures de son investiture, se disant « ouvert au dialogue » sur l’Ukraine pour aboutir à une « paix durable », trois ans après s’être lancé à l’assaut de son voisin. »Nous sommes également ouverts au dialogue avec la nouvelle administration américaine sur le conflit ukrainien », a déclaré Vladimir Poutine lors d’une réunion avec des ministres diffusée à la télévision russe. « S’agissant du règlement de la situation, je voudrais souligner que l’objectif ne doit pas être une brève trêve (…) mais une paix durable », a-t-il ajouté.14h00Biden accorde des grâces préventives aux cibles de TrumpA quelques heures de céder le pouvoir à Donald Trump, Joe Biden a accordé une série de grâces préventives à des élus ou des fonctionnaires, pour les protéger de « poursuites judiciaires injustifiées et politiquement motivées ». « Je crois en l’Etat de droit et je suis sûr que la solidité de notre système judiciaire finira par s’imposer face aux débats politiciens. Mais nous vivons dans des circonstances exceptionnelles et je ne peux pas, en bonne conscience, ne rien faire », a-t-il écrit dans un communiqué.Alors que son successeur républicain a juré de se « venger » de ses adversaires politiques, le démocrate de 82 ans a décidé de donner sa protection à des personnalités qui sont aussi les bêtes noires des trumpistes : l’ancien chef d’état-major des armées, le général Mark Milley, l’ancien architecte de la stratégie de l’administration Biden contre le Covid-19, Anthony Fauci, les élus et fonctionnaires ayant participé à une commission d’enquête sur l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, ainsi que les policiers ayant témoigné devant cette même commission.13h05L’alerte de François BayrouA quelques heures de l’investiture de Donald Trump, le Premier ministre François Bayrou a estimé que la France et l’Union européenne seraient « écrasées » par la politique annoncée du président américain si elles ne font rien pour réagir. »Les États-Unis ont décidé d’une politique incroyablement dominatrice par le dollar, par la politique industrielle, par la captation de toute la recherche et la captation des investissements », a déclaré le chef du gouvernement à l’occasion des vœux au personnel municipal de Pau, ville dont il est resté maire. « Si nous ne faisons rien, nous allons être dominés, écrasés, marginalisés. Cette décision qui ne tient qu’à nous, Français et Européens, parce que c’est impossible sans Europe, est le ressaisissement », a-t-il ajouté.13h00Une cérémonie sous haute sécuritéAprès deux tentatives d’assassinat contre le candidat Trump, Washington est sous très haute sécurité pour cette cérémonie d’investiture. Quelque 25 000 policiers et militaires mobilisés, 48 kilomètres de barrières érigées, snipers sur les toits et drones dans le ciel : le Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités, déploie un dispositif « un peu plus solide » que par le passé, en raison d’ »un environnement plus menaçant ».12h50Magnats de la tech et figures d’extrême droite parmi les invitésDonald Trump a mis sa patte à sa cérémonie d’investiture : il a invité les multimilliardaires de la tech. Outre Elon Musk, l’homme le plus riche du monde et soutien financier et politique, sont attendus le patron d’Amazon, Jeff Bezos, de Meta, Mark Zuckerberg, d’Apple, Tim Cook et, selon la presse, Shou Chew de TikTok.Joe et Jill Biden, ainsi que tous les anciens présidents – Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama – et leurs épouses, sauf Michelle Obama, seront bien entendu là.Les chefs d’Etat et de gouvernement étrangers ne sont traditionnellement jamais invités officiellement aux investitures. Mais l’équipe Trump a convié à titre personnel la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni, qui fera le voyage, et le président argentin Javier Milei. Le vice-président chinois Han Zheng sera aussi présent. Des hommes et femmes politiques de l’extrême droite en Europe ont annoncé leur présence : les Français Marion Maréchal et Eric Zemmour, le Britannique Nigel Farage et un dirigeant de l’AfD allemande, Tino Chrupalla.12h40Un thé avec Joe Biden avant de prêter sermentDonald Trump doit prêter serment à midi, heure de Washington (18h en France). Une main posée sur une bible héritée de sa mère, il jurera de « protéger la Constitution » sous la coupole du Capitole, là même où le 6 janvier 2021, ses partisans avaient tenté d’empêcher le Congrès de certifier la victoire de Joe Biden. La cérémonie se déroule habituellement à l’extérieur, mais le protocole a été chamboulé pour cause de vague de froid.Avant cela, Donald Trump doit assister à un service religieux dans une église toute proche de la Maison-Blanche. Il sera ensuite reçu dans la matinée par le président démocrate sortant, comme le veut l’usage, pour un thé. Les deux hommes se rendront ensemble au Capitole.Le nouveau président participera lundi soir à trois galas, tandis qu’une dizaine d’autres fêtes sont prévues en ville. Enfin, une cérémonie mardi à la cathédrale de Washington doit boucler ces festivités.12h35Le second mandat de Donald Trump va débuterAprès un premier passage à la Maison-Blanche entre 2017 et 2021, le second mandat de Donald Trump débutera officiellement ce lundi 20 janvier 2024, un peu plus de deux mois après sa victoire fracassante face à Kamala Harris le 5 novembre dernier. A 78 ans, Donald Trump est sur le point de devenir le chef d’Etat américain le plus âgé jamais investi. Il est aussi le premier à avoir été condamné au pénal, ce qui n’a pas rebuté ses supporters.Si sa première élection avait causé une commotion dans le pays et le monde, son retour se fait dans une forme de résignation, sans manifestations de masse. Les chancelleries des pays alliés s’efforcent, à de rares exceptions près, de faire bonne figure face à ce président américain qui parle ouvertement d’annexer le Canada.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/en-direct-donald-trump-de-retour-a-la-maison-blanche-suivez-son-investiture-25PA35QXKRHHHPORVYPUU36QQM/
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Publish date : 2025-01-20 15:02:00
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Avec « Un avenir radieux », Pierre Lemaitre se penche avec brio sur la guerre froide

Travail soigné, tel était le titre du premier livre publié par Pierre Lemaitre en 2006 et c’est ainsi que l’on pourrait qualifier le troisième tome de sa tétralogie Les Années glorieuses, Un avenir radieux, qui sort ces jours-ci. Un roman que son éditeur, Calmann-Lévy, a tiré à 250 000 exemplaires ! Pareil chiffre ne semble pas si présomptueux tant les deux tomes précédents ont pulvérisé les records avec 714 000 copies écoulées (tous formats confondus) pour Le Grand Monde (2022) et 422 000 pour Le Silence et la Colère (2023). Bref, le Goncourt 2013 (Au revoir là-haut) est devenu sans conteste le maître français du « feuilleton populaire ». Tel un « Zola au petit pied » (c’est de lui), il déroule sa vaste fresque du XXe siècle, d’un cliffhanger à l’autre, laissant une large place à son imagination tout en respectant les fondamentaux historiques, comme en témoigne la longue liste de lectures et de remerciements divers à la toute fin de son roman-fleuve de 588 pages. « Je suis même allé sur place », écrit-il à propos de Prague. Un exploit, semble-t-il pour cet ermite. C’est dire…Deux événements majeurs affectent la famille PelletierC’est en 1959, dans la France gaulliste et en pleine guerre froide, que l’on retrouve la famille Pelletier. Jean l’aîné fait toujours figure de mal-aimé et de mari sous emprise (malgré ses instincts meurtriers) et sa femme, Geneviève, de mégère invraisemblable, accro à son fils Philippe et dangereuse pour sa fille Colette, confiée à ses grands-parents, Agathe et Louis, de retour de Beyrouth et installés dans une vaste demeure au Plessis-sur-Marne. Son frère, François, brillant journaliste au Journal du soir, le plus grand quotidien national, participe à la première émission TV d’information, décalque de « 5 colonnes à la une », hautement bridée par le pouvoir. Tandis qu’Hélène, leur sœur, enceinte, inaugure les émissions radiophoniques de nuit au contact direct des auditeurs, émissions phare de la radio dans les années 1960-1970.Deux événements majeurs affectent la famille Pelletier : l’agression sexuelle de la petite Colette par un paysan aviné, le gros et adipeux Macagne ; et la participation active de François à l’exfiltration d’un espion tchèque au service de la France en la personne de « Lutin » : de son vrai nom Todor Kozel, il est le chef du bureau des Traductions au ministère tchécoslovaque des Affaires étrangères, dont l’officier traitant à la Direction générale du renseignement français est Georges Chastenet, à propos duquel Lemaitre dit s’être inspiré du Smiley de Le Carré ; un homme à la démarche lourde et aux grosses lunettes d’écaille mais un maître espion.Le premier événement nous fend le cœur, le second nous tient en haleine. Colette surmontera-t-elle son traumatisme ? Le journaliste se sortira-t-il des griffes de la police praguoise ? Ajoutons à ces épreuves quelques composantes des Trente Glorieuses, soit les joies d’une consommation exponentielle et les dangers de la course à l’armement nucléaire, et l’on savourera toute l’ironie du titre Un avenir radieux.
Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/livres-avec-un-avenir-radieux-pierre-lemaitre-se-penche-avec-brio-sur-la-guerre-froide-PNADWPCGQJDR3NGRILLH3W4MQ4/
Author : Marianne Payot
Publish date : 2025-01-20 14:00:00
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Retour de Donald Trump : ce « deal » que l’UE envisage en échange de la paix commerciale

L’Union européenne prête à marchander. Bruxelles veut proposer au nouveau président américain, Donald Trump, d’investir davantage pour sa défense mais lui réclame en échange de ne pas lancer de guerre commerciale, a déclaré, lundi 20 janvier, Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, chargé de la stratégie industrielle. « On ne peut pas avoir une guerre commerciale et en même temps construire l’Europe de la défense », a-t-il lancé sur France Inter. »Le deal avec les Etats-Unis, c’est oui pour un désengagement » de la défense européenne « et pour construire des garanties de sécurité européennes en plus de l’OTAN, mais nous ne pouvons pas le faire avec une guerre commerciale à nos portes. Et les budgets nationaux ne sont pas en capacité de monter partout à 3 % (du PIB) le budget de la défense », a-t-il martelé.A la question d’une réponse européenne « par la force » à une guerre commerciale, le Commissaire européen a réagi avec prudence : « Je ne peux pas vous répondre ». Les Européens pâtiraient eux-mêmes en cas de droits de douane accrus sur des produits américains et « la balance commerciale avec les Etats-Unis est très favorable aux Européens », a-t-il souligné. »Il faut être offensif »Près de 20 % des exportations de l’Union européenne ont traversé l’Atlantique en 2023, loin devant le Royaume-Uni (13,1 %) ou la Chine (8,8 %), selon les données Eurostat. Au total, le montant des exportations européennes vers les Etats-Unis s’élève à plus de 500 milliards d’euros en 2023, ce qui fait craindre la future politique commerciale de Donald Trump. « Il y a deux stratégies possibles, une approche offensive ou une approche défensive. On peut avoir une réplique sur les droits de douanes mais les Européens le paieront », a-t-il poursuivi, prenant le cas de compagnies européennes qui achètent des pièces détachées de Boeing. L’ex ministre des Affaires Etrangères n’a pas peur des mots : « Il faut être offensif et être peut-être même radical s’il le faut ».Stéphane Séjourné a également évoqué une « approche défensive qui consiste à ré-aiguiller un certain nombre d’achats dans le monde », par exemple « suspendre les approvisionnements de GNL (gaz naturel liquéfie) à l’Azerbaïdjan pour acheter plus aux Américains ». Au total, l’Union européenne a importé, en 2023, 120 milliards de mètres cubes de GNL dont plus de la moitié des importations totales venaient des Etats-Unis, selon le site du Conseil européen. À noter que la dépendance de Bruxelles au GNL s’est accrue depuis la guerre en Ukraine, réduisant sa dépendance au gaz russe. »Le monde entier est dépendant de ce que fera ce soir Donald Trump. Un certain nombre de décrets seront pris. Et je pense que ni les Canadiens, ni les Mexicains, ni nous, ni le reste du monde, ne sait exactement ce qu’il y a dans ces décrets », a-t-il conclu. Donald Trump prévoit notamment d’imposer, dès le 20 janvier, des droits de douane de 25 % sur tous les produits en provenance du Mexique et du Canada. La Chine pourrait également voir ses taxes augmenter de 10 % et la zone euro est aussi dans son viseur. Alors elle tend la main au milliardaire en envoyant son représentant personnel, le vice-président Han Zheng, à la cérémonie d’investiture du président républicain, prévue lundi 20 janvier. Un geste diplomatique fort et représentatif des enjeux économiques qui vont se jouer lors de ce second mandat.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/retour-de-donald-trump-ce-deal-que-lue-envisage-en-echange-de-la-paix-commerciale-GWP52MT4KVD5PHOZFQG6W6QUD4/
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Publish date : 2025-01-20 12:30:00
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Avec Donald Trump, le reiki va-t-il faire son entrée à la Maison-Blanche ?

En observant les nominations de Donald Trump à des postes gouvernementaux importants, on commence à comprendre comment il a réussi à mettre un casino en faillite. Parmi toutes ses nominations bizarres, je trouve celles dans le secteur de la santé particulièrement troublantes.Il a choisi Robert F. Kennedy Jr comme secrétaire à la Santé, alors qu’il a un long passé de diffusion de fausses informations et de dangereuses idées complotistes. Depuis une vingtaine d’années, il est une figure de proue du mouvement antivaccin ; il a également affirmé que des vers avaient mangé une partie de son cerveau, ce qui avait entraîné un « brouillard cérébral » de longue durée. Il prétend que l’exposition à des produits chimiques, les « perturbateurs endocriniens », provoque une dysphorie de genre chez les enfants, contribuant ainsi à l’augmentation du nombre de jeunes LGBTQ + ; il affirme que les radiations Wi-Fi provoquent le cancer ; il établit un lien entre les fusillades dans les écoles américaines et la prescription accrue d’antidépresseurs ; il insiste sur le fait que le Sida est causé par les drogues récréatives consommées par les homosexuels ; il nie le bénéfice de la fluoration de l’eau et envisage d’y mettre un terme aux Etats-Unis. Autant d’opinions farfelues, jamais démontrées par aucune preuve scientifique.Deux autres nominations de Trump dans le champ médical méritent d’être signalées : le Dr Janette Nesheiwat a été choisie comme « surgeon general ». Elle vend ses propres compléments alimentaires et, pendant la pandémie, elle a mis en garde contre le port du masque, estimant qu’ils exposent les gens à des toxines. Le professeur de politique de santé et économiste, le Dr Jay Bhattacharya – connu pour ses critiques sur les confinements Covid-19 – est désigné pour devenir le nouveau directeur des Instituts nationaux de la santé (NIH). « Ensemble, Jay et RFK Jr redonneront aux NIH leur statut de référence en matière de recherche médicale, a déclaré Donald Trump. Ensemble, ils travailleront dur pour que l’Amérique soit à nouveau en bonne santé ! ».Incrédulité généraleLa nomination la plus inquiétante est sans doute celle du Dr Mehmet Oz, qui dirigera les Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS). Les CMS supervisent certains des plus grands programmes médicaux des Etats-Unis, en fournissant une couverture médicale à plus de 150 millions d’Américains, en réglementant l’assurance maladie et en définissant une politique qui détermine les prix payés aux médecins, aux hôpitaux et aux sociétés pharmaceutiques pour les services médicaux. Etant donné qu’Oz a déclaré un jour que les personnes non assurées « n’ont pas le droit à la santé », sa nomination ne peut être qualifiée que de cynique.Il y a une vingtaine d’années, j’ai brièvement rencontré le Dr Oz lors d’une conférence. Je peux dire honnêtement que j’ai rarement croisé quelqu’un qui, à mon avis, dégageait autant de charlatanisme. Sa nomination a suscité l’incrédulité générale, notamment en raison de la longue histoire de M. Oz, qui a promu de manière irresponsable les pires formes de médecine dite alternative dans son émission télévisée américaine populaire, le Dr Oz Show, diffusée de 2009 à 2022. Une analyse des recommandations émises dans le cadre du Dr Oz Show a révélé que 46 % d’entre elles seulement étaient étayées par des preuves minimales, que 15 % étaient contredites par des données et que 39 % n’étaient étayées par aucune preuve. Les chercheurs ont également constaté qu’Oz n’abordait presque jamais les conflits d’intérêts dans son émission.En 2015, un groupe de dix médecins américains de renom ont été tellement choqués par ces propos qu’ils ont demandé à son employeur, l’université de Columbia, de le retirer de la faculté pour son « mépris de la science et de la médecine fondée sur des données probantes ». L’université a défendu Mehmet Oz en déclarant qu’elle était « attachée au principe de la liberté académique et au respect de la liberté d’expression des membres du corps professoral ».Mais pourquoi Mehmet Oz, qui possède la double nationalité américaine et turque, et qui a même servi dans l’armée turque pour conserver sa citoyenneté turque, fait-il toutes ces bêtises ? Après tout, il a fait une brillante carrière de chirurgien de haut niveau. Il est très riche et n’a sans doute pas besoin de cet argent. Je pense qu’une partie de la réponse se trouve ailleurs.Marié à une maître reikiDepuis une quarantaine d’années, Mehmet est marié à Lisa, qui est maître reiki. Elle adhère totalement à cette forme de traitement, affirmant que « la prochaine vague d’avancées médicales se produira lorsque nous reconnaîtrons le corps comme un système énergétique ». Lisa a manifestement fait de son mari un adepte du reiki, à tel point qu’il a déclaré dans son émission que « le reiki est l’ultime médecine alternative ». Oz a même reçu en 2009 le « Pigasus Award » de la James Randi Educational Foundation, un prix annuel décerné avec humour pour dénoncer les fraudes dans le domaine de la santé, pour sa promotion incessante du reiki.Le reiki est une forme de guérison paranormale ou énergétique popularisée par le Japonais Mikao Usui (1865-1926). Rei signifie esprit universel (parfois considéré comme un être suprême) et ki est l’énergie vitale universelle supposée. Le traitement repose sur les hypothèses de la médecine traditionnelle chinoise et sur l’existence du « chi », la force vitale qui détermine notre santé. Les praticiens du reiki pensent pouvoir transmettre une « énergie de guérison » à un patient, qui stimulerait alors les propriétés d’autoguérison du corps. Ils supposent que les effets thérapeutiques de cette technique proviennent d’une « énergie vitale universelle » qui apporte force, harmonie et équilibre au corps et à l’esprit. Ces notions ne reposent sur aucune base scientifique et le reiki n’est donc pas scientifiquement plausible.Le reiki est utilisé pour un large éventail de pathologies, notamment pour soulager le stress, la tension et la douleur. Plusieurs essais cliniques ont été réalisés pour tester l’efficacité de ce traitement. Malheureusement, leur qualité méthodologique est généralement médiocre. Une revue systématique résumant ces données a conclu que « les preuves sont insuffisantes pour suggérer que le reiki est un traitement efficace pour n’importe quelle condition ». Par conséquent, la valeur du reiki n’a pas été prouvée » et une revue Cochrane (il s’agit généralement des résumés les plus indépendants et les plus fiables) a conclu que « les preuves sont insuffisantes pour dire si le reiki est utile ou non pour les personnes de plus de 16 ans souffrant d’anxiété ou de dépression, ou des deux ».Avec Robert Kennedy, Janette Nesheiwat et Mehmet Oz sur le point de prendre en charge les soins de santé aux Etats-Unis, il y a de quoi s’inquiéter non seulement pour la santé de nos amis américains, mais aussi pour le progrès et la rationalité en général. Cela me rappelle étrangement un bon mot souvent attribué de façon erronée à Voltaire : « Ceux qui peuvent vous faire croire des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités ». Si cette citation est en réalité une mauvaise traduction du texte de votre célèbre penseur, elle n’a jamais autant paru d’actualité.
Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/avec-donald-trump-le-reiki-va-t-il-faire-son-entree-a-la-maison-blanche-BW7YJIZNQRGDFAA4NNCHPIOBXE/
Author : Pr Edzard Ernst
Publish date : 2025-01-20 11:30:00
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Interdiction de TikTok : l’appel de la Chine aux Etats-Unis

La Chine a exhorté lundi 20 janvier les Etats-Unis à entendre « la voix de la raison » au sujet de TikTok, alors qu’une loi interdisant la populaire application sur le territoire américain est entrée en vigueur. « Nous espérons que la partie américaine saura écouter la voix de la raison et offrir un environnement commercial ouvert, équitable, juste et non discriminatoire aux entités commerciales de tous les pays opérant aux Etats-Unis », a indiqué lors d’un point presse régulier Mao Ning, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères. »TikTok est une application très appréciée des utilisateurs américains et présente depuis de nombreuses années aux Etats-Unis. Elle a joué un rôle positif dans la promotion de l’emploi et la stimulation de la consommation aux Etats-Unis », a-t-elle souligné. »Nous n’avons jamais demandé de collecter des données »La Chine attache « une grande importance à la confidentialité et à la sécurité des données », a-t-elle également assuré. « Nous n’avons jamais demandé et ne demanderons jamais aux entreprises ou aux particuliers de collecter ou de fournir des données situées dans des pays étrangers d’une manière qui viole les lois locales », a encore affirmé Mao Ning.Le réseau social a été rétabli dimanche aux Etats-Unis, quelques heures seulement après sa suspension, une conclusion en forme de victoire politique pour le président élu américain Donald Trump. Signe de la vitalité intacte de la plateforme aux plus 170 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis, TikTok a immédiatement été inondé de vidéos célébrant ce retour.Dans un message posté sur X (ex-Twitter), le groupe a remercié le républicain d’avoir assuré aux fournisseurs d’accès à internet et boutiques d’applications qu’ils échapperaient aux lourdes pénalités prévues par la loi. La loi prévoit, en effet, de très lourdes amendes pour ces prestataires techniques, jusqu’à 5 000 dollars par utilisateur pour les boutiques d’application.Donald Trump veut « sauver TikTok »Plus tôt dimanche, le futur chef de l’Etat s’était engagé à prendre un décret une fois investi, lundi, pour suspendre la loi interdisant TikTok sur le sol américain. Le texte adopté en 2024 ouvre la possibilité de repousser la mise en oeuvre de 90 jours le temps de trouver un acheteur, alternative offerte à la maison mère de TikTok, la Chinoise ByteDance, en lieu et place de l’interdiction. »Nous devons sauver TikTok », a clamé dimanche à Washington Donald Trump lors d’un dernier meeting avant son investiture. « Nous n’avons pas le choix », a-t-il martelé, évoquant les « nombreux emplois » en jeu. « Nous ne voulons pas donner des marchés à la Chine » ou « à d’autres », a-t-il déclaré. « Nous allons travailler avec le président Trump à une solution de long terme pour maintenir TikTok aux Etats-Unis », a de son côté expliqué l’entreprise.Saisie par TikTok en dernier recours, la Cour suprême américaine avait refusé vendredi, à l’unanimité, de suspendre la loi. Les neuf hauts magistrats ont estimé que les inquiétudes du Congrès « en matière de sécurité nationale » étaient « bien fondées ».
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Publish date : 2025-01-20 10:16:00
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