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“Le Hamas, dehors !” : à Gaza, les origines floues d’une mobilisation inédite


Une foule qui s’avance dans les rues délabrées de la bande de Gaza. Plusieurs centaines de manifestants, majoritairement des hommes, ont défilé à Gaza-ville mercredi 26 mars afin de dénoncer la position du Hamas dans la guerre meurtrière qui l’oppose à Israël. La reprise des bombardements israéliens mi-mars met la population gazaouie face au mur, tandis que le mouvement islamiste palestinien, responsable des massacres du 7 octobre 2023 sur le sol hébreu, reste inflexible sur les conditions pour faire libérer les derniers otages.

Mardi, une première mobilisation avait eu lieu à Beit Lahia, réunissant là aussi des centaines de participants. “J’y ai participé pour envoyer un message de la part du peuple : ‘Assez de guerre'”, a témoigné Mohammed, interrogé par l’AFP pour sa présence dans le cortège. Des slogans explicites contre le Hamas ont marqué cette manifestation. “Dehors, dehors, dehors, le Hamas dehors !”, a-t-il notamment été scandé. “Nous exigeons la fin de la guerre acharnée contre les enfants, les femmes et les personnes âgées de Gaza”, revendique de son côté un autre homme, interrogé par les équipes de NBC News.

Appels au rassemblement sur Telegram

Certaines protestations très limitées avaient déjà pu être constatées dans la bande de Gaza. Mais l’ampleur de la contestation des derniers jours est sans précédent depuis le début de la guerre. Parmi les manifestants, beaucoup remettent en question la volonté du Hamas de négocier avec l’Etat hébreu, qui a tué plusieurs centaines de personnes dans ses frappes depuis la rupture du cessez-le-feu. En plus de la critique des opérations israéliennes, “notre autre message s’adresse au Hamas : ça suffit”, a indiqué l’un d’entre eux, Mahmoud Haj Ahmad, à CNN. “Vous avez gouverné assez longtemps ; donnez leur chance aux autres, et laissez-les venir.”

Qui est à l’origine de cette contestation ? Difficile de le savoir. Aucune information n’a filtré sur les organisateurs précis des manifestations. Les participants interrogés par les médias sur place expliquent d’ailleurs ne pas connaître qui se cache derrière celles-ci. De nombreux appels au rassemblement ont été diffusés sur des canaux Telegram pour pousser les Gazaouis à se mobiliser dans différents lieux du territoire. Mais aucun groupe n’a revendiqué avoir pris l’initiative de la formation de ces différents cortèges. Les vidéos des attroupements ont néanmoins été largement relayées sur les réseaux sociaux par des comptes connus pour leur opposition anti-Hamas sur le web.

Au sein de la bande de Gaza, l’hégémonie du Hamas cadenasse en général toute démarche politique alternative. Le Fatah, l’autre principale force palestinienne à la tête de l’Autorité palestinienne et principal rival du mouvement islamiste, a toutefois avancé que ces événements devaient conduire le Hamas à “écouter la voix du peuple”. Et donc, à quitter le pouvoir dans l’enclave palestinienne, qu’il administre depuis 2007. Al-Hayat Al-Jadida, l’un des principaux titres de presse palestiniens réputé très proche du Fatah, a appelé dans ses pages ce groupe à “ne plus prendre en otage le destin du peuple de Gaza”. Une position qui contraste avec celle de Felesteen, un journal de la presse gazaouie, qui fustige une mobilisation en forme de “conspiration contre la résistance palestinienne”.

Des mobilisations “spontanées”, selon le Hamas

Le gouvernement israélien a renouvelé sa pression mercredi sur le Hamas pour tenter de le faire céder sur la libération de nouveaux otages. “L’armée va mener bientôt des opérations avec une force maximale sur de nouvelles zones de Gaza”, a assuré le ministre israélien de la Défense, Israel Katz. Selon le Premier ministre de l’Etat hébreu Benyamin Netanyahou, les dernières manifestations au sein du petit territoire palestinien “prouve [nt] que la politique israélienne fonctionne”. “De plus en plus de Gazaouis comprennent que le Hamas leur apporte destruction et ruine, et c’est essentiel”, a-t-il exposé.

La contestation a en tout cas donné lieu à des déclarations contradictoires du mouvement islamiste. Le bureau de presse du gouvernement du Hamas a précisé à CNN que les rassemblements à Gaza étaient “spontanés” et ne “reflèt[aient] pas la position générale” de la population gazaouie. D’après cette source, manifester serait “un droit légitime, et une part essentielle des valeurs nationales dans lesquelles nous croyons et que nous défendons”. Plusieurs vidéos, mentionnées par l’agence de presse AP, montreraient pourtant des membres du Hamas en train de disperser la foule de manifestants.

Un des membres du bureau politique du Hamas, Bassem Naïm, a par ailleurs ouvertement critiqué les manifestations. “Il est inacceptable d’exploiter des tragédies humanitaires au profit d’agendas politiques douteux ou pour rejeter la faute” sur d’autres “que les réels agresseurs”, a-t-il lancé, interrogé par NBC News. Le soutien au mouvement palestinien s’étiole en tout cas peu à peu au sein de la bande de Gaza. Selon une étude de l’université d’Oxford menée avec Artis International et l’institut de sondage palestinien PSR début janvier, seuls 20 % des Gazaouis disaient encore soutenir le Hamas.




Source

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