Donald Trump a beau bien s’entendre avec Vladimir Poutine, il s’impatiente. Le dirigeant américain, qui rêve d’annoncer rapidement un “deal” de paix, se dit déçu et “très énervé” par son homologue russe, qui traîne les pieds pour signer un cessez-le-feu avec l’Ukraine, multipliant les conditions – comme le départ du dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky, qu’il ne juge pas “légitime” pour négocier.
Si Poutine continue à retarder ses plans, le milliardaire n’hésitera pas à punir sévèrement Moscou, en imposant des sanctions “secondaires” – des taxes douanières de 25 à 50 % – sur toutes les entreprises qui achètent du pétrole à la Russie, menace-t-il. Une telle mesure pénaliserait lourdement des pays comme l’Inde et la Chine, déjà inquiets des barrières tarifaires instaurées sur les importations américaines d’acier, d’aluminium ou de voitures. L’Inde est devenue l’an dernier le premier acheteur de pétrole brut russe (qui représente 35 % de ses importations en la matière), devant la Chine. Avant même l’annonce par Washington de possibles nouveaux droits de douane contre ses partenaires commerciaux, ce 2 avril, l’empire du Milieu était, quant à lui, visé par une surtaxe douanière de 20 % visant toutes ses exportations vers les Etats-Unis.
La même punition pourrait être appliquée aux achats de pétrole iranien si Téhéran ne signe pas un accord pour mettre fin à son programme nucléaire. A sa manière (un léger tropisme pour les taxes douanières), l’administration Trump revisite le principe de l’extraterritorialité, grâce auquel l’Amérique impose ses règles juridiques au monde entier. Encore faut-il que le locataire du bureau Ovale ne revienne pas en arrière. “Je pense qu’il va se montrer à la hauteur de ce qu’il m’a dit. Et je pense qu’il va maintenant remplir sa part du contrat”, a ensuite déclaré l’ex-homme d’affaires à la Maison-Blanche à propos du chef du Kremlin.
Fait nouveau, cette tendance ne se limite pas à la géopolitique. Obsédée par sa lutte contre le “wokisme”, l’administration républicaine interdit désormais à des entreprises européennes qui veulent répondre aux appels d’offres de l’Etat fédéral d’appliquer des politiques de diversité (sur la base de critères de genre ou ethniques). Plusieurs entreprises françaises ont reçu des courriers en ce sens.
Jusqu’où ira-t-elle ? Le vice-président J. D. Vance ne cache pas sa sympathie pour les partis d’extrême droite européens et Donald Trump a regretté la condamnation en justice de Marine Le Pen. De possibles représailles demain contre les pays qui entravent la montée en puissance de leurs protégés ne relèvent plus de la science-fiction.
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