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    VIH en Europe : ces nombreuses idées reçues qui ont la vie dure

    IntelliNewsBy IntelliNewsmars 27, 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    I=I, soit « indétectable égal intransmissible ». C’est une équation simplissime que martèlent les associations de lutte contre le VIH mais que de nombreuses personnes peinent encore à résoudre. Le principe est pourtant simple. Une personne séropositive au VIH sous traitement voit sa charge virale baisser jusqu’à ce qu’elle ne soit plus détectable lors d’un prélèvement sanguin. A ce stade, cette personne n’a aucune chance de développer un stade avancé de la maladie – le sida – et ne transmet plus le virus.

    Cela fait une dizaine d’années que plusieurs associations européennes et américaines ont fait de cette équation un slogan, mais le message peine encore à passer. D’après un sondage OpinionWay réalisé pour Sidaction à l’occasion de sa 32e campagne de collecte de dons, plus de trois jeunes de 15 à 24 ans sur quatre pensent que le VIH peut être transmis lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sous traitement. C’est faux… et quand bien même, cela n’encourage même pas le port du préservatif puisque son usage est en baisse dans de nombreux pays européens. Malheureusement, cette idée reçue est loin d’être la seule à circuler. On fait le point.

    Non, un baiser ne suffit pas à transmettre le VIH

    En 2006, un eurobaromètre démontrait que pour environ 60 % des Européens, un simple baiser suffisait à transmettre le virus du Sida. Vingt ans plus tard, cette idée reçue persiste encore. Un quart des Finlandais ou des Suédois ainsi que 16 % des Danois ou des Britanniques le pensent, d’après les dernières enquêtes nationales sur le sujet. En France, Sidaction relève que cette proportion monte à 39 % chez les résidents français de 15 à 24 ans.

    Selon Gus Cairns, responsable de la prévention au sein du groupement européen pour le traitement du sida (EATG), « il arrive que les gens soient sincèrement ignorants sur le sujet, surtout les jeunes. Mais parfois, ils s’accrochent à cette idée que le VIH est plus dangereux qu’il ne l’est en réalité. » C’est tout particulièrement le cas du mode de transmission. On sait depuis les années 1990 que le VIH peut se transmettre lors d’un rapport sexuel non-protégé ou lors d’un échange de seringue, mais il ne se transmet pas par la salive. Il n’est pas non plus possible d’être contaminé en s’asseyant sur des toilettes publiques. D’après Sidaction, un tiers des 15 à 24 ans affirment pourtant le contraire.

    Non, la contamination au VIH n’est plus une sentence

    La culture populaire a ancré durablement dans les mémoires collectives, l’image d’une personne séropositive au VIH condamnée. Aujourd’hui, sauf une poignée de cas exceptionnels qu’on ne sait encore expliquer, on ne guérit pas encore du virus. Mais il est possible de vivre longtemps et en bonne santé en suivant un traitement. Là encore, tous les Européens ne sont pas bien renseignés.

    Conséquence : il existe encore une profonde stigmatisation de la maladie. D’après une enquête récente du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), « 30 % des personnes vivant avec le virus en Europe n’en ont parlé à aucun de leurs proches tandis qu’une sur cinq ne s’est pas confiée à un seul ami ou partenaire sexuel récent. » Cette proportion frappe tous les pays et toutes les couches de la société. D’après l’ECDC, près d’un médecin sur deux s’estime « au moins un peu inquiet » lorsqu’il panse une blessure ou réalise une prise de sang sur une personne séropositive au VIH. « Auparavant, il y avait une peur panique, tangible du virus, témoigne Gus Cairns, alors qu’aujourd’hui, on est plus sur des préjugés moraux. Si même les soignants européens ne sont pas bien informés sur le sujet, comment attendre de leurs patients qu’ils le soient ? »

    Non, le sida n’est pas une maladie d’homosexuel

    Là encore, les livres et les films – abondants sur la thématique du VIH/sida – véhiculent une certaine image des malades : celle d’un homme homosexuel, citadin, blanc, sur le point de mourir. Pourtant, le profil des personnes contaminées au VIH a largement évolué depuis les années 1990. « En Suède et au Danemark, plus de deux tiers des personnes nouvellement contaminées ne sont pas nées dans la région », pointe Gus Cairns. Cette tendance se retrouve dans de nombreux pays d’Europe : en France et en Allemagne, 60 % des nouvelles contaminations touchent des personnes migrantes ; 50 % en Espagne (ECDC, 2024).

    De même depuis 2022, le nombre de personnes contaminées lors d’un rapport hétérosexuel non-protégé a dépassé le nombre de contaminations lors d’un rapport homosexuel, aussi bien en Europe de l’Ouest qu’en Europe centrale. Après une baisse notable du nombre de séropositivités au VIH découvertes en 2020, celui-ci est rapidement reparti à la hausse, pour se stabiliser à un haut niveau (24 000 nouveaux cas au sein de l’Union européenne et de l’Espace économique européen). La lutte contre le VIH n’est pas terminée.

    Non, Donald Trump n’est pas le seul responsable de la baisse de l’aide internationale

    Ce fut l’une des premières mesures prises par le président américain Donald Trump à sa prise de fonction : une coupe drastique dans les budgets consacrés à l’aide internationale. Cette réduction a des effets catastrophiques puisque les Etats-Unis étaient les premiers contributeurs du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

    Le bilan risque de s’alourdir d’autant plus que le serrage de bourse américain a fait des émules. Après avoir âprement critiqué la stratégie de la Maison-Blanche, de nombreux pays européens ont, à leur tour, baissé leur contribution au fonds. Dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, la France et l’Allemagne ont notamment divisé leur contribution par deux. « La reprise de l’épidémie est réelle, déplore Sidaction dans un communiqué diffusé en amont de son week-end de collecte, dans ce contexte de fragilisation de la solidarité internationale, elle pourrait entraîner jusqu’à 4 millions de décès supplémentaires liés d’ici 2030. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/vih-en-europe-ces-nombreuses-idees-recues-qui-ont-la-vie-dure-NRSD64PT2VD7HPWDVQVNVEAGQE/

    Author : Mathias Penguilly

    Publish date : 2026-03-27 16:30:00

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