Encore une volte-face. Le président Donald Trump a annoncé mardi 5 mai qu’il mettait en pause la nouvelle opération militaire destinée à ouvrir un corridor de navigation dans le détroit d’Ormuz pour les navires commerciaux, deux jours à peine après l’avoir lancée. Son annonce, publiée sur les réseaux sociaux, est intervenue quelques heures après que le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé que les États-Unis avaient mis fin aux opérations de combat contre l’Iran. Seuls trois navires commerciaux ont réussi à traverser le détroit depuis le lancement lundi de cette opération américaine, baptisée « Projet Liberté » (« Project Freedom » en anglais).
Selon Donald Trump, cette pause « intervient à la demande du Pakistan et d’autres pays » et implique l’arrêt temporaire des opérations militaires américaines, y compris l’usage de navires de guerre pour sécuriser le passage. Cette suspension durera « pendant une courte période afin de voir si l’accord [NDLR : de paix avec l’Iran] peut être finalisé et signé », a-t-il précisé, évoquant déjà de « grands progrès » vers un accord « complet et définitif ». Dit différemment, si la marine américaine continuera d’intercepter les navires ayant accosté dans des ports iraniens, les opérations aériennes et navales visant à sécuriser le détroit pour le trafic commercial, elles, sont interrompues.
Le maintien du cessez-le-feu
Cette annonce intervient après deux conférences de presse mardi – l’une au Pentagone, l’autre à la Maison-Blanche – au cours desquelles l’administration a défendu l’efficacité de la nouvelle opération militaire et tenté de convaincre les journalistes que « Project Freedom » produisait des résultats. Cela malgré des tirs de missiles et de drones iraniens contre des navires américains dès le premier jour des opérations, et la destruction par les États-Unis d’au moins six vedettes rapides iraniennes en représailles.
View this post on Instagram
Plus tôt dans la journée, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a indiqué lors de son point presse que la mission américaine de protection des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, un « cadeau direct » fait par Washington aux autres nations selon lui, était appelée à rester temporaire, d’autres pays devant ensuite en assumer la charge. Il a également insisté sur le fait que le cessez-le-feu fragile avec l’Iran tenait toujours, malgré les attaques visant des navires. A ses côtés, le général Dan Caine a indiqué que plus de 22 500 marins, répartis sur plus de 1 550 navires commerciaux, patientaient pour traverser le détroit, précisant que le commandement central avait instauré une « zone de sécurité renforcée » sur le flanc sud, sous protection des forces américaines. Depuis l’annonce du cessez-le-feu, l’Iran a tiré à neuf reprises sur des navires commerciaux, en a capturé deux et a mené plus de dix attaques contre les forces américaines, selon Caine, « tout cela en dessous du seuil de reprise d’opérations de combat majeures, à ce stade », a-t-il néanmoins tempéré.
« Trump recule »
Les deux responsables se sont exprimés peu après l’expiration d’un délai légal imposant à la Maison-Blanche de solliciter l’autorisation du Congrès pour poursuivre les frappes en Iran au-delà de 60 jours. Pete Hegseth a soutenu que cette contrainte ne s’appliquait pas en raison du cessez-le-feu, une position défendue aussi par Marco Rubio mais contestée par les démocrates.
Du côté des Iraniens, l’annonce de Donald Trump est dans tous les cas le symbole de « l’échec des États-Unis à atteindre leurs objectifs », a indiqué l’INSA, un média d’État. Dans un communiqué, ce dernier affirme que le dirigeant américain a mis fin à l’opération « à la suite des positions fermes et des avertissements de l’Iran ». Le média d’État Tasnim a également salué cette décision dans une publication sur son compte en persan sur X, écrivant que « Trump recule ».
Aucune nouvelle attaque n’a été signalée tôt ce mercredi, alors que le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi se rendait en Chine pour des discussions diplomatiques et que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif condamnait les attaques de la veille. « Il est absolument essentiel que le cessez-le-feu soit respecté afin de permettre un espace diplomatique menant à une paix durable et à la stabilité dans la région », a-t-il déclaré.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/detroit-dormuz-le-projet-liberte-deja-suspendu-un-nouveau-retropedalage-de-donald-trump-4MBTVBKXZ5H7HEYK3MUQ37AFII/
Author :
Publish date : 2026-05-06 07:35:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.