Quoi de mieux qu’un plongeon dans une rivière d’eau glacée lors d’un épisode caniculaire ? Ce ne sont pas les Bernois qui vous diront le contraire ! Le centre historique de la capitale fédérale suisse est encerclé par l’Aar, un affluent du Rhin très prisé des baigneurs lors de la période estivale. Son eau translucide est directement alimentée par la fonte des glaciers alpins dans le sud du pays : un gage de pureté… et de fraîcheur.
Le cas de Berne est loin d’être une exception, puisque toutes les grandes villes suisses disposent de leurs espaces de baignade naturels. A Genève par exemple, une véritable plage a été aménagée dans le quartier des Eaux-Vives, sur le bord du lac, offrant un panorama magnifique sur la ville et le Jura. A Zurich, les habitants ont le choix entre un plongeon dans le lac, au cÅ“ur du centre historique, ou dans un bassin directement aménagé dans la Limmat, la rivière qui traverse la métropole du Nord au Sud. Et à Bâle, enfin, il est possible de longer la rive droite du Rhin, en se laissant emporter sur le courant. Les locaux investissent d’ailleurs souvent dans un Wickelfisch, un sac en forme de poisson coloré qui sert à la fois de bouée et de compartiment étanche pour garder ses affaires au sec lors de la descente.
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A ce jeu de la baignade urbaine, nos voisins helvètes font figure de pionniers. On trouve des traces d’installations balnéaires dès le Moyen-Âge et certains espaces de baignades en fonctionnement aujourd’hui ont une histoire centenaire. C’est notamment le cas des Bains des Pâquis genevois, inaugurés en 1872, ou encore de la descente de l’Aar à Berne, très appréciée des jeunes hommes du… XVIIIe siècle. Bien loin de l’imagerie actuelle du nageur ascète et soucieux de son bien-être, les adeptes de ces lieux étaient souvent vilipendés pour leur promiscuité. La baignade urbaine en Europe connaît alors ses premiers désaveux : certains bains publics naturels, perçus comme des lieux de débauches, sont progressivement interdits à la baignade. Le coup de grâce viendra avec l’époque industrielle.
A Paris par exemple, la préfecture interdit tout plongeon dans la Seine à partir de 1923. La navigation fluviale et les rejets de produits industriels l’ont rendu trop dangereuse. A Vienne, Munich, Copenhague, la baignade en eau libre disparaît elle aussi progressivement, au profit de bassins chlorés. Il faut attendre les années 1980 pour que l’idée de rendre les lacs, les fleuves – voire les ports dans le cas de nos amis danois – accessibles au grand public.
Vienne inaugure le bal de ces réouvertures d’espaces de baignade avec la réhabilitation du Vieux Danube, un bras mort du fleuve au nord-est de la ville. Aujourd’hui, le quartier qui le borde est très animé grâce à ses nombreux restaurants et à ses lieux d’activités sportives. Puis, ont suivi d’autres centres urbains comme Oslo, Copenhague, Munich… et bien sûr Paris. D’autres villes devraient suivre à l’image de Rotterdam ou Berlin. Dans la capitale allemande, plusieurs collectifs citoyens militent en effet pour la réouverture de la Spree à la baignade. A Londres, l’exploit parisien fait des émules et le maire Sadiq Khan a annoncé de grands investissements pour rendre la Tamise baignable en 2034.
Face à ce nouvel engouement, un groupe de chercheurs du laboratoire d’excellence « Intelligences des Mondes Urbains » (LabEx IMU) de l’Université de Lyon a cherché à créer une typologie d’infrastructures de baignades en ville. Outre les piscines municipales, fermées, aménagées et surveillées, ils distinguent les espaces de nage supervisée dans des bassins de bois ou de béton aménagés directement sur les cours d’eau (comme c’est le cas dans le port de Copenhague ou encore à Paris depuis l’été 2025) de la baignade libre en eau vive, plutôt prisée dans les cours d’eau suisses et dans certaines villes de l’Est de l’Europe. Les premiers sont généralement plus familiaux et accessibles aux nageurs débutants tandis que les seconds sont peu surveillés et dédiés aux nageurs confirmés.
Quelles que soient vos envies – et votre niveau de nage – les métropoles européennes possèdent donc un espace pour vous. Quelle sera votre prochaine destination ? A Paris, la baignade dans la Seine rouvrira à partir du 4 juillet 2026.
Source link : https://www.lexpress.fr/societe/canicule-ces-villes-europeennes-qui-redecouvrent-la-baignade-DBUPJKSBPFBU5MFF2JMBQHEDLQ/
Author : Mathias Penguilly
Publish date : 2026-05-29 13:00:00
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