Donald Trump a toujours une obsession pour le Groenland et ne cache pas ses ambitions. Le 7 juillet, avant un sommet des dirigeants de l’Otan en Turquie, le président américain a répété que les Etats-Unis devraient contrôler ce vaste territoire danois semi-autonome. « Ce territoire devrait être contrôlé par les Etats-Unis, et non par le Danemark », a-t-il déclaré à la presse lors d’un entretien avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Interrogée à Ankara sur les propositions du président américain, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a répondu qu’elle attendait des alliés de l’Otan qu’ils respectent la souveraineté du Danemark et répété que « le Groenland n’est pas à vendre ». « La volonté des Etats-Unis de posséder le Groenland et d’en prendre le contrôle est bien connue. J’espère que tout le monde sait également très bien que cela n’arrivera pas », a-t-elle affirmé.
Les Américains aimeraient bien plus qu’une simple présence militaire au Groenland : ils souhaitent s’installer durablement dans l’économie de ce territoire doté de ressources naturelles, notamment minières, et évidemment en tirer profit. Depuis que Donald Trump a clairement exprimé ses ambitions pour le Groenland, les entreprises américaines s’implantent de plus en plus sur ce territoire. Leurs activités vont de l’exploitation des terres rares et de l’énergie hydroélectrique à la mise en bouteille d’eau de source « de luxe ».
Les appétits de Greenland Energy
Une compagnie pétrolière texane liée à Donald Trump cherche particulièrement à s’implanter au Groenland : Greenland Energy. Comme le relate The Guardian, cette société espère prouver que des milliards de barils de pétrole brut se trouvent sous terre en acheminant 300 conteneurs de matériel de forage. Un représentant de cette société, Robert Price, a indiqué le 10 juin dernier à des habitants d’un village isolé, Ittoqqortoormiit, situé sur la péninsule est du Groenland, avoir « l’autorisation d’installer le matériel sur le terrain ». « Nous avons également déposé nos demandes de permis de forage, qui sont en attente d’approbation », a-t-il indiqué, raconte le quotidien britannique. Le ministère des Ressources du Groenland indique pourtant à nos confrères n’avoir délivré « aucune autorisation active pour une quelconque activité d’exploration ou autorisation pour les préparatifs de ces activités ».
Cet épisode illustre les intentions des soutiens de Donald Trump et met en lumière le risque de voir les conflits avec les autorités de ce territoire peu peuplé se multiplier. Les proches du locataire de la Maison Blanche instrumentalisent la perspective d’une découverte de pétrole américain au Groenland pour appuyer leur demande. Ils se heurtent pour le moment à un problème de taille : le Groenland a cessé de délivrer des permis d’exploration pétrolière en 2021 après 50 ans de forages infructueux, notamment en raison des conséquences environnementales trop importantes. Les activités d’exploration pétrolière menacent également l’habitat de la faune, particulièrement les oiseaux.
Quelques licences restent toutefois valides. Certaines couvraient une partie de Jameson Land, dans la péninsule est du Groenland, une région plus proche de Londres que de Washington. Ces licences appartiennent à une société enregistrée au Royaume-Uni, appelée 80 Mile, détaille The Guardian. Ce sont ces licences que Greenland Energy, une société créée l’an dernier et cotée au Nasdaq à New York, espère exploiter en investissant 60 millions de dollars pour forer deux puits, en échange d’une participation majoritaire dans le projet.
Pas d’autorisation, pas de forage
Greenland Energy, qui a amassé un éventail éclectique de soutiens liés à Donald Trump, semble être la seule entreprise à prévoir des forages sur le territoire. Bien qu’elle n’ait apparemment pas encore obtenu les autorisations nécessaires, cette société a affrété un navire arctique pour transporter son matériel sur 4000 km à travers les eaux glacées jusqu’à la côte est du Groenland. Selon Robert Price, le navire devrait partir dans deux mois, avant que ne débutent les forages, en octobre. Les documents déposés par Greenland Energy auprès du marché boursier indiquent toutefois clairement que ses projets ne pourront se concrétiser que si le gouvernement du Groenland autorise le forage et lui permet de prendre une participation dans toute extraction pétrolière qui en découlerait.
Un obstacle que souhaite donc lever l’administration Trump, à coup de menaces et de pressions si nécessaire. « Nous avons besoin d’un accord. Le Groenland a besoin d’un accord. Nous pourrions – le Groenland pourrait – exporter 2 millions de barils de pétrole par jour dès maintenant », a déclaré en mai sur Fox News l’envoyé spécial du président américain au Groenland, l’ultraconservateur Jeff Landry. « Nous pourrions mettre ces barils en production d’ici une dizaine de mois », a estimé le gouverneur républicain de la Louisiane.
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Author : Julien Chabrout
Publish date : 2026-07-11 15:07:00
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