Un cessez-le-feu terminé… mais des négociations qui se poursuivent. Donald Trump a déclaré sur sa plateforme Truth Social que les Etats-Unis et l’Iran avaient convenu de « poursuivre les pourparlers » malgré une escalade des hostilités cette semaine et indiqué que le cessez-le-feu conclu entre les deux parties le mois dernier était terminé.
L’Iran a de son côté contesté l’interprétation de Donald Trump, affirmant n’avoir pas sollicité de pourparlers avec les Etats-Unis mais avoir accepté d’accueillir un médiateur qatari, a rapporté la télévision d’Etat. Des négociateurs qataris ont rencontré des responsables iraniens vendredi afin de désamorcer les tensions et de discuter du détroit d’Ormuz, a indiqué à Reuters une source proche du dossier.
Donald Trump a également indiqué avoir ordonné à l’armée américaine de se tenir prête à lancer des frappes contre l’Iran si Téhéran commettait ou tentait de l’assassiner, menaçant de « décimer et de détruire complètement » l’Iran si le régime tente de l’assassiner. Dans cette période de menaces et d’affrontements contenus, les autorités iraniennes ne sont pas en reste et disposent même d’un nouveau plan pour affronter les Américains, en quatre points, comme le révèle The Telegraph. L’objectif : instaurer un bras de fer avec son ennemi. « L’Amérique ne comprend que le langage de la force. Il faut donc lui parler dans ce même langage », a indiqué un responsable iranien au quotidien britannique.
L’atout géographique
Après avoir survécu à deux vagues de bombardements américains et israéliens, les dirigeants iraniens ont conclu que leur atout le plus redoutable n’était pas leur puissance militaire, mais leur situation géographique, relate le quotidien britannique. Ils disposent de deux leviers particulièrement puissants : le détroit d’Ormuz, qui constitue le littoral iranien, ainsi que le détroit de Bab el-Mandeb, au large du Yémen. Selon le Telegraph, les Iraniens élaborent ainsi des plans pour fermer ces deux points de passage maritimes parmi les plus stratégiques au monde et paralyser l’approvisionnement mondial en pétrole.
La première étape du plan de Téhéran consiste à stopper les exportations de pétrole depuis le détroit d’Ormuz. L’Iran chercherait à bloquer toute sortie de pétrole brut issu de ce détroit, en attaquant les pétroliers et en posant des mines marines. Cette stratégie a déjà été utilisée et elle a montré qu’elle fonctionne : les récentes hostilités dans cette zone cruciale ont fait grimper les prix du pétrole. Inquiets quant à cette perspective, les Etats-Unis ont intensifié vendredi leurs exigences envers l’Iran pour qu’il cesse ses attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz.
Par ailleurs, le régime iranien pourrait ouvrir un second front en mer Rouge, à travers le détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage stratégique entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. Le but, selon Téhéran ? « Couper le financement et la logistique des bellicistes » et empêcher les armes d’atteindre la région. La fermeture simultanée des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb permettrait à l’Iran de contrôler deux des artères reliant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie à la fois. Mais pour réussir au large du Yémen, les Iraniens seraient probablement contraints de passer par leurs alliés, les forces houthies, étendant ainsi la guerre loin du territoire iranien.
Les oléoducs et puits de pétrole ciblés
Les Iraniens chercheraient également à lancer des attaques si graves contre les infrastructures de production et de raffinage de leurs voisins, qu’elles ne pourraient être reconstruites « avant plusieurs années ». Dans le viseur de Téhéran : le ciblage des oléoducs et des puits de pétrole en Arabie saoudite et dans d’autres Etats arabes. « Toute nouvelle agression de la part de l’ennemi doit se heurter à une riposte qui cible directement les intérêts vitaux des Etats-Unis et de leurs alliés », ont prévenu les autorités iraniennes dans une doctrine publiée par l’agence de presse Fars, affiliée aux Gardiens de la révolution.
Selon le Telegraph, le troisième point de la doctrine iranienne est l’augmentation du coût humain et financier pour les Etats-Unis. L’Iran ne peut évidemment pas vaincre les Etats-Unis militairement, mais il est en capacité de tuer des militaires. L’objectif : rendre chaque nouvel affrontement si douloureux que poursuivre ce conflit deviendra plus coûteux pour les Américains que de partir. Les frappes de jeudi contre des bases américaines à Bahreïn et au Koweït constituaient le premier pas vers cette stratégie, relève le média britannique.
Enfin, le quatrième point du plan consiste à changer la doctrine pour la rendre délibérément ambiguë. Cela pourrait passer par l’établissement de lignes rouges encore plus extrêmes, en défiant les Etats-Unis de les franchir et en menaçant d’une riposte plus radicale, comme l’a déjà parfois fait l’Iran ces derniers mois. Derrière ces menaces se cache un arsenal militaire qui, bien qu’épuisé, n’a pas été éliminé. Il est même appelé à se renforcer, Téhéran souhaitant développer davantage de missiles et de drones et reconstruire son réseau de défense aérienne. L’Iran, rappelle le quotidien britannique, dispose de la plus importante force de missiles balistiques de la région ainsi que d’une vaste flotte de drones d’attaque Shahed. Toujours dans cette optique de dissuasion, de nouvelles images satellites publiées par CNN révèlent que l’Iran pourrait être en train de reconstruire ses installations nucléaires.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-ce-plan-de-liran-pour-affronter-les-etats-unis-EN2TS44SXVEUXANUIO7T7QVDWU/
Author : Julien Chabrout
Publish date : 2026-07-11 10:17:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.