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    Blocage du détroit d’Ormuz : comment la Syrie veut devenir le nouveau corridor pétrolier du Moyen-Orient

    IntelliNewsBy IntelliNewsseptembre 7, 2026Aucun commentaire3 Mins Read
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    Le blocage du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, provoqué par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, ouvre une fenêtre d’opportunité inattendue pour la Syrie. Alors que cette voie stratégique pour le commerce mondial est devenue difficilement praticable, Damas entend profiter de la recherche d’itinéraires alternatifs pour le transport du pétrole et se positionner comme un corridor énergétique entre le Golfe et la Méditerranée.

    Sur les routes désertiques reliant le sud de l’Irak à la côte syrienne, cette nouvelle réalité est déjà visible. « Jour et nuit, 5 000 camions imposants transportant du pétrole en provenance du golfe Persique sillonnent ce désert aride », rapporte le Washington Post, décrivant une immense caravane se dirigeant vers la Méditerranée. Ces camions-citernes ont commencé à relier les raffineries du sud de l’Irak au port syrien de Baniyas en avril. À l’origine, l’initiative venait d’exportateurs irakiens qui cherchaient à contourner Ormuz après l’interruption du trafic maritime.

    Mais cette solution provisoire pourrait préfigurer une transformation plus ambitieuse. Soutenu par les pays du Golfe, la Turquie et Washington, le président syrien Ahmed al-Sharaa cherche à exploiter la position géographique de son pays pour en faire une plaque tournante régionale et sortir la Syrie de son isolement après quatorze années de guerre civile. Plus de dix-huit mois après la chute de Bachar el-Assad, Damas veut notamment tirer parti de la levée des sanctions internationales et des bouleversements provoqués par la guerre.

    Un ouvrage qui pourrait rendre le détroit d’Ormuz « négligeable »

    L’administration de Donald Trump a choisi de miser sur cette stratégie. En juillet, la Maison Blanche a annoncé son soutien à un projet d’oléoduc piloté par Chevron, qui acheminerait jusqu’à 2 millions de barils de pétrole brut par jour depuis Bassora, dans le sud de l’Irak, jusqu’à Baniyas, en suivant le tracé emprunté aujourd’hui par les camions. Lors de la présentation du projet, en présence de responsables syriens et irakiens, l’envoyé spécial de Donald Trump, Tom Barrack, a estimé que l’ouvrage pourrait rendre le détroit d’Ormuz « négligeable ». Le président américain a lui-même salué sur Truth Social la perspective de voir la Syrie servir d’alternative à Ormuz, jugeant cette évolution « formidable ».

    Le projet reste toutefois de longue haleine. L’oléoduc doit s’étendre sur environ 1 600 kilomètres et coûter 5,7 milliards de dollars, selon le Washington Post. Sa construction nécessiterait au moins deux ans et demi et ne permettrait pas de remplacer totalement le transport maritime passant par Ormuz. Selon Ahmad Qubbaji, directeur général adjoint de la Syrian Petroleum Corporation, un contrat définitif pourrait être signé en septembre par un consortium réunissant Chevron, TotalEnergies ainsi que des investisseurs syriens et qatariens. Des discussions portent déjà sur la sécurisation de l’infrastructure, avec notamment l’utilisation de drones et de technologies de surveillance. Les États-Unis doivent également apporter un soutien sécuritaire.

    Par ailleurs, la Syrie pourrait aller plus loin. Des discussions ont déjà été engagées avec des investisseurs qataris autour d’un éventuel prolongement de l’oléoduc jusqu’au Qatar. Le Koweït et Bahreïn pourraient eux aussi être intéressés par un raccordement permettant d’exporter leur pétrole via la Méditerranée. Le Qatar a également manifesté son intérêt pour un autre projet de pipeline traversant la Syrie. Cependant, cette ambition se heurte toutefois à d’importants obstacles sécuritaires. Si le pays est en grande partie pacifié, Ahmed al-Sharaa n’a pas encore totalement consolidé son contrôle du territoire et des cellules de l’État islamique continuent de mener des attaques sporadiques. Enfin, l’oléoduc traverserait en outre l’ouest de l’Irak, une zone largement dominée par des milices soutenues par l’Iran.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/blocage-du-detroit-dormuz-comment-la-syrie-veut-devenir-le-nouveau-corridor-petrolier-du-moyen-HLYGHI2MDFDE5A7W7HI7Z4BULI/

    Author : Audrey Parmentier

    Publish date : 2026-09-06 14:58:00

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