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    Plus une « menace existentielle immédiate » : ce qu’Israël sait du programme nucléaire iranien

    IntelliNewsBy IntelliNewsseptembre 21, 2026Aucun commentaire6 Mins Read
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    Après les deux guerres récentes contre l’Iran (13-24 juin 2025 et 28 février-8 avril 2026), le programme nucléaire de la République islamique ne représente plus, pour l’instant, « une menace existentielle » pour Israël, estime-t-on à Jérusalem, selon nos informations.

    Les experts israéliens considèrent en effet qu’après les destructions subies et la « neutralisation » de nombreux experts, il faudrait à l’Iran « un bon nombre d’années » avant de disposer d’une arme nucléaire opérationnelle. « La situation est incomparable avec celle d’avant 2025. Militairement, c’est très positif », assure une source informée. Sur ce dossier, les services occidentaux partagent dans les grandes lignes la même analyse, selon une source française informée, estimant que le programme iranien a été « très sérieusement touché dans toutes ses composantes » et qu’il est désormais « extrêmement compliqué » pour l’Iran de produire une arme.

    Les frappes américano-israéliennes de 2025 ont en effet porté un coup très rude au programme nucléaire de l’Iran, et celles de 2026 ont poursuivi le travail, sans l’achever totalement. Reste notamment la question non résolue des 440,9 kg (chiffre de l’Agence internationale de l’énergie atomique, avant les frappes) d’uranium enrichi à 60 %. Les Israéliens assurent savoir où ils se trouvent – dans deux endroits différents, sans doute à Fordo et Ispahan, peut-être dans le site souterrain de Kuh-e Kolang Gaz La. Au-delà de l’accès à ces sites, la difficulté, y compris pour les Iraniens, réside dans les risques liés à la manipulation de l’uranium enrichi. Les services spécialisés se demandent même s’il est « physiquement accessible ». Un petit détour par la physique et la chimie est nécessaire pour le comprendre.

    À ce stade de l’enrichissement, l’uranium se présente sous la forme d’un gaz, l’hexafluorure d’uranium (UF6). Il est stocké dans des sortes de bouteilles de gaz. Avant de faire une arme, il faudrait le retransformer en un métal solide. La manipulation de l’UF6 est particulièrement dangereuse, moins d’ailleurs à cause de sa radioactivité – dont on se protège relativement aisément – que du risque chimique. Très corrosif, l’UF6 réagit en effet fortement au contact de l’eau ou de l’humidité de l’air. Il se décompose aussitôt en deux produits dangereux : l’acide fluorhydrique et le fluorure d’uranyle. Le premier est un gaz toxique qui provoque des brûlures graves des poumons, des yeux et de la peau ou des œdèmes pulmonaires ; le second est un poison pour les reins. On ne manipule donc pas de l’UF6 comme des bouteilles de gaz butane ! Si une opération militaire visait à s’en saisir de vive force, il faudrait que les commandos soient équipés de combinaisons étanches et de protections spéciales pour éviter tout risque d’une fuite même légère. Pas simple…

    « Le savoir-faire n’existe quasiment plus »

    L’uranium enrichi à 60 % est la principale préoccupation stratégique, mais celle du stock d’uranium enrichi à 20 % pose également un problème. Avant juin 2025, l’AIEA le chiffrait à 184,1 kg, mais des sources américaines parlent d’environ une tonne, soit cinq fois plus, sans preuves formelles. On le sait, l’enrichissement de l’uranium ne suit pas une progression linéaire. C’est ce que l’on appelle la « courbe de travail séparatif » : il faut plus beaucoup plus d’effort et de temps pour passer du stade naturel (0,7 %) à 20 % que de 20 % à 60 %, puis de 60 % à 90 % (qualité militaire). A 20 %, l’essentiel du travail d’enrichissement est donc accompli.

    Avant 2025, il aurait fallu environ deux mois aux Iraniens pour passer de 60 à 90 % et disposer d’assez de matières fissiles pour fabriquer une douzaine de bombes. Mais attention : des bombes d’essais ! C’est-à-dire le type d’engins expérimentaux que l’on utilise pour un test nucléaire, comme celui (Trinity) d’Oppenheimer à Alamogordo, le 16 juillet 1945. Ce n’est pas encore une arme, nécessairement plus petite et beaucoup plus robuste, que l’on puisse installer au sommet d’un missile. Le passage d’un engin d’essai à une arme opérationnelle nécessite des efforts considérables d’ingénierie, en science détonique, l’analyse des substances explosives, par exemple. Ce n’est pas une mince affaire. Selon les experts, il aurait fallu au minimum un an et demi de travail aux Iraniens pour y parvenir.

    Ils en sont désormais loin, depuis que l’ensemble des composantes du programme nucléaire iranien ont été systématiquement attaquées par les Israéliens et les Américains. Ainsi, entre dix et vingt scientifiques (le chiffre qui circule est celui de seize), aux compétences indispensables, ont été assassinés et leurs éventuels remplaçants savent leur tête mise à prix… « Le savoir-faire pour la weaponization (fabrication d’une arme) n’existe quasiment plus », estime une source informée.

    Une arme nucléaire moins sophistiquée ?

    Toutefois, les Israéliens, comme les « quatre ou cinq » pays occidentaux, dont la France, avec lesquels ils coopèrent, « n’excluent pas » que l’Iran puisse encore mettre au point « une ou deux armes nucléaires » moins sophistiquées « . Ils pourraient même être tentés d’en tester une. Sur ce dossier, des voix plus critiques se font toutefois entendre. Côté français, certains estiment ainsi que les Gardiens de la révolution sont désormais déterminés à se doter d’armes nucléaires, dès qu’ils le pourront, afin de sanctuariser leur territoire. Un site iranien les inquiète particulièrement, celui de Kuh-e Kolang Gaz La, littéralement, le « mont de la pioche » (Pickaxe Mountain), à proximité de Natanz. Des installations souterraines seraient protégées sous plus d’une centaine de mètres de roches, plus profondément que celles de Fordo, frappées par 14 bombes américaines GBU-57 Massive Ordnance Penetrator dans la nuit du 21 au 22 juin 2025.

    Si, en Israël, le nucléaire iranien n’est plus considéré comme « une urgence existentielle », un même répit stratégique existe face aux deux autres menaces qui pesaient sur l’Etat juif, avant l’attaque du 7 octobre 2023 : celles des missiles et des proxys de l’Iran. Depuis avril 2024, l’Iran a lancé plus de 1 500 missiles balistiques et environ 2 000 drones contre Israël, sans remettre en cause l’existence de « l’entité sioniste » comme on dit à Téhéran. De même, le Hamas – toujours présent à Gaza – n’a plus les moyens militaires de porter des coups mortels à Israël et le Hezbollah libanais est très affaibli. Certes, l’Iran poursuit son programme balistique, avec l’aide de la Chine, et des « menaces militaires » à l’encontre d’Israël existent toujours. Mais, trois ans après le massacre du 7 octobre et les guerres qui s’en sont suivies, « le changement est fondamental », se réjouit-on dans les milieux spécialisés en Israël. Même si le régime iranien n’est pas tombé.



    Source link : https://www.lexpress.fr/secret-defense/plus-une-menace-existentielle-immediate-ce-quisrael-sait-du-programme-nucleaire-iranien-LVRG7RKNDVEATOUTSBAUECH6KU/

    Author : Jean-Dominique Merchet

    Publish date : 2026-09-21 03:45:00

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