Les Marocains votent, ce mercredi 23 septembre, pour des élections législatives qui devraient globalement laisser l’équilibre des pouvoirs inchangé, dans un contexte marqué par les difficultés économiques et la désillusion d’une partie de la jeunesse. Dans un pays où le roi conserve des pouvoirs étendus en matière d’orientation politique, de défense et d’affaires étrangères, le prochain Parlement devra toutefois répondre davantage au mécontentement des jeunes, largement mobilisés lors des importantes manifestations de 2025 et concernés par l’afflux massif de Marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta en juillet.
Le gouvernement actuel repose sur une coalition de trois partis, dont deux ont été fondés par des hommes proches de la royauté : le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM). Tous deux ont placé l’emploi des jeunes au cœur de leur campagne, avec la promesse de créer environ un million d’emplois au cours de la prochaine législature.
Cette coalition avait évincé en 2021 un parti islamiste modéré, arrivé au pouvoir une décennie plus tôt dans le sillage des manifestations du Printemps arabe de 2011, qui avaient conduit le roi à déléguer davantage de pouvoirs au Parlement, avant que Mohammed VI ne réaffirme ensuite son contrôle sur plusieurs domaines, notamment les affaires étrangères et le ministère de l’Intérieur.
Un chômage des jeunes qui avoisine les 27 %
Si les progrès réalisés ces dernières années dans des secteurs comme l’industrie manufacturière, les ports et les chemins de fer ont contribué à améliorer le niveau de vie dans les grandes villes, le développement inégal du pays nourrit le mécontentement d’une partie de la population. Le chômage des jeunes avoisine les 27 %, le taux le plus élevé parmi les différentes classes d’âge. Selon les statistiques officielles, un jeune Marocain sur trois n’est par ailleurs ni en activité, ni étudiant, ni en formation.
Les différents partis ont misé sur les réseaux sociaux pour cette campagne, diffusant leurs meetings en direct afin de toucher les jeunes électeurs. Ils ont notamment mis en avant les quelque 20 milliards de dollars d’investissements prévus dans les infrastructures pour préparer la Coupe du monde 2030 de football, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Le prochain gouvernement devra notamment superviser les dernières étapes de ce programme.
En vertu de la Constitution adoptée en 2011, le roi nomme le Premier ministre issu du parti ayant obtenu la plus grande part des 395 sièges du Parlement. Celui-ci doit ensuite négocier la formation d’une coalition avant de soumettre la composition de son gouvernement à l’approbation royale. Les premiers résultats sont généralement annoncés le lendemain du scrutin. Le taux de participation, notamment chez les jeunes, sera particulièrement observé, alors qu’il constitue un indicateur de l’engagement des citoyens et de leur confiance dans les institutions. Environ 27 millions de Marocains sont en âge de voter, mais seuls 15,8 millions sont inscrits sur les listes électorales, soit environ 12 % de moins qu’en 2021.
D’après une enquête publiée en mars par Afrobarometer, un organisme de recherche à but non lucratif, seul un tiers des Marocains âgés de 18 à 35 ans déclare faire confiance au Parlement, au Premier ministre ou aux partis politiques. Cette tranche d’âge se dit notamment découragée par des élections qui ne font selon elle que modifier l’équilibre entre des partis dont les positions idéologiques se ressemblent, sans entraîner de changements politiques majeurs.
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Author : Audrey Parmentier
Publish date : 2026-09-23 11:21:00
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