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    Olivier Raingeard, directeur des investissements chez Neuflize OBC : « Nous privilégions la technologie et l’industrie »

    IntelliNewsBy IntelliNewsseptembre 24, 2026Aucun commentaire6 Mins Read
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    Inscription à la salle de sport : check. Programme nutritionnel post-vacances : check. Rangement de la maison : check. Fini l’été, vous êtes paré pour la rentrée ! Mais qu’en est-il de votre argent ? Certes, en matière de patrimoine, les projets se pensent sur le long terme et il est préférable d’éviter les décisions hâtives et excessives. Remettre de l’ordre dans ses idées à échéances régulières demeure néanmoins une bonne idée. Une routine en trois étapes permet de vérifier que votre organisation patrimoniale est toujours adaptée. Un, vérifiez votre capacité d’épargne, notamment si vos rentrées d’argent ou vos dépenses ont évolué. Deux, questionnez la répartition de vos investissements sur les différentes catégories de placements en fonction du contexte. Trois, faites le point sur la performance de vos produits. Car l’environnement économique demeure mouvant : taux d’intérêt en hausse, marchés actions au sommet, immobilier en dents de scie… De nombreux défis attendent les épargnants dans les prochains mois. Anticiper permet d’affronter l’avenir avec sérénité.

    Malgré les tensions géopolitiques, les marchés actions tiennent bon. L’été a néanmoins été mouvementé du côté des taux d’intérêt. Décryptage par Olivier Raingeard, directeur des investissements de Neuflize OBC.

    L’Express : L’été a été agité sur le front des taux d’intérêt. Comment expliquer les tensions sur les taux longs ?

    Olivier Raingeard Les taux longs dépendent de trois grandes variables : la politique monétaire, la croissance économique nominale (croissance réelle + inflation) et l’équilibre offre-demande sur le marché obligataire, cette offre étant liée aux politiques budgétaires des Etats.

    Depuis 2022, les taux longs remontent sensiblement pour trois raisons : la fin des politiques de taux zéro et de quantitative easing ; une croissance nominale plus forte que prévu, portée par une inflation installée sur un régime plus élevé qu’avant la Covid ; et des déficits publics qui restent importants, aux Etats-Unis comme en Europe, ce qui alimente l’offre d’obligations d’Etat. Il faut toutefois relativiser ce mouvement : le 10 ans américain, autour de 4,70 % aujourd’hui, reste inférieur à son niveau de fin 2023, tandis qu’en zone euro les taux se situent légèrement au-dessus. Nous n’observons pas de panique chez les investisseurs.

    Les taux d’intérêt peuvent-ils continuer de monter ?

    Trois facteurs sont à surveiller : l’incertitude sur les politiques des banques centrales sera source d’instabilité ; l’inflation, qui a plutôt accéléré ces derniers mois sous l’effet du conflit en Iran, avec un reflux attendu en 2027 ; et les déficits publics, qui devraient rester élevés. Certains éléments plaident pour une baisse des taux, d’autres pour une hausse. Au final, nous anticipons surtout une phase de volatilité dans les prochains mois.

    Faut-il s’en inquiéter ?

    Il ne faut pas en surestimer l’impact sur les marchés financiers. On l’observe bien cette année : malgré une hausse des taux longs des deux côtés de l’Atlantique depuis janvier, les marchés actions ont progressé d’environ 12 % hors dividendes, aux Etats-Unis comme en zone euro. Par ailleurs, les obligations à court et moyen terme rémunèrent nettement mieux qu’entre 2010 et 2022 : il reste donc pertinent d’y investir, pour percevoir les intérêts, en restant diversifié entre dette d’État et dette d’entreprise.

    Cela a-t-il un impact sur la construction de portefeuille ?

    Dans une allocation traditionnelle, un portefeuille diversifié repose sur une combinaison d’actions, obligations et monétaire. Or on observe depuis quelques années que les obligations jouent moins bien ce rôle de diversification : il suffit de regarder les chocs des quatre dernières années, marqués par une baisse simultanée des actions et des obligations.

    Il faut donc chercher d’autres sources de diversification. Du côté des actifs liquides, citons les matières premières et l’or, ou encore des solutions de gestion alternative (hedge funds) qui peuvent tirer parti de la volatilité observée sur les marchés.

    Les actions ont été porteuses depuis le début de l’année, malgré les inquiétudes géopolitiques. Qu’est-ce qui a soutenu cette dynamique ?

    Les événements géopolitiques ne génèrent en général qu’un effet temporaire, vite effacé tant qu’ils ne provoquent pas de récession mondiale. Depuis 2016, les chocs n’ont pas manqué : à chaque fois, la baisse des actions a été suivie d’un rebond rapide, avec de nouveaux records à la clé, porté par la résilience de l’économie mondiale et des bénéfices d’entreprises bien orientés.

    Cette année encore, la progression des bénéfices est solide : une progression de 31 % est attendue pour 2026 aux Etats-Unis, 19 % en Europe, 70 % dans les pays émergents. La technologie tire la dynamique (52 % de hausse attendue aux Etats-Unis), mais tous les grands secteurs affichent des perspectives positives pour 2027, aux Etats-Unis comme en Europe et dans les émergents.

    Restez-vous favorables aux actions pour la fin de l’année ?

    Oui, nous sommes surpondérés sur cette classe d’actifs, en anticipant une dynamique des bénéfices toujours solide pour les prochains trimestres, avec une croissance à deux chiffres attendue en 2027. Quelques éléments pourraient générer de la volatilité à la rentrée : les incertitudes en matière de politiques de taux notamment aux Etats-Unis ; un contexte géopolitique complexe ; les élections américaines de mi-mandat susceptibles de créer des surprises ; et les valorisations de l’IA, qui pourront générer des à-coups. Selon nous, ces phases constitueraient plutôt des points d’entrée.

    Quels marchés sont les plus porteurs selon vous ?

    Nous avons renforcé notre allocation sur les marchés émergents que nous surpondérons, ainsi que les Etats-Unis ; nous demeurons sous-pondérés sur l’Europe. D’un point de vue sectoriel, nous privilégions la technologie et l’industrie. Ce dernier bénéficie des investissements de long terme liés à l’intelligence artificielle, mais aussi à la robotique et à l’efficience énergétique. Le thème de la souveraineté devrait également soutenir les sociétés de ce secteur.

    Le secteur technologique peut-il continuer à tirer les indices ?

    Nous considérons ce secteur comme une thématique de long terme sur laquelle il faut rester investi. Mais il faut faire preuve d’agilité : prendre des profits lorsque les valorisations paraissent trop tendues, et revenir lorsqu’une correction crée une opportunité.

    Les tensions autour du prix de l’énergie risquent-elles de réapparaître dans les prochains mois ?

    Au démarrage du conflit en Iran, les investisseurs s’étaient inquiétés des répercussions sur l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Or, malgré le maintien d’une quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, les prix sont restés sous contrôle, grâce à l’utilisation d’autres voies d’acheminement, au recours aux réserves stratégiques des Etats, et à l’efficience énergétique de l’économie mondiale.

    Mais plus la situation perdure, plus le risque de pressions sur les prix augmente. Notre scénario central reste celui d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran d’ici la fin de l’année, une conviction qui peut toutefois être vite remise en question.



    Source link : https://www.lexpress.fr/argent/placements/olivier-raingeard-directeur-des-investissements-chez-neuflize-obc-nous-privilegions-la-technologie-UXJRLGYAKVDZLABT664W22W53Y/

    Author : Aurélie Fardeau

    Publish date : 2026-09-24 08:00:00

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