Close Menu
    Facebook X (Twitter) Instagram
    IntelliNews
    Facebook X (Twitter) Instagram
    IntelliNews
    Home»FRANCE»L’Express»Déchristianisé, tatoué et narcissique : « Homo occidentalis » sur le divan de Jérôme Fourquet
    L’Express

    Déchristianisé, tatoué et narcissique : « Homo occidentalis » sur le divan de Jérôme Fourquet

    IntelliNewsBy IntelliNewsoctobre 1, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
    Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Email
    Share
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    Grand cartographe de « l’archipel français », Jérôme Fourquet s’internationalise, tout en s’allongeant sur le divan. Dans son nouveau livre, Homo Occidentalis (Seuil, parution 2 octobre), le directeur du département Opinion à l’Ifop s’associe à un « psy », Ruben Rabinovitch. Dans le sillage des travaux de Christopher Lasch ou Paul Yonnet, les deux auteurs mêlent sociologie et psychologie pour documenter la « bascule anthropologique » et le « nouveau régime psychique » à l’œuvre dans toutes les sociétés occidentales. Selon eux, ce n’est rien moins qu’un nouvel homme qui serait en train d’advenir.

    Depuis cinq ou six décennies, de notre naissance à notre mort, les mutations sont vertigineuses. L’essai débute par la fin de la famille patriarcale qui a longtemps structuré les sociétés occidentales. En France, la loi de 1970 remplace la « puissance paternelle » par « l’autorité parentale ». Côté représentations, on passe du patriarche sécurisant du tableau A l’abri du besoin de Norman Rockwell (1942) à Homer Simpson, un idiot ridiculisé jusque dans son propre foyer. La rupture civilisationnelle de la Seconde Guerre mondiale et le baby-boom qui a permis l’avènement d’un « peuple adolescent » (Yonnet) ont joué un rôle clé dans ces transformations intimes. Aux Etats-Unis, 78 % des ménages en 1950 étaient des couples mariés, contre 47 % en 2022. Parallèlement, le nombre de divorces a explosé : en 2022 près d’un tiers des familles américaines étaient monoparentales. Partout, les taux de fécondité dégringolent, tandis que les animaux de compagnie ont pris une place inédite.

    Déchristianisé et tatoué

    Dans notre monde postchrétien, les commandements bibliques (« soyez féconds », « tu retourneras à la terre dont tu as été tiré ») ne font plus autorité. Alors que l’enterrement a longtemps bénéficié d’un monopole, les crémations sont, dans un pays comme l’Allemagne, passées de 14 % des funérailles en 1960 à 78 % en 2023. Manifestations ultimes de la maîtrise de sa destinée, la mort assistée et l’euthanasie ont fait l’objet de légalisations depuis une vingtaine d’années. Les baptêmes représentaient la quasi-totalité des naissances dans l’Espagne catholique des années 1970, contre moins de la moitié aujourd’hui. Seules 0,2 % des petites filles naissant en France portent encore le prénom de Marie, contre près de 20 % au début du XXe siècle.

    Déchristianisé, « homo occidentalis » est aussi de plus en plus narcissique. La prévalence du « je » dans les textes de langue anglaise, française, italienne ou allemande a connu une forte hausse à partir des années 2000. Les tatouages, qui permettent d’afficher sa singularité et de refléter sa personnalité profonde, ont eux explosé depuis les années 1990 : 31 % des Américains, 21 % des Britanniques et 18 % des Français sont désormais tatoués. Si la prévalence de cette pratique est plus élevée dans les milieux populaires, la chirurgie esthétique a d’abord séduit les plus aisés. Le culte du corps se remarque aussi dans l’engouement pour les salles de sport et la course à pied. Les auteurs soulignent l’évolution sémantique : de « jogging » quand la discipline a émergé à la fin des années 1970, on est passé au « footing » puis au « running », preuve d’une intensification de l’effort.

    « Homo occidentalis » fume et boit de moins en moins. Même dans les pays à forte tradition viticole ou houblonnière, la baisse s’avère spectaculaire. En Allemagne, 140 litres de bière par habitant et par an étaient engloutis en 1970, contre 99 en 2024. En revanche, « homo occidentalis » consomme de plus en plus de psychotropes, de cannabis, de cocaïne ou d’antidépresseurs. Il est aussi de plus en plus solitaire. Aux Etats-Unis, les personnes vivant seules sont passées de moins de 8 % en 1940 à près de 29 % en 2020.

    Jérôme Fourquet et Ruben Rabinovitch n’ont pas signé un Suicide occidental. Si les maux contemporains sont nombreux, ils rappellent à quel point le patriarcat, les traditions ou la prohibition du plaisir engendraient des souffrances. Par ailleurs, tout retour en arrière serait illusoire. Même deux des hommes les plus puissants de la planète, Donald Trump et Elon Musk, sont impuissants à remonter le temps. S’ils défendent une conception traditionnelle de la famille, eux-mêmes sont, à travers leur narcissisme, leurs divorces ou les prénoms improbables de la progéniture du second, des caricatures de ce nouvel « homo occidentalis ».

    Homo occidentalis, par Jérôme Fourquet et Ruben Rabinovitch. Seuil, 437 p., 24,50 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/dechristianise-tatoue-et-narcissique-homo-occidentalis-sur-le-divan-de-jerome-fourquet-PJJGZMZHLFB27MQVTGZGWEIFRQ/

    Author : Thomas Mahler

    Publish date : 2026-10-01 06:00:00

    Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

    L’Express
    Share. Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Email
    IntelliNews

    Related Posts

    Budget : quand les hausses d’impôts servent à payer les créanciers de la France

    octobre 1, 2026

    « Nous subissons aussi l’ozone produit hors d’Europe » : la mise en garde de Laurence Rouil, du programme Copernicus

    octobre 1, 2026

    Un vol entre Dubaï et Tel-Aviv dérouté, la piste d’une tentative d’attentat terroriste étudiée

    septembre 30, 2026
    octobre 2026
    L M M J V S D
     1234
    567891011
    12131415161718
    19202122232425
    262728293031  
    « Sep    
    Catégories
    Archives
    Facebook X (Twitter) Instagram Pinterest
    © 2026

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.