La Cour pénale internationale (CPI) et ses membres ont reçu le prix Sakharov 2026 pour la liberté de l’esprit, décerné par l’Union européenne, a annoncé ce jeudi 22 octobre la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. Cette distinction intervient moins de deux semaines après l’attribution du prix Nobel de la paix à l’ancienne juge de la CPI Navanethem Pillay, le 9 octobre.
« L’Union européenne repose sur le respect du multilatéralisme et des institutions internationales », a déclaré Roberta Metsola en annonçant la récompense, saluée par une ovation debout dans l’hémicycle de Strasbourg. « Ce prix rend hommage au travail essentiel de la Cour en faveur du droit international et de la justice. »
Il s’agit donc de la deuxième marque de reconnaissance internationale accordée ce mois-ci à la juridiction chargée de juger les crimes de guerre, alors même que celle-ci fait l’objet de sanctions américaines, annoncées par Donald Trump dans la foulée du Nobel attribué à Navi Pillay. Ce prix avait d’ailleurs été largement perçu comme un geste de soutien à une institution en difficulté.
« Pas de paix sans justice »
Basée à La Haye, la CPI est depuis longtemps dans le viseur de Donald Trump, dont l’offensive contre elle s’est intensifiée depuis que la Cour a émis, en 2024, des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense. « Nous interdirons toute transaction avec ce tribunal voyou, afin de le priver de ses ressources et de paralyser sa capacité à fonctionner », a notamment annoncé le 9 octobre dernier le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères des Etats-Unis, Marco Rubio. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, avait alors dénoncé des attaques « inacceptables », et rappelé le « rôle crucial » de la CPI dans le respect du droit international.
Ce jeudi, après l’annonce du prix Sakharov, la présidente de la Cour, Tomoko Akane, a estimé que les « défis sans précédent » auxquels l’institution est confrontée donnaient à ce prix une portée d’autant plus grande. « Il souligne combien la coopération et le soutien internationaux restent indispensables pour permettre à la Cour d’exercer son mandat en toute indépendance et impartialité, au service de la justice et des victimes des crimes les plus graves », a déclaré la juge japonaise. « Il n’y a pas de paix sans justice, ni de sécurité sans droit. »
Créé en 1988 et nommé en hommage au dissident soviétique Andreï Sakharov, ce prix est décerné chaque année par le Parlement européen à des personnes ou organisations qui défendent les droits humains et les libertés fondamentales. Le lauréat est choisi lors d’un vote par les chefs des groupes politiques du Parlement. Cette année, figuraient aussi dans le trio de tête les sœurs Taraneh et Romina Rahimi, deux Iraniennes emprisonnées dans leur pays pour avoir manifesté contre le gouvernement en janvier, et Tundu Lissu, le chef du parti d’opposition Chadema en Tanzanie.
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Author : Par Richard Duclos avec Reuters
Publish date : 2026-10-22 11:59:00
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