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    Aide militaire à l’Ukraine : les deux mensonges des populistes

    IntelliNewsBy IntelliNewsnovembre 2, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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    La plupart des partis populistes européens veulent stopper l’aide militaire à l’Ukraine, qu’ils jugent aussi ruineuse que dangereuse. Elle coûterait une fortune aux contribuables ; elle ne ferait que prolonger le conflit, en retardant l’échéance d’une défaite inéluctable de Kiev. Les deux arguments prospèrent grâce à la lassitude de la guerre qui se répand dans les opinions publiques européennes. Pourtant, ils sont faux.

    En réalité, l’aide pèse peu. Pour la France, elle s’élève depuis l’invasion russe de 2022 à quelque deux milliards d’euros par an pour l’assistance militaire bilatérale, six milliards en ajoutant la part française de l’aide fournie à Kiev par l’Union européenne. La supprimer ne comblerait qu’une infime partie du déficit budgétaire de l’Etat (130 milliards d’euros cette année). Même pour l’Allemagne, dont l’aide bilatérale à l’Ukraine est quatre fois plus élevée que celle de la France, la somme plafonne à 1,3 % des dépenses de l’Etat fédéral.

    Surtout, loin d’empêcher la paix, l’aide européenne favorise son avènement. En conséquence, il serait opportun de l’accélérer. Le Kremlin ne négociera pas sérieusement tant qu’il n’a pas compris que ses objectifs sont inatteignables par les armes. A contrario, l’arrêt de l’aide américaine décidé par Donald Trump en 2025 n’a pas fait progresser d’un pouce la cause de la paix.

    Les populistes avancent un autre argument : abandonner l’Ukraine à son sort soulagerait le portefeuille des Européens en leur permettant d’importer de nouveau du gaz russe bon marché. C’est ignorer que le prix du gaz flambe à cause de la guerre dans le Golfe et non du conflit en Ukraine. C’est ignorer aussi que le gaz russe “pas cher” a eu un coût prohibitif : la dépendance géopolitique, dont l’UE paye encore les conséquences.

    Des cartes à jouer pour l’Europe

    Poutine compte sur le déclin du soutien occidental à Kiev avec le temps. Il pense que l’Ukraine finira par tomber comme un fruit mûr. Les faits semblent lui donner raison. Plus la guerre dure, plus elle est cruelle pour les civils et plus l’Europe détourne les yeux. La victoire de la candidate pro russe à la présidentielle bulgare, le 1er novembre, en témoigne. En Allemagne, la patronne de l’AfD Alice Weidel prétend que « 90 % des Allemands s’opposent à ce qu’on continue à dilapider en Ukraine le produit de leurs impôts ». En Italie, la politique pro ukrainienne de la présidente du Conseil Giorgia Meloni est de plus en plus contestée. Mais le véritable maillon faible est la France, où Marine Le Pen, en tête des intentions de vote à la présidentielle de 2027, prône l’arrêt de l’aide militaire à l’Ukraine « dans les six mois » après sa potentielle installation à l’Elysée.

    Là où les populistes ont raison, c’est que l’UE paye mais ne décide pas. Poutine et Trump, qui la méprisent, s’entendent pour l’écarter des pourparlers en vue d’un règlement. Les amorces de discussion directes des Européens avec le Kremlin n’ont rien donné. Ce fut encore le cas le 27 octobre avec le coup de téléphone passé à Poutine par les présidents finlandais et norvégien. Pourtant, l’Europe a des cartes à jouer. Elle est la principale pourvoyeuse d’aide à l’Ukraine ; elle détient plus de 200 milliards d’euros d’avoirs russes gelés qu’avec un peu d’audace, elle pourrait utiliser ; elle est prête à offrir des garanties de sécurité à l’Ukraine pour consolider un cessez-le-feu ; elle sera indispensable le jour où il faudra reconstruire le pays.

    Les populistes ignorent que l’aide à l’Ukraine n’est plus seulement une question de solidarité avec un pays européen agressé. Sa défaite saperait la sécurité continentale, en consacrant à la fois l’impuissance de l’Otan et l’insignifiance stratégique de l’UE. Le réalisme impose que la Russie perde, car c’est la seule chance de mettre un terme à ses ambitions impériales et de la contraindre à un changement de régime. La capacité de l’Europe à exercer sa souveraineté de manière indépendante est en jeu dans les steppes du Donbass. S’ils étaient vraiment des patriotes, les populistes le comprendraient.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/aide-militaire-a-lukraine-les-deux-mensonges-des-populistes-7ZBE6NW7PNBJXETXFCHQR6ODSE/

    Author : Luc de Barochez

    Publish date : 2026-11-02 11:00:00

    Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

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