Un schéma familier de la « diplomatie Trump » se répète : les Etats-Unis ont mené lundi 2 novembre une discrète série de frappes aériennes contre l’île iranienne de Qeshm, située à l’entrée du détroit d’Ormuz, selon plusieurs responsables américains cités par le Wall Street Journal et le Washington Post. Le tout, alors même que le président américain vantait ces derniers jours la possibilité d’un accord diplomatique avec Téhéran et assurait que les attaques de ce type avaient pris fin.
Comme pour plusieurs frappes conduites dans le plus grand secret ces dernières semaines, le Pentagone n’a donc effectué aucune communication officielle sur l’opération, contrairement à l’usage et aux phases du conflit précédentes. Ces bombardements américains, assurent les responsables américains auprès des deux titres de presse, sont « défensifs », car destinés à protéger les forces américaines et à empêcher l’Iran de s’en prendre aux navires commerciaux dans la région.
Plus tôt dans la journée de lundi, les Gardiens de la révolution iraniens auraient notamment tiré un missile sol-air vers un avion de chasse américain, selon les informations transmises par les officiels au WSJ. Les forces américaines auraient aussi intercepté un missile iranien tiré depuis l’île de Qeshm qui visait un navire commercial. Une décision qui aurait déclenché l’attaque américaine sur cette île abritant notamment une grande installation souterraine de missiles et une base navale iranienne, équipée de lanceurs de missiles. De son côté, l’agence de presse officielle iranienne IRNA a fait état lundi de cinq explosions entendues sur cette île et rapporté que des habitants avaient vu deux avions dans le ciel.
Des attaques embarrassantes à la veille des élections
Ces attaques surviennent dans un contexte politiquement sensible, à la veille des élections américaines de mi-mandat qui ont lieu ce mardi 3 novembre et alors que Donald Trump avait promis dès octobre que les Etats-Unis ne frapperaient plus l’Iran avant le scrutin. Pour cause : la guerre est devenue très impopulaire. Selon un sondage Washington Post-ABC News-Ipsos publié en octobre, 65 % des Américains interrogés estiment que Donald Trump a eu tort d’engager une action militaire contre l’Iran en février 2026.
« Nous avons eu une guerre avec l’Iran. Nous l’avons gagnée », a encore assuré le dirigeant américain aux journalistes lundi. « Je ne sais même pas si on peut appeler ça une guerre, parce que nous n’avons pas combattu depuis des mois », a-t-il ajouté. Selon une source officielle du WSJ, Washington aurait donc délibérément décidé de garder ces attaques secrètes pour ne pas donner l’impression d’une reprise majeure des hostilités. La guerre est pourtant bien loin d’être finie. Selon les informations du quotidien américain, l’administration Trump a déjà conseillé aux pays du Golfe de se préparer à une possible opération « courte et intense » après le scrutin, alors que Washington et Téhéran poursuivent leurs négociations sous médiation qatarie.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-etats-unis-frappent-discretement-lile-de-qeshm-a-la-veille-des-midterms-M6YTQTOYQBDXNF5IKFTA3OHSRA/
Author : Enola Richet
Publish date : 2026-11-03 07:01:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.