La trêve à Gaza pourrait-elle tourner court ? Le Hamas a accusé ce lundi 3 mars Israël d’avoir oeuvré pour un « effondrement » de l’accord de trêve, après que l’Etat hébreu a bloqué, la veille, l’entrée de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne. Cet accès de l’aide humanitaire à la bande de Gaza avait été permis durant la première phase de la trêve qui s’est achevée ce samedi, après des désaccords avec le Hamas sur les modalités de la poursuite du cessez-le-feu.
L’accord de trêve, qui a fait taire les armes depuis le 19 janvier dernier après quinze mois de guerre, devait se dérouler en trois phases. La première, qui s’est donc terminée samedi dernier, a permis le retour de 33 otages israéliens, dont huit morts, en échange de la libération d’environ 1 800 prisonniers palestiniens. Sur les 251 otages emmenés à Gaza durant l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, 58 y sont toujours retenus, dont 34 ont été déclarés morts par l’armée israélienne. Les phases suivantes de la trêve devaient permettre de nouveaux échanges de captifs, mais également préparer une « fin permanente de la guerre » dans l’enclave.
Mais cette deuxième phase de la trêve n’a pour l’instant jamais fait l’objet d’un début d’accord, ni même de discussions préliminaires pour sa mise en œuvre entre Israël et le Hamas. L’Etat hébreu refuse notamment de s’y engager pour l’instant, n’acceptant pas de quitter la bande de Gaza jusqu’à ce que celle-ci soit complètement démilitarisée et le Hamas définitivement éliminé. De son côté, le Hamas a fait du départ de l’armée israélienne de Gaza une condition non négociable pour un accord, entraînant de fait un blocage net entre les deux parties.
Une proposition de compromis des Etats-Unis
Face à ce blocage, une proposition alternative est venue des Etats-Unis : une extension de la première phase de trêve pendant le ramadan et la Pâque juive, soit jusqu’à la mi-avril. Ce compromis proposé par Washington stipule, selon Israël, que « la moitié des otages » israéliens retenus à Gaza, « morts et vivants », soient rapatriés au premier jour de l’entrée en vigueur de ce plan. Les derniers otages seraient ensuite remis « à la fin, si un accord est trouvé sur un cessez-le-feu permanent », sans qu’un départ d’Israël de l’enclave palestinienne ne soit mentionné comme une condition indispensable.
Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, a rejeté cette option et réaffirmé sa « volonté d’aller au bout des (deux) étapes restantes de l’accord » initial, soit « un cessez-le-feu global et permanent » et le « retrait complet » israélien de Gaza, avant « la reconstruction et la levée du siège » du territoire.
De quoi provoquer la colère d’Israël, qui a donc bloqué ce dimanche l »entrée d’aide humanitaire au sein de l’enclave palestinienne. « Israël n’acceptera pas de cessez-le-feu sans libération de nos otages », a affirmé un communiqué du bureau du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, assurant que « si le Hamas persiste dans son refus, il y aura d’autres conséquences ».
L’ONU appelle à un « retour immédiat » de l’aide humanitaire
Le Hamas a qualifié de « crime de guerre » le blocage de l’aide au territoire palestinien, dont les 2,4 millions d’habitants vivent assiégés par Israël depuis le début de la guerre. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à « un retour immédiat de l’aide humanitaire dans Gaza », exhortant « toutes les parties aux efforts nécessaires pour éviter un retour des hostilités à Gaza ». « Le droit international humanitaire est clair : nous devons être autorisés à accéder pour fournir une aide vitale et essentielle », a affirmé le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Thomas Fletcher. « Il est vital de maintenir le cessez-le-feu et l’aide humanitaire » pour Gaza, a de son côté exhorté le secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Jagan Chapagain.
Plusieurs pays arabes, dont les médiateurs qatari et égyptien ainsi que l’Arabie saoudite, ont qualifié la décision israélienne de « violation flagrante de l’accord » de cessez-le-feu, accusant Israël « d’utiliser la faim comme une arme contre le peuple palestinien ». Une réunion ministérielle arabe est prévue ce lundi au Caire, suivie d’un sommet arabe consacré à Gaza.
L’Union européenne a critiqué aussi bien le refus du Hamas d’accepter une extension de la première phase du cessez-le-feu que le blocage de l’aide par Israël. Londres a également réclamé de ne « pas bloquer » l’aide humanitaire à Gaza, tandis que l’Allemagne a demandé à Israël de « lever immédiatement » les entraves à l’aide humanitaire et enjoint les deux parties à « retourner à la table des négociations ».
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/gaza-pourquoi-la-treve-entre-israel-et-le-hamas-est-plus-menacee-que-jamais-RDVYROGC65D7VM6HSOAQTLW57A/
Author :
Publish date : 2025-03-03 14:13:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.