A priori, peu de choses lient le Venezuela au Canada et au Groenland. Mais désormais, le pays d’Amérique latine a rejoint les deux autres territoires dans le groupe des pays menacés par Donald Trump. Quatre mois après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine, Donald Trump a fièrement annoncé qu’il souhaitait « contrôler le pays » lors d’une interview accordée à Fox News ce lundi, affirmant qu’il envisageait « sérieusement faire du Venezuela le 51e Etat américain ». Ce mercredi, le milliardaire en a remis une couche en publiant sur son réseau Truth Social une carte de l’Amérique du Sud avec le Venezuela aux couleurs du drapeau américain. Un visuel republié sur X par le compte officiel de la Maison-Blanche.
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— The White House (@WhiteHouse) May 12, 2026
Ce n’est pas la première fois que le président américain fait une référence à cette volonté. En mars dernier, après la victoire de l’équipe nationale du Venezuela au World Baseball Classic, Donald Trump avait ironisé sur Truth Social : « De bonnes choses arrivent au Venezuela ces derniers temps ! Je me demande bien d’où vient cette magie ? Un statut d’État américain, le 51e, ça tente quelqu’un ? ».
Malaise au sein de la Maison-Blanche
Face à ces nouvelles provocations, le Venezuela n’a pas tardé à réagir. « Nous continuerons à défendre notre intégrité, notre souveraineté, notre indépendance, notre histoire », a affirmé lundi la présidente par intérim Delcy RodrÃguez, rappelant que son pays n’est « pas une colonie, mais un pays libre ». Une réaction ferme alors que la présidente vénézuélienne est arrivée au pouvoir après l’enlèvement de Maduro par les Américains, multipliant les réformes pour assouplir les sanctions américaines envers le pays. Malgré cette sortie de Donald Trump, elle a assuré que son gouvernement travaille à « un agenda diplomatique de coopération » avec les États-Unis.
Cette énième atteinte à l’indépendance du Venezuela a décontenancé au sein même de la Maison-Blanche. Alors que l’administration Trump n’a pas immédiatement réagi à la demande de commentaire d’Associated Press sur le sujet, la porte-parole de la Maison-Blanche Anna Kelly a ensuite refusé de commenter la nouvelle idée de son président. Elle a détourné le sujet, préférant louer la capacité de Trump à « ne jamais accepter le statu quo » et a félicité la présidente vénézuélienne de « travailler de manière incroyablement coopérative » avec les Etats-Unis.
Ces derniers mois, le même sort a été réservé au Canada et au Groenland, tous deux dans le viseur expansionniste du président américain. Le 28 avril dernier, alors que le Canada se rendait aux urnes, Donald Trump avait appelé la population à « élire l’homme qui a la force et la sagesse de réduire vos impôts de moitié, de renforcer vos capacités militaires, gratuitement, jusqu’au plus haut niveau mondial, de quadrupler les secteurs de l’automobile, l’acier, l’aluminium, l’énergie et tous les autres, sans droits de douane ni taxes, si le Canada devient le précieux 51e Etat des Etats-Unis d’Amérique ».
Contrôler le Canada « d’une manière ou d’une autre »
Le président américain avait multiplié les déclarations provocantes pendant la campagne, qualifiant même le Premier ministre canadien de l’époque, Justin Trudeau, de « gouverneur », le titre accordé au chef de l’exécutif des Etats américains. En janvier dernier, le Financial Times révélait que des membres de l’Alberta Prosperity Project, un groupe canadien d’extrême-droite indépendantiste, avaient rencontré des responsables du département américain à trois reprises.
Début 2026, le président américain a multiplié les déclarations similaires envers le Groenland, dont il ne se cachait pas de vouloir prendre le contrôle de ce territoire danois « d’une manière ou d’une autre ». Le député républicain Randy Fine avait même déposé une proposition de loi pour faire du territoire le 51e Etat des Etats-Unis en autorisant Donald Trump « à prendre toutes les mesures nécessaires pour annexer le Groenland ou l’acquérir en tant que territoire des Etats-Unis », qualifiant le territoire d' »atout vital pour la sécurité nationale ».
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Publish date : 2026-05-13 13:50:00
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