C’est une rencontre amicale, qui n’a toutefois pas dissimulé les désaccords entre les deux superpuissances américaine et chinoise. Alors que Donald Trump a achevé ce vendredi 15 mai sa visite à Pékin, à l’issue d’un sommet où il a rencontré son homologue Xi Jinping, la presse internationale n’a pas manqué de relever la démonstration de force qui s’y jouait.
« Pendant deux jours de réunions, la mise en scène soigneusement orchestrée ainsi que les gestes réciproques d’amitié et de respect entre les deux hommes les plus puissants du monde ont illustré une dynamique géopolitique que la Chine convoite depuis longtemps et à laquelle les États-Unis avaient jusque-là résisté », analyse le Washington Post, qui cite Julian Gewirtz, l’ancien directeur pour la Chine au Conseil de sécurité nationale sous la présidence de Joe Biden : « Xi a accompli quelque chose que les dirigeants chinois poursuivaient depuis des décennies : faire venir un président américain à Pékin en tant qu’égal incontesté. »
Une « démonstration de force »
Si Pékin a mis en scène un spectacle destiné à flatter Donald Trump avant toute éventuelle entente, « afin de prouver que la Chine ouvre ses portes à ses invités », cette chorégraphie minutieuse, avec salve d’honneur et fanfare jouant l’hymne national américain, était aussi « une démonstration de force que Pékin sait destinée à être diffusée en direct aux États-Unis et dans le monde entier », avance la BBC. « Le président Xi cherche depuis longtemps à se présenter comme un dirigeant mondial stable, en contraste avec un président américain jugé imprévisible. Compte tenu du poids de l’économie chinoise, plusieurs dirigeants mondiaux – y compris ceux d’alliés des États-Unis comme le Canada, le Royaume-Uni et l’Allemagne – se sont rendus à Pékin, désireux de conclure des accords », rappelle le média britannique.
L’année dernière, face à la menace de hausse des droits de douane brandie par Donald Trump, la Chine a également montré sa puissance économique et diplomatique en annonçant plusieurs mesures de rétorsion tarifaires et en limitant les exportations de terres rares essentielles aux industries de pointe. Washington, dépendant de ces ressources précieuses, est alors revenu à la table des négociations et les tarifs ont été réduits. Dans ce contexte, ce sommet a battu « au rythme des tensions, des griefs et des suspicions qui se sont accumulés ces derniers temps », observe El Pais, évoquant aussi « les restrictions technologiques américaines – que la Chine perçoit comme une tentative de freiner son développement ».
« Une étrange déférence »
A Pékin, Donald Trump a néanmoins affiché « une étrange déférence et une retenue inhabituelle », pointe le Guardian, qui souligne que le dirigeant américain n’a pas parlé aux journalistes pendant le long vol à bord d’Air Force One et n’a rien publié sur sa rencontre avec Xi Jinping sur sa plateforme Truth Social, un « fait rare » pour le républicain habitué aux coups d’éclat. En descendant de la limousine présidentielle devant le Grand Palais du Peuple jeudi matin, Trump « tripotait sa veste comme s’il était nerveux, avant de finalement décider de la boutonner », note encore le journal britannique.
« À chaque étape, au moins au début de sa visite de deux jours en Chine, Trump s’est montré conciliant, à l’opposé exact de la manière dont il décrit la Chine dans ses interventions publiques aux États-Unis, où, pendant ses campagnes présidentielles, il l’a qualifiée de voleuse d’emplois et de menace pour la sécurité nationale », décrit aussi le New York Times. Mais si Donald Trump a qualifié Xi Jinping de « grand dirigeant », son homologue, lui, n’a pas hésité à se montrer plus menaçant au moment d’évoquer Taïwan. « Si la question est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit, mettant l’ensemble des relations sino-américaines dans une situation extrêmement dangereuse », a-t-il notamment déclaré, selon le compte rendu officiel du gouvernement chinois.
A l’inverse, la Maison-Blanche a complètement été silencieuse sur ce sujet, préférant se concentrer sur le fait que les États-Unis et la Chine étaient « alignés sur la nécessité de rouvrir le détroit d’Ormuz et de le maintenir exempt de péages iraniens », relève toujours le New York Times. Dans un entretien à Fox News, Donald Trump lui-même a affirmé que « le dirigeant chinois, Xi Jinping, avait proposé d’apporter son aide pour assurer la navigation à travers le détroit d’Ormuz ». « Le président Xi aimerait qu’un accord soit conclu. Et il a effectivement fait une offre. Il a dit : ‘Si je peux être d’une quelconque utilité, je serais ravi d’apporter mon aide' », a confié Donald Trump, bien que cette question n’apparaisse nullement dans le compte rendu du gouvernement chinois.
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Publish date : 2026-05-15 10:32:00
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