Les jours passent et aucun deal n’a été dévoilé. Donald Trump a déclaré qu’il se prononcerait rapidement sur un éventuel accord avec l’Iran. Le président américain a annoncé, vendredi 29 mai, la tenue d’une réunion dans une salle sécurisée de la Maison-Blanche pour prendre une « décision finale » sur la proposition, qui prolongerait la trêve du début avril de 60 jours supplémentaires, donnant ainsi aux négociateurs le temps de parvenir à une fin permanente à la guerre. « Le président Trump ne conclura qu’un accord avantageux pour l’Amérique et qui respecte ses lignes rouges », a affirmé à Reuters un responsable de la Maison-Blanche à l’issue d’une réunion d’environ deux heures dans la « Situation Room ». Vendredi, une source iranienne a de son côté déclaré qu’un accord politique avait été conclu mais qu’il n’avait pas encore été « finalisé ».
Donald Trump a réitéré ses lignes rouges : l’Iran doit mettre fin à son emprise sur le détroit d’Ormuz et doit démanteler sa capacité à fabriquer une arme nucléaire, deux conditions que Téhéran n’a pas acceptées. « L’Iran doit s’engager à ne jamais posséder d’arme nucléaire. Le détroit d’Ormuz doit être immédiatement ouvert, sans péage, pour une navigation libre dans les deux sens », a indiqué le président américain, ajoutant que des matières nucléaires seraient « déterrées » par les Etats-Unis. Une source iranienne de haut rang, s’exprimant à Reuters sous couvert d’anonymat, a elle déclaré que l’accord potentiel n’inclut aucune question liée au nucléaire.
Le mémorandum initial ne devrait en tout cas pas aborder en détail le programme d’enrichissement nucléaire iranien. Donald Trump a indiqué précédemment qu’une suspension de l’enrichissement pendant 20 ans serait acceptable. Selon certaines sources interrogées par CNN, l’Iran aurait proposé une suspension beaucoup plus courte.
Le détroit d’Ormuz au coeur des débats…
Les deux parties considèrent l’accord sur la navigation dans le détroit d’Ormuz comme une première étape, après trois mois de paralysie de cette voie maritime cruciale qui a provoqué une forte hausse du prix du pétrole brut et d’autres matières premières. D’après certaines informations récoltées par CNN, l’Iran autoriserait le retour du trafic maritime dans le détroit à son niveau d’avant-guerre sur une période de 30 jours. L’Iran poursuit une « gestion intelligente du détroit d’Ormuz », a indiqué vendredi Ebrahim Azizi, chef de la Commission nationale de sécurité du Parlement iranien. « Les mesures et les dispositifs de contrôle mis en place par l’Iran dans le détroit d’Ormuz sont permanents et certainement pas temporaires », a-t-il ajouté.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a quant à lui déclaré à la télévision d’Etat que la gestion du détroit devait être décidée par l’Iran et Oman.
Selon l’agence iranienne Fars, le détroit serait rouvert aux conditions de Téhéran après la levée du blocus américain sur les navires iraniens. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a lui précisé que le blocus américain serait levé progressivement si cela se produisait.
… et celle des avoirs gelés de l’Iran
Autre sujet majeur toujours sur la table des discussions : les avoirs gelés de l’Iran. L’agence Fars a indiqué qu’un accord avait été conclu pour débloquer 12 milliards de dollars. L’Iran exige le déblocage immédiat de milliards de dollars d’actifs détenus dans des banques à l’étranger. Cependant, un haut responsable américain a déclaré à CNN la semaine dernière que le déblocage des avoirs iraniens n’interviendrait qu’une fois le détroit d’Ormuz rouvert. Faisant apparemment référence à ces actifs, Donald Trump a déclaré vendredi qu' »aucun argent ne sera échangé, jusqu’à nouvel ordre. »
Quelques autres inconnues subsistent, relate CNN. Le processus de 60 jours envisagé dans le protocole d’accord sera-t-il défini comme une prolongation du cessez-le-feu ou comme une fin définitive des hostilités ?
En attendant, Washington continue de mettre la pression sur Téhéran. S’exprimant lors du Dialogue Shangri-La, un forum annuel consacré à la défense et au renseignement en Asie, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré ce samedi que les Etats-Unis étaient prêts à reprendre les frappes contre l’Iran s’il n’était pas possible de parvenir à un accord. Le chef du Pentagone a indiqué que Donald Trump était « patient ». Il n’est probablement pas le seul.
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Publish date : 2026-05-30 15:11:00
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