Close Menu
    Facebook X (Twitter) Instagram
    IntelliNews
    Facebook X (Twitter) Instagram
    IntelliNews
    Home»FRANCE»L’Express»Comment Arsène Lupin peut-il nous inspirer ?
    L’Express

    Comment Arsène Lupin peut-il nous inspirer ?

    IntelliNewsBy IntelliNewsjuin 14, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
    Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Email
    Share
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    Qu’on ne compte pas sur Umberto Eco pour défendre ce « chef de bande » d’Arsène Lupin : « Soyons francs, Lupin, c’est Lucky Luciano, Andreotti, Liggio, Kissinger, Brejnev, Nixon et Al Capone réunis. » Bref, un gangster assoiffé de pouvoir qui aurait contaminé l’imaginaire de notre jeunesse – au même titre que Tony Montana, le malfrat incarné par Al Pacino dans Scarface. Sur ce coup-là, le sémiologue ne s’était-il pas un peu perdu dans l’étude des signes ? Romain Gary ne partageait pas son analyse abracadabrante, comme il le raconte dans La Promesse de l’aube : « En dehors des lectures qui, enfant, m’étaient recommandées, je me plongeais dans l’univers fabuleux d’Arsène Lupin. Ce dernier m’enchantait particulièrement et je m’efforçais d’imposer à mon visage la grimace caustique, menaçante et supérieure du héros qui ornait la couverture du livre. J’y réussissais assez bien – et aujourd’hui encore. » Que fit-il quand il tomba malade d’un rein ? « Vomissant du sang noir, j’appelais à ma rescousse d’Artagnan et Arsène Lupin. » Et quand il dut quitter son pays natal, il n’emporta que trois livres, dont un volume des aventures du plus distingué des voleurs…

    Entre Eco et Gary, l’écrivain Grégoire Bouillier est du côté du second. Son essai Un printemps avec Arsène Lupin nous replonge dans notre enfance ou notre adolescence, lorsque l’on découvrait avec émerveillement l’œuvre de Maurice Leblanc. Mais Leblanc, au fond, l’intéresse assez peu. Bouillier se souvient que, au début des années 1990, le critique de cinéma Serge Daney rêvait d’une SPP, soit une Société de Protection des Personnages, qui prendrait « le parti des personnages contre les auteurs ». Certains héros peuvent être envisagés comme des êtres à part entière. Constitué d’une quinzaine de romans et d’une trentaine de nouvelles, le « canon lupinien » (comme disent les exégètes) permet de retracer la biographie de cet homme insaisissable, et de tenter d’en cerner la personnalité.

    Né en 1874, Arsène Lupin est d’origine aristo du côté de sa mère, d’où sa recherche de « la société la plus choisie ». Il a étudié la dermatologie à l’hôpital Saint-Louis. A la fois sportif et lettré, il pratique le jiu-jitsu et peut « réciter par cœur Homère en grec » (ce que l’on apprend dans La Comtesse de Cagliostro). Sa galanterie et son sang-froid sont documentés. Rappelons en revanche que le monocle et le haut-de-forme appartiennent à la légende : c’est à cause des illustrations de Léo Fontan que ces accessoires se sont imposés dans l’inconscient collectif. De la même façon que Conan Doyle avait fini par détester Sherlock Holmes, Maurice Leblanc nourrissait des sentiments mitigés envers Arsène Lupin. Il n’empêche qu’ils étaient proches en termes de philosophie. Leblanc, qui pouvait être moraliste, glisse cet aphorisme à la fin de l’un de ses livres : « On voit les choses plus clairement à travers le rire qu’à travers les larmes. » Dans L’Aiguille creuse, s’adressant à Isidore Beautrelet, Arsène Lupin lui adresse cette leçon de vie : « Mais ris donc, gosse… Vrai, t’as pas le sourire. Tiens, tu manques… comment dirais-je ? Tu manques de primesaut. Moi, j’ai le primesaut. » Derrière le « primesaut », on peut ranger quelques vertus cardinales : le devoir de gaieté, la vitalité, l’humour, la résistance à l’esprit de sérieux – des qualités dont manquent cruellement les personnages des romans de notre siècle, si souvent plaintifs. Malgré sa désinvolture de dandy à la Jacques Dutronc (qui lui consacra la savoureuse chanson Gentleman cambrioleur), Arsène Lupin pouvait être sujet à l’abattement. Dans 813, peut-être l’histoire la plus sombre qui lui soit consacrée, il rate une tentative de suicide. Romain Gary, hélas, réussit la sienne. Peut-être n’avait-il pas assez médité les aventures de son héros d’enfance ?

    Un printemps avec Arsène Lupin par Grégoire Bouillier. Equateurs/France Inter, 362 p., 15 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/comment-arsene-lupin-peut-il-nous-inspirer-SS5R6TNELZCV3IBYNUVHKYPFBA/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-06-14 06:59:00

    Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

    L’Express
    Share. Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Email
    IntelliNews

    Related Posts

    A la poursuite de John le Carré : quand l’écrivain jouait les super-consultants du renseignement

    août 2, 2026

    Fifa : face à la fronde, Gianni Infantino renonce à son projet controversé de céder la Coupe du monde

    août 2, 2026

    Ceuta : pourquoi l’Italie ne peut pas exclure l’Espagne de l’espace Schengen

    août 1, 2026

    Les femmes ont-elles plus de difficulté à se muscler que les hommes ?

    août 2, 2026

    A la poursuite de John le Carré : quand l’écrivain jouait les super-consultants du renseignement

    août 2, 2026

    Australia’s Indie Music Venues Closing as Costs Rise and Attendance Drops

    août 2, 2026

    Zelensky says Ukraine has ‘no interceptors’ as ballistic missiles hit Kyiv

    août 2, 2026

    Fox News Campus Radicals Newsletter: Parents left in the dark, Trump starving socialist breeding grounds

    août 2, 2026
    juin 2026
    L M M J V S D
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
    « Mai   Juil »
    Catégories
    Archives
    Facebook X (Twitter) Instagram Pinterest
    © 2026

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.