Une guerre qui se fait aussi sur le terrain des télécommunications. Tandis que Téhéran s’est efforcé ces dernières années de limiter l’accès à Internet et à certains réseaux sociaux, pour empêcher les opposants au régime de s’organiser lors de révoltes, Israël faisait entrer clandestinement des antennes Starlink dans le pays. La révélation a été faite ce mardi 23 juin par l’ancien Premier ministre israélien, Naftali Bennett (2021-2022), qui s’exprimait depuis un sommet à Jérusalem.
L’ex-chef du gouvernement a déclaré lors du JNS International Policy Summit avoir lancé un « processus d’acquisition et d’introduction clandestine en Iran de dizaines de milliers de récepteurs Starlink qui permettraient la continuité d’Internet et des réseaux sociaux », indique Reuters. En effet, le gouvernement iranien est connu pour imposer régulièrement à sa population des blackouts sur les télécommunications, en particulier lors de manifestations anti-régime.
Amnesty International rappelle à ce sujet qu’en novembre 2019, « les forces de sécurité ont tué de manière illégale des centaines de manifestants au cours de cinq jours de protestations, tandis que les autorités imposaient une coupure quasi totale d’Internet. Elles ont récidivé lors du soulèvement ‘Femme, Vie, Liberté’, de septembre à décembre 2022 ». Début janvier, le régime a de nouveau suspendu Internet et mené la traque aux utilisateurs de télécommunications satellitaires.
Contourner les restrictions
Car justement, ces antennes Starlink, développées par SpaceX (la société du milliardaire américain Elon Musk) permettent de contourner ce type de sanctions, en se connectant à Internet via un réseau de centaines d’antennes satellites. L’Iran a déjà accusé Israël et les États-Unis d’avoir introduit clandestinement ces appareils afin de compromettre sa sécurité. Starlink n’est pas autorisé à opérer en Iran, mais Elon Musk a déclaré que le service y était actif.
L’utilisation d’Internet par satellite a en effet été « multipliée par 20 dans le pays en 2024 », pour atteindre 30 000 utilisateurs selon l’Institut des États du Golfe arabe à Washington (AGSIW), grâce notamment à l’introduction d’antennes Starlink de manière clandestine dans le pays. Il faut néanmoins rappeler que cette alternative reste marginale : la technologie coûte entre 400 et 1 400 dollars pour un récepteur, sans compter l’abonnement mensuel – un coût bien loin des revenus d’un Iranien moyen.
« Pas en place »
Naftali Bennett a déclaré que ces dispositifs étaient destinés à permettre aux manifestants de se coordonner et, à terme, de renverser le gouvernement iranien. « Malheureusement, l’actuel gouvernement israélien incompétent a cessé de le faire », a-t-il déclaré. « Et lorsque les révoltes ont éclaté, cette infrastructure n’était pas en place ».
Cet ex-leader de la droite israélienne est l’un des nombreux politiciens d’opposition qui aspirent à remplacer Benyamin Netanyahou lors des élections prévues d’ici octobre. Il a déclaré qu’Israël et les autres États du Moyen-Orient devaient « unir leurs forces pour repousser et finalement renverser » le gouvernement iranien. « C’est un régime pourri, vieux, déconnecté et incompétent, et il s’effondrera comme l’Union soviétique », a-t-il ajouté.
Peine de prison
L’utilisation de Starlink est particulièrement réprimée en Iran. Les autorités utilisent des brouilleurs de technologie militaire et font parfois survoler des drones pour repérer les antennes paraboliques. A la suite de la guerre entre l’Iran et Israël, qui a duré 12 jours en 2025, Téhéran avait adopté une loi, promulguée en octobre, « prévoyant des peines de prison de six mois à deux ans pour l’utilisation personnelle de Starlink », rappelle Iran International. Et si des personnes sont reconnues coupables d’avoir utilisé de tels systèmes à des fins d’espionnage ou pour agir contre l’État, celles-ci risquent tout bonnement la peine de mort.
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Publish date : 2026-06-23 18:14:00
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