Paul Auster fut une vedette littéraire des années 1980 grâce à La Trilogie new-yorkaise et à Moon Palace. Lors des décennies suivantes, son aura n’a jamais décliné, notamment chez nous où il incarnait le grand écrivain américain, francophile de surcroît – il avait connu la vie de bohème à Paris dans les années 1970, époque où il traduisait Mallarmé… Preuve qu’Auster n’a rien perdu de son côté iconique, le chroniqueur littéraire star sur les réseaux sociaux, Christopher Laquieze, a expliqué ici et là que L’Invention de la solitude est le livre qui a changé sa vie.
Même la mort n’aura pas la peau d’Auster. Disparu en 2024, il a ressuscité en librairie grâce à son épouse Siri Hustvedt, qui lui a consacré un livre-hommage, Ghost Stories (Gallimard). 3e des ventes d’essais cette semaine, comme la semaine précédente, ce récit touchant en est déjà à 25 000 exemplaires vendus. Porté par un excellent bouche-à -oreille, il ne devrait pas s’arrêter là .
Lui non plus n’était pas simple à stopper : skipper d’exception, Charlie Dalin avait remporté le Vendée Globe 2024-2025. Ce n’est qu’à l’automne dernier, lors de la parution de son livre La Force du destin (Gallimard), que Charlie Dalin avait révélé être atteint d’un cancer rare de l’intestin, maladie dont il souffrait déjà lors de son périple victorieux, ce qui rendait sa performance encore plus héroïque et historique. La vague d’émotion qu’a suscitée l’annonce de son décès le 10 juin a relancé les ventes de son témoignage. Remonté à la 6e place des ventes d’essais, La Force du destin atteint les 30 000 exemplaires. Au vu du capital de sympathie dont jouit à juste titre Charlie Dalin, il devrait suivre son rythme de croisière.
Ce n’est pas le pape qui nous contredira : il y a une vie après la mort. Bien vivant, Léon XIV continue de répandre la bonne parole aux fidèles et autres brebis égarées. Son encyclique anti-IA, Magnifique humanité, est à la fois 2e, 4e et 7e des ventes d’essais ! Si on cumule la version co-éditée par Le Cerf, Bayard et Mame, celle publiée par Artège et celle parue chez Salvator, le Saint-Père a multiplié les pains en librairie : près de 10 000 exemplaires écoulés cette semaine, et bientôt 40 000 en tout. Fera-t-il mieux que Boualem Sansal, qui est 1er des essais mais dont la courbe baisse ? Il est bien parti pour.
Du côté des romans, il y a moins de choses à relever. Que dire que nous n’ayons déjà dit au sujet des succès de Sarah Rivens, Fred Vargas, Virginie Grimaldi, Freida McFadden et Franck Thilliez ? On se réjouit d’observer que Romain Lemire se maintient en 15e position avec Clément (Le Cherche Midi), bouleversant récit sur l’inceste dont lui et ses frères furent victimes de la part de leur père – un des grands livres de l’année.
Un peu au-dessous, à la 17e place, notons un roman au titre cohérent avec ce billet : L’Homme qui n’avait pas assez d’une vie de Douglas Kennedy, paru chez Belfond. Le remède à la mort s’appelle la postérité, et Paul Auster et Charlie Dalin peuvent se féliciter d’y avoir droit.
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Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld
Publish date : 2026-06-26 16:21:00
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