Étiquette : L’Express

  • En Russie, le chef de l’agence spatiale démis de ses fonctions après une série de scandales

    « Un besoin de rotation » : c’est ainsi que le Kremlin a présenté le limogeage, jeudi 6 février, du chef de l’agence spatiale russe Iouri Borissov, en poste depuis juillet 2022. Il est remplacé par Dmitri Bakanov, le nouveau directeur général de Roscosmos, précise le Kremlin dans un communiqué. « Il s’agit d’une rotation. La corporation a besoin de se développer de façon dynamique », a commenté le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov.

    Dmitri Bakanov, âgé de 39 ans, qui remplace Iouri Borissov, âgé de 68 ans, devient le plus jeune chef de l’agence spatiale russe depuis sa création en 1992. Avant sa nomination, ce spécialiste de l’audit bancaire, occupait depuis 2022 le poste de vice-ministre de Transports et a présidé de 2011 à 2019 une compagnie de communications satellitaires, Gonets, opérateur de Roscosmos.

    Retard de l’industrie spatiale

    Le secteur spatial russe souffre depuis des années d’un sous-financement chronique, de scandales de corruption et d’échecs tels que la perte de la sonde lunaire Luna-25 en août 2023. Même s’il dispose d’une grande expérience remontant à l’époque soviétique, il a désormais un train de retard sur les États-Unis, notamment l’entreprise Space X, et la Chine.

    En décembre 2023, le directeur adjoint de Roscosmos, Oleg Frolov, et deux autres accusés avaient été poursuivis en justice dans une affaire portant sur le détournement de plus de 4,3 millions d’euros. Ces problèmes n’ont cependant pas entamé les ambitions de la Russie, qui veut à terme construire sa propre station orbitale pour remplacer l’ISS vieillissante et reprendre les missions vers la Lune. En mars 2024, Iouri Borissov avait fait une annonce inattendue, en affirmant que Moscou envisageait d’installer avec la Chine une centrale nucléaire sur la Lune, à l’horizon 2033-2035.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/en-russie-le-chef-de-lagence-spatiale-demis-de-ses-fonctions-apres-une-serie-de-scandales-UHXUNNVEMZDIBLMDTZXYRJW3B4/

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    Publish date : 2025-02-06 19:10:00

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  • Mayotte : l’Assemblée nationale durcit les restrictions au droit du sol à Mayotte

    L’Assemblée a adopté, ce jeudi 6 février, en première lecture une proposition de loi visant à renforcer les restrictions au droit du sol à Mayotte, un texte porté par la droite, soutenu par le gouvernement et le Rassemblement national, et qui a été durci à la suite de l’adoption dans la confusion d’un amendement du groupe ciottiste.

    Selon ce texte, l’obtention de la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte sera conditionnée à la résidence régulière sur le sol français des « deux parents » (et non plus d’un seul), et ce depuis trois ans (et non plus trois mois). Le texte initial prévoyait d’étendre le délai de résidence nécessaire à un an, mais des députés de gauche ont voté par erreur un amendement l’étendant à trois ans – ce que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a promis de corriger au Sénat, face au risque de censure du Conseil constitutionnel.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/mayotte-lassemblee-nationale-durcit-les-restrictions-au-droit-du-sol-a-mayotte-KOM5SLEVVBFCFHGUQRRTGP2C3M/

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    Publish date : 2025-02-06 19:29:00

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  • L’IA, une révolution pour la santé : « Certaines maladies ne seront plus un problème dans cinq ou dix ans »

    Dans le champ de la santé comme dans de nombreux autres domaines, l’intelligence artificielle, et tout particulièrement l’intelligence artificielle générative, promet d’apporter de nombreux bouleversements. Mais dans la santé plus encore que dans d’autres domaines, les questions d’éthique et de régulation se posent avec une grande acuité, tant certaines perspectives sont vertigineuses. Demain, peut-être, des algorithmes poseront des diagnostics, prédiront la survenue de maladies ou l’évolution de la pathologie d’un patient, ajusteront les traitements, donneront des conseils de prévention… Prometteur, ou effrayant, selon les points de vue.

    En attendant, nous n’en sommes pas encore là. Pour que le futur devienne réalité, il y a encore beaucoup de travail à mener, de bases de données à construire, d’experts à former, mais aussi de régulations à inventer. C’est tout l’objet du grand sommet de l’IA qui se tient ces jours-ci à Paris. Le Pr Antoine Tesnière, directeur général de PariSanté Campus, qui vient de fêter ses trois ans d’existence, se trouve au cœur de ces enjeux : cet incubateur géant, qui mélange acteurs académiques, start-up et formations, doit contribuer à placer la France parmi les leaders du numérique en santé. Il décrypte pour L’Express les questions auxquelles il va falloir répondre – au cours de ce sommet, mais aussi des années à venir. Entretien.

    L’Express : Quels sont les enjeux du sommet de l’IA dans le champ de la santé ?

    Pr Antoine Tesnière : Ce sommet de l’IA a plusieurs objectifs : communiquer sur le développement et le potentiel extraordinaire de l’IA, mettre en avant les acteurs qui créent ces nouveaux outils, et favoriser le partage de bonnes pratiques dans toutes les dimensions, pour tenter d’établir une coordination mondiale de l’intelligence artificielle. Cela concerne bien sûr la santé, qui est très largement bouleversée par l’arrivée de l’IA, aussi bien dans la recherche que dans le diagnostic et le traitement, en passant par la prévention, le suivi et l’organisation des soins. Ce sommet sera l’occasion de nombreux échanges internationaux sur le sujet, et permettra de défendre une vision française et européenne sur ces questions, forcément différente des positions américaines ou chinoises. Au-delà des avancées technologiques, l’enjeu est aussi d’arriver à affirmer nos spécificités sur toute une série de grands choix sociétaux.

    Avez-vous des exemples ?

    Prenez la génétique : les tests génomiques destinés à prédire le risque individuel de maladie sont libres aux Etats-Unis, alors que leur accès reste restreint au diagnostic médical en France et dans différents pays européens. On voit bien que sur ce type de questions éthiques, l’intelligence artificielle, qui permet d’affiner le niveau d’analyse et les potentialités de la génétique, va amener une couche supplémentaire de résultats, mais aussi de questions éthiques associées. Même chose pour les données de santé qui nourrissent les algorithmes. Aux Etats-Unis, la donnée est considérée comme un produit de marché qui peut s’acheter, se transformer, se vendre, avec très peu de régulation du gouvernement fédéral. En Chine, il s’agit d’un élément qui participe à la notion de bien commun, au service de la société. Donc les individus sont tenus de partager leurs informations personnelles. En Europe, nous devons promouvoir l’utilisation la plus fluide de ces données, qui déterminent des progrès majeurs dans la santé, mais en établissant des règles et des garanties permettant notamment l’anonymisation et la protection de ces données.

    Pour nous, tout l’enjeu est donc d’arriver à définir et à défendre ces positionnements sociétaux, sans qu’ils ne freinent l’innovation. Car dans le même temps, dans les marchés dérégulés, le développement de l’IA va aller en s’accélérant – tous les pronostics en termes de vitesse d’évolution ont déjà été déjoués. Et les attentes de la population sont légitimement très fortes, notamment pour la mise au point de nouveaux traitements. Nous nous trouvons donc face à une équation intéressante : comment continuer à accélérer les avancées scientifiques et technologiques en préservant nos choix éthiques, mais aussi d’évaluation et de régulation de ces nouveaux outils ?

    Finalement, l’objectif du sommet est-il de rapprocher les positions américaines et chinoises des nôtres, ou de faire comprendre aux Européens qu’ils doivent eux aussi évoluer ?

    Il y a beaucoup d’émulation, mais aussi de concurrence entre les différents pays. On le voit avec les investissements massifs annoncés par les Etats-Unis ou la Chine sur le sujet. En France et en Europe, nous n’avons évidemment pas les mêmes moyens, mais nous avons une expertise, des données et une vision uniques, qui sont des atouts déterminants. L’objectif est de voir avec qui nous allons pouvoir coopérer, nous coordonner à l’échelle internationale. Les potentialités de l’IA sont très importantes, mais il peut aussi y avoir des impacts plus négatifs. Il est donc très important de fixer un cadre pour son développement. C’est ce que l’Europe a fait avec l’IA Act. On peut tout à fait établir un parallèle avec les réseaux sociaux. Quand ils ont émergé, il y a eu beaucoup d’enthousiasme, ils étaient vus comme un progrès énorme, pour l’information et pour les échanges entre citoyens. Et aujourd’hui, on ne peut que constater l’impact sur l’isolement social, sur la montée des fake news et de la manipulation de masse, et sur leurs effets sur la stabilité démocratique. C’est pourquoi il paraît aujourd’hui essentiel de définir où l’on veut aller avec l’IA, et ce que l’on souhaite éviter.

    Dans quels domaines du soin l’IA a-t-elle déjà fait la preuve de son utilité pour les patients ?

    En réalité, cela fait déjà assez longtemps que le machine learning, les algorithmes apprenants sont utilisés pour analyser de grandes masses de données, en particulier des images au sens large. En radiologie, en anatomopathologie (analyse des images des tissus des tumeurs), en dermatologie, de nombreuses études ont déjà montré la supériorité de l’IA sur les performances des modèles classiques. Mais cela ne se limite pas à l’imagerie. Les patients diabétiques de type 1, qui doivent contrôler en permanence leur glycémie et s’injecter très régulièrement de l’insuline, peuvent maintenant avoir accès à un « pancréas artificiel ». Ils sont équipés d’un capteur sur le bras, et d’une pompe à insuline installée sur leur abdomen. Un algorithme suit leur taux de sucre dans le sang et gère les injections de façon automatisée. Non seulement ils sont libérés de cette charge mentale, mais en plus les études montrent que leur glycémie est bien mieux stabilisée. Il est clair qu’avec l’IA, un certain nombre de maladies qui sont des problèmes aujourd’hui ne le seront plus dans cinq ans ou dans dix ans. Mais si on parle autant de l’IA en ce moment, c’est bien sûr à cause de l’arrivée de l’intelligence artificielle générative, avec ces grands modèles de langage au cœur de ChatGPT ou de Mistral.

    Quelles sont les applications médicales possibles de cette nouvelle famille d’IA ? Quand on voit les erreurs commises par ChatGPT, les fameuses « hallucinations », ne doit-on pas se montrer un peu inquiet à l’idée qu’un tel outil soit utilisé dans le champ de la santé ?

    Des acteurs ont développé des modèles de langage adaptés à la santé. Ce sont des thésaurus avec une terminologie particulière, spécialisée. Des équipes y travaillent au sein de PariSanté Campus. Des sociétés commercialisent aussi déjà des outils d’analyse de consultation, pour en faire la synthèse. Les mêmes testent sur cette base la possibilité que l’IA émette des hypothèses diagnostiques, et propose des traitements. Cela veut dire que cela va arriver assez vite. De leur côté, les grands modèles de langage généralistes progressent énormément et améliorent sans cesse leurs performances.

    On voit très bien l’intérêt qu’aurait pour les médecins un assistant IA qui pourrait par exemple rédiger les courriers de sortie des patients hospitalisés, et les transmettre de façon automatisée à l’ensemble des praticiens correspondants hors de l’hôpital. Certains imaginent également mettre à disposition des patients un outil assistant pour orienter plus efficacement les patients, et déterminer si, en fonction de leurs symptômes, il s’avère nécessaire de se rendre aux urgences ou pas. Nous n’en sommes pas encore là, il faudra des évaluations, mais cela donne une idée du champ des possibles.

    Comment la France se positionne-t-elle face à nos grands concurrents que sont les Etats-unis et la Chine ?

    Pour développer des approches d’intelligence artificielle, vous avez besoin de trois éléments : des données, des algorithmes et de la puissance de calcul. En France, nous avons des experts mathématiciens, avec des formations de très bon niveau à l’université PSL, à Polytechnique, Inria, etc. Nous avons besoin d’en former beaucoup plus et de les convaincre de rester en France car ce sont des compétences très recherchées, mais le potentiel est là. Et puis nous avons des données. Avec notamment le SNDS, le système national des données de santé, qui est une très grande base de données nationale, avec une très grande profondeur historique. C’est une chance extraordinaire, par rapport aux Etats-Unis par exemple, où les données sont structurées uniquement à l’échelle de groupements hospitaliers ou d’assureurs, certes de taille importante, mais pas sur l’ensemble des citoyens. Avec notre histoire reconnue en matière de santé, ce sont deux forces sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour jouer un rôle de premier plan à l’avenir.

    Quel est le rôle de PariSanté Campus dans l’écosystème français de l’IA ?

    PariSanté Campus est un écosystème formidable qui dispose de toutes les compétences pour développer et accélérer les programmes d’IA dans la santé. Nous agissons comme un catalyseur, en rassemblant pour moitié des académiques et pour moitié des start-up, qui ont beaucoup à gagner à développer des collaborations, et qui travaillent bien sûr dans une logique de réseau national et international. Nous avons plusieurs instituts de recherche portés par les meilleurs organismes français dans le domaine, et plus d’une quarantaine de start-up qui utilisent des outils d’IA pour leur développement. PariSanté Campus a aussi un objectif essentiel de formation, pour répondre aux besoins de compétences du secteur. Il s’agit notamment de participer à former et acculturer des ingénieurs, des designers, des data scientists aux spécificités de la santé.

    La base de données nationale du SNDS rassemble des informations médico-économiques, qui ne répondent pas à tous les enjeux car elle ne comprend pas d’éléments de diagnostic. Où en est-on de la structuration des données strictement médicales, issues notamment des dossiers hospitaliers ?

    Il s’agit là d’une question centrale. Un rapport a été remis l’an dernier sur le sujet, pointant la nécessité d’ajustements pour faciliter l’accès à ces données, qui sont en cours. Le président de la République s’est d’ailleurs exprimé sur ce sujet lors de son déplacement à l’Institut Gustave-Roussy, pour appeler à un accès plus rapide et facile à ces données de santé. Les hôpitaux sont en train de structurer leurs entrepôts de données de santé. L’Etat a mis en place des financements pour les accompagner, avec un impératif d’interopérabilité : il faut que les différentes structures puissent partager leurs données. A cela va s’ajouter les données issues de « Mon espace santé », le carnet de santé numérique qui commence à se diffuser assez largement. Avec ces trois éléments, des données médico-économiques issues du SNDS, des données médicales issues des hôpitaux et aussi de la médecine de ville, la France se dote d’outils très précieux, avec l’enjeu à terme d’arriver à bien les coordonner. Mais pour voir aussi ce qu’il se passe à l’étranger, je peux vous assurer que l’accès aux données reste une question centrale, et non résolue, dans de nombreux pays. Nous ne sommes pas en retard, bien au contraire.

    Des avancées sont également en cours aussi au niveau européen. En mars 2025, les Etats membres vont se doter d’un règlement spécifique, accompagné par la France, pour développer un espace de données de santé européen. Il permettra un suivi de tous les citoyens dans tous les pays de l’Union : si vous devez être hospitalisé en Allemagne, les médecins allemands auront accès à votre dossier et pourront l’alimenter. Cela représentera un grand progrès à l’échelle individuelle. Mais il permettra également la création d’une des plus grandes bases de données au monde de plus de 400 millions de citoyens européens, pour faire progresser la recherche.

    Tous nos atouts ont-ils déjà permis à des solutions françaises d’émerger sur le marché de l’IA en santé ?

    Bien sûr. Dans le champ de l’IA générative, une société comme Nabla est déjà un acteur de premier plan. Un ancien de Facebook est revenu dans l’Hexagone pour créer cette société qui développe un assistant de consultation, qui propose de la synthèse de conversations pour les médecins. Il se développe aux Etats-Unis également, où il concurrence les grands acteurs américains.

    Parmi les autres belles réussites françaises, on peut citer Incepto ou Milvue, qui développent et commercialisent des algorithmes d’analyse d’images pour aider et fiabiliser les diagnostics. Aqemia également, qui se base sur l’intelligence artificielle et les technologies quantiques pour faire de la modélisation de molécules. Ils ont notamment réalisé de très belles levées de fonds, et ont signé un important partenariat avec Sanofi. Dans le domaine académique, on peut aussi mentionner les travaux d’Anne Vincent-Salomon et de Sarah Watson à l’Institut Curie, qui révolutionnent le diagnostic et les traitements des cancers dits « d’origine inconnue ». Grâce à leur algorithme, il est désormais possible de retrouver l’organe d’origine de ces tumeurs, et de prolonger de façon notable la survie des patients.

    Nous ne sommes donc pas condamnés à acheter des outils d’IA développés à l’étranger…

    Bien au contraire ! Il est même tout à fait nécessaire que nous développions nos propres outils, car il existe de grandes différences entre les populations des différents continents. Des différences génétiques, des différences physiologiques qui expliquent qu’un algorithme entraîné sur des données américaines ou chinoises pourrait ne pas être pertinent sur la population française ou européenne. Tout ne sera pas exportable d’un pays à l’autre, nous ne pourrons pas nous contenter d’acheter des IA américaines ou chinoises, il faudra dans tous les cas qu’elles soient adaptées aux spécificités des populations sur lesquelles elles seront utilisées. C’est une réalité incontournable du secteur qui, par définition, nous oblige à garder la main sur le développement d’un grand nombre d’outils d’IA.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/lia-une-revolution-pour-la-sante-certaines-maladies-ne-seront-plus-un-probleme-dans-cinq-ou-dix-ans-AXERV4IJEZG77JEK3N2EGHRCCA/

    Author : Stéphanie Benz

    Publish date : 2025-02-06 17:00:00

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  • Electricité : les exportations n’ont jamais autant rapporté à la France

    Il s’agit d’un nouveau record. « La valorisation totale des exportations d’électricité françaises a atteint le niveau inédit de 5 milliards d’euros (contre 1 à 3 milliards d’euros/an depuis 2000) », a indiqué le gestionnaire des lignes à haute tension, RTE, dans une note publiée mercredi soir. Un chiffre qui résulte de volumes en forte hausse malgré le recul des prix.

    L’Italie, première importatrice

    Les exportations brutes d’électricité ont atteint le niveau record de 101,3 Térawattheures (TWh) et le solde net a dépassé le record historique de 2002 (76 TWh), pour atteindre 89 TWh.

    Le montant de la balance commerciale, de 5 milliards, est très proche, voire égal au montant brut des exports, car les rares périodes d’imports ont bénéficié d’une production décarbonée abondante et peu chère chez les voisins européens. Parmi les premiers importateurs d’électricité « Made in France », l’Italie est en première position (32 %), suivie de l’Allemagne (18 %) et de la Belgique (15 %).

    Un gain « très faible par rapport au coût des combustibles »

    « Ces records interviennent deux ans seulement après l’année 2022, durant laquelle le pays avait été importateur net pour la première fois depuis 1980 », a souligné l’opérateur, filial à 50,1 % d’EDF. Les problèmes de corrosion sous contrainte dans les centrales nucléaires, notamment, avaient fait plonger la production, en raison de vérifications ou réparations à mener dans de nombreux réacteurs.

    « En 2024, les prix sur les marchés de gros ont poursuivi leur recul depuis la crise énergétique de 2022 », rappelle RTE : le prix spot (marché au comptant) moyen annuel français a été de 58 euros/MWh (contre 97 euros/MWh en 2023 et 276 euros/MWh en 2022, au plus fort de la crise énergétique).

    Malgré cette décrue, qui découle principalement de « l’abondance de la production d’électricité bas carbone à faible coût (en France et en Europe) », combinée à une consommation toujours en retrait, la France, qui a retrouvé des niveaux de production plus conformes à ses standards, a donc dégagé des recettes record. Un gain qui demeure toutefois « très faible par rapport au coût d’importation des combustibles fossiles pour alimenter les usages non électrifiés », explique RTE : en 2024, les importations de combustibles fossiles ont coûté plus de 64 milliards d’euros.

    La part des énergies fossiles dans la consommation énergétique de la France avoisine encore les deux tiers, une proportion que le pays souhaite voir tomber à 42 % en 2030, 30 % en 2035, et à zéro en 2050.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/electricite-les-exportations-nont-jamais-autant-rapporte-a-la-france-DL4PVQ2L55FWJFLWI55UOOVQQA/

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    Publish date : 2025-02-06 17:02:00

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  • Emmanuel Macron tacle Gabriel Attal, Marine Tondelier la joue comme Mélenchon

    C’est fou comme la dissolution a vraiment tout clarifié ! Ce second quinquennat est décidément à nul autre pareil. Le gouvernement Attal n’avait déjà pas duré longtemps, et voilà que Michel Barnier est renversé par une motion de censure trois mois après sa nomination. François Bayrou se retrouve à Matignon, mais la crise n’en finit plus, la vie politique entre dans l’inédit.

    Fin de vie : Bayrou et l’alibi Larcher

    Parce qu’elle avait lu que c’était à la demande de Gérard Larcher que François Bayrou avait choisi de présenter deux textes sur la fin de vie et non un, Yaël Braun-Pivet a voulu en avoir le cœur net. La présidente de l’Assemblée, partisane d’un seul projet de loi sur le sujet, a donc demandé au président du Sénat s’il était bien à l’origine de cette décision. Gérard Larcher lui a assuré que ce n’était pas du tout le cas – même si la démarche lui convient. Le Premier ministre était-il en quête d’un alibi ?

    Jordan Bardella, son inspiration trumpiste

    Contrairement à ses cousins de l’UDR (le parti d’Eric Ciotti) et de Reconquête (le parti d’Eric Zemmour), le Rassemblement national l’a joué sobrement après l’élection de Donald Trump. Les chefs frontistes ont modéré leurs déclarations élogieuses à propos du nouveau président américain. En privé, Jordan Bardella reconnaît toutefois qu’il y a une chose à apprendre de Donald Trump. « Ce qui est très intéressant chez lui, c’est sa capacité à réconcilier le vote populaire avec une forme d’élite économique, assure le président du RN. C’est la stratégie dans laquelle je crois, si on veut gagner : concilier le vote du peuple avec celui de l’élite entrepreneuriale. » Patrons, si vous l’entendez…

    Emmanuel Macron : « Attal a merdé »

    Dimanche 2 février se déroulait le premier tour d’une élection législative partielle à Boulogne-Billancourt afin d’élire le successeur de Stéphane Séjourné devenu commissaire européen. Anecdotique ? Pas pour l’ex-majorité présidentielle qui voyait s’affronter Antoine de Jerphanion, candidat issu des rangs d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, Laurianne Rossi, candidate Ensemble pour la République, soutenue par le patron du groupe et du parti Gabriel Attal, et une candidate LR, Elisabeth de Maistre. C’est cette dernière qui est arrivée largement en tête le soir du premier tour, devant le candidat soutenu par Edouard Philippe. « Attal a merdé ! », s’est emporté Emmanuel Macron dimanche soir en découvrant les résultats. Les probabilités sont grandes pour le bloc central de perdre un siège lors du second tour. C’est bien connu, si l’ancienne majorité est en piteux état, c’est la faute de l’ex-Premier ministre plus que de la dissolution.

    Marine Tondelier : joue-la comme Mélenchon

    Quand elle a pris les rênes d’EELV, en décembre 2022, Marine Tondelier rêvait de casser l’excès d’horizontalité du parti. Ainsi, selon les règles en vigueur, il était interdit de cumuler les jobs. Le nombre de parlementaires était limité à 25 % au sein du bureau exécutif. Impossible pour un député d’être porte-parole du parti, chargé des élections, ou même secrétaire national. Des règles que Tondelier voulait changer, pour faire grandir le parti, le renforcer à l’image du PS ou de LFI en s’appuyant sur les forces élues. Mais voilà, 2022, c’était il y a si longtemps… Aujourd’hui, ces règles de non-cumul internes n’ont pas que des défauts aux yeux de Tondelier.

    Alors que les écolos se réunissaient en conseil fédéral le 1er février, la cheffe verte a empêché une modification des statuts permettant à des parlementaires de devenir porte-parole. Une modification qui avait pour ambition de faire monter les nouveaux talents du parti dont la cheffe des députés Cyrielle Châtelain ou encore la sénatrice Mélanie Vogel. Cette dernière compte quelques victoires de taille – elle a été l’une des premières parlementaires à porter l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution – qui l’ont rendue très populaire au sein d’EELV. Agacés par la grossière manœuvre de verrouillage interne de Tondelier, certains de ses soutiens veulent désormais retirer leur parrainage à sa candidature à la tête du parti. Et l’un d’eux de se lamenter : « Marine est très identifiée, très médiatique et a fait grandir le parti, c’est excellent, merci à elle, mais ce n’est pas une raison pour la jouer comme Jean-Luc Mélenchon qui cadenasse LFI. »

    Les charters de Retailleau

    Il ne le crie pas sur tous les toits mais tente de garder le rythme. Bruno Retailleau procède à l’envoi de deux charters par mois vers la République démocratique du Congo. Dès le mois d’octobre 2024, le ministre de l’Intérieur avait donné comme instruction au préfet de Mayotte « d’organiser des vols groupés pour pouvoir reconduire les étrangers en situation irrégulière » vers ce pays.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-tacle-gabriel-attal-marine-tondelier-la-joue-comme-melenchon-5KJBTUUOKVGCBDIXA6EP637P3Q/

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    Publish date : 2025-02-06 15:52:00

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  • Etats-Unis : ce vieux manuel de sabotage qui refait surface pour résister à Donald Trump

    Faut-il y voir un acte de résistance ? Ou bien est-ce la traduction d’une vraie crainte face au déconcertant Donald Trump, réélu pour un second mandat en novembre dernier ? Depuis plusieurs semaines, un vieux manuel de résistance au fascisme, déclassifié par la CIA en 2008, est devenu viral sur Internet. Il s’agit d’un guide gouvernemental très sérieux daté de la Seconde Guerre mondiale.

    D’après le site 404media, le guide est devenu le cinquième livre le plus consulté sur Project Gutenberg, la principale plateforme mondiale de téléchargement d’ebook gratuits et de livres de référence. Rien qu’au mois de décembre, il a été consulté près de 60 000 fois, ce qui le place en seconde position des téléchargements, juste derrière Roméo et Juliette. Et pour la seule journée du 2 février, près de 34 000 personnes se sont procuré le petit guide pratique qui compte une vingtaine de pages. Intitulé Simple sabotage field manual (« Manuel de terrain sur le sabotage facile »), le document regorge de techniques pour assister les civils à résister à leur manière contre le fascisme.

    Read the CIA’s Simple Sabotage Field Manual.

    A Timeless Guide to Subverting Any Organization with « Purposeful Stupidity » (1944) https://t.co/tmlpcU9Yqx pic.twitter.com/P3vlSJLPkb

    — Open Culture (@openculture) January 3, 2021

    « Méthode simple pour saboter » la société

    « Le sabotage peut prendre la forme d’actes techniques de grande envergure, qui nécessitent une planification minutieuse et l’intervention d’agents spécialement formés, ou bien d’innombrables actes simples que le simple citoyen saboteur peut accomplir », entame le guide.

    En 1944, le gouvernement fédéral américain avait publié ce manuel confidentiel intitulé Strategic Services Simple Sabotage Field Manual No. 3, censé servir de guide pratique sur le sabotage. Rédigé par le père fondateur de la CIA, William J. Donovan, il donnait aux agents clandestins une méthode simple et efficace pour saboter la production industrielle, perturber les transports et les communications et, plus intéressant encore, dégrader la productivité des organisations de l’intérieur.

    « Ce document décrit de manière assez sèche des techniques ordinaires de sabotage, par opposition aux grandes opérations de sabotage, telles que faire sauter un pont », explique Simon Willmetts, spécialiste de l’histoire des services de renseignement à l’université de Leiden (Pays-Bas) à nos confrères de France 24. Pendant la Seconde guerre mondiale, « le but était de donner des conseils pour entraîner des citoyens, notamment en France, à des techniques simples mais efficaces pour poser des problèmes à l’occupant allemand sans éveiller les soupçons », poursuit-il.

    « Guerre des puces »

    Selon 404media, sur les forums comme Reddit, qui regroupent beaucoup de fonctionnaires américains, de nombreux appels « à la résistance » sont lancés contre les efforts déployés par Donald Trump et Elon Musk pour prendre le contrôle total de l’appareil d’État et en faire un corps loyal.

    Au début du premier mandat de Donald Trump en 2016, un autre ouvrage était devenu viral : la dystopie 1984, de George Orwell. « L’esprit du temps pour ces individus n’est plus aux discussions idéologiques, comme à l’époque du premier mandat de Donald Trump lorsque tout le monde lisait’1984′, mais à la lecture d’ouvrages plus pratiques permettant d’agir », indique à France 24 Robert Dover, spécialiste des questions de renseignement et de sécurité nationale à l’université de Hull. Pour ce dernier, les conseils que donne le manuel de sabotage relèvent d’une « guerre des puces », « c’est-à-dire des actions de faible intensité mais très irritantes, comme une puce sur le museau d’un chien ». Voilà Donald Trump prévenu.





    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-ce-vieux-manuel-de-sabotage-qui-refait-surface-pour-resister-a-donald-trump-73J25WFAMZFDVBV3NKM2ZYR7TE/

    Author : Célia Cuordifede

    Publish date : 2025-02-06 14:00:00

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  • Vapotage de cannabis par les ados : l’alerte des autorités sanitaires

    Vapoter du cannabis ou des cannabinoïdes de synthèse tels que les substances interdites PTC (« Pète ton crâne ») ou Buddha Blue, populaires auprès des adolescents et sur les réseaux sociaux, fait courir des « risques graves pour la santé », alerte ce jeudi 6 février l’agence du médicament.

    Troubles psychiatriques – hallucinations, idées suicidaires, attaques de panique -, mais aussi digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales), cardiovasculaires (tachycardie, douleur thoracique), problèmes rénaux, addiction sévère avec syndrome de sevrage ou encore malaises, amnésies, pertes de connaissance, convulsions… la liste des « effets indésirables graves » provoqués par la consommation de ces substances psychoactives est longue.

    Loin de réduire les risques liés à l’usage de ces produits illicites, le vapotage – ou cigarette électronique – « peut au contraire les augmenter, l’action des produits étant plus rapide », indique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dans un avis publié jeudi. « On constate la promotion persistante sur les réseaux sociaux de pratiques dangereuses, et on souhaiterait appeler à la vigilance tous les publics, mais particulièrement les plus jeunes », dit à l’AFP Agnès Laforest-Bruneaux, directrice adjointe de la direction de la surveillance de l’ANSM.

    Les adolescents inhalent des e-liquides, « obtenus sur internet, dans la rue ou au lycée, auprès de camarades » tels que PTC (« Pète ton crâne »), ou Buddha Blue, « des produits très concentrés », explique-t-elle. Et certains « ne se sentent pas bien, ont une tachycardie, des hallucinations, perdent le lien avec la réalité… vont aller aux urgences ». « Ces substances vapotées, des cannabinoïdes, sont des stupéfiants : elles sont interdites et présentent des risques graves pour la santé, alors que ce mode de consommation peut être perçu comme moins risqué », précise Agnès Laforest-Bruneaux.

    Le PTC peut en effet contenir « plusieurs cannabinoïdes de synthèse, des substances qui imitent l’effet du cannabis mais dont la puissance peut être supérieure », indique l’ANSM, dont le suivi, entamé en 2019 – enrichi des données de Drogues Info Service et des cas rapportés aux centres antipoison – a porté en France sur 215 cas (dont un décès) en 2021-2022 et 139 en 2023-2024. « Ça n’est pas exhaustif, mais ça permet de donner une tendance, d’identifier de nouvelles substances qui apparaissent », indique la responsable de l’ANSM.

    Progression de l’addiction chez les plus jeunes

    « Fin 2024, nous sont parvenus des signalements très rapprochés, d’effets indésirables graves chez des lycéens, qui ont nécessité des hospitalisations assez longues et, sur 2023-2024, la moitié des cas qui nous sont déclarés sont des cas graves, dont près de la moitié concernent des mineurs », détaille-t-elle. Plus inquiétant encore, « à moyen et long terme », pour « les usagers chroniques », on constate une « addiction et une dépendance importantes, en forte progression, avec des symptômes de manque, notamment chez les consommateurs les plus jeunes », précise Agnès Laforest-Bruneaux.

    L’ANSM invite les usagers de cigarette électronique à la vigilance lorsqu’ils se procurent des e-liquides susceptibles de contenir des cannabinoïdes de synthèse aux compositions et aux dosages variables. Elle exhorte en outre à ne pas faire de mélanges « maison » de produits qui « augmentent les risques d’intoxication pouvant mener à des hospitalisations ».

    En cas d’intoxication liée au vapotage, se manifestant par « des nausées et vomissements, malaise, amnésie, convulsion, perte de connaissance, épisode délirant » ou encore des « hallucinations ou idées suicidaires », l’agence appelle à contacter sans délai le Samu (15), les pompiers (18) ou les services d’urgence. Elle rappelle qu’en cas de dépendance à des produits de vapotage – hors nicotine-, des « consultations jeunes consommateurs » proposent aux moins de 25 ans, un service gratuit et confidentiel d’accueil, d’écoute et de conseil. Le site drogues-info-service.fr fournit les informations permettant de trouver une prise en charge adaptée, par un médecin ou une structure spécialisée.

    A destination des urgentistes, l’ANSM rappelle que détecter les cannabinoïdes de synthèse « est complexe et nécessite des analyses spécifiques réalisées par les laboratoires spécialisés ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/vapotage-de-cannabis-par-les-ados-lalerte-des-autorites-sanitaires-RVLZM7OT4VD5DEKWQ6TYUJ7LVM/

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    Publish date : 2025-02-06 13:04:00

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  • Budget 2025 : le texte définitivement adopté après un dernier vote au Sénat

    Le projet de budget de l’État pour 2025 a été définitivement adopté ce jeudi 6 février au Parlement, après un ultime vote du Sénat venu achever le parcours tumultueux de ce texte suspendu en décembre par la censure du gouvernement de Michel Barnier. Repris par le nouveau Premier ministre François Bayrou, qui a résisté mercredi à deux motions de censure des Insoumis, le projet de loi de finances a été définitivement validé jeudi par la chambre haute, dominée par une alliance droite-centristes, à 219 voix contre 107.

    Le texte avait fait l’objet vendredi d’un accord entre les deux chambres du Parlement, trouvé lors d’une commission mixte paritaire de quatorze heures, réunissant sept sénateurs et sept députés. C’est cette version de compromis qui a été soumise au Sénat. Une dernière étape sans suspense avant la promulgation du texte.

    Si la gauche et le Rassemblement national s’y sont opposés, le choix des députés du Parti socialiste et du RN de ne pas voter la censure a permis au budget d’être adopté, via l’utilisation de l’article 49.3 à l’Assemblée nationale.

    @lexpress

    En moins de cinquante minutes, le Premier ministre a déclenché à deux reprise l’article 49.3 ⬇️ #politique #budget #france #apprendresurtiktok #tiktokacademie #Sinformersurtiktok #newsattiktok

    ♬ son original – L’Express

    Un « effort jamais fait »

    Le ministre de l’Économie Éric Lombard a salué au Sénat l’adoption d’un « texte de redressement financier » qui cherche à ramener le déficit public à 5,4 % du PIB en 2025 avec « un effort jamais fait » de 30 milliards d’euros d’économies et 20 milliards d’euros « de hausse d’impôt proportionnel aux capacités contributives de chacun ». Il a particulièrement salué les élus socialistes, qui ont « eu le courage du compromis et de la non-censure ». Le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, a lui souligné la « responsabilité des parlementaires qui, sans nier leurs différences, ont privilégié l’intérêt de leur pays et la stabilité ». « Nous avons collectivement prouvé qu’il était possible de discuter, de débattre, de s’opposer, mais sans bloquer le pays », a renchéri la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

    Parmi ses mesures phares, le budget de l’État pour 2025 prévoit plusieurs contributions exceptionnelles et temporaires sur les grandes entreprises et les ménages les plus aisés, un effort d’environ 2,2 milliards d’euros demandé aux collectivités locales, le rétablissement de 4 000 postes d’enseignants menacés. Il cible la quasi-totalité des ministères qui voient leurs budgets rabotés, parfois de plusieurs centaines de millions d’euros, à de rares exceptions près.

    « Le compte n’y est pas » pour le PS

    Ce projet de loi de finances « marque un coup d’arrêt à l’effondrement budgétaire passé pour entamer un indispensable redressement », s’est satisfait le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (LR). Les groupes communiste, écologiste et socialiste ont logiquement voté contre. Mais même si « le compte n’y est pas », « l’absence prolongée de budget est un risque pour notre économie, que paieraient d’abord les plus vulnérables », a expliqué le socialiste Thierry Cozic, justifiant le choix du PS de ne pas censurer François Bayrou.

    Une autre étape budgétaire attend désormais le Parlement avec le budget de la Sécurité sociale, qui fait actuellement l’objet d’un 49.3 et d’une nouvelle motion de censure à l’Assemblée nationale.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/budget-2025-le-texte-definitivement-adopte-apres-un-dernier-vote-au-senat-3UN67Q643VA5VMAFE3FELJP7G4/

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    Publish date : 2025-02-06 11:49:00

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  • Emilia Pérez », les dessous du scandale avant les Oscars : « On se doutait que ça allait exploser…

    Les passionnés des Oscars le savent bien – chaque bonne cérémonie doit avoir son grand méchant. Celui de l’édition 2025 a un nom : il s’appelle Emilia Pérez. Le film de Jacques Audiard, parti pourtant grand favori de la compétition avec 13 nominations, est désormais étrillé outre-Atlantique. Dernier épisode en date : l’exhumation d’anciens messages pour le moins virulents de Karla Sofia Gascon, la star du film. L’actrice transgenre s’est défendue ce week-end d’être « raciste » dans une interview à CNN en version espagnole, pour ensuite être écartée de la campagne aux statuettes par Netflix, qui distribue Emilia Pérez aux Etats-Unis. Malgré l’onéreuse campagne menée depuis la fin de l’été par la plateforme de streaming, Emilia Pérez réunissait tous les ingrédients pour attirer les critiques. Depuis l’automne, en coulisses, les contempteurs du film s’activent.

    Emilia Pérez est arrivé aux Etats-Unis auréolé de son succès critique à l’international. Le film a été primé deux fois à Cannes – le prix du jury et le prix d’interprétation féminine pour ses trois actrices principales, Karla Sofia Gascon, Zoé Saldana et Selena Gomez. En France, cette reconnaissance s’est accompagnée d’un joli succès en salle – il totalise plus d’un million cent mille entrées – et d’un regard favorable du grand public – il obtient la note 4,2 sur 5 sur Allociné. Entre la fin de l’été et décembre, le film était encore qualifié de « spectaculaire » (l’Américain The Atlantic), « d’immanquable » (par ABC News) et de « divertissement ébouriffant » (le britannique The Guardian), par une partie de la presse anglo-saxonne. Rappelons l’intrigue : une avocate mexicaine exploitée par ses patrons est engagée par un narcotraficant pour l’aider à changer de sexe en toute discrétion. Tour-à-tour comédie musicale, télénovela et drame, le dernier opus de Jacques Audiard est, de plus, tourné davantage en espagnol qu’en anglais. Il a, à cette occasion, réussi un petit tour de force, étant le seul film en langue étrangère à avoir reçu autant de nominations de l’Académie des Oscars.

    Lourdement décrié en ligne

    Emilia Pérez a triomphé aux Golden Globes, antichambre de la prestigieuse cérémonie. Nommé à dix reprises, le film a décroché quatre trophées dans la nuit du 5 au 6 janvier – meilleur film étranger, meilleure actrice dans un second rôle pour Zoé Saldana, et de la meilleure chanson originale. Les moyens dépensés par Netflix pour la promotion étaient à l’hauteur de l’engouement. Après avoir acheté le film 12 millions de dollars à Cannes, la plateforme a multiplié les avant-premières à Los Angeles et les entretiens de ses actrices dans les late-nights shows, ces émissions de deuxième partie de soirée très populaires aux Etats-Unis. Film international par excellence (produit en France, tourné en langue espagnole, avec des actrices américaines et espagnoles), l’oeuvre rentre parfaitement dans les ambitions de plus en plus globales de l’Académie.

    A cela s’ajoute, enfin, un message qui collait a priori parfaitement aux signaux politiques que souhaitait envoyer l’industrie hollywoodienne. « L’Académie des Oscars est composée de 8000 votants, des professionnels du cinéma qui font aussi leurs choix selon un environnement politique, remarque Alain Le Diberder, ancien conseiller au cabinet de Jack Lang et directeur des programmes d’Arte de 2012 à 2017. Dans le contexte politique américain actuel, des attaques de Donald Trump sur les personnes transgenres, ils ont pu vouloir envoyer un signal ».

    Mais avant même que l’Académie ne pense avoir trouvé un symbole, le film était déjà lourdement décrié en ligne. Sur les sites Rotten Tomatoes et Letterboxd, deux agrégateurs de critiques des spectateurs américains, Emilia Pérez ne recueille respectivement que 18 % d’opinions favorables, et 2,2 étoiles sur 5 – des notes historiquement basses pour une oeuvre nommée dans la catégorie « Meilleur film ». Ces notes expriment notamment la colère de spectateurs mexicains, très critiques à l’égard d’un film majoritairement tourné en studio, en France, et dont le casting principal est américain ou espagnol (comme son actrice principale, Madrilène). Accusé de traiter avec légèreté le sujet des cartels de la drogue, l’oeuvre de Jacques Audiard est aussi moquée pour la prononciation hasardeuse de ses actrices (la pop star Selena Gomez, notamment, et ses difficultés avec le chant en espagnol). A tel point qu’une parodie se moquant des Français au nom d’un « hommage à Emilia Perez« , « Johanne Sacrebleu » a été publiée sur YouTube courant janvier par une réalisatrice espagnole.

    Appeau à polémiques

    Accusée de nourrir les stéréotypes sur le Mexique, Emilia Perez a également été critiquée par… des militants LGBT, comme la puissante association américaine Glaad. Dès le 15 novembre, un communiqué de l’organisation dénonçait un film qui n’est « pas une bonne représentation pour la communauté trans », peignant « un portrait rétrograde d’une femme trans ». Critiquée à l’étranger et sur sa gauche, Emilia Pérez a été, dans le même temps, l’objet de critiques enflammées de sites conservateurs, comme le Daily Wire. Dès l’automne, le film vanté par l’establishment d’Hollywood était donc attaqué des deux côtés du spectre politique sur Internet. « C’était couru d’avance. Le film manie des thématiques tellement sensibles qu’il est de toute manière un appeau à polémiques », estime un consultant responsable de plusieurs campagnes pour des films nommés aux Oscars.

    Dans le monde fait de coups bas et gros sous d’Hollywood, l’idée d’une campagne de dénigrement délibérément orchestrée contre Emilia Pérez flotte dans l’air. Avant même que le scandale ne perce la bulle Internet, le film était devenu un sujet brûlant, alimentant joyeusement la machine à clics. Sur YouTube, les vidéos étrillant le film dépassent souvent les 300 000 vues, certaines avoisinant le million – en anglais… et en espagnol. « Mais même sans penser à une campagne orchestrée, le phénomène se nourrit de lui-même. Dès les premières projections à Los Angeles, en octobre, je me rappelle qu’on se disait tous ‘ça va exploser’. On ne savait juste pas quand », poursuit ce consultant.

    Conséquence de cette attention inouïe sur le favori de l’année, le moindre mouvement des acteurs et de leur passé a été scruté. Jusqu’à ce que, inévitablement, une journaliste indépendante, Sarah Hagi – niant avoir été missionnée par un tiers – finisse par retrouver les tweets passés de Karla Sofia Gascon. Dans ces derniers, l’actrice s’en prend pêle-mêle à l’Islam (« devenu un foyer d’infection »), aux « descendants d’esclaves » et critique la diversité aux Oscars. Dans une campagne consensuelle, ces déclarations font tâche. Après des excuses de l’actrice, ce 2 février sur CNN, Netflix décide de débarquer sa star, et de la masquer des contenus promotionnels. L’aventure Emilia Pérez continuera sans elle, dans l’espoir de limiter les dégâts. Et le cinéma dans tout ça ?



    Source link : https://www.lexpress.fr/societe/emilia-perez-les-dessous-du-scandale-avant-les-oscars-on-se-doutait-que-ca-allait-exploser-YGL7OLYEGJEMTEXNQSMHQ6T63Y/

    Author : Alexandra Saviana

    Publish date : 2025-02-06 10:30:00

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  • Gaza : Israël ordonne des préparatifs en vue d’un « départ volontaire » des Palestiniens

    Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a ordonné jeudi 6 février à l’armée de préparer un plan en vue de permettre aux habitants de Gaza de « partir volontairement », après les déclarations de Donald Trump sur un potentiel déplacement des Palestiniens de ce territoire.

    « J’ai demandé à l’armée israélienne de préparer un plan pour permettre aux habitants de Gaza de partir volontairement », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il s’agit de « permettre à tout habitant de Gaza qui le souhaite de partir vers n’importe quel endroit du monde qui accepte de l’accueillir ». Le plan comprendra « des options de sortie aux points de passage terrestres ainsi que des dispositions spéciales pour les sorties par voie maritime et aérienne », a-t-il ajouté.

    Un seul point de sortie

    Le seul aéroport de Gaza a été détruit pendant la Seconde Intifada (2000-2005) et la bande de Gaza, dévastée par la guerre entre Israël le Hamas palestinien, ne dispose pas de port pour le transport de passager.

    Alors qu’Israël interdit aux Palestiniens de Gaza toute sortie du territoire et que le seul point de passage vers l’Egypte n’est ouvert que pour des évacuations médicales au compte-goutte, Israël Katz ne précise pas s’il a l’intention de laisser transiter par Israël les Palestiniens de Gaza qui choisiraient l’exil.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-israel-ordonne-des-preparatifs-en-vue-dun-depart-volontaire-des-palestiniens-DG3W5IWCEREADOQ46T2CXWQKPM/

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    Publish date : 2025-02-06 08:47:00

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  • Tollé sur Gaza : la Maison-Blanche nuance les propos de Donald Trump

    C’est sans doute la déclaration de trop. Trop difficile à assumer pour l’administration. Après un déluge de critiques internationales sur le projet de Donald Trump de prise de contrôle américain de Gaza pour en faire la « Côte d’Azur du Moyen-Orient » et déplacer sa population, la Maison-Blanche a tenu à rectifier les propos du président, y apportant de la nuance, voire de la contradiction.

    24 heures après la déclaration fracassante du dirigeant américain mardi, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a ainsi affirmé que tout transfert des Gazaouis serait temporaire. Donald Trump veut « reconstruire les bâtiments » afin que « les gens puissent y retourner », a-t-il dit. La Maison-Blanche a quant à elle indiqué que Donald Trump ne s’était pas engagé « pour l’instant » à envoyer des troupes à Gaza.

    « Une offre de reconstruction »

    Mardi, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, Donald Trump avait répété que, selon lui, les habitants de la bande de Gaza, en ruines après 15 mois de guerre, pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte. « Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza et nous allons faire du bon boulot avec », a-t-il dit, parlant du territoire palestinien comme d’un « chantier de démolition ». « Nous en prendrons possession et serons responsables du démantèlement de toutes les bombes dangereuses qui n’ont pas explosé et de toutes les armes », a-t-il ajouté, en soulignant que les Etats-Unis allaient « aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits », afin de développer économiquement le territoire palestinien et de faire de Gaza la « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».

    Quelques heures plus tard, Donald Trump assuré que « tout le monde ador[ait] » sa proposition, malgré les multiples réactions indignées. « Ce que le président Trump a annoncé hier, c’est l’offre, la volonté des États-Unis de prendre en charge la reconstruction de cette zone », a tenté de désamorcer le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, évoquant même un « geste très généreux », comme le rapporte l’agence AP.

    Dans le même élan, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt a indiqué mercredi que les Etats-Unis « ne financeront pas la reconstruction de Gaza ». L’administration américaine va travailler avec ses « partenaires dans la région pour reconstruire » Gaza, a-t-elle ajouté. « Les Etats-Unis doivent s’impliquer dans cet effort de reconstruction », a-t-elle dit. Mais « cela ne veut pas dire qu’il y aura des troupes (américaines) au sol à Gaza, ni que les contribuables américains financeront cet effort ».

    « Jeter de l’huile sur le feu »

    Les propos de Donald Trump sont intervenus quelques heures avant la reprise des délicates négociations sur la poursuite de la trêve à Gaza. Le Hamas l’a accusé de « jeter de l’huile sur le feu ». Dans une interview à la chaîne Fox News mercredi soir, le dirigeant israélien Benyamin Netanyahou a qualifié l’idée de « remarquable ». « C’est la première bonne idée que j’ai entendue », a-t-il déclaré, estimant qu’elle devait être « examinée, poursuivie et réalisée ». Benyamin Netanyahou a laissé entendre que l’initiative ne signifiait pas nécessairement que les Palestiniens quittent définitivement le territoire. La proposition américaine s’est en revanche heurtée à une fin de recevoir catégorique de l’administration palestinienne. « Nous ne permettrons pas que soient bafoués les droits de notre peuple », a rétorqué le président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas.

    Dans son ensemble, la communauté internationale a fustigé les propos de Donald Trump. Le président égyptien et son homologue français Emmanuel Macron ont averti que tout « déplacement forcé de la population palestinienne à Gaza comme en Cisjordanie serait inacceptable ». La Jordanie, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite et la Ligue arabe ont aussi rejeté le plan américain, de même que l’Union européenne. Et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre un « nettoyage ethnique » dans le territoire palestinien.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/tolle-sur-gaza-la-maison-blanche-nuance-les-propos-de-donald-trump-GGK3GTVRHZF7JPIDWDAXM2B7OE/

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    Publish date : 2025-02-06 07:22:00

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  • Donald Trump omniprésent dans les médias français : ces infographies qui en disent long

    Il y a d’abord eu les tarifs douaniers prohibitifs à l’égard de ses principaux alliés : le Mexique et le Canada. Puis, ce fut autour de l’annexion du Groenland, vaste territoire appartenant au Danemark – un pays allié des Etats-Unis – et du canal de Panama. Et ce mercredi 5 février, Donald Trump a promis de transformer la bande de Gaza en « nouvelle Côte d’Azur » sous le regard médusé de Susie Wiles, son ancienne directrice de campagne récemment promue cheffe de cabinet. Chaque jour, l’Europe se réveille avec une nouvelle déclaration choc du président américain. Et à chaque fois, de nombreuses questions se posent : a-t-il vraiment conscience de ce qu’il dit et de la déstabilisation que ces sorties médiatiques impliquent ? Quelles répercussions ces bouleversements géopolitiques pourraient-ils avoir pour nous, de l’autre côté de l’Atlantique ?

    Pour les journalistes européens, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche constitue un vivier important de sujets possibles. Ces derniers jours, on ne compte plus les unes de quotidiens ou de magazines dédiées au milliardaire – et à sa nouvelle garde rapprochée. Y compris, chez nous, à L’Express. Notre dossier de Une cette semaine décrypte justement les dessous de la relation Donald Trump – Elon Musk et donne la parole à de nombreux experts qui estiment que leur idylle ne durera pas.

    Nul doute que Donald Trump et ses nouveaux conseillers saturent l’espace médiatique français aujourd’hui. Dans son baromètre de l’actualité 2025, l’INA pointe que dans les quatre mois précédant les élections européennes de juin dernier, celles-ci ont été jusqu’à « quatre fois moins mentionnées » dans les médias audiovisuels français que l’élection présidentielle américaine. Un constat surprenant, qui nous ferait presque oublier que le phénomène n’est pas nouveau. Lors de son premier mandat déjà, le magnat new-yorkais disposait d’une alarmante caisse de résonance dans l’Hexagone.

    Sur son site dédié, l’INA permet de réaliser des recherches dans plus d’un million d’heures d’archives récentes de 16 grands médias audiovisuels français. On y apprend ainsi qu’entre le 1er mars 2017 et le 31 janvier 2021, le nom du Premier ministre français a presque systématiquement été moins mentionné que celui de Donald Trump – l’exception notable restant l’année 2020, lors de laquelle Edouard Philippe et Jean Castex ont bénéficié d’une importante exposition médiatique en raison de la pandémie de Covid-19. Les deux premières années de son mandat, le milliardaire disposait même d’environ 80 % d’apparitions médiatiques supplémentaires que le chef du gouvernement français.

    Si on s’intéresse à l’année écoulée, les choses semblent légèrement plus équilibrées. Lors des six premiers mois de 2024, Gabriel Attal a été plus régulièrement évoqué dans les médias audiovisuels français que Donald Trump, alors simple candidat républicain à l’élection présidentielle. Les choses semblent s’inverser à partir du mois de juillet : Attal étant en sursis à la suite de la dissolution, et Trump ayant survécu à une tentative d’assassinat le 13 juillet, le futur président américain commence à accroître sa présence médiatique dans l’Hexagone.

    Celle-ci semble nettement plus faible que celle des différents Premiers ministres à l’automne, mais attention aux effets d’échelle : on dénombre tout de même près de 9 000 occurrences du nom « Donald Trump » sur le seul mois de septembre, tandis que le nombre moyen d’occurrences mensuelles en 2020 – une autre année électorale – était d’environ 5 400.

    Pour le moment, l’INA n’a pas rendue accessible l’analyse au-delà du 31 décembre 2024, mais les chiffres à venir promettent certainement de nouvelles surprises. Quel nouveau bouleversement planétaire mijote dans l’esprit de Donald Trump ? Et quand la prochaine nouvelle percutante viendra-t-elle percuter notre Vieux Continent ? Seules le savent les âmes qui arpentent les couloirs de la Maison-Blanche.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-omnipresent-dans-les-medias-francais-ces-infographies-qui-en-disent-long-MYHW3QROWBBY3AAKUQNNA5Y57E/

    Author : Mathias Penguilly

    Publish date : 2025-02-06 06:00:00

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  • Algérie : entre le président et l’armée, qui gouverne vraiment le pays ?

    Depuis plusieurs mois, les tensions entre la France et l’Algérie sont au plus haut. Une illustration de la crise globale que traverse Alger ces dernières années, entre affaiblissement sur la scène diplomatique, difficulté économique et contestation du pouvoir en place.

    Nous sommes le 1er novembre 2024, dans les rues d’Alger. Pour célébrer les 70 ans de la guerre d’indépendance contre la France, un impressionnant défilé militaire est organisé. Sous des centaines de drapeaux vert et blanc au croissant de lune rouge, des chars sont alignés. Le président de la République Abdelmadjid Tebboune, 79 ans, souligne l’importance de cette parade : « un anniversaire mémorable incarnant la gloire, la dignité et la fierté. » Le chef de l’Etat passe ensuite les troupes en revue, avec à ses côtés Saïd Chengriha, le chef d’état-major de l’armée, 79 ans lui aussi.

    Quelques semaines plus tard, le 29 décembre, lors du traditionnel discours annuel sur l’état de la nation devant le Parlement, c’est le militaire qui est assis juste en face du président. Les liens entre les deux hommes sont indéniables, mais ces deux scènes interrogent toutes les diplomaties du monde : entre l’élu du peuple et le général, qui est le véritable détenteur du pouvoir en Algérie ?

    Pour aller plus loin

    Algérie : « Tous les ingrédients sont réunis pour que le Hirak reparte »

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    Pierre Vermeren : « Les services français redoutent que l’Algérie bascule dans le chaos »

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    Publish date : 2025-02-06 05:00:00

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  • Le plan de Donald Trump pour supprimer le ministère de l’Education

    Pendant des mois, au cours de sa campagne, Donald Trump a menacé et juré de réformer, une fois réélu, la politique éducative américaine, notamment en supprimant le département de l’Education. « Je veux que les Etats gèrent les écoles », a-t-il répété mardi 4 février depuis le Bureau ovale, où il a signé une nouvelle salve de décrets dans l’après-midi.

    Selon plusieurs articles de la presse américaine, dont The Washington Post, « ce travail est déjà en cours ». Si à long terme, Donald Trump semble vouloir fermer définitivement le ministère de l’Education, à court terme, en attendant le feu vert du Congrès notamment, il est déjà en train de le démanteler. Plus précisément, selon le site Politico, un décret que s’apprêterait à signer Donald Trump ordonnerait au département d’élaborer un plan pour réduire ses fonctions. Ce décret devrait également lui demander de répertorier un ensemble de lois nécessaires pour déléguer ses pouvoirs à d’autres agences étatiques, en vue d’une fermeture. Un responsable de la Maison-Blanche a confirmé au Washington Post que Donald Trump « se prépare à prendre des mesures plus tard ce mois-ci qui permettront de respecter l’engagement de campagne de démanteler le ministère ».

    Pas de suppression sans l’accord du Congrès

    Interrogé mardi sur la manière dont il comptait procéder, le président américain a répondu qu’ »il faudrait travailler avec le syndicat des enseignants, parce que c’est le seul à s’y opposer ». Mais surtout qu’il pensait « travailler avec le Congrès ». Et pour cause : sans l’accord de ce dernier, le milliardaire républicain ne peut pas abolir le ministère de l’Education. Or, selon la presse, un tel accord est peu probable. Car la législation exigerait une majorité de 60 voix au Sénat, ce qui signifie qu’au moins sept démocrates devraient soutenir le plan de suppression du ministère de Donald Trump, ce que de nombreux observateurs jugent inconcevable.

    En attendant, le démantèlement aurait donc déjà débuté. « La nouvelle administration a déjà tenté de réduire l’effectif en mettant des dizaines d’employés en congé administratif et en faisant pression sur le personnel pour qu’il démissionne volontairement », souligne ainsi The Washington Post. Le quotidien rapporte par ailleurs que le ministère fait l’objet d’une évaluation de la commission pour l’efficacité gouvernementale, connue sous le nom de DOGE et pilotée par Elon Musk, devenu un proche de Donald Trump, qui a entre autres annoncé la fermeture de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

    Leur objectif : réduire les dépenses et le personnel ainsi que lui retirer certaines attributions. Dans le projet de Donald Trump pour 2025, « le plan conservateur pour un second mandat de Trump », il est par exemple mentionné que le programme de prêts aux étudiants soit transféré au ministère du Trésor et que l’application des droits civils soit transférée au ministère de la Justice. Mais, même ce genre d’actions nécessiteraient un accord du Congrès, selon le Washington Post. « La loi de 1979 qui a créé le ministère précise que l’organisme ‘doit’ inclure plusieurs de ses principales responsabilités, y compris un Bureau des droits civils et un Bureau de l’enseignement primaire et secondaire », rapporte le quotidien.

    Un ministère trop progressiste

    Si l’ancien président et champion du conservatisme Ronald Reagan n’a pu honorer sa promesse d’abolir le ministère dans les années 1980, « le président Donald Trump réussira », a écrit le patron de Tesla sur son réseau social X. Si Donald Trump veut tant supprimer ce ministère, c’est parce qu’il l’accuse de bénéficier de trop de financements. Les établissements scolaires sont aussi trop progressistes selon lui. La semaine dernière, le républicain a signé des décrets concernant des sujets brûlants en matière d’éducation comme les questions d’ethnie, de genre ou les manifestations sur les campus universitaires.

    La présidente du syndicat des enseignants des établissements publics (NEA), Becky Pringle, a estimé lundi sur X qu’une suppression du ministère toucherait « les plus vulnérables », comme les élèves atteints de troubles de l’apprentissage, ferait « exploser la taille des classes », ou encore « rendrait l’enseignement supérieur plus cher ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-plan-de-donald-trump-pour-supprimer-le-ministere-de-leducation-34X6N3LMPRCLTPVZNK6NIDLIS4/

    Author : Célia Cuordifede

    Publish date : 2025-02-05 13:32:00

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  • Alimentation : le pain, ami ou ennemi de votre santé ?


    Pas mal d’idées reçues circulent autour de nos baguettes: le pain ferait grossir, la mie serait indigeste, la biscotte alliée des régimes, etc. Faut-il vraiment se méfier du pain ou, au contraire, est-il indispensable d’en manger tous les jours? L’Express répond à toutes vos interrogations.

    Le pain fait grossir

    Vrai et faux. Il faut garder en tête que le pain est une source de sucre, essentielle à notre énergie quotidienne. Une baguette de pain contient l’équivalent de 25 carrés de sucre. On doit absorber 50% de glucides par jour (pour une personne ayant besoin de 2000 calories quotidiennes), le pain est donc un apport de sucres qui peut être intéressant, surtout le matin, lorsque l’on est à jeun. Il n’est cependant pas recommandé le soir, lorsque nos dépenses énergétiques baissent. La baguette classique peut faire grossir car elle est faite de farines blanches qui ont un index glycémique haut, ce qui signifie que les sucres passent très rapidement dans le sang. Le corps va devoir stocker cette surcharge de sucres sous forme de graisse.

    A l’inverse, plus les sucres contenus dans le pain sont complexes, meilleur il est pour la santé. Pour cela, il faut choisir des farines contenant des fibres qui ralentissent l’absorption de sucres et évitent la prise de poids, comme le pain complet.

    Ce que l’on met dessus (confiture, beurre, miel ou fromage) a bien sûr une incidence. Cela change les apports caloriques. Dans le cadre d’une alimentation minceur, on choisira du fromage de chèvre au petit déjeuner, pour apporter des protéines et du calcium (plus que le beurre) et obtenir un effet rassasiant.

    Le pain favorise la rétention d’eau

    Faux. Tout dépend de la quantité ! Le pain contient du sel. La teneur en sel du pain peut favoriser la rétention d’eau si sa consommation est excessive. Cependant, dans des quantités raisonnables (environ 75 grammes par jour), cet effet est négligeable.

    Les biscottes aident à maigrir

    Faux. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les biscottes sont souvent plus caloriques que le pain, car elles sont dépourvues d’eau et plus concentrées en sucres. Il faut par conséquent en consommer plus que du pain pour être rassasié. Puis, la surcuisson d’un aliment comme le pain augmente son index glycémique car la chaleur déstructure les molécules de sucre. Le sucre contenu dans la biscotte passe très vite dans le sang, et le corps va gérer ce trop-plein en le stockant. Pour un petit-déjeuner équilibré, préférez une tranche de pain complet avec un peu de fromage frais.

    Non, les biscottes ne font pas maigrir : plus caloriques que le pain, elles augmentent la glycémie et favorisent le stockage des sucres.

    Le pain est meilleur que les céréales du petit déjeuner

    Vrai. Les céréales industrielles, même dites « diététiques », sont souvent très riches en sucres ajoutés. Si vous voulez vraiment manger quelque chose d’équilibré le matin, mieux vaut ne pas se tourner vers les céréales de petit déjeuner et encore moins celles qui sont destinées aux enfants, trop sucrées. Une tranche de pain complet accompagnée d’une source de protéines et de bon gras est une option plus saine et rassasiante.

    Il faut manger du pain tous les jours

    Faux. On peut se passer de pain au quotidien, mais on a besoin de source de sucre pour la journée, car le cerveau se nourrit à 100% de sucres. Il peut être remplacé par d’autres féculents comme les légumineuses ou les pommes de terre. Varier ses sources de glucides est essentiel pour une alimentation équilibrée.

    Il ne faut pas manger plus de deux tranches de pain par jour

    Faux. On peut en manger jusqu’à 100 grammes par jour, soit 4 tranches de 25 grammes. Tout dépend de la composition de vos repas: si vous mangez des protéines et des légumes aux autres repas de la journée, vos apports seront équilibrés.

    Tous les pains se valent

    Faux. Les pains à base de farine complète ou semi-complète (T80 ou plus) sont plus riches en fibres, minéraux et vitamines que la baguette traditionnelle. Si possible, choisissez du pain bio pour éviter les pesticides souvent présents dans les farines non biologiques.

    Le pain, c’est bon pour le transit

    Vrai, mais tout dépend du type de pain. Ce sont principalement les fibres qui vont réguler votre transit. Or on en trouve beaucoup plus dans les pains complets que dans la baguette. Attention au pain de seigle dont les fibres peuvent être irritantes pour le côlon : elles ne sont pas très digestes et peuvent créer des ballonnements.

    Certains pains contiennent de la fibre de betterave, encore plus riche en fibres que la farine complète et très favorable à un transit serein.

    Le pain est un bon apport de sucres lents

    Faux pour la baguette, vrai pour le pain complet. C’est principalement grâce aux fibres contenues dans la farine que le pain peut se classer ou non dans la catégorie « sucres lents »: plus la farine est complète, meilleur est l’apport en sucres lents. Si vous mangez de la baguette, c’est un apport de sucres rapides, comme un banal morceau de sucre.

    Mieux vaut manger du pain aux céréales

    Vrai. Il y a plus de fibres dans un pain aux céréales que dans la baguette, même si les fibres ne sont pas de la même qualité que dans un pain complet. Le pain aux céréales contient également plus de magnésium que dans le pain classique, même si c’est en proportions modestes.

    Le pain aux céréales, un allié nutritionnel à privilégier ?Le pain aux céréales, un allié nutritionnel à privilégier ?

    Le pain au levain, c’est meilleur

    Vrai. La croûte, plus cuite, est généralement plus digeste que la mie. En revanche, les pains très blancs peuvent provoquer des ballonnements chez certaines personnes sensibles.

    La croûte, c’est indigeste

    Faux. Plus la pâte est cuite, plus elle est digeste, car la cuisson aide au travail de l’estomac. Au contraire, le pain blanc ou la mie peuvent provoquer des ballonnements car ils sont moins cuits.

    Le pain bio, c’est coûteux mais c’est meilleur

    Vrai. Le pain bio artisanal fait par un boulanger de quartier avec des farines biologiques est obligatoirement fabriqué sans conservateurs, ce qui explique que le pain durcisse rapidement, en 2 jours environ. A l’inverse, le pain biologique industriel contient des conservateurs pour le préserver sur le long terme. Ils sont de surcroît enveloppés dans des emballages d’atmosphère modifiée pour empêcher le développement des bactéries, ce qui modifie le goût et la qualité du pain.

    Le pain sans gluten, c’est meilleur pour la santé

    Faux. Le pain sans gluten contient souvent des additifs et des farines riches en sucres rapides. La farine de maïs est beaucoup plus riche en sucres que celle de blé. Si vous êtes intolérant ou allergique au gluten, mieux vaut vous tourner vers le fait maison avec de la farine de riz complet par exemple, cela sera meilleur d’un point de vue diététique, mais pas terrible au niveau de la texture, qui sera un peu sèche et friable.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/alimentation-le-pain-ami-ou-ennemi-de-votre-sante-4FJ555OB3RDKJMRJCH4GTPYJ5M/

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    Publish date : 2025-02-05 14:01:00

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  • Compléments alimentaires : arnaque ou réel intérêt pour la santé ?


    Être en meilleure forme, avoir de beaux cheveux, améliorer les défenses naturelles… Véritable allié pour combler certaines carences ou simple tendance à la mode ? Les compléments alimentaires suscitent autant d’espoirs que de débats. Quels sont leurs bienfaits réels, leurs risques potentiels, et comment bien les choisir ? L’Express fait le point.

    Les compléments alimentaires connaissent un succès grandissant : en France, près d’une personne sur quatre y a recours. Entre promesses d’énergie retrouvée, de beauté sublimée ou d’immunité renforcée, ces produits sont omniprésents dans les rayons des pharmacies et sur Internet. Mais que faut-il vraiment en penser ? Sont-ils nécessaires, voire sans danger ?

    Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?

    Selon la définition légale, il s’agit de « denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique, seuls ou combinés ». Vendus sans ordonnance, sous la forme de gélules, pastilles, comprimés, ampoules ou encore sachets de poudre, les compléments alimentaires se prennent par voie orale.

    Les compléments alimentaires, une source concentrée de nutriments pour compléter l’alimentation, mais sans effet thérapeutique.

    Malgré certaines ressemblances – commercialisation sous forme de doses, à la pharmacie-, ces produits ne sont pas des médicaments, et ne peuvent pas revendiquer d’effet thérapeutique. D’ailleurs, ils dépendent du code de la consommation: la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) reçoit les déclarations de mise sur le marché et effectue des contrôles, comme elle le fait pour les autres denrées alimentaires. Les boîtes doivent donc mentionner certaines indications obligatoires, comme le nom des catégories de nutriments, la portion journalière recommandée, et divers avertissements, notamment pour éviter que les compléments alimentaires se substituent à une alimentation équilibrée.

    De quoi sont-ils composés ?

    Les compléments alimentaires peuvent contenir des nutriments (vitamines, minéraux), des substances à but physiologique (comme les probiotiques par exemple), des plantes (vigne rouge, bourrache…) ou encore des champignons, mais aussi des additifs ou des arômes. La loi liste les composants autorisés en France et/ou en Europe.

    A quoi servent les compléments alimentaires ?

    La science démontre qu’une alimentation équilibrée suffit à couvrir les besoins de la majorité des individus. Toutefois, dans certains cas, ils peuvent se révéler précieux :

    Pour les femmes enceintes : l’acide folique (vitamine B9) prévient certaines malformations fœtales.Pour les végétaliens : la vitamine B12, absente des régimes strictement végétaux, est indispensable.En hiver ou en cas de carence diagnostiquée : la vitamine D, souvent insuffisante dans les zones peu ensoleillées.Pour les personnes âgées : certains compléments (comme le calcium ou le magnésium) peuvent pallier des apports insuffisants.

    Cependant, le recours à ces produits doit toujours s’appuyer sur un diagnostic précis et des recommandations médicales.

    Que disent les études ?

    Malgré leur popularité, les compléments alimentaires ne sont pas sans risques. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a mis en place un système de nutrivigilance pour surveiller les effets indésirables. Sur 1500 signalements répertoriés, la majorité concernait des troubles digestifs, des réactions cutanées ou des interactions avec des médicaments.

    Quelques exemples de précautions à prendre :

    Attention au surdosage : un excès de vitamines ou de minéraux peut être toxique (par exemple, trop de fer peut endommager le foie).Interactions médicamenteuses : le millepertuis peut réduire l’efficacité de certains traitements (contraceptifs, anticoagulants).Produits non conformes : certains compléments achetés en ligne peuvent contenir des substances interdites ou être mal dosés.

    Compléments alimentaires : efficaces, mais à quel prix ?
Troubles digestifs, interactions médicamenteuses, risques de surdosage… L’Anses alerte sur les effets indésirables liés à leur consommation. Mieux vaut être informé avant d’acheter.Compléments alimentaires : efficaces, mais à quel prix ?
    Troubles digestifs, interactions médicamenteuses, risques de surdosage… L’Anses alerte sur les effets indésirables liés à leur consommation. Mieux vaut être informé avant d’acheter.

    Capsules et gélules : un risque pour la santé ?

    Les capsules et gélules sont généralement fabriquées à partir de gélatine ou d’enveloppes végétales, des matériaux soumis à des normes strictes dans l’industrie pharmaceutique et nutraceutique. Leur innocuité dépend toutefois de plusieurs facteurs, notamment la nature des ingrédients qu’elles contiennent. Par exemple, les acides gras polyinsaturés sont particulièrement sensibles à l’oxydation sous l’effet de la lumière et de l’air, ce qui impose l’utilisation de contenants opaques ou colorés pour préserver leur stabilité. De plus, certains additifs utilisés dans les enveloppes peuvent interagir avec les actifs qu’ils renferment, affectant ainsi leur efficacité ou leur conservation.

    Comment bien les choisir ?

    Pour faire un choix éclairé :

    Consultez un professionnel de santé (médecin, diététicien).Privilégiez les produits vendus en pharmacie.Vérifiez les labels et la provenance des ingrédients.Respectez les doses recommandées et lisez les étiquettes attentivement.

    Quelles précautions prendre avant d’en prendre ?

    L’Anses recommande « d’éviter des prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année de compléments alimentaires sans s’entourer des conseils d’un professionnel de santé ». Mieux vaut lire attentivement les étiquettes, respecter les précautions d’emploi, et consulter dans tous les cas un médecin, un diététicien ou un pharmacien. En cas d’effet indésirable, il faut aussi se tourner vers un professionnel, qui les signalera à l’Anses.

    Il est également conseillé d’acheter les compléments alimentaires en pharmacie, et non pas sur d’obscurs sites Internet étrangers, qui proposent potentiellement des substances interdites par la législation française. D’une manière générale, mieux vaut réserver la consommation de compléments à des situations particulières de déficit avéré, et plutôt miser sur une alimentation équilibrée dans la vie de tous les jours.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/complements-alimentaires-arnaque-ou-reel-interet-pour-la-sante-UJL4O25KZZDXZMQNBNKIRLC6H4/

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    Publish date : 2025-02-05 15:30:00

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  • CIA : le grand ménage de Donald Trump pour réformer le service secret américain

    C’est l’agence que l’on pensait à l’abri des licenciements massifs d’employés fédéraux voulus par Donald Trump, au vu de son importance pour la sécurité américaine. Et pourtant : mardi 4 février, l’ensemble des fonctionnaires de la Central Intelligence Agency (CIA), chargés des renseignements extérieurs américains, ont reçu l’annonce d’un plan de départs volontaires, annonce le Wall Street Journal. Une mesure vue comme une stratégie du nouveau président américain pour refonder le service secret américain pour l’adapter à sa nouvelle politique étrangère, axée sur la guerre commerciale avec la Chine.

    Les employés qui accepteraient de partir maintiendraient leur salaire et avantages sociaux pendant huit mois. Les embauches en cours ont, quant à elles, été gelées. L’annonce intervient alors que Donald Trump entreprend de réduire les effectifs du gouvernement fédéral. Plus tôt, des milliers de fonctionnaires de l’Usaid, chargée de l’aide au développement à l’étranger, ont été informés qu’ils seraient mis à la porte dès vendredi.

    « Une purge »

    « Des responsables de l’administration Trump ont déclaré que ce plan de départs avait également pour but de signaler à ceux qui s’opposent à son programme qu’ils devraient chercher du travail ailleurs », rapporte le WSJ. Une opération qualifiée de « purge » par les opposants au président républicain, visant à remodeler l’agence pour l’adapter à ses priorités extérieures : la lutte contre les cartels de drogue et la guerre commerciale agressive envers la Chine.

    Quitte à cibler des pays qui n’étaient pas, jusqu’ici, désignés comme des ennemis par les Etats-Unis, à l’image du Mexique. Donald Trump pourrait vouloir espionner son gouvernement afin d’obtenir un pouvoir supplémentaire dans les négociations commerciales.

    Virage politique

    « Certains responsables de la sécurité nationale dans l’entourage de Trump estiment en effet que la CIA s’est, ces dernières années, trop concentrée sur l’analyse, au détriment de la collecte clandestine de renseignements et de la conduite d’opérations secrètes », indique pour sa part CNN.

    Les préoccupations du service secret américain envers la Chine ne sont en réalité pas nouvelles. Alors que l’agence avait fait de la lutte antiterroriste sa cible principale après les attentats du 11 septembre, elle opère depuis plusieurs années un recentrage sur Pékin, considéré par les responsables de la sécurité comme la plus grande menace à long terme pour Washington. La politique profondément anti-chinoise de Donald Trump devrait venir renforcer cette tendance.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/cia-le-grand-menage-de-donald-trump-pour-reformer-le-service-secret-americain-JZACLZV6UVHC3GTNVKNDNJEUP4/

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    Publish date : 2025-02-05 15:57:00

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  • Guerre en Ukraine : « Vladimir Poutine souhaite que son seul interlocuteur soit Donald Trump »

    Bientôt trois ans. Trois ans que les chars de l’armée du Kremlin ont envahi l’Ukraine en pleine nuit, le 24 février 2022. Vers 4 heures du matin, Vladimir Poutine annonçait le début d’une opération militaire pour « défendre les séparatistes dans l’est du pays », appelant les militaires ukrainiens à « déposer les armes ». Quelques heures plus tard, des explosions retentissaient dans le pays. Depuis, les espoirs de paix n’ont cessé de s’éloigner… jusqu’à ce mardi 4 février 2025.

    Interrogé par présentateur britannique Piers Morgan sur la possibilité de négocier avec son homologue russe, Volodymyr Zelensky a répondu que celui-ci le ferait « si c’est la seule configuration dans laquelle nous pouvons apporter la paix aux citoyens de l’Ukraine et ne plus perdre de gens ». Si le président ukrainien « veut participer à des négociations », il souhaite entre autres, « choisir les personnes » qui les mèneront. L’Union européenne, les Etats-Unis, ainsi que les principaux intéressés, l’Ukraine et la Russie, seraient ainsi conviés à la table des négociations. Seul bémol : pour le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, le maître du Kremlin ne s’assiéra à cette table qu’a une seule condition : la capitulation de son ennemi.

    L’Express : Volodymyr Zelensky a longtemps refusé les pourparlers avec Vladimir Poutine. En octobre 2022, il avait même interdit par décret toute négociation tant que son homologue russe serait au pouvoir. Comment expliquer aujourd’hui un tel revirement de situation ?

    Jérôme Pellistrandi : Il n’a pas le choix. Volodymyr Zelensky sait que son peuple est épuisé après trois ans de guerre. Il doit trouver une solution diplomatique et craint que celle-ci se fasse par-dessus l’Ukraine, c’est-à-dire, dans un dialogue entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

    Peut-on considérer cela comme un aveu de faiblesse du président ukrainien ou une adaptation pragmatique à la situation actuelle ?

    Plutôt une adaptation pragmatique. Volodymyr Zelensky sait qu’il faut entamer des négociations parce que l’Ukraine ne peut pas tenir indéfiniment. En rajoutant, bien sûr, l’incertitude américaine. Il est d’ailleurs important, pour nous, Européens, d’être présents à la table pour éviter le partage du gâteau entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Cela serait très inquiétant si nous n’étions pas présents aux négociations. D’où le pragmatisme de Volodymyr Zelensky. Il s’impose et rappelle que les pourparlers doivent être effectués à quatre : entre l’Ukraine, la Russie, l’Union Européenne et les Etats-Unis. D’une certaine façon, le président ukrainien met Vladimir Poutine en porte-à-faux puisque ce dernier le considère comme illégitime. Une photo des deux dirigeants autour de la table serait humiliante pour le maître du Kremlin. Il veut être sur un pied d’égalité avec Donald Trump. Voilà l’obsession de Vladimir Poutine.

    Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a-t-il motivé l’Ukraine à vouloir négocier ?

    Oui, mais même si Kamala Harris avait remporté l’élection américaine, le rapport de force serait resté en faveur de la Russie. C’est-à-dire que même si l’aide américaine se poursuivait, l’Ukraine ne serait, de toute façon, pas en mesure de récupérer les territoires occupés.

    Le Kremlin exige des concessions de la part de l’Ukraine. Y a-t-il un espace réaliste pour un compromis entre les deux parties ?

    Voilà toute la difficulté. Vladimir Poutine ne parle que des concessions que l’Ukraine doit faire, et jamais de ce que la Russie pourrait accepter. Du côté de Moscou, la condition préalable à d’éventuelles négociations est que Volodymyr Zelensky affirme qu’il a perdu la guerre. Ce qui n’est pas le cas. Vladimir Poutine veut absolument la victoire. D’autant plus qu’il va y avoir le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il veut prendre sa revanche, apparaître comme celui qui a gagné la guerre et qui redonne à la Russie sa grandeur.

    L’Ukraine pourrait accepter une sorte de gel, en disant que les territoires sous occupation russe sont une frontière gelée, mais elle n’acceptera pas une défaite. Puisque même si elle est sur la défensive, qu’elle perd régulièrement du terrain, elle n’a pas perdu la guerre. Il n’y a pas la percée décisive de Vladimir Poutine. C’est du grignotage mètre carré par mètre carré, ce qui n’a aucun sens sur le plan militaire puisque cela peut durer. En plus, si elle acceptait que les 20 % de territoires occupés par la Russie soient sous contrôle russe, cela engendrerait un véritable tremblement de terre diplomatique puisque cela signifierait que l’on peut reconquérir des territoires par la force.

    Dans le contexte actuel, l’Ukraine a-t-elle réellement les moyens d’engager des discussions sur un pied d’égalité avec la Russie ?

    C’est en tout cas ce que considère Volodymyr Zelensky. Vladimir Poutine, lui, n’estime pas être sur un pied d’égalité et souhaite que son seul interlocuteur soit Donald Trump. Il veut un dialogue exclusivement bilatéral qui imposerait à l’Ukraine un certain nombre de contraintes. C’est la raison pour laquelle, en disant qu’il est prêt à négocier, Zelensky inverse les rôles et montre que c’est désormais la Russie qui doit répondre aux attentes. En quelque sorte, si Poutine n’est pas prêt à accepter un compromis, ce sera lui, aux yeux des opinions publiques, ukrainienne et internationale, qui aura refusé de mettre un terme à cette guerre.

    L’opinion publique ukrainienne est-elle prête à accepter des concessions après trois ans de guerre et d’immenses sacrifices ?

    Oui. À condition d’avoir une garantie de sécurité. Je vais prendre un exemple très concret. Vous avez une grande propriété que vous ne pouvez plus entretenir, vous en cédez une partie. La contrepartie est que vous pouvez sauvegarder le reste. Voilà le marché, en quelque sorte. Mais la Russie n’est pas prête à accepter la présence de forces occidentales et européennes en Ukraine pour préserver les 80 % du territoire restant et dissuader toute nouvelle agression. Nous sommes dans une forme d’impasse stratégique puisque Vladimir Poutine n’est pas dans une logique de négociation avec des concessions mutuelles, mais dans une logique de capitulation de Volodymyr Zelensky. Si je suis obligé de céder les 20 % du territoire, de réduire mon armée à 80 000 hommes, que je n’ai pas de garantie réelle de sécurité à part quelques observateurs sur la ligne de front, là, l’Ukraine aurait perdu. Dans ce cas-là, c’est toute l’Europe qui aurait perdu face à Vladimir Poutine.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-vladimir-poutine-souhaite-que-son-seul-interlocuteur-soit-donald-trump-X5JIF42KUNCAFATA4Y2KWXKAUA/

    Author : Aurore Maubian

    Publish date : 2025-02-05 17:17:00

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  • Non-censure du gouvernement Bayrou : LFI prêt à acter la rupture avec le PS

    « Une interruption par le Parti socialiste du Nouveau Front populaire » : c’est ainsi que La France Insoumise a qualifié, mercredi 5 février, la décision des socialistes de ne pas voter la motion de censure à l’encontre du Premier ministre François Bayrou, autour du budget 2025. Le projet de loi finances, sur lequel le gouvernement a engagé, lundi, sa responsabilité via l’article 49.3, est qualifié de « budget le plus austéritaire depuis 25 ans », par la formation politique. Face à ce qu’ils considèrent comme une trahison, les Insoumis vont convoquer « une réunion » avec le reste des partis du NFP.

    Le NFP « ne peut pas réunir à la fois des forces d’opposition unies contre le gouvernement et l’un de ses soutiens », accuse LFI dans un communiqué, en ciblant par cette formule le PS. « Le mouvement insoumis proposera une rencontre à chaque parti du Nouveau Front populaire qui a voté la censure pour faire le point et poursuivre sur la base d’un rassemblement loyal et clairement dans l’opposition au macronisme », poursuit le mouvement de gauche radicale.

    Le patron du Parti socialiste Olivier Faure a, quant à lui, répondu à LFI que le Nouveau Front populaire « continuera à exister tant qu’il y aura la volonté de battre l’extrême droite », qualifiant sur BFMTV de « numéro de claquettes » les déclarations du parti de Jean-Luc Mélenchon.

    Olivier Faure (PS): « Jean-Luc Mélenchon n’est pas le chef du Nouveau Front populaire » pic.twitter.com/mM2QjQj61V

    — BFMTV (@BFMTV) February 5, 2025

    Seuls 128 députés ont approuvé mercredi soir la motion de censure déposée par des élus LFI, communistes et écologistes. Ce faisant, le budget pour l’année 2025 a été adopté par l’Assemblée nationale. Six des 66 députés socialistes ont voté la censure, contre l’avis de leur groupe, contre 37 des 38 députés écologistes et 15 des 17 élus du groupe des communistes et ultramarins.

    « Pas d’alliance aux prochaines législatives »

    « La France insoumise convoque une réunion de sa coordination nationale et de son intergroupe parlementaire à l’issue de cette séquence pour tirer les conséquences politiques des votes », précise par ailleurs La France insoumise, qui a déjà menacé de présenter des candidats face aux députés socialistes sortant n’ayant pas voté la censure aux prochaines élections législatives.

    Écologistes et communistes ont déjà annoncé que la décision du PS, bien que différente de la leur, ne représentait pas un casus belli pour eux pour autant. La suite du NFP « dans sa forme actuelle dépend donc entièrement du fait que le Parti socialiste revienne dans l’opposition et la lutte unie contre le gouvernement en votant les motions de censure » qui seront examinées après l’usage par François Bayrou du 49.3 pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale, indiquent encore les Insoumis.





    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/non-censure-du-gouvernement-bayrou-lfi-pret-a-acter-la-rupture-avec-le-ps-DMTPHJGXM5CR5MYQGE6Y554654/

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    Publish date : 2025-02-05 18:50:00

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  • « Ce n’est pas Bardella qui va m’empêcher de venir » : dans les coulisses du déjeuner des best-sellers de L’Express

    Vendredi 31 janvier, les coups de fil pleuvent, les éditeurs s’inquiètent, Jordan Bardella serait invité lui aussi au déjeuner des best-sellers de L’Express organisé au Royal Monceau, avenue Hoche, et, « pire », présent sur « la photo de famille » traditionnelle, celle qui compte, nous disent-ils, aux yeux de leurs auteurs, celle qui vient confirmer la qualité de leur œuvre plébiscitée par le grand public. Oui, Jordan Bardella est bien convié, nous ne trafiquons pas le palmarès de l’année délivrée par Edistat (que nous dévoilons toujours le jour du déjeuner), et le livre du président du Rassemblement national, Ce que je cherche (Fayard), publié le 9 novembre, se situe à la 18e place des meilleures ventes de l’année avec près de 190 000 exemplaires à ce jour (175 000 en 2024).

    C’est un fait, nous ne censurons aucun best-seller, essai comme fiction. En 2015, Éric Zemmour était bel et bien présent lui aussi à nos agapes de l’édition pour Le Suicide français (Albin Michel)- faut croire qu’à l’époque il sentait moins le soufre. Tout comme Philippe de Villiers, invité pour Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (Albin Michel) en 2016, Christiane Taubira en 2017 pour Murmures à la jeunesse (Philippe Rey) ou encore François Hollande en 2019 pour Les Leçons de pouvoir (Stock). Etre sur la photo avec Bardella alors que l‘élection présidentielle est dans deux ans, nos auteurs ne vont jamais l’accepter, clament en substance quelques éditeurs.

    Lundi 3 février. La nouvelle tombe, le député européen sera bel et bien sur le cliché, le climat ne s’apaise pas. Les désistements se multiplient, entre celui qui ne viendra pas du tout et celui qui se restaurera sans passer par la case photo. En tout état de cause, le phénoménal Philippe Boxho, auréolé de ses trois best-sellers (Les Morts ont la parole, Entretien avec un cadavre, La Mort en face, Kennes), pourra prêter main-forte… on a toujours besoin d’un médecin légiste belge. Il sera épaulé par sa compatriote Amélie Nothomb, recordwoman absolue des déjeuners de L’Express, et présente cette année avec L’Impossible retour (Albin Michel). Exit, donc, Kamel Daoud, Joël Dicker, Gaël Faye, Philippe Collin, les premiers de notre liste, dont les ventes en 2024 se sont envolées à plus de 240 000 exemplaires, auxquels se rajoutent, mardi 4 février, Mélissa Da Costa, Valérie Perrin, Thomas Schlesser, Miguel Bonnefoy… Dans l’après-midi, nouvelle alerte rouge, sur le site de Libération, surgit un article évoquant les renoncements de certains auteurs. C’est fou comme ce papier et l’épidémie de grippe font des ravages en cette fin de journée. Reste plus qu’à déchirer les plans de table, minutieusement dosés, et à les recomposer, tout aussi minutieusement, avant de les recombiner…

    « C’est merveilleusement intime »

    Mercredi 5 février : Après Libération, France Inter et La Lettre tiennent à informer leurs lecteurs des désistements des écrivains. On n’a jamais autant parlé (en amont) du déjeuner des best-sellers de L’Express ! Finalement, la photo, si elle a lieu, s’effectuera dans un petit salon, la direction du Royal Monceau refusant, « par mesure de sécurité » la prise de vue en bas du grand escalier de l’entrée. 12h20 : sur le pavé, les journalistes de BFMTV et de Quotidien affûtent leurs caméras et micros. Pas sûr qu’ils récoltent beaucoup de grain à moudre. De notre côté, on compte les présents. La décision est prise, il n’y aura pas de photo de groupe, qui, vu le nombre de participants, ressemblerait à un petit regroupement familial autour de Jordan Bardella – ce que ne souhaiteraient, certainement pas, Amélie Nothomb, Maxime Chattam, Philippe Boxho, Jean-Baptiste Andrea, David Foenkinos et Laura Swan.

    Petit à petit, les éditeurs apparaissent, après avoir grimpé à l’étage du palace parisien. Chacun y va de son mot : Denis Olivennes, le président d’Editis, rigolard, « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé », Olivier Nora, le patron de Grasset, plus sombre, « Il y a tellement de choses plus graves dans ce monde, comme les déclarations de Trump sur Gaza ».

    A propos du président américain, Amélie Nothomb joue de son humour belge : « Vous auriez invité Trump, c’était pareil, je serais venue ; cela fait vingt-cinq ans que je participe au déjeuner, ce n’est pas Bardella qui va m’empêcher d’assister à celui-là ». Et de poursuivre, coupe de (très bon) Moët à la main et sourire aux lèvres, « c’est merveilleusement intime. » Tout en nous confiant que le matin même, son éditeur Albin Michel a reçu moult mails de ses lecteurs la pressant de ne pas se rendre avenue Hoche. Une fois à table, l’auteure de Stupeur et tremblements se fait plus tranchante : « Quelle faiblesse ! On n’est pas libre, si l’on n’est pas capable de croiser quelqu’un qu’on déteste. Mon père était diplomate, il a reçu Mao Zedong ou encore Berlusconi à la maison, cela fait partie de la vie. Bande de chochottes ! » David Foenkinos surgit alors, s’esclaffant, « vous avez vu le nom du Côtes-du-rhône servi, ‘Chute Libre !’ » et de repartir à sa table.

    Avant que la cinquantaine de convives s’attaquent au saumon fumé, suivi d’un suprême de volaille et d’une tartelette à la poire, le directeur de la rédaction Eric Chol rappelle l’historique du déjeuner, les différentes personnalités politiques conviées les années précédentes… et salue la mémoire de la très regrettée Sophie Charnavel, l’éditrice de Robert Laffont, décédée le 16 septembre 2024 à l’âge de 47 ans. Anne Rosencher, la directrice déléguée, rend hommage au franco-algérien Boualem Sansal : « Le 16 novembre, le régime d’Alger a emprisonné un écrivain pour ce qu’il avait dit. Face à cet énoncé simple, qui devrait faire se dresser n’importe quel esprit libre, certains se taisent ou chipotent. Ils n’aiment pas Boualem Sansal, libre à eux. Ils n’aiment pas qu’il ait employé tel terme, défendu tel concept, parlé dans tel média, qu’ils le combattent, en homme libre. Mais quand un écrivain est emprisonné, on ne chipote pas. Quand sa voix est tue, on parle pour lui. »

    On est aussi sérieux à la table de Jordan Bardella, composée de son éditeur, Nicolas Diat, et de journalistes de L’Express. Ses lectures du moment ? La Femme de ménage (J’ai lu), de Freida McFadden, dont il a d’ailleurs jugé le début « vraiment pas mal » avant de conclure qu’il s’agissait plutôt d’un roman pour adolescent de 17 ans. « Mes écrivains à moi sont morts », fanfaronne-t-il. Et quid de ce monde littéraire qui le dédaigne ? Il « s’en contrefout ». Lui n’a pas connu le temps de la diabolisation de son parti ; à 29 ans, le président du Rassemblement national assure qu’il peut échanger avec des grands patrons comme avec un ancien Premier ministre, donc ces auteurs qui le fuient… « Ils sont snobs », évacue-t-il. Et compte tenu du nombre de lecteurs et d’électeurs qu’il a rassemblés lors des dernières élections européennes, il suppose qu’il a, avec ces romanciers qui refusent de le croiser, un public commun. Jordan Bardella fait de la politique, il sait que ces défections, ces absences, lui serviront à nourrir le discours sur son appartenance à la marge. Ni lui, ni Marine Le Pen, n’appartiennent au « système », qu’il soit politique ou médiatique. Et pouvoir en faire la démonstration reste essentiel, c’est la clef de leur succès.

    « C’est quelqu’un de très bien élevé, en fait »

    A proximité, certains éditeurs ne peuvent pas s’empêcher de glisser un œil sur la table de Jordan Bardella. Leur conversation tourne autour de cette question centrale : faut-il publier ces figures d’extrême droite ? Un éditeur raconte qu’il a eu entre les mains les mémoires de Jean-Marie Le Pen mais qu’il n’a pas trouvé le texte suffisamment intéressant pour donner suite. Une autre se souvient d’un coup de téléphone pour lui proposer le livre de Marine Le Pen, qu’elle a refusé sans même le regarder parce que ce n’était pas sa ligne éditoriale. Un dernier narre avoir voulu publier un personnage sulfureux d’un autre genre et d’en avoir été retenu par les gens de sa maison d’édition. « Quand vous avez 90 % des gens contre vous, c’est impossible », lâche-t-il, un brin dépité mais résigné. Et la discussion de se poursuivre, déjà, sur la rentrée de septembre et sur ces auteurs qu’ils se disputent d’une maison à l’autre.

    Manuel Carcassonne, le directeur général de Stock, ne voit pas si loin, tout excité qu’il est par la parution en avril de L’Invention de Tristan d’Adrien Bosc, récit-enquête sur Tristan Egolf qui devait sortir chez Gallimard mais a été déprogrammé – Tristan Egolf, l’auteur remarqué du Seigneur des porcheries s’est suicidé en mai 2005, à l’âge de 33 ans. Le patron d’Albin Michel Gilles Haéri parle d’économie et de télétravail avec Denis Olivennes, qui est aussi son auteur puisqu’il vient de publier La France doit travailler plus… Susanna Lea, la coéditrice de Marc Levy, couve des yeux sa nouvelle poule aux œufs d’or, Philippe Boxho, dont elle est depuis peu l’agente et dont les droits ont été cédés dans une trentaine de pays dont la Chine ! Un médecin qui ne sera pas sollicité, le déjeuner s’écoulant somme toute très calmement. A tel point qu’en fin de repas, un éditeur confie à son voisin de table à propos de Jordan Bardella : « C’est quelqu’un de très bien élevé, en fait. Il n’a pas cherché à attirer l’attention ». Non, juste à faire de cette 26e édition la plus chaotique et la plus médiatisée de la décennie.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/ce-nest-pas-bardella-qui-va-mempecher-de-venir-dans-les-coulisses-du-dejeuner-des-best-sellers-de-D62WV6A7MJDPNPI3W4H57BHI5Q/

    Author : Marianne Payot, Laureline Dupont, Agnès Laurent, Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2025-02-05 19:29:00

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  • Censurer ou pas le gouvernement Bayrou ? Entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, la guerre des lignes au RN

    Vous avez du mal à suivre les tergiversations des membres du RN concernant le vote, ou pas, de la censure du gouvernement Bayrou ? Rassurez-vous, eux aussi. Mercredi 5 février, le parti d’extrême droite a finalement tenu sa réunion, initialement prévue lundi après-midi, pour clarifier la stratégie du groupe de Marine Le Pen à l’Assemblée vis-à-vis du budget. C’est décidé : les députés RN ne voteront pas la motion de censure déposée par La France insoumise, ni la motion « spontanée » déposée par le Parti socialiste. Si Jordan Bardella l’avait déjà annoncé dans les grandes lignes, ce mardi, au micro de CNEWS, la décision n’a pas coulé de source.

    Reprenons. La semaine dernière encore, le Rassemblement national, qui jurait que ses « lignes rouges » n’avaient pas bougé depuis l’épisode du budget de Michel Barnier, ajoute soudainement plusieurs conditions à sa liste de revendications. Celle, notamment, de ne pas dépasser les 5 % de déficit, alors que le budget est construit sur une hypothèse de 5,4 %. Ou encore celle, plus floue, d’une absence de « vision politique ». Vendredi, lors de la commission mixte paritaire (CMP), c’est Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme chargé de la question du budget au RN, qui sort de son chapeau une nouvelle « ligne rouge » : le maintien de l’article 4 du projet de loi, qui réforme la tarification de l’électricité. « A ce moment-là, Marine Le Pen l’a adoubé, en assurant qu’il avait bien fait de mettre la pression au gouvernement », commente un député RN. Le ton semble donc se durcir à l’égard du gouvernement. Et avec la bénédiction de la patronne. On convient de prendre une décision après le week-end. Une réunion est fixée au lundi 15 heures.

    Deux lignes s’affrontent

    Les députés, eux, ne disposent d’aucune information et rivalisent d’ingéniosité pour recourir à la formule la plus floue. Car deux lignes s’affrontent au sein du parti. Celle, d’abord, des partisans de la censure, portée par Jean-Philippe Tanguy, pour qui le budget de François Bayrou doit être sanctionné, façon aussi de marquer leur place de premier opposant. Ce dimanche, fait rarissime au parti : Tanguy prend même position, au micro de France 3, avant même que le choix ne soit fait par Marine Le Pen et Jordan Bardella : « Je pense que nous devons nous associer à une motion de censure, mais c’est une position personnelle ».

    Problème, le chef de parti appartient au camp adverse, et n’est pas franchement séduit par l’idée de voir le RN s’associer à la motion de censure. « Il estime que le vrai danger d’une censure est qu’on soit perçus comme les responsables du désordre, alors que nous sommes un parti d’ordre, et que les milieux économiques nous le reprocheront », précise un proche ami du président du parti. Le désaccord est révélateur d’une lutte intestine persistante au sein du parti lepéniste entre les représentants d’une ligne plus souverainiste et étatiste, qui gravitent dans l’entourage de Marine Le Pen, et ceux d’une ligne plus libérale et pro-business, dont Jordan Bardella s’est fait le porte-voix depuis les élections européennes du mois de juin. François Durvye, conseiller économique de Marine Le Pen et Jordan Bardella, et bras droit du milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin, s’était notamment prononcé contre la censure, y compris à l’encontre du gouvernement de Michel Barnier.

    « Je sens, pour une fois, un réel désaccord de fond entre eux »

    Mais quid de Marine Le Pen ? « Je sens, pour une fois, un réel désaccord de fond entre eux », commente un fin connaisseur du parti. Mode d’emploi pour régler une divergence au RN : loin des regards, évidemment. Retour à l’Assemblée, ce lundi, où Marine Le Pen et Jordan Bardella déjeunent ensemble pour arbitrer. Le rendez-vous n’est pas concluant. Au parti, on ne lave pas son linge sale en public, y compris si le public est de la maison. On informe donc les députés que la réunion prévue l’après-midi est repoussée au mercredi. Comprendre : la décision sera prise en petit comité, prière de ne pas commenter. Le lendemain, devant CNEWS, les élus frontistes découvrent la position de leur parti : « La question qu’il faut se poser c’est : est-ce qu’au moment où nous parlons, les Français tireraient bénéfice d’une nouvelle censure ? Je crois qu’il faut éviter l’incertitude car il y a beaucoup de chefs d’entreprise, d’agriculteurs, de nos compatriotes qui sont inquiets d’une instabilité qui pourrait s’installer dans la durée. » Tant pis, donc, pour Jean-Philippe Tanguy.

    Mercredi, la décision a été explicitée devant les parlementaires du RN, et ceux du groupe d’Eric Ciotti. La raison : « Ne pas rallonger l’incertitude pour le monde économique », d’autant que le vote serait un « coup d’épée dans l’eau étant donné que le PS a décidé de ne pas voter la censure. » Le nouvel élément de langage est déjà trouvé : « Le Rassemblement national n’est pas une caserne, mais il y règne une discipline de groupe. « Hors micro, les députés RN justifient mollement : « Il faut parfois savoir faire le choix de la raison. » Une fois n’est pas coutume du côté de Marine Le Pen, la discipline a penché, cette fois, en faveur de son aile libérale.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/rn/censurer-ou-pas-le-gouvernement-bayrou-entre-marine-le-pen-et-jordan-bardella-la-guerre-des-lignes-3DLD6E2INJBJLAXG2CUCDU7GEQ/

    Author : Marylou Magal

    Publish date : 2025-02-05 18:26:00

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  • Frédéric Encel : « Faire de Gaza une ‘Riviera’ ? Donald Trump s’adresse en réalité à l’Arabie saoudite »

    Faire de la bande de Gaza une « Riviera » ? Voilà un plan de résolution du conflit israélo-palestinen auquel personne ne s’attendait. Sous l’œil des caméras mardi 4 février, le Premier ministre israélien lui-même semblait décontenancé face à l’idée de Donald Trump de contraindre à l’exode quelque 2 millions de Palestiniens pour construire de « jolies maisons ». Si la proposition a fait bondir les chancelleries occidentales qui, cahin-caha tentent de réagir aux fulgurances du nouveau locataire de la Maison-Blanche, ce pourrait bien être à un autre acteur que Donald Trump s’adresse. Décryptage avec Frédéric Encel, essayiste et géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient, également chroniqueur à L’Express.

    L’Express : Faut-il prendre au sérieux les propositions de Donald Trump sur la bande de Gaza ?

    Frédéric Encel : Le problème avec une personnalité imprévisible, c’est que par définition, on ne sait jamais exactement lorsqu’elle est sérieuse ou si elle dit vrai. Un point important en géopolitique : l’imprévisibilité, soit organisée, soit caractérielle, peut constituer un instrument intéressant de type dissuasif face aux adversaires ou aux alliés qui, ne sachant pas si c’est du lard ou du cochon, pourraient avoir tendance à infléchir leur position sur un certain nombre de dossiers. En l’espèce, Donald Trump n’avait jamais lancé cette proposition proprement hallucinante visant à faire de Gaza une « Riviera », et ainsi, à déplacer l’essentiel de la population palestinienne – soit environ 2 millions de personnes. Donc là, on a vraiment quelque chose de nouveau. Deuxième point, cette proposition est d’autant plus problématique qu’elle est totalement contradictoire et incohérente vis-à-vis de sa propre posture. Voilà un Donald Trump qui, de manière assez constante et cohérente, s’affirme volontiers isolationniste, mais qui propose de prendre le contrôle de la bande de Gaza. On ne parle pas d’un contrôle spirituel et idéologique, il s’agit bien d’un contrôle économique et militaire.

    Justement, quid de l’armée américaine, une telle proposition signifie-t-elle nécessairement l’engagement de soldats à Gaza ?

    Le problème, c’est que s’il en envoyait à Gaza, il serait doublement en contradiction. Primo, parce qu’il ne s’agit pas là d’une histoire objectivement vitale ou existentielle pour la sécurité des Etats-Unis. Deuzio, parce que cela pose de lourdes questions sur le plan moral et éthique. Voilà le chef d’un des Etats les plus anciennement démocratiques au monde qui propose un exode forcé de centaines de milliers de personnes. Un choix d’un territoire qui n’est même pas frontalier ou stratégique pour les Etats-Unis, et ce, sans leur demander leur avis.

    Une telle initiative est-elle réalisable du point de vue du droit international, et qu’est ce qui empêcherait Trump de prendre le contrôle de Gaza par la force ?

    Tout d’abord, du point de vue du droit international, la proposition de Trump est complètement hors sol. Il est strictement interdit pour un quelconque Etat souverain d’aller projeter des forces visant à déplacer une population. C’est juste inimaginable. Attention, en temps de guerre ouverte, les Conventions de Genève prévoient la possibilité non pas de déplacer des populations, mais des manœuvres militaires qui peuvent consister dans l’incarcération provisoire et, dans des conditions particulières, d’une population située sur un champ de bataille. Mais là, ce n’est absolument pas le cas. Ensuite, les Etats-Unis d’Amérique ont suffisamment de vecteurs de projection de force, ont suffisamment de soldats et d’équipements pour débarquer dans la bande de Gaza et en chasser des centaines de milliers de personnes. Mais attention ! Le Hamas est vaincu, mais il n’est pas totalement écrasé. Or, l’opinion publique américaine, après le Vietnam, après la Somalie, après l’Afghanistan, après l’Irak, n’est pas prête à voir de nouveau soldats américains mourir à Gaza.

    Cette proposition ne se heurte-t-elle pas à une incohérence avec la volonté de Donald Trump de resserrer les liens entre l’Arabie saoudite et Israël engagée lors de son premier mandat sous l’égide des accords d’Abraham ?

    Par un faux paradoxe, je pense qu’il s’adresse à l’Arabie saoudite justement parce que l’Arabie saoudite est demandeuse de plus d’alliances américaines. L’Arabie saoudite a très peur de l’Iran, et a très peur de l’opposition islamiste radicale. L’Arabie saoudite a donc besoin d’aller plus avant avec Israël, notamment grâce à ce que l’Etat hébreu peut apporter sur le plan militaire et du renseignement. Trump est un mercantiliste absolu. Il est demandeur d’une stabilité dans la région qui profiterait surtout à l’Arabie saoudite. Parce que ce pays achète, depuis 1945 et de façon croissante, par centaines de milliards de dollars du matériel militaire américain. Or, Trump est frénétiquement adossé à cette volonté de faire travailler des dizaines de milliers d’ouvriers américains et de voir sa balance commerciale sortir du rouge. Et de ce point de vue là, la stabilité de la région, et donc la solvabilité de l’Arabie saoudite, est centrale.

    Justement comme avec le Canada et le Mexique, n’est-il pas dans une logique de « deal », à savoir demander beaucoup pour avoir un peu ?

    On peut considérer que Trump tente d’envoyer un message à l’Arabie saoudite en leur disant : « Nous sommes prêts à aller très loin, donc constituez un fonds de reconstruction de la bande de Gaza, c’est vous qui allez contribuer à payer la reconstruction. Vous allez ramener l’Autorité palestinienne désarmée dans la bande de Gaza, moyennant quoi, nous allons continuer à vous soutenir militairement, parce que sinon nous nous retirons de la région ». Ce n’est qu’une hypothèse. Alors évidemment, dans un premier temps, MBS ne peut que dire non à un exode forcé de populations arabes. Mais, lorsqu’on avait demandé à MBS s’il s’inquiétait du sort des Palestiniens, sa réponse avait été approximativement : « non, mais mon peuple oui ». Or, dans un Etat autocratique, l’opinion publique ne compte pratiquement pas.

    À quel prix l’Egypte et la Jordanie seraient-elles prêtes à se soumettre à la volonté de Donald Trump ? A-t-il des leviers activables ?

    Les leviers sont extrêmement forts. Ils sont de deux ordres principaux. Ce qui domine dans les relations internationales, c’est la dimension culturelle et militaire. Sur le plan économique, depuis les accords de paix de Camp David de 1978-1979, Israël et l’Égypte touchent chaque année respectivement 3,5 milliards de dollars et 1,2 milliard de dollars. Il ne s’agit pas d’un chèque en blanc avec lequel ces pays font tout ce qu’ils veulent. Il s’agit d’acheter sur étagère des matériels américains. Pour Le Caire, c’est très important, parce que l’économie égyptienne est en état de quasi-banqueroute permanente et elle n’est soutenue que par l’Arabie saoudite qui la voit comme une espèce d’assurance-vie.

    L’Egypte est largement tributaire pour sa survie économique des Etats-Unis, ce qui donne à Trump un levier très considérable. Concernant la Jordanie, les moyens de pression sont à la fois économiques – les Etats-Unis ont effacé à plusieurs reprises la dette jordanienne – et militaire puisqu’il y a des bases américaines, britanniques et maintenant françaises. Ce pays est protégé par les Occidentaux, dont les Américains. Il est bien clair qu’à la fois Le Caire et Amman subissent des pressions des Etats-Unis. Mais il ne fait aucun doute qu’al-Sissi et Abdallah II de Jordanie préféreront perdre de l’argent, en quémander ailleurs et même faire à des mouvements sociaux du fait d’un affaiblissement social et économique du régime plutôt que d’accueillir des centaines de milliers de Palestiniens. Pour ces deux régimes, le péril serait mortel. D’abord parce que les opposants principaux d’al-Sissi sont les Frères musulmans. Or, qu’est-ce que le Hamas sinon la branche palestinienne des Frères musulmans ?

    Cette situation pourrait-elle conduire à la création d’une internationale terroriste ?

    C’est le risque. L’Egypte en est parfaitement consciente. Un exode massif de Palestiniens conduirait à importer des milliers de futurs militants ou combattants islamistes chez lui. Ce serait de la folie. Et Abdallah II, comme son père avant lui, se méfie énormément de l’activisme et d’un irrédentisme qui serait celui des Palestiniens.

    Sur la perspective israélienne, quel bilan peut-on tirer de la visite de Benyamin Netanyahou à Washington ?

    J’attire l’attention sur le visage de Netanyahou qui a l’air, sur les images, passablement surpris. On a vraiment l’impression que ce n’est pas du tout ça qui a été discuté ou négocié entre le Premier ministre israélien et le président américain. On a là une forme d’imprévisibilité extrêmement assumée. Netanyahou a énormément de défauts, mais il n’est pas stupide. Il a toujours voulu échapper au spectre de l’émergence d’un Etat palestinien. Raison pour laquelle il se satisfait bien plus du statu quo. Parce qu’une solution aussi radicale que celle de Trump pourrait conduire à une vague massive d’immigration palestinienne en Europe.

    Face à la fois à la proposition de Donald Trump, et à ce spectre d’une possible vague migratoire palestinienne sur le Vieux Continent, comment l’Europe peut-elle ou doit-elle réagir ?

    Elle ne peut rien faire hormis contester et condamner pour des raisons morales et éthiques la suggestion de Trump. Sur le plan humanitaire, elle peut prendre sa part dans l’accueil de réfugiés palestiniens. Mais sur le plan géopolitique elle ne peut rien, parce que sur ce plan, elle n’existe pas.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/frederic-encel-faire-de-gaza-une-riviera-donald-trump-sadresse-en-realite-a-larabie-saoudite-7J4H5YIJ4FB3XJPWPTUJMFE6GY/

    Author : Ambre Xerri

    Publish date : 2025-02-05 16:43:00

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  • Louis XI, le stratège qui a fait basculer la France dans la modernité


    Il fait partie des rois de France à la réputation la plus mauvaise. Tyrannique, vil, cruel, bigot, lâche et inculte, d’épouvantables qualificatifs pleuvent sur Louis XI, aujourd’hui encore décrit dans les manuels scolaires comme un emblème de l’obscurantisme médiéval. Doté, si l’on en croit son portrait le plus célèbre, d’un grand nez épais, d’une bouche tombante et de petits yeux enfoncés, Louis XI ne fait pas honneur à l’ »élégance à la française ». Pourtant, derrière cette image peu flatteuse, se cache un roi visionnaire, surnommé « l’Universelle Aragne » pour sa capacité à tisser des stratégies complexes.

    Tous les historiens s’accordent à dire que « le Prudent » a été un grand roi, avec ses zones d’ombre et ses énigmes, mais un stratège qui a réussi l’impensable: réunir un royaume de France éclaté et accélérer le passage du Moyen Age à la modernité.

    Il achète le départ des Anglais

    Quand il monte sur le trône en 1461, à 38 ans, la France sort tout juste de la guerre de Cent Ans. Le royaume est morcelé, affaibli par des conflits internes et la présence anglaise. Louis XI, lui, est prêt. Depuis des années, il rêve de succéder à son père, Charles VII, avec lequel il entretient une relation conflictuelle. À peine couronné, il se fixe un objectif clair : reconstruire l’unité du royaume et affermir le pouvoir royal.

    Plutôt que de prolonger des guerres coûteuses, il préfère acheter le départ des Anglais en 1475. Pour affaiblir les grands seigneurs féodaux, il organise des procès pour crime de lèse-majesté et manipule les alliances avec habileté.

    Louis XI, le roi stratège : plutôt que de combattre, il paie les Anglais pour libérer la France.

    Un bâtisseur de l’État moderne

    Armé d’un grand sens de l’Etat, il contribue à développer les biens communs de la Nation, les infrastructures de transport, la justice, la sécurité et tente même d’instaurer une monnaie unique. Conscient de la puissance de l’information – et de la désinformation -, il instaure les premiers relais de poste, véritables précurseurs des services de renseignement modernes, qui lui permettent de rester informé en temps réel des événements majeurs, comme la mort de Charles le Téméraire en 1477.

    Louis XI est également un pionnier de la centralisation du pouvoir. Sa politique expansionniste permet de rattacher des territoires stratégiques comme l’Anjou, la Bourgogne et le Roussillon, élargissant considérablement les frontières du royaume. Mais la réunification a un coût. Sur cette période, les impôts ont presque triplé, laissant le peuple exsangue.

    Louis XI, bâtisseur de l’État moderne :
entre centralisation, infrastructures et renseignement, il façonne une France puissante… au prix d’impôts écrasants.Louis XI, bâtisseur de l’État moderne :
    entre centralisation, infrastructures et renseignement, il façonne une France puissante… au prix d’impôts écrasants.

    Un roi aux multiples visages

    Louis XI reste une figure complexe, tour à tour admirée et critiquée. Les auteurs romantiques du XIXe siècle le transformeront en héros précurseur, symbole d’une France unifiée et moderne. Mais son habileté politique et sa vision éclairée restent indéniables. En tissant sa « toile », ce roi araignée a réussi à faire sortir la France du Moyen Âge et à poser les fondations de l’État centralisé que nous connaissons aujourd’hui.

    Entre légende noire et réalité historique, Louis XI incarne la transition entre deux époques. Stratège, bâtisseur et visionnaire, il a su transformer un royaume en crise en une nation en marche vers la modernité.



    Source link : https://www.lexpress.fr/societe/louis-xi-le-stratege-qui-a-fait-basculer-la-france-dans-la-modernite-NTSBJQFKDZGB7PAM6UNQQG2DBM/

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    Publish date : 2025-02-05 15:48:00

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  • Gaza : le projet de Donald Trump provoque un tollé international

    Les projets de Donald Trump d’une prise de contrôle de Gaza par les Etats-Unis et du déplacement des Palestiniens qui y vivent relèvent pour l’heure d’un fantasme assez irréalisable, tant ils soulèvent une avalanche d’oppositions. Le président américain a fait cette annonce, mardi 4 février, après avoir reçu à la Maison-Blanche le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, selon qui cette proposition pourrait « changer l’Histoire ».

    Le Hamas a accusé Donald Trump de « jeter de l’huile sur le feu » et affirmé que ses déclarations ne « contribueront pas à la stabilité » du Moyen-Orient. Le président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas, ainsi que l’Egypte et plusieurs capitales occidentales ont dénoncé les déclarations américaines, « dangereuses pour la stabilité » et « le processus de paix » selon Paris. « En réponse aux appels américains au déplacement » des Palestiniens de Gaza, « nous ne permettrons pas que soient bafoués les droits de notre peuple », a affirmé Mahmoud Abbas, qui s’est rendu en Jordanie pour rencontrer le roi Abdallah II.

    Donald Trump a répété mardi que les habitants de Gaza, en ruines après 15 mois de guerre, pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l’opposition de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes. « Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza », a-t-il dit au côté de Benyamin Netanyahou, parlant du territoire palestinien comme d’un « chantier de démolition ». Le président américain a affirmé que les Etats-Unis allaient « aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits », afin de développer économiquement le territoire. Il a parlé d’un projet « à long terme » et dit avoir parlé à d’autres pays dans la région qui ont « adoré » l’idée, répétant son voeu de faire de Gaza la « Côte d’Azur du Moyen-Orient ».

    « Un futur Etat palestinien »

    Donald Trump avait déjà suscité l’indignation internationale en proposant de faire « tout simplement le ménage » dans la bande de Gaza et de transférer ses habitants dans des lieux « plus sûrs » comme l’Egypte ou la Jordanie.

    Il doit recevoir dans la semaine le roi de Jordanie, qui rejette « toute tentative » de déplacement des Palestiniens, et s’est déjà entretenu au téléphone avec le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. L’Egypte, frontalière de Gaza, a appelé mercredi l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, à reprendre le contrôle du territoire, d’où elle avait été chassée en 2007 quand le Hamas y a pris le pouvoir. Le Caire a également plaidé pour une reconstruction rapide, « sans que les Palestiniens quittent la bande de Gaza ».

    La Turquie a elle aussi jugé « inacceptable » le projet de déplacer la population de Gaza. L’Arabie saoudite a affirmé qu’elle « poursuivra sans répit ses efforts pour un Etat palestinien » soulignant qu’elle « n’établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela ».

    Pour la France, l’avenir de Gaza passe par « un futur Etat palestinien » et non par le contrôle « d’un pays tiers ». Pour Londres, les Palestiniens doivent pouvoir « vivre et prospérer » à Gaza et en Cisjordanie. Gaza « appartient aux Palestiniens », a pour sa part répondu Berlin aux propos de Donald Trump, tandis que l’ONU rappelé que le droit international prohibe strictement tout transfert forcé ou expulsion de population d’un territoire occupé

    En Israël, le ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich a promis ce mercredi de tout faire pour « enterrer définitivement » l’idée d’un Etat palestinien.



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    Publish date : 2025-02-05 14:12:00

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  • Volodymyr Zelensky prêt à négocier avec Vladimir Poutine : la réponse du Kremlin

    Le Kremlin a jugé mercredi 5 février « vides de sens » les déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s’était dit prêt la veille à des négociations directes avec son homologue russe Vladimir Poutine et d’autres dirigeants pour mettre fin au conflit. « Le fait d’être prêt doit reposer sur quelque chose […] Jusqu’à présent, cela ne peut être perçu que comme des paroles vides de sens », a déclaré à des journalistes le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

    Il a une nouvelle fois souligné que Volodymyr Zelensky a interdit par décret en octobre 2022 toute négociation tant que Vladimir Poutine serait au pouvoir en Russie, une réplique à la décision du Kremlin de revendiquer l’annexion de quatre régions ukrainiennes. « Malgré tout, nous restons ouverts aux négociations », a poursuivi Dmitri Peskov, estimant que « la réalité sur le terrain » devrait convaincre Kiev de « faire preuve d’ouverture et d’intérêt pour de telles négociations ».

    Volodymyr Zelensky a longtemps été catégoriquement opposé à tout compromis avec la Russie, mais a revu certains points de sa position ces derniers mois face aux difficultés rencontrées par son armée sur le front et surtout depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui affirme vouloir mettre fin rapidement au conflit.

    « Un compromis pour l’Ukraine »

    Interrogé sur la possibilité de négocier avec Vladimir Poutine dans un entretien diffusé mardi, Volodymyr Zelensky a assuré qu’il le ferait « si c’est la seule configuration dans laquelle nous pouvons apporter la paix aux citoyens de l’Ukraine et ne plus perdre de gens ». Il a évoqué un format avec « quatre participants », qui serait a priori l’Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l’UE.

    Précisant ses propos dans un message mercredi, le président ukrainien a assuré que le fait d’être prêt à discuter avec Vladimir Poutine était en soi « un compromis » de la part de l’Ukraine. « Poutine est un assassin et un terroriste […] Parler à un meurtrier est un compromis pour l’Ukraine et l’ensemble du monde civilisé », a-t-il indiqué, tout en admettant que les alliés de Kiev « pensent que la diplomatie est la voie à suivre ».

    Lors de cet entretien diffusé mardi, Volodymyr Zelensky a également une nouvelle fois évoqué la possibilité que l’Ukraine obtienne des armes nucléaires si elle échouait à intégrer rapidement l’Otan. Dmitri Peskov a estimé mercredi que ces déclarations étaient « à la limite de la folie », appelant les alliés de Kiev à prendre conscience des « dangers potentiels de la discussion d’un tel sujet en Europe ».

    Le porte-parole du Kremlin a aussi confirmé que « des contacts » ont lieu entre les Etats-Unis et la Russie sur des sujets précis, et que ces contacts « se sont intensifiés récemment », sans préciser davantage.



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    Publish date : 2025-02-05 10:43:00

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