Un message clair envoyé par les Etats-Unis. L’envoyé spécial du président américain Donald Trump en Ukraine, Keith Kellogg, a indiqué souhaiter l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle et de législatives d’ici à la fin de l’année dans le pays, surtout si Kiev parvient à trouver un accord de trêve avec la Russie. Cette proposition, rapportée en exclusivité par l’agence Reuters samedi 1er février, pourrait même participer à trouver un accord de cessez-le-feu avec Moscou, estime Washington. « La plupart des pays démocratiques ont des élections en temps de guerre. Je pense que c’est important qu’elles aient lieu. Je pense que cela est bon pour la démocratie », a justifié Keith Kellogg dans ce même entretien.
Pourquoi une telle annonce ? Le président américain Donald Trump, hyperactif sur le plan international depuis le début de son nouveau mandat, espère trouver une solution rapide au conflit ukrainien. Lors de sa campagne présidentielle, il avait maintes fois répété qu’il réglerait la guerre « en 24 heures » une fois au pouvoir, fort de sa « très bonne relation » avec le président russe, Vladimir Poutine.
S’il n’est manifestement pas parvenu à mettre en œuvre cette promesse audacieuse, le milliardaire se dit préparé à faciliter vers des négociations de paix. « Je pense, d’après ce que j’entends, que Poutine veut me rencontrer, on se rencontrera dès que possible. Je le rencontrerai immédiatement », a ainsi lancé Donald Trump le 23 janvier dernier, face à des journalistes.
Une condition pour faire accepter une trêve à Moscou ?
Selon les informations de Reuters, qui cite trois sources proches du dossier, la garantie de l’organisation de nouvelles élections en Ukraine pourrait faire partie des gages à mettre en avant face à la Russie pour obtenir un accord de cessez-le-feu. L’agence de presse indique qu’un des scénarios imaginés par les diplomates américains consisterait en une trêve discutée en deux temps. Il s’agirait d’abord de négocier un simple cessez-le-feu sur le champ de bataille. Puis, dans un second temps, après une présidentielle et des législatives en Ukraine, de donner au vainqueur du scrutin la responsabilité de trouver un compromis de paix sur le long terme avec Moscou.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait lui-même avancé que de nouvelles élections pourraient être mises en place durant l’année 2024, à condition d’un arrêt des combats et de l’obtention de nombreuses garanties de sécurité de la part de la Russie. Or le président russe ne semble pas prêt à discuter directement avec son homologue ukrainien. Vladimir Poutine considère Zelensky comme « illégitime » à cause du report des élections ukrainiennes ces dernières années sous le coup de la loi martiale, imposée depuis 2022. Le dirigeant russe a sous-entendu qu’il refuserait de participer lui-même à une rencontre avec le chef d’État ukrainien. Si ce dernier « veut participer à des négociations, je choisirai des personnes qui mèneront ces négociations », a-t-il ainsi souligné le 28 janvier dernier à la télévision d’État russe.
Craintes d’une campagne sous influence russe
Volodymyr Zelensky est loin d’être contesté par la population ukrainienne au sein de ses frontières. Mais la confiance en son action – et surtout en sa capacité à choisir la bonne stratégie pour mettre fin à la guerre – s’est érodée, comme le montrent différents sondages d’opinion ces derniers mois. En cas d’élection présidentielle, le dirigeant n’aurait aucune certitude d’être réélu. D’autant que certains prétendants au pouvoir ne cachent plus leurs ambitions. L’ex-président Petro Porochenko multiplie les déplacements sur le terrain, tout comme le maire de Kiev, l’ancien boxeur Vitali Klitschko.
Surtout, même sans être candidat, l’ex-général et commandant des forces armées ukrainiennes Valeri Zaloujny fait office de favori dans les enquêtes d’opinion pour la présidence du pays. Cette figure de l’armée ukrainienne s’était fait remarquer l’hiver dernier pour ses critiques à l’égard de la stratégie militaire du pouvoir central, avant d’être remplacé en février 2024 par le général Syrsky. Il a depuis été nommé ambassadeur à Londres. En octobre dernier, il avait soutenu la présentation du « plan de victoire » présenté au Parlement ukrainien par Volodymyr Zelensky. Pour lui, il serait « difficile » pour l’Ukraine de sortir gagnante du conflit avec la Russie sans le soutien accru de ses partenaires internationaux.
Reuters précise par ailleurs que l’accueil réservé en Ukraine de cette proposition américaine, soumise à Kiev ces derniers jours, n’est pas très clair. Le pouvoir ukrainien aurait opposé certaines réticences face à la volonté de Washington d’accélérer le processus électoral dans le pays. Ses craintes ? Une division des Ukrainiens durant la campagne et de possibles ingérences russes sur le scrutin, à l’instar de ce qu’il s’est produit en Moldavie, en Géorgie ou en Roumanie ces derniers mois.
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Publish date : 2025-02-02 15:45:00
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