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    « Partir un jour » et « De rockstar à tueur » : quand la fiction répond au documentaire

    IntelliNewsBy IntelliNewsmai 21, 2025Aucun commentaire4 Mins Read
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    Sommes-nous les spectateurs quand on va voir en salle Partir un jour d’Amélie Bonin et quand on reste chez soi à regarder De rockstar à tueur d’Anne-Sophie Jahn, Nicolas Lartigue, Zoé de Bussierre et Karine Dusfour ? Font-ils le même métier, ceux qui réalisent ces deux films ?

    Et je ne parle pas du fait que le premier est une fiction et le second un documentaire, tant chacun se réfère en permanence à l’autre, l’imite, le jalouse, comme s’ils tentaient réciproquement de se voler le secret de l’art cinématographique. La qualité intrinsèque des deux films est irréprochable, la question n’est pas de savoir lequel est meilleur que l’autre. Derrière et devant la caméra, chacune des équipes est talentueuse, leur maîtrise appelle le respect.

    Les deux films racontent l’histoire d’un couple dont la femme est soupçonnée par l’homme, à tort ou à raison, de vivre une histoire d’amour en dehors, et, comme si cela constituait un élément aggravant, avec une précédente liaison. Dans les deux cas, la jalousie finit par tout casser, avec plus ou moins de dégâts. Rien d’original là-dedans, pas même le rapprochement entre les deux films. Rapprochement que je n’aurais probablement pas fait si le hasard ne m’avait pas conduit à les regarder tous les deux le même jour, et par la force des choses à les comparer.

    Des images rares

    De rockstar à tueur est une mini-série de trois fois quarante minutes qui refait l’enquête sur le meurtre de Marie Trintignant dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003, dans la chambre d’hôtel du Domina Plaza de Vilnius, en Lituanie. L’atrocité du crime, la célébrité des personnes en cause suffisent à ouvrir notre appétit de savoir. Le moment clé du film, ce sont les minutes de l’interrogatoire du meurtrier, filmé par la police de Vilnius quelques heures après ce qui n’est encore qu’une tentative de meurtre, Marie Trintignant étant encore dans le coma. Des images comme celles-là sont rares, il n’est pas besoin d’un grand metteur en scène pour les réussir. Le policier cameraman peut faire ce qu’il veut, zoomer, panoter, vite ou pas, c’est la situation qui a du génie. Le décor : deux tables en angle droit. Les personnages : des avocats, des juges, des inspecteurs qui interrogent le prévenu, gravement, et le prévenu répond, s’explique, raconte, pleurniche par moments.

    Lors de la seconde audience, dans le même décor, après que la mort de Marie Trintignant lui a été annoncée, celui qui est devenu le présumé meurtrier est assis au même endroit, mais plus isolé, il se débat, invente des histoires susceptibles de le tirer d’affaire. Par exemple, il cherche sur sa lèvre la blessure causée par un coup de poing que lui aurait donné sa victime. Ne trouvant pas la blessure – elle a trop vite cicatrisé -, il regrette que la police ne l’ait pas photographiée au moment de son arrestation, il pousse alors un soupir de lassitude, de découragement, comme si le sort s’acharnait sur sa personne malchanceuse. Derrière lui, se tient assis sur un banc un jeune gardien, impassible, prêt à tout, solide comme un atlante qui porterait le poids de la faute que le prévenu n’assume pas.

    Le réel ou le malheur

    Dans le film d’Amélie Bonin, le jaloux s’en prend à son rival, c’est déjà plus noble, et il ne le tue pas, ce n’est qu’un coup de poing répondant à une provocation odieuse, et les copains sont là pour le retenir, tout se calme, on est quitte, les vies ne sont pas brisées, contrairement à celle, dans l’autre film, de Kristina Radi, la première femme du meurtrier, la mère de leurs deux enfants. Le meurtrier s’est remis avec elle à peine sorti de ses quatre années de prison, et il a vite recommencé à la frapper. Alors elle a fini par se pendre. C’est un film sur un chanteur meurtrier dans lequel on ne chante pas. Un film que j’aime parce que la vie est comme ça.

    Dans l’autre film, on chante souvent, et tout s’arrange dans la joie. J’aimerais bien que la vie soit comme ça, je saurai enfin ce qui m’attire au cinéma, le réel ou le malheur.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/partir-un-jour-et-de-rockstar-a-tueur-quand-la-fiction-repond-au-documentaire-3QLVNGD6UJDVNFYU2ZLFIWFXK4/

    Author : Christophe Donner

    Publish date : 2025-05-21 04:45:00

    Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

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