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    Immigration : comment l’administration Trump poursuit les expulsions, en dépit de la contestation

    IntelliNewsBy IntelliNewsavril 7, 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    C’était en janvier 2026, des manifestations monstres défilaient dans les rues de Minneapolis. Les raisons de la colère : la mort, quelques jours plus tôt de deux citoyens américains s’opposant à la police de l’immigration américaine, l’ICE, et la contestation des arrestations massives opérées par les agents fédéraux. Pour calmer la colère, l’administration Trump avait promis de changer d’approche : moins d’expulsions et des incarcérations plus ciblées.

    Pourtant, des enquêtes menées par les médias américains montrent qu’en dépit des annonces, les agents fédéraux de l’immigration poursuivent de façon soutenue la traque de personnes immigrées sans casier judiciaire. D’autre part, confronté à des critiques croissantes sur sa politique d’expulsions, Stephen Miller, le conseiller américain à la sécurité intérieure, tente de trouver d’autres mesures rendant plus difficile le quotidien des personnes en situation irrégulière.

    7 000 expulsions par semaine

    Selon les données de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police américaine de l’immigration et des douanes, le nombre d’arrestations a légèrement baissé. « Environ 7 000 par semaine » au cours du mois de février, dans la foulée des manifestations anti-ICE, « contre 9 000 » au début du mois de janvier, précise le Washington Post.

    Parmi les personnes arrêtées, 42 % avaient un casier judiciaire vierge. Pourtant, Tom Homam, conseiller spécial à l’immigration de la Maison-Blanche, avait déclaré que « toutes les opérations seraient désormais ciblées » et donneraient la priorité « aux étrangers criminels, aux menaces à la sécurité publique et nationale ». Ce dernier a succédé à Gregory Bovino, commandant de l’ICE en charge des opérations de Minneapolis.

    « Profond malaise »

    Et pour cause, la mort de Renée Good et Alex Pretti, les 7 et 24 janvier 2026, tués par des agents fédéraux, a marqué un point d’inflexion auprès de l’opinion publique américaine. Les sondages indiquaient qu’une majorité de la population estimait que l’administration était allée trop loin dans sa politique anti-immigration.

    D’autres témoignages de personnes ciblées par l’ICE, abreuvant les médias américains, continuent de susciter la polémique y compris chez les électeurs favorables à plus de fermeté sur l’immigration. C’est le cas de l’histoire d’Annie Ramos, une étudiante en biochimie de 22 ans, mariée à un sergent américain de l’armée de terre – corps particulièrement respecté aux Etats-Unis – récemment arrêtée. « L’affaire Ramos souligne pourquoi tant d’Américains favorables à l’expulsion des personnes en situation irrégulière restent profondément mal à l’aise face à la politique de l’administration », pointe un éditorial du Washington Post.

    Une épine dans le pied pour Stephen Miller, qui s’était fixé comme objectif au printemps dernier 3 000 arrestations par jour. Un chiffre jamais atteint : au plus fort, les agents fédéraux ont arrêté dans une même journée 1 900 personnes, en juin 2025. « Les chiffres les plus récents indiquent que l’ICE arrête 933 personnes par jour », poursuit le Washington Post. Sarah Saldaña, qui a dirigé l’ICE sous la présidence de Barack Obama, a néanmoins déclaré au quotidien que les expulsions pourraient à nouveau s’accélérer, une fois l’indignation publique retombée.

    Une répression par d’autres moyens

    Malgré la baisse du nombre d’arrestations quotidiennes, les chiffres les plus récents restent trois fois supérieurs à ceux de 2024, dernière année de l’administration Biden. Au total, depuis janvier 2025, l’ICE a arrêté 273 000 immigrés, avec ou sans casier judiciaire.

    Une politique qui reflète le fond de la pensée de Stephen Miller, qui assimile toute personne présente de façon irrégulière sur le territoire à un criminel. A ce sujet, le New York Times rappelle la posture qu’il avait adoptée lors de sa prise de poste. « M. Miller a été catégorique : les agents ne doivent pas se limiter aux criminels dangereux. Ils doivent interpeller toute personne présentant le moindre soupçon raisonnable et arrêter sans mandat toute personne en situation irrégulière. Son message était clair : il faut repousser les limites ».

    Dans l’impasse, ce partisan d’une sécurité intérieure plus régalienne revoit sa stratégie. « Il milite pour de nouvelles mesures visant à durcir davantage les conditions de vie des immigrants sans papiers ou légaux, en rendant plus difficile l’accès au logement social ou à d’autres aides », analyse le New York Times. « Il finalise également un règlement visant à bloquer la délivrance de cartes vertes [NDLR : équivalents des permis de séjour], aux immigrants susceptibles d’avoir besoin d’aides sociales », indiquent des sources proches de l’administration.

    Voie fédérale

    Stephen Miller collaborerait également avec des élus de plusieurs Etats républicains pour faire adopter des lois anti-immigration au niveau local. Au Tennessee, les Républicains ont ainsi avancé un texte obligeant les fonctionnaires des hôpitaux ou des écoles à signaler les personnes immigrées bénéficiant de services sociaux, sous peine de sanctions. Une législation similaire a été introduite en Oklahoma.

    Le mois dernier, le conseiller de la Maison-Blanche avait également encouragé les élus texans à voter la suppression du financement public de l’école pour les enfants sans papiers – mesure inconstitutionnelle. Lors d’un récent échange avec les services d’immigration, il aurait également demandé des informations sur la manière dont les personnes sans-papiers utilisent leur carte de crédit, probablement pour réfléchir à des mesures visant à limiter leur capacité à ouvrir et utiliser un compte bancaire.

    En cherchant à multiplier les expulsions, l’administration Trump avait sans le vouloir « ravivé un débat clivant sur la définition de l’identité américaine », analyse le New York Times. Confrontée à une levée de boucliers, elle tente désormais de contourner les obstacles.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/immigration-comment-ladministration-trump-poursuit-les-expulsions-en-depit-de-la-contestation-WROIJEFSMNAGJGMXXOQ46VPSCM/

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    Publish date : 2026-04-07 18:18:00

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    L’Express
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