Donald Trump est-il devenu complètement « fou », comme le clame un élu démocrate ? Voilà la rumeur qui commence à gagner le Congrès américain. Même au sein des rangs républicains, les sorties de route à répétition du président interrogent. Et si, finalement, ce que nombre d’observateurs assimilaient à de l’hyperbole stratégique était en réalité un symptôme de démence ? Le 5 avril, frustré par le blocage iranien du détroit d’Ormuz, le locataire de la Maison-Blanche éructait sur son réseau Truth social : « Ouvrez le putain de détroit, bande de bâtards cinglés, ou vous allez vivre en enfer ».
Deux jours plus tard, dans l’espoir d’obtenir un cessez-le-feu avec Téhéran, il franchissait le cap du langage génocidaire. « Une civilisation entière mourra ce soir », a-t-il osé lancer. Le dirigeant des Etats-Unis a fait peser la menace de frapper les centrales électriques et d’autres infrastructures civiles iraniennes si un accord n’était pas conclu avant mercredi, 2 heures du matin, heure de Paris. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ces menaces qui, si elles étaient mises à exécution, s’apparenteraient à des crimes de guerres. D’autant plus que certains craignaient que le milliardaire ne dégaine l’arme nucléaire – la Maison-Blanche a nié avoir une telle intention.
Puis, 90 minutes avant la fin du compte à rebours, le président a repoussé son ultimatum de deux semaines.
« Les facultés mentales du président sont en train de s’effondrer »
Mais les propos du milliardaire, toujours plus orduriers et violents, font craindre aux démocrates qu’il n’est plus en mesure de diriger le pays. « Le président des Etats-Unis est un fou », s’alarmait ce mardi sur X le représentant démocrate du Massachusetts, Jim McGovern.
The President of the United States is a madman.
— Rep. Jim McGovern (@RepMcGovern) April 7, 2026
De quoi relancer les débats sur la possibilité d’une destitution, notamment par la voie du 25e amendement. Cette disposition de la Constitution américaine permet de déclarer un président inapte à l’exercice de ses fonctions.
Sans grande surprise, des dizaines d’élus démocrates ont appelé à invoquer ce texte. Parmi eux, le candidat pressenti à la Maison-Blanche et gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker. « Ce n’est pas de la politique étrangère, c’est un homme dérangé et fou qui menace d’anéantir tout un pays. Il est grand temps. Le 25e amendement doit être invoqué », a-t-il plaidé sur X ce mardi. Le même jour, son collègue de Rhode Island, Jack Reed, s’alarmait : « il semble avoir perdu le contrôle ». Même son de cloche du côté de la députée de New York, Alexandria Ocasio-Cortez : « les facultés mentales du président sont en train de s’effondrer ».
Selon les informations du média américain Axios, certains membres du parti envisageraient d’envoyer une lettre au membre du gouvernement pour les exhorter à invoquer le 25e amendement.
« C’est maléfique et c’est de la folie »
Ces angoisses sur l’équilibre psychologique du président sont partagées par les Maga repentis et les influenceurs d’extrême droite, y compris au sein des troupes républicaines. Aussi, les appels à invoquer le 25e amendement se démultiplient. Dans les heures précédant la date butoir de l’ultimatum fixé à l’Iran, la droite américaine a, elle aussi, verbalisé ses inquiétudes. Jusqu’où Donald Trump est-il prêt à aller ?
Sur le plateau de son émission, le complotiste et ancien proche du président, Alex Jones, interrogeait son invité : « comment est-ce qu’on lui colle le 25e amendement aux fesses ? ». La très célèbre influenceuse Candace Owens plaide aussi pour que le 25e amendement soit invoqué.
Quant à l’ancienne élue républicaine, Marjorie Taylor Greene, elle réclamait ce mardi sur X le « 25E AMENDEMENT !!! » Et la femme politique qui a claqué la porte de Maga, d’ajouter : « Pas une seule bombe n’a été larguée sur l’Amérique. Nous ne pouvons pas anéantir toute une civilisation. C’est maléfique et c’est de la folie. »
25TH AMENDMENT!!!
Not a single bomb has dropped on America. We cannot kill an entire civilization.
This is evil and madness. pic.twitter.com/2mdogDRZN4
— Former Congresswoman Marjorie Taylor Greene🇺🇸 (@FmrRepMTG) April 7, 2026
« Les républicains restent des acolytes zombies »
De tels débats n’ont rien d’inédit. En 2021, le recours au 25e amendement avait été sérieusement envisagé après l’invasion du Capitole de janvier, y compris au sein de l’administration Trump. Pour déclencher la procédure, l’accord du vice-président et de la majorité des ministres est nécessaire. Pour l’heure, rien n’indique qu’un seul membre du gouvernement l’envisage.
Une autre procédure permettrait de renverser Donald Trump : l’impeachment, équivalent d’un vote de destitution en français. Un cadre démocrate de la Chambre des représentants a confirmé à Axios qu’il existe des « rumeurs » sur la possibilité d’un vote de censure. Mais qu’importe la méthode, les chances d’aboutissement de ces procédures sont quasi-nulles sans le soutien du reste du congrès. Et les démocrates ne se font pas de faux espoirs : « les républicains restent des acolytes zombies », a cinglé l’élu du Connecticut, Jim Himes.
Donald Trump, plus amusé qu’inquiet
Une chose demeure certaine, Donald Trump n’est pas étranger aux inquiétudes qui pèsent sur sa santé mentale. Lundi 6 avril, à l’occasion d’une conférence de presse, un journaliste l’interrogeait sur les spéculations autour de son équilibre psychologique : « Quelle est votre réponse aux critiques qui disent que c’est votre santé mentale qui devrait être, peut-être, examinée, alors que la guerre continue ? ». Pas de quoi faire flancher le président, qui a fanfaronné : « Je n’ai pas entendu ça, mais si c’est le cas, il va falloir qu’il y ait plus de personnes comme moi, parce que notre pays était abusé en matière de commerce, sur tout, depuis de nombreuses années, jusqu’à ce que j’arrive ».
Au contraire, le président s’amuse de ces spéculations. Le 26 mars, des journalistes l’interrogeaient sur l’éventualité d’une opération militaire pour récupérer le stock d’uranium iranien hautement enrichi. Devant un parterre de caméras, Donald Trump répondait : « Je ne peux pas dire ce que nous allons faire, parce que si je le faisais, je ne resterais pas assis ici très longtemps. Ils feraient probablement – comment ça s’appelle déjà, le 25e amendement ? ». Verbatim rythmé par les rires de son entourage. Car malgré les cris d’alarme de certains anciens fidèles, le milliardaire n’a pas perdu tous ses soutiens. « C’est pathétique. Les démocrates parlaient de destituer le président Trump avant-même qu’il ne prête serment », a ainsi déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle, auprès d’Axios. Et ses menaces de détruire un pays entier ? Des « négociations à la Trump », voilà tout, assure l’élu Don Bacon.
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Author : Asia Dayan
Publish date : 2026-04-08 13:55:00
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