C’est un nouvel échec dans les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, qui pourrait continuer de peser sur l’économie mondiale. Dimanche 10 mai, le président américain Donald Trump a qualifié de « totalement inacceptable » la réponse iranienne à la proposition de Washington destinée à mettre fin au conflit. Le porte-parole iranien du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a de son côté dénoncé des demandes excessives de la part des Etats-Unis, et assuré lundi que la proposition iranienne était « légitime et généreuse ».
Ces déclarations interviennent après un regain des tensions dans la région, montrant la fragilité du cessez-le-feu négocié début avril par l’intermédiaire du Pakistan. Dimanche, plusieurs pays du Golfe ont signalé des drones hostiles, tandis que deux pétroliers battant pavillon iranien ont été frappés par l’armée américaine dans le détroit d’Ormuz, vendredi.
Réouverture du détroit
Ce week-end, des responsables iraniens avaient déclaré que les deux pays travaillaient à un accord de court terme, prévoyant une trêve de 30 jours et la levée du blocus du détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport mondial de pétrole et de gaz. Ils avaient ajouté que l’Iran s’efforcerait de parvenir à un accord dans ce laps de temps.
Téhéran a néanmoins rejeté la dernière proposition américaine, estimant que celle-ci reviendrait à capituler et à se soumettre « à des demandes excessives ». « Un point de désaccord persistant dans les négociations concerne les 440 kg d’uranium enrichi de qualité quasi-nucléaire que les inspecteurs internationaux estiment être enfouis sur deux de ces sites. L’Iran a exclu toute cession de cet uranium dans le cadre d’un accord », a également rapporté le New York Times.
Trêve dans la région
Citée par l’agence de presse Tasnim, une source officielle iranienne a déclaré que la réaction de Donald Trump, dimanche, « importe peu ». « L’équipe de négociateurs doit seulement préparer des propositions pour le bien de la nation iranienne », a-t-elle dit. L’Iran aurait également souligné dans sa proposition l’importance que Washington l’indemnise pour les dégâts causés par la guerre, déclenchée par la campagne de bombardements des Etats-Unis et d’Israël fin février.
« Notre revendication est légitime : exiger la fin de la guerre, la levée du blocus américain et de la piraterie, et le déblocage des avoirs iraniens injustement gelés dans les banques en raison des pressions américaines », a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei.
Avant d’ajouter : « Le passage sécurisé à travers le détroit d’Ormuz et l’instauration de la sécurité dans la région et au Liban figuraient parmi les autres exigences de l’Iran, qui sont considérées comme une offre généreuse et responsable pour la sécurité régionale ». Téhéran réclame en effet la fin des hostilités sur tous les fronts, en particulier au Liban, où Israël poursuit sa campagne militaire, disant vouloir anéantir le Hezbollah (allié de l’Iran) en dépit d’une trêve annoncée mi-avril.
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Plus de 2 700 personnes dont des enfants, des secouristes et des journalistes ont été tuées par Tsahal au Liban depuis le 2 mars. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dimanche que la guerre en Iran n’était pas terminée, citant la nécessité de retirer à Téhéran son stock d’uranium enrichi et de priver de capacités militaires les milices alliées de l’Iran.
Conséquences sur l’inflation
La réponse de Téhéran intervient alors que l’intervention américaine apparaît comme de plus en plus impopulaire auprès de l’opinion publique étasunienne. Un sondage récemment réalisé par Ipsos pour le Washington Post et ABC News a ainsi révélé que la guerre de Trump en Iran est aussi impopulaire que l’était celle en Irak au début des années 2000, ou celle du Vietnam dans les années 70. 60 % des Américains estimeraient ainsi que l’intervention militaire américaine a accru le risque de récession.
« Plus de quatre sur dix déclarent que la hausse des prix de l’essence les incite à moins utiliser leur voiture et à réduire leurs dépenses, tandis que plus de trois sur dix affirment avoir modifié leurs projets de voyage ou de vacances. Six Américains sur dix font état d’au moins un de ces impacts », détaille le Washington Post. Avant même l’ouverture des marchés asiatiques lundi, les prix du pétrole étaient déjà repartis à la hausse, le baril de Brent gagnant 3,29 % à 104,62 dollars.
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Publish date : 2026-05-11 08:32:00
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