L’administration de Donald Trump poursuit le durcissement de sa politique migratoire. Vendredi, Washington a annoncé une nouvelle restriction concernant l’obtention de la résidence permanente, avant d’étendre dans la foulée certaines mesures sanitaires liées au virus Ebola aux détenteurs de cartes vertes. Le Service américain de la citoyenneté et de l’immigration (USCIS) a indiqué que les étrangers présents temporairement aux États-Unis et souhaitant obtenir une carte verte devront désormais effectuer leur demande depuis l’extérieur du pays, via le département d’État américain.
Dans une note de service publiée vendredi, l’agence précise que ses agents devront examiner au cas par cas si des circonstances d’urgence exceptionnelles justifient une dérogation. Le département américain de la Sécurité intérieure, qui supervise l’USCIS, affirme que cette politique vise à faire fonctionner le système migratoire « comme la loi l’a prévu » et à empêcher les « contournements ». L’administration américaine soutient également que cette réforme permettra de dégager des ressources afin de concentrer les efforts de l’agence sur le traitement d’autres dossiers.
Des organisations humanitaires ont dénoncé cette décision. HIAS, une organisation d’aide aux réfugiés et aux immigrés, estime que cette politique pourrait contraindre des victimes de trafic humain ou des enfants maltraités et négligés à retourner dans les pays qu’ils avaient fui pour finaliser leur demande de résidence permanente.
Cette mesure s’inscrit dans une série de décisions prises par l’administration Trump pour renforcer le contrôle de l’immigration. L’année dernière, Washington avait déjà réduit la durée de certains visas accordés aux étudiants, aux participants à des programmes d’échanges culturels et aux membres des médias. En janvier, le département d’État avait également annoncé avoir révoqué plus de 100 000 visas depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Risque « très élevé » lié au virus Ebola
Quelques heures plus tard, les autorités américaines ont également annoncé l’extension temporaire des restrictions d’entrée liées au virus Ebola aux titulaires de cartes vertes ayant séjourné en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours. Jusqu’ici, les citoyens américains, les ressortissants américains et les résidents permanents légaux étaient exemptés de cette interdiction de 30 jours. Les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont justifié ce changement par la nécessité de limiter le risque d’introduction du virus sur le territoire américain. Dans un communiqué, les CDC estiment que l’application de cette mesure aux résidents permanents légaux permet de « trouver un équilibre entre la protection de la santé publique et la gestion des ressources d’intervention d’urgence ».
Cette décision intervient alors que l’Organisation mondiale de la santé a relevé à « très élevé » le risque que la souche rare d’Ebola de Bundibugyo se transforme en épidémie nationale en RDC. L’OMS a également qualifié l’épidémie touchant la RDC et l’Ouganda d' »urgence de santé publique de portée internationale ».
L’ordonnance des CDC repose sur le titre 42 de la loi américaine sur la santé publique, un dispositif permettant aux autorités fédérales d’interdire l’entrée de migrants afin d’éviter la propagation de maladies contagieuses. Adoptée initialement dans le contexte de la pandémie de Covid-19, cette disposition ne s’appliquait jusque-là ni aux détenteurs de cartes vertes ni aux précédentes interdictions de voyager imposées par Donald Trump.
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Publish date : 2026-05-23 10:32:00
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