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    Home»FRANCE»L’Express»Aux origines du Brexit en 2013 : « Que deviendrait l’Europe en cas de sécession d’Albion ? »
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    Aux origines du Brexit en 2013 : « Que deviendrait l’Europe en cas de sécession d’Albion ? »

    IntelliNewsBy IntelliNewsjuin 21, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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    Cet article a été publié pour la première fois le 9 janvier 2013 dans L’Express

    L’Histoire, paraît-il, s’écrit toujours deux fois : d’abord en tragédie, ensuite en comédie. Mais il arrive que ce soit le contraire. La menace de sortie de la Grèce de l’Union européenne – le fameux « Grexit » – aurait été, en dépit des apparences, moins grave que ne le serait le « Brixit » (ou « Brexit »), le départ du Royaume-Uni. Or, si la première éventualité s’éloigne, la seconde n’est plus totalement irréaliste. Alors que 56 % des Britanniques se disent favorables à un retrait, le Premier ministre britannique, David Cameron, pourrait, dans les prochains jours, annoncer la tenue d’un référendum sur le sujet pour 2015.

    Que deviendrait l’Europe en cas de sécession d’Albion ? Au début, les Européens se réjouiraient d’être débarrassés de ce partenaire récalcitrant, toujours au bord du chantage et dont l’exigence de faire de l’Europe une simple zone de libre-échange sans en accepter les contraintes budgétaires ou sociales rend le navire ingouvernable. Puis ils constateraient l’étendue des dégâts : le mauvais coucheur est contributeur net au budget européen de 10 milliards d’euros, et ses 63 millions d’âmes en font la troisième puissance de l’Union. Sans elle, l’Europe perdrait de sa puissance et de sa superbe face au G 2, l’Amérique et la Chine.

    Une double tragédie

    Les Britanniques paieraient leur isolationnisme au prix fort. « Ce serait une double tragédie, admet The Economist, hebdomadaire économique libéral qui s’est rarement montré favorable aux décisions de Bruxelles. Les Britanniques souffriraient beaucoup plus qu’ils ne peuvent l’imaginer. » Leurs entreprises paieraient très cher : elles disposent aujourd’hui d’un accès illimité au plus grand marché du monde et y écoulent la moitié de leurs exportations. Pour le reste, le pays devrait renégocier ses accords bilatéraux et le ferait, isolé, en petit joueur. La City, première place financière d’Europe, perdrait des pans entiers de son activité au profit de Paris ou Francfort.

    Cet « eurolâchage » coûterait tout aussi cher, en matière de défense, au pays que Charles de Gaulle surnommait le « cheval de Troie américain ». C’est du moins l’avis de son grand allié : « Ce serait une voie sans issue sur le plan géopolitique », explique Charles Kupchan, professeur à l’université de Georgetown, membre du Conseil des relations internationales, un centre d’analyses reconnu. Londres ne pourrait demeurer un « pont » sur les questions de défense européenne s’il devenait un acteur mineur de l’Union. A l’heure où le budget militaire américain rétrécit et où celui des pays d’Asie explose, la Grande-Bretagne, comme le reste de l’Europe, « sortirait peu à peu, prévient-il, des écrans radars américains ».

    La simple perspective d’un référendum sur l’Europe en 2015 pourrait faire exploser le Royaume-Uni, car, l’an prochain, les Ecossais votent sur leur maintien dans ce dernier attelage. Et, comme ils sont, eux, favorables à l’Europe, ce chiffon rouge pourrait aviver leur tentation indépendantiste ! Pour Tony Blair, l’ancien Premier ministre, la construction européenne se justifie encore davantage qu’en 1950 : « Ce n’est plus la paix qui est en jeu, mais le pouvoir. » Face à la Chine et aux émergents plus peuplés que les plus peuplés d’entre nous, sachant que le PIB finit toujours par s’aligner sur la taille de la population, nous aurions, tous, tout à perdre.

    Bien sûr, la fin du monde n’a pas eu lieu, ce ne serait pas non plus la fin de l’Europe. Mais cette tranquillité chèrement acquise sonnerait le glas de nos plus grandes ambitions. Après des décennies d’élargissement, le rétrécissement briserait un tabou. Il donnerait des idées à d’autres. Et sonnerait le glas d’un rêve européen branlant, mais qui demeure, qu’on le veuille ou non, notre seule perspective et notre seul espoir.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/aux-origines-du-brexit-en-2013-que-deviendrait-leurope-en-cas-de-secession-dalbion-JK7OUU57NBB2ZGDOWO73MHULFI/

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    Publish date : 2026-06-21 11:00:00

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