Après l’Ukraine, les pays baltes dans le viseur du Kremlin ? Des responsables de deux pays membres de l’Otan, dont la Lettonie, ont mis en garde ces derniers jours contre le risque de possibles « provocations » de la Russie contre les pays baltes ou la Pologne, afin de tester la cohésion de l’Alliance atlantique. Selon plusieurs responsables occidentaux, le Kremlin chercherait à évaluer jusqu’où les Etats-Unis seraient prêts à aller pour défendre les plus pays de l’Otan, à savoir l’Estonie, la Lettonie, et la Lituanie.
Une source politique de haut rang d’un autre pays membre de l’Alliance, cité par The Guardian, a indiqué la semaine dernière que les services de renseignement recueillaient des informations laissant penser que Vladimir Poutine « préparait quelque chose contre les Etats baltes ».
Actions hybrides
De son côté, le renseignement letton estime que Moscou n’est pas en mesure d’ouvrir un second front militaire, alors que ses forces restent largement mobilisées en Ukraine. En revanche, il n’exclut pas des actions « hybrides », telles que des frappes de missiles, des attaques de drones, ou d’autres opérations destinées à envoyer un message aux pays européens : « Cessez de soutenir l’Ukraine, sinon vous aurez vos propres problèmes ».
Ces avertissements interviennent alors que le Kremlin subit une pression croissante de la part de l’Ukraine, qui poursuit sa campagne de frappes à longue portée par drones, contre des cibles situées à proximité de Moscou et Saint-Pétersbourg, mais aussi contre la Crimée annexée. Ils coïncident également avec les préparatifs d’un sommet de l’Otan, prévu en juillet à Ankara, en Turquie. Les alliés doivent y discuter d’un renforcement de leur soutien à l’Ukraine, dans un contexte d’incertitude sur l’engagement des Etats-Unis envers l’Alliance.
Pour plusieurs analystes, cette configuration pourrait pousser la Russie à chercher d’autres moyens de modifier le rapport de force. « Moscou cherchera des moyens de rompre la dynamique actuelle, soit par une escalade horizontale – en étendant le conflit à d’autres pays – soit en agissant ailleurs. Il ne faut pas s’attendre à ce que la Russie perde passivement », estime Keir Giles, spécialiste de la Russie au sein du think tank Chatham House, cité par The Guardian.
Menace aux frontières de l’Europe
Les inquiétudes se font également sentir à Varsovie. Jeudi soir, le premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré partager « sans exception » le constat « d’une situation très instable », et « dans les semaines et les mois à venir ». Et pour cause, les pays de la région ont déjà été confrontés à des incidents susceptibles de provoquer une montée des tensions.
En septembre dernier, dix-neufs drones russes avaient pénétré l’espace aérien polonais, poussant l’Otan à déployer des avions de chasse et conduisant les autorités à demander aux habitants de plusieurs provinces de l’est du pays de se mettre à l’abri.
Parrallèlement, une enquête menée par plusieurs médias nordiques affirme que la Russie procède à un renforcement de son dispositif militaire le long des frontières de l’Otan. De nouvelles installations seraient en cours de développement près des frontières avec la Finlande, la Norvège, les Etats baltes, ainsi que dans l’enclave de Kaliningrad.
Une fois la guerre en Ukraine terminée, ces infrastructures pourraient permettre à Moscou de stationner jusqu’à 115 000 soldats dans cette région stratégique. Une perspective qui nourrit les inquiétudes des Etats riverains, déjà engagés dans une réévaluation de leurs dispositifs de défense.
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Publish date : 2026-06-27 10:32:00
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