Près de trente ans après l’effet Guggenheim qui avait transformé la capitale biscaïenne à l’image industrielle en destination artistique internationale à la fin des années 1990, Bilbao vit un nouveau moment culturel fort avec la réouverture de deux institutions majeures : le musée des Beaux-Arts et l’Euskal Museoa. Deux chantiers spectaculaires, deux visions complémentaires d’une ville qui regarde à la fois vers le monde et vers ses racines.
Fondé en 1908 à la lisière du parc Casilda, le musée des Beaux-Arts de Bilbao occupe une place singulière en Espagne. Sa collection, l’une des plus riches de la péninsule, traverse les siècles, des maîtres anciens espagnols et flamands aux avant-gardes contemporaines. L’architecte britannique Norman Foster et son partenaire basque Luis Maria Uriarte ont ainsi imaginé Agravitas, une structure suspendue de verre et de métal qui semble flotter au-dessus des bâtiments historiques du site. L’Atrium Arriaga, vaste hall lumineux ouvert sur la cité, devient le cœur du parcours. Au-delà de la prouesse technique, l’ambition reste muséographique avec un gain de 60 % d’espaces d’exposition supplémentaires, une circulation fluidifiée, des événements interdisciplinaires d’envergure internationale pour reconnecter l’institution à son environnement urbain et l’imposer parmi les grands musées européens du XXIe siècle. Après le dévoilement des premiers espaces rénovés le 24 juin, l’ouverture complète du musée transformé est annoncée en octobre prochain.
La réouverture complète du musée des Beaux-Arts est annoncée en octobre prochain.
A quelques rues de là , dans le cœur historique du Casco Viejo, le Musée basque fait lui aussi son retour. Créé en 1921, il occupe un ensemble patrimonial articulé autour de l’ancien collège jésuite de San Andrés, édifié au XVIIe siècle, et du cloître baroque de l’église de Los Santos Juanes. Aujourd’hui, après trois années de travaux, portés par le studio Vaillo + Irigaray, il rouvre ses portes, agrandi et restructuré. Au centre, reliant les édifices d’origine entre eux, figure une structure verticale en forme de tronc, autour de laquelle s’organisent les multiples ramifications de la culture basque – langue, traditions maritimes, artisanat – dont L’Euskal Museoa veut devenir la « vitrine internationale ». Désormais centre de connaissance, lieu d’expositions immersives et laboratoire dédié à la gastronomie, l’institution dépasse largement le modèle du musée ethnographique classique, voire folklorique, qui a longtemps collé à son nom.
Dans le sillage de la locomotive Guggenheim, qui a reçu plus d’1 million 300 000 visiteurs en 2025, ces deux réouvertures confirment que la culture reste le plus puissant moteur de transformation de cette métropole en perpétuelle mutation.
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Author : Letizia Dannery
Publish date : 2026-06-28 08:00:00
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