Loin du front ukrainien, d’anciens membres des forces spéciales occidentales auraient été recrutés pour entraîner des citoyens russes et des militaires en service actif. C’est ce que suggère une note de renseignement examinée par le quotidien britannique The Telegraph, qui évoque notamment la présence d’anciens membres de l’unité de forces spéciales des forces armées britanniques (SAS), dans des camps d’entraînement liés à Moscou.
Une évaluation réalisée pour les services de renseignement de l’alliance Five Eyes conclut, avec un « degré de certitude élevé », que d’anciens militaires occidentaux ont été recrutés pour former des ressortissants russes. The Telegraph a pu consulter une note établie pour le Service secret de renseignement australien (SIS), fondée notamment sur les témoignages de deux anciens membres des forces spéciales australiennes et d’un réserviste en activité. Tous trois auraient été sollicités pour devenir instructeurs dans des camps situés en Bulgarie et en Serbie, susceptibles d’accueillir des clients russes.
Le document cite notamment un camp d’entraînement au combat géré par Alfa-Metal à Mejdeni, dans le nord de la Bulgarie. Selon la note, le centre emploie des instructeurs issus de plusieurs unités et services occidentaux, dont le SAS britannique, le Régiment de commandos australien, des forces de police et de la Marine américaine. Comme le rappelle le Telegraph, Alfa-Metal propose notamment des formations destinées aux forces spéciales ainsi que des stages de tireur d’élite, facturés environ 4 000 euros par personne. Ses stages s’adressent notamment à de futurs membres de sociétés militaires privées, à des gardes du corps et à des équipes de sécurité d’entreprises.
Des formations pour préparer au combat
Toujours selon la note consultée par le média britannique, des camps d’entraînement privés en Europe auraient perduré, depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, à accueillir des ressortissants russes pour des formations comprenant notamment du « combat rapproché de niveau avancé ». Les anciens militaires australiens interrogés dans le cadre de la collecte de renseignements affirment que des employés du centre leur auraient indiqué que des Russes y étaient encore formés en 2025.
Plusieurs éléments semblent par ailleurs confirmer la présence d’anciens militaires occidentaux parmi les instructeurs. Le site d’Alfa-Metal affiche notamment le logo du SAS sur une page consacrée à son équipe et l’entreprise a publié sur LinkedIn une offre destinée à un ancien membre du SAS britannique disposant d’une solide expérience opérationnelle et dans l’instruction. Par ailleurs, la même page semble mentionner un vétxéran américain ayant servi pendant douze ans au sein du Commandement des opérations spéciales de l’armée américaine.
Alfa-Metal serait liée à Alfa Region, une société de sécurité privée russe basée à Saint-Pétersbourg, qui fait la promotion du camp sur son site Internet. Elle y mentionne des formations destinées aux contractuels militaires privés ainsi qu’à des instructeurs ayant une expérience au sein de forces spéciales et d’unités de police dans plusieurs pays. L’entreprise a toutefois démenti auprès du Telegraph avoir employé d’anciens membres du SAS ou entretenir des liens avec les forces spéciales britanniques.
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Author : Audrey Parmentier
Publish date : 2026-09-12 15:10:00
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