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    L’Express

    Crise de l’énergie : « Les erreurs commises en Iran par Donald Trump coûtent cher aux ménages américains »

    IntelliNewsBy IntelliNewsseptembre 19, 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    Pas question pour le président américain d’endosser la responsabilité de la crise actuelle. Le prix du diesel s’emballe aux Etats-Unis ? C’est avant tout la faute de l’Ukraine. « Volodymyr Zelensky n’a qu’une chose à faire. Il doit arrêter de frapper le diesel en Russie », a réclamé Donald Trump en marge de l’Irish Open de Dublin, le 13 septembre dernier. A quelques semaines des élections de mi-mandat, le milliardaire n’oublie pas non plus de pointer du doigt son prédécesseur : selon lui, la flambée des prix était pire durant le mandat de Joe Biden.

    Spécialiste de la politique américaine au Cato Institute, Tad DeHaven décrypte pour L’Express les arguments douteux du président. Un entretien sans concession.

    L’Express : Pour se défendre face à la crise énergétique, Donald Trump évoque les pressions inflationnistes durant le mandat de Joe Biden. A-t-il raison ?

    Tad DeHaven : Une remarque tout d’abord : les présidents peuvent influencer les marchés énergétiques par leurs politiques, mais ils ne fixent pas le cours mondial du pétrole. Or ces derniers influencent fortement les prix à la pompe. C’est important de le rappeler. Concernant le diesel, les prix sont plus élevés aujourd’hui en dollars courants. Selon l’Agence d’information sur l’énergie, le diesel a atteint 6,29 dollars par gallon le 14 septembre, contre un pic de 5,81 dollars enregistré sous l’administration Biden en juin 2022. Cependant, une fois ajusté de l’inflation, ce carburant est moins cher aujourd’hui.

    Donald Trump a-t-il raison pour autant ? Non. La pandémie a constitué un choc externe qui a débuté avant l’entrée en fonction de Joe Biden tandis que la perturbation actuelle dans le Golfe découle de la décision mal réfléchie de l’administration Trump de lancer des opérations militaires contre l’Iran. Et il ne fait aucun doute que cet événement a entraîné une hausse des prix du diesel.

    Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le comparateur mis au point par l’université Brown située à Providence, dans l’Etat du Rhode Island. Cet outil mesure la charge financière supplémentaire qui pèse sur les consommateurs américains en raison de la hausse des prix de l’essence et du diesel à la suite du déclenchement de la guerre en Iran, le 28 février dernier. Il compare la valse des étiquettes actuelle aux tarifs qui auraient été pratiqués si le conflit n’avait pas eu lieu. Le résultat ? Le coût de l’opération militaire en Iran s’élève déjà à plus de 800 dollars par ménage. Soit une addition supérieure à 108 milliards pour l’ensemble du pays !

    La guerre en Ukraine est-elle aussi responsable de la flambée des prix de l’énergie aux Etats-Unis ?

    Elle y contribue. Les attaques ukrainiennes ont réduit la production des raffineries russes, et les restrictions à l’exportation imposées par la Russie ont resserré l’offre. Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie indique que les exportations nettes de diesel des pays du Golfe en août représentaient à peine plus d’un quart de leur niveau d’avant-guerre, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz étant fortement limité. L’agence explique que les perturbations causées par la Russie viennent aggraver ces pertes.

    Comment les Américains réagissent-ils ?

    Sans surprise, les enquêtes révèlent un mécontentement important. Un récent sondage CBS News/YouGov a révélé que 64 % des adultes désapprouvaient la gestion de la crise iranienne par Donald Trump. 71 % des personnes interrogées déclarent que les Américains refuseront de payer plus cher l’essence pendant ce conflit. Ce même sondage a également identifié l’inflation comme un facteur déterminant dans le vote au Congrès. Ces résultats montrent que le public est préoccupé par les questions de pouvoir d’achat, mais je ne peux pas dire comment cela se traduira dans les urnes en novembre, pour les élections de mi-mandat.

    La politique menée par Donald Trump a-t-elle eu un impact positif sur l’économie du pays ?

    La politique fiscale du président encourage l’investissement des entreprises. En réponse aux perturbations énergétiques mondiales, l’administration Trump a modifié, en mars 2026, la loi Jones, vieille d’un siècle, levant temporairement les restrictions applicables aux navires construits à l’étranger et appartenant à des intérêts étrangers afin de faciliter les transports nationaux de pétrole. Toutefois, cet assouplissement découle directement des erreurs commises par l’administration en Iran et d’autres mesures vont à l’encontre de ces avantages.

    Comme on pouvait s’y attendre, les droits de douane ont fait grimper les coûts pour les entreprises et les consommateurs américains. Ils ont semé le doute et assombri le climat économique général. Le recours massif au déficit budgétaire ne contribue certainement pas à réduire les coûts d’emprunt. Enfin, il faut mentionner les prises de participations par l’administration Trump dans plusieurs entreprises. Cela crée des conflits d’intérêts car Washington peut influencer directement à la fois la santé financière d’une société et les règles auxquelles sont soumis ses concurrents. Plus précisément, cela sape complètement le système de marché qui est à l’origine du statut de superpuissance économique des Etats-Unis. Je crains que les décisions commerciales ne soient de plus en plus dictées par des considérations politiques, notamment par le fait de savoir quelles entreprises sont en cheville avec l’équipe au pouvoir. La propension de cette administration au copinage est indéniable. C’est de loin la plus touchée par le népotisme et l’abus de pouvoir public à des fins privées qu’il m’ait été donné de voir !



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/crise-de-lenergie-le-cout-de-la-guerre-en-iran-seleve-a-plus-de-800-dollars-par-menage-americain-QIWPWUDBAJGMFCO4GJMCU2ECLA/

    Author : Sébastien Julian

    Publish date : 2026-09-19 09:30:00

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