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    De « Poutine est complètement fou » à « je veux le remercier » : les multiples revirements de Donald Trump sur la guerre en Ukraine

    IntelliNewsBy IntelliNewsoctobre 12, 2026Aucun commentaire8 Mins Read
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    « La guerre va être réglée. Je connais Zelensky, je connais Poutine, ce sera fait dans les vingt-quatre heures, vous verrez. » Le 29 juillet 2023, Donald Trump promettait de mettre fin au conflit ukrainien en un temps record. Plus de trois ans après, le monde attend toujours. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a multiplié les volte-face, passant des éloges à Vladimir Poutine aux menaces de sanctions, sans épargner Volodymyr Zelensky. Vendredi 9 octobre, un nouvel accord sur le diesel russe, suivi deux jours plus tard de l’annonce d’un « cessez-le-feu énergétique », est venu prolonger cette série de changements de cap. L’Express revient sur les dates clés de cette diplomatie à géométrie variable.

    19 février 2025 : Volodymyr Zelensky, un « dictateur sans élection » qui risque de « ne plus avoir de pays »

    Un mois à peine après son retour au pouvoir, Donald Trump semble avoir choisi son interlocuteur privilégié. Le 18 février, Américains et Russes se retrouvent en Arabie saoudite pour discuter de la guerre en Ukraine et d’un rapprochement entre Washington et Moscou. Les Ukrainiens ne sont pas conviés. Une absence que Volodymyr Zelensky dénonce aussitôt : aucun accord sur l’avenir de son pays ne saurait, selon lui, être conclu sans sa participation. Sa protestation lui vaut une riposte du président américain, qui lui reproche de ne pas avoir empêché le conflit et se dit bien plus confiant dans les intentions russes.

    Le lendemain, Donald Trump passe à l’offensive sur son réseau Truth Social. Le dirigeant ukrainien devient un « dictateur sans élection », accusé d’avoir « convaincu les Etats-Unis de dépenser 350 milliards de dollars pour entrer dans une guerre qui ne pouvait pas être gagnée ». Un montant largement surestimé. « Zelensky ferait bien de réagir rapidement, sans quoi il n’aura plus de pays », prévient le républicain, avant de se féliciter des négociations menées avec la Russie. Moscou, à l’origine de l’invasion, échappe alors à l’essentiel des critiques.

    28 février 2025 : Donald Trump humilie le président ukrainien, qui « n’a pas les cartes en main »

    Dix jours plus tard, le différend prend une autre dimension. Venu à Washington pour obtenir des garanties sur le soutien américain et négocier un accord sur les minerais ukrainiens, Volodymyr Zelensky se retrouve au cœur d’un guet-apens retransmis en direct depuis le Bureau ovale. Donald Trump et son vice-président J.D. Vance multiplient les reproches envers leur invité, critiquant notamment sa tenue. Le président américain lui rappelle également sa dépendance à l’aide de Washington : « Vous vous êtes mis dans une très mauvaise situation. Vous n’avez pas les cartes en main. » Et d’enfoncer le clou : « Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec une troisième guerre mondiale. »

    Le président ukrainien quitte finalement la Maison-Blanche sans avoir signé l’accord prévu. La séquence ne s’arrête pas aux invectives : début mars, l’administration Trump suspend temporairement son aide militaire à Kiev, puis le partage de renseignements avec les forces ukrainiennes.

    30 mars 2025 : Donald Trump « très en colère » contre Vladimir Poutine

    Un mois plus tard, changement de cible. Celui qui avait qualifié le président ukrainien de « dictateur sans élection » prend cette fois sa défense face à Vladimir Poutine. Le président russe propose la mise en place d’une administration transitoire en Ukraine, sous l’égide des Nations unies, afin d’organiser une nouvelle élection présidentielle avant toute négociation de paix. Une perspective qui compromettrait les discussions engagées avec le dirigeant ukrainien.

    « J’étais très en colère, vraiment furieux », confie Donald Trump à la journaliste Kristen Welker, de NBC News, le 30 mars. La colère s’accompagne d’une menace économique : si Moscou fait échouer les efforts de paix, Washington pourrait imposer des « droits de douane secondaires » à la Russie. « Si vous achetez du pétrole russe, vous ne pourrez plus faire des affaires avec les Etats-Unis », prévient le président américain.

    26 avril 2025 : Vladimir Poutine « se contente de me mener en bateau »

    La méfiance envers Moscou gagne encore du terrain. En marge des funérailles du pape François, au Vatican, Donald Trump retrouve Volodymyr Zelensky pour leur premier tête-à-tête depuis la scène du Bureau ovale. La rencontre intervient alors que les frappes russes contre l’Ukraine se poursuivent, malgré les efforts américains pour obtenir une cessation des hostilités. « Cela me fait penser qu’il ne veut peut-être pas mettre fin à la guerre, qu’il se contente de me mener en bateau », écrit-il sur Truth Social. Le président américain évoque de nouveau le recours à des sanctions bancaires ou secondaires, avant de conclure : « Trop de gens meurent ! »

    14 juillet 2025 : Donald Trump menace la Russie de droits de douane de 100 %

    Les avertissements finissent par se transformer en ultimatum. Aux côtés du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, Donald Trump annonce que la Russie dispose de cinquante jours pour parvenir à un accord mettant fin à la guerre. Passé ce délai, les Etats-Unis pourraient imposer de lourds droits de douane aux partenaires commerciaux de Moscou. « Nous sommes très, très mécontents d’eux et nous allons imposer des droits de douane très sévères si nous n’avons pas d’accord dans les cinquante jours, des droits de douane d’environ 100 % », déclare le président américain.

    Autre changement notable : Washington prévoit de nouvelles livraisons d’armements américains à l’Ukraine, financées par les alliés européens de l’Otan. Après avoir suspendu son aide militaire quelques mois plus tôt, l’administration Trump entend désormais renforcer les moyens de défense de Kiev.

    15 août 2025 : une rencontre « très productive » entre le président américain et son homologue russe

    Les menaces de juillet n’empêchent pas les sourires d’août. Donald Trump accueille Vladimir Poutine en Alaska pour leur premier sommet bilatéral depuis 2018. Le président russe, dont les forces poursuivent leur offensive en Ukraine, bénéficie d’une réception officielle sur le sol américain. Les discussions doivent permettre de débloquer le processus de paix, mais s’achèvent sans accord.

    Qu’importe, Donald Trump affiche sa satisfaction. « Je pense que nous avons eu une rencontre très productive. Nous nous sommes entendus sur de très nombreux points », assure-t-il devant la presse. Le président américain insiste également sur ses relations avec le maître du Kremlin : « J’ai toujours entretenu d’excellentes relations avec le président Poutine, avec Vladimir. »

    23 septembre 2025 : la Russie devient un « tigre de papier »

    Nouveau changement de cap. Après une rencontre avec Volodymyr Zelensky à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump affirme que l’Ukraine pourrait reprendre l’intégralité des territoires occupés par Moscou. Une perspective bien plus ambitieuse que celle d’un accord impliquant des concessions territoriales, jusque-là régulièrement évoqué. « Je pense que l’Ukraine, avec le soutien de l’Union européenne, est en mesure de se battre et de récupérer l’ensemble de son territoire, dans ses frontières d’origine », écrit le président américain sur Truth Social. La Russie, longtemps présentée comme une puissance militaire redoutable, n’est désormais plus qu’un « tigre de papier ».

    17 octobre 2025 : Donald Trump rechigne à livrer des Tomahawk à l’Ukraine

    Trois semaines plus tard, l’enthousiasme pour la reconquête ukrainienne connaît ses limites. Reçu une nouvelle fois à Washington, Volodymyr Zelensky espère obtenir des missiles Tomahawk, dont la longue portée permettrait de frapper des cibles situées profondément en territoire russe. Donald Trump refuse cependant de s’engager sur leur livraison. « Nous avons aussi besoin de Tomahawk. Nous ne voulons pas donner des équipements dont nous avons besoin pour protéger notre pays », explique-t-il. Ce coup de frein intervient au lendemain d’une conversation téléphonique entre les présidents américain et russe.

    23 octobre 2025 : le président américain impose de « lourdes sanctions » à la Russie

    Il n’aura pourtant fallu que six jours pour que le ton change encore. Après des négociations infructueuses avec Moscou, l’administration américaine annonce des sanctions contre Rosneft et Lukoil, les deux géants pétroliers russes. L’objectif est de priver le Kremlin d’une partie des revenus énergétiques qui contribuent à financer son effort de guerre. Il s’agit des premières sanctions américaines directement liées à l’invasion de l’Ukraine décidées depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.

    « J’ai attendu longtemps. Ce sont de lourdes sanctions. Nous espérons qu’elles ne resteront pas en place longtemps et que la guerre sera réglée », déclare le président américain. La nouvelle rencontre envisagée avec Vladimir Poutine est également abandonnée, faute de perspective d’avancée.

    9 octobre 2026 : « Je veux remercier le président Poutine »

    Près d’un an après avoir sanctionné le secteur pétrolier russe, Donald Trump change une nouvelle fois de cap. Vendredi 9 octobre, le président américain annonce avoir trouvé un accord avec Vladimir Poutine pour approvisionner les marchés américain et mondial en diesel russe. Les Etats-Unis assouplissent temporairement les sanctions frappant ce carburant, alors que les prix à la pompe atteignent des niveaux particulièrement élevés outre-Atlantique. « Je veux remercier le président Poutine, pour être franc avec vous », déclare Donald Trump. Mais jusqu’à quand…



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/de-poutine-est-completement-fou-a-je-veux-le-remercier-les-multiples-revirements-de-donald-trump-sur-GUL6XS7EOFCBJNYCDUNS75FEV4/

    Author : Aurore Maubian

    Publish date : 2026-10-12 15:10:00

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