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    Référendums ou ordonnances ? Le nouveau clivage de la présidentielle 2027, par Jean-François Copé

    IntelliNewsBy IntelliNewsoctobre 12, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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    En 2027, les Français ne choisiront pas seulement un président. Ils choisiront aussi une méthode pour remettre sur pied une France malade de son impuissance politique. Marine Le Pen a déjà trouvé son remède miracle : le référendum. Règle d’or budgétaire, suppression du droit du sol, interdiction du voile dans l’espace public… A chaque problème, sa consultation ! Edouard Philippe vient d’annoncer une démarche inverse : engager dès son élection une vingtaine d’ordonnances pour une entrée en vigueur quasi immédiate : septembre 2027. En apparence, deux outils constitutionnels. En réalité, deux visions du pouvoir et un nouvel affrontement entre populistes et partis de gouvernement.

    D’un côté, le référendum. Quoi de plus séduisant que de « rendre la parole au peuple » ? Mais érigé en méthode de gouvernement, il devient vite l’alibi, la solution de facilité d’un(e) candidat(e) otage de son imprécision. De l’autre, les ordonnances. Un outil extrêmement efficace que de Gaulle avait utilisé en 1958 pour légiférer rapidement. Avec l’autorisation et sous le contrôle du Parlement, le gouvernement peut adopter en Conseil des ministres, après avis du Conseil d’Etat, des mesures relevant normalement de la loi. De quoi engager les grandes réformes dès le début du quinquennat ! Mais leur intérêt va bien au-delà : réconcilier les Français avec des partis de gouvernement auxquels ils reprochent, légitimement, un déficit de commandement, une insincérité chronique et une inefficacité permanente.

    Leadership d’abord. Annoncées pendant la campagne, les ordonnances obligent le candidat une fois élu à décider et à assumer. A l’inverse, multiplier les référendums après l’élection revient à dissocier le choix d’un président de celui de son programme et donc de se défausser au moment même où les Français attendront, puisqu’ils l’ont élu, qu’il décide et agisse.

    Il y a ensuite le procès en insincérité. Les ordonnances permettent de jouer cartes sur table avec les Français. Dès la campagne électorale, les réformes envisagées, leur calendrier et leurs modalités d’application sont clairement exposés. Les électeurs savent ainsi à quoi s’en tenir. Le référendum permet au contraire toutes les ambiguïtés. Souvenons-nous du débat de cet été sur l’interdiction du voile dans l’espace public. Entre les obstacles juridiques et les désaccords Le Pen-Bardella, l’annonce d’un référendum a permis de maintenir cette proposition sans expliquer comment l’appliquer. Sur la règle d’or budgétaire, même tour de passe-passe : qui voterait contre la réduction du déficit public ? Mais approuver un objectif ne tranche aucun des choix nécessaires pour l’atteindre. Pire, cela entretient l’illusion que des questions aussi complexes pourraient se régler par un simple oui ou non. Au passage, et c’est le grand inconvénient du référendum, si les Français votent non, il n’y a pas de solution alternative… Et il est souvent bien difficile d’en interpréter le sens.

    Le paradoxe de notre vie politique

    Enfin, reste le procès en inefficacité. Et pour cause : dix-huit secondes suffisent pour tweeter une réforme quand il faut parfois dix-huit mois pour la traduire en loi. Voilà le paradoxe de notre vie politique ! Face à cette lenteur, le double discours du RN est flagrant. Prenons l’exemple de l’immigration. En privilégiant le référendum réputé efficace, mais semé d’obstacles constitutionnels et de délais supplémentaires, il ne ferait qu’aggraver l’impuissance politique. Les ordonnances rompent avec cette logique. En engageant les réformes dès le début du mandat, elles réduisent le temps consacré à la fabrication des textes au profit de leur application. Le Parlement pourrait ainsi se concentrer sur une mission trop souvent négligée : l’évaluation des politiques publiques. Car c’est bien sur ses résultats que se juge la crédibilité de l’action publique.

    On le voit, semaine après semaine, la dramaturgie de la prochaine élection présidentielle est en train de s’installer dans le débat public. Et l’on peut prédire sans risque que, face à l’enlisement de notre système politique, ce débat ordonnance/référendum sera majeur.



    Source link : https://www.lexpress.fr/france/referendums-ou-ordonnances-le-nouveau-clivage-de-la-presidentielle-2027-par-jean-francois-cope-WMXMTV6EVZDARDR3FKIHA237FE/

    Author : Jean-François Copé

    Publish date : 2026-10-12 11:00:00

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