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    Déploiement d’obusiers, passe d’armes à l’ONU : les tensions montent à la frontière entre les deux Corées

    IntelliNewsBy IntelliNewsoctobre 28, 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    Les images sont saisissantes. En l’espace de quelques jours, l’artillerie nord-coréenne s’est remise en ordre de marche le long de la frontière avec le Sud. Depuis le poste de l’observatoire militaire de Gimpo, situé à la frontière ouest en Corée du Sud, une série de clichés réalisés par l’agence Reuters fin octobre, montre le déploiement de pièces d’artillerie le long de la frontière de Corée du Nord et notamment des canons pointant vers le sud. Sur l’un des clichés de l’agence britannique, un soldat nord-coréen trône sur un obusier automoteur de 122 mm frappé des mots : « Anéantissez les agresseurs impérialistes américains, ennemis jurés du peuple coréen ! » Au total, ce lundi 27 octobre, trois canons du même type pointés vers le sud ont été décomptés, selon un témoin auprès de Reuters.

    Pourquoi une telle démonstration de force ? Selon la chronologie reprise par la presse locale et internationale, l’amorce des premières tensions vient de l’explosion de deux mines le 21 septembre dernier, qui ont blessé grièvement trois soldats de la 25e division de l’armée sud-coréenne alors venus débroussailler un chemin de ronde au cœur de la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées.

    Passes d’armes à l’ONU

    Depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953, les deux pays sont séparés par cette zone démilitarisée (DMZ) longue de 248 kilomètres et large de quatre kilomètres (soit un retrait de deux kilomètres de part et d’autre). Or, depuis 2024, la Corée du Nord renforce sa partie de la zone démilitarisée avec des mines, des barrières et des clôtures, dans l’objectif d’établir « une frontière permanente » avec la Corée du Sud. De son côté, la Corée du Sud affirme que des mines nord-coréennes, placées dans le cadre de ses travaux de fortification dans la zone démilitarisée, ont ainsi provoqué l’explosion du mois de septembre qui a blessé deux de ses soldats. Mais la Corée du Nord nie toute responsabilité et qualifie l’incident de « fabrication sud- coréenne ».

    Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU mi-octobre, pour fixer l’incident dans les archives de l’institution internationale, Séoul dénonce une « violation flagrante » de l’accord d’armistice de la guerre de Corée et exige de Pyongyang des excuses.

    En réponse, la Corée du Nord a à son tour envoyé, ce lundi 26 octobre, une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU. Elle y affirme que la Corée du Sud a fabriqué un incident d’explosion de mine pour retarder et entraver le renforcement de ses fortifications, a rapporté l’agence de presse nord-coréenne KCNA. Elle a en outre affirmé que l’armée sud-coréenne avait diffusé des centaines de messages « provocateurs » par haut-parleurs et tiré des coups de semonce près de la frontière entre le 1er et le 17 octobre. Mardi, Séoul a reconnu avoir eu recours à la fois à des haut-parleurs et à des tirs en tant que « mesures défensives légitimes » face à des incursions provocatrices de soldats nord-coréens.

    Réactivation des haut-parleurs de propagande et unités de tir

    Signe des tensions grandissantes, jeudi 22 octobre, Kim Yo Jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen, a annoncé le déploiement de nouvelles « unités de tirs » le long de la zone démilitarisée. Un « mouvement de troupe à prendre au sérieux », selon des spécialistes interrogés par RFI. Et pour cause : la Corée du Nord aurait récemment testé une série d’armes, dont un système de torpilles à guidage de précision d’un nouveau type, ainsi qu’un missile hypersonique de portée intermédiaire.

    Pour l’heure, concernant le déploiement ostentatoire de blindés, ils sont identifiés comme étant des obusiers automoteurs M-1981 de 122 mm. Un système d’artillerie nord-coréen ancien, daté de la fin des années 1970. « Ils ont une portée maximale d’environ 24 kilomètres, ce qui met à portée des zones comme la ville sud-coréenne de Gimpo où se trouve l’observatoire, mais ils sont moins puissants que les systèmes d’artillerie plus récents », a déclaré Yang Uk, expert militaire à l’Institut Asan d’études politiques de Séoul, auprès de Reuters. Et d’ajouter : « je vois davantage cela comme une démonstration de force que comme une augmentation significative des capacités de combat. Le fait qu’ils soient positionnés à un endroit facilement visible suggère qu’ils ont été déployés pour être remarqués. »

    La sœur du dirigeant nord-coréen a par ailleurs annoncé la reprise des diffusions par haut-parleurs de propagande à la frontière, après avoir visité des sites de fortification en compagnie de hauts responsables militaires. Comme l’explique RFI, la réactivation de ces appareils sert en réalité de « baromètre dans la crise entre Séoul et Pyongyang ». Lors des phases de fortes tensions, Séoul diffuse ainsi des informations « libres » et de la K-pop, considérées par Pyongyang comme une « menace existentielle ». Tandis que de l’autre côté, la Corée du Nord réplique avec ses propres informations de propagande et des bruits stridents pour saturer l’espace sonore.

    Tentatives de dialogue

    Pourtant, depuis juin 2025 et l’élection du président progressiste sud-coréen, Lee Jae-myung, l’apaisement et le dialogue étaient plutôt à l’ordre du jour entre les deux Corées. Pour preuve, les émissions de haut-parleurs de la Corée du Sud avaient cessé. A l’époque, des photos diffusées par le ministère avaient montré des soldats sud-coréens portant des gilets pare-balles en train de décharger des ensembles de haut-parleurs. Une mesure considérée comme fondatrice pour restaurer la confiance, après quoi la Corée du Nord avait elle aussi suspendu ses propres émissions vers le Sud, sans toutefois retirer complètement son matériel.

    Début octobre, le président sud-coréen a de nouveau exhorté la Corée du Nord à « rétablir la confiance et reprendre le dialogue ». « J’espère que le Nord nous rejoindra désormais sur la voie du rétablissement de la confiance et de la reprise du dialogue, après une longue interruption », a déclaré Lee Jae-myung lors d’un discours à l’occasion du Jour des forces armées. Les récents développements ne lui donnent pour l’instant pas raison. A Séoul, l’opposition politique l’accuse régulièrement de se montrer trop conciliant avec les voisins du Nord.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/asie/deploiement-dobusiers-passe-darmes-a-lonu-les-tensions-montent-a-la-frontiere-entre-les-deux-corees-KVH3U3E2YBGEFOYM3GO5PGY36E/

    Author : Célia Cuordifede

    Publish date : 2026-10-28 09:10:00

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